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19 Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 13 Fév 2017 - 09:47
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La conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Croi 20107) se déroule à Seattle du 13 au 16 février. Comme chaque année, Seronet va suivre cette conférence et proposer tous les jours des articles sur les temps forts et les nouvelles marquantes d’un des plus importants rendez-vous scientifiques de l’année sur le VIH, la co-infection, les autres IST dont les hépatites virales. Bruno Spire, chercheur à l'Inserm, ancien-président de AIDES et Mathieu Brancourt, journaliste à Remaides, sont sur place et réaliseront un compte-rendu des infos clés au jour le jour. Au menu de cette 24e conférence, la PrEP pour le VIH et les IST, la recherche d'un vaccin thérapeutique, les stratégies d’allègement, les comorbidités, mais aussi les effets indésirables, les innovations dans les thérapies antirétrovirales. C’est à suivre sur Seronet et ici à partir du mardi 14 février.

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 14 Fév 2017 - 04:22
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La Science n’a pas de patrie... *
Gilles PIALOUX

Dans cette XXIV ème CROI, sise en plein Etat de Washington et un plein décollage fast and furious de l’aire Trump, le véritable héros n’est pas virologue, immunologiste ou clinicien. Pas même activiste, ou PVVIH. Mais juge. Oui, un juge fédéral de Seattle, James Robart, 69 ans, marié sans enfants, engagé dans nombre de causes sociales, républicain qui plus est, mis en fonction en 2003 par G.W.Bush. Et qui s’est illustré, à quelques jours de l’ouverture de la CROI 2017, en s’opposant au décret Trump « sur la protection de la Nation contre l’entrée des terroristes étrangers aux Etats-Unis ». Un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de « sept pays musulmans jugés dangereux » (Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan, Somalie**), rebaptisé « muslim ban » par ses détracteurs, et signé en urgence par Donald Trump, comme la Constitution le lui permet. Cette même Constitution qui autorise un juge fédéral, suivi depuis par d’autres, dont celui de San Francisco, de s’y opposer. Le calendrier ne doit rien au hasard. La CROI, comme toutes les conférences scientifiques mondiales, surligne l’impact négatif du repli nationaliste et autoritaire de Trump sur la circulation de la pensée scientifique. Plusieurs institutions, dont l’ANRS emmenée par notre Jean-François-Delfraissy-qui-va-nous-manquer-à-l’ANRS, ont fait pression sur les organisateurs on-ne-peut-plus américains de la CROI. Et le Comité d’organisation de cette CROI, historique, aurait lui-même « activé » le juge Robart.

A la lecture aéroportée du pré-programme on peut néanmoins se demander si la France n’est pas, aux yeux des organisateurs de la CROI, un « pays musulman jugé dangereux ». Plusieurs non US Citizen figurent dans le CROI 2017 Program Committee : des suisses, des allemands, des néerlandais, des sud-africains … Mais nul français. Las, le phénomène est suffisamment récurrent pour ne pas en faire une scorie Trumpienne. Pas plus qu’il est possible d’évoquer le défaut de langue tant certains d’entre nous affichent un bilinguisme éprouvé. Impossible pourtant d’imaginer comment le « muslim ban » et autres mesure protectionnistes n’influencent pas une telle conférence comme la CROI. Et ce, bien au delà de la question de nos binationaux, les « Yazdan » de toutes origines, finalement peu inquiétés par ce décret pour entrer en CROI. Certes l’Afrique en général, la francophonie en particulier, y est classiquement peu représenté : 275 abstracts acceptés soit 14 % cette année... Mais si l’on analyse en détail les auteurs censés être présents sur le sol américain, impossible de passer sous silence le Poster # 914 de Avi Hakim : « HIV status awarreness and art coverage among female sex workers in Juba, south Sudan ». Le sud Soudan figure, en effet, parmi les sept « pays musulmans jugés dangereux » par Donald Trump, malgré sa prévalence VIH en augmentation : autour de 3 %. Et jusqu’à 14 % dans certaines régions du sud Soudan. Avec une épidémie VIH galopante sous le poids des viols, de la guerre civile et des déplacements de population. J’invite tous les lecteurs de cette rubrique présents à la CROI à venir soutenir, s’il en est, Avi Hakim devant son poster P#914.

Les Croïstes de 2017 non US Citizen (1) auraient bon gout de délaisser un temps leurs problématiques ego-centrées – qui le pôle emploi des Fillon, qui le Brexit – pour entrevoir combien les accointances scientistes, conspirationnistes ou climatosceptiques de l’équipe mise en place par Donald Trump vont peser sur l’avenir des causes scientifiques qui nous animent. Songez que le candidat Tump affichait une étiopathogénie de l’autisme pour le moins singulière : « Dans ma jeunesse, l’autisme n’était vraiment pas un problème. Et maintenant, tout d’un coup, nous avons affaire à une épidémie. Chacun a sa théorie. Moi, j’ai la mienne parce que j’ai de jeunes enfants. On administre aujourd’hui massivement des vaccins en une seule fois. Je pense vraiment que tout cela agit d’une manière ou d’une autre sur les enfants (…) ». Quant à la lutte contre le sida, il n’est qu’à rappeler les assertions de Mike Pence, vice-président et adepte de la "conversion gay" qui demande que les fonds affectés à la lutte contre le SIDA soient redirigés vers des programmes encourageant les gays à « changer leur comportement sexuel » en prétendant que « les organisations qui reçoivent des fonds pour le traitement du VIH en vertu de la loi Ryan White Care Act célèbrent et encouragent la transmission du VIH » !

Mais il n’est de pas d’Editorial d’ouverture de la CROI (2), fusse t-il cette année grave, sans analyse anticipée du programme. A commencer par les lignes de force et le représentation hexagonale. L’occasion de tester ses attentes, et de sécher ses frustrations en termes d’abstracts refusés, d’études françaises, européennes ou africaines minorées, d’experts laissés pour compte. A noter que Zika, curieusement absent de l’édition 2016 est l’objet d’une cession entière et d’une plénière sur les modèles vaccinaux de A comme AIDS à Z comme Zika. Les ISTs par temps de PrEP font aussi une entrée attendue avec la session S-3 : « stangers in the nights : challenges and opportunities in STI control » avec Jean-Michel Molina sur le thème de la PEP antibiotique pour les ISTs dans le sillage de l’essai ANRS-Ipergay (2). Les cascades sont partout dans cette CROI, y compris dans le contexte du Test and Treat, à l’image de la communication de Joseph Larmarange (#1018). La session des nouvelles molécules ou formulations (S 0-4) permettra de répondre aux questions des patients en rentrant. Les lyonnais avec Laurent Cotte donneront à réfléchir sur la modélisation du HCV Cure. Et puis, signe des temps et de la « normalisation » de la maladie VIH dans les pays du Nord, la cohorte D.A.D s’intéresse à l’obésité des PVVIH, et aux « fatty liver disease ». Bien loin donc de la « Slim Disease » des années 80 .

*La citation est de Louis Pasteur, le Chardonnay de Louis Latour sur le vol AF 3622

** Aux Etats-Unis il y aurait 17 000 étudiants issus de ces 7 pays dont plus de 12 000 iraniens disposant d’un visa américain (Source Libération.fr) dont certains partis en vacances avant la signature du décret avec une simple valise ont pu finalement rentrer aux Etats-Unis grâce au juge de Seattle. Les compagnies, dont Air France, ré-acceptant de les embarquer.

(1) Le e-journal d’Edimark avec jean-Philippe Madiou, Valérie Pourcher, Laurence Morand-Joubert et Rodolphe Garaffo , tous aux taquets, à suivre également sur www.vih.org

(2) L’auteur de ces lignes est co-investigateur de l’essai Anrs-Ipergay

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 14 Fév 2017 - 07:49
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(Wagner et al. eLife 2016, Schur et al. Science 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... struct.pdf

(A. Sharma et al. PLoS Pathog. 2014) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ibitor.pdf



(Huang et al. Cell 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0HI(1).pdf

(Euler Z. et al. AIDS Res Hum retroviruses 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... the(1).pdf

(Zalevsky et al. Nat Biotechnol 2010) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... tiv(1).pdf

(Caskey et al. Nature 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0br(1).pdf

(Bar et al. NEJM nov 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20afte.pdf



(Marcus et al, JAIDS 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0La(1).pdf

(Burgenner et Klatt 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... uences.pdf



(Goehringer et al. 2013) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... th%20I.pdf

(Legarth A. et al. JAIDS) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 050(1).pdf

(Smit et al. Lancet infectious diseases 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20p(1).pdf

(Freeman et al. Cur HIV/AIDS rep 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0Dysre.pdf

(Hunt et al. JID 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ty%20i.pdf

(Klein DB CID 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... in2015.pdf



(Lorenzo-Redondo Nature 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... sue%20.pdf

(Velu et al. 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... fh)%20.pdf

(Cohn et al. Cell 2015, Van Stockenstrom et al. JID 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20Acti.pdf
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20That.pdf

(Bruner K et al Trends in microbiology 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... reserv.pdf

(Churchill. et al. 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20them.pdf

(Laird et al. J Clin invest 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... latenc.pdf

(Li et al. Nature med 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20the.pdf

(Borducchi et al. nature 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... timula.pdf

(Massanella et al. Current Opinion in HIV and AIDS 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... allian.pdf

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 14 Fév 2017 - 09:20
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(Fukazawa et al. Nat Med 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0produ.pdf



(Makadzande et al. CID 2010) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ge2010.pdf

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 14 Fév 2017 - 15:41
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CROI’S ANATOMY

De l’autre côté du monde. Seronet a fait le (long) voyage jusqu’à Seattle (Etats-Unis). La capitale de l’Etat de Washington accueille la Croi (Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes), plus grande conférence scientifique américaine sur ces enjeux, dans laquelle le VIH a une place centrale. Terreau de Starbucks et de Microsoft, cette ville est surtout connue des accros à la série Grey’s anatomy, qui suit depuis 14 saisons les péripéties médicales et amoureuses de ses héros. Mais cette cité verte et progressiste devient le temps d’une semaine le centre névralgique des discussions et débats sur l’avenir de la recherche scientifique sur des maladies comme Zika, Ebola, le VIH et les hépatites virales. Vaccins, nouveaux traitements, effets indésirables : de nombreuses nouveautés émailleront cette Croi 2017. Retour sur la journée d’ouverture, qui n’a pas manqué de prendre le pouls du monde, et pas seulement celui du VIH.

La Croi a été créée en 1993, par une communauté de chercheurs qui pensaient que la lutte contre les maladies infectieuses ne pouvait être conduite que de façon mondiale. Et cela en validant et évaluant les recherches et études sur les maladies qui ont un impact sur la santé publique sur l’ensemble du globe. Aujourd’hui, 40 % des présentations d’études sont proposées par des scientifiques travaillant en dehors des Etats-Unis. Dans les travées de la conférence, on croise le professeur Yazdan Yazdanpanah, chercheur franco-iranien, un des pays concernés par les restrictions à l’immigration de la nouvelle administration Trump. Grâce à l’appel d’un juge fédéral, de Seattle, il a pu au dernier moment se rendre à la Croi 2017. Ce sont des faits.

Le sida ne discrimine pas, la science non plus !

C’est ce que rappelle Susan Buchbinder en conférence de presse, lundi après-midi. La présidente de cette édition 2017, rappelle la forte opposition de la Croi contre le "Muslim ban", décidé par le nouveau président Donald Trump. "Cette mauvaise politique a été rejetée pour l’instant et nos chercheurs possiblement concernés ont pu se rendre à Seattle, mais nous savons que, si elle s’appliquait, cela représenterait une grave atteinte au sens de la conférence : rassembler les chercheurs du monde entier. De ce point de vue, nous sommes inquiets". Dans ce contexte, cette conférence, tout ce qu’il y a de plus scientifique, a pris une tonalité très politique. Durant la cérémonie d’ouverture, Susan Buchbinder a renouvelé avec véhémence (et sous les applaudissements des 4 200 participants), le rejet de la discrimination au nom des origines et de l’appartenance religieuse par le monde scientifique mondial. Une marche de la Science, pour porter ces revendications d’indépendance, mais aussi de liberté de mouvements et d’alliances, aura lieu le 22 avril prochain, partout sur le globe. Et tout le monde en parle déjà.

Programme chargé

Plus habituelle, la présentation générale des grandes thématiques de cette édition 2017, par sa collègue Judith Currier, de l’université de Los Angeles. La chercheuse a détaillé en grandes lignes les aspects saillants des présentations proposées cette année. Avec une touche très américaine et des nouvelles données épidémiologique sur les Etats-Unis. Comme le fait que les deux tiers des nouveaux diagnostics VIH, entre 2011 et 2016, se font chez les hommes noirs-américains ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Des posters et des abstracts détailleront également l’état du dépistage et de l’accès aux soins des personnes séropositives vivant aux Etats-Unis. Le charme discret du microbiote, ou flore bactérienne intestinale, sera aussi à l’honneur. Ce ferment du "deuxième cerveau" a une réelle influence sur la réponse virologique du corps humain, notamment via la concentration des médicaments. Un essai de PrEP orale chez les femmes sera présenté cette semaine. Des données sur les IST, ces nouvelles camarades de chambrée du VIH, qui sont en forte hausse, et doivent être prises en compte. On n’oubliera pas les recherches sur les nouveaux médicaments, comme les inhibiteurs de capsides, ces molécules au rôle particulier, qui pourraient bien devenir une nouvelle classe de médicaments. Aussi, des essais cliniques sur les effets indésirables ou les complications associées à la vie avec le VIH (vieillissement/cancer/AVC) chez les personnes séropositives. "Il y aura un très large choix de sujets, de Zika au sida. Il est important et encourageant d’avoir de nouvelles données sur les nouveaux médicaments et de voir des améliorations", ajoute Judith Currier. "Un programme étudié et riche, sur différents sujets où tout le monde pourra y trouver son compte". Impossible de tout voir ni d’assister à toutes les prises de paroles, cette année, 903 présentations sont proposées ! Pas le choix, il faudra en faire un, telle sera notre devise ces trois prochains jours. A demain !


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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 14 Fév 2017 - 18:08
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Lutter contre le VIH sous Trump : «Nous sommes très inquiets»

William McColl est le directeur des politiques de santé à AIDS United, l’une des plus grandes association de lutte contre le VIH / sida états-unienne, basée à Washington. Il a accepté de répondre à nos questions inquiètes sur l’avenir de la réponse à l’épidémie sous la présidence Trump avec une majorité Républicaine au Congrès.

Quelle votre principale sujet de préoccupation suite à l’élection de Donald Trump?

Nous sommes très inquiets, l’élection de Donald Trump risque de créer un environnement hostile pour beaucoup de personnes aux Etats-Unis, dont les musulmans, les Noirs américains, les Latino américains, les migrants, avec ou sans papiers, les LGBTQI et particulièrement les personnes trans et celles et ceux avec des revenus modestes, qui sont particulièrement exposées face au VIH et aux autres maladies. Ce qui risque de saboter les efforts de notre communauté pour mettre fin à l’épidémie de VIH/ sida . Toute notre inquiétude vient de la montée du sectarisme au coeur de la politique.

La couverture médicale des personnes vivant avec le VIH est-elle menacée?

Il y aura probablement d’importants changement dans la prise en charge des personnes et l’accès aux soins pour les personnes vivant avec le VIH. En particulier, il est très probable que la majorité républicaine du Congrès va travailler à supprimer l’Affordable Care Act —souvent appelé «Obamacare»— qui est l’une des principales assurances maladie pour les personnes vivant avec le VIH. Les Républicains ont déjà annoncé qu’ils souhaitaient remplacer le programme, on ne sait pas encore suivant quel calendrier, ni si ça se traduirait par une perte d’assurance santé ou de Medicaid pour certains.

C’est très inquiétant que les Républicains cherchent à démanteler le Medicaid et/ou le Medicare, et même toute la sécurité sociale, hors ces programmes sont nécessaires à beaucoup, y compris aux personnes vivant avec le VIH. Ces dernières devraient pouvoir avoir accès aux remboursements des soins via le programme Ryan White, même si nous craignons que des baisses de financement à tous les niveaux affectent ces programmes. Etant donnée la menace sérieuse que représente l’épidémie de VIH pour la santé publique, il nous faudra faire preuve de pédagogie avec le Gouvernement et le Congrès pour s’assurer que les personnes vivant avec le VIH voit leur accès aux soins et aux traitements garantis. AIDS United continuera à se battre pour mettre fin à l’épidémie de VIH aux Etats-Unis et partout dans le monde.

Est-ce que vous pensez que le futur du programme présidentiel PEPFAR est compromis?

Je pense que n’importe quel programme qui n’est pas rattaché au secteur militaro-industriel est susceptible de faire face à des baisses de financement. D’un autre côté, le PEPFAR est considéré depuis longtemps comme un élément très positif de leg du George W. Bush, président républicain. Le programme a ainsi su s’assurer un large soutien bipartisan et regroupe de nombreuses personnes autour de sujets globaux, y compris des professionnels très conservateurs. Je pense donc que le Gouvernement et le Congrès devraient continuer à soutenir le PEPFAR.

La recherche publique autour du VIH/sida est-elle menacée?

Je suis très inquiet en ce qui concerne les recherches autour du VIH, et particulièrement au National Institutes of Health (NIH). Aujourd’hui, c’est 10% de la recherche qui sont consacrés au VIH. Nous faisons déjà face à des pressions pour rediriger ces fonds vers d’autres maladies et je m’attends à ce que certains Sénateurs, en particulier, essaye de pousser à une réaffectation de ces financements.

Si le mariage entre personnes de même sexe semble difficilement attaquable, quelles sont les menaces auxquelles vont faire face les personnes LGBTQI?

Je crois que l’égalité face au mariage restera la loi, en particulier aussi longtemps que la constitution de la Cour suprême restera inchangée, avec le juge Anthony Kennedy et quatre autres voix penchant à gauche. La plupart des menaces en direction de la communauté LGBTQI se fera dans des zones contestées, comme le droit du travail ou le droit de discriminer contre les minorités pour des raisons religieuses, via des lois au niveau des Etats connues sous le nom de Religious Freedom Restoration Acts (lois de «Restauration des libertés religieuses»).

Nous sommes également soucieux des discriminations particulières que les personnes trans ont à affronter, à travers de nouvelles lois comme celle, en Caroline du Nord, exigeant qu’ils et elles utilisent les toilettes correspondant à leur genre de naissance.

Bien que le Président Trump ne soit pas connu pour être personnellement anti-gay, il a spécifiquement déclaré être contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexes. Le Vice-président Mike Pence est bien-sûr connu pour être violemment anti-LGBTQI et je pense qu’on peut s’attendre à ce que la droite religieuse conservatrice gagne de l’influence au Congrès. Je pense que certains membres républicains du Congrès pourraient être tentés de faire financer ou de soutenir les “thérapies” de “conversion gay”, mais cette discussion ne semble plus vraiment d’actualité. Je ne vois pas le Vice-président insister dans cette direction, particulièrement en détournant des financements du programme Ryan White.

Quelle est votre stratégie pour répondre à ces menaces dans les mois qui viennent?

Nous sommes en train d’essayer de cerner l’amplitude des changements probables, de trouver des alliés et d’atteindre des Républicains qui, nous pensons, ont un intérêt à travailler avec nous. Nous sommes aussi en train d’identifier les sujets qui vont demander notre attention immédiate. Nous nous dresserons contre tout sectarisme et toute stigmatisation et nous serons aux côtés des personnes qui seraient menacées par les actions politiques éventuelles de ce gouvernement.

Propos recueillis par Charles Roncier

http://vih.org/20161123/lutter-contre-v ... ets/138772

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 15 Fév 2017 - 01:39
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Gilles Pialoux

Difficile encore, à J1 de cette CROI loin de tout, de distinguer ce qui va rester dans les mémoires, si ce n’est dans les consciences*, en rentrant, jetlagués, de Seattle. On peut faire preuve de fainéantise en reprenant le Press Conference Schedule qui a retenu, entre autres les inhibiteurs de capsides à action prolongée, l’essai ANRS 12 249 de TasP en Afrique du sud ( 2 communications orales), l’essai SWORD 1 et 2 avec DTG+RPV, le Bictegravir en comparaison frontale avec le Dolutegravir (avec FTC/TAF), l’effet de la prednisone sur la prévention de l’IRIS tuberculeuse, le microbiote …vaginal, ses facteurs de risques de transmissibilité VIH et son impact sur la PrEP chez les femmes, la doxycycline en prévention post exposition chez les HSH dans Ipergay, l’épidémie cachée et la cascade de soins chez les HSH aux Etats-Unis (3 CO), le chemsex etc.. Sans oublier la Rakai qui nous revient régulièrement. Non pas cette racaille dont un certain Nicolas ... avait promis de nous débarrasser mais la province d’Ouganda, appendue au Lac Victoria. Là où la prévention combinée (Antirétroviraux depuis 2004, circoncision débutée en 2007, le tout grâce au Pepfar à l’avenir incertain sous l’aire Trump, associés aux modifications comportementales et aux préservatifs fait au bas mot 42 % de réduction de l'incidence VIH !

Pas de conclusion hâtive, mais un sentiment. Qu’il n’est point besoin de convoquer les épistémologistes, Bachelard en particulier, pour constater de CROI en CROI combien la science n’est que récurrence de la pensée. La théorie du « cure » lancée une première fois en grande pompe lors de la CROI 1996 puis lors de celles de 2013 et 2014, édulcorée en « guérison fonctionnelle » dans le sillage du Patient de Berlin et des enfants Visconti n’est plus l’ombre que d’elle même. Songez qu’il a été montré ou redémontré que traiter les primo-infections très précocement (Fiebig 1) ne suffit pas à se passer des antirétroviraux, que l’association d’un vide-réservoirs (romidepsine) et d’une molécule vaccinale ne suffit pas à purger les réservoirs, que les anticorps neutralisants (VRC 01b) ne préviennent pas le rebond post arrêt des antirétroviraux et que même les associations les plus novatrices (agonistes de TLR 7 + Ad 26 MVA) ne font qu’estomper le rebond viral post suspension antirétrovirale. Que dire du retour des Zinc Fingers promus en 2014 déjà ? Et même la très élégante et médiatique présentation plénière de Carl H.June (# 13) (Philadelphia,PA) sur les avancées en matière de thérapie cellulaire n’a pas dissipé le malaise. Concernant l’approche CAR T Cell (Chimeric Antigen Receptor) : 161 essais recensés au 14/2/2017, tous dans le cancer, aucun dans le VIH…

Et aussi cette vérité lancinante rappelé lors de plusieurs séances : le poids des HSH** dans l’épidémie actuelle au Nord. Tant pour le VIH que pour les autres IST. Sonia Singh (#30) du CDC a reprécisé que les HSH représentent 2 % de la population générale et 67 % des personnes vivant avec le VIH aux Etats-Unis en 2015. Dont 17,3% (16,3-18,4) sans connaître son statut sérologique. Soit une prévalence de 615 000 HSH VIH + sur le territoire américain et un accroissement de l'incidence chez les latinos HSH et chez les plus jeunes (25-34 ans) d’entre eux.

Enfin comment ne pas remarquer que cette XXIVème CROI se déroule avec une participation française qui rétrécit. Et sans fête de l’ANRS cette année, pour cause d’année compliquée pour l’Institution entre l’IAS Paris 2017 et l’absence d’arbitrage ministériel sur la succession de Jean-François Delfraissy.



Gilles Pialoux
* Précision : suite à l’envolée éditoriale d’hier sur le thème « un éléphant çà Trump énormément », il nous faut préciser que Avi Hakim, présentateur du Poster # 914: « HIV status awarreness and art coverage among female sex workers in Juba, south Sudan » alors que le sud Soudan figure parmi les sept « pays musulmans jugés dangereux » par Donald Trump, était bien présent devant son poster. Et pour cause, il est américain, et membre du CDC. Les soudanais, eux, sont restés bien au chaud chez eux.

** Dans l’avion Paris–Seattle lecture d’un petit livre du romancier
Philippe Besson : « le patient zéro ». Un joli livre sur les candidats différents à la position de patient zéro, de Andrew Carr à Gaétan Dugas



(Uprety CID 2015, Borducchi et al., Nature 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... cs%20D.pdf
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... timula.pdf

(Klein et al. Lancet ID 2015, Palma et al. JVE 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... inatal.pdf
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... aborat.pdf

(Ananworanich et Barré-Sinoussi, Lancet HIV 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20tri.pdf



(Grupp et al. NEJM 2014, Maude et al. NEJM 2014) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20Acu.pdf
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... d%20Re.pdf

(Leibman et al. Mol Ther 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20Inf.pdf

(Tebas et al. NEJM 2014) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... T%20Ce.pdf

(Lederman et al. Pathog Immun 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 0or%20.pdf

(Hoos et al. Nature reviews drug discovery 2017) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... rom%20.pdf







(GS-9883, Tsiang et al. AAC 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20Nov.pdf







(Avila-Rios et al. Lancet 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20its.pdf

Impact de la résistance transmise sur la réponse virologique dans l'essai TasP ANRS 12249
Anne Derache (Durban, Afrique du Sud)



https://youtu.be/lh93Y9vffDE

Le TasP à l'épreuve du parcours de soin
Joseph Larmarange (Paris)



https://youtu.be/d8oiAvBUXSU




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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 15 Fév 2017 - 03:10
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(Kendall et al. Lancet Resp 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 20epid.pdf

(Shah et al. NEJM 2017) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ubercu.pdf

(Yates et al. Lancet 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... es2016.pdf

(Moore et al BMC Med 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20con.pdf



(Aung et al. ITJLD 2014) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ent%20.pdf

Tous les documents de l'OMS sont disponibles sur cette page :
http://www.who.int/tb/challenges/mdr/pr ... _mdrtb/en/





Loveday et al. Arch Dis Child 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... red(1).pdf

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 15 Fév 2017 - 05:15
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Les tests sont cruciaux dans la transmission mère-enfant de l'hépatite C

À la CROI 2017, John W. Ward, MD, CDC, a expliqué que son équipe s'est concentrée sur un effet particulier sur la santé: la transmission de l'hépatite C de la mère à l'enfant au moment de la naissance. Cela montre leur augmentation chez les enfants maintenant infectés par l'hépatite C, c'est donc un problème croissant chez les jeunes et leurs enfants.

Ward et son équipe mettent l'accent sur les tests afin qu'ils puissent trouver les mères qui sont infectées par l'hépatite C. Selon Ward, c'est aussi une considération que si une femme pense à devenir enceinte, cette femme peut être testée et recevoir le traitement , De sorte qu'ils ne sont pas infectés pendant la grossesse et posant un risque pour leur enfant. «Nous réunissons des experts pour élaborer ce genre de politiques pour répondre à ces problèmes croissants.



https://www.youtube.com/watch?v=DJycX-eBOQM

http://www.mdmag.com/conference-coverag ... ansmission

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 15 Fév 2017 - 06:14
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CROI 2017 - L’arsenal antirétroviral s’étoffe encore avec le premier inhibiteur de capside (ICa) à effet persistant
Rodolphe Garraffo

Alors que l’on sait bien que la capside virale intervient à de nombreuses étapes du cycle viral, elle est longtemps restée une cible thérapeutique peu ou pas explorée

Des études in vitro montrent que l’aboutissement de recherches sur cette nouvelle classe thérapeutique a permis la création d’une molécule aux propriétés inhibitrices puissantes de la réplication du VIH1 (inhibitions de l’ICa à différents niveaux) associées à un profil pharmacocinétique intéressant car dotée d’une bonne stabilité métabolique et d’une demi-vie prolongée chez l’animal (7 à 19h) avec des concentrations > à 10 fois son EC95 pendant plus de 10 semaines.

La GS-CA1, car c’est ainsi qu’elle s’appelle, apparaît donc comme la référence actuelle de cette nouvelle classe avec une activité au niveau picomolaire (donc supérieure à tous les ARVs actuellement disponibles), capables de bloquer plusieurs étapes du cycle du VIH , active sur la plupart des sous-types du VIH ainsi que des variant résistants aux autres ARVs.

Certes, les données présentées étaient in vitro et chez l’animal, mais on peut se réjouir d’inaugurer une classe thérapeutique originale avec cette molécule très prometteuse. Sa puissance antirétrovirale, sa stabilité métabolique et ses propriétés de libération lente à partir de sont point d’injection, conduisent tout naturellement à envisager un développement pour une molécule à durée d’action prolongée, donc dans l’air du temps de l’évolution proche de nos possibilités thérapeutiques.

Tse WC et al, Abstract 38

Propriétés pharmacologique du Bictégravir (GS 9883) qui vient agrandir la famille des inhibiteurs d’intégrase (INSTI) du VIH
D'après Custodio JM et al, Abstract 40

La production de nouvelles molécules ne semble pas vouloir se tarir, même si la découverte de nouvelles classe d’ARVs reste plus lente. Ce dernier arrivé des INSTI est annoncé avec des propriétés antirétrovirales intéressantes et utiles, si elles se confirment, puisqu’il maintiendrait une activité puissante sur la plupart des variant- résistants aux autres INSTIs. Le bictégravir (BIC) actuellement en phase III est développé dans le cadre d’STR en association avec le TAF et le 3TC. Sa biodisponibilité est correcte (70%) et sa liaison au protéines plasmatique est très forte (99%). Il est métabolisé et éliminé principalement par voie hépatobiliaire alors que l’élimination rénale ne concerne que 1% de la clairance de la molécule mère.. Il est ainsi substrat des CYP3A4 et de l’UGT 1A1. Cela en fait, une ’’victime’’ potentielle de diverses interactions médicamenteuses notamment avec les inducteurs et les inhibiteurs du métabolisme, nombreux parmi les traitements (ARVs et autres) couramment prescrits à nos patients. Des adaptations de posologie seront donc à prévoir, le cas échéant. N’oublions pas non plus, la sensibilité des INSTIs aux anti-acides cationiques qui impose un delai de 2h au moins avec l’administration de BIC. Les insuffisances fonctionnelles modérées des principaux émonctoires, foi et reins, n’ont pas de conséquences cliniques. Une demi-vie d’élimination dose indépendante de 18h conduit à envisager une posologie en dose unique journalière. Fort heureusement il n’a pas été observé, mais on pouvait s’y attendre, d’interaction avec TAF et 3TC, ce qui laisse le champ libre a un possible STR. Après avoir dit que la posologie choisie de BIC pour les phases III est de 50 mg/j (associé à 200 mg de 3TC et 25 mg de TAF) et que la biodisponibilité est améliorée par la formulation STR, on remarquera que c’est probablement plus par la virologie que par la pharmacologie que le BIC pourrait présenter des originalités dans cette classe d’ARVs.

DORAVIRINE non inférieure au darunavir chez les patients naïfs à S48
D'après Squires K et al. Abstract 45LB

La doravirine (DOR) est un nouvel inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI) en une dose unique par jour et une activité in vitro efficace contre les variants les plus fréquents résistants aux INNTI comme K103N, Y181C, G190A. Dans une étude de phase 2b, DOR 100 mg une fois par jour a démontré une efficacité similaire à l'éfavirenz, avec une tolérance plus favorable jusqu'à la semaine 48 (voir le zoom).
DRIVE-FORWARD est un essai en cours de phase 3, multicentrique, en double aveugle de non infériorité chez des adultes naïfs d’antirétroviraux avec une CV ≥1 000 copies/mL et l’absence de résistance génotypique (lien avec le zoom). Les participants ont été stratifiés selon la CV à l’inclusion (≤ ou> 100 000 copies/mL) et selon le backbone d’INTI (TDF/FTC ou ABC/3TC) et randomisés 1: 1 pour recevoir DOR 100 mg ou darunavir/r 800/100 (DRV/r), en 1 fois par jour en association avec TDF/FTC ou ABC/3TC jusqu'à 96 semaines. Le critère d'évaluation primaire était la proportion de participants avec une CV <50 copies/mL à S48 en analyse snapshot. L’objectif secondaire était d'évaluer le profil lipidique.
383 patients ont été inclus dans chaque groupe. La DOR était non inférieure au DRV/r sur le critère d'évaluation primaire, avec respectivement 84% et 80% avec une CV <50 copies/mL à S48. L’analyse en sous-groupes est présentée dans le zoom. Le nombre moyen de gain de lymphocytes CD4 était de 193/mm3 dans le bras DOR et de 186/mm3 dans le bras DRV/r à S48. Dix-neuf patients ont eu un échec virologique dans le bras DOR versus 24 dans le bras DRV/r sans résistance génotypique mise en évidence. Un patient non observant a arrêté le traitement à S24 avec mise en évidence des mutations de résistance à la DOR (V106I, H221Y, eF227C) et une pour le FTC (M184V). Les taux d'événements indésirables étaient semblables dans les 2 groupes. Les diarrhées (5,5%, 12,8%), les nausées (6,5%, 7,6%) et les céphalées (6,0%, 2,6%) sont les effets secondaires les plus fréquents (> 5%) pour respectivement la DOR et le DRV/r. Le profil lipidique à jeun est significativement amélioré sous DOR (p <0> 1 000 copies/ml et CD4>200 /mm3) pour recevoir une fois par jour BIC 75 mg ou dolutégravir (DTG) 50 mg avec TAF/FTC pendant 48 semaines, indépendamment de la prise de nourriture (lien avec zoom). Le critère d'évaluation principal était la proportion de charge virale (CV) <50>100,000 vs <10,000) et l’adhérence (≥95% vs <95%).
L’absence d’impact de la résistance pourrait s’expliquer par la durée trop courte du suivi virologique mais aussi par l’excellente adhérence à l’association fixe TDF/FTC/EFV.









Etudes SWORD 1&2: SWITCH pour DTG/RPV en maintenance, résultats à S48
D'après Llibre J et al. Abstract 44LB

Les bithérapies en switch ont été étudiées ces dernières années pour minimiser l'exposition cumulative aux médicaments et les effets secondaires à long terme. Le dolutégravir (DTG) avec sa puissance, sa tolérance et sa barrière de résistance et la rilpivirine (RPV) avec sa tolérance et son efficacité en font des partenaires potentiels pour ces stratégies de bithérapie.
Deux études similaires (SWORD-1 et SWORD-2), ouvertes, multicentriques, de phase III, de non infériorité ont évalué l'efficacité et la tolérance d’un switch d'un traitement antirétroviral à 3 ou à 4 molécules pour DTG/RPV une fois par jour pour des patients avec une CV <50 copies/mL, depuis au moins 12 mois et sans antécédent d'échec virologique (voir le zoom). Les participants ont été randomisés selon un schéma 1:1 et stratifiés selon le 3ème agent et leur âge à l’inclusion.
1024 patients ont été randomisés et traités soit 513 dans le bras DTG/RPV et 511 dans le bras poursuite du traitement antérieur (CAR). Les caractéristiques à l’inclusion étaient similaires. Le passage à DTG/RPV était non inférieur à la poursuite de CAR à S48 en analyse en ITT de la population globale [95% contre 95%; Différence: -0,4% (IC 95%: -3,1%, 2,3%)]. Les résultats d'efficacité de SWORD-1 et de SWORD- 2 en ITT sont comparables. De faibles taux d'échec virologique ont été rapportés pour les deux études à S48. Un patient sous DTG/RPV a été en échec virologique avec une mutation de résistance aux analogues non nucléosidiques de la transcriptase inverse (K101K/E) mise en évidence. Aucune mutation de résistance aux INI n’a été rapportée.
Plus d'événements indésirables ont été signalés dans le bras DTG/RPV (n=97) versus 9 dans le bras CAR et ont conduit à l'arrêt de traitement respectivement pour 21 et 3 patients. Aucun AE inattendu n'a été identifié pour aucun médicament. Le profil lipidique reste stable au cours du suivi. Par contre, il existe une amélioration des paramètres biologiques osseux sous DTG/RPV.
Le switch pour DTG/RPV, une fois par jour, a démontré une efficacité élevée chez les patients préalablement indétectables, avec une tolérance bonne et sans risque accru d'échec virologique.

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 15 Fév 2017 - 12:21
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AMÉLIORER L'EXISTANT ET TROUVER LE MANQUANT : LA QUÊTE DE SEATTLE

La deuxième journée de la Croi s’est consacrée, dès le matin, aux différents chantiers de la recherche sur le VIH. La guérison reste LE Graal des scientifiques, qui cherchent à déterminer les meilleures stratégies pour éliminer le virus après une contamination. Les tentatives sont nombreuses et les résultats prometteurs, mais on reste encore loin d'une solution globale. Dans le même temps, d'autres chercheurs continuent leurs travaux sur l'amélioration des thérapies utilisées pour les personnes séropositives, que ce soit en termes d'efficacité ou de tolérance. Nouvelles molécules ou efficacité de longue durée malgré un arrêt du traitement, les combinaisons deviennent subtiles pour rendre meilleurs les médicaments utilisés.

Trouver the cure, toujours

C'est une chercheuse thaïlandaise, Jintanat Ananworanich qui a ouvert la plénière à propos des recherches menées par la section de recherche sur le VIH de l'armée américaine, notamment en Asie du Sud-est. Son exposé est revenu sur un cas unique : celui du patient de Berlin, le seul homme ayant guéri du VIH. Timothy Ray-Brown a fêté ses dix ans sans VIH il y a peu, mais sa situation reste bien trop spécifique pour être une victoire pour l'ensemble des personnes vivant avec le VIH. Par la suite, la chercheuse a expliqué que pour d'autres personnes, un palier intermédiaire a été atteint. Certaines personnes traitées en primo-infection ont pu interrompre le traitement malgré la présence du virus, mais qui a pu être contrôlé par le système immunitaire : c’est la rémission. Nous sommes aujourd’hui attelés à la construction d’une rémission dite fonctionnelle avec l’indétectabilité de la charge virale dans le sang, après arrêt des antirétroviraux. Chez le nourrisson, on peut traiter très tôt car la primo-infection se déroule le plus souvent lors de l’accouchement. Le système immunitaire du bébé n'est encore pas terminé et on peut encore influencer son développement et mieux le préparer contre le VIH. On a montré que plus le traitement anti-VIH était commencé tôt, plus le temps avant une reprise virale après l’arrêt du traitement est long. La mise sous traitement immédiate permet de limiter les réservoirs et la diversité virale et préserver ainsi l’immunité. L’objectif est de réduire la réplication des virus "compétents", responsables de la remontée de la charge virale.

La mise sous traitement immédiate a montré son impact dans la réduction de la taille des réservoirs. Chez les nourrissons, une initiation du traitement à six semaines après la naissance amenant la suppression de la charge virale avant l'âge d'un an, permet d’obtenir des réservoirs plus petits.

Pour diminuer les réservoirs, il faut donc diminuer le nombre de cellules ayant un virus intégré compétent pour se répliquer. Mais ce n’est pas encore suffisant pour écraser à long terme le virus, même si on traite avant l’apparition de la séroconversion. Il faudra certainement combiner des stratégies pour "secouer" et "tuer" le virus et ses réservoirs. La chercheuse évoque des agents anti-latence qui vont réveiller le virus latent ("dormant") et ensuite tuer la cellule infectée. Jusqu’à présent, cela ne marche pas, car un seul agent a été testé. On pourrait combiner un agent anti-latence avec d'autres méthodes immunologiques, comme un vaccin thérapeutique ou des anticorps neutralisants. Elle conclut sa présentation en rappelant que ce champ de la recherche n'est pas accessoire et qu'il faut accélérer la recherche clinique, sans négliger la parole et le ressenti des participant-e-s de ces études pilotes et travailler de manière conjointe avec les sciences sociales. "D’énormes progrès ont été faits sur les traitements et la prévention, mais des millions de personnes doivent se cacher, craignent la discrimination si elles sont vues prenant des comprimés. Il faut trouver un chemin pour ne pas seulement contrôler le virus, mais l'éradiquer".

Le professeur Carl June, de l'université de Pennsylvanie, a présenté une autre voie pour arriver au Cure : la thérapie génique. C'est grâce à elle que le patient de Berlin, greffé d'une moelle osseuse contenant des cellules présentant une mutation génétique rare (sur le corécepteur CCR5) a empêché la réplication du virus et lui a permis de guérir. La thérapie génique est utilisée avec succès dans certains cancers. Chez les patients atteints de cancer, on modifie certains gènes en utilisant des morceaux du VIH comme cheval de Troie, afin de modifier et tuer les cellules malades chez des personnes atteintes de leucémie. De telles approches sont à l'étude pour modifier génétiquement les fameuses cellules latentes, afin de les activer et ainsi pouvoir les atteindre. Mais ici encore, pas de résultats concluants pour l’instant. On tente en ce moment de modifier le fameux corécepteur CCR5, comme pour le patient de Berlin. Si cela marche, il faudra déterminer le modèle de production qui soit le moins cher possible et donc transposable au plus grand nombre de personnes.

D'ici là, de meilleurs traitements

Une autre session a compilé les meilleurs travaux sur des molécules prometteuses dans le traitement des personnes séropositives. En voici une sélection :

Les nanoparticules

Voici une nouvelle façon d'administrer un médicament anti-VIH. Une nouvelle formulation, à base de nanoparticules, lopinavir ou éfavirenz permettrait une réduction des doses de moitié et donc des bénéfices sur la toxicité du traitement, mais aussi pour les formulations pédiatriques, qui nécessite une attention particulière. Pour l'instant, peu d'effets indésirables et une bonne tolérance de la formulation. Le choix de cette combinaison sur l'un des traitements les plus utilisés en première ligne date de 2009 ; depuis, l'éfavirenz n'est plus le médicament le plus recommandé. Mais des études sont en cours sur d'autres molécules. D'autres études pharmacologiques montrent une équivalence entre les médicaments classiques et ceux à base de nanoparticules.

Un nouvel inhibiteur antirétroviral

Il s’agit d’une molécule d’une nouvelle classe de médicaments : les inhibiteurs de capside. La capside virale, qui contient l’ARN du virus, se "désassemble" lors de la pénétration du virus dans la cellule et s’assemble lors de la sortie. GS-CA1 devient le premier inhibiteur de la capside, conduisant à un assemblage aberrant de cette capside et une perte d'infectiosité. Il joue à la fois sur l’assemblage et le désassemblage du virus. Dans les tubes à essai, le pouvoir inhibiteur est encore plus grand que ceux des antirétroviraux commercialisés jusque là. Il n’y a pas de toxicité constatée sur les cellules non infectées en culture, un signe de bonne tolérance. L'efficacité reste la même sur les différentes souches de VIH. Le composé est administrable en injection sous-cutané et pourrait être actif à raison d’une dose mensuelle, mais il faudra le confirmer dans des essais cliniques chez l'être humain.

Le bictegravir

Un nouvel anti-intégrase du laboratoire Gilead. Il a été évalué en phase II. Le bictegravir n’a montré à ce stade ni toxicité cardiaque, ni sur les reins. Il est administrable en une prise par jour. Il existe cependant une interaction avec les médicaments anti-acides pour l’estomac (comme l’oméprazole) qui doivent être pris à distance. Il est possible d’adapter le dosage pour faire un comprimé unique avec le bictegravir et le TAF/FTC (Descovy). Un essai randomisé a comparé le bictegravir associé à TAF/FTC avec la combinaison dolutégravir (Tivicay) + TAF/FTC chez des personnes n’ayant jamais pris de traitement anti-VIH. Il y a eu 65 personnes dans le groupe prenant la combinaison bictégravir + Descovy et 33 dans le groupe prenant la combinaison Tivicay + Descovy. A 24 semaines, il y a 97 % de succès virologique pour la combinaison avec bictégravir et 94 % pour celle avec le dolutégravir. A 48 semaines, on reste à 97 % pour le bictégravir contre 91% pour le dolutégravir, mais la différence n’est pas statistiquement significative. Pas de différences en matière de tolérance, très bonne, concernant les deux molécules.

Monothérapie de dolutégravir en allègement

Dans certaines cohortes (groupes de patients suivis), des personnes se sont vues prescrire un traitement allégé : une monothérapie par dolutégravir (Tivicay), qui peut conduire parfois à des échecs virologiques avec un rebond de la charge virale. Une étude a étudié les échecs liés à cette stratégie, en particulier les mutations de résistance. Sur 1 082 personnes ayant une combinaison avec dolutégravir, 122 ont eu un allègement en monothérapie, dont onze ont présenté un échec virologique qui n'était pas dû à un problème d’observance ni à l’histoire thérapeutique antérieur des personnes, mais à un défaut de puissance de la monothérapie elle-même. Les mutations de résistance compromettent par la suite l’utilisation des anti-intégrases. Il n’est donc pas conseillé d’utiliser la monothérapie de dolutégravir pour les personnes dont le traitement est efficace.

Allègement par la bithérapie dolutégravir + rilpivirine (Tivicay+ Edurant)

Un essai d’allègement randomisé a été conduit chez des personnes dont la charge virale est contrôlée. Ainsi, 513 personnes ont eu un traitement allégé contre 511 autres dans le groupe témoin, où les personnes ont pris une trithérapie classique. Il y a eu 95 % de succès dans les deux groupes de l'essai. On dispose, grâce à ces données, d’une stratégie d’allègement efficace, bien qu’on ait observé un peu plus d’effets indésirables légers, au début dans la stratégie d’allégement.

Doravirine : un nouvel inhibiteur non nucléosidique

Cette molécule est donnée en une prise par jour. Elle est combinée avec TAF/FTC (Descovy) en un seul comprimé. Cette trithérapie a été testée chez des personnes n’ayant jamais pris de traitement contre des thérapies à base de darunavir boosté (Prezista) en comparateur. A 48 semaines, pas de différence de succès virologiques (84 % contre 82 %). La doravirine est non-inférieure au traitement par darunavir. Il n’y a pas de différences entre les groupes en termes de tolérance observée, mais il y aeu moins d’anomalies lipidiques sanguines (cholestérol) pour le groupe prenant la doravirine. Il y a eu également moins d’arrêts de traitement suite à des effets indésirables dans le groupe prenant la doravirine.

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 01:42
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Gilles Pialoux

Cette deuxième journée de la CROI a été on ne peut plus sexuelle. Pas tant pour l’équipe du e-journal* entièrement concentrée sur sa tache éditoriale et sur la lutte, avec ou sans mélatonine, contre les 9 heures de décalage horaire, mais par les opulentes sessions dévolues aux IST. A toutes les IST, jusqu’aux flores bactériennes qui habitent nos muqueuses. Plus globalement qu’en est-il en 2017 des facteurs infectieux de transmissibilité du VIH ? Un vieux sujet, revisité par les nouvelles technologies de biologie moléculaire et grâce au changement de paradigme induit par la PrEP et le TasP. Comme dans un léger mouvement d’antéflexion du bassin, la CROi est passée de son obsession du microbiote rectal, l’an dernier, à celle du microbiote vaginal. Un juste switch orificiel qui renvoie à la voie de contamination la plus fréquente au monde.

Tout avait débuté le mardi dans une session baptisée « Strangers in the night » - tout est si fany à la CROI - consacrée aux infections sexuellement transmissibles (IST). Matthew Golden, de l’Université de Washington (Seattle, USA), y a fait le point sur l’évolution de l’épidémiologie de la syphilis aux USA, en particulier dans le contexte récent de PrEP (100 000 personnes sous PrEP aux Etats-Unis). L’incidence de la Syphilis a plus que quintuplé depuis 2000, et ce bien avant la PrEP; et les HSH représentaient 82% des cas masculins en 2015. Sachant que le nombre de partenaires des HSH augmente au fil des ans, et que le recours au préservatif lui tant à diminuer. La PrEP ne serait donc qu’un des multiples facteurs expliquant cette augmentation des cas de syphilis. D’autant plus que la délivrance de la PrEP se ferait en dehors de toute offre globale de Santé Sexuelle, prévention, dépistage, traitement et vaccinations inclus. Et des IST dans les essais de PrEP, il en est dès l’inclusion : 57 % pour PROUD et 41 % pour Anrs-Ipergay ...

Grave question que celle posée lors de la session S 0-8 « Common bedfellows : PREP, STIs and the Microbiomme» : est-ce que le mircrobiote vaginal, particulièrement les vaginites bactériennes (BV) (lactobacillus, Gardneralla/Bacteroides) influencent négativement l’efficacité de la PrEP chez les femmes (voir Zoom) ? Nenni ! nous a expliqué Renée Heffron (#85) malgré son aphonie : 77 % de réduction du risque VIH dans l’essai Partners PrEP en cas de BV. Avec ou sans metronidazole. Message tempéré par la communication de Sharon L. Hiller (# 86LB) qui a démontré dans l’essai FAME O4 (film versus gel de tenofovir) qu’en cas de vaginite bactérienne, si fréquente dans les études menées en Afrique, les dosages de tenofovir plasmatiques, ou à partir du fluide vaginal, étaient abaissés. Sans impact démontré sur l’efficacité de la PrEP. Pour ce qui est des mécanismes protecteurs de la circoncision la lumière est venue, une fois de plus de la province de Rakai (# 87), en Ouganda (voir l’éditorial de Mardi). La chaine de cause à effet serait la suivante : diminution du microbiote pénien lors de la circoncision >> diminution des cytokines locales dont l’IL8 >> baisse des cellules cibles notamment dentritiques et de leur activation >> diminution du risque de transmission VIH à l’homme. CQFD.

Et puis Jean-Michel Molina est venu, par deux fois apporter un autre son de cloche aux PrEP-septiques. Notamment sur la question des liens démontrés, supposés ou fantasmatiques entre Prep VIH et autres IST. Par une overview sur les tentatives de prévention antibiotiques des IST depuis les années 40 tout d’abord … et le lendemain par les résultats de la sous-étude de l’essai ANRS-Ipergay** de tentative de prévention post exposition des IST par la doxycycline (voir zoom) : aucun effet comme attendu sur le gonocoque, compte tenu des résistances, mais une forte réduction du risque de Syphilis ou de Chlamydiose (73 % et 70%) ! Cela ne doit pas se traduire par des recommandations mais une simple proof of concept. La meilleure nouvelle pour les maladies vénériennes, c’est que la PreP va les sortir de la naphtaline.


Gilles Pialoux

*Je rassure ici les conjoint(e)s, enfants, familles, des rédactrices et rédacteurs du e-journal, la journée est pour le moins studieuse et les nuits s’efforcent d’être réparatrices. Nous avons même été refoulés d’un restaurant de Seattle hier soir, le personnel féminin d’accueil, très légèrement vêtu de rouge, voulant à la fois nous imposer le menu Saint-Valentin et la séparation deux par deux…

** Le signataire est co-investigateur de cette étude



Webcasts :
http://www.croiwebcasts.org/

(De Oliviera et al. Lancet HIV 2017) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... n%20in.pdf

Le Programme DREAMS :
http://www.dreamspartnership.org/



(Mc Lellan et al. J Virol 2010) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... espira.pdf

(une très bonne revue de la littérature "from SARS to MERS CoV : Hilgenfeld & Peiris Antiviral Research 2013) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... hly%20.pdf

(Zhu et al. Lancet 2017) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... denovi.pdf

(Chang et al. Lancet 2014) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ike%20.pdf

(Dowd et al. Science 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... us.pdf[/b]







(Temprano study group, NEJM 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... %20Pre.pdf



(Gordin et al. JAMA 2000) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 713(1).pdf








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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 06:28
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La prophylaxie post-exposition réduit de près de 50 % l'incidence des IST dans les groupes à risque

Dans les prolongements de l'essai IPERGAY évaluant l'intérêt de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) dans le VIH, l'équipe du Pr Jean Michel Molina a évalué une prophylaxie post-exposition (PPE), cette fois en prévention des IST dont l'incidence augmente depuis 10 ans. Une stratégie gagnante qui a permis de réduire de moitié les nouvelles infections selon les résultats présentés mercredi à la conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes.

En proposant une prophylaxie post-exposition (PPE) de doxycycline aux populations à risque fréquentant les consultations PrEP, destinées à réduire le risque d'infection par le VIH, il est également possible de diminuer très significativement l'incidence des infections sexuellement transmissibles (IST).

Cette conclusion s'impose après les résultats présentés par le Pr Jean Michel Molina, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Louis



https://www.youtube.com/watch?v=tJ0ZwV3 ... e=youtu.be

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 07:27
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Les nouvelles infections à VIH diminuent de 18% aux États-Unis

SEATTLE : Le nombre total d'infections annuelles VIH aux États-Unis a diminué de 18% sur une période de 6 ans, avec environ 45.700 de nouvelles infections en 2008 à 37.600 se produisant en 2014, selon les nouvelles estimations des CDC présentées à la Conférence sur les Rétrovirus et Opportunistic infections 2017. Des progrès, cependant, était dépourvu dans certaines populations.

"Ces baisses dans les infections annuelles sont un signe prometteur que les efforts de prévention du VIH sont payants et reflètent le succès de prévention et de traitement des efforts collectifs aux niveaux national, étatique et local," CDC chercheur Sonia Singh, PhD, a déclaré lors d' une conférence de presse. "Nous pensons que l' un des principaux moteurs de la progression est la proportion croissante de personnes vivant avec le VIH qui sont au courant de leur infection et viralement supprimé. Ceci est une priorité de santé publique top. "

Les chercheurs du CDC ont utilisé une nouvelle méthode combinant les données nationales de surveillance du VIH et les résultats des tests CD4 pour estimer l'incidence du VIH en 2014 et les tendances qui se sont produits de 2008 à 2014. En plus d'une baisse globale des nouvelles infections à l'échelle nationale, il y a eu une baisse de 56% chez les les personnes qui consomment des drogues injectables (PWid, 3900 à 1700), soit une baisse de 36% chez les hétérosexuels (13.400 à 8.600) et une baisse de 18% chez les jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) âgés de 13 à 24 ans (9400 à 7700) et blanc MSM (9.000 à 7.400). L'augmentation de l'utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) peut avoir contribué à ces réductions, Singh dit.

Le pourcentage d'infections non diagnostiquées a diminué dans tous les groupes raciaux / ethniques HSH. En 2014, le pourcentage d'infections non diagnostiquées était de 20,4% dans le noir MSM (IC à 95%, 18,5% -22,2%), 20,9% (IC à 95%, 18,6% -23,1%) Hispanique MSM et 12,5% (IC à 95%; 11,0% -14,0%) en blanc MSM. Les réductions ont été encore observées après stratification par âge. Le pourcentage d'infections non diagnostiquées a diminué de 70,1% à 52,0% chez les HSH âgés de 13 à 24 ans, et de 32,3% à 30,1% MSM âgés de 25 à 34 ans ( P <0,05).

Une analyse régionale , y compris des données sur les 35 Etats et à Washington, DC a montré que les infections annuelles soit ont diminué ou sont restés stables. Des réductions substantielles ont été signalés à Washington, DC (baisse de 10%), Maryland (8% de déclin), Pennsylvania (7% de déclin), la Géorgie (6% de déclin), New York et en Caroline du Nord (baisse de 5% pour les deux), Illinois ( 4% de déclin), et le Texas (2% de déclin). Singh a noté que le Sud continue d'être la région la plus touchée dans le pays, ce qui représente 50% des infections estimées en 2014 en dépit représentant seulement 37% de la population américaine.

http://www.healio.com/infectious-diseas ... e-18-in-us

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 07:32
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Combien de temps reste l'hépatite C aiguë dans la fenêtre de pré-séroconversion?

Dans l'infection aiguë par l'hépatite C, le temps pendant lequel un patient est virologiquement positif, mais l'anticorps IgG (Ab) négatif, appelé fenêtre de pré-séroconversion, diffère selon la méthode utilisée. Des chercheurs de l'École de médecine Johns Hopkins et de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses de Baltimore, au Maryland, ont utilisé divers algorithmes d'analyse pour mieux comprendre cette période de fenêtre.

Les chercheurs ont tiré des données d'études sur les panneaux de séroconversion de l'hépatite C commercialement disponibles. Ils ont évalué l'infection virale primaire et la séroconversion ultérieure par IgG Ab et ont présenté leurs résultats lors de la conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes ( CROI 2017 ) à Seattle, Washington.

Les résultats de laboratoire ont été recueillis auprès de 82 donneurs récurrents, soit 754 visites. Trente-neuf d'entre eux ont été exclus - 23 étaient ARN de l'hépatite C positifs au départ, 12 étaient hépatite C négative pendant la période d'étude et quatre dont l'intervalle pour estimer l'infection initiale date plus de 30 jours.

Les 43 donneurs qui sont restés ont eu une infection aiguë de l'hépatite C avec une médiane de quatre jours entre les visites cliniques.

La date de l'infection détectable a été estimée à l'aide de la positivité de l'ARN de l'hépatite C (test d'acide nucléique (NAT) par n'importe quel test) et l'essai combiné Murex HCV Ag / Ab. La date de la séroconversion détectable a été estimée à l'aide du test Architect Anti-HCV, de la version 3.0 ELISA Ortho HCV et de l'essai ELISA Murex 4.0.

"Le temps moyen passé dans l'étape ARN + / Ab- avant la positivité par l'essai Murex HCV Ag / Ab Combo a été estimé à 18 jours et 25 jours à partir des modèles de régression binomiale équipés de la fonction logit-liaison cubique et log-log Lien fonction, respectivement, "les chercheurs ont expliqué.

L'équipe a estimé la durée moyenne de l'infection récente (IADM) avant la séroconversion avec six algorithmes de test différents. Les résultats ont montré que les estimations ponctuelles MDRI avec le NAT (considéré comme l'étalon-or) variaient de 29 à 41 jours. L'essai de Murex HCV Ag / Ab Combo a montré 25 à 45 jours.

L'essai Architect Anti-HCV et l'essai ELISA Murex 4.0 comportaient des estimations ponctuelles MDRI équivalentes et des intervalles de confiance à 95% (40 à 45 jours) pour les patients testés avec tous les dosages, à l'exception d'Ortho. NAT et Murex HCV Ag / Ab Combo test ont également eu des estimations similaires MDRI.

"Nos estimations concernant la période de pré-séroconversion fenêtre de l'infection aiguë de l'hépatite C sont en accord avec la littérature publiée (~ 45 jours), y compris les estimations précédentes calculées parmi les personnes qui s'injectent des drogues», l'équipe a confirmé.

Les analyses ont eu des estimations ponctuelles de l'IADM. Le test Ag / Ab peut être une option plus rentable que le NAT pour les populations séronégatives de l'hépatite C. Les intervalles de confiance étaient également semblables, mais plus d'enquête est nécessaire en raison d'une certaine incohérence, les chercheurs ont dit.

Bien que jusqu'à 80% des infections aiguës à l'hépatite C deviennent des cas chroniques, il est important de se concentrer sur les infections à court terme pour atteindre l'objectif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de réduire de 90% les cas d'hépatite C d'ici 2030.

http://www.mdmag.com/conference-coverag ... ion-window

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 08:54
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Une bithérapie maintient la suppression du VIH pendant 48 semaines après un changement de traitement

Les personnes qui sont passées d’un traitement antirétroviral standard à une bithérapie au dolutégravir (Tivicay) plus rilpivirine (Edurant) ont pu maintenir une charge virale indétectable pendant 48 semaines, d’après un rapport de dernière minute présenté hier à Seattle dans le cadre du Congrès de 2017 sur les rétrovirus et les infections opportunistes

« C’est la première fois que nous pouvons prouver qu’une bithérapie n’est pas inférieure dans le cadre d’un traitement à prendre une fois par jour, sans potentialisateur, sans inhibiteur de protéase et sans inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI), » a déclaré Dr Josep Llibre de l’hôpital universitaire Germans Trias Barcelona.

Les chercheurs s‘intéressent de plus en plus aux stratégies de simplification des traitements depuis quelques mois, à la suite des bons résultats rapportés l’été dernier sur un traitement au dolutégravir plus lamivudine (epivir) dans une petite étude portant sur des personnes qui prenaient un traitement pour la première fois. Le dolutégravir, fabriqué par ViiV Healthcare, est un inhibiteur de l’intégrase puissant avec une barrière élevée contre les résistances, ce qui en fait un bon candidat pour un traitement simplifié.

SWORD-1 et SWORD-2 sont des essais randomisés identiques de phase 3 qui recrutent dans des cliniques du monde entier. 1024 personnes séropositives ayant suivi une trithérapie et ayant une charge virale indétectable depuis au moins un an ont participé à ces études. Les individus ayant des antécédents d’échec virologique, de pharmacorésistance ou de co-infection chronique à l’hépatite B ont été exclus.

Au début de l’étude, le taux moyen de cellules CD4 était d’environ 600 cellules/ mm3 . Leurs traitements comprenaient des inhibiteurs d’intégrase (20%), des INNTIs (inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse) (54%) et des inhibiteurs de protéase (26%), ainsi que deux INTIs.

Les participants de ces études ouvertes ont été assignés au hasard à soit continuer de prendre leur traitement actuel, soit à passer à la bithérapie (dolutégravir plus rilpivirine). Le critère d’évaluation principal était une charge virale indétectable continue à la 48ème semaine, ce qui a été atteint par 95% des participants dans chaque groupe de l’étude.

Les échecs virologiques ont été rares (<1% dans le groupe de la bithérapie et 1% dans le groupe qui n’a pas changé de traitement). Le traitement a été en général bien toléré.

Les études SWORD vont continuer jusqu’à 148 semaines. En outre, une nouvelle étude va évaluer une co-formulation de dolutégravir plus rilpivirine à dose fixe. Pour mieux refléter les populations du monde réel, des personnes ayant une pharmacorésistance existante participeront à cette étude.

Un nouvel inhibiteur de l’intégrase, le bictegravir, a des résultats semblables au dolutégravir pour le traitement de première ligne.

Le Bictégravir, un inhibiteur de l’intégrase expérimental, s’est montré très puissant, a été bien toléré et a marché aussi bien que le dolutégravir (Tivicay), en trithérapie dans le cadre d’un essai clinique de phase II présenté à CROI hier.

Les inhibiteurs de transfert de brins tels que le dolutégravir jouent un rôle de plus en plus important dans les traitements de première ligne et sont recommandés dans les directives européennes et américaines de traitement du VIH. Le bictégravir (anciennement GS-9883) appartient à la même classe de médicament et est fabriqué par Gilead Sciences. Il peut être pris une fois par jour et n’a pas besoin d’un potentialisateur tel que le cobicistat.

L’étude de phase 2 a recruté 98 individuels qui n’avaient pas suivi de traitement antirétroviral auparavant. En général, ils avaient une infection au VIH asymptomatique avec un taux de cellules CD4 moyen de 450 cellules/ mm3 et une charge virale moyenne d’environ 4.4 log10 copies/ml.

Les 98 participants à cette étude en double aveugle ont été assignés au hasard à recevoir 75mg de bictegravir ou 50mg de dolutégravir, plus 25mg de ténofovir alafénamide et 200mg d’emtricitabine, à prendre une fois par jour avec ou sans nourriture pendant 48 semaines.

Le critère d’évaluation principal était la proportion de personnes ayant une charge virale inférieure à 50 copies/ml à la 14ème semaine, ce qui a été atteint par 97% des participants dans le groupe du bictégravir et par 94% dans le groupe du dolutégravir. A la 48ème semaine, une charge virale indétectable a été maintenue chez 97% et 91% des individus dans les deux groupes. Etant donné le petit nombre de participants, ces différences n’étaient pas statistiquement significatives.

Aucune pharmacorésistance n’a été détectée dans les deux groupes. Les deux traitements ont en général étaient bien tolérés. Etant donné que le potentiel du bictégravir à avoir un impact négatif sur la fonction rénale inquiète, on a fait très attention à ce sujet. Les baisses du taux de filtration glomérulaire estimées étaient de -7ml/min dans le groupe du bictégravir et de -11.3ml/min dans le groupe du dolutégravir à la 48ème semaine. Il n’a a pas eu d’abandons pour cause d’évènements indésirables liés aux reins.

Ces résultats ont été suffisamment prometteurs pour procéder à quatre essais de phase 3 avec un traitement à comprimé unique de bictégravir, de ténofovir alafénamide et d’emtricitabine. L’optimisation de la formulation a permis d’utiliser une dose plus faible de bictégravir dans la co-formulation.

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 08:55
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Combiner les méthodes de prévention du VIH fait descendre l’incidence du VIH dans la province du Rakai en Ouganda

Le taux annuel des nouvelles infections au VIH (incidence) a chuté de façon spectaculaire dans un des groupes d’individus les plus étudiés en Afrique, la cohorte du Rakai dans le sud de l’Ouganda. Une combinaison de facteurs, dont la disponibilité du traitement antirétroviral, l’augmentation de la circoncision masculine et le délai des premiers rapports sexuels chez les jeunes paraissent tous contribuer à ce déclin.

Les données ont été recueillies entre 1999 et 2016 dans 12 enquêtes parmi 30 communautés de la cohorte communautaire du Rakai. Près de 34 000 personnes ont participé à au moins une enquête.

Le Rakai est une zone rurale qui a été très touché par le VIH, avec environ 13% des personnes vivant avec le VIH.

L’incidence du VIH est restée constante à 1,17% par an sur la majeure partie de la période étudiée, entre 2000 et 2010. En 2012, elle se montait à 0,8% par an et en 2016 à 0,66% par an, une chute de 42%.

Les chercheurs ont souligné trois facteurs clefs qui pourraient expliquer cette réduction :

• L’utilisation de traitement antirétroviral chez les personnes vivant avec le VIH a augmenté de 12% à 69% en 2016. Une charge virale indétectable a été atteinte par 42% des personnes séropositives en 2009 et par 75% en 2016.
• La proportion des hommes médicalement circoncis a augmenté de 15% en 1999 à 59% en 2016.
• Les jeunes ont commencé à avoir des rapports sexuels plus tard : le proportion des jeunes de 15 à 19ans qui ont rapporté ne pas avoir de rapports sexuels est passée de 30% en 1999 à 55% en 2016.
L’incidence a baissé davantage chez les hommes (54%) que chez les femmes (32%), ce qui reflète probablement les avantages obtenus par les hommes grâce à la circoncision médicale et le taux relativement élevé de traitement parmi leurs partenaires féminines.

C’est la première fois qu’une chute de l’incidence a été observée au niveau de la population dans la cohorte du Rakai. Les résultats apportent des preuves empiriques de l’impact important au niveau de la population que peut avoir la combinaison des méthodes de prévention du VIH, ont dit les chercheurs.

Les nourrissons traités dans les jours qui suivent leur naissance peuvent rapidement éliminer le réservoir du VIH

La charge virale et l’ADN viral chutent rapidement chez les nourrissons qui commencent le traitement antirétroviral dans les jours qui suivent leurs naissances, ont trouvé deux études sud-africaines.

Ceci montre le potentiel d’élimination du réservoir des cellules infectées au VIH, mais il semble que seule une minorité d’enfants peuvt avoir une telle réponse au traitement.

L’élimination du réservoir de cellules infectées au VIH est considérée comme étant essentielle pour développer un traitement curatif éventuel pour le VIH. Le réservoir de cellules immunitaires contenant l’ADN du VIH est établi très rapidement après l’infection, par conséquent, afin d’avoir la meilleure chance de réduire ou d’éliminer l’ADN du VIH chez les nourrissons, il faudrait peut-être identifier et traiter les enfants quelques jours après leur naissance.

Un groupe de chercheurs ont présenté leurs données sur 5 enfants à qui on avait administré un traitement antirétroviral dans les 8 jours suivant leurs naissances. Chez 3 enfants, l’ARN du VIH a chuté en dessous de 100 copies/ml en trois mois, chez les deux autres, l’ARN du VIH a chuté en dessous de 100 copies/ml après 6 mois.

L’ADN du VIH a chuté très rapidement pendant les deux premières semaines de traitement, avant de connaitre un déclin plus graduel au long de la première année de vie. L’ADN du VIH a été éliminé beaucoup plus rapidement que chez les adultes ou chez les nourrissons qui commencent le traitement deux mois après la naissance.

Une deuxième étude a rapporté les résultats concernant 75 nourrissons, dont 30 avaient commencé le traitement antirétroviral dans les deux premiers jours suivant la naissance. L’ARN du VIH (la charge virale) a été testé à 1, 2, 4, 8, 12, 16, 20, 24, 32, 40 et 48 semaines.

Chez trois nourrissons, l’ARN du VIH a cessé d’être détectable par PCR qualitatif (ce qui signifie que le résultat aurait été négatif s’il s’était s’agi d’un test de diagnostic). Cependant il y a eu des variations énormes dans les réponses virales. Bien qu’un tiers des enfants aient atteint une charge virale indétectable, cela a pris entre 90 et 330 jours, et chez les autres enfants, la charge virale a soit rebondi après la suppression initiale, soit elle n’est jamais tombée en dessous de la limite de détection.

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 08:56
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Les changements dans la suppression virale au fil du temps constituent un meilleur indicateur qu’une mesure unique

La suppression virale soutenue sur une période d’un an peut être une meilleure mesure que le résultat du test de la charge virale le plus récent pour comprendre l’accès et l’engagement dans les soins du VIH, d’après une étude du centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Les chercheurs ont analysé les données du système de surveillance nationale du VIH pour 2014, qui comprenaient environ 70% de toutes les personnes âgées de plus 13 ans dont le VIH avait été diagnostiqué.

Ils ont constaté que 57% avaient eu une charge virale indétectable au cours de leur dernier test en 2014. Mais seul 48% avaient eu une charge virale indétectable sur l’ensemble de tous les tests de charge virale pendant l’année. Par conséquent, s’appuyer sur un seul test de charge virale pourrait surestimer de 20% la suppression virale durable.

Le CDC a également rapporté que 8% des individus testés n’avaient jamais eu une charge virale indétectable en 2014. 32% en plus n’avaient jamais fait de test de charge virale pendant l’année, ce qui indique probablement qu’ils n’étaient pas engagés dans les filières de soins et n’étaient probablement pas indétectables.

Les résultats ont révélé des disparités démographiques notables. Les femmes, les jeunes, les Afro-Américains et les personnes qui consomment des drogues injectables sont moins susceptibles d’avoir une suppression virale durable.

Nouveau site internet: About HIV / Pro VICH

Un nouveau site internet (About HIV / Pro VICH) pour les personnes séropositives en Europe de l’est et en Asie centrale a été lancé pendant le congrès HIV Glasgow. Le site présente une série de fiches infos sur des sujets clefs du VIH en arménien, anglais, géorgien, kazakh, russe et ukrainien.

http://www.about-hiv.info/


http://www.aidsmap.com/pdf/page/3118011/

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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 09:14
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Sujet du message: CROI 2017 Seattle (USA)  MessagePosté le: 16 Fév 2017 - 09:25
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(Gill et al. Clin Med 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... ll2015.pdf

(Mason et al. Gastroenterology 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... pansio.pdf

(Gill et al. Plos Pathogen 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... NK%20C.pdf

(Gane J et al. Hepatol 2015) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... in%20p.pdf

(Lok al. J Hepatol 2016) :
http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... erapeu.pdf

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