Hépatites et Co-Infections
Partage et entraide
Aux nouveaux inscrits...




Favoris
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
Auteur Message
fil
19 Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 20 Jl 2017 - 17:20
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères


IAS 2017 À PARIS : L’ANRS EXPOSE LES ENJEUX

Co-organisateur de la Conférence IAS 2017 "HIV Science", l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales a réalisé un dossier très complet présentant les éléments de contexte actuels dans le domaine du VIH et les enjeux notamment thérapeutiques.

Elle s’appelle "HIV Science", c’est la 9ème du genre. Elle se déroule, tous les deux ans, en alternance avec la grande conférence mondiale sur le VIH. La dernière de ces grandes conférences s’est déroulée à Durban (Afrique du Sud), la prochaine en 2018 se tiendra à Amsterdam. C’est simple, la grande conférence se tient les années paires. C’est Paris qui accueille du 23 au 26 juillet 2017 cet événement dans la sphère scientifique et militante de la lutte contre le VIH.

Où se déroulera la conférence ?

La 9e conférence "IAS 2017" se tiendra au Palais des congrès, Porte Maillot. Par ailleurs, en amont et en marge de la conférence officielle, plusieurs événements ont été organisés. Pour cette édition parisienne, l'IAS (l’organisateur des conférences mondiales et scientifiques) s'est associée à l'Agence nationale de recherche sur le VIH/sida et les hépatites virales (ANRS). L'ANRS en assure ainsi la co-présidence. La conférence ne s’est pas tenue en France depuis 2003. La précédente édition avait marqué les esprits et tenu une place particulière dans l'histoire de la lutte contre le VIH/sida. Comme le souligne l’ANRS dans un communiqué : "Elle a été, en effet, la tribune de plaidoyers remarqués en faveur de l'accès aux traitements pour les pays du Sud, lancés en particulier par les présidents Jacques Chirac et Nelson Mandela. A Paris, fin juillet, environ 7 000 délégués sont attendus (chercheurs, médecins cliniciens, activistes, responsables d’organismes de recherches et d’organisations internationales, industriels du médicament, etc.)

Progrès scientifiques dans le VIH : où en est-on aujourd’hui ?

On dispose aujourd’hui d'une gamme élargie de traitements antirétroviraux qui ont un impact majeur sur la mortalité et la morbidité des personnes vivant avec le VIH. Une étude publiée récemment dans "The Lancet HIV" (1), et dans laquelle de nombreuses données françaises ont été prises en compte, relevait que l'espérance de vie des personnes séropositives vivant en Europe et en Amérique du Nord avait augmenté de 10 ans depuis 1996, date d'introduction des antirétroviraux. Pour une personne ayant commencé son traitement en 2008, et ce, suffisamment tôt après l'infection, l'espérance de vie est désormais de 73 ans chez les hommes et de 76 ans chez les femmes, soit presque autant que celle de la population générale, note l’ANRS. Les pays du Sud ont bénéficié aussi de ces avancées thérapeutiques. On estimait en 2016 qu'environ 18,2 millions de personnes infectées dans le monde avaient accès aux antirétroviraux (7,5 millions en 2010 et pratiquement pas en 2003). Un progrès important mais qui ne doit néanmoins pas masquer qu’il y a aujourd’hui autant de personnes qui nécessiteraient de recevoir un traitement et qui le l’ont pas !

Ce sont ainsi plus de 75 % des personnes vivant avec le VIH en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale qui ne bénéficient pas encore d'antirétroviraux. Pourtant des études ont clairement démontré qu'il existe un réel bénéfice pour les personnes infectées à démarrer un traitement antirétroviral de manière précoce. La morbidité sévère est réduite de moitié chez les personnes initiant très tôt — et quel que soit le niveau de CD 4 — un traitement antirétroviral comparativement à ceux qui le prennent plus tardivement. C'est grâce aux études ANRS Temprano et NIH Start qu'un grand pas vers le traitement universel a pu être franchi en 2015 en faisant évoluer les recommandations de l'OMS sur la prise en charge des patients, recommandations adoptées désormais dans la plupart des pays.

Autre donnée importante. "Les traitements d'aujourd'hui sont plus efficaces et moins toxiques à long terme, et on peut espérer qu'on puisse encore les simplifier", explique le professeur Jean-François Delfraissy, qui préside la conférence IAS 2017 avec la professeur Linda-Gail Bekker (Desmond Tutu HIV center, le Cap, Afrique du Sud et présidente de l'IAS). "Plusieurs pistes sont à l'étude. Une consiste à alléger les traitements : deux voire un seul antirétroviral par jour ; on évalue aussi la possibilité de "concentrer" le traitement sur quelques jours ou bien de délivrer des médicaments à action prolongée dont le principe actif serait libéré lentement dans le sang pendant plusieurs semaines", précise Jean-François Delfraissy. De nouvelles molécules sont par ailleurs à l'étude dont certaines appartiennent à de nouvelles familles d'antirétroviraux, comme des inhibiteurs d'attachement ou des inhibiteurs de "maturation", dans une étape plus tardive du cycle du VIH.

Les antirétroviraux ne parviennent pas à éradiquer les réservoirs viraux, ces cellules où le VIH persiste à l'état latent et est capable de se réactiver si les traitements antirétroviraux sont arrêtés. "C'est la nouvelle frontière que nous nous sommes fixés en lançant, en 2011, l’initiative Towards HIV Cure", explique la Pr Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de Médecine 2008, dans le dossier de présentation de l’ANRS. "Plusieurs observations nous permettent de penser depuis quelque temps déjà que nous pourrions parvenir à la guérison, ou de manière plus raisonnable à la rémission de la maladie sans traitement [cas de quelques patients contrôlant leur infection pendant de longues années alors qu'ils ne prennent pas de traitement, patient dit "de Berlin" ayant bénéficié d'une transplantation de la moelle provenant d'un donneur présentant une résistance génétique à l'infection et dont le virus est devenu indétectable dans le sang, etc.] tous ces éléments sont en faveur du concept de rémission possible après arrêt de tout traitement", ajoute la chercheuse.

Autre avancée. Une découverte réalisée en France et publiée en mars 2017 dans la revue "Nature" permet de penser que nous allons progresser dans cette voie de recherche. Les chercheurs viennent d'identifier que les cellules quiescentes CD4+ qui expriment le marqueur CD32a sont des réservoirs (2). Cela permet d'envisager des stratégies ciblant précisément les réservoirs. Certaines consistent à utiliser des médicaments employés pour d'autres maladies, comme le cancer, pour "attaquer" le réservoir.

Le traitement comme prévention

On sait depuis les années 90 qu'il est possible de réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant en faisant prendre à la mère pendant la grossesse ainsi qu'à l'enfant autour de la naissance un traitement antirétroviral. Le traitement prophylactique post exposition pris rapidement après une prise de risque sexuelle ou sanguine est proposé de longue date dans les services hospitaliers français. Des études de grande envergure menées par des équipes américaines et européennes (HPTN 052 et Partner) ont apporté, dès les années 2010, la preuve irréfutable que l'initiation précoce d'un traitement antirétroviral réduit presque intégralement le risque de transmission du VIH au sein de couples dont un membre est séropositif et traité. Si le traitement apporte un bénéfice individuel pour les personnes infectées, en améliorant l'état de santé global et en diminuant la mortalité, il devient donc également capable de réduire — voire de supprimer — le risque de transmission à autrui. Comment ? En contrôlant rapidement et durablement la charge virale des personnes infectées.

Evidemment, une des conditions est de connaître son statut sérologique. C'est d’ailleurs le premier objectif du plan 90-90-90 de l’Onusida afin de mettre fin à l'épidémie à l'horizon 2030. Favoriser l'accès au dépistage de manière répétée est au cœur de toutes les stratégies visant à réduire le nombre des nouvelles infections. Particulièrement dans les populations les plus fréquemment exposées, comme les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, les travailleurs/travailleuses du sexe, les migrants, les usagers de drogues. En France, on estime à environ 6 000 le nombre de personnes découvrant chaque année leur séropositivité et ce chiffre ne baisse plus depuis au moins cinq ans. La recherche a permis de valider plusieurs stratégies de dépistage (autotests, dépistage communautaire), élargissant ainsi la palette des moyens disponibles.

L'urgence de parvenir au deux premiers "90" est réelle

"L'urgence de parvenir au deux premiers "90" est réelle, estime le professeur François Dabis, directeur de l’ANRS. Le délai moyen en France entre infection et contrôle de la charge virale est d'environ 65 mois". Il faut ainsi plus de cinq ans en moyenne pour qu'une personne infectée découvre sa séropositivité, entre dans un système de soins et ait une charge virale contrôlée. Autant de mois et d’années pendant lesquels une personne infectée peut contribuer à la diffusion de l'épidémie en contaminant, par ignorance de son statut sérologique, d'autres personnes. En Afrique Sub-Saharienne on estime qu’en moyenne, seules 45 % des personnes infectées connaissent leur statut et cette proportion varie beaucoup d’une partie de l’Afrique à une autre. L'étude ANRS Tasp réalisée dans une région très fortement affectée en Afrique du Sud avait créé l’événement en juillet 2016 à la conférence mondiale sur le sida de Durban. Pour la première fois en effet, cette étude réalisée en population a montré l'ensemble des défis auxquels nous sommes confrontés pour atteindre les deux premiers "90" d'Onusida et encore plus peut-être le troisième. Si l'acceptabilité d'une offre de dépistage répétée à domicile est en effet bien acceptée par la population, l'accès aux systèmes de soins se révèle insuffisant pour espérer avoir rapidement un impact sur l'épidémie.

L’avancée de la PrEP

C'est grâce aux études américaine, anglaise et française (Iprex, Proud et ANRS Ipergay respectivement) que l'Organisation mondiale de la santé recommande depuis 2015 pour les populations les plus à risque l'usage de la prophylaxie pré exposition (PrEP). D'abord autorisée aux Etats-Unis puis en France, l'usage de la PrEP se répand dans d'autres pays (Norvège, Grande Bretagne, Afrique du sud, Kenya, Maric, etc.). Les recherches doivent s'intensifier afin d'élargir l'usage de la PrEP, comprendre où sont les freins tant au plan structurel qu'individuel. C'est l'objet de l'étude ANRS Prevenir qui, depuis mai 2017, accompagne au plan scientifique les programmes lancés par la Mairie de Paris et en Région Ile-de-France dont l'objectif est de parvenir à "Zéro nouvelle infection".

Une fin du sida possible, mais pas sans vaccin

Cette vision optimiste qui prône que l’on parviendra à briser l'épidémie est partagée de plus en plus par de nombreux responsables politiques et scientifiques. Elle doit être néanmoins modulée. Selon la Pr Françoise Barré-Sinoussi : "Il n'y aura pas de fin du sida possible sans un vaccin préventif, qui devra être mis à disposition des populations vivant dans des régions de forte prévalence et incidence, en particulier pour les personnes les plus vulnérables et les plus exposées". La France participe aux efforts internationaux de recherche fondamentale et clinique (allant jusqu’à la réalisation d’essais chez l'homme). En particulier à travers le programme de recherche du Vaccine Research Institute financé en partie par l'ANRS. La stratégie vaccinale prioritairement suivie dans ce programme repose sur le ciblage des cellules dendritiques. A ce jour seul l'essai américano-thai RV144 a permis de protéger une petite proportion de personnes (31,2%), donnant un nouvel élan à la recherche vaccinale. Un large essai d'efficacité (HVTN 702) est actuellement en cours en Afrique du Sud auprès de 5 400 volontaires. Les résultats sont attendus en 2021.

Quels enjeux scientifiques pour la conférence de Paris ?

"Il est essentiel de renforcer nos approches en recherche fondamentale dans l'objectif de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour aboutir à une rémission, tout en avançant en parallèle sur la recherche d'un vaccin, tant préventif que thérapeutique", explique Françoise Barré-Sinoussi. La connaissance des mécanismes liés à la constitution du réservoir et à sa réactivation sont fondamentaux. Pour cibler les réservoirs, les stratégies d'immunothérapie et de thérapie génique seront abordées à Paris. Le partage des données issues d'autres pathologies, avec l'utilisation par exemple de médicaments anti-cancéreux, fait l'objet d'une nouvelle dynamique (un forum consacré à "Persistance du VIH et Cancer" sera d’ailleurs organisé à l'Institut Curie les 21 et 22 juillet par l’initiative IAS "Towards an HIV Cure"). Le rôle des anticorps neutralisants, dans les stratégies thérapeutiques (pour réduire les réservoirs viraux) ou de prévention sera également discuté dans cette conférence, précise l’ANRS.

Des présentations sur les antirétroviraux attendues

"La conférence de Paris verra un foisonnement de contributions originales dans le domaine des antirétroviraux", selon Jean-François Delfraissy. De nouvelles molécules, de nouvelles formulations (en patchs, à durée d'action longue, etc.) seront présentées. Leur utilisation dans des anneaux vaginaux, à visée préventive donc, sera, par exemple, décrite. Dans les pays du Sud, la priorité est de développer des stratégies de simplification thérapeutique et d'offrir des possibilités de traitements de troisièmes lignes efficaces et adaptées. Pour les pays du Sud également, le traitement des infections opportunistes, responsables d'un taux accru de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, est une urgence que plusieurs équipes s'efforcent de combattre. Elles viendront présenter des données originales à Paris. Parmi les autres données attendues, les hépatites en tant que mono-infection ou co-infection du VIH, seront mises en lumière à travers des études de cohortes ou des essais thérapeutiques.

La recherche opérationnelle, en plein développement, sera un des thèmes structurant la conférence. Des actualités sur les programmes en cours dans différentes parties du monde sont annoncées, tant sur le dépistage, que la prévention (dont la PrEP) et l'accès aux systèmes de soins. "La recherche est de ce point de vue le bras armé des politiques qui se développent dans les pays pour aboutir aux objectifs fixés par l'Onusida de mettre fin à l'épidémie à l'horizon 2030", conclut le directeur de l'ANRS, François Dabis.

(1) : Lancet HIV 2017, published online May 10, 2017
(2) : CD32a is a marker of CD4 T cell HIV reservoir harboring replication-competent provirus. Benjamin Descours, Gaël Petitjean, José-Luis López-Zaragoza, Timothée Bruel, Raoul Raffel, Christina Psomas, Jacques Reynes, Christine Lacabaratz, Yves Levy, Olivier Schwartz, Jean Daniel Lelievre & Monsef Benkirane. Nature, 15 mars 2017.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 21 Jl 2017 - 16:50
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Les chiffres mondiaux du VIH: des progrès et des défis

http://vih.org/20170721/chiffres-mondia ... fis/139489

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 23 Jl 2017 - 17:05
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
VIH : l'OMS inquiète du développement des résistances au traitement

Au lendemain de la présentation du rapport de l'ONUSIDA, dans lequel l'organisation se félicite d'avoir pour la première fois dépassé la barre des 50 % des personnes vivant avec le VIH sous traitement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde les pays contre la tendance à la hausse de la résistance du VIH aux médicaments, dans un rapport publié ce jeudi.

https://www.dropbox.com/sh/5ifmeh24om2d ... report.PDF

Ce texte, fruit du travail conjoint de l'OMS, de la Banque mondiale et des centres américains de contrôle des maladies (CDC), se base sur des enquêtes nationales menées dans les 11 premiers pays ayant adopté un programme de surveillance recommandé par l'OMS.

Dans 6 de ces 11 pays, plus de 10 % des personnes qui commencent un traitement antirétroviral sont infectées par une souche virale résistante aux antirétroviraux de première ligne. Il s'agit de l'Angola (16,3 %), de la République démocratique du Congo (10 %), du Honduras (11,5 %), de l'Ouganda (11,6 %), de la Papouasie Nouvelle Guinée (16,1 %) et de l'Afrique du Sud (18 %). Une fois ce seuil de 10 % atteint, l’OMS recommande à ces pays de revoir d’urgence leurs programmes de traitement du VIH. Les auteurs précisent que les niveaux de résistance ont pu être sous-évalués dans 3 des 5 pays en dessous de 10 %, car les enquêtes qui ont été réalisées ne concernaient que les patients naïfs de tout traitement.

Aruba, île de tous les records

Parmi les pays n'ayant fourni que des données partielles à l'OMS, l'île d'Aruba (qui ne fait donc pas partie des 11 principaux pays du rapport) s'est distinguée dans une petite étude menée sur 56 individus positifs pour le VIH et ayant été testés pour la résistance aux traitements lors d'un prétraitement. Le taux de résistance aux inhibiteurs non nucléosidiques de reverse-transcriptase y atteint un chiffre record de 32 %.

« La résistance aux médicaments antimicrobiens pose un problème croissant pour la santé mondiale et le développement durable », reconnaît le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. « Nous devons préventivement nous occuper des niveaux croissants de résistance aux médicaments anti-VIH si nous voulons atteindre la cible mondiale de mettre fin au sida d’ici à 2030 », ajoute-t-il. La résistance du VIH aux médicaments se développe lorsque les patients ne suivent pas le plan de traitement prescrit, faute d'un accès régulier aux médicaments.

135 000 décès supplémentaires

« Nous devons veiller à ce que le traitement reste efficace pour ceux qui le commencent, afin de prévenir l’émergence de résistances, explique le Dr Gottfried Hirnschall, directeur à l’OMS du département VIH/sida et du Programme mondial de lutte contre l’hépatite. Lorsque les niveaux de résistance deviennent élevés, nous recommandons de changer de thérapie de première intention pour ceux qui démarrent leur traitement. »

Selon les projections de l'OMS, 135 000 décès et 105 000 nouvelles infections de plus pourraient être observés dans les cinq prochaines années, si aucune mesure n'est prise pour lutter contre la montée en puissance des résistances. Dans le même temps, les coûts du traitement du VIH pourraient augmenter de 650 millions de dollars (558 millions d'euros). L'OMS propose un nouveau plan d’action mondial sur cinq ans visant à coordonner les efforts des pays pour prévenir et surveiller la résistance du VIH. L'OMS formule de nouvelles lignes directrices et recommandations : les pays sont invités en particulier à contrôler la qualité de leurs programmes de traitement et à prendre des mesures dès qu’un échec thérapeutique est détecté.

Pour le Dr Shannon Hader, directeur aux CDC de la « Division of Global HIV and TB », « le nouveau rapport confirme la nécessité de réfléchir d’une manière prospective dans nos efforts pour combattre la résistance : étendre les tests mesurant la charge virale, améliorer la qualité des programmes de traitement et passer à de nouveaux médicaments comme le dolutégravir ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr

9e Conférence scientifique sur le VIH – IAS 2017

Lors de cette conférence scientifique, Jean-François Delfraissy, co-président de l’IAS 2017 et ancien directeur de l’ANRS, veut faire passer un message à l’ensemble de la communauté VIH. Interview.

« Fondamentalement je pense qu’il faut ouvrir les fenêtres, que notre communauté VIH regarde ce qui se fait à côté. Pour plusieurs raisons: d’abord parce que cette communauté peut apporter beaucoup aux autres. On l’a déjà fait, dans les hépatites, avec l’épidémie Ebola. On a un savoir faire, il y a une pensée, une vraie place des communautés…

Deuxièmement, elle peut recevoir des leçons des autres. Il faut qu’elle l’accepte. Parce que les choses ont changé: au nord, il y a maintenant de grandes associations ou des mouvements autour des malades du cancer, des diabétiques… avec de nouvelles idées. Au Sud, c’est en train d’apparaitre, les nouvelles technologies du téléphone sont en train de révolutionner beaucoup de choses et le patient connecté va être un enjeu au Sud.

Le troisième élément est que tout cela nécessite des financements. On ne peut pas seulement dire on a besoin d’argent pour la recherche sur le VIH, on a besoin d’argent pour la prise en charge… il faut qu’on trouve autre chose.

la suite ici :

http://standfrance-ias2017.fr/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 23 Jl 2017 - 18:47
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
President Macron, don’t make the HIV epidemic great again

Alors que des milliers de chercheurs et d’activistes venus de toute la planète se réunissent à Paris jusqu’au 26 juillet pour la conférence scientifique mondiale sur le VIH/sida, le Président français a choisi de déserter. Une absence remarquée qui alimente nos craintes sur l’engagement de la France pour mettre fin à la pandémie du VIH/sida.

Le 17 juillet 2003, le Président Jacques Chirac montait à la tribune de la conférence de l’IAS (International AIDS Society), à Paris, devant 5000 conférenciers du monde entier, dont Nelson Mandela, pour y lancer un « appel solennel aux gouvernements des pays donateurs du monde entier pour qu’ils fassent preuve, malgré les difficultés budgétaires, de plus de générosité ». Le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme venait d’être créé, et la France en était la locomotive.

Quatorze ans plus tard, la même conférence est de retour à Paris. Et les efforts en faveur du Fonds mondial, mais aussi d’UNITAID, commencent à porter leurs fruits. La barre symbolique des 50% de personnes ayant accès à un traitement a été franchie cette année, et le taux de décès a été divisé par deux depuis le pic de 2005. Une avancée qui reste fragile : 17 millions de personnes n’ont toujours pas accès à un traitement, et une personne décède du sida toutes les trente secondes dans le monde.

Cette moitié de chemin parcourue, nous la devons à la mobilisation des populations-clés, aux innovations thérapeutiques, et aux programmes de prévention. Mais pour les rendre accessibles à toutes et tous, il faut des moyens financiers. Or cette année, les contributions des pays les plus riches à la lutte mondiale contre le VIH/sida ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2010 [1].

La France, qui pouvait s’enorgueillir d’avoir porté haut cette lutte, se désengage ces dernières années à coups de petits calculs comptables : retards de paiement de sa contribution au Fonds mondial [2], réduction de sa contribution à UNITAID [3], et aujourd’hui une coupe de 158 millions d’euros dans l’aide publique au développement pour 2017 [4], en contradiction avec les promesses du candidat Emmanuel Macron.

L’absence du nouveau Président français à cette conférence majeure sonne comme une marque de mépris pour la lutte menée depuis 30 ans par notre pays contre une pandémie qui a déjà tué plus de 35 millions de personnes. Une lutte qui avait vu l’implication personnelle de Présidents de la République et leaders politiques français de droite comme de gauche. Ce désengagement de la France, engagé par François Hollande et poursuivi par Emmanuel Macron, est aujourd’hui comparable à celui de Donald Trump. Il aura des conséquences dramatiques sur la vie des 17 millions de personnes séropositives en attente d’un traitement. Il repoussera sine die la perspective d’un monde débarrassé du VIH.

Monsieur le Président, tout cela n’est peut-être qu’un affreux malentendu. Il n’est pas trop tard pour vous engager et dévoiler vos ambitions pour vaincre le VIH. La conférence de Paris se termine mercredi 26 juillet. Nous sommes là, nous vous attendons.

http://www.actupparis.org/spip.php?article5642

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 06:20
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
PARIS FAIT SA "DÉCLARATION"… COMMUNAUTAIRE



Il est des conférences internationales sur le sida qui frappent les esprits et marquent un tournant dans le combat contre le VIH. C’est parfois une annonce scientifique (l’arrivée des trithérapies en 1996) ou un cap franchi sur le terrain militant. Ce fut le cas à Denver en 1983, puis en 1994 avec le principe Gipa. Cette année, à l’occasion de la "HIV science conférence" qui se tient à Paris du 23 au 26 juillet, la société civile a pour ambition de marquer un de ses tournants. Depuis plusieurs mois, des activistes du monde entier travaillent à la "Déclaration communautaire de Paris" qui sera lancée le 23 juillet.

http://www.seronet.info/sites/default/f ... utaire.pdf

Les principes de Denver (1983) et l’intégration du Gipa (1994)
Lors d’une conférence scientifique à Denver (Colorado), le discours médical et scientifique dépersonnalise tellement les malades que des personnes vivant avec le VIH, présentes, décident, en réaction, et en marge de la conférence, de rédiger une Déclaration fondatrice de la Coalition des personnes atteintes du sida. Ce texte fondateur fera date. Cette déclaration pose, en une dizaine de principes s’adressant aux médecins, aux personnes atteintes par le VIH et à l’ensemble de la population, les bases du militantisme de la lutte contre le VIH/sida. Et cela pour des décennies. Ces principes constituent la base même de Gipa (Greater involvment of people living with HIV and aids). Ce n’est ni un projet, ni un programme, mais un principe qui vise à garantir aux personnes vivant avec le VIH l’exercice de leurs droits et de leurs responsabilités, y compris leur droit à l’autodétermination et à la participation aux processus de prise de décisions qui affectent leur propre vie, comme l’explique l’Onusida. Le principe Gipa a été formalisé lors du Sommet de Paris sur le sida en 1994. En 2001, 189 États membres des Nations Unies avaient intégré le principe Gipa dans leurs politiques de santé publique concernant le VIH.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 07:42
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Trente-quatre ans après la découverte du VIH, où en est la lutte anti-sida ?

https://www.franceculture.fr/emissions/ ... ce=Twitter

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 10:55
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
IAS 2017 : MOMENTS CRITIQUES !

La 9e conférence mondiale HIV Science s’est ouverte (23 juillet) à Paris. En conférence de presse comme durant la cérémonie d’ouverture, chercheurs et activistes ont demandé que les États ne relâchent pas leurs efforts afin de parvenir à atteindre la fin de l’épidémie. Alors que des résultats importants sont attendus, les menaces sur la solidarité mondiale et les financements nécessaires à la réponse inquiètent, pourtant pierre angulaire de la réussite. Récit de la soirée.



Les cyclistes laissent la place aux scientifiques. Tandis que les coureurs du Tour de France terminaient leur dur labeur, les premiers des 6 000 participants à la Conférence mondiale sur le sida, HIV Science, arrivaient à Paris. Au palais des congrès, les organisateurs promettent un haut niveau de découvertes scientifiques, tout en soulignant qu’ils ne seront transposables à la réalité qu’avec un soutien politique et donc, financier. Plus que jamais, "Money is the key" ("L’argent est la clef").

Lors de la conférence de presse d’ouverture, Linda-Gail Bekker, chercheure sud-africaine et présidente de la Société internationale sur le sida (IAS) a exprimé son impatience devant le programme de cette conférence. Des résultats qui doivent continuer de nourrir les stratégies mises en place sur le terrain qui permettront les progrès concrets dans la réponse au VIH à travers le monde, et notamment dans les pays les plus pauvres. "Nous sommes chercheurs, mais aussi des plaideurs pour que la science soit une source profitable à l’activisme et aux communautés les plus exposées", a-t-elle expliqué. Elle salue les derniers chiffres de l’Onusida, qui montrent que 20 millions de personnes sont sous traitement aujourd’hui, soit plus de la moitié de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH. A titre de comparaison, seulement 4 % l'étaient en 2003, lors de précédente conférence HIV Science ayant eu lieu en France.

Quatorze ans plus tard, Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, se remémore ces temps sombres. "Le dénominateur commun de ces avancées, ce sont les grandes percées de la science qui ont pu se transformer en vies sauvées et infections évitées", raconte-t-il. C’est pourquoi, Linda-Gail Bekker rappelle que la Conférence est si importante, avec, selon elle, un "niveau spectaculaire" parmi les 1 700 études sélectionnées. Un programme de qualité pour les trois prochains jours, que précède la traditionnelle cérémonie d’ouverture.

"War is not over", la guerre n’est pas finie
Animée par Alex Taylor, journaliste anglais qui confie avoir perdu un compagnon du sida en 1994, la cérémonie d’ouverture a donné le ton particulièrement politique de cette conférence, dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est critique dans le contexte actuel. Linda-Gail Bekker a d’emblée rendu hommage à Prudence Mabele et Marc Wainberg, respectivement activiste sud-africaine décédée peu de temps avant la conférence de Paris, et chercheur canadien célèbre pour ses travaux sur les premières trithérapies. A la fin de cet hommage, des activistes sud-africains ont pris la scène pour rappeler la mémoire de Prudence Madele et son héritage militant, mais aussi afin de dénoncer les atermoiements politiques et financiers, en Afrique du sud et dans le monde. "Le sida n’est pas terminé, le sida n’est pas terminé !" ont scandé les militants sur scène. En mémoire de son amie, l’activiste au micro, du "Woman positive network", insiste sur le fait que les discussions doivent cesser et les actes (re)commencer. L’accès aux traitements du VIH et de la tuberculose, pour tous et surtout les plus pauvres, la mise en place de systèmes de santé bienveillant et protégeant les plus vulnérables. Et enfin, la fin des politiques discriminatoires qui freinent les progrès et la fin du sida.

Linda-Gail Bekker abonde : "Les coupes financières dans la recherche et la lutte mondiale sont une catastrophe, nous ne pouvons ne le permettre". Peu avant, la présidente du Plan d’urgence des Etats-Unis contre le sida (Pepfar), Deborah Birx, a été questionnée sur l’engagement du nouveau gouvernement Trump. Dans une langue de bois toute américaine, elle a assuré le "soutien complet" de l’administration, tout en admettant que les doutes sur des coupes budgétaires sur la recherche et l’action contre le sida ne seront dissipés (ou pas) que lors de la présentation du nouveau programme américain, en octobre prochain. Et il serait très inopportun de baisser la garde et relâcher l’engagement par les USA, premier contributeur mondial.

Le professeur Jean-François Delfraissy, président du CCNE (Comité consultatif national d'éthique) et co-président de cette édition de HIV Science, rappelle aussi que la "guerre contre le sida n’est pas terminée" et que le problème des fonds est également européen et même français". C’est dire si, dans cette tonalité très politique qu’Agnès Buzyn, ministre de la Santé française, était attendue au tournant. Elle fut zappée d’entrée, aux cris de "Shame on macron", et "Macron complice du sida". En référence, entre autres, à l’abandon de la TTF (taxe sur les transactions financières) française, la stagnation probable des financements français en matière de lutte contre le sida, la baisse des crédits attribués à l’aide au développement, la politique sécuritaire et l’absence, remarquée, du président de la République, Emmanuel Macron à cet événement (1).

Elle rétorque alors "que la lutte n’aurait pas été la même sans les activistes, et donc je vous remercie". Ce qui n’empêchera pas qu’elle soit régulièrement interpellée, tout au long de son discours sur la situation. "En France, le VIH ne donne pas de signe de faiblesse", reconnait-elle. "La France est complètement engagée dans la réponse contre l’épidémie", ajoute Agnès Buzyn. Elle sera même applaudie lorsqu’elle rappelle la levée récente de l’interdiction des soins funéraires, mettant fin à une discrimination de 20 ans. Mais elle se contentera de répéter que "la France est le deuxième financeur du fonds mondial et le premier financeur d’Unitaid, sans annonce ou nouvel engagement, au grand dam des activistes qui hurlent "We want money" avant son départ de la scène.

Fondamentale science
Alors que la science doit être au centre de cette HIV science conférence, les communautés les plus touchées ou exposées à l’épidémie ont eu voix au chapitre dans cette cérémonie. Giovanna Rincon, fondatrice de l’association transgenre Acceptess-T, a porté la parole des membres de la société civile présente, en racontant son parcours de femme trans séropositive, mais surtout en annoncant la "Déclaration de Paris", (r)appel vivace de l’importance de la prise en compte des expériences des communautés concernées, plus que jamais en première ligne de front.

"Rien pour nous sans nous", tel est le credo de nouveau martelé par la société civile présente, anxieuse face aux mauvais signaux politiques envoyés par les pays leader dans la solidarité mondiale contre la pandémie, mais aussi face à l’effacement de l’intérêt porté à cette cause à un moment crucial. "Nous pouvons gagner, mais si nous stagnons, nous allons perdre" a rappelé Michel Sidibé. Sept milliards de dollars manquent chaque année à l’appel pour que les objectifs restent tenables, notamment en Afrique centrale et de l’Ouest, mais aussi en Europe de l’Est, seule région du monde où l’épidémie reprend de la vigueur.

(1) : Finalement, Emmanuel Macron a décidé de recevoir lundi 24 juillet dans l’après-midi des responsables d'associations de lutte contre le sida, a annoncé (23 juillet) l'Elysée en publiant un agenda complété du président de la République. Il rencontrera Florence Thune, directrice générale de Sidaction, Linda-Gail Bekker, co-présidente de la conférence de Paris et présidente de l’International aids society, François Dabis, directeur de l'ANRS et Yves Levy, directeur de l'Inserm et du programme de recherche vaccinale Vaccine institute research.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 14:46
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères


https://www.youtube.com/watch?v=RSSc627 ... e=youtu.be

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 14:49
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Prise en charge du VIH – Recommandations du groupe d’experts



Le CNS et l’ANRS ont confié au Pr Philippe Morlat la responsabilité de l’actualisation de ces recommandations. Vous trouverez ici les différents chapitres des recommandations dans leur version la plus récente. La présentation séparée des différents chapitres est accompagnée de l’introduction au sein des textes de liens permettant de passer d’un chapitre à un autre ou d’un chapitre vers une annexe.

https://cns.sante.fr/actualites/prise-e ... -dexperts/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 14:51
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Dimanche 23 juillet 2017, session d'ouverture

http://programme.ias2017.org//PAGMateri ... Sunday.pdf

Les jours qui ont précédé la conférence ont été riches en évènements : plusieurs sessions au programme franchement alléchant le dimanche 23, mais qui ne seront pas couvertes par la chronique... Mais également la présentation à la mairie de Paris du nouveau rapport 2017 de l'ONUSIDA. Le buzz du jour : plus de 50% des personnes infectées par le VIH dans le monde sont maintenant sous traitement antirétroviral. Mais pour atteindre l'objectif de 90/90/90 (90% des personnes infectées dépistées, 90% des dépistés sous traitement et 90% des personnes traitées avec une charge virale indétectable) en 2020, il y encore du boulot : nous sommes aujourd'hui à 70/77/82, ce qui montre finalement pour cette conférence où sont les cibles à privilégier : améliorer le dépistage et le lien entre dépistage et soins, l'objectif d'efficacité des traitements étant déjà quasiment atteinte.

La conférence se met sous la bannière de la lutte contre les discriminations, mais sa session d'ouverture, présentée par le journaliste Alex Taylor, est restée très traditionnelle en dehors de la dernière intervention. Un fin cocktail diplomatique avec Ministre de la santé (Agnès Buzyn, un peu chahutée par les activistes criant "honte à Macron" en référence notamment à la diminution récente et drastique de l'aide publique au développement de la France), directeur de l'Onusida (Michel Sibidé), activiste et travailleuse du sexe transgenre (Giovanna Rincon).
Michel Sidibé a souligné que l'augmentation majeure des nouveaux cas d'infection par le VIH dans les pays d'Europe de l'Est et Centrale (communiqué de presse en français) était essentiellement en rapport avec des questions de discriminations. Giovanna Rincon n'a pas dit autre chose en racontant son propre parcours de vie particulièrement complexe quand on est travailleurse du sexe, transgenre et migrante sans papier... Elle a également cité ces chiffres que l'on connait mais qui étonnent toujours : l'espérance de vie des transgenres H/F est de 35 ans, et leur risque de s'infecter par le VIH 50 fois plus élevé que dans la population générale (voir revue assez complète de l'équipe de S. Baral dans le Lancet 2016).

http://www.unaids.org/fr/resources/pres ... pdate_2017


Le fait qu'Esther Duflo soit la personne a qui l'on ait confié le speech de clôture de cette session est aussi très symbolique. L'ancienne responsable de la chaire "lutte contre la pauvreté" du Collège de France, ex-conseillère de Barack Obama pour les questions économiques et maintenant au MIT à Boston est bien placée pour rappeler que, sans recherche scientifique efficace dans le domaine des sciences sociales, il n'y a pas de mise en place de bonne politique de santé. Il apparait notamment particulièrement important de pousser les recherches dans le domaine du changement de comportement, notamment dans un contexte de grande pauvreté. Elle a par exemple rappelé que le système éducatif au Kenya, en terme de VIH, se basait sur le principe "ABCD" (Abstain, Be Faithul, use a Concom or you Die), mais que les églises, très impliquées dans l'éducation, avaient transformé le message en ABD (Abstiens toi, soit fidèle ou tu meurs !) ce qui est un message particulièrement perturbant pour la jeunesse. Or des essais en sciences sociales sont possibles dans le domaine : un essai comparant plusieurs stratégies éducatives montre par exemple que payer les frais scolaires est bien plus efficace (sur le nombre de grossesses non désirées à 4 et 7 ans du début de l'étude) que de participer à un programme ciblé sur le VIH. L'éducation générale dans ce cas apparait donc bien plus efficace que des messages ciblés. Ces résultats ont été confirmés dans un essai plus vaste au Ghana, montrant notamment la corrélation entre accès à l'éducation "générale" et diminution des grossesses non désirées chez les filles et diminution des prises de risques chez les garçons (Duflo et al. Am Econ Rev 2015). La conclusion est qu'une vue trop étriquée de la lutte contre le VIH, et notamment à travers un prisme purement médico-médical, et non socio-médico-psychologique, est vouée à l'échec.

Lundi 24 juillet 2017

http://programme.ias2017.org//PAGMateri ... Monday.pdf








_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 20:02
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères





_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 24 Jl 2017 - 20:11
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères


http://www.aidsmap.com/page/3158891

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: IAS 2017 Paris  MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 01:45
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
La première impression est-elle la bonne ?
Gilles PIALOUX

Que retenir, avant que d’en avoir tout oublié, de l’ouverture de cette 9e conférence de l’IAS, la grand-messe trans-science, trans-culturelle, trans-politique de la lutte contre le sida, légèrement moins dépendante de l’impérialisme US que la CROI ? Une conférence couverte comme il se doit par l’équipe du ejournal* pour une fois non jetlaguée, et dont les textes sont aussi disponibles sur www.vih.org.

Le lieu ? Paris. S’il est si rare de voir une conférence mondiale sise à Paris, le lieu, fait doublement sens :
l’histoire de l’épidémie a suivi, en effet, une grande partie de l’histoire post coloniale de la France et son apport a été crucial, de la découverte nobélisée du virus en passant par les apports de la recherche française de Temprano à Ipergay, comme l’ont précisé, à leur façon, Jean-François Delfraissy (Co-chair) et la Ministre, Agnès Buzyn, en baptême du feu ;
À une encablure des champs Elysées au delà des attaques d’une autre violence, le lieu est chargé d’actualités : outre l’arrivée du Tour de France, l’avenue accueillait il y a peu les Présidents Trump et Macron pour une fête nationale dont on espère qu’elle fut l’occasion aussi d’aborder les questions de financement international de la lutte contre le sida, du PePfar à la participation de la France au Fonds mondial tous deux à risque inflationniste. Et comme l’a dit Jean-François Delfraissy : “il faut redire l’importance de la stratégie de financement de la science pour gagner face aux maladies (…) vraiment pour gagner, pour gagner la guerre” (en Français dans le texte devant 6 000 congressistes réunis dans la grande salle du Palais des Congrès).

Des chiffres ? L’objectif fixé par l’Onusida au niveau mondial est d’atteindre en 2020 les “3 fois 90, soit 90-90-90” : que 90 % des personnes vivant avec le VIH soient diagnostiquées, que 90 % des personnes diagnostiquées soient sous traitement antirétroviral (ARV) et que 90 % des personnes sous traitement aient une virémie contrôlée. En filigrane l’espoir d’éliminer toute nouvelle infection en 2030. Selon le dernier rapport ONUSIDA, sept pays ont déjà réalisé les cibles 90/90/90 : le Botswana, le Cambodge, le Danemark, l’Islande, Singapour, la Suède et le Royaume Uni… Mais pas la France qui satisfait déjà plus ou moins aux deux derniers objectifs, mais qui pèche sur le premier, celui de 90 % de personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut, qui reste à atteindre (il est d'environ 75 % aujourd'hui compte tenu de l’épidémie cachée). Et au niveau mondial, en 2016, plus des deux tiers (70 %) des personnes porteuses du VIH connaissaient leur séropositivité ; 77 % d’entre elles avaient accès au traitement, et 82 % des personnes sous traitement avaient une charge virale indétectable, protégeant aidant à la prévention de la transmission du virus par effet TasP .

Un leitmotiv ? “Pas de fin du VIH sans la recherche et pas de recherche sans des investissements pérennes” comme explicité dans le discours de Jean-François Delfraissy et comme figurant dans la Déclaration de Paris en marge du congrès de l’IAS. Ce que le Président de l’ONUSIDA n’a cessé de déclarer en conférence de presse : “plus de 80 % des nouvelles infections se produisent dans ces communautés”, rappelle Michel Sibidé, son directeur exécutif (…) Et de rappeler que “L’argent sauve des vies”. Sentence à laquelle répond en écho le point 1 de la déclaration de Paris Communautaire : “Reconnaître que l’épidémie à VIH ne prendra pas fin tant que les populations les plus exposées resteront criminalisées, discriminées, rejetées, arrêtées, emprisonnées ou encore tuées, et de se mobiliser pour que les droits de ces populations soient reconnus et respectés par l’ensemble des organisations et gouvernements, au niveau international, régional et national.”

Un chouchou pour le Comité de Sélection des abstracts ? La PrEP assurément : 83 abstracts retenus ! Sans compter les sessions de “non commercial satellite” , les sympos associatifs et un symposium de l’OMS le dimanche.

Une absence ? Celle du Président Macron pourtant omniprésent sur nombre de combats internationaux. Absence que n’a pu effacer la Ministre dont le discours s’est fait devant des pancartes “Shame Macron”». Des associations** devraient être néanmoins reçues ce lundi par le Président après leur plainte publique, se référant notamment à la conférence qui s'est tenue en 2003, sous la présidence Chirac, et où la France était perçue comme “la locomotive” du Fond mondial de lutte contre le VIH tout juste créé.

Un visage et un combat ? Ceux, si élégants, de Giovanna Rincon, Directrice de AcceptessT, en plénière d’ouverture, en tant que représentante de la part T du combat LGBT, figure de proue de ceux et celles qui veulent lutter pour que les Trans ne soit pas dans le 30/30/30 à l’échelle mondiale. En rappelant des chiffres marquant : l'espérance de vie des transgenres H/F est de 35 ans, et leur risque de s'infecter par le VIH 50 fois plus élevé que dans la population générale (S. Baral Lancet 2016). Et de réclamer “un égal accès au traitement pour les populations clé”. Giovanna souhaite qu’un autre 90 soit rajouté à l’emblématique enjeu d’ONUSIDA : celui des 90 % d’accès aux droits élémentaires. Giovanna pour qui “ne rien faire pour nous et sans nous, c'est faire contre nous”. Et pour laquelle la La déclaration de Paris doit être « appliquée et comprise par toutes et tous ». Du brut d’espoir dans un passé souvent rempli de désespoirs.

Des tendances ? Certaines se dessinent clairement. La guérison fonctionnelle est bien plus abordable scientifiquement que le “cure”. À l’instar du premier scoop de cette conférence, celui d’un bébé sud-Africain dont le diagnostic du VIH a été confirmé par PCR VIH-ADN+ à l'âge de 32 jours et aux jours 39 et 60. Les ARV ont été commencés à l'âge de 8,7 semaines et interrompus à 40 semaines après la randomisation de l’essai CHER. La charge virale était < 20 copies/ml après l'interruption. Au cours du suivi ultérieur, la CV à 6 mois était également < 20 copies/ml. À 9,5 ans, l'enfant était cliniquement asymptomatique avec des CD4 à 802 cellules/μl, la PCR d'ADN qualitative négative. L'anticorps contre le VIH par ELISA était négatif mais était faiblement réactif mais avec des réponses en p40 et p24 sur le Western blot. Un bébé Visconti en quelque sorte, cette fois sur le continent africain. Tout le monde gardant en mémoire la résurgence virale chez le Bébé du Mississipi.

Une direction pour les ARV ? Celle des nouvelles molécules qui s’installent (TAF tenofovir, Bictegravir…), les nouvelles galéniques qui arrivent à maturité comme dans Latte-2 (Cabotegravir, Rilpivirine), les nouvelles associations de bithérapie antirétrovirale qui est une alternative à l’allègement 4 jours sur 7 (ANRS-4D) : (ACTG 5353, ANRS-MOBIDIP, ou Dolulam pour 3TC/Dolutegravir)

Et déjà un acronyme qui fera date : ABCD avec l’intervention de Sheena McCormack sur la PrEP : “Adding D to the ABC : putting the Drugs in the ABC of prevention”. Un clin d’œil à un autre acronyme rappelé par Esther Duflo, ex-conseillère de Barack Obama pour les questions économiques : le principe de “ABCD” (Abstain, Be Faithul, use a Concom or you Die) très prégnants sur le continent africain et aux États-Unis ou certaines églises, très impliquées dans l'éducation, l’on transformé en ABD (Abstiens-toi, soit fidèle ou tu meurs). Ce combat là, comme le sida n’est donc pas fini.

*Avec Jean-Philippe Madiou, Guillaume Gras et Valérie Martinez (tout en jaune pour l’ouverture)

***Act Up-Paris, AIDES, Coalition PLUS, Action Santé Mondiale (GHA), le Planning familial, Sidaction et Solthis

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 01:55
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
L’étude vaccinale APPROACH : des résultats préliminaires de tolérance et de réponse immunitaires encourageants chez l’homme
D’après Schuitemaker H et al., abstr. MOSY0403

Hanneke Schuitemaker a présenté les résultats préliminaires d’une étude vaccinale de phase 2a.
Le vaccin dit “mosaïque” pour induire une réponse immunologique contre différents sous types de VIH a été évalué chez 400 volontaires aux États-Unis au Rwanda, en Ouganda, en Afrique du Sud et en Thaïlande. L’étude comportait 8 bras de 50 patients séronégatifs avec 7 schémas vaccinaux différents et 1 bras placebo). Le schéma vaccinal comporte 4 vaccinations (2 “prime” et 2 “boost”) sur 48 semaines (Ad26.Mos.HIV ± 3 antigènes mosaïques).
La tolérance apparait satisfaisante (grade 1 ou 2) et la réponse immunitaire conforme à celle attendue (figure).
Selon H. Schuitemaker, si les résultats de l’étude TRAVERSE attendus fin 2017 confirment ceux de APPROACH, un large essai clinique de tolérance et d’efficacité pourrait voir le jour en 2018. Il pourra notamment évaluer si la réponse immunologique est associée à une prévention d’acquisition du VIH.



Pas d’augmentation du réservoir viral ou de l’inflammation résiduelle en cas d’allègement thérapeutique 4 jours par semaine dans l’étude ANRS162-4D
D’après De Truchis P et al., abstr. MOPEB0321

Il y a 1 an, les résultats d’efficacité virologique (96 % à S48) d’allègement thérapeutique par 4 jours consécutifs de traitement par semaine étaient présentés (étude ANRS162-4D). Un poster détaille ce jour l’impact de cet allègement sur les marqueurs de réservoir viral et de l’inflammation dans cette même étude (interview).
Tous les patients inclus étaient indétectables depuis plus d’un an sous trithérapie stable. Le réservoir viral était évalué par la mesure de l’ADN pro-viral dans les PBMC et les marqueurs de l’inflammation par CRPus, IL-6, CD14s, IP-10, MIG-1 à J0, S24 et S48.
Les 100 patients inclus (âge moyen 47 ans, en moyenne sous antirétroviraux depuis 5,1 an) recevaient TDF-FTC (n = 89), ABC-3TC (n = 11) avec un inhibiteur de protéase (n = 29) ou un NNRTI (n = 71). Il n’a pas été observé d’augmentation de l’ADN proviral entre J0, S24 et S48 (figure 1). Les marqueurs de l’inflammation étaient également stables (figure 2). Seule une diminution du CD14s a été observée entre J0 et S48 (1 019±749 ng/mL) and W48 (820 ± 393 ng/mL) [p = 0,004].

L’allègement thérapeutique à 4 jours de traitement consécutif par semaine n’est pas, dans cette étude, associé avec une majoration des marqueurs de l’inflammation ou de réservoir viral. Rappelons que cette étude était limitée par le fait le fait que les patients ne prenaient ni d'efavirenz ni d'inhibiteur d'intégrase. Sur le même sujet, l'étude QUATUOR débute prochainement dans plus de 60 centres en France.




Large acceptabilité et faisabilité de campagnes de promotion de grande ampleur des autotests VIH via des applications de rencontre
D’après James C et al., abstr. MOAX0102

Au Royaume-Uni, 13 % des PVVIH sont séropositifs sans le savoir. Élargir le recours au dépistage reste une priorité.
La Terrence Higgins Trust (association britannique de lutte contre le VIH) a présenté l’évaluation d’un portail internet proposant un dépistage par autotest via notamment les applications de rencontres. Le kit proposé était Biosure® HIV self-test. Des rappels (J0-J7) étaient adressés au décours afin de recueillir les résultats.
L’évaluation a été menée du 24/6/16 au 5/8/16. Sur les 4 975 kits commandés, 3 021 (62 %) ont transmis leur résultat et 28 (0,92 %) étaient positifs. Dans près de 2/3 des cas, les tests étaient proposés via les applications Grindr® et Facebook® (figure). Près de 20 % des personnes n’avaient jamais fait de sérologie VIH et pour 37 % la dernière sérologie datait de plus d’un an. 14 % indiquaient avoir des rapports sexuels “la plupart du temps” ou “tout le temps” sous influence d’alcool ou de drogues et 28 % avaient eu un rapport anal sans préservatif dans les 3 derniers mois avec ≥ à 2 partenaires.
Sur les 28 personnes dépistées positives, 3 connaissaient déjà leur statut et 1 s’est avéré être un faux positif. Toutes les personnes nouvellement diagnostiquées contactées (22) étaient entrées dans les soins et avaient réalisé la sérologie de confirmation.

Les auteurs concluent à la faisabilité et l’acceptabilité de campagnes à large échelle d’autotests auprès de populations cibles via notamment des applications de rencontres. Ils soulignent également la proportion de personnes non dépistées régulièrement et le haut niveau d’entrée dans les soins après un dépistage positif.


_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 02:11
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Sida : «Il y a urgence à innover sur le dépistage»

Au Congrès mondial, une expérimentation de diffusion d'autotests dans plusieurs pays d'Afrique a été présentée. Avec des résultats encourageants, alors que trois personnes infectées sur dix dans le monde ignorent leur état.

Dépister, mais comment ? C’est un des goulots d’étranglement les plus difficiles à détruire dans la prise en charge des malades du sida. Car pour avoir accès aux traitements, encore faut-il que la personne se soit dépistée. En France, on estime qu’il y a près de 30 000 personnes qui ne connaissent pas leur statut sérologique. Dans le monde, les chiffres sont saisissants : trois personnes sur dix, vivant avec le sida, ne savent pas qu’elles ont été infectées par le virus, soit plus de 10 millions de personnes. On est donc encore bien loin de l’objectif fixé par l’OMS, à savoir 90% des personnes diagnostiquées dans le monde et 90% des personnes séropositives traitées pour leur sida.

«Il y avait et il y a urgence à innover sur le dépistage», a insisté Lelio Marmora, directeur d’Unitaid, cet organisme qui collecte l’argent venant de la taxe sur les billets d’avion, pour ensuite financer des actions contre le sida. Ce lundi, lors du Congrès mondial sur le sida, il a présenté les résultats de la plus importante opération pour promouvoir l’autotest dans le monde. L’autotest, c’est tout simple : chacun chez soi, dans son coin, recueille sur une tige un bout de salive, ou une goutte de sang, puis la dépose dans une petite timbale, enfin attend quinze à vingt minutes pour avoir le résultat. Cela existe depuis une dizaine d’années, mais sans grand succès. Depuis peu, ces autotests ont été simplifiés, et ont gagné en efficacité, devenant très fiables. (1)

La suite ici :

http://www.liberation.fr/france/2017/07 ... ge_1585880

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 02:20
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
GIOVANNA RINCON : "LA SANTÉ, C’EST AVANT TOUT DES DROITS !"

La "Déclaration communautaire de Paris" est un des temps forts de la conférence IAS 2017 de Paris. Cette initiative a été présentée lors d’une conférence de presse spécifique et lors de la séance d’ouverture officielle de la conférence. C’est Giovanna Rincon, activiste trans et présidente de l’association Acceptess-T, qui vient en aide aux femmes trans migrantes, qui a prononcé le discours de lancement de cette "Déclaration". L’activiste a puisé dans son parcours personnel et son engagement militant pour montrer comment on était passé, pour la communauté trans, de la reconnaissance à la participation, l’implication. Voici son intervention.



"Pour que vous compreniez bien mon engagement et mon combat, je dois vous faire voyager dans mon histoire. Je suis né en Colombie, dans une famille modeste. A 12 ans, ma famille me rejette et je connais la rue. Je peux néanmoins commencer ainsi à vivre libre et initier ma transition grâce à la prise d’hormones. J’ai survécu grâce à l’aide de mon compagnon de l’époque, qui m’a aidée à ouvrir mon salon de coiffure.
A 19 ans, je commence à militer contre le VIH et dans le mouvement LGBT encore clandestin à l’époque en Colombie. Un an plus tard, j’apprends ma séropositivité.

A 23 ans, je prends la décision d’immigrer et je pars pour l’Italie où je commence le travail du sexe pour la première fois, mais aussi dans l’espoir qu’un jour en Europe on pourra soigner le VIH. Il s’agissait alors de "Rester debout, ou de se laisser mourir".
Je me retrouve ainsi en Italie avec un bagage plein de stigmates, en plus d’être trans et séropositive, je suis maintenant migrante et travailleuse du sexe (sex worker).

Tout au long de ma vie personnelle comme professionnelle, j’avais déjà expérimenté des discriminations liées à ma transidentité, mais, en Italie, j’ai découvert les discriminations liées au statut légal et au statut sérologique qui touchent l’ensemble des personnes trans et travailleuses du sexe via les refus de soins généralisés et les personnes qui alors meurent du sida, toujours plus nombreuses autour de moi.
L’arrivée des antirétroviraux nous oblige, moi et mes amies, à nous informer, nous mobiliser autour des questions nous concernant, nous et notre communauté afin de bénéficier des meilleurs soins possibles. Cela nourrit d’autant plus notre colère que nous vivons des refus de soins généralisés ; des refus qui marquèrent ainsi le début de mon engagement. Je décide de dénoncer et de combattre les discriminations aux soins touchant particulièrement les travailleuses du sexe migrantes, souvent considérées comme responsables de l’épidémie. Je me heurte alors à des discours de la part de médecins du genre : "On ne va pas donner la trithérapie à une pute trans étrangère plutôt qu’à un Italien qui cotise", montrant le niveau de violence à notre égard.

Vers la fin des années 90, un événement anodin m’a poussée à devenir référente communautaire : la démocratisation du téléphone portable ! Etre appelée par les collègues qui rencontrent des problèmes de violences, de harcèlements policiers, d’accès aux soins, accompagner les personnes en stade terminal aux urgences. Et quand je revenais le lendemain les voir, apprendre qu’elles avaient déjà été rapatriées.
Cela m’a permis de vaincre la peur d’être confrontée aux institutions et de commencer à faire de la médiation culturelle et communautaire.

En 2002, plusieurs raisons me poussent à quitter l’Italie :
● la répression et le harcèlement toujours plus forts contre les travailleuses du sexe ;
● la montée de l’extrême-droite et le fait qu’être sans-papiers soit devenu un délit. J’ai été incarcérée deux fois ;
● une amie très proche qui tombe malade du sida et qui a besoin de se faire soigner.
● je prends la décision de venir en France avec elle. Notre arrivée à Paris se traduit par la découverte d’un réseau communautaire et associatif dense qui permettait une petite visibilité pour les trans.
C’est le moment du bilan pour moi, les difficultés pour les personnes trans et séropos sont aussi présentes à Paris, mes convictions en sortent renforcées, et je décide de convertir mon vécu en expertise et en compétences afin d’aider ma communauté.

En 2010, je cofonde l’association Acceptess-t pour faire entendre notre voix sur les enjeux de santé, de justice et les enjeux scientifiques, ainsi que pour accompagner la communauté trans vers une meilleure qualité de soins et de vie. Nous avons ainsi mis en place des partenariats avec différents hôpitaux, structures associatives et soignant-e-s pour construire des parcours de soin adaptés à nos spécificités, laissant la place à la médiation communautaire et nous permettant d’avoir quelques financements — qui est un enjeu crucial de la démocratie sanitaire et de la participation des communautés aux décisions les concernant, je tiens à le souligner ici.

Notre projet d’entraide de départ a ainsi donné naissance à une mobilisation importante des personnes trans, migrantes et travailleuses du sexe sur les enjeux qui les concernent, comme récemment contre la pénalisation des clients des travailleuses et travailleurs du sexe. De cette mobilisation est né un diagnostic communautaire sur les besoins de nos communautés dont celui du dépistage rapide et communautaire que nous réalisons aujourd’hui : sur 100 tests réalisés l’année dernière, 16 personnes ont eu un résultat positif ; des personnes que nous avons pu accompagner vers une prise en charge rapide et adaptée. Et nous avons fait entrer de nombreuses autres personnes dans des parcours PrEP (prophylaxie pré-exposition). Réduisant les délais pour le dépistage, nous sommes devenues porteuses de cette prise en charge et avons développé notre capacité à être associées à des projets de recherche.
Reste la question du peu de moyens financiers dont nous, comme les autres associations communautaires, disposons : les associations trans font partie des associations les moins subventionnées en France et dans le monde.

On ne le rappellera jamais assez : "La santé, c’est avant tout des droits" et la criminalisation du travail du sexe nous met toutes en danger, nous plonge dans la précarité et nous rend encore plus vulnérables aux violences et aux contaminations. Récemment, quatre travailleuses du sexe migrantes, dont deux trans, ont été assassinées au bois de Boulogne, haut lieu de la prostitution parisienne, tout près de ce centre de conférence.

De plus, nous assistons à la suppression progressive des aides sociales comme la "carte transport" permettant aux personnes étrangères et précaires de se déplacer gratuitement, rendant plus difficile leur accès aux soins et aux services de santé.
Alors qu’il devient évident que, sans statut légal et la régularisation des personnes sans-papiers issues des populations-clefs, le risque de contamination restera important, nous assistons à la continuation et l’aggravation des politiques anti-migratoires, au niveau français, européen et mondial.
Je rappelle néanmoins que ce qui se passe en France n’est pas une exception et dans le monde : les persécutions et les assassinats des personnes trans sont devenus la règle, et ce pourtant même dans les pays où existent des lois pour les protéger.

Alors que certaines études estiment la durée de vie moyenne des femmes trans à 35 ans, une étude américaine menée internationalement par le Dr Stefan Baral montre que les femmes trans se contaminent 49 fois plus au VIH que la population générale, ce qui équivaut à presque 50 % de probabilités de se contaminer dans leur vie.

Ce n’est que par l’attention aux marges des populations les plus exposées et à leurs besoins spécifiques que toutes les parties prenantes aux parcours de soin des personnes vivant avec le VIH parviendront à améliorer et adapter la prise en charge des populations clefs dans leur globalité.

La Déclaration politique de l’Onu sur la fin du sida, adoptée en juin, inclut une dimension spécifique aux personnes transgenres, mais pourtant seulement 40 % des stratégies nationales de lutte contre le VIH tiennent compte de nous.
La surreprésentation des femmes trans au sein des populations trans ne doit pas non plus invisibiliser les réalités des hommes trans, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, en termes d’enjeux de santé et de risques de contamination.

Nous avons besoin de plus de recherches concernant les populations clefs, et notamment pour les femmes cisgenres et les femmes et hommes trans.
Nous avons besoin de la recherche médicale et des sciences sociales pour avoir plus d’informations sur comment et avec qui se contaminent les personnes trans afin d’adapter nos stratégies de prévention. Nous avons besoin de recherches sur les interactions entre antirétroviraux et hormones afin d’adapter au mieux les traitements proposés aux personnes trans. Nous avons besoin de la recherche pour montrer comment les violences et les politiques répressives précarisent et impactent la santé des personnes migrantes, sans-papiers ou travailleuses du sexe.
La qualité de vie des femmes trans dans un pays est le meilleur indicateur qui soit du respect et de l’inclusion des populations-clefs par la recherche et les politiques publiques. En effet, nous conjuguons plusieurs facteurs d’exclusion et de précarisation : transphobie, racisme, sérophobie, précarité, putophobie, etc.

Il est donc plus que nécessaire de faire entendre la voix des minorités et des populations clefs, de les écouter et les prendre en compte, afin d’arrêter l’épidémie et d’arriver à une qualité de vie satisfaisante pour toutes les personnes vivant avec le VIH et les populations clefs.
Bien qu’en 30 ans, la science ait fait beaucoup de progrès, nous ne pouvons que constater que l’épidémie continue de faire des ravages et que nous sommes encore loin du compte.

Je vais me permettre – avec beaucoup d’émotion – de rendre hommage et de reprendre les mots de ceux qui, il y a 30 ans, lançaient déjà ce qui est devenu notre mot d’ordre : "Rien pour nous, sans nous ! ", et qui ont ouvert la voie à d’énormes progrès autant dans la recherche que dans le soin grâce aux Principes de Denver (1).
Des principes, que nous tentons aujourd’hui de moderniser et d’adapter aux nouveaux enjeux de la recherche et de la lutte contre le sida en dévoilant la "Déclaration communautaire de Paris". Je vous invite à la signer largement afin de donner de la force à ce nouvel agenda des populations clefs et à leur place centrale dans la lutte contre les épidémies, et surtout à la partager et faire de ses revendications les vôtres.

(1) : Lors d’une conférence scientifique à Denver (Colorado), en 1983, le discours médical et scientifique dépersonnalise tellement les malades que des personnes vivant avec le VIH, présentes, décident, en réaction, et en marge de la conférence, de rédiger une Déclaration fondatrice de la Coalition des personnes atteintes du sida. Ce texte fondateur fera date. Cette déclaration pose, en une dizaine de principes s’adressant aux médecins, aux personnes atteintes par le VIH et à l’ensemble de la population, les bases du militantisme de la lutte contre le VIH/sida. Et cela pour des décennies.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 03:11
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Bictégravir /F/TAF versus DTG/ABC/3TC chez les patients naïfs : résultats à S48
D'après Gallant J et al., abstr. MOAB0105LB

Le Bictégravir (B) est un nouvel inhibiteur d’intégrases non boosté. L’association bictégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide (B/F/TAF, non coformulé) a déjà été étudié dans un essai de phase 2 versus dolutégravir (DTG)/ABC/3TC.
Dans cette étude de phase 3, randomisée, double bras, contre placebo, le bictégravir a été coformulé en un comprimé par jour avec F/TAF (n = 314) et comparé au DTG/ABC/3TC (n = 315) [zoom]. Les patients inclus devaient avoir une charge virale VIH ≥ 500 copies/mL, un débit de filtration glomérulaire ≥ 50 mL/min, un HLA B*5701 négatif et ne pas être coinfecté par l’hépatite B. Le critère principal de jugement était la proportion de charge virale < 50 copies/ml à S48.
Les patients inclus étaient jeunes (31-32 ans en médiane, respectivement pour B et DTG), une majorité d’hommes (91-90 %) avec un taux de lymphocytes CD4 à 443-450/mm3, une charge virale à 4,4-4,5 log copies/ml, une clairance de la créatinine à 126-123 ml/mn.
92,4 % dans le bras B/F/TAF et 93% dans le bras DTF/ ABC/3TC ont une charge virale < 50 copies/ml à S48 démontrant la non infériorité du B/F/TAF. Le gain en CD4 est de + 233/mm3 sous B/F/TAF versus + 229/mm3 sous DTG/ABC/3TC (p = 0,81). Aucune résistance n'a été mise en évidence dans les 2 bras. Les nausées sont significativement plus fréquentes sous DTG/ABC/3TC (22,9 %) en comparaison au B/F/TAF (10,2 %). En termes d’effets secondaires rapportés par le patients, les effets secondaires neuropsychologiques concernent surtout le DTG/ABC/3TC. Le débit de filtration glomérulaire a diminué de 10,5 ou 10,8 ml/mn sans aucune arrêt lié à des événements indésirables rénaux et aucune tubulopathie proximale dans les deux bras n’a été rapportée.
Aucun effet secondaire avec arrêt de traitement n’a été rapporté sous B/F/TAF et 1,3 % sous DTG/ABC/3TC. Les variations par rapport à l’inclusion pour la densité minérale osseuse, les paramètres lipidiques et des marqueurs rénaux étaient comparables entre les bras.
Cette étude montre la non infériorité de B/F/TAF par rapport au DTG/ABC/3TC chez les patients naifs avec une tolérance bonne et aucune émergence de résistance. Les symptômes gastro-intestinaux, neuropsychiatriques et liés au sommeil ont été signalés plus fréquemment chez les patients traités par DTG/ABC/3TC.

Cabotégravir plus rilpivirine : étude LATTE-2 à S96
D'après Eron J et al., abstr. MOAX0205LB

L’efficacité de l’association par voie orale, cabotégravir et rilpivirine (CAB + RPV) a été démontrée à S144 dans l’étude LATTE-1.
Les données de LATTE-2 à S48 ont permis de mettre en place l’évaluation du schéma CAB long acting (LA) + RPV LA en intramusculaire toutes les 4 ou 8 semaines dans les études de phase III.
Le design de l’étude est le suivant (figure 1). Les objectifs principaux sont d’évaluer l'innocuité et l'efficacité de CAB LA + RPV LA en traitement d’entretien.
Les caractéristiques à l’inclusion sont les suivantes : âge médian 35 ans, 8 % de femmes, charge virale médiane à 4,4 log copies/ml et CD4 médian à 489/mm3.
Les résultats en termes d’efficacité sont représentés dans la figure suivante (figure 2).
À 96 semaines, 2 patients étaient en échec virologique (87 et 118 copies/ml) dans le bras IM toutes les 8 semaines : 1 sans résistance à S4 et 1 avec des mutations INI + NNRTI à S48. Aucun échec virologique n’a été rapporté dans le bras IM toutes les 4 semaines et 1 à S7 dans le bras voie orale sans mutation de résistance.
99 % des événements liés à l’injection étaient légers (84 %) ou modérés (15 %) et 89 % ont été résolus dans les 7 jours essentiellement des douleurs (66 %), nodules (8 %), oedème (6 %) et prurit (6 %). Deux (bras IM 8 semaines) des 230 sujets (< 1 %) ont interrompu leur traitement de ce fait. 85 % des patients dans le bras 8 semaines, 76 % dans le bras 4 semaines et 76 % dans le bras voie orale sont satisfaits de leur traitement. À la question, souhaitez-vous poursuivre le traitement : 89 %, 88 % et 43 % respectivement le souhaitent.
L’utilisation par voie injectable de l’association CAB LA + RPV LA, administré toutes les 4 ou 8 semaines, permet de maintenir une charge virale de VIH-1 < 50 copies/mL. Les injections demeurent relativement complexes : deux seringues différentes et donc deux sites d'injection.

L'article est publié ce jour dans The Lancet : Margolis DA et al. Long-acting intramuscular cabotegravir and rilpivirine in adults with HIV-1 infection (LATTE-2): 96-week results of a randomised, open-label, phase 2b, non-inferiority trial DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(17)31917-7





DTG + 3TC en maintenance DOLULAM, résultats à S96…
D'après Reynes J et al., poster MOPEB0322

Les études de monothérapie par dolutégravir ont montré des rebonds de la charge virale pouvant conduire à l’apparition de résistances. L’existence d’une mutation M184I/V pourrait prévenir l’apparition de celles-ci. DOLULAM, étude monocentrique a évalué l’efficacité et la tolérance d’un switch pour une bithérapie DTG 50 mg/3TC 300 mg en une prise par jour chez des patients virologiquement bien contrôlés depuis 12 mois ou plus. Entre octobre 2014 et avril 2015, 27 patients dont 7 femmes ont été inclus. L’âge médian était de 59 ans. Ces patients avaient un nadir médian des CD4 à 167/mm3, avec un pic de charge virale à plus de 100 000 copies/mL Ces patients étaient lourdement prétraités avec une médiane de traitement de 215 mois (22-329). Les derniers traitements associaient : IP/r 81 %, TDF 48 % et RAL 26 % sur une médiane de 51 mois (13-108). La médiane des CD4 à 601 cellules/mm3, 41 % prenaient des hypolipémiants. Dix patients soit 37 % étaient porteurs d’une mutation M184V retrouvée sur un génotype réalisé préalablement au switch. Les résultats à 2 ans (tableaux) ne mettent pas en évidence d'échec virologique : un seul patient a présenté un “blip” et deux patients ont arrêté la bithérapie en raison d'une asthénie. L'augmentation du taux de CD4 entre l'inclusion et S104 est de + 23 cellules/mm3 et de + 0,07 pour le ratio CD4/CD8, le DFGe est quant à lui resté stable (– 6 ml/mn/1,73 m2). La majorité de ces patients lourdement prétraités ont exprimé leur satisfaction devant la simplification de leur régime thérapeutique. Ces résultats obtenus chez des patients avec un niveau d'adhérence excellent et dans le cadre rigoureux d'un essai clinique demandent évidemment à être confirmés sur un échantillon plus important de patients.



TAF : ça marche aussi chez les séniors…
D'après Yazdanpanah Y et al., poster MOPEB0292

Cette analyse complémentaire de l'étude de switch 1089 (FTC/TAF versus poursuite de FTC/TDF : efficacité comparable à S48 94 versus 93 % et S96 89 versus 89 %) s'est intéressée aux patients âgés d'au moins 50 ans, soit un effectif de près de 300 patients (150 dans le bras FTC/TAF versus 144 dans le bras FTC/TFD). Les résultats, comme dans l'étude princeps, retrouvent une efficacité immuno-virologique comparable (figure 1).

Le bénéfice principal se situe au niveau de la tolérance rénale et osseuse (figures 2 et 3) - DFGe, DMO et marqueurs - qui est significativement améliorée par rapport au bras où le backbone demeure inchangé. Aucun arrêt de l'administration du traitement pour effet indésirable rénal n'a été constaté dans le bras FTC/TAF. Des augmentations minimes des taux de lipides ont été constatées, sans différence versus FTC/TDF pour le ratio cholestérol total/HDL-c. Au total donc, un bénéfice pour ce nouveau backbone qui est comparable à ce qui a été observé sur la totalité de la population de l'étude et chez les moins de 50 ans.






_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 08:31
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
ARV PAR INTRAMUSCULAIRE : RÉSULTATS PROMETTEURS

Les nouvelles modalités de prises des traitements antirétroviraux font actuellement l’objet de nombreuses recherches, comme la possibilité de les administrer par patch, implant ou injection à libération prolongée. L’enjeu : améliorer l’observance et soulager les personnes d’une prise quotidienne et orale d'un ou plusieurs comprimés. C’est à l’occasion d’une session consacrée aux posters sélectionnés par les co-présidents de la 9e Conférence sur les sciences du VIH à Paris qu’ont été présentés par Joseph Eron de l’Université de Caroline du Nord les résultats très attendus à 96 semaines de l’essai Latte-2. Cet essai de phase 2b visait à comparer auprès de 309 personnes l’efficacité sur le contrôle de la charge virale d’une administration d’un traitement antirétroviral à base de cabotégravir (un anti-intégrase) et rilpivirine (Edurant) par injection intramusculaire toutes les quatre ou huit semaines, par rapport à une prise orale sous forme de comprimés de ce même traitement.

Egalement publiés aujourd’hui dans la célèbre revue médicale "The Lancet", les résultats de cet essai montrent qu’il n’y a pas de différence d’efficacité, que ce soit en prise orale ou par injection. Les réactions au niveau du site d’injections (douleurs, bleus) étaient négligeables et aucun effet indésirable sérieux lié au traitement n’a été constaté. Si ces nouvelles modalités d’administrations semblent prometteuses et sont très appréciées par les participants des essais concernés, elles ne sont pas sans poser un certain nombre de questions, en particulier à l’initiation qui demande de passer préalablement par une prise orale pendant quelques semaines pour vérifier la tolérance et sur l’arrêt en cas d’effets indésirables qui surviendraient par la suite, sans possibilité alors d’arrêter la diffusion du produit dans l’organisme qui aura déjà été injecté. On peut se demander aussi ce qui se passerait si une personne venait à manquer son rendez-vous, retardant alors sa nouvelle injection d’antirétroviraux. On sait, en effet, qu’à concentration insuffisante du traitement dans l'organisme, le virus peut alors muter et devenir résistant aux molécules du traitement antirétroviral.

Le développement des traitements à libération prolongée nécessitera probablement la mise en place d’un accompagnement spécifique des personnes en éducation thérapeutique et la possibilité d’avoir une solution de secours en cas de rendez-vous manqué, comme le fait de disposer de comprimés permettant de repasser temporairement à une prise orale. A l’heure de l’espacement des rendez-vous du suivi VIH, si cette modalité de prise toutes les quatre à huit semaines venait à se développer, il faudra probablement revoir au contraire à la hausse leur nombre, au moins en consultation infirmière pour réaliser les injections. Il faudra encore quelques années, la fin des essais cliniques et des étapes indispensables d’autorisation de mise sur le marché, avant une commercialisation effective des traitements à libération prolongée.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 15:42
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Ias2017 Quantifier l'ADN du VHB : une technologie adaptée au Sud

Quantification de l’ADN viral du VHB sur plateformes polyvalentes ouvertes de PCR en Afrique et
en Asie du Sud-Est

La quantification de l’ADN du virus de l’hépatite B (VHB) est indispensable à la prise en charge la maladie. L’accès aux tests de biologie moléculaire est limité en raison de leurs coûts trop élevés pour les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. L’étude ANRS 12327 menée par Edouard Tuaillon (UMR 1058 de l’Université de Montpellier) et Dramane Kania (Centre Muraz, Burkina Faso) et leurs collègues virologues de l’action coordonnée 12 de l’ANRS valide un test moléculaire de faible coût, sur plateforme polyvalente ouverte et automatisée de PCR, pour le suivi de l’infection par le VHB dans ces pays à ressources limitées. Les premiers résultats de l’étude mettent en évidence la bonne sensibilité et spécificité du test sur plateforme ouverte et des résultats comparables à ceux des tests commerciaux sur automates fermés. Ces résultats préliminaires sont présentés en poster le 25 juillet 2017 à l’occasion de la 9ème Conférence scientifique sur le VIH (IAS 2017) organisée par l’International Aids Society et l’ANRS à Paris du 23 au 26 Juillet 2017.

L’infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) touche près de 240 millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. La prévalence peut y dépasser 8 % de la population générale. La prise en charge de l’hépatite B constitue un sérieux défi pour ces régions aux ressources économiques limitées. La quantification de l’ADN du virus est un paramètre clé et un préalable à la prise en charge de l’infection chronique par le VHB. Cependant, les tests commerciaux aujourd’hui disponibles ont un coût élevé, inadapté aux ressources de ces pays du Sud où la prévalence est pourtant la plus forte.

Les plateformes ouvertes testées en Afrique et en Asie du Sud-Est
L’essai ANRS 12327 dont les résultats sont présentés en poster ce 25 juillet à la conférence scientifique sur le VIH (IAS 2017) organisée par l’International Aids Society et l’ANRS à Paris porte sur la validation d’un test générique de quantification de l’ADN VHB par PCR sur une plateforme ouverte générique par comparaison avec les méthodes commerciales de référence (Roche ou Abbott). « En utilisant des appareils dits « ouverts », il est possible de choisir son test, de faire baisser les prix en faisant jouer la concurrence, de gagner en polyvalence afin de tester d’autres pathogènes que ceux prévus pour les appareils fermés, etc. Cette approche a aussi des limites : elle nécessite par exemple de s’appuyer sur les compétences de virologues qui maitrisent les principes de la biologie moléculaire. Mais c’est un frein qu’il est possible de dépasser: ces personnes existent ou peuvent être formées dans ces pays, où leur expertise est sous utilisée » décrit le Dr Edouard Tuaillon, chercheur au sein de l’UMR 1058 Pathogenèse et contrôle des infections chroniques à Montpellier et l'un des deux coordonnateurs de l’étude ANRS 12327.

Des premiers résultats concluants
Les résultats préliminaires présentés à l’IAS portent notamment sur 186 échantillons analysés en France, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso ou au Cambodge et présentant une concentration d’ADN de VHB supérieure à 1000 IU/ml. « En dessous de 2 000 UI/ml, si le foie va bien, l’hépatite est considérée comme inactive et le traitement peut généralement être évité. Utiliser des échantillons qui contenaient des concentrations d’ADN supérieures à 1 000 UI/ml nous permet ici de vérifier la sensibilité clinique du test », analyse le Dr Edouard Tuaillon. Parmi ces échantillons, 99 % ont été testés positifs avec le test générique, confirmant une bonne sensibilité et des résultats en adéquation avec ceux obtenus avec les méthodes commerciales de référence (Roche ou Abbott) sur automates fermés. Le test générique a également été mené sur des échantillons négatifs et a présenté une bonne spécificité. Les résultats portant sur d’autres paramètres sont eux encore en cours d’étude.

« Ces résultats intermédiaires sont très satisfaisants. La quantification de l’ADN VHB sur plateforme ouverte polyvalente avec un test générique dans un contexte de laboratoire de qualité permet d’obtenir des résultats fiables tant sur les virus africains qu’asiatiques », confirme le chercheur. « Nous n’avons pas d’espoir démesuré vis-à-vis de l’approche évaluée : elle ne résoudra pas à elle seule les difficultés de l’accès au diagnostic moléculaire partout où il est nécessaire. Néanmoins elle y contribue. Notre ambition est aussi de promouvoir l’indépendance, l’autonomie et la maîtrise des coûts en s’appuyant sur l’expertise de l’utilisateur plutôt que sur l’expertise marketing du fabriquant ». De nouveaux défis attendent déjà les scientifiques : en plus de terminer l’analyse des résultats obtenus dans cet essai, ils envisagent de porter l’utilisation de telles plateformes ouvertes à une large échelle, comme le fait d’ores et déjà le projet OPP-ERA1 dans le cadre du VIH. Autre piste, décliner les essais avec ce type de plateforme aux autres pathogènes prioritaires, comme la tuberculose ou le virus de l’hépatite C.

http://solthis.org/fr/projet/projet-opp ... ec-le-vih/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Jl 2017 - 15:49
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20574
Localisation: Hyères
Contrôle du VIH : les lymphocytes TCD8+ décryptés

Comprendre les mécanismes impliqués dans le contrôle viral et la maîtrise de l’infection par le VIH chez les patients appelés « contrôleurs » reste un enjeu majeur de la recherche sur le VIH, promesse de possibles nouvelles stratégies thérapeutiques. Deux études menées par l’équipe du Dr Asier Sáez-Cirión (Institut Pasteur) et ses collègues du CEA, des universités Paris Descartes, Paris sud et Paul Sabatier Toulouse, de l’Inserm et de l’AP-HP permettent de mettre en lumière les particularités des lymphocytes T CD8+ ainsi que les facteurs pouvant optimiser leurs fonctionnalités chez les individus contrôlant l’infection. Ces travaux sont soutenus par l’ANRS, la fondation MSDAVENIR, la Commission Européenne et Sidaction. Ces résultats sont présentés le 25 juillet lors de la 9ème conférence sur le VIH/Sida (IAS 2017) organisée par l’International Aids Society et l’ANRS, qui se déroule du 23 au 26 juillet 2017, à Paris.

Le terme « contrôleur » désigne des patients infectés par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) qui ont naturellement la capacité de maîtriser l’infection sans traitement. Chez ces rares individus, la charge virale est contrôlée par le système immunitaire et reste en dessous du seuil de détection. Les mécanismes précis mis en jeu dans la réponse à l’infection restent actuellement une énigme. Cependant, le rôle joué par les lymphocytes T CD8+ (LTCD8+) semble majeur dans la mise en place de ce contrôle.

L’étude ANRS SIC a été conduite par les équipes des Dr. Asier Sáez-Cirión (Institut Pasteur) et Bruno Vaslin (CEA) et leurs collègues des Universités Paris Descartes et Paul Sabatier Toulouse, de l’Ap-HP et de l’Inserm avec le soutien de l’ANRS et de la fondation MSDAVENIR. Les chercheurs ont reproduit le phénomène d’individus « contrôleurs » chez des macaques infectés par le virus de l’immunodéficience simienne (SIV) pour décrypter les mécanismes sous-tendant le contrôle viral naturel. Trois groupes de macaques ont été comparés :
• deux groupes « contrôleurs », certains animaux recevant une dose virale faible de SIV, les autres possédant des caractéristiques génétiques favorables (Complexe Majeur d’Histocompatibilité)
• un troisième groupe « témoins » dont les individus ne possédaient pas les caractéristiques génétiques favorables et qui ont reçu une forte dose de SIV.

Tous les animaux ont développé une réponse CD8+ contre le SIV dans les jours qui ont suivi l’infection. Cette réponse était dans un premier temps peu efficace, puis, chez les contrôleurs les cellules CD8+ ont acquis au fil des mois une capacité optimale à éliminer les cellules CD4+ infectées. L’acquisition de cette capacité a coïncidé avec le contrôle du virus dans tout l’organisme. Les chercheurs ont par ailleurs observé une quantité moins importante de cellules infectées dans les ganglions des individus contrôleurs 15 jours après l’infection. Ainsi, chez les individus non contrôleurs, le fait qu’il y ait une forte quantité de virus dans les ganglions semble entraver la maturation des LT CD8+. Selon le Dr Asier Sáez-Cirión, « ces résultats nous montrent que le développement d’une réponse CD8+ efficace contre le virus nécessite un processus de maturation de plusieurs semaines qui n’a lieu que chez quelques sujets. Ceci semble dépendre de la préservation précoce de l’environnement des ganglions où se déroule cette maturation. De plus, le développement d’une réponse efficace ne semble pas dépendant des caractéristiques génétiques des individus infectés, ce qui laisse entrevoir la possibilité de l’induire dans la population générale. »

Dans une deuxième étude menée par l’équipe du Dr. Asier Sáez-Cirión et ses collègues de l’Inserm, de l’université Paris Sud et de l’AP-HP avec le soutien de l’ANRS, de l’Union Européenne et du Sidaction dans le cadre de la cohorte ANRS CO21 CODEX, les chercheurs ont décrypté les caractéristiques des LT CD8+ mémoires spécifiques du VIH associés au contrôle de l’infection. En analysant individuellement le profil d’expression génique de plus d’un millier de ces cellules, les chercheurs ont pu confirmer des différences intrinsèques entre les cellules d’individus contrôleurs et non-contrôleurs. Alors que les cellules des patients non-contrôleurs sont programmées pour se multiplier et utilisent le glucose comme source d’énergie rapide, les cellules de patients contrôleurs sont programmées pour survivre, produire rapidement des molécules antivirales et sont capables de mobiliser plusieurs sources d’énergie. Ces caractéristiques les rendent plus adaptables et efficaces, en particulier dans les sites de multiplication virale. « Ces résultats nous montrent que la réponse CD8+ des individus contrôleurs est due à une programmation différente de leurs Lymphocytes T CD8+ mémoires spécifique du VIH » explique le Dr Asier Sáez-Cirión « Cela nous donne des pistes précieuses sur le programme cellulaire qu’il faudrait induire à travers des vaccins ou immuno thérapies afin de reproduire cette réponse chez d’autres sujets. »
Ces travaux sont présentés le 25 juillet lors de la 9ème conférence sur le VIH/Sida (IAS 2017) organisée par l’International Aids Society et l’ANRS, qui se déroule du 23 au 26 juillet 2017, à Paris.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Montrer les messages depuis:     
Sauter vers:  
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
PNphpBB2 © 2003-2007 
Traduction par : phpBB-fr.com
Page created in 1,3261830806732 seconds.