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21 Sujet du message: Hépatite B : nouvelles recommandations européennes  MessagePosté le: 01 Mai 2017 - 08:23
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 20964
Localisation: Hyères
Amsterdam, Pays-Bas Les nouvelles recommandations européennes sur la prise en charge de l’hépatite à virus B viennent d’être présentées au congrès de l’European Association for the Study of the Liver (International Liver Congress 2017). Elles sont publiées simultanément dans le Journal of Hepatology .

http://www.journal-of-hepatology.eu/art ... X/fulltext

Les nouveautés

Les précédentes recommandations remontaient à 2012. Leur actualisation est liée à « un renouveau d’intérêt pour l’hépatite B, à l’apparition de nouvelles stratégies et de nouvelles approches fondamentales », selon la présentation du Pr Pietro Lambertico (Université de Milan), qui a dirigé le groupe de travail.
Ces recommandations incluent 12 thématiques. Interviewé par Medscape édition française, le Pr Fabien Zoulim (Hospices Civils de Lyon, Université Lyon 1, Inserm U1052 - Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon), qui a fait partie du groupe de rédaction, souligne deux évolutions importantes.
D’une part, l’évolution de la nomenclature. « Les nouvelles recommandations élargissent les indications du traitement », explique le Pr Zoulim. « Il s’agissait d’inclure les patients qui présentent des charges virales élevées, ou un risque de développer un cancer du foie à long terme».
D’autre part, l’apparition du tenofovir alafenamide (TAF) dans les recommandations sur le traitement des patients naïfs.
Par ailleurs, « la nouvelle nomenclature distingue clairement l’infection de la maladie », a résumé le Pr Maria Buti (Université de Barcelone).






Indications au traitement élargies

S’agissant du traitement de l’infection, l’EASL définit les indications suivantes.
« Doivent être traités » (niveau de preuve I, grade 1) :
-Les patients porteurs d’une hépatite B chronique : ADN VHB > 2000 UI/mL et ALAT > limite supérieure de la normale (LSN) et/ou au moins une nécroinflammation hépatique modérée, ou une fibrose, quel que soit le statut de l’antigène HBe.
-Les patients avec cirrhose compensée ou décompensée, dès lors que l’ADN viral est détectable, (quel que soit son taux et quelles que soient les ALAT).
Par ailleurs, « devraient commencer un traitement » (II-2, 1) les patients présentant un ADN viral > 20.000 UI/mL et des ALAT > 2xLSN, et ce quel que soit le degré de la fibrose.
Enfin « peuvent être traités » (III,2) :
-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive, avec ALAT normales et ADN VHB élevé, quelle que soit la sévérité des lésions histologiques peuvent être traités au-delà de l’âge de 30 ans.
-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive ou négative, et présentant des antécédents familiaux (carcinome hépatocellulaire ou cirrhose) ainsi que des manifestations extrahépatiques, peuvent être traités, même en l’absence des critères typiques de l’indication du traitement.
Ces évolutions ont été qualifiées de « changement majeur dans la pratique clinique » par Pr Lambertico. « Le message clé est que toutes les données depuis 10 ans tendent à élargir l’indication des antiviraux ».
« On savait que l’infection par le VHB, même silencieuse, peut donner un cancer », explique le Pr Zoulim. « La nouveauté, qui justifie l’évolution des pratiques, est qu’avec 10 ans de recul, le rapport bénéfice/risque du traitement apparait très clairement favorable».

Le tenofovir alafenamide (TAF) pour réduire le risque osseux et rénal

Seconde innovation : l’apparition du tenofovir alafenamide (TAF) dans les recommandations de traitement du patient naïf.
L’EASL rappelle en premier lieu, qu’un antiviral « peu sujet aux résistances, est le traitement de choix, quelle que soit la sévérité de l’atteinte hépatique » (I,1).
De ce fait, les traitements recommandés en monothérapie sont l’entecavir (ETV), le tenofovir disoproxyl fumarate (TDF : forme originale), et le tenofovir alafenamide (TAF).
En revanche, la lamivudine (LAM), l’adefovir (ADV) et la telbivudine (TBV) ne sont « pas recommandés comme traitement de l’hépatite B chronique ».

Le TAF est une prodrogue du tenofovir, qui dispose d’une AMM européenne. « Son efficacité antivirale est identique à celle du tenofivir disopoxil fumarate, mais elle est associée à moins d’effet rénaux et osseux », explique le Pr Zoulim.
« Chez un patient qui présente un problème rénal ou une densité minérale osseuse faible, que ces anomalies soient liées à un traitement antérieur par tenofovir ou à une pathologie autonome, il serait justifié de choisir le TAF ». Il reste à voir quelles seront les conditions d’accès au traitement dans les différents pays.
En commentant les nouvelles recommandations, le Pr Kosh Agarwal (King’s College Hospital, Londres) a toutefois indiqué que pour le moment, la diminution des risques rénal et osseux avec le TAF par rapport au TDF, a été constaté sur des marqueurs. Le bénéfice clinique reste à démontrer.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.


Dernière édition par fil le 01 Mai 2017 - 08:31; édité 2 fois
 
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Sujet du message: Hépatite B : nouvelles recommandations européennes  MessagePosté le: 01 Mai 2017 - 08:28
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
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Localisation: Hyères
Extension des interruptions de traitement

Enfin, troisième évolution qualifiée de « totalement nouvelle » par le Pr Lambertico : l’interruption du traitement, jusqu’à présent possible en cas de disparition de l’antigène HBs, est étendue à certains patients « sélectionnés », HBe négatifs et chez lesquels l’ADN viral reste indétectable dans le sérum.
« Un traitement à long terme, peut-être à vie, est généralement prescrit aux patients HBe négatifs, l’interruption n’étant considérée comme sure qu’avec la disparition de l’HBs », écrivent ainsi les auteurs des recommandations.
Toutefois, « des données récentes, provenant principalement d’Asie [ainsi que d’études grecque et allemande], suggèrent que les antiviraux nucléosidiques peuvent être interrompus chez les patients HBe négatifs et chez lesquels l’ADN VHB est indétectable lors de 3 mesures espacées d’au moins 6 mois ». L’interruption du traitement doit s’accompagner d’une surveillance clinique stricte pour s’assurer de l’absence de réactivation virale ou pour redémarrer rapidement un traitement antiviral en cas de réactivation.
L’interruption du traitement en cas de disparition « confirmée » de l’antigène HBs est donc maintenue, mais le traitement peut également être interrompu :
-chez les patients non cirrhotiques, HBe positifs, en cas de séroconversion AgHBe stable et si l’ADN viral reste indétectable après 12 mois de traitement de consolidation (II-2, 2). Les recommandations précisent qu’une « surveillance étroite après l’interruption est exigée ».
-Chez des patients non cirrhotiques, HBe négatifs, après 3 ans au moins de suppression virologique. Les recommandations soulignent qu’il doit s’agir de patients « sélectionnés », et souligne qu’un suivi étroit doit pouvoir être « garanti » (II-2,2).
Selon le Pr Lambertico, cette dernière recommandation, notamment, a été « très discutée », et constitue « une étape majeure ».

Un suivi étroit requis

La difficulté prévisible sera le suivi des patients.
« Les analogues nucléosidiques ne peuvent être interrompus que chez les patients qui peuvent être étroitement suivis, avec des dosages réguliers d’ALAT et d’ADN viral durant au moins un an après l’interruption. Malheureusement, aucun prédicteur fiable de la rémission post-traitement n’a été identifié à ce jour. Les critères de reprise du traitement sont également importants, mais restent à déterminer », est-il écrit dans les recommandations.
En pratique, dans les essais européens d’interruption, une visite de suivi a été instaurée tous les 15 jours : un rythme contraignant, donc. Il faut vérifier dans quelle mesure un tel suivi est réalisable avant d’interrompre le traitement. Il semble d’ailleurs que certains patients refusent l’interruption au motif que le suivi serait alors trop lourd – ce que le Pr Thomas Berg (Université de Leipzig) qualifie « d’effet secondaire de l’interruption ».
« De toutes façons, un certain nombre de patients vont arrêter d’eux-mêmes leur traitement » a cependant relevé le Pr Georges Papatheodoridis (Université d’Athènes). « Donc autant que la manœuvre soit encadrée ».
Un rythme de surveillance plausible, et le cas échéant, des critères de réinstauration raisonnables, sont largement une question de bon sens. « Chez les patients qui interrompent le traitement, il parait cliniquement raisonnable d’appliquer comme critère de réinstauration, les critères d’indication utilisés chez les patients naïfs », indiquent les recommandations.



http://www.anrs.fr/Hepatites-virales-B- ... S-HBV-Cure

Source :

Medscape

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Rabpou06
Sujet du message: Re: Hépatite B : nouvelles recommandations européennes  MessagePosté le: 06 Mai 2017 - 03:54
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Amsterdam, Pays-Bas Les nouvelles recommandations européennes sur la prise en charge de l’hépatite à virus B viennent d’être présentées au congrès de l’European Association for the Study of the Liver (International Liver Congress 2017). Elles sont publiées simultanément dans le Journal of Hepatology .

http://www.journal-of-hepatology.eu/art ... X/fulltext

Les nouveautés

Les précédentes recommandations remontaient à 2012. Leur actualisation est liée à « un renouveau d’intérêt pour l’hépatite B, à l’apparition de nouvelles stratégies et de nouvelles approches fondamentales », selon la présentation du Pr Pietro Lambertico (Université de Milan), qui a dirigé le groupe de travail.
Ces recommandations incluent 12 thématiques. Interviewé par Medscape édition française, le Pr Fabien Zoulim (Hospices Civils de Lyon, Université Lyon 1, Inserm U1052 - Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon), qui a fait partie du groupe de rédaction, souligne deux évolutions importantes.
D’une part, l’évolution de la nomenclature. « Les nouvelles recommandations élargissent les indications du traitement », explique le Pr Zoulim. « Il s’agissait d’inclure les patients qui présentent des charges virales élevées, ou un risque de développer un cancer du foie à long terme».
D’autre part, l’apparition du tenofovir alafenamide (TAF) dans les recommandations sur le traitement des patients naïfs.
Par ailleurs, « la nouvelle nomenclature distingue clairement l’infection de la maladie », a résumé le Pr Maria Buti (Université de Barcelone).






Indications au traitement élargies

S’agissant du traitement de l’infection, l’EASL définit les indications suivantes.
« Doivent être traités » (niveau de preuve I, grade 1) :
-Les patients porteurs d’une hépatite B chronique : ADN VHB > 2000 UI/mL et ALAT > limite supérieure de la normale (LSN) et/ou au moins une nécroinflammation hépatique modérée, ou une fibrose, quel que soit le statut de l’antigène HBe.
-Les patients avec cirrhose compensée ou décompensée, dès lors que l’ADN viral est détectable, (quel que soit son taux et quelles que soient les ALAT).
Par ailleurs, « devraient commencer un traitement » (II-2, 1) les patients présentant un ADN viral > 20.000 UI/mL et des ALAT > 2xLSN, et ce quel que soit le degré de la fibrose.
Enfin « peuvent être traités » (III,2) :
-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive, avec ALAT normales et ADN VHB élevé, quelle que soit la sévérité des lésions histologiques peuvent être traités au-delà de l’âge de 30 ans.
-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive ou négative, et présentant des antécédents familiaux (carcinome hépatocellulaire ou cirrhose) ainsi que des manifestations extrahépatiques, peuvent être traités, même en l’absence des critères typiques de l’indication du traitement.
Ces évolutions ont été qualifiées de « changement majeur dans la pratique clinique » par Pr Lambertico. « Le message clé est que toutes les données depuis 10 ans tendent à élargir l’indication des antiviraux ».
« On savait que l’infection par le VHB, même silencieuse, peut donner un cancer », explique le Pr Zoulim. « La nouveauté, qui justifie l’évolution des pratiques, est qu’avec 10 ans de recul, le rapport bénéfice/risque du traitement apparait très clairement favorable».

Le tenofovir alafenamide (TAF) pour réduire le risque osseux et rénal

Seconde innovation : l’apparition du tenofovir alafenamide (TAF) dans les recommandations de traitement du patient naïf.
L’EASL rappelle en premier lieu, qu’un antiviral « peu sujet aux résistances, est le traitement de choix, quelle que soit la sévérité de l’atteinte hépatique » (I,1).
De ce fait, les traitements recommandés en monothérapie sont l’entecavir (ETV), le tenofovir disoproxyl fumarate (TDF : forme originale), et le tenofovir alafenamide (TAF).
En revanche, la lamivudine (LAM), l’adefovir (ADV) et la telbivudine (TBV) ne sont « pas recommandés comme traitement de l’hépatite B chronique ».

Le TAF est une prodrogue du tenofovir, qui dispose d’une AMM européenne. « Son efficacité antivirale est identique à celle du tenofivir disopoxil fumarate, mais elle est associée à moins d’effet rénaux et osseux », explique le Pr Zoulim.
« Chez un patient qui présente un problème Regroupement de prêt rénal ou une densité minérale osseuse faible, que ces anomalies soient liées à un traitement antérieur par tenofovir ou à une pathologie autonome, il serait justifié de choisir le TAF ». Il reste à voir quelles seront les conditions d’accès au traitement dans les différents pays.
En commentant les nouvelles recommandations, le Pr Kosh Agarwal (King’s College Hospital, Londres) a toutefois indiqué que pour le moment, la diminution des risques rénal et osseux avec le TAF par rapport au TDF, a été constaté sur des marqueurs. Le bénéfice clinique reste à démontrer.

ah bon je ne savais pas ca, enfin c'est bon pour l'humanité
 
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