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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 04:50
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La santé des femmes au cœur du processus de lutte contre le VIH



De nombreux progrès, notamment scientifiques, ont été réalisés au fil de ces trente dernières années dans la lutte contre le VIH. Pourtant, aujourd’hui encore, de nombreuses inégalités sociales et économiques demeurent. Les premières touchées par ces difficultés sont les jeunes femmes et les adolescentes des pays à faible revenu qui, victimes des normes de genre et d’un manque d’accès à l’éducation, sont plus susceptibles d’être infectées par le VIH. Lors de la conférence AIDS 2018, de nombreuses sessions reviendront sur les différentes actions mises en place pour aider ces jeunes femmes à devenir actrices de leur vie et de leur santé sexuelle.

Chaque année, 360 000 adolescentes et jeunes femmes sont infectées par le virus du VIH. L’Afrique subsaharienne comptabilise le plus grand nombre de jeunes femmes ou d'adolescentes vivant avec le VIH dans le monde (80 % de l'effectif total). Le taux d’infection chez ces jeunes femmes d’Afrique subsaharienne est deux fois plus important que chez les hommes du même âge. De nombreux mouvements, tels que « Generation Now » ou « # WhatWomenWant », ont émergé ces dernières années, pour faire entendre la voix de ces femmes et promouvoir des engagements en matière de politiques et de programmes sur le VIH, ainsi que sur la santé sexuelle et reproductive.

Au cours de la conférence satellite de « Generation Now », de nombreux témoignages sont venus renforcer cette nécessité de développer et d’assurer des services de santé sexuelle pour les jeunes femmes et les adolescentes. Rose Wilcher (FHI360, USA) a démontré l’importance d'associer les services de santé sexuelle et reproductrice à ceux dédiés au VIH. Cette initiative permettrait aux femmes vivant avec le VIH, ou à haut risque d’infection, d’avoir accès, dans un même lieu, aux informations et aux services dont elles ont besoin. Au Kenya, ces offres multi-services viennent d’être implantées dans les cliniques de santé maternelle et infantile (MHC : Maternal and Child Health clinic).

En complément des soins de routine pratiqués, ces cliniques proposent des services de dépistage, de traitement et de prévention (prescription de la PrEP). À la différence des centres consacré au VIH, la mise en place de ces plateformes au sein des cliniques atténue la crainte de stigmatisation pour les femmes qui viennent consulter. Cette offre de soin fait partie du programme PrIYA1, mis en place au Kenya et dans neuf autres pays d’Afrique subsaharienne, grâce à l’initiative DREAMS2. Le Dr John Kinuthia (Kenyatta Hospital, Kenya), qui travaille sur ce projet, a présenté les nombreux avantages de la PrEP pour les femmes enceintes. Avec cette méthode de prévention, les femmes contrôlent elles-mêmes leur santé sexuelle. Le traitement n’interfère pas sur la grossesse ou l’allaitement, et protège aussi bien la mère que l’enfant. Pour autant, certaines femmes sont encore réticentes à utiliser la PrEP. Les raisons invoquées ? Le besoin de consulter leur partenaire, le sentiment de ne pas faire partie des populations dites à haut risque, ou encore la lourdeur du traitement.

Pour conclure, cette journée a prouvé que pour avancer dans la lutte contre le VIH, de gros efforts doivent être entrepris dans les pays où les femmes sont encore discriminées. Elles doivent être accompagnées, dès l’adolescence, afin de s’épanouir et d'être en mesure de faire des choix par et pour elles-mêmes.

https://transversalmag.fr/articles/809- ... tre-le-VIH

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 04:57
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La «pilule antisida» confirme son efficacité

Utilisée avant un rapport sexuel à risque, la PrEP permet d’empêcher le virus de se développer. Une véritable révolution.

Depuis janvier 2016 en France, il existe un moyen de prévention efficace qui permet de ne pas se faire contaminer par le virus du sida. Ce produit «miracle» s’appelle la PrEP, pour «prophylaxie préexposition». Une pilule bleue accessible uniquement sur prescription médicale, destinée aux personnes n’ayant pas le VIH et n’utilisant pas systématiquement de préservatif alors qu’elles font partie des milieux où le virus circule. «En France, environ 7000 personnes sont actuellement sous PrEP, dont 97 % sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes», indique Aurélien Beaucamp, président de l’association Aides.

Le médicament, commercialisé sous la marque Truvada et remboursé à 100 % par la Sécurité sociale, a déjà fourni plusieurs fois la preuve de son efficacité. S’il est pris correctement, le risque de contamination par une personne séropositive non traitée est infime. De nouveaux résultats présentés aujourd’hui, lors de la 22e Conférence internationale sur le VIH/sida qui se tient actuellement à Amsterdam sont venus confirmer une nouvelle fois ces données. Il s’agit de l’étude «Prevenir» de l’Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS), conduite entre mai 2017 et mai 2018 par le Pr Jean-Michel Molina. Avec son équipe, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis (Paris) a suivi 1500 volontaires prenant régulièrement le médicament, aussi appelés «prepeurs». «Ce sont des personnes qui ont entendu parler de l’étude, notamment via les associations, ou bien qui viennent en consultation dans les hôpitaux ou les cliniques de santé sexuelle afin de renouveler leur prescription de PrEP», explique le Pr Molina. Les conclusions sont très réjouissantes: en un an, aucune contamination n’a été constatée. «Nous avons fait le calcul: sans PrEP, nous aurions eu entre 60 et 80 contaminations», souligne le médecin.

Le médicament combine deux antirétroviraux qui bloquent le cycle de réplication du virus dans la cellule. Sa prise peut être continue - à raison d’un comprimé par jour - ou ponctuelle, dans les heures précédant et suivant un rapport sexuel à risque. «C’est un préservatif chimique, oral, dont la prise est flexible et dont le gros avantage est que vous vous protégez vous-même», s’enthousiasme le Pr Molina. «Les gens n’ont plus peur d’attraper le sida lors de leurs rapports sexuels, c’est une vraie révolution dans les milieux où le virus a fait des ravages.» Avec ce nouvel outil en main, les médecins poursuivent désormais un rêve qui aurait semblé fou il y a encore quelques années. «Nous devons contrôler l’épidémie, qui fait toujours 6000 nouveaux cas par an en France. Nous nous sommes donné trois ans pour que tous ceux qui n’utilisent pas de préservatif prennent la PrEP», indique le Pr Molina.

Mais certains craignent qu’à terme les campagnes de communication en faveur du médicament détournent les populations à risque du préservatif. Or la PrEP, contrairement au préservatif, ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles (IST) comme la gonorrhée, l’infection à Chlamydia, les hépatites A, B et C ou encore la syphilis. «Le préservatif reste l’outil indispensable de prévention, la PrEP vient simplement s’y ajouter», rappelle le Pr Molina. Mais alors que la PrEP fait son trou, les autres IST explosent. «L’utilisation de la PrEP s’accompagne nécessairement de l’abandon progressif du préservatif, déplore le Dr Jean-Marc Bohbot, infectiologue spécialisé dans les infections urogénitales à l’Institut Fournier, à Paris, qui salue toutefois l’utilité de la PrEP. Une préoccupation partagée par le Pr Molina.

«L’augmentation des IST est une évolution attendue que nous avons d’ailleurs constatée. Mais notre objectif est d’arrêter l’épidémie de sida, même si c’est au prix d’un peu plus d’infections à Chlamydia et à gonocoque. Le sida est une maladie potentiellement mortelle dont on ne guérit pas alors que Chlamydia se soigne avec des antibiotiques.» Selon le médecin, le suivi médical étroit qui accompagne la prescription de la PrEP permet au contraire de mieux traquer ces maladies: «Les gens qui prennent la PrEP sont vus en consultation tous les trois mois, c’est obligatoire. À ce moment-là, ils font une batterie de tests de dépistage: le VIH, mais aussi les hépatites et les IST.» Un atout de taille, puisque certaines IST peuvent rester invisibles plusieurs années, comme c’est le cas de la syphilis. «Bien sûr, le préservatif est le meilleur moyen de prévention mais on sait aussi que l’utiliser systématiquement n’est pas toujours possible. Par exemple, nous rencontrons régulièrement des personnes qui n’ont pas toujours un pouvoir sur leur prévention, c’est notamment le cas des travailleurs du sexe», ajoute Aurélien Beaucamp (Aides).

En attendant, la PrEP a fait ses preuves. À San Francisco, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49 % entre 2012 - année où la PrEP a été autorisée aux États-Unis - et 2016. À Londres, le nombre de nouvelles infections chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes a diminué de 29 % entre 2015 et 2016. Prochaine cible, les personnes nées en Afrique subsaharienne, qui représentent 37 % des cas de nouvelles infections par le VIH en France.

http://sante.lefigaro.fr/article/la-pil ... fficacite/

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:22
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Des pistes stratégiques par l’élimination de la transmission materno-fœtale du VIH
D'après Mahy M et al., abstr. MOSA01, actualisé

Malgré les progrès dans la prévention de la transmission materno-fœtale (TMF) du VIH, 180 000 enfants sont nés avec le VIH en 2017, bien au-delà de l’objectif de 20 000 en 2020 ! L’élimination est encore loin !

Si, au niveau mondial, 80 % de femmes enceintes vivants avec le VIH bénéficient d’un traitement ARV, les disparités régionales restent importantes (48 % en Afrique de l’Ouest et Centrale) et la situation stagne depuis 2015. Le taux de transmission est globalement passé de 20 % (10,4 % à 6 semaines et 9,8 % pendant l’allaitement) en 2010 à 12,7 % (6,7 % à 6 semaines et 6 % pendant l’allaitement) en 2017 et, là encore stagne, depuis 2015.

L’analyse des données de l’UNAIDS permet de mieux comprendre les enjeux et les priorités.

Parmi les 1,5 millions de femmes enceintes vivant avec le VIH, 80 % bénéficient d’un traitement ARV : 560 000 ont débuté les ARV avant la grossesse, 530 000 au 1er trimestre et 20 000 juste avant l’accouchement, mais la rétention dans le soin est de 75 % à 9 mois et 110 000 d’entres elles ont arrêté les ARV pendant la grossesse ou l’allaitement. Par ailleurs 115 000 femmes ont été infectés par le VIH pendant la grossesse ou la période d’allaitement, période où la susceptibilité à l’infection est augmentée.

Parmi les 180 000 enfants infectés en 2017, on estime que 53 % l’ont été car leur mère n’était pas traitée par ARV pendant la grossesse ou l’allaitement, 16 % en raison d’une interruption des ARV et 16 % en raison d’une séroconversion de leur mère pendant la grossesse ou l’allaitement.

Sur le plan programmatique, la priorité doit toujours être d’améliorer le dépistage et l’accès aux ARV pour toutes les femmes mais, pendant la grossesse et l’allaitement, période de grande vulnérabilité pour elle et leur enfant, l’amélioration de la rétention dans le soin des femmes vivants avec le VIH et la prévention pour celles qui ne sont pas infectés par le VIH sont essentielles (tableau).


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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:26
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Étude WRHI 052 : DRV/r faible dose versus LPV/r
D'après Venter F et al., abstr. TUAB0107LB, actualisé

Cette étude fait partie du programme OPTIMIZE et a été réalisée en Afrique du Sud : elle vise à évaluer l’efficacité d’une dose plus faible de DRV/r (400/100 mg), réduite pour des problèmes de coût en comparaison au DRV/r 800/100 mg. Il s’agit d’une étude de switch menée en ouvert, d’une durée de 48 semaines, chez des patients traités par une trithérapie comportant du LPV/r + 2 INTI depuis au moins 6 mois (CV < 50 copies/ml depuis au moins 2 mois) : 300 patients ont été inclus et répartis en deux bras – poursuite du LPV/r (n = 152) ou switch pour DRV/r 400/100 mg en une prise par jour (n = 148). Les résultats sur le critère principal (CV < 50 copies/ml à S48) sont positifs sur l’analyse en snapshot (retrouvés sur l’analyse secondaire en ITT, et confirment l’hypothèse de non infériorité (marge de – 4 %)(figure).



Concernant le profil de résistance, pas d’apparition de mutations de résistance aux IP - les mutations de résistance aux INTI (1 dans le bras DRV/r et 4 dans le bras LPV/r) pouvaient avoir été archivées lors d’un échec virologique sous une ligne précédente de traitement. Le profil de tolérance était globalement comparable. Au total, ces résultats confirment ceux déjà mis en évidence dans ndes études pilotes ayant évalué le DRV/r faible dose avec une efficacité comparable au DRV/r 800/100 mg chez des patients naïfs d’IP. Les auteurs envisagent désormais d’évaluer le DRV/r 400/100 mg chez des patients naïfs d’IP et en échec d’une 1ère ligne de traitement.

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:29
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Étude APPROACH : des résultats prometteurs
D'après Tomak FL et al., abstr. TUAA0104, actualisé

Ce vaccin mosaïque contre le VIH a montré des résultats prometteurs chez l'homme (et chez le singe) dans ce nouvel essai clinique de phase I/IIa tout récemment publié (Barouch DH. Lancet HIV 2018 ; S2352-3018(18)30095-X) et présenté en session orale. Il s’agit d’un traitement vaccinal préventif expérimental contre le VIH-1 qui utilise la plateforme AdVac® de production de vecteurs à base d’adénovirus et la technologie de lignées cellulaires de production PER.C6® de Janssen. Ce traitement se compose d’un vecteur adénovirus de sérotype 26, mosaïque, quadrivalent (Ad26.Mos4.HIV) et d’une protéine soluble (Clade C gp140, avec du phosphate d’aluminium comme adjuvant). Les chercheurs de l'Université Harvard, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l'Institut de recherche de l'armée Walter Reed, ont mené cet essai clinique auprès de 393 participants, âgés de 18 à 50 ans, recrutés dans 12 centres différents en Afrique de l'Est, du Sud, en Thaïlande et aux États-Unis, tous en bonne santé et considérés comme à faible risque d'infection par le VIH-1. Ces participants ont été répartis en 8 groupes d’étude et ont reçu soit l'une des variantes du vaccin, soit un placebo (solution saline). Les injections ont été effectuées à S0 et S12 de l'étude, avec des rappels à S24 et S48 puis une période de suivi de 52 à 96 semaines. Les résultats sur la tolérance, avec un suivi à 96 semaines, montrent que la sécurité du vaccin est satisfaisante, avec des effets secondaires légers courants (douleurs légères à modérées au site d'injection, céphalées légères à modérés, fatigue et douleurs musculaires) et des réactions indésirables plus sévères chez seulement 1 % des participants (diarrhée, douleurs abdominales et étourdissements). La version la plus efficace entraîne une réponse de 100 % des participants du groupe à 52 semaines : tous les participants ayant reçu ce vaccin ont produit des anticorps capables de se lier aux protéines présentes à la surface du virus VIH (figure 1).



Concernant la durabilité de la réponse cellulaire, après un pic de 83 % de répondeurs dans les jours suivants la vaccination par Ad26/Ad26 + gp140 HD, un ELISPOT est détectable 1 an après la vaccination finale pour 64 % de répondeurs (figure 2).



Au total, des résultats positifs dans l'ensemble, et ce, pour une version du vaccin en particulier (Ad26/Ad26 + gp140 HD). Un autre essai de phase IIb (Etude Imbokodo) est déjà en cours en Afrique du Sud pour tester l’efficacité du vaccin, chez 2 600 jeunes femmes d'Afrique australe.

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:33
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Monothérapie de DTG en switch précoce chez des patients en primo-infection VIH
D'après Braun DL et al., abstr. TUAB0102, actualisé

L’étude présentée par D. Braun, et al. est un essai prospectif, randomisé, ouvert, évaluant la non-infériorité d’un allègement thérapeutique par monothérapie de dolutégravir (DTG-mono), versus poursuite d’une trithérapie, chez des patients diagnostiqués en primo-infection et précocement traités (dans les 6 mois suivant la date supposée de la contamination). Les patients à inclure devaient avoir obtenu une charge virale plasmatique (CV) < 50 cp/ml 6 mois après l’initiation de leur premier traitement ARV, n’avoir jamais interrompu leur traitement, sans échec virologique et sans résistance documentée aux inhibiteurs d’intégrase (INI) [figures].

Soixante-huit patients ont été inclus dans le bras DTG-mono et 33 patients dans le bras trithérapie. Leur premier traitement ARV avait été entrepris en médiane 35 jours après la date supposée de l’infection, et le switch (pour le bras DTG-mono) réalisé 3,6 ans après cette initiation. En analyse per-protocole, à S48, 100 % des patients étaient en succès virologique (CV <50 cp/ml) dans les deux bras. L’analyse en intention de traiter (ITT) mettait en évidence un patient du bras DTG-mono en échec virologique à S36 (CV = 386 cp/ml, confirmée 4 semaines plus tard), sans sélection de mutation de résistance aux INI et obtention d’une CV <50 cp/ml après reprise d’une trithérapie ; ce patient fut exclus de l’analyse per-protocole pour violation du protocole (non respect des critères d’inclusion, patient chroniquement infecté, non en primo-infection). Dans cette étude, les auteurs concluent à la non infériorité de la stratégie DTG-mono versus trithérapie (différence d’efficacité = 0 % ; IC95 : -1 ; 0.047]). Ils montrent par ailleurs que la stratégie DTG-mono permet une poursuite de la décroissance du réservoir (estimé par l’ADN-VIH dans le sang) comparable à la trithérapie, et montrent qu’elle n’est pas associée à une reprise de la réplication virale dans le LCR. Enfin, le taux d’effets indésirables graves était comparable dans les deux groupes.

Dans cet essai, une stratégie par monothérapie de dolutégravir n’était pas inférieure à la poursuite de la trithérapie. Cette stratégie d’allègement pourrait être intéressante, en switch, chez des patients traités précocement en primo-infection. Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec précaution au regard du faible nombre de patients inclus, de la durée limitée du suivi, et des résultats contradictoires apportés par d’autres études (en dehors du contexte de primo-infection).




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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:37
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Autotest VIH : et pourquoi pas la salle d’attente...
D'après Dovel K et al., abstr. TUAE0105, actualisé

Malgré les progrès dans la prévention de la transmission materno-fœtale (TMF) du VIH, 180 000 enfants sont nés avec le VIH en 2017, bien au-delà de l’objectif de 20 000 en 2020 ! L’élimination est encore loin !

Si, au niveau mondial, 80 % de femmes enceintes vivants avec le VIH bénéficient d’un traitement ARV, les disparités régionales restent importantes (48 % en Afrique de l’Ouest et Centrale) et la situation stagne depuis 2015. Le taux de transmission est globalement passé de 20 % (10,4 % à 6 semaines et 9,8 % pendant l’allaitement) en 2010 à 12,7 % (6,7 % à 6 semaines et 6 % pendant l’allaitement) en 2017 et, là encore stagne, depuis 2015.

L’analyse des données de l’UNAIDS permet de mieux comprendre les enjeux et les priorités.

Parmi les 1,5 millions de femmes enceintes vivant avec le VIH, 80 % bénéficient d’un traitement ARV : 560 000 ont débuté les ARV avant la grossesse, 530 000 au 1er trimestre et 20 000 juste avant l’accouchement, mais la rétention dans le soin est de 75 % à 9 mois et 110 000 d’entres elles ont arrêté les ARV pendant la grossesse ou l’allaitement. Par ailleurs 115 000 femmes ont été infectés par le VIH pendant la grossesse ou la période d’allaitement, période où la susceptibilité à l’infection est augmentée.

Parmi les 180 000 enfants infectés en 2017, on estime que 53 % l’ont été car leur mère n’était pas traitée par ARV pendant la grossesse ou l’allaitement, 16 % en raison d’une interruption des ARV et 16 % en raison d’une séroconversion de leur mère pendant la grossesse ou l’allaitement.

Sur le plan programmatique, la priorité doit toujours être d’améliorer le dépistage et l’accès aux ARV pour toutes les femmes mais, pendant la grossesse et l’allaitement, période de grande vulnérabilité pour elle et leur enfant, l’amélioration de la rétention dans le soin des femmes vivants avec le VIH et la prévention pour celles qui ne sont pas infectés par le VIH sont essentielles (tableau).


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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:39
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Le diagnostic précoce du VIH chez les nourrissons est possible en Afrique Sub-Saharienne
D'après Bianchi F et al., abstr. TUAE0102, actualisé

Dans les pays de forte endémie, seulement 8,9 % des nourrissons exposés au VIH ont accès à un diagnostic précoce du VIH. Le délai de rendu des résultats est en moyenne de 3 mois et à peine la moitié des enfants infectés par le VIH identifiés par ce test débutent effectivement un traitement ARV, alors que le bénéfice d’un traitement précoce est largement démontré.

EGPAF, soutenu par Unitaid, a évalué l’utilisation de “point of care” (POC) pour le diagnostic pédiatrique de l’infection par le VIH. Ce projet a débuté en 2014 dans 9 pays d’Afrique sub-Saharienne (Côte d’Ivoire, Cameroun, Kenya, Rwanda, Zambie, Zimbabwe, Mozambique, Lesotho et Swaziland). Le projet a comparé une phase pré-interventionnelle (2 875 nourrissons) utilisant la stratégie conventionnelle où les prélèvements sont acheminés vers un laboratoire central puis a mis en place l’utilisation des POC (18 220 nourrissons) dans 339 centres de santé.

Les résultats sont sans appel : les résultats sont beaucoup plus rapides et le début du traitement ARV chez les enfants infectés est vraiment précoce (tableau).


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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:42
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Switch pour E/C/F/TAF chez des patients avec la mutation M184V et/ou M184I
D'après Perez-Valero I et al., abstr. TUAB0104, actualisé

Cette étude de phase IIIb, multicentrique, internationale, menée en ouvert a inclus des patients avec une CV indétectable à moins de 50 copies sous TDF/FTC ou ABC/3TC + un 3e agent. La première partie de l’étude (figure 1) a inclus 37 patients porteurs de mutations de résistance aux INTI (M184V/I seulement) pour recevoir E/C/F/TAF pendant 48 semaines. Ce sont les résultats à S12 (critère principal CV <50> 50 copies/ml sur 2 prélèvements consécutifs) avant S12 ou S24,
- l’absence d’arrêt prématuré avec la dernière CV disponible > 50 copies/ml,
- l’arrêt de E/C/F/TAF avant S12 ou S24 pour des raisons autres qu’un rebond viral.



Les résultats sur le profil de résistance des patients à l’inclusion sont les suivants : pour le génotype historique, tous les patients présentaient une mutation M184V/I et environ la moitié présentaient aussi des mutations de résistance aux INNTI. Pour l’ADN proviral, la mutation M184V/I n’a été détectée que chez environ 50 % des patients. Concernant le critère principal, la PVR à S12 est de 100 %, de même qu’à S24 (figure 2). Deux patients ont présenté un blip (69 et 93 copies/ml). Aucun cas d’échec virologique ou d’émergence de nouvelle(s) mutation(s) associées à une résistance n’a été rapporté. Le profil de tolérance était satisfaisant (pas d’effet indésirable sévère ou d’évènements de grade 3/4).


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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:45
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Étude MONCAY : monothérapie de DTG en switch précoce (primo-infection)
D'après Hocqueloux L et al., abstr. TUAB01, actualisé

L’étude MONCAY est un essai prospectif, randomisé, ouvert, dont le but était d’évaluer la non infériorité d’une monothérapie de dolutégravir (DTG-mono), en switch chez des patients contrôlés sous trithérapie abacavir/lamivudine + dolutégravir (ABC/3TC + DTG), versus poursuite de cette trithérapie. Les patients inclus avaient un nadir de CD4 > 100/mm3, ne devaient pas avoir présenté d’événements classant Sida, avaient une charge virale plasmatique (CV) <50 cp/ml depuis au moins 12 mois sous ABC/3TC + DTG, sans échec virologique sous inhibiteurs d’intégrase (INI) et sans résistance documentée aux INI. A noter : 19 et 27 % respectivement des patients des bras DTG-mono et poursuite de la trithérapie, avaient été exposés au raltégravir et/ou à l’elvitégravir dans leur histoire. Le critère d’évaluation principal était le maintien du succès virologique (CV <50> 50 cp/ml) sont survenus dans le groupe DTG-mono à S24, sans acquisition de mutation de résistance aux INI. La survenue de 5 échecs virologiques supplémentaires dans le bras mono-DTG (aucun dans le bras poursuite de la trithérapie), dont 2 avec sélection de mutations de résistance aux INI (S147G et N155H pour le premier ; R263K pour le deuxième), ont entrainé l’arrêt prématuré de l’essai (figure 2). En analyse multivariée, les patients du bras DTG-mono ayant présenté un échec virologique avaient des CD4 plus bas à l’inclusion, et plus fréquemment une virémie résiduelle (signal “RT-PCR” détectable) que les autres. Enfin, le taux d’effets indésirables liés au traitement ARV était comparable dans les deux groupes.

Dans cet essai, la stratégie par monothérapie de dolutégravir, bien que non inférieure à la poursuite d’une trithérapie à S24, a entrainé de nombreux échecs virologiques entre S24 et S48. Ces résultats confirment ceux d’autres études publiées, comme l’étude DOMONO. La sélection de mutations de résistance impactant la classe des inhibiteurs d’intégrase chez les patients en échec après un switch par monothérapie de dolutégravir devrait contre-indiquer sa prescription.




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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:47
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Études GEMINI 1 et 2 : la non infériorité démontrée pour 2DR
D'après Cahn P et al., abstr. TUAB0106LB, actualisé

La simplification est à l’ordre du jour chez des patients infectés par le VIH souvent polymédiqués. Dans ce contexte, les résultats des études sur les schémas « 2DR » (Drug Regimen) sont très attendus. Les études GEMINI 1 et 2 sont deux études de non-infériorité, internationales, randomisées, en double-aveugle et groupes parallèles, avec des schémas d’étude identiques qui ont inclus des patients naïfs d’antirétroviraux pour recevoir soit une bithérapie DTG + 3TC, soit une trithérapie standard DTG + TDF/FTC. Au total, plus de 1 400 patients ont été inclus dans les deux bras de traitement et ce sont les résultats poolés de ces deux études qui ont été présentés en session de Late Breaker à Amsterdam. Une stratification était réalisée selon le niveau de charge virale (CV) et le nombre de lymphocytes CD4 à l’inclusion.

Les caractéristiques des patients à l’inclusion étaient les suivantes : patients jeunes (32 à 33 ans de moyenne d’âge), 14 à 16 % de femmes et 67 à 69 % de caucasiens. Le pourcentage de patients présentant une CV > 100 000 copies/ml était de 20 à 21 %. La grande majorité (91-92 %) des patients présentait un taux initial de CD4 supérieur à 200 cellules/mm3. Les résultats sur le critère principal (CV < 50 copies/ml) sont positifs et confirment l’hypothèse de départ de non-infériorité. Les taux de succès dans les bras 2DR sont de 90-93 % versus 93-94 % dans le bras contrôle trithérapie. Les résultats sont comparables que la CV initiale soit inférieure ou supérieure à 100 000 copies/ml et quel que soit le taux de CD4. Très peu d’échecs virologiques et aucune émergence de mutations de résistance aux INI ou aux INTI n’a été rapportée. Le profil de tolérance est globalement comparable entre les deux bras alors que les biomarqueurs rénaux sont à l’avantage du régime 2DR : DFGe et marqueurs urinaires. Il s’agit donc d’une étude positive de non-infériorité pour une bithérapie de 1ère ligne et sur un effectif de plus de 1 400 patients.

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 05:49
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Survenue d’évènements neuropsychiatriques sous inhibiteurs d’intégrase dans une cohorte française multicentrique
D'après Cuzin L et al., abstr. TUPDB0107, actualisé

L’étude présentée par L. Cuzin, à partir des données de la cohorte Dat’Aids, analysa les causes d’arrêt des stratégies incluant un inhibiteur d’intégrase (INI). La cohorte Dat’Aids collige prospectivement les données cliniques, biologiques et thérapeutiques des patients issus de 18 centres français. 21 375 patients ont été inclus entre 2006 et 2016, dont 11 620 ayant reçu un traitement par raltégravir (RAL), 6 274 par dolutégravir (DTG) et 3 421 par elvitégravir (EVG), avec un taux d’arrêt au cours de la période d’étude de 51 % (RAL), 21 % (EVG) et 13 % (DTG). L’arrivée sur le marché différée de ces trois INI et la simplification du nombre de prises par jour (pour le raltégravir) expliquent en partie la grande différence de ces taux d’arrêt. Le taux d’arrêt pour effets indésirables neuropsychiatriques était de 1,7 % (RAL), 1,3 % (EVG) et 2,7 % (DTG). Le dolutégravir était significativement plus fréquemment associé à des arrêts de stratégie pour un effet indésirable neuropsychiatrique que le raltégravir (HR = 2,46 ; IC95 : 2,00-3,40 ; p < 0,0001) et que l’elvitégravir (HR = 2,27 ; IC95 : 1,63-3,17 ; p < 0,0001). En analyse multivariée, il n’y a pas d’association statistiquement significative entre la survenue d’effets indésirables neuropsychiatriques sous inhibiteurs d’intégrase et l’âge ou le sexe des patients.

Le rôle favorisant d’une association avec l’abacavir n’était pas significatif non plus (décrit dans d’autres études, en association avec le dolutégravir), mais ce résultat est à interpréter avec précaution, les trois inhibiteurs d’intégrase n’étant pas associés en proportion comparable avec l’abacavir.

Dans cette importante cohorte française, en “vie réelle”, les effets indésirables neuropsychiatriques sous inhibiteurs d’intégrase sont rares et plus fréquents sous dolutégravir que sous raltégravir et elvitégravir. Aucun facteur lié aux patients n’est significativement associé à leur survenue.

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 06:01
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Tester et traiter, tous ensemble
Dr Joanna Orne-Gliemann (Bordeaux)
Dr Guillaume BRETON (Paris)


https://youtu.be/s6qJfUIBFsA

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 08:04
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AIDS 2018 : le candidat vaccin contre le VIH de Janssen, toujours prometteur avec un an de recul

Le laboratoire pharmaceutique Janssen & Janssen a présenté en session orale du 22e congrès annuel de la Société internationale sur le sida (AIDS 2018) de nouvelles données encourageantes sur son candidat vaccin préventif du VIH. Celui-ci s'administre suivant un schéma à plusieurs doses, à commencer par deux doses de vaccin mosaïque Ad26.Mos.HIV (double prime), suivies de deux autres doses d'Ad26.Mos.HIV (double boost).

Dans l'étude préclinique APPROACH menée par le laboratoire, un autre boost a également été expérimenté : il s'agissait de doses de protéines solubles gp140, accompagné de sels d'aluminium en guise d'adjuvant.

Lors de la présentation orale, le Dr Franck Tomaka, responsable du développement des vaccins VIH chez Janssen, a affirmé vouloir « produire un vaccin mosaïque pour prévenir l'infection par plusieurs souches de VIH, explique-t-il. Notre but est, à terme, d'avoir un vaccin qui soit universel. » Le vaccin est constitué d'un adénovirus dans le génome duquel ont été insérés les gènes mosaïques extraits à partir de différentes souches et clades du virus.

Une réponse toujours « robuste », un an après

Les premiers résultats de cette étude préclinique ont été présentés il y a tout juste un an, et montraient une bonne réponse immunitaire au bout de 4 semaines chez les 393 adultes séronégatifs. La présentation de cette année constitue « les premiers éléments sur la durabilité de la réponse immunitaire induite par ce vaccin, se réjouit le Dr Tomaka. Tous les volontaires qui ont reçu le double prime et le double boost présentaient toujours une réponse immunitaire robuste, un an après la vaccination. »

Les auteurs notent une absence d'effets indésirables graves liés au vaccin. Ces données ont justifié le lancement de la première étude d'efficacité en novembre 2017. Les résultats sont attendus en 2021.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 15:31
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BÉNÉFICES D’UNE INITIATION PRÉCOCE DU TRAITEMENT ANTIRÉTROVIRAL CHEZ LES NOURRISSONS INFECTÉS PAR LE VIH



Les premiers résultats de l’étude ANRS CLEAC (1),(2) coordonnée par Pierre Frange (Hôpital Necker - AP-HP), permettent de définir les bénéfices immunologiques et virologiques d’une initiation précoce du traitement antirétroviral chez les nourrissons infectés par le VIH et vivant en France. Les résultats de cette étude sont présentés en communication orale par Florence Buseyne (Unité épidémiologie & physiopathologie des virus oncogènes - Institut Pasteur) ce mercredi 25 juillet lors de la 22e Conférence internationale sur le VIH/Sida (AIDS 2018) qui se déroule du 23 au 26 juillet 2018 à Amsterdam.

1) Comparison of Late versus Early Antiretroviral therapy in HIV-infected Children.
2) Cette étude est menée en collaboration avecVéronique Avettand-Fenoel (Hopital Necker) et l’enquête périnatale française (cohorte ANRS CO10) coordonnée par Josiane Warszawski (centre de recherche en épidémiologie et santé des populations).


En l’absence de traitement, un enfant infecté par le VIH a plus de risque de développer rapidement la maladie qu’un adulte. L’initiation précoce du traitement antirétroviral chez le nourrisson montre un bénéfice clinique incontestable en diminuant le risque de décès dans la petite enfance. Elle pourrait également s’accompagner d’une diminution particulièrement importante du réservoir viral (la quantité d’ADN viral total présente dans les cellules immunitaires sanguines des patients), ce qui pourrait favoriser l’accumulation de conditions nécessaires à une rémission. Il est donc primordial de mieux comprendre les interactions entre le virus et les défenses immunitaires des enfants, et d’évaluer de manière plus précise les bénéfices virologiques et immunologiques à court et long terme de l’initiation précoce du traitement chez l’enfant. Ce sont les objectifs de l’étude ANRS CLEAC.

Cette étude physiopathologique a inclus 46 enfants (de cinq à 12 ans) et 30 adolescents (de 13 à 18 ans) vivant avec le VIH depuis la naissance. Parmi eux, 36 ont débuté un traitement antirétroviral avant l’âge de six mois et 40 ont initié leur traitement après l’âge de deux ans. Tous ont atteint le succès virologique. Les chercheurs ont étudié des échantillons de sang des participants, défini leur statut immunologique et virologique et analysé les résultats selon leur âge au moment de l’étude et l’âge auquel ils ont initié le traitement.

Dans un premier temps, l’équipe ANRS CLEAC a évalué le réservoir viral et a observé que le taux d’ADN viral était significativement plus bas chez les enfants et adolescents qui ont initié leur traitement avant l’âge de six mois par rapport à ceux l’ayant initié après l’âge de deux ans. Ce réservoir viral plus bas persiste également chez les adolescents traités précocement, bien que certains d’entre eux prennent leur traitement de façon moins régulière.
En parallèle, l’analyse immunologique a porté sur les lymphocytes T naïfs, capables de répondre aux nouveaux pathogènes et aux vaccins. L’équipe ANRS CLEAC a ainsi observé que ces cellules immunitaires étaient présentes en plus grand nombre chez les enfants ayant initié un traitement antirétroviral avant l’âge de six mois. Cette différence, n’a pas été observée chez les adolescents. Ce taux plus élevé de lymphocytes T naïfs est un des marqueurs d’un système immunitaire en bonne santé.

Ainsi, les premiers résultats de l’étude ANRS CLEAC montrent pour la première fois que l’initiation d’un traitement antirétroviral avant l’âge de six mois chez les nourrissons infectés par le VIH présente incontestablement des bénéfices virologiques et immunitaires, qui sont observés jusqu’à la fin de l’enfance, voire jusqu’à l’âge adulte.

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... retroviral

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 15:32
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IMMIGRÉS : UNE MAJORITÉ DES INFECTIONS VIH SURVIENNENT DANS LES 6 PREMIÈRES ANNÉES DE VIE EN FRANCE



L’enquête ANRS Parcours coordonnée par Annabel Desgrées du Loû (IRD) et portant sur le parcours de vie d’immigrés d’Afrique sub-saharienne en Ile de France avait révélé qu’entre 35 et 49% des patients vivant avec le VIH avaient été infectés après leur arrivée en France. Aujourd’hui, les résultats d’une analyse menée par Anne Gosselin (IRD) et ses collaborateurs montrent qu’une majorité de ces infections par le VIH ont lieu dans les 6 premières années après l’installation en région parisienne. Ces résultats font l’objet d’une communication orale ce mercredi 25 Juillet lors de la 22e conférence internationale sur le VIH/Sida, AIDS 2018, qui se déroule à Amsterdam du 23 au 27 juillet 2018.

Texte
Différentes enquêtes européennes, dont l’enquête ANRS Parcours ont montré qu’entre 35 et 49% des immigrés d’Afrique sub-saharienne vivant avec le VIH s’étaient contaminés après leur migration. La poursuite des analyses sur la temporalité de ces infections survenues en France a été menée par Anne Gosselin qui s’est intéressée aux délais dans lesquels survenait l’acquisition post-migratoire de cette infection.

Les chercheurs ont analysé les informations cliniques des 277 immigrés nés en Afrique sub-saharienne, vivant en région parisienne depuis une durée médiane de 21 ans, inclus dans l’étude ANRS Parcours et s’étant infectés par le VIH en France.
Les données de l’étude ANRS Parcours évaluant la trajectoire d’installation des immigrés d’Afrique sub-saharienne en France avaient établi qu’il fallait une durée médiane de six ans pour que les immigrés africains aient obtenu un logement, une activité rémunératrice et un titre de séjour stable.
Les résultats présentés ce jour à Amsterdam à partir de la modélisation du taux de lymphocytes CD4+ au diagnostic montrent que 58% des infections acquises en France l’avaient été durant ces six premières années marquées par l’insécurité et les 42% restants des contaminations avaient eu lieu après cette période charnière.

Ces résultats montrent qu’une majorité des immigrés d’Afrique sub-saharienne qui s’infectent par le VIH en France, acquièrent leur infection dans les premières années après leur migration alors qu’ils sont encore dans une situation de grande précarité. « Il est important de mettre en place des stratégies de prévention et de dépistage ciblant les nouveaux arrivants ainsi que de raccourcir cette période de précarité, estime Anne Gosselin. Cependant, le nombre de personnes infectées par le VIH plus de six ans après leur arrivée sur le territoire français est également important, c’est pourquoi la prévention auprès de cette population de personnes installées depuis plus longtemps doit aussi être une priorité avec ses spécificités pour faire baisser l’épidémie. » conclut la chercheuse.

Texte
L'enquête ANRS Parcours a été menée entre 2012 et 2013 dans 74 services de santé d’Ile de France. Elle a étudié les parcours de vie et l'infection par le VIH et/ou le VHB auprès d’un échantillon aléatoire de près de 2 500 immigrés d’Afrique sub-Saharienne vivant en France. Ces recherches ont été coordonnées par Annabel Desgrées du loû (CEPED, IRD-Université Paris Descartes). Cette étude a permis de mettre en avant le fait que de nombreux immigrés d’Afrique sub-Saharienne vivant en France avec le VIH avaient été infectés après leur arrivée.

Voir le communiqué de presse (Janvier 2018)
Voir le communiqué de presse (juillet 2016)
Ouvrage « Parcours de vie et de santé des Africains immigrés en France » paru en juillet 2017

http://www.anrs.fr/fr/actualites/524/im ... -annees-de

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 15:51
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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 17:29
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Dernière édition par fil le 26 Jl 2018 - 18:42; édité 1 fois
 
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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 17:47
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PRÉVENTION : FAIRE POUSSER UNE HERBE PLUS VERTE !

Mardi 24 juillet ouvrait le véritable premier jour de la conférence. Premières présentations, actions activistes et résultats d’études se succèdent en cascade. Difficile de tout capter, mais le monde de la recherche et celui des activistes se croisent et s’enchevêtrent. Et quand la science confirme des évidences et explore les inconnues restantes, la société civile se manifeste sans tarder pour réclamer leur mise en application. Du fondamental au réel, jamais l’écart n’a paru aussi grand.



Des annonces sur la recherche vaccinale

C’est le directeur médical de Janssen, qui est venu, en conférence de presse, présenter les résultats de recherches. Frank Tomaka évoque la volonté de son laboratoire de travailler à une "mosaïque de types de vaccin pour atteindre les différentes souches ou variantes", plutôt qu’une recherche générale et globale. Il est venu présenter l’étude Approach, menée sur 393 personnes séronégatives dans six pays d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. Via une combinaison de plusieurs molécules, l’étude voulait étudier la force et la persistance de la réponse immunitaire de plusieurs dosages potentiels pour un vaccin sur un an. Combinant molécules génétiquement modifiées ou boostées par un agent immunitaire efficace contre le VIH, ces candidats vaccins ont été bien tolérés par les participants. Six mois après la dernière injection, 92 % des participants, qui ont eu au moins une dose des candidats vaccins, ont eu une réponse immunitaire significative. Pour Frank Tomaka, il y a eu une réponse immunitaire suffisante pour vouloir lancer à large échelle ce type de recherche au niveau mondial. Un suivi de cinq ans sera lancé en novembre 2018 afin de continuer à explorer cette piste vaccinale, alors que près de deux millions de personnes s’infectent chaque année encore. Rien de concret encore, ou de façon assez lointaine, mais les chercheurs n’abandonnent pas cette voie !

Pas de contamination sous Prep

Le professeur Jean-Michel Molina (AP-HP, Hôpital Saint-Louis, Paris) est venu présenter les premiers résultats dans la vraie vie de l’essai Prevenir promu par l’ANRS en partenariat avec AIDES. Paris et sa banlieue sont la zone la plus touchée par le VIH parmi les populations les plus vulnérables. Si l’essai doit inclure, au total, 3 000 personnes, un an après son démarrage près de 1 500 participants ont déjà intégré le programme en Île-de-France. Parmi elles, 53 % utilisent la Prep à la demande (autour des rapports sexuels) et 44 % en continu (chaque jour). Et une très grande majorité rapporte utiliser correctement la Prep, ce qui est rassurant et encourageant pour le long terme. 20 % rapportent encore utiliser le préservatif et, depuis le début de l’essai, aucune contamination n’a eu lieu, et quasiment pas de personnes perdues de vue. On n’observe pas de différence dans les comportements sexuels entre les schémas à la demande et en continu. Pas d’arrêt de prise de Prep rapporté dans l’essai. Le choix possible entre deux schémas de prises permet d’atteindre des personnes qui n’auraient pas forcément eu un intérêt à prendre la Prep. Selon le Pr Molina, "ces résultats permettent de confirmer la très bonne efficacité de la Prep puisque l’on s’adresse à des personnes fortement exposées au risque d’infection par le VIH". Mais selon ce dernier, ces très bons résultats doivent permettre d’atteindre d’autres populations que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, comme les femmes et les personnes trans.

Prep et hormonothérapie : quel(s) effet(s) ?

Un essai de Prep sur vingt femmes trans [opérées, donc n’ayant plus les testicules qu’elles avaient à la naissance, ndlr] en Thaïlande, a été mené pour étudier les potentielles interactions du traitement préventif avec les hormones de féminisation. Il y avait des données antérieures montrant que la concentration de Prep était moins forte chez les femmes trans, mais souvent parce qu’elles priorisaient la prise de leur hormonothérapie par rapport à la Prep. Ici les chercheurs ont voulu observer la concentration de ténofovir dans le sang et évaluer si cette double prise influait sur ce taux. Les femmes trans incluses commençaient leur hormonothérapie, puis étaient mises sous Prep. Leur hormonothérapie était stoppée durant trois semaines, puis reprise. Akarin Hiransuthikul, chercheur principal, précise d’abord qu’il faut savoir que les hormonothérapies changent selon les pays, et que donc ces résultats tiennent sur la seule hormonothérapie utilisée ici. Les résultats montrent que les hormones impactent peu (baisse de 13 %) le niveau du ténofovir mais la Prep n’influe pas, elle, sur le niveau des hormones (œstrogènes) ou ne les fait pas atteindre des niveaux sub-optimaux. Cela montre qu’il faut être vigilant aux spécificités des femmes trans quant à la prise et au suivi de la prise de Prep. Il faut, selon l’équipe de chercheurs, faire de nouvelles études afin de vérifier si cette variation du taux de ténofovir a une importance quant à son efficacité.

La Tasp marche (toujours)

Zéro transmission signifie zéro risque. La transmission anale du VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) ayant une charge virale supprimée était moins documentée que chez les hétéros. Dans la suite de l’étude Partner de 2014, les résultats finaux de cette étude multicentrique à travers quinze pays ont été livrés ce lundi matin concernant les HSH. Elle concernait 976 couples gays séro-différents, étudiés pendant près de dix ans. Les couples avaient des rapports sexuels sans préservatif, et ne rapportaient pas utiliser une prophylaxie post-exposition (traitement d’urgence), ni la Prep pour le partenaire séronégatif. 20 % des couples, dépistés au moins tous les ans, ont été positifs pour une autre IST que le VIH. Mais sur les 77 000 rapports sans préservatif dans ces couples, il n’y a eu aucune nouvelle infection. Les quinze contaminations qui se sont produites étaient liées à un autre partenaire que le compagnon. Cela a été prouvé grâce à des analyses génétiques des souches concernées. Le risque est si proche de zéro qu’il faudrait "coucher 420 ans sans préservatif avec un partenaire indétectable pour voir une contamination", rapporte Alison Rodger, rapporteure de l’étude Partner en conférence de presse. Pas de contamination directement liée aux couples, c’est la plus grande preuve de l’efficacité du traitement comme prévention et une nouvelle pierre en faveur de la campagne U=U.

Dolutégravir : future référence ?

L’ancien président de l’IAS et chercheur brésilien Pedro Cahn a présenté les dernières données de l’essai Gemini 1 puis Gemini 2, essai qui évalue l’efficacité d’une bithérapie composée de dolutégravir (Tivicay) et lamivudine (Epivir) (DTG+3TC). Pour la première fois, les chercheurs ont montré une non infériorité entre une bithérapie au dolutégravir et une trithérapie classique avec du dolutégravir (Gemini 2). Les deux étaient bien tolérés. Pedro Cahn se sent donc à l’aise de conseiller cette combinaison (DTG+3TC) comme la bithérapie de référence pour les personnes naïves de traitement, en plus des premières lignes actuelles.

Dolutégravir chez les femmes enceintes : faut-il s’inquiéter ?

Une chercheure, en amont d’un symposium sur la sûreté du dolutégravir (Tivicay) pour la femme enceinte, est venue parler de ses dernières découvertes sur le sujet sur une cohorte au Botswana. L’étude a voulu observer les effets sur le fœtus du traitement au dolutégravir, commencé avant ou pendant la grossesse, dans une analyse débuté en 2014. Selon elle, il est aussi sûr de commencer un traitement pendant la grossesse sous dolutégravrir que sous efavirenz (Sustiva). Mais si on commence le traitement avant, il y a une légère hausse du taux d’atteinte du fœtus chez les femmes sous dolutégravir par rapport aux autres traitements antirétroviraux comme l’efavirenz. Ces données sont certes préliminaires, mais importantes dans la discussion sur la recommandation du dolutégravir comme traitement de référence. Plusieurs agences de santé mondiale ont déjà commencé leur surveillance. Cela doit dans tous les cas soutenir l’idée d’étudier les effets des médicaments sur la grossesse et la santé du fœtus. Les recommandations de l’OMS sont tombées hier, recommandant le dolutégravir comme le traitement de première ligne de référence, pour tous les adultes, enfants et adolescents, homme comme femme, à la condition qu’elles aient accès à une contraception efficace. Et cela, c’est une gageure dans de nombreux pays.

Shock and kill : encore un échec

Nouvelle déception. Un essai randomisé sur l’idée de shock and kill, technique cherchant à réveiller les cellules réservoirs, les parties dormantes du VIH dans le corps, pour les éliminer, a encore échoué. Les résultats présentés en conférence sont décevants : une molécule spécifique, utilisée contre le cancer, a été testée contre le VIH pour le faire sortir des cellules infectées qui lui servent de réservoirs. Cela a été essayé auprès de patients nouvellement infectés (moins de six mois), dont les réservoirs ne sont pas encore complètement constitués. Pas de différence entre les deux bras entre le nombre de CD4 et le virus, et l’intervention était sûre pour les personnes. Les résultats sont décevants concernant un effet sur la destruction de ces cellules et sur la réplication du virus. Pour contextualiser, la recherche sur le cure reste nécessaire pour trouver un moyen d’atteindre le virus et le déloger des cellules humaines. Mais comme le montre l’essai River, cela va être un véritable défi à atteindre. Cependant des essais comme River demeurent importants, car celui-ci s’attaquait à des réservoirs petits, de patients récemment infectés. Cet essai ne serait donc pas inutile et sans leçon à retenir sur le chemin de la découverte d’un traitement "shock and kill" qui marche aujourd’hui sur le singe mais pas sur l’homme et qui doit rester une priorité de recherche. L’ échec de cette combinaison d’interventions ne signifie pas l’échec et la fin de l’intérêt de la stratégie, disent les chercheurs. Et plus généralement, cela ne doit pas signifier l’arrêt de ce champ de recherche.

Prévention du VIH chez les femmes injectrices : d’abord des droits

Un focus a été présenté sur des femmes injectrices de produits psychoactifs au Kazakhstan, lundi 24 juillet. La pratique de l'injection de produits, alors qu'elle diminue globalement dans le monde, y est en hausse. La conférencière met en exergue, sans trop de surprise, une corrélation entre les overdoses suite à des injections et les infections par le VIH et le VHC. Malgré la connaissance de cette prévalence, la cascade des 90-90-90 est loin d'être atteinte pour cette population, puisque les chiffres évoqués sont respectivement : 80-44-24. Il faudra, pour baisser les contaminations et les overdoses, travailler contre les politiques discriminatoires et répressives à l'égard des femmes, des personnes consommatrices et des travailleurs et travailleuses du sexe pour permettre un vrai accompagnement des personnes dans leur santé globale.

La technologie contre le sida : quelle viralité ?

Les nouvelles technologies présentent des opportunités non négligeables dans la lutte contre le VIH. Le Big data (collection et analyse de données à grande échelle) permet de comprendre et d'analyser les comportements beaucoup plus rapidement et donc de réagir immédiatement en apportant des réponses adéquates. Les réseaux permettent de toucher plus de personnes ainsi que des personnes auxquelles on n'aurait pas eu accès. En revanche, l’enjeu de l’accès à des données personnelles sensibles n’est jamais loin avec les éternelles et légitimes questions de l'anonymat et de la gouvernance des données. Notamment dans le cadre de la lutte contre le VIH qui s'adresse à des populations souvent marginalisées, stigmatisées et/ou criminalisées, comment garantir la sécurité des personnes suivies si elles adhèrent aux outils ? Ces technologies, qui se veulent être au service de la lutte, ne doivent pas mettre en danger les publics. Et même avant cela, comment gagner la confiance des personnes sur des outils dont elles ne savent pas comment seront intégrées leurs données ? Par exemple, la Blockchain, qui permet à un groupe de gérer ses transactions, échanges... sans avoir à passer par un intermédiaire, a été longuement discuté. Il parait intéressant puisqu'il permet aux personnes d'une même communauté de s'autogérer. Mais quelle que soit l'information entrée à l'aide de ce principe, elle sera gravée dans le marbre, ce qui pose évidemment de gros problèmes d'éthique et d'acceptabilité.

Finalement, on retient de manière perturbante que les intervenants-es ont passé deux heures à discuter de "comment gagner la confiance des usagers sur cette technologie". Mais comme l'a souligné un intervenant, aucune technologie seule ne résoudra tous les problèmes. A aucun moment, ils n'ont imaginé simplement expliquer les tenants et aboutissants de chaque technologie et laisser les personnes décider. C'est pourtant cette étape qui semble cruciale et qui est trop souvent oubliée par les professionnels-les techno-centrés. Il faut intégrer les personnes dans la réflexion. Même pour des nouvelles technologies, il faut co-construire pour avoir des outils utilisables et utilisés.

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Sujet du message: AIDS 2018 Amsterdam  MessagePosté le: 25 Jl 2018 - 17:48
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Les lois répressives écrasent les travailleuses du sexe

Lundi 24 juillet, dans la matinée, la conférence a présenté un état des lieux du contexte légal pour les travailleuses-eurs du sexe (TDS) dans certains pays. Entre répression néfaste pour la santé globale et la sécurité des personnes et cadres légaux douteux et discriminants, il y a du travail à faire pour que les travailleuses-eurs du sexe puissent avoir de vrais droits, un cadre juridique protecteur et ne plus subir de discriminations. Un débat autour de la Prep a surgi au milieu des questions. Tout le monde était d'accord pour dire que la Prep est un outil formidable de lutte contre le VIH et qu'il s'agit d'un choix personnel. En revanche, il a été précisé plusieurs fois que la priorité restait la santé globale, via un cadre légal bienveillant. Les deux n'étant absolument pas incompatibles, il semble donc cohérent de lutter avec les TDS pour leurs droits, tout en continuant de proposer l'accessibilité à la Prep. L'accompagnement Prep devrait cependant être redéfini avec les TDS à la lumière de leurs problématiques spécifiques : santé globale, ressources financières, discriminations, migration...

On retiendra une pique adressée aux associations françaises de lutte contre le VIH qui seraient très enclines à proposer la Prep aux travailleuses-eurs du sexe et trop peu à être des alliées dans les luttes pour leurs droits. Une attaque étrange au regard du plaidoyer commun mené récemment à travers la publication d'un rapport interassociatif d'évaluation des impacts de la loi de pénalisation des clients.

https://www.seronet.info/article/preven ... erte-82442

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