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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 05 Mar 2018 - 15:40
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CROI À BOSTON : LE "M.I.T" DE LA CÔTE EST

Chaque année, la plus grande conférence américaine sur le VIH/sida fait sa migration pendulaire. Pour l'édition 2018, c’est à Boston, à deux pas d’Harvard, que la CROI (Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes) s’est posée dimanche 4 mars. Au programme des ateliers pré-conférence éclairants et la cérémonie d’ouverture, qui donne le ton politique. Après le cru 2017 et son contexte xénophobe du "Muslim ban", difficile d’échapper à l’inquiétude face au désintérêt de l’administration Trump concernant la recherche et le sida, mais aussi à la voix des femmes et à leur place dans les sciences.

Pour sa 25e édition, la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes a posé ses valises dans la plus européenne des villes américaines : Boston. Rien d’original en soi, puisque celle-ci est désormais organisée en alternance à Seattle, l’autre ville hôte de la conférence (1). Pendant quatre jours, le Massachusetts devient l’Etat capitale de la recherche sur le sida et les hépatites, un rendez-vous important pour évaluer la vivacité de la recherche fondamentale concernant un virus dont on ignore encore beaucoup.

Avant le coup d’envoi des présentations lundi 5 mars, la veille est une sorte de "faux départ", consacré à plusieurs sessions introductives dédiées à balayer les enjeux de la recherche médicale actuelle. Cette année, au programme, la question de la représentation et de la place des femmes dans la lutte scientifique contre le virus. Sans surprise, le monde des chercheurs n’est pas épargné par la sur-représentation des hommes. C’est ce que sont venues dénoncer plusieurs enseignantes, chercheures et cliniciennes concernant le travail à mener en termes de parité et d’accès aux postes, aux articles scientifiques ou même la présentation des essais durant les conférences. Et même la CROI, encline à montrer la voie et à donner la parole à ces femmes peut être prise en défaut. Parmi les panelistes autorisé-e-s à s’exprimer, seules 36 % étaient des femmes. Même si, pour la première fois de son histoire, une majorité des abstracts retenus par le comité scientifique de la CROI était soumis par des femmes.

La cérémonie d’ouverture, elle, a voulu regarder dans le rétroviseur, au nom des vingt-cinq éditions précédentes. Un quart de siècle après les débuts de ce rassemblement de chercheurs américains désespérés, en 1994, à trouver des solutions face à un virus qui deviendra, l’année suivante, la première cause de mortalité aux Etats-Unis, et cela juste avant la découverte des premières trithérapies efficaces. "Devant le peu de possible, nous avons dû faire l’impossible" se remémore la docteure Judith Currier, présidente de la CROI 2018. Cette dernière s’inquiète des possibles reculs dans les progrès de la réponse à l’épidémie, notamment devant la menace de la baisse des dotations du programme américain Pepfar (2), mais aussi des crédits de recherche, dans le pays leader dans l’investigation scientifique sur le VIH/sida.

"21 millions de personnes ont accès à un traitement antirétroviral dans le monde. Nous avons déjà beaucoup fait avec ce que nous avons, mais nous ferions plus si nous avions plus. Pas de vaccins, pas de guérison et nous ne sommes pas prêts au vieillissement des personnes séropositives", abonde Judith Currier. Plus que jamais, les progrès accomplis peuvent être perdus à l’aune de la fin de la volonté politique des puissants de ce monde. Il est donc vital pour les chercheurs comme pour les personnes vivant avec le VIH qu’un certain Donald arrête de faire son Picsou !

(1) : La prochaine conférence, la CROI 2019, est d’ores et déjà annoncée pour le 4 mars 2019 à Seattle.
(2) : Le President's emergency plan for aids relief (Pepfar) est un plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida à l'étranger que le président des Etats-Unis George W. Bush a lancé en 2003.

https://www.seronet.info/article/croi-b ... -est-81081

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 05 Mar 2018 - 15:42
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L'anticorps expérimental associé à l'agoniste de TLR7 maintient la suppression virale chez les singes

Le traitement avec un anticorps largement neutralisant et un immunostimulant a conduit à une rémission virale à long terme après l'interruption du traitement antirétroviral dans une étude de singe, selon les données présentées à la 25ème Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2018) cette semaine à Boston.

Les singes ayant reçu à la fois l'anticorps connu sous le nom de PGT121 et l'agoniste du TLR7 GS-9620 ont maintenu une charge virale indétectable sans antirétroviraux pendant une durée médiane de 112 jours, selon le Dr Dan Barouch du Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston. Cinq des onze animaux traités restaient encore supprimés viralement à six mois.

Les chercheurs travaillant sur un remède fonctionnel contre le VIH - rémission virale soutenue sans traitement antirétroviral (ART) - ont étudié différentes stratégies de «kick and kill» visant à réactiver le réservoir de virus latent et à aider le système immunitaire à l'attaquer.

Le PGT121 est un anticorps largement neutralisant qui cible le site glycane V3 sur l'enveloppe externe du VIH et du VIS, un virus apparenté qui infecte les singes. Le GS-9620 est un agoniste TLR7 qui stimule les récepteurs de type toll sur les cellules immunitaires, une partie du système immunitaire inné qui favorise la reconnaissance et la réponse aux virus. L'activation de TLR7 améliore l'activité des cellules T, des cellules tueuses naturelles et d'autres cellules immunitaires. Les deux agents sont développés par Gilead Sciences.

À la CROI 2016, les chercheurs ont signalé que le GS-9620 seul a entraîné l'activation des lymphocytes T chez des macaques infectés par le VIS. Ces animaux présentaient une baisse plus prononcée des taux d'ADN viral dans leurs lymphocytes T, leurs ganglions lymphatiques et leur tissu intestinal. Un singe a maintenu une charge virale indétectable pendant environ trois mois après l'arrêt du traitement antirétroviral, mais ils ont finalement tous connu un rebond viral.

Espérant améliorer cette réponse, les chercheurs ont testé le GS-9620 en combinaison avec un anticorps neutralisant.

Cette étude a inclus 44 macaques rhésus infectés par un virus hybride humain-simien connu sous le nom de SHIV. Au jour 7, au cours d'une infection aiguë, ils ont commencé un traitement antirétroviral comprenant du ténofovir, de l'emtricitabine et du dolutégravir. Après deux ans de traitement suppressif continu, ils ont reçu des perfusions de PGT121 (10 mg / kg toutes les deux semaines pour cinq doses), GS-9620 orale (0,15 mg / kg toutes les deux semaines pour 10 doses), PGT121 et GS-9620, ou traitement «simulé» (placebo). L'ART a été interrompue quatre mois après les dernières doses de PGT121 et GS-9620.

Les singes qui ont reçu PGT121 avaient des niveaux d'anticorps thérapeutiques pendant 10 semaines, suivis d'une baisse à des niveaux indétectables dans le sang, les ganglions lymphatiques et l'intestin. L'ART a été interrompue après la disparition des anticorps.

Après l'arrêt du traitement antirétroviral, les onze singes du groupe de traitement simulé ont connu un rebond viral rapide en une période médiane de 21 jours. Neuf des 11 animaux traités avec le PFT121 seul et 10 des 11 traités avec le GS-9620 seul ont également connu un rebond viral.

Six des onze singes traités avec PGT121 plus GS-9620 ont connu un rebond viral, mais cela a pris beaucoup plus de temps - une médiane de 112 jours. Cinq singes dans ce groupe (45%) ont continué à maintenir une charge virale indétectable pendant au moins 168 jours après l'arrêt du TAR, a rapporté Barouch.

Même après avoir rebondi, les singes qui ont reçu le traitement combiné avaient des points de consigne de charge virale plus bas et des niveaux d'ADN viral plus bas dans leurs ganglions lymphatiques, suggérant une diminution du réservoir viral et un certain niveau de contrôle immunitaire sur le virus.

"PGT121 combiné avec GS-9620 pendant la suppression ART a considérablement retardé et contrôlé le rebond viral suite à l'arrêt du TAR chez les singes rhésus infectés par SHIV qui ont initié le traitement antirétroviral lors d'une infection aiguë", ont conclu les chercheurs. "Ces données suggèrent que l'administration [d'anticorps largement neutralisants] associée à une stimulation immunitaire innée pendant la suppression de la TAR peut cibler efficacement le réservoir viral."

"Il n'y a pas de remède contre le VIH, et une telle intervention est loin, mais ces premières données précliniques suggèrent qu'une rémission virale à long terme pourrait être possible", a déclaré M. Barouch lors d'une conférence de presse à la CROI.

Les experts sont prudents quant aux perspectives d'un traitement fonctionnel après que diverses interventions apparemment prometteuses au cours des dernières années se sont révélées n'avoir qu'un effet temporaire.

Dr John Mellors de l'École de médecine de l'Université de Pittsburgh, qui a modéré le briefing, a noté que c'est la "première preuve de contrôle immunitaire induit chez les macaques - mais chez les humains, nous n'avons pas encore franchi cette étape."

Barouch a ajouté que même si cette approche empêche le rebond viral pendant plusieurs mois, cela n'exclut pas la possibilité que le virus soit toujours présent et pourrait réactiver des mois voire des années plus tard. Même les tests les plus sensibles disponibles aujourd'hui ne peuvent pas détecter tous les virus latents, a-t-il dit.

La combinaison PTG121 plus GS-9620 est actuellement étudiée dans des essais cliniques chez l'homme, selon un communiqué de presse de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses. Un communiqué de presse de Gilead a indiqué que GS-9620 est maintenant dans une étude de phase 1b escalade de dose chez les personnes ayant une charge virale supprimée sur ART, et un dérivé de PGT121 connu sous le nom GS-9722 est le début des essais de phase 1.

Référence
Borducchi E et al (présentation de Barouch D). Le PGT 121 combiné avec le GS-9620 retarde le rebond viral chez les singes rhésus infectés par SHIV . 25e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2018), Boston, résumé 73LB, 2018.

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 05 Mar 2018 - 15:46
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Les changements biologiques pendant, après la grossesse peuvent augmenter le risque de VIH chez les femmes

BOSTON Les changements biologiques pendant la grossesse et la période post-partum peuvent augmenter le risque de VIH pour une femme, selon les résultats présentés au CROI .

Les résultats d'une étude observationnelle menée en Afrique chez des couples sérodiscordants avec un partenaire masculin infecté par le VIH ont montré que le risque de transmission du VIH était trois fois plus élevé au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse et quatre fois plus élevé au cours des six mois post-partum. Selon Renee Heffron, PhD, MPH, professeur adjoint de santé mondiale et d'épidémiologie à l'Université de Washington, et ses collègues.

Les chercheurs ont déclaré que les résultats montrent la nécessité d'intensifier la prévention du VIH et les tests chez les femmes enceintes et post-partum dans les zones à forte prévalence du VIH.

"L'acquisition du VIH pendant ces périodes est très préjudiciable à la santé maternelle et infantile", a déclaré Heffron lors d'une conférence de presse. "Ainsi, une compréhension plus complète du lien possible entre la grossesse et les risques du VIH pourrait avoir des implications importantes pour la prévention du VIH."

Les chercheurs ont recruté 2 751 couples sérodiscordants dans deux études longitudinales de prévention du VIH dans sept pays d'Afrique orientale et australe. Toutes les femmes de l'étude étaient séronégatives. Les couples ont été suivis prospectivement jusqu'à 48 mois. La fréquence sexuelle et l'utilisation du préservatif ont été rapportées mensuellement, et les tests de dépistage du VIH et de la grossesse ont eu lieu tous les mois ou tous les trimestres, ont indiqué Heffron et ses collègues.

À l'aide de la modélisation, ils ont comparé la probabilité de transmission du VIH d'un homme à l'autre par acte sexuel par stade de reproduction. Leur analyse tenait compte des facteurs connus pour affecter l'acquisition du VIH, tels que l'utilisation du préservatif, l'âge des femmes et l'utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Le cas de référence pour la transmission du VIH était un acte sexuel sans condom. 25 ans n'utilisant pas la PrEP et un partenaire masculin avec un ARN du VIH de 10 000 copies / ml.

Selon les résultats, l'incidence de la grossesse était de 12,5 pour 100 femmes-années (IC à 95%, 11,52-13,55) et il y a eu 82 cas de transmission du VIH. La probabilité de transmission du VIH augmentait à chaque stade de reproduction: de 1,05 pour 1 000 actes sexuels lorsque les femmes n'étaient pas enceintes à 2,19 pour 1 000 actes sexuels au premier trimestre, 2,97 au deuxième et au troisième trimestres et 4,18 au postpartum.

Les résultats étaient similaires après que Heffron et ses collègues aient ajusté l'utilisation du préservatif, l'âge, l' utilisation de la PrEP et la charge virale VIH de leurs partenaires masculins.

"Dans les comparaisons statistiques, il y a une augmentation significative de l'acquisition du VIH pendant la grossesse et le post-partum par rapport à la période non liée à la grossesse", a déclaré Heffron. "Parce que notre étude explique l'utilisation du préservatif et d'autres facteurs connus pour affecter l'acquisition du VIH, et parce que nous avons calculé une probabilité par acte, nos résultats suggèrent que les changements biologiques pendant la grossesse et le post-partum peuvent augmenter le risque de VIH.

Heffron a déclaré qu'ils ne sont pas en train d'étudier quels mécanismes biologiques pourraient être responsables du risque accru, mais ils émettent l'hypothèse que des changements dans les hormones ou la fonction immunitaire peuvent expliquer l'association. Les résultats concordent avec certaines études antérieures, a-t-elle dit.

"Ceux sont des données d'observation, donc les femmes n'étaient pas randomisées. Il est très difficile de concevoir des façons de faire des études randomisées dans cette population », a-t-elle déclaré. "[Mais] si vous mettez cela ensemble avec d'autres données, nous commençons à voir une tendance qui montre un risque accru pendant la grossesse et le post-partum."

Référence:

Heffron R, et al. Résumé 45. Présenté à: Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes; 4 au 7 février 2018; Boston.

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 05 Mar 2018 - 18:50
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 06 Mar 2018 - 04:50
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 06 Mar 2018 - 04:53
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 06 Mar 2018 - 11:17
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LA TUBERCULOSE DANS L’OMBRE DU VIH

En ce premier jour de conférence, zoom particulièrement intéressant sur la tuberculose, une des deux autres pandémies mondiales. Alliée du VIH et véritable ennemi des personnes séropositives, la tuberculose est souvent, au Sud, la faucheuse des personnes les plus vulnérables. Lundi 5 mars, nombre d’interventions et de présentations d’études ont réfléchi sur pourquoi et comment la tuberculose doit se guérir pour laisser une chance de survie, mais aussi de victoire contre l’autre épidémie : celle du VIH.



Le VIH affaiblit, la tuberculose achève. C’est ainsi qu’on peut résumer le binôme mortel qui sévit sur une très grande partie du globe. Une excellente raison pour faire de la TB (tuberculose) l’objet d’une des sessions plénières de ce lundi 5 mars. C’est Joanne Flynn, de l’université de Pittsburgh, qui a décrit le fléau en cours et le mode d’action de la maladie. Deux milliards de personnes ont été infectées par la tuberculose, soit le quart de la population mondiale. La TB est la première cause de mortalité des personnes vivant avec le VIH. Après infection, seul 10 % des personnes infectées ont une tuberculose active avec symptômes, tandis que les autres formes de tuberculose sont asymptomatiques (latentes) et peuvent se réactiver des années après. Le VIH augmente d’ailleurs le risque de réémergence d’une TB latente.

Les chercheurs travaillent sur les mécanismes de réactivation. Mais alors, pourquoi la vaccination ne protège pas plus ? Le vaccin BCG fait à la naissance est un vaccin très peu protecteur au Sud alors qu’il est à 80 % efficace au Nord. Sans que l’on sache pourquoi. Il y a donc un besoin d’un vaccin plus efficace, mais on ne sait pas quelles sont les variables de l’immunité. Le traitement de référence est de six mois (deux mois de quadrithérapie et quatre de bithérapie antituberculeuse). Il existe néanmoins des TB résistantes, pour lesquelles les médicaments de seconde ligne sont moins efficaces, tandis que pour les tuberculoses multi-résistantes, il n’y a quasiment, aujourd’hui, aucune solution. On étudie actuellement la TB sur des modèles animaux : des singes. Dans les poumons, on trouve des granulomes, zones où les bacilles se multiplient. Les granulomes permettent la réactivation quand ces derniers contiennent beaucoup de bacilles. L’infection elle-même confère des mécanismes de protection meilleurs que le vaccin ; mécanismes qui diminuent la taille des granulomes en cas de réinfection. On essaie de reproduire ce mécanisme par un vaccin, en cours d’étude. En attendant, les données apportées par les essais présentés à la conférence devront permettre de trouver des stratégies pour dépister et traiter plus tôt, pour réduire la mortalité induite par la tuberculose sur les personnes vivant avec le VIH.

Tuberculose : traiter tout de suite ?

L’étude Statis voulait voir si un traitement systématique de la tuberculose pour toutes les personnes séropositives mises sous ARV très tardivement (moins de 100 CD4) était un moyen de réduire la mortalité des personnes vivant avec le VIH. Pour cela, un essai randomisé a comparé l’impact d’un traitement anti-tuberculose à l’aveugle avec un traitement prescrit seulement aux personnes pour lesquelles on avait un diagnostic formel. L’essai a porté sur 1 050 personnes n’ayant jamais eu de traitements anti-VIH, dans quatre pays (Cambodge, Côte d’Ivoire, Ouganda et Vietnam). Dans cet essai, 41 % des personnes incluses étaient des femmes, ayant en moyenne 35 ans ; 45 % des inclus étaient séropositifs pour l’hépatite B. Il n’y pas de différence entre les deux groupes en termes d’apparition de maladies opportunistes. Les chercheurs ont, en revanche, observé beaucoup plus d’interactions médicamenteuses toxiques dans le groupe du traitement systématique. Ces derniers estiment qu’il n’y a pas d’intérêt ni supériorité du traitement systématique dans la prévention des événements mortels ou graves des personnes tuberculeuses également séropositives.

Dépister la tuberculose pout faire reculer la mortalité des PVVIH ?

Dans 22 cliniques du Botswana, des chercheurs ont voulu évaluer l’impact d’une proposition renforcée de dépistage de la tuberculose sur la mortalité à six mois d’adultes mis sous traitements antitrétroviraux, avec une proposition répétée de dépistage, ainsi que des relances en cas de rendez-vous manqué. En comparant une proposition standard, une proposition améliorée, et une proposition experte de dépistages (multiples tests), les chercheurs ont pu observer une baisse significative de la mortalité des personnes séropositives mises sous traitement anti-VIH, entre la proposition standard et celle améliorée. En revanche, le bénéfice d’une proposition encore plus renforcée n’a pas été démontré. Cependant, les chercheurs soulignent qu’une montée en gamme de ce dépistage, avec des stratégies de traçage devrait être envisagée pour diminuer la mortalité précoce des personnes mises sous traitement.

L’urine pour dépister plus facilement ?

La tuberculose est la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, et cela est en partie causé par un taux de diagnostic trop faible. L’urine, facilement récupérable, dont le test est rapide et complémentaire des autres tests, pourrait donc être un levier dans la montée du dépistage et donc la réduction des cas mortels pour les personnes vivant avec le VIH. Un dépistage systématique de la tuberculose était mis en place auprès de personnes séropositives hospitalisées dans deux hôpitaux (un au Malawi et un second en Afrique du Sud). Pour les personnes présumées infectées par la tuberculose, et qui ne connaissaient pas leur statut VIH, un test de dépistage de la TB leur était proposé. Au final, cette proposition systématique du test anti-TB a permis d’augmenter le taux de couverture et par la suite de faire baisser la mortalité des personnes séropositives de façon significative, selon les auteurs de l’étude. Cette méthodologie pourrait donc être un moyen abordable et rapide d’avoir un diagnostic et ainsi faire baisser la mortalité des personnes à l’initiation d’un traitement ARV.

Traitement au stade sida : intensifier les ARV n’est pas sauver

Faut-il renforcer les traitements de première ligne pour des personnes prises en charge très tardivement, au stade sida, avec moins de 100 CD4 ? Sachant que pour ces personnes, à la prise d’un traitement antirétroviral peut déclencher un syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS) qui, paradoxalement, peut déclencher pendant quelques temps des pathologies opportunistes et s’avérer parfois mortel. Une étude randomisée est venue comparer un traitement au raltégravir (Isentress) avec le traitement de première ligne de référence, afin d’observer si une anti-intégrase pouvait entrainer moins d’événements potentiellement fatals. Cette étude a été faite sur une cohorte de 1 805 personnes n’ayant jamais pris de traitement précédemment composée d’adolescents, d’adultes et d’enfants infectés depuis moins de cinq ans, dans trois pays d’Afrique. L’étude Reality a recherché des personnes dont les symptômes correspondaient à des infections opportunistes ou tumeurs compatibles avec l’Iris pour observer d’éventuelles différences entre l’initiation d’un traitement ARV standard et l’addition éventuelle du raltégravir. Les résultats montrent, à 48 semaines, que la mortalité reste forte pour ces personnes prises en charge si tardivement ; peu importe les différentes classes de médicaments utilisées. Cependant d’après les résultats, l’obtention d’une charge virale inférieure à 50 copies était beaucoup plus rapide avec l’ajout du raltégravir (41 % à quatre semaines, comparé à 13 %). Malgré cela, le taux de mortalité à 48 semaines reste quasi-identique dans les deux groupes et il n’y a pas eu d’impact sur l’émergence d’un Iris ou même sur l’apparition de symptômes compatibles avec un Iris. L’indicateur le plus évident d’un IRIS reste la tuberculose concomitante. Pour Diana Gibb, la leçon à retenir est qu’il n’y a pas plus de cas d’Iris avec une trithérapie renforcée et que le passage à des premières lignes associant une anti-intégrase n’augmente pas le nombre de cas d’Iris.

Selon elle, une anti-intégrase devrait devenir une nouvelle référence en première ligne. Même s’il ne prévient pas davantage les évènements graves, cet ajout n’en donne pas plus. Diana Gibb exprime enfin son étonnement de voir que concernant la baisse de charge virale, sa rapidité à descendre n’est étonnamment pas reliée à une baisse de la mortalité et que le nombre de CD4 à l’initiation du traitement est un indicateur bien plus efficient sur les risques de développer une infection ou de mortalité. Traiter tôt sûrement, mais surtout ne pas traiter trop tard .

https://www.seronet.info/article/croi-2 ... -vih-81091

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 06 Mar 2018 - 13:04
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Les niveaux de médicaments antirétroviraux dans les cheveux prédisent fortement la suppression virale

Les niveaux de médicaments antirétroviraux dans un échantillon de cheveux étaient le meilleur prédicteur de réponse au traitement anti-VIH, et cette méthode est également prometteuse pour contrôler l'observance de la prophylaxie pré-exposition (PrEP), selon une étude présentée à la 25ème Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes. CROI 2018) cette semaine à Boston.

Il est bien connu que l'adhésion au traitement est essentielle pour obtenir les bienfaits du traitement antirétroviral (TAR) ou de la PrEP. Mais prendre des médicaments selon les directives peut être difficile, et les essais de PrEP ont montré que l'observance déclarée par les patients ne correspond pas toujours aux niveaux de médicaments mesurés.

Dr Monica Gandhi de l'Université de Californie à San Francisco et ses collègues ont examiné l'association entre les niveaux de médicaments dans les cheveux et les résultats du traitement virologique dans l'essai ACTG A5257. Cette étude a comparé les schémas thérapeutiques contenant de l'atazanavir / ritonavir ( Reyataz ), du darunavir / ritonavir ( Prezista ) ou du raltégravir ( Isentress ), tous avec le ténofovir DF / emtricitabine (les médicaments de Truvada ) chez les personnes recevant un traitement anti-VIH pour la première fois.

Les niveaux de médicaments antirétroviraux dans les échantillons de cheveux sont le reflet de l'adhésion au fil du temps, a expliqué Gandhi. Les niveaux de médicament peuvent être mesurés dans le sang et dans certains cas dans l'urine, mais cela ne donne des informations sur les niveaux que peu de temps avant le test. Mesurer les niveaux de médicaments dans les cellules - là où les antirétroviraux doivent être efficaces - est plus complexe.

Les tests capillaires évitent l'effet «manteau blanc», dans lequel un individu pourrait prendre leurs médicaments de façon incohérente, mais le faire avant un rendez-vous médical, a déclaré Gandhi. De plus, les cheveux sont faciles et peu coûteux à collecter et les échantillons peuvent être stockés et expédiés à température ambiante sans précautions contre les risques biologiques. Cependant, les tests capillaires doivent actuellement être effectués dans un laboratoire et ne peuvent pas être effectués en "temps réel" pendant qu'un patient attend.

Cette analyse a utilisé la chromatographie liquide pour mesurer les niveaux d'atazanavir, de darunavir ou de raltégravir dans un seul échantillon de cheveux, ce qui reflète l'adhérence moyenne au fil du temps. Elle a noté que l'analyse segmentaire, utilisée en criminalistique, permet d'évaluer l'exposition aux médicaments à différents moments en comparant les niveaux dans les segments de cheveux près du cuir chevelu et ceux plus éloignés, mais cela n'a pas été fait dans cette étude.

La charge virale et les données sur les cheveux étaient disponibles pour 599 participants à l'étude, obtenus à 2 192 visites sur une période de suivi médiane de 217 semaines. Environ les deux tiers étaient des hommes, un tiers étaient noirs, 17% étaient des Latino et l'âge médian était de 38 ans.

Des échantillons de cheveux ont été recueillis aux semaines 4, 8, 16 et ensuite tous les trimestres pendant l'étude. Les participants ont été invités à fournir un échantillon de cheveux coupés du cuir chevelu; la racine des cheveux n'est pas nécessaire pour les tests, il n'est donc pas nécessaire de pincer un brin entier. Plus de la moitié des participants (55%) ont accepté de donner un échantillon de cheveux. Gandhi a noté que les hommes gais étaient plus susceptibles que de refuser parce qu'ils ne voulaient pas perturber leur coiffure.

Parmi les trois schémas thérapeutiques, le taux d'échec virologique à deux ans, soit une charge virale décelable, était de 3% chez les personnes ayant un taux de médicament dans le tiers le plus élevé (tertile) et de 6% dans le tertile moyen. à 26% pour ceux dans le tertile le plus bas. Même une courte période de non-adhérence, reflétée dans un seul niveau de médicament pour les cheveux bas, pourrait affecter l'adhérence, a déclaré Gandhi.

En fait, le fait d'avoir un faible niveau de médicament était le prédicteur indépendant le plus fort de l'échec du traitement. Les personnes ayant les niveaux les plus bas étaient 6,8 fois plus susceptibles d'avoir un VIH détectable que celles ayant les niveaux les plus élevés. Pour chaque diminution de deux fois des niveaux de médicaments capillaires, le risque d'échec virologique a plus que doublé.

Ce profil était similaire pour les trois médicaments et a été maintenu après ajustement pour l'observance autodéclarée et d'autres facteurs. La corrélation entre l'observance autodéclarée et les niveaux de médicaments mesurables dans les échantillons de cheveux était faible, a souligné M. Gandhi, soulignant les limites de l'autodéclaration.

L'analyse a inclus des personnes avec des cheveux traités, colorés, permanentés et blanchis. Les procédures capillaires n'interféraient généralement pas beaucoup avec la mesure du niveau de médicament, mais le blanchiment avait le plus grand effet, a noté Gandhi. La relation entre les niveaux de médicaments capillaires et la suppression virale ne différait pas selon la race ou l'origine ethnique.

Cette méthode de test peut être utilisée même sur les cheveux très courts, mais si une personne est chauve, les sourcils ou les poils pubiens qui ne poussent pas au fil du temps n'est pas recommandé, a déclaré Gandhi lors d'un point de presse CROI.

Les chercheurs ont conclu que d'autres études sont justifiées pour voir si la surveillance précoce des niveaux de médicaments capillaires, suivie par des interventions d'adhérence ciblées pour ceux qui ont de faibles niveaux, pourrait aider à réduire l'échec virologique.

Les tests capillaires segmentaires qui examinent les changements de niveau de médicament au fil du temps sont prometteurs pour l'analyse de la séroconversion du VIH chez les personnes prenant la PrEP, comme cela a été fait dans une autre étude présentée lors de la conférence.

Référence :
Gandhi M E et al. Les niveaux antirétroviraux capillaires prédisent fortement les résultats virologiques dans l'étude ACTG A5257. 25e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2018), Boston, résumé 24, 2018.

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 07 Mar 2018 - 04:45
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 07 Mar 2018 - 10:01
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 07 Mar 2018 - 10:01
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 07 Mar 2018 - 13:13
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DÉPISTER ET TRAITER LES PLUS VULNÉRABLES : LA CLEF DE LA FIN DE L’ÉPIDÉMIE

A côté de l’innovation thérapeutique, la recherche de nouveaux moyens ou méthodes, pour donner accès à la prévention et au traitement, tient la part belle à Boston. Les tentatives de terrain évaluant l’intérêt de nouvelles interventions sont nombreuses et donnent des indications utiles pour mieux protéger ou bien traiter les personnes les plus exposées ; en première ligne : les femmes et les personnes vivant en Afrique subsaharienne.



Repérer et intervenir auprès des micro-épidémies dans les zones rurales d’Afrique du Sud

Des techniques de biologie moléculaire ont été utilisées pour voir si les phénomènes de migrations sont associés à l’entretien de l’épidémie dans les zones rurales d’Afrique du Sud. En se fondant sur les données du Kwazulu-Natal, où toute la population est dépistée chaque année, on a étudié, sur le plan moléculaire, les virus des personnes dépistées positives et on a pu repérer un cluster très différent des autres : dans ce dernier, il y avait plus d’hommes qui travaillaient à plein temps et qui étaient davantage éduqués. De plus, 40 % des personnes de ce cluster habitaient dans un village où la majorité des infections de la région se produisent (présence de chauffeurs routiers et prostitution) et 40 % dans un autre village spécifique à ce cluster où il y a de nouvelles zones minières. Ce type d’analyse pourrait permettre de mieux appréhender les contextes où les risques sont plus nombreux et y intervenir plus efficacement.

On traite très vite après le diagnostic à San Francisco

A San Francisco, on tente d’accélérer la mise sous traitement après un test positif. Le protocole tient dans la mise sous trithérapie dans les cinq jours, sauf en cas de risque de syndrome de restauration immunitaire grave (Iris). Pour cela, on a mis en place des centres et formé des accompagnateurs. On a augmenté la proportion de personnes séropositives sous traitement en passant de 93 à 97 % entre 2013 à 2016. On comptait 134 jours pour devenir indétectable depuis le moment du diagnostic en 2013 ; le chiffre est de 61 jours trois ans plus tard. Au final, les équipes ont réussi à tripler le nombre de personnes mises sous traitement en moins de cinq jours. Tous les groupes ethniques ont vu ce délai s’améliorer, ce qui est une bonne nouvelle. Une personne dépistée sur six ne commence cependant pas le traitement, pour des raisons qui restent à analyser

La prévention combinée réduit l’incidence dans les zones de pêche en Ouganda

Une étude de cohorte a été effectuée dans une zone de pêche en Ouganda, près du lac Victoria où l’incidence du VIH est très élevée. Une zone marquée par beaucoup de mobilité et de travail du sexe. Quelque 5 000 participants ont été inclus. La couverture en antirétroviraux est passée de 19 % à 81 % pour les personnes séropositives et le taux de personnes en charge virale indétectable parmi les personnes sous traitement est passé de 33 à 78 % en cinq ans. La proportion d’homme circoncis a augmenté de 39 à 63 %, les jeunes étant les plus nombreux à être circoncis. Entre 2012 et fin 2016, l’incidence est passée de 4 à 1,6 personne-année, bien que les comportements sexuels et les prises de risques aient peu évolué selon les auteurs. Le nombre de nouvelles infections a d’ailleurs reculé dans de plus fortes proportions chez les femmes, preuve qu’une politique de circoncision chez les hommes, combinée à l’efficacité du Tasp donne des effets concrets et rapides sur l’épidémie.

Dépistage à domicile et traitement immédiat

Un essai randomisé nommé Cascade a été réalisé au Lesotho (Afrique australe) dans des zones rurales. Une campagne de proposition de dépistage du VIH au domicile des personnes a été menée. Les personnes dépistées positives ont alors été réparties au hasard, soit elles étaient envoyées vers l’hôpital, soit on leur donnait directement et immédiatement à domicile une trithérapie pour un mois, avec un suivi à l’hôpital. Les chercheur-e-s ont regardé s’il y avait des personnes perdues de vue trois mois après, et combien des personnes suivies étaient indétectables un an plus tard. Selon l’étude : 70 % des personnes restent dans le soin si le traitement a été initié à domicile contre 40 % s’il est initié à l’hôpital. La charge virale est également plus souvent indétectable chez celles et ceux qui ont commencé le traitement à la maison. Une preuve qu’aller vers les personnes pour proposer un dépistage et/ou traiter sans perdre de temps, dans un contexte de proximité et rassurant pour les personnes permet un meilleur suivi et un maintien dans le soin qui permet d’aller vers l’indétectabilité.

Les spécificités et sur-risques tout au long de la vie des femmes

Le microbiome vaginal joue un rôle majeur dans l’acquisition du VIH. En Afrique, les femmes acquièrent l’infection, plus jeunes que les hommes. Elles représentent la majorité des personnes vivant avec le VIH du continent. Indépendamment des facteurs de vulnérabilité sociale, les chercheur-e-s se sont intéressés aux facteurs de vulnérabilité biologique des femmes. Le microbiome vaginal est la composition bactérienne du vagin, qui constitue l’ensemble de la flore microbienne, et ce microbiome peut être parfois déséquilibré. De nombreuses maladies sont associées à un déséquilibre de cette flore vaginale. Certains déséquilibres peuvent entrainer des lésions de la muqueuse. Le déséquilibre le plus fréquent est la vaginose caractérisée par le manque d’une bactérie, le lactobacille entrainant une baisse de l’acidité du vagin (le PH vaginal). Or, contre les infections vaginales, la plus importante et la plus naturelle des protections est une flore vaginale saine. Les lactobacilles y tiennent le rôle principal : ils assurent l’acidité du milieu (pH 4,0 – 4,5) en produisant de l’acide lactique et empêchent ainsi la croissance de germes pathogènes. Reste que la flore vaginale est soumise au cours de la vie et des cycles menstruels à de fortes fluctuations du pH : moins acide, le pH est moins protecteur. Les déséquilibres du pH de la flore vaginale augmentent le risque d’acquisition du VIH de près de quatre fois.

La composition de la flore vaginale semble donc jouer un rôle dans le taux de protection insuffisant des microbicides vaginaux ; dans l’essai Caprise où la protection était en moyenne de 40 %, celle-ci était de 60 % chez les femmes ayant des lactobacilles majoritaires, signe d’une meilleure santé vaginale. Aussi, le mécanisme de ce déséquilibre de la flore a des interférences dans la concentration du ténofovir (ténofovir disoproxil, ou TDF) et donc sa concentration dans les tissus vaginaux. En revanche, le nouveau TAF (ténofovir alafénamide) ne serait pas sensible à la composition de la flore vaginale. Cependant, concernant la prévention des IST comme du VIH, la prise en compte de microbiome reste cruciale pour réduire la vulnérabilité biologique des femmes.

La transmission chez les femmes en Afrique est majorée pendant la grossesse et après l’accouchement

Il existait déjà des études, mais assez contradictoires sur ce sujet. Il fallait donc avoir des données sur la fréquence des rapports sexuels non protégés pendant cette période, pour calculer un taux de transmission par acte sexuel. Les auteur-e-s de cette étude ont utilisé les données de cohorte et d’essais de Prep en Afrique subsaharienne. Ils ont confirmé une multiplication du risque par deux en période précoce de la grossesse, de trois en stade tardif de grossesse et de quatre, juste après l’accouchement. Il est donc important de répéter le dépistage pendant la grossesse des femmes qui ont des rapports sexuels et proposer la Prep quand elle semble nécessaire.

https://www.seronet.info/article/depist ... emie-81106

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 07 Mar 2018 - 19:14
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 06:16
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 10:37
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 11:32
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Une inquiétante mutation du VIH, des anticorps à large spectre… Ce qu'il fallait retenir de la CROI 2018

Pour la première fois, des chercheurs français ont mis en évidence la mutation permettant à certaines souches mutées du VIH de résister aux inhibiteurs d'intégrase. L’intégration du génome du VIH dans les chromosomes de la cellule hôte est normalement une étape indispensable à sa réplication. Olivier Delelis (ENS Paris-Saclay, CNRS UMR8113) et Isabelle Malet (Sorbonne Université/UPMC, Inserm UMR1136) ont bousculé ce dogme à l'occasion d'une présentation faite au cours de la conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), du 4 au 7 mars à Boston.

Ils ont montré qu'un virus résistant au dolutégravir gardait la capacité de se répliquer en présence d’inhibiteur d’intégrase sans que son ADN ne soit intégré à celui de la cellule hôte. Les auteurs ont également observé la présence d’une forte accumulation d’ADN viral circulaire. C’est à partir de cet ADN viral circularisé que le VIH muté peut se répliquer sans être obligé de passer par l’étape d’intégration. Ce virus, isolé chez patients, est aussi résistant au raltégravir et à l’elvitégravir, deux autres anti-intégrases.

La lutte contre la réplication résiduelle

Parmi les autres résultats présentés, ceux des chercheurs danois et australiens démontrent qu'une intensification du traitement par le dolutégravir bloque totalement la réplication résiduelle du virus chez les patients ayant une charge virale indetectable. Cela fait quelque temps que la communauté scientifique envisage la piste de l'intensification de l'usage des inhibiteurs d'intégrases pour parvenir à ce résultat, mais deux études avec le raltégravir avait échoué.

Selon les données de 40 patients, dont la charge virale était indétectable depuis au moins 3 ans, présentées par le Pr Thomas Rasmussen (hôpital universitaire d'Aarhus, Danemark), il n'y a plus de signe de réplication résiduelle au bout de 56 jours d'une trithérapie classique à laquelle ils ont ajouté 50 mg de dolutégravir.

L'existence même de réplication résiduelle chez les patients sous trithérapie reste toutefois discutée. Au cours de ce même congrès, les universitaires de Pittsburgh et de San Francisco ont montré l'absence de réplication chez 5 patients sous traitement depuis 5 à 13 ans. Ils ont étudié les populations virales présentes dans les cellules hôtes du sang et des ganglions lymphatiques. S'il y avait eu des réplications, il y aurait dû avoir une dérive génétique qui n'a pas été observée.

Nouveaux résultats des bNAbs

Au chapitre des nouveaux traitements, le Dr Dan Barouch du centre médical Beth Israël Deaconess, a présenté les derniers résultats de l'association d'anticorps neutralisants à large spectre PGT121 et d'agoniste du récepteur TLR7, expérimentés chez 44 macaques rhésus dont l'infection par le VIH est contrôlée par un traitement antirétroviral.

Les macaques ont conservé des niveaux sériques élevés d'anticorps neutralisant pendant les 10 semaines qui ont suivi l'injection. Au bout de 18 semaines, les chercheurs ont stoppé le traitement antirétroviral. Si un rebond immédiat de la virémie a été observé chez un peu plus de la moitié des singes (55 %), il a fallu attendre 140 jours en moyenne avant que la présence du virus redevienne détectable chez les autres animaux.

Mieux dépister la tuberculose

La question des coïnfections VIH-Tuberculose a été aussi abordée lors de cette CROI. Le Dr Ankur Gupta-Wright de l'école d'hygiène et de médecine tropicale de Londres a communiqué sur l'intérêt d'un dépistage urinaire de la tuberculose. Ils ont réparti 2 600 patients en 2 groupes, dont un bénéficiant d'un suivi classique (dépistage dans les expectorations) et l'autre bénéficiait d'un suivi renforcé par dépistage du mycobacterium dans les urines. Selon la chercheuse, la détection dans les urines permet de diagnostiquer des cas qui auraient pu échapper au dépistage classique et surtout, les cas d'infection les plus susceptibles de causer le décès du patient, et donc à traiter agressivement en priorité.

Le dépistage urinaire améliore significativement la survie dans plusieurs populations clés : les patents anémiés, présentant des symptômes évocateurs d'une tuberculose ou ayant un décompte de CD4 inférieur à 100 cellules/µL.

Coïnfections VIH-Tuberculose

L'étude ANRS STATIS démontre l'intérêt de deux 2 stratégies de prévention : l'intensification du dépistage de la tuberculose chez les patients séropositifs et la mise d'emblée sous traitement antituberculeux de tous les patients séropositifs. Leur travail a porté sur 1 047 patients adultes au Cambodge, en Côte d'Ivoire et en Ouganda. Les taux de succès du dépistage et de la mise sous traitement systématique se sont révélés être supérieurs à celui rapporté précédemment dans la littérature.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... 018_855783

VIH : UN VIRUS MUTÉ CAPABLE DE SE RÉPLIQUER SANS INTÉGRER SON ADN AUX CHROMOSOMES CELLULAIRES

Des recherches menées par Olivier Delelis (ENS Paris-Saclay, CNRS UMR8113), Isabelle Malet (Sorbonne Université, UPMC, Inserm UMR1136) et leurs collègues ont démontré qu’un virus muté du VIH était capable de se répliquer sans intégrer son ADN dans les chromosomes de la cellule immunitaire qu’il a infectée. Ce phénomène permet au virus de contourner l’effet des inhibiteurs d’intégrase administrés aux patients afin de contrôler la réplication virale. Ces résultats, issus de recherches financées par l’ANRS, font l’objet d’une présentation le 6 mars 2018 lors de la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2018) qui se tient du 4 au 7 mars à Boston.

Texte
L’intégration du génome du VIH dans les chromosomes de la cellule hôte est considérée jusqu’à présent comme une étape strictement indispensable à la réplication du VIH : c’est, avec celui de la rétro-transcription, un des dogmes centraux de la rétrovirologie.

Dans cette étude, des chercheurs soutenus par l’ANRS, ont sélectionné dans des conditions particulières, in vitro, un virus résistant au Dolutégravir. Il est à noter que des mutations similaires ont été observées chez un patient échappant au traitement mettant en jeu le Dolutégravir.
Le Dolutégravir est une molécule de la famille des inhibiteurs d’intégrase qui est utilisé dans les traitements antirétroviraux. Il empêche la réplication du virus en ciblant l’intégrase : enzyme permettant au virus d’intégrer son ADN dans celui de la cellule infectée. Le virus utilisé dans cette étude ne présentait pas de mutation du gène codant l’intégrase, ce qui est habituellement le cas chez les virus résistant au Dolutégravir, mais une série de mutations situées dans l’extrémité 3’ de son génome.

Dans leurs analyses, les chercheurs ont observé que ce virus mutant avait la capacité de se répliquer de manière importante en présence ou non d’inhibiteur d’intégrase. Cependant, en présence d’inhibiteur d’intégrase, l’ADN viral n’était pas intégré à l’ADN de la cellule hôte. Ils ont également observé dans ce cas, la présence d’une forte accumulation d’ADN viral circulaire. C’est à partir de cet ADN viral circularisé que ce VIH muté peut se répliquer sans être obligé de passer par l’étape d’intégration.

Ainsi, ce virus présentant une mutation à son extrémité 3’ est capable de se répliquer sans intégrer son génome au sein de celui de la cellule qu’il infecte et ce, afin d’échapper au Dolutégravir. Ce virus est aussi résistant au Raltégravir et à l’Elvitégravir, deux autres anti-intégrase.
C’est la première fois qu’un tel mécanisme de résistance aux inhibiteurs d’intégrase est décrit, mettant en évidence la possibilité pour un rétrovirus de se répliquer sans passer par une étape d’intégration dans les chromosomes cellulaires.

Sources:
UNINTEGRATED VIRAL DNA INVOLVED IN DOLUTEGRAVIR RESISTANCE
Isabelle Malet1, Frédéric Subra2, Clémence Richetta2, Hervé Leh2, Vincent Parissi3, Charlotte Charpentier4, Gilles Collin4, Diane Descamps4, Eric Deprez2, Vincent Calvez1, Anne-Geneviève Marcelin1, Olivier Delelis2
1Sorbonne Université, UPMC INSERM, UMR 1136), 75013 Paris, France Hôpital Pitié-Salpêtrière, Department of Virology, Paris, France. 2LBPA, ENS Cachan, CNRS UMR8113, IDA FR3242, Université Paris-Saclay, F-94235 Cachan, France. 3Fundamental Microbiology and Pathogenicity Laboratory, UMR5234 CNRS-Bordeaux University, 33146 Bordeaux, France. 4INSERM, IAME, UMR 1137, F-75018 Paris, France; Université Paris Diderot, IAME, UMR 1137, Sorbonne Paris Cité, F-75018 Paris, France; AP-HP, Hôpital Bichat, Laboratoire de Virologie, F-75018 Paris, France

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 12:47
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Trogarzo, un antirétroviral d'un nouveau genre

La société Theratechnologies et son partenaire Taimed Biologics ont annoncé hier l'approbation par l'agence américaine du médicament (FDA) de Trogarzo (ibalizumb-uiyk), premier antirétroviral en injection administré toutes les deux semaines.
Selon le laboratoire fabricant, il s'agit du premier traitement du VIH proposant un nouveau mécanisme d'action approuvé en plus de 10 ans. Combiné à d’autres antirétroviraux, Trogarzo est indiqué pour le traitement du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les adultes déjà exposés à de nombreux traitements avec une infection au VIH-1 multirésistante aux médicaments et dont on constate l’échec des thérapeutiques. « Contrairement à toutes les autres classes d’antirétroviraux, Trogarzo est un inhibiteur post-attachement du VIH ciblant les cellules CD4 + qui se lie aux récepteurs CD4 + sur les cellules hôtes et empêche le VIH d’infecter ces cellules », explique Theratechnologies dans un communiqué. Ce nouveau traitement sera disponible aux États-Unis dans les six prochaines semaines. Il avait auparavant reçu le statut de percée thérapeutique et de médicament orphelin, ce qui lui a permis de bénéficier d'une évaluation prioritaire par la FDA.

Trogarzo doit être administré par voie intraveineuse tous les 14 jours. Il s'agit d'un anticorps monoclonal humanisé qui prévient l’infection des cellules immunitaires CD4 + par le VIH tout en conservant les fonctions immunologiques normales. Dans son étude clinique de phase 3, Trogarzo a permis de réduire significativement la charge virale en moins de sept jours après la première dose de monothérapie fonctionnelle. La réponse au traitement a été maintenue avec un traitement de base optimisé qui incluait au moins un autre antirétroviral actif pour une période de traitement allant jusqu’à 24 semaines. Plus de 80 % des patients ont atteint la réduction de charge virale visée, dont 43 % ont obtenu une charge virale indétectable. Aucune interaction avec d’autres antirétroviraux ou médicament n’a été rapportée, et aucune résistance croisée avec les autres antirétroviraux n’a été observée.

https://www.lequotidiendupharmacien.fr/ ... nre_271044

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 16:46
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Zepatier efficace chez les HSH présentant des génotypes de VHC aigus 1, 4

Le traitement avec l'antiviral Zepatier à action directe pendant 8 semaines a montré une grande efficacité chez les hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec des hommes infectés par l'hépatite C aiguë, selon les résultats de l'étude présentée à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes.

"Aux Pays-Bas, le groupe qui compte le plus grand nombre d'infections aiguës à l'hépatite C sont des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes" , a déclaré Anne Boerekamps, MD, du centre médical universitaire Erasmus aux Pays-Bas. «Les étiquettes DAA ne parlent que de l'hépatite C chronique, ce qui a entraîné des restrictions de remboursement dans de nombreux pays pour le traitement de l'hépatite C aiguë par les AAD. Par conséquent, nous pensons que des preuves convaincantes sont nécessaires pour soutenir le rapport coût-efficacité et l'efficacité de la thérapie DAA pour l'hépatite C aiguë. "

Boerekamps et ses collègues ont recruté 68 patients HSH porteurs du VIH et du génotype 1 ou 4 du VHC aigu dans un essai multicentrique prospectif. Les patients ont reçu 8 semaines de Zepatier (elbasvir / grazoprevir, Merck). Cinq patients n'ont pas commencé le traitement.

En ce qui concerne l'intention de traiter, 62 des 63 patients qui ont commencé le traitement ont obtenu une réponse virologique soutenue (98%, IC à 95%, 91-100). La RVS est restée élevée à 94% (IC 95%, 85-quatre vingt dix huit), incluant trois patients qui ont été réinfectés.

Un patient a rechuté sans nouvelle substitution NS5A ou NS3 associée à la résistance par rapport à la ligne de base et un patient qui a atteint SVR avait une nouvelle infection phylogénétiquement prouvée.

Les chercheurs n'ont observé aucun événement indésirable grave lié au traitement et la plupart des événements indésirables étaient bénins.

"Nous pouvons dire que 8 semaines d'elbasvir / grazoprevir pour l'hépatite C aiguë étaient sûres, hautement efficaces et non inférieures aux études précédentes sur l'hépatite C chronique avec une durée de traitement plus longue", a conclu Boerekamps.

Référence: Boerekamps A, et al. Résumé 128. Présenté à: Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes; Du 4 au 7 mars 2018; Boston.

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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 08 Mar 2018 - 18:33
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Sujet du message: CROI 2018 Boston  MessagePosté le: 09 Mar 2018 - 06:39
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CROI 2018 : PREP POUR LE CHANTIER ?

La Prep (prophylaxie pré-exposition) reste l’une des attractions de cette édition 2018 de la conférence américaine. A Boston, de nombreux posters et présentations ont traité de la mise en place, l’accès et les marges de progression pour cet outil qui doit, au côté du Tasp, être la fusée qui mène vers la fin de l’épidémie. Voici un florilège des études les plus éclairantes présentées cette semaine, notamment chez les femmes.



Faut-il déployer la Prep chez les femmes, dans un contexte d’épidémie généralisée ? C’est la question à laquelle il fallait répondre à la CROI cette année. Dans sa présentation, Linda Gail-Bekker revient sur les chiffres connus de l’utilisation de la Prep. On estime à 220 000 personnes le nombre d’utilisateurs de la Prep dans le monde, dont 25 000 qui l’achètent à l’étranger. Si elle était accessible et utilisée dans les pays les plus touchés par l‘épidémie, le nombre d’utilisateurs ou utilisatrices potentiels serait énorme. On sait que la Prep marche si on la prend correctement, les résistances sont rares et surviennent seulement en cas de primo-infection. Mais il y a des idées reçues à combattre pour parvenir à un accès pour tout-e-s.

D’une, la Prep ne serait pas faite pour les femmes africaines, à cause des échecs de certains essais (Voice, FemPrep). Mais, dans ces cas, les femmes qui ont été contaminées n’étaient pas observantes ; d’autres essais ont montré que les femmes étaient protégées lorsqu’elles étaient observantes (TDF2, Partners Prep). La faible observance peut l’être pour des raisons de dépression ou de peur des effets indésirables ou par manque de confiance de la communauté à laquelle l’outil est proposé. Aussi, certains disent que la Prep met du temps à être efficace. La pharmacologie indique pourtant que la protection serait atteinte après trois jours chez les femmes contre deux chez les hommes. La Prep ne serait pas possible pendant la grossesse ? C’est faux, il n’y a pas d’effets négatifs sur le fœtus et la Prep est même encore plus indiquée à cause du sur-risque pendant la grossesse. Il n’y a pas non plus d’impact sur l’efficacité de la contraception. L’allaitement est sans risque car peu de molécules passent dans le lait.

La Prep n’est pas pour les adolescents ? Absolument faux, car l’incidence est élevée chez les adolescentes et jeunes femmes en Afrique. Il n’y a pas de différences d’observance avant ou après 25 ans, chez les jeunes femmes en Afrique du Sud dans une étude ouverte, même si une baisse d’observance au cours du temps a été notée chez toutes les participantes. La Prep demeure une intervention médicale : elle a besoin de promotion par les communautés pour une appropriation régulière.

La Prep fait le jeu des IST ? Des études montrent le contraire au Nord, mais on a besoin de suivi et de dépistage ciblés au Sud. Enfin, la Prep serait trop chère : la priorisation pour les groupes les plus exposés au risque d’infection est une solution au départ. A partir de là, quelle types d’intervention fonctionne et quelles leçons tirer des études menées ?

Les anneaux vaginaux de Prep peuvent faire diminuer l’épidémie

Les anneaux vaginaux de dapivirine ont montré une réduction de 30 % du risque d’acquisition du VIH chez les femmes. Une recherche opérationnelle à la suite de l’essai a été mise en place pour continuer à suivre les femmes de l’essai. Cette recherche a montré que 90 % des femmes de l’essai ont continué à vouloir être suivies. Les anneaux vaginaux ont été utilisés pour 89 % de ces femmes. L’incidence du VIH n’a été que de 1,9 personne-année, au lieu de 4,3 pour le groupe qui prenait le placebo pendant la phase de l’essai. Cette différence est sans doute due à une meilleure observance. Cette baisse est de même nature que la moyenne d’efficacité des essais de Prep orale menés chez les femmes. Un second essai sur ce même anneau avait donné des résultats similaires et les auteurs ont également présenté le suivi de cet essai : l’observance a été de 96 % et l’incidence au cours du suivi de 1,8 personne-année, soit deux fois moins que ce qui avait été vu dans le groupe placebo de l’essai. Au total ces anneaux vaginaux sont bien tolérés et acceptés par les femmes et, s’ils sont correctement utilisés, représentent un outil supplémentaire et complémentaire de réduction des risques.

Méconnaissance forte de la Prep chez les femmes dans le sud des Etats-Unis

Une étude a évalué l’éligibilité, la connaissance et la volonté d’utiliser la Prep chez des femmes du sud des Etats-Unis à partir d’une cohorte de femmes séronégatives exposées au risque d’infection. Elles ont eu trois partenaires sexuels dans les six derniers mois en moyenne, 11 % d’entre elles ont contracté des IST. Autre donnée : 32 % entraient dans les critères pour la Prep : pas d’utilisation de préservatif avec un partenaire dont elles ignoraient le statut sérologique. Très peu de participantes connaissaient la Prep avant l’étude. Celles qui voudraient avoir la Prep ont conscience de leurs risques et rapportent des histoires de violence avec leurs partenaires. D’où l’intérêt très fort pour cette population exposée à l’infection à VIH.

Quels sont les freins à l’utilisation de la Prep chez les femmes trans migrantes aux Etats-Unis ?

Une étude qualitative montre que les craintes vis-à-vis d’éventuelles interactions avec les traitements hormonaux, le refus de prendre des comprimés tous les jours ou la peur des effets indésirables sont les obstacles majeurs à l’envie de prendre la Prep chez des femmes trans migrantes vivant aux Etats-Unis. La volonté de prendre la Prep est associée à une perception élevée de prise de risque et au fait de recourir au travail du sexe.

La Prep chez les travailleuses du sexe en Afrique du Sud : c’est pas gagné !

Un projet propose le traitement ou la Prep aux travailleuses du sexe en Afrique du Sud. La prévalence du VIH était de 49 % chez les participantes de ce projet. La rétention pour la Prep n’était que de seulement 22 % à douze mois, mais pas de cas de séroconversion chez celles qui restent sous traitement préventif, preuve de son efficacité. Le coût est de 126 dollars (environ 102 euros) par an et par personne. Des données qualitatives montrent que pour beaucoup de ces femmes, la faible confiance dans l’outil a joué sur leur observance voire l’abandon de la Prep

La Prep est prescrite sans soucis chez les femmes enceintes au Kenya

Comme démontrée dans une autre étude présentée à la CROI, la grossesse augmente le risque d’acquisition du VIH. Un programme au Kenya a donc recherché les femmes enceintes exposées à un risque d’infection pour leur proposer la Prep. D’après les données, les femmes initient d’autant plus la Prep si elles ont connu dans les six derniers mois une ou plusieurs infections sexuellement transmissibles, si elles ont subi une agression sexuelle voire un viol, si elles ont subi des violences physiques ou sexuelles avec leur(s) partenaire(s). L’acceptation de la Prep semble donc fortement liée, non pas à la perception personnelle de l’éventuelle utilisatrice, mais au risque réel ou objectif de s’infecter au VIH.

Quel impact de la Prep sur les contaminations ?

La Prep est efficace évidemment, mais son efficacité dépend de l’observance. C’est ce qui explique les différences de résultats d’une étude à l’autre. La baisse de l’incidence peut s’observer par la protection créée par la Prep : pour la personne utilisatrice qui ne s’infecte pas, pour ses partenaires, les partenaires de ses partenaires... Quelques données ont été publiées sur la baisse d’incidence avec la Prep chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Une baisse, difficile à interpréter, a été observée à Londres et à Sydney chez des gays. La Prep pourrait faire baisser l’incidence chez les personnes usagères de drogues, mais la combinaison avec les programmes d’échanges de seringue est indispensable pour cela. Chez les personnes migrantes originaires d’Afrique en Europe, la Prep aurait un impact individuel, mais pas d’ampleur de santé publique car il y a peu de prévention secondaire des transmissions (cela a été montré par l’analyse moléculaire des virus transmis). Dans les pays à très haute prévalence, la Prep n’aurait, selon les modélisations, qu’un effet limité sur l’incidence comparée au Tasp dans un contexte d’épidémie généralisée.

https://www.seronet.info/article/croi-2 ... tier-81119

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VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
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