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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 13:30
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L’ENTRÉE DANS LE SYSTÈME DE SOINS, LE DÉFI DE LA STRATÉGIE « UNIVERSAL TEST AND TREAT »

Les résultats de l’essai ANRS 12249 TasP montrent qu’une proposition répétée de dépistage du VIH à domicile est bien acceptée par une population rurale d’Afrique du Sud fortement touchée par le virus. La mise sous traitement antirétroviral immédiate des personnes prises en charge dans le système de soins, suite à la découverte de leur séropositivité, permet de contrôler leur infection. Cependant, l’entrée dans le système de soins des personnes diagnostiquées séropositives pour le VIH n’est pas suffisamment fréquente et rapide pour qu’une telle démarche puisse réduire la transmission du VIH au niveau de la population. Les résultats de cet essai randomisé sont présentés par le Pr François Dabis (Université de Bordeaux, Inserm U1219) à la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016) à Durban (Afrique du Sud) qui se tient du 18 au 22 juillet 2016.
La mise sous trithérapie antirétrovirale dès le diagnostic de séropositivité permet-elle de diminuer la transmission du VIH dans la population et par conséquent l’acquisition de nouvelles infections (l’incidence) ? C’est une question cruciale pour lutter efficacement contre la pandémie VIH. L’essai ANRS 12249 TasP est l’un des cinq essais randomisés internationaux actuellement menés qui visent à évaluer l’efficacité de la stratégie UTT (Universal Test and Treat) dans la réduction de la transmission du VIH au sein de populations fortement touchées. Il a été conduit en Afrique du Sud dans le sous-district de Hlabisa situé au sein de la région rurale du KwaZulu-Natal, une des régions présentant l’une des plus fortes prévalences du VIH au monde et la plus élevée de toute l’Afrique du Sud (29%). Les résultats finaux de cet essai sont présentés en communication orale par le Pr François Dabis (Université de Bordeaux, Inserm U1219) à la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016) à Durban (Afrique du Sud) qui se tient du 18 au 22 juillet 2016.
Dans cet essai, 22 zones géographiques (« clusters ») d’environ chacune 1 280 personnes âgées d’au moins 16 ans ont été définies. Les clusters sont répartis de façon aléatoire en deux groupes égaux (un groupe intervention et un groupe contrôle). Au total, entre mars 2012 et avril 2016, 13 239 individus ont été inclus dans le bras intervention et 14 916 dans le bras contrôle.
L’intervention évaluée consiste tout d’abord à proposer systématiquement aux habitants, de façon répétée (tous les six mois) et à leur domicile, un dépistage rapide du VIH. Au sein du groupe intervention, les personnes identifiées comme séropositives se voient proposer une mise sous antirétroviraux (ARV) immédiate, quel que soit leur niveau de lymphocytes CD4. Dans le groupe contrôle, la mise sous traitement est conseillée selon les indications recommandées par le Ministère de la santé sud-africain (initialement CD4<350mm3 et depuis janvier 2015 CD4<500mm3). Des centres de soins mobiles ont été implantés dans chaque cluster pour faciliter l’accès aux soins des personnes dépistées séropositives. Les personnes séropositives peuvent également à tout moment utiliser les services de santé locaux.
Les résultats montrent que :
1. Le dépistage à domicile est très bien accepté puisque le statut VIH a pu être identifié au moins une fois pour 88% des personnes contactées.
2. 37,5% des personnes diagnostiquées séropositives pour le VIH se sont rendues dans un centre de soins dans les six mois qui ont suivi le dépistage. Trois mois après leur prise en charge dans une filière de soins, 91% ont commencé un traitement ARV dans le groupe intervention, et 52% dans le groupe témoin.
3. En prenant en compte toutes les sources de données disponibles (centres de soins mobiles et structures de santé fixes), les chercheurs ont estimé que seules 4 personnes séropositives sur 10 vivant dans la région avaient une charge virale indétectable. Or, l’Onusida estime que pour atteindre les objectifs qu'elle a fixés de mettre fin à l'épidémie en 2030, 7 personnes séropositives sur 10 devraient avoir une charge virale indétectable d'ici à 2020 (Objectif 90x90x90)[1].
4. Enfin, durant l’essai, 495 personnes sont devenues séropositives. L'incidence annuelle du VIH a été estimée à 2,13% (2.13 individus sur 100 infectés en un an) dans le groupe intervention et de 2,27% dans le groupe contrôle (risque relatif ajusté: 0,96 [0,83 à 1,10]), soit des résultats statistiquement non différents.
L’essai ANRS 12249 TasP est le premier parmi les cinq en cours à fournir des données sur l’effet de la stratégie UTT au niveau d’une population. Malgré d’indéniables points positifs (excellente acceptation du dépistage répété à domicile, très bonne réponse au traitement antirétroviral pour les personnes séropositives qui décident de le démarrer), force est de constater que le défi majeur est l’entrée dans le système de soins des personnes diagnostiquées séropositives. "Ce point est primordial pour l’Afrique du Sud alors que se met en place dans ce pays un programme national de « traitement pour tous » " selon Deenan Pillay et François Dabis, co-investigateurs principaux de l’essai. Des recherches innovantes sur le système de soins et les communautés doivent être menées pour atteindre les objectifs de la stratégie UTT et espérer un jour contrôler l'épidémie.
L'essai ANRS 12249 TasP est coordonné par le Pr François Dabis, le Pr Marie-Louise Newell (Université de Southampton, Royaume Uni) et le Pr Deenan Pillay (Directeur de l’Africa Centre for Health and Population Studies, Somkhele, Afrique du Sud et University College London, Royaume-Uni). L’essai est mené en partenariat avec le Ministère de la Santé du KwaZulu Natal, Afrique du sud. Le soutien financier a été apporté par l’ANRS (France REcherche Nord&sud Sida-hiv Hépatites), la GTZ (société allemande pour la coopération internationale), la Fondation Bill et Melinda Gates, via l’International Initiative for Impact Evaluation (3ie), et la Wellcome Trust (Royaume-Uni). L’essai a été réalisé avec le soutien de Merck & Co. Inc et Gilead Sciences qui a fourni l'approvisionnement en médicaments Atripla®.
[1] 90% des personnes séropositives diagnostiquées, 90% d'entre elles mises sous traitement et 90% de celles-ci avec une charge virale indétectable
Abstract

The impact of universal test and treat on HIV incidence in a rural South African population. ANRS 12249 TasP trial, 2012-2016
C. Iwuji1,2, J. Orne-Gliemann3, E. Balestre3, J. Larmarange4, R. Thiebaut3, F. Tanser1,5, N. Okesola1, T. Makowa1, J. Dreyer1, K. Herbst1, N. Mc Grath1,2,6, T. Barnighausen1,7, S. Boyer8,9, T. De Oliveira1, C. Rekacewicz10, B. Bazin10, M.-L. Newell11, D. Pillay1,12, F. Dabis3, for the ANRS 12249 TasP Study Group

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 13:40
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Session plénière : quels sont nos buts ?

Prévention et égalité, Intégration des innovations dans le dépistage, la prévention et la réduction d’incidence.

Prevention Equity: Uptake of Innovations in Testing, Prevention, Reducing Incidence N. Phanuphak, Thai Red Cross AIDS Research Centre, Thailand

Comment arriver à une prévention « équitable » pour tous ? La Thaïlande expérimente un programme « Test and Treat » incluant dépistage des IST et de la tuberculose dont une partie s’appui sur les nouvelles technologies. Alors que le ministère de la santé est bien impliqué en amont, l’implication des principaux intéressés (transgenres, MSM et travailleurs du sexe) dans la délivrance des services est essentielle et promue à l’échelle du pays. Afin d’améliorer l’accès aux soins, des structures dirigées par des Trans, intégrant hormonothérapie et santé sexuelle, ont été mis en place par la croix rouge Thaï. La Thaïlande met également en place une application de suivi sur Smartphone (NDR : qui a l’air tout de même un peu intrusive…) qui permet des échanges entre soignés et soignants, un suivi de l’observance... Une autre application, dont la publicité est faite par des stars gays reconnues, permet de s’informer sur la PrEP mais également de prendre directement RDV dans une structure apte à délivrer la PrEP. Pour favoriser le dépistage, un E-Learning sur l’autotest permet de commander un test et de faire son propre test avec des explications vidéos, et une application permet également de disposer des conseils directs d’un professionnel ou d’un pair via un contact de type Skype. Les programmes « San Francisco getting to Zero » (qui permet de constater une nette diminution de l’incidence du VIH) ou le programme Insite de Vancouver de supervision des sites d’injection (qui montre une diminution de l’incidence chez les usagers de drogue), l’approche communautaire pour améliorer l’accès au dépistage en Ouganda et au Kenya via le programme SEARCH (combinaison d’approche communautaire, proposition de dépistages multiples au niveau du foyer, test & treat intégrés) ont été cités en exemple (NDR : à quand la citation de « Paris sans Sida »… on espère bientôt !)
Magré tous les efforts réalisés dans des pays où le niveau de soin est élevé (Australie, Grande Bretagne… et France également) la stagnation ou l’augmentation de l’incidence, notamment chez les jeunes HSH, a tendance à montrer que l’on est peut être au maximum de ce que l’on peut obtenir avec le préservatif, et qu’ une approche « PrEP pour tous », en tout cas pour tous ceux à risque, devrait maintenant prévaloir.
Après un bel intervalle militant chanté dans la grande tradition Zulu par des ados en demande d’accès à la prévention dans les écoles (NDR : ce qui n’a pas fait rigoler un des officiels à la tribune, qui semblait être dénué de sens de l’humour – mais ce n’est pas le thème de la session, a-t-il murmuré, mais ils se trouve que les traducteurs dont le texte s’affiche sur grand écran traduisent tout ce qu’ils entendent…), on reprend…

Tuberculose, co-infections B/C et VIH : un travail de longue haleine
TB and Co-Infections: The Long Game. A. Pozniak, Chelsea and Westminster Hospital NHS Trust, United Kingdom

Je m’appelle Anton Pozniak, citoyen du Royaume désuni du Brexit, a-t-il commencé…
L’incidence de la tuberculose (TB) diminue seulement de 2% par an, et a ce rythme on n’arrivera jamais à une élimination en 2035 comme cela avait été envisagé à un moment ; l’absence de vaccin est un vrai problème (le BCG fêtera très bientôt ses 100 ans…). Les cas de TB sont identifiés bien trop tard, après que les cas index aient largement disséminé la maladie. L’accès aux nouvelles technologies de type GenXpert est en pleine expansion de même que le dépistage urinaire (LAM) mais probablement à un rythme trop lent pour que l’on arrive à gagner la partie…
Tous les cas de co-infection TB/VIH doivent être traités par anti-TB et ARV… les derniers essais (OFLOTUB, RIFAQUIN et ReMoxTB) montrent que l’on ne peut pas diminuer le traitement à 4 mois, et que la mortalité reste deux fois supérieure chez les patients infectés par le VIH (photo) : débuter les ARV rapidement …) est essentiel chez les patients très immunodéprimés présentant une tuberculose, cela a été parfaitement démontré dans les essais CAMELIA et STRIDE. Peut-on faire mieux en terme de prévention ? Les résultats de l’essai TEMPRANO montrent bien que débuter les ARV tôt prévient la tuberculose, et rajouter l’INH en prévention permet encore d’améliorer le score de prévention. Des essais de prévention, avec des traitements plus court, avec la rifapentine, sont en cours. Par ailleurs de nouvelles techniques émergent pour améliorer notre capacité à prédire la survenue d’une tuberculose via l’expression de certains ARN (essai « CORIS » en cours), ce qui permettrait de repérer les patients qui pourraient bénéficier d’une intervention plus musclée. La mortalité attribué à la TB chez les VIH+ a tout de même diminué de 32% depuis 2004. MDR et XDR-TB sont un challenge, mais de nouvelles voies sont possibles (Martinson, et al. NEJM 2011 et Diacon et al. NEJM 2016).
Concernant l’hépatite B, le vaccin est parfaitement efficace et une forte volonté politique permet d’arrivée à une quasi-élimination en très peu de temps, comme cela a pu être le cas en Moldavie, et les traitements sont également disponibles, mais le prix reste un problème dans un certain nombre de pays(39$ /an au Botswana, 2 300$ en Russie).
Pour l’hépatite C, le dépistage est très en retard (15% des dépistés parmi les 185 millions d’infectés à l’échelle mondiale ?), l’objectif est de traiter tout le monde et de réduire le cout à 62$ par traitement (l’échelle actuelle et de 320 à 84 000 $ par traitement). En guide de conclusion, A. Poznaic a plaidé pour un nouveau 90$-90$-90$, comme objectif de coût des traitement du VIH, de l’hépatite B et de l’hépatite C à l’échelle mondiale, qui a eu beaucoup de succès dans la salle.

Vers un vaccin contre le VIH
Toward an HIV Vaccine. L. Corey, Fred Hutchinson Cancer Research Center and Washington University, United States

L’incidence actuelle de l’infection par le VIH montre qu’on est encore loin d’une « génération sans sida » avec les outils dont on dispose aujourd’hui. Les vaccins de première génération (1984-2004) n’ont pas montré une grande efficacité. Les vaccins de seconde génération, destinés à renforcer la réponse cellulaire T, n’ont pas fait beaucoup mieux. Le vaccin Ad5 (essais STEP et PHAMBILI) à base d’adénovirus s’est avéré inefficace. Les premières bonnes nouvelles sont venues avec l’essai Thaïlandais RV144 (Essai AIDSVAX-ALVAC, NEJM 2009) qui montrait une efficacité partielle pour la 1ère fois. D’importants efforts ont été fait par la suite pour comprendre « pourquoi » on obtenait cette efficacité, les Ac neutralisants ne semblant pas efficaces. Il s’avère que l’importance de la réponse anticorps dirigée contre la région hyperconservée V2 est directement corrélée à l’efficacité, alors que ce champ avait été complétement ignoré dans la recherche vaccinale jusqu’à aujourd’hui. La réponse T-CD4 polyfonctionnelle vis-à-vis de l’enveloppe du VIH parait également essentielle dans la réponse vaccinale et ces données vont donc être intégrées dans les futurs essais.
Une nouvelle stratégie a donc été construite autour d’un candidat ALVAC avec 3 essais (HVTN 097, 100 et 702) en Afrique du Sud : HVTN097 pour produire un vaccin spécifique de la souche C majoritaire en Afrique du Sud, HVTN100 pour vérifier que le candidat vaccin avait un minimum de solidité (présenté hier en Late Breaker) et HVTN702 « Uhambo » qui doit débuter le 1er novembre 2016 (ALVAC-HIV vCP2438 et Ig Bivalente du sous type C gp120/MF59).
D’autres approches sont en cours mais à des stades moins avancées : Ac neutralisants toujours, VRC01 avec une action au niveau de la muqueuse montrant une protection chez les singes mais de nombreuses questions sont encore non résolues. Des essais chez l’Homme sont en cours avec VRC01, testé à des dosages de 30 et 10 mg/kg (on ne connaît pas la cible en terme de taux d’Ac qui doit être obtenu pour être protecteur…). Les Ac neutralisants pourraient également avoir un intérêt dans la protection mère-enfant.

Se focaliser sur la jeunesse.
Youth Focus: Adolescents at Risk and in the Lead T. Makadzange, Harvard University, United States; M. Ighodaro, AIDS Vaccine Advocacy Coalition (AVAC), Nigeria

Le dépistage des adolescents reste le parent pauvre de la prévention (Kranzer et al. Plos Med 2014), que ce soit des ados infectés de façon périnatale ou lors de l’allaitement, ou d’infection sexuellement transmise. (Abdool-Karim et al. 2014); Le sida reste la première cause de mortalité des ados en Afrique et la seconde dans le monde.Les ados ont les taux de perdus de vue les plus élevés des populations étudiées. Ils sont également maintenus plus facilement sous des régimes thérapeutiques inefficaces pendant des périodes prolongées, entrainant un niveau de résistance élevé. Les conséquences cliniques de l’infection VIH périnatales chez les ados sont importantes (Lowenthal et al. Lancet Inf Dis 2014), avec notamment des aspects psychiatriques méconnus. Le vécu de la stigmatisation peut être particulièrement impactant.
M. Ighodaro, jeune militant conseillé du réseau AVAC est venu rappeler ce qu’était la « Durban generation », ces jeunes nés aux alentours des années 2000 et qui sont aujourd’hui plongés en pleine épidémie, encore plus concernés s’ils font partie des populations clés comme lui. En Afrique subsaharienne, ¾ de l’incidence annuelle aujourd’hui est concentrée sur les 15-24 ans et le nombre des 10-29 ans dans l’épidémie a augmenté de 30% entre 1985/1995 et 1995/2005, passant de 7 à 10 millions de jeunes. Indépendamment des questions de VIH, on manque cruellement de données épidémiologiques concernant les populations clés, et ce n’est pas le récent somment de l’UNGASS sur le VIH, qui a exclu activistes, gays et trans pour des raisons diplomatiques (et qui de ce fait a très peu abordé les questions des populations-clés) qui va faire avancer les choses… Il a été rappelé le déni de service encore très fréquent, en terme de santé, que se voient opposés les personnes dont la sexualité n’est pas considérée comme « socialement conforme », et la très grande difficulté à accéder ne serait-ce qu’aux droits élémentaire de santé que l’on pourrait attendre pour ces populations.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 13:51
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Session de communications orales libres « Primo-infection »

Prise en charge des infections « hyper-aiguës » repérées au moment du don du sang en Afrique du Sud

HIV Cure research in a novel population of South African hyper-acute HIV infections detected in the blood donation setting: the Monitoring and Acute Treatment of HIV Study (MATHS). K. van den Berg, South Africa

L’essai MATHS est basé sur la détection de patients en stade Fiebig I-II au moment de leur don du sang, avec une proposition de mise sous traitement rapide après le don de sang (< 1 mois), en partenariat avec une ONG afin d’accélérer contacts et mise sous traitement. Lors des 24 premières semaines, le traitement comporte Raltegravir/TDF/FTC puis en l’absence de résistance initiale passage à un traitement en monocomprimé EFV/TDF/FTC. Entre octobre 2015 et juillet 2016, 20 personnes ont pu être recrutées (objectif long terme de 75 participant. 0 l’initiation du traitement, les patients sont en stade Fiebig I, II et III (5%, 37%, 58%) avec un début de traitement en moyenne vers le 15ème jour après le don. La suppression virale est obtenue en 35 jours en moyenne chez les 9 participants actuellement évaluables. Les CD4 à l’inclusion vont de 140 à 1400 (moyenne = 550/mm3). En parallèle seront recrutés un certain nombre « d’Elite-Controlers » comme groupe comparatif.

Session de communications orales libres : Tuberculose : du dépistage au traitement

Un traitement administré quotidiennement est plus performant qu'une administration trois fois par semaine chez les patients VIH+ ayant une tuberculose confirmée.

Daily is better than thrice-weekly anti-tuberculosis therapy in HIV patients with culture confirmed pulmonary TB: a randomised controlled clinical trial from south India. Narendran Gopalan, National Institute for Research in Tuberculosis, India

Trois types d’administration ont été comparées dans cette étude menée en Inde (NDR : avec un powerpoint bleu et jaune très vintage, comme on en faisait avec les dias en Ektachrome), avec comme base le schéma classique de 2 mois de quadrithérapie et 4 mois de bithérapie: l’administration pouvait être journalière (pendant les 6 mois de traitement), partiellement journalière (journalière pendant les deux premiers mois de quadrithérapie puis 3 fois par semaine) et 3 fois par semaine pendant toute la durée de l’étude, chez des patients infectés par le VIH. L’administration du traitement était supervisée 5 jours sur 7. Une centaine de patient a pu être analysée dans chacun des trois bras : la réponse est moins bonne avec les régimes intermittents, notamment avec le régime trois fois par semaine d’emblée, où émerge 4 résistances à la rifampicine Par contre la tolérance est meilleure, notamment gastro-intestinale, dans les deux régimes intermittents. Le risque d’ictère est particulièrement important au cours des deux premiers mois de traitement anti-TB quand celui-ci est associé aux ARV (NDR : l’auteur n’a pas communiqué de données sur les co-infections virales, qui pourrait expliqué la fréquence importante des ictères cliniques).

Intensifier le dépistage de la tuberculose chez les patients infectés par le VIH : GenXpert, LAM et culture en milieu liquide.
Intensified tuberculosis case-finding among people living with HIV: diagnostic yield of Xpert MTB/RIF, urine lipoarabinomannan and liquid culture. Fred Collins, Semitala, Makerere University College of Health Sciences, Uganda

L’objectif est de comparer la stratégie actuelle basée su le GenXpert, à une stratégie associant la détection urinaire du lipoarabinomannane (si CD4 < 200) ou sur une culture en milieu liquide, chez des patients VIH+ ayant des CD4< 350, et screenés positifs sur les symptômes cliniques (critères OMS). Chez un peu moins de 900 patients screenés positifs, la sensibilité la meilleure en technique unique est obtenue avec la culture MGIT-1, et la combinaison Xpert/culture donne les meilleurs résultats. L’adjonction de la détection urinaire de LAM n’amène rien de plus. (NDR : ce n’est pas une surprise car on est essentiellement ici devant des tuberculoses pulmonaires, le test LAM ayant surtout montré ses performances chez des patients très immunodéprimés avec des tuberculoses disséminées).

Virémie à CMV et mortalité à 12 semaines chez les patients VIH+ hospitalisés pour une tuberculose à Khayelitsha.
Cytomegalovirus viraemia and 12-week mortality among hospitalised adults with HIV-associated tuberculosis in Khayelitsha Hospital, South Africa: a prospective cohort study. Amy Ward, University of Cape Town, South Africa

La question posée ici est celle de la responsabilité du CMV dans les forts taux de mortalité observés chez les patients VIH+ traités pour une tuberculose en Afrique du Sud. L’étude a été menée en 2014-15 chez les patients ayant <350> 36 ans), sans corrélation au niveau de réplication.

Amélioration du dépistage de la tuberculose conduit par les travailleurs communautaires au Malawi.
Yield of community health worker-driven intensified case finding for tuberculosis among HIV-positive patients in rural Malawi. Katie Simon, Baylor College of Medicine Children’s Foundation Malawi, Malawi

Au Malawi, la prévalence globale de l’infection par le VIH est proche de 10% et près d’un million de personnes sont à prendre en charge, avec un nombre réduit de soignants ; 70% des TB sont observées chez des personnes infectées par le VIH La stratégie « test en treat » est en cours de mise en place, mais les stratégies de dépistage de la TB ne sont pas encore très opérationnelles. L’étude a porté sur une structure où 4 800 patients sont pris en charge ; 13 travailleurs communautaires ont été formés pendant une journée, pour mettre en place un screening systématique de tous les patients VIH+ se présentant à la structure de prise en charge ; en cas de screening positif, un « case manager » communautaire est sollicité pour accompagné la personne dans son parcours de prise en charge. Une évaluation « avant/après » l’intervention a été menée : le système a permis de multiplier par 20 le nombre de diagnostics mensuels de TB (de 0,5 à 10 par mois), avec une augmentation majeure dès le 1er mois de mise en place. Les cas de tuberculose pédiatrique n’ont été repérés qu’après la mise en place de la nouvelle stratégie…

Traitement de la tuberculose avec une dose élevée de rifampicine afin de réduire la mortalité en cas de co-infection VIH/TB.
High-dose rifampicin tuberculosis treatment regimen to reduce 12-month mortality of TB/HIV co-infected patients: the RAFA trial results. Corinne Merle, OMS.

Trois interventions ont été évaluées dans l’essai multicentrique RAFA (Sénégal, Guinée, Bénin), chez des patients ayant > 50 CD4/mm3: ARV à 2 ou 8 semaines avec un traitement antituberculose standard, ou ARV à 8 semaines avec 15 mg/kg de rifampicine au lieu de 10 lors des deux premiers mois. Le critère d’évaluation principal est la mortalité à 12 mois : 778 patients ont été randomisés, le taux de PDV est de l’ordre de 10% dans chaque bras. En pratique, il n’y a pas de différence entre les trois bras en terme de mortalité globale à 12 mois (89, 86 et 90% de survie). Chez les patients ayant moins de 100 CD4, il y un avantage au traitement avec les fortes de doses de rifampicine les deux premiers mois ; Il n’y a pas de différence d’hépatotoxicité entre les 3 bras, avec moins de 1% d’effets de grade 2-4 quel que soit le groupe (NDR : à noter que 30% des patients inclus ont un IMC < 16 : ceux-ci ne sont-ils pas sous-dosés avec une posologie de 10 mg/kg ?).

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 17:12
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 17:38
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La Croix-Rouge THAÏE en pointe sur l'accompagnement avec les communautés.

Comme l'on tous dit les successifs intervenants depuis l'ouverture nous avons tous les ingrédients en main pour commencer à en finir avec le sida mais avec Nittaya PHANUPHAK nous rentrons dans le guide précis de ce qu'il faut faire.
Elle décrit précisément les lieux d'accueils communautaires ouverts incluants et participatifs que ce soit pour les hommes qui ont des relations homosexuelles, pour les personnes transe ou les travailleurs et les travailleuses du sexe.
Toutes et tous deviennent des accompagnateurs en santé que ce soit pour une santé sexuelle sans non-dits, sans jugement mais aussi des possibles aidant pour la PrEP avec des formations adaptées performant un accompagnement sur mesure.
Toutes et tous peuvent aussi concourir à la mise en place aussi de « tutoriel Online » pour les autotests, c'est-à-dire pouvoir avoir via une webcam accéder à des militants qui peuvent vous accompagner dans la réalisation de votre propre test et ce jusqu'au résultat. Nittaya PHANUPHAK survole ainsi de nombreuses expériences innovantes qui vont permettre d’accéder aux personnes les plus exposées, leur proposer un test, ou des tests (IST) et le cas échant les orienter soit vers un traitements ARV soit, si cela est adapté à un traitement prophylactique.
On constate tous les limites du « 90/90/90 » qui ne doit pas rester un objectif ultime mais un des moyens pour parvenir à faire chuter les contaminations.

Il y a plusieurs raisons à ces limites : la première c'est que le premier 90 il faudrait pouvoir tester 90 % des personnes qui sont infectées l'année en cours, mais aussi parce que le « traitement comme prévention » n'est pas toujours compris de la même façon par tout le monde. En effet il est plus difficile de prendre des traitements quand on va bien, quand on se sent bien et ainsi nous allons rencontrer des difficultés por conserver le maximum de personne dans le soin, mais pour autant, « on ne doit pas jeter le bébé avec l'eau du bain », on doit pouvoir communiquer sur le traitement comme prévention car c'est un outil qui doit fonctionner.
On doit le faire fonctionner !
On doit renforcer l'égalité devant l'accueil
On doit renforcer le courage de ceux qui travaillent car ils sont souvent attaqués, décriés, critiqués, mis à mal, et ce courage là est capital dans la lutte que le monde médical, le monde médico- associatif, ménent depuis des années.

Cette bataille doit s’intensifier en construisant, pourquoi pas un monde idéal, en changeant les lois, qui à l’heure actuelle sont le principal frein à une diminution des contaminations par le VIH. Et puis ultime conseil de Nittaya PHANUPHAK, il faut trouver une star, un champion pour nous représenter, pour porter nos paroles ou si ce n’est pas possible le devenir soi-même.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 19:12
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 03:55
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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 04:29
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Session plénière : quels sont nos buts ?

Prévention et égalité, Intégration des innovations dans le dépistage, la prévention et la réduction d’incidence.

Prevention Equity: Uptake of Innovations in Testing, Prevention, Reducing Incidence N. Phanuphak, Thai Red Cross AIDS Research Centre, Thailand

Comment arriver à une prévention « équitable » pour tous ? La Thaïlande expérimente un programme « Test and Treat » incluant dépistage des IST et de la tuberculose dont une partie s’appui sur les nouvelles technologies. Alors que le ministère de la santé est bien impliqué en amont, l’implication des principaux intéressés (transgenres, MSM et travailleurs du sexe) dans la délivrance des services est essentielle et promue à l’échelle du pays. Afin d’améliorer l’accès aux soins, des structures dirigées par des Trans, intégrant hormonothérapie et santé sexuelle, ont été mis en place par la croix rouge Thaï. La Thaïlande met également en place une application de suivi sur Smartphone (NDR : qui a l’air tout de même un peu intrusive…) qui permet des échanges entre soignés et soignants, un suivi de l’observance... Une autre application, dont la publicité est faite par des stars gays reconnues, permet de s’informer sur la PrEP mais également de prendre directement RDV dans une structure apte à délivrer la PrEP. Pour favoriser le dépistage, un E-Learning sur l’autotest permet de commander un test et de faire son propre test avec des explications vidéos, et une application permet également de disposer des conseils directs d’un professionnel ou d’un pair via un contact de type Skype. Les programmes « San Francisco getting to Zero » (qui permet de constater une nette diminution de l’incidence du VIH) ou le programme Insite de Vancouver de supervision des sites d’injection (qui montre une diminution de l’incidence chez les usagers de drogue), l’approche communautaire pour améliorer l’accès au dépistage en Ouganda et au Kenya via le programme SEARCH (combinaison d’approche communautaire, proposition de dépistages multiples au niveau du foyer, test & treat intégrés) ont été cités en exemple (NDR : à quand la citation de « Paris sans Sida »… on espère bientôt !)
Magré tous les efforts réalisés dans des pays où le niveau de soin est élevé (Australie, Grande Bretagne… et France également) la stagnation ou l’augmentation de l’incidence, notamment chez les jeunes HSH, a tendance à montrer que l’on est peut être au maximum de ce que l’on peut obtenir avec le préservatif, et qu’ une approche « PrEP pour tous », en tout cas pour tous ceux à risque, devrait maintenant prévaloir.
Après un bel intervalle militant chanté dans la grande tradition Zulu par des ados en demande d’accès à la prévention dans les écoles (NDR : ce qui n’a pas fait rigoler un des officiels à la tribune, qui semblait être dénué de sens de l’humour – mais ce n’est pas le thème de la session, a-t-il murmuré, mais ils se trouve que les traducteurs dont le texte s’affiche sur grand écran traduisent tout ce qu’ils entendent…), on reprend…

Tuberculose, co-infections B/C et VIH : un travail de longue haleine
TB and Co-Infections: The Long Game. A. Pozniak, Chelsea and Westminster Hospital NHS Trust, United Kingdom

Je m’appelle Anton Pozniak, citoyen du Royaume désuni du Brexit, a-t-il commencé…
L’incidence de la tuberculose (TB) diminue seulement de 2% par an, et a ce rythme on n’arrivera jamais à une élimination en 2035 comme cela avait été envisagé à un moment ; l’absence de vaccin est un vrai problème (le BCG fêtera très bientôt ses 100 ans…). Les cas de TB sont identifiés bien trop tard, après que les cas index aient largement disséminé la maladie. L’accès aux nouvelles technologies de type GenXpert est en pleine expansion de même que le dépistage urinaire (LAM) mais probablement à un rythme trop lent pour que l’on arrive à gagner la partie…
Tous les cas de co-infection TB/VIH doivent être traités par anti-TB et ARV… les derniers essais (OFLOTUB, RIFAQUIN et ReMoxTB) montrent que l’on ne peut pas diminuer le traitement à 4 mois, et que la mortalité reste deux fois supérieure chez les patients infectés par le VIH (photo) : débuter les ARV rapidement …) est essentiel chez les patients très immunodéprimés présentant une tuberculose, cela a été parfaitement démontré dans les essais CAMELIA et STRIDE. Peut-on faire mieux en terme de prévention ? Les résultats de l’essai TEMPRANO montrent bien que débuter les ARV tôt prévient la tuberculose, et rajouter l’INH en prévention permet encore d’améliorer le score de prévention. Des essais de prévention, avec des traitements plus court, avec la rifapentine, sont en cours. Par ailleurs de nouvelles techniques émergent pour améliorer notre capacité à prédire la survenue d’une tuberculose via l’expression de certains ARN (essai « CORIS » en cours), ce qui permettrait de repérer les patients qui pourraient bénéficier d’une intervention plus musclée. La mortalité attribué à la TB chez les VIH+ a tout de même diminué de 32% depuis 2004. MDR et XDR-TB sont un challenge, mais de nouvelles voies sont possibles (Martinson, et al. NEJM 2011 et Diacon et al. NEJM 2016).
Concernant l’hépatite B, le vaccin est parfaitement efficace et une forte volonté politique permet d’arrivée à une quasi-élimination en très peu de temps, comme cela a pu être le cas en Moldavie, et les traitements sont également disponibles, mais le prix reste un problème dans un certain nombre de pays(39$ /an au Botswana, 2 300$ en Russie).
Pour l’hépatite C, le dépistage est très en retard (15% des dépistés parmi les 185 millions d’infectés à l’échelle mondiale ?), l’objectif est de traiter tout le monde et de réduire le cout à 62$ par traitement (l’échelle actuelle et de 320 à 84 000 $ par traitement). En guide de conclusion, A. Poznaic a plaidé pour un nouveau 90$-90$-90$, comme objectif de coût des traitement du VIH, de l’hépatite B et de l’hépatite C à l’échelle mondiale, qui a eu beaucoup de succès dans la salle.

Vers un vaccin contre le VIH
Toward an HIV Vaccine. L. Corey, Fred Hutchinson Cancer Research Center and Washington University, United States

L’incidence actuelle de l’infection par le VIH montre qu’on est encore loin d’une « génération sans sida » avec les outils dont on dispose aujourd’hui. Les vaccins de première génération (1984-2004) n’ont pas montré une grande efficacité. Les vaccins de seconde génération, destinés à renforcer la réponse cellulaire T, n’ont pas fait beaucoup mieux. Le vaccin Ad5 (essais STEP et PHAMBILI) à base d’adénovirus s’est avéré inefficace. Les premières bonnes nouvelles sont venues avec l’essai Thaïlandais RV144 (Essai AIDSVAX-ALVAC, NEJM 2009) qui montrait une efficacité partielle pour la 1ère fois. D’importants efforts ont été fait par la suite pour comprendre « pourquoi » on obtenait cette efficacité, les Ac neutralisants ne semblant pas efficaces. Il s’avère que l’importance de la réponse anticorps dirigée contre la région hyperconservée V2 est directement corrélée à l’efficacité, alors que ce champ avait été complétement ignoré dans la recherche vaccinale jusqu’à aujourd’hui. La réponse T-CD4 polyfonctionnelle vis-à-vis de l’enveloppe du VIH parait également essentielle dans la réponse vaccinale et ces données vont donc être intégrées dans les futurs essais.
Une nouvelle stratégie a donc été construite autour d’un candidat ALVAC avec 3 essais (HVTN 097, 100 et 702) en Afrique du Sud : HVTN097 pour produire un vaccin spécifique de la souche C majoritaire en Afrique du Sud, HVTN100 pour vérifier que le candidat vaccin avait un minimum de solidité (présenté hier en Late Breaker) et HVTN702 « Uhambo » qui doit débuter le 1er novembre 2016 (ALVAC-HIV vCP2438 et Ig Bivalente du sous type C gp120/MF59).
D’autres approches sont en cours mais à des stades moins avancées : Ac neutralisants toujours, VRC01 avec une action au niveau de la muqueuse montrant une protection chez les singes mais de nombreuses questions sont encore non résolues. Des essais chez l’Homme sont en cours avec VRC01, testé à des dosages de 30 et 10 mg/kg (on ne connaît pas la cible en terme de taux d’Ac qui doit être obtenu pour être protecteur…). Les Ac neutralisants pourraient également avoir un intérêt dans la protection mère-enfant.

Un vaccin prometteur contre le VIH

Les résultats prometteurs d'un essai préliminaire d'un vaccin contre le VIH ont été présentés lors de la 21e conférence internationale sur le sida à Durban.



Deux millions et demi de personnes sont encore infectées chaque année dans le monde par le virus du sida (VIH), un chiffre qui ne recule plus depuis dix ans, selon une étude publiée mardi dans la revue médicale The Lancet HIV.

Les chercheurs planchent sur un remède pour guérir du sida, mais ont-ils prévenu, il reste extrêmement difficile de savoir quand et s'ils vont y parvenir. Dans ce contexte, certains voient dans un vaccin le meilleur moyen de juguler la pandémie qui a fait plus de 30 millions de morts depuis les années 80.

Pendant 18 mois, 252 personnes en Afrique du Sud ont participé à un essai baptisé HVTN100. Toutes avaient un très faible risque de contracter le virus HIV, l'objectif de cette phase de l'essai étant de s'assurer non de l'efficacité du vaccin, mais de son innocuité.

Le système immunitaire a bien répondu au vaccin. «Nous voulions déterminer si ce candidat à un vaccin était sûr (...) et s'il était supportable» par les patients, a expliqué à l'AFP l'une des chercheuses du projet, le Dr Kathy Mngadi, lors de la 21e conférence internationale sur le sida qui se tient cette semaine à Durban (Afrique du Sud).

Deuxième phase en novembre

L'essai était basé sur les résultats significatifs en 2009 d'un vaccin expérimental qui a réduit d'un tiers les risques de contamination par le virus du sida en Thaïlande.

Ce vaccin expérimental «nous a donné espoir, mais a aussi révélé tout ce que nous avions encore à apprendre», a expliqué la coprésidente de l'essai HVTN100, Fatima Laher.

Pour la deuxième phase de l'essai qui débute en novembre, les scientifiques vont recruter 5400 hommes et femmes sud-africains à haut risque, âgés de 18 à 25 ans. Il va s'agir de déterminer cette fois l'efficacité du vaccin testé. «Nous espérons avoir des résultats dans les cinq ans», a précisé Glenda Gray, directrice de programme du HVTN Africa.

Lors de la dernière conférence internationale sur le sida qui s'était tenue à Durban en 2000, les vaccins avaient à peine été évoqués, note Larry Corey du Réseau des essais de vaccin anti HIV. «C'est vraiment gratifiant de voir les progrès réalisés sur le plan scientifique», a-t-il commenté.

http://www.tdg.ch/savoirs/sante/vaccin- ... y/14421481

Se focaliser sur la jeunesse.
Youth Focus: Adolescents at Risk and in the Lead T. Makadzange, Harvard University, United States; M. Ighodaro, AIDS Vaccine Advocacy Coalition (AVAC), Nigeria

Le dépistage des adolescents reste le parent pauvre de la prévention (Kranzer et al. Plos Med 2014), que ce soit des ados infectés de façon périnatale ou lors de l’allaitement, ou d’infection sexuellement transmise. (Abdool-Karim et al. 2014); Le sida reste la première cause de mortalité des ados en Afrique et la seconde dans le monde.Les ados ont les taux de perdus de vue les plus élevés des populations étudiées. Ils sont également maintenus plus facilement sous des régimes thérapeutiques inefficaces pendant des périodes prolongées, entrainant un niveau de résistance élevé. Les conséquences cliniques de l’infection VIH périnatales chez les ados sont importantes (Lowenthal et al. Lancet Inf Dis 2014), avec notamment des aspects psychiatriques méconnus. Le vécu de la stigmatisation peut être particulièrement impactant.
M. Ighodaro, jeune militant conseillé du réseau AVAC est venu rappeler ce qu’était la « Durban generation », ces jeunes nés aux alentours des années 2000 et qui sont aujourd’hui plongés en pleine épidémie, encore plus concernés s’ils font partie des populations clés comme lui. En Afrique subsaharienne, ¾ de l’incidence annuelle aujourd’hui est concentrée sur les 15-24 ans et le nombre des 10-29 ans dans l’épidémie a augmenté de 30% entre 1985/1995 et 1995/2005, passant de 7 à 10 millions de jeunes. Indépendamment des questions de VIH, on manque cruellement de données épidémiologiques concernant les populations clés, et ce n’est pas le récent somment de l’UNGASS sur le VIH, qui a exclu activistes, gays et trans pour des raisons diplomatiques (et qui de ce fait a très peu abordé les questions des populations-clés) qui va faire avancer les choses… Il a été rappelé le déni de service encore très fréquent, en terme de santé, que se voient opposés les personnes dont la sexualité n’est pas considérée comme « socialement conforme », et la très grande difficulté à accéder ne serait-ce qu’aux droits élémentaire de santé que l’on pourrait attendre pour ces populations.

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 04:38
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Conférence de Durban : Russie, bateau ivre du Sida

Durban, le mercredi 20 juillet 2016 - Le nombre de Russes séropositifs a dépassé le million en Janvier dernier (dont moins de 20 % bénéficient d’un traitement) et a presque doublé depuis 2011 a expliqué le ministre de la Santé,Veronika Skvortsova, à la conférence de Durban. Elle prévoit que ce nombre atteindra les 2,5 millions d'ici 2020 dans un pays où rien ne semble être fait pour enrayer l’épidémie.



Pas de risque de voir une politique de réduction des risques !

A la différence de ce qui est constaté dans le reste du monde, la moitié des nouvelles infections a lieu en Russie chez des usagers de drogue injectable et un tiers chez leurs partenaires ou chez des clients de prostituées. En dépit de cet état de fait, les autorités se refusent à développer des programmes de réduction des risques dans ces groupes de population. Vadim Pokrovsky, directeur du Centre fédéral russe de lutte contre le sida dénonce cette situation. Présent à la conférence de Durban, il a accordé un entretien au journal Le Monde : « nous savons que le VIH se transmet par les seringues et les aiguilles. Il faut donc changer la voie d’administration des produits. C’est possible avec différents opiacés de substitution comme la méthadone, la buprénorphine ou la morphine, qui sont pris par voie orale. S’il n’y a pas d’injection, il n’y a pas de transmission. Mais nos décideurs estiment qu’il vaut mieux traiter l’usage de drogue en vue du sevrage que de donner gratuitement de la méthadone. C’est le principal point de discussion avec eux (…) certains estimant que les usagers de drogue ne méritent pas qu’on dépense l’argent public pour eux ». Les toxicomanes semblent, pour leur part, réticents à consulter, les équipes soignantes étant tenue de les signaler aux autorités…

Un ancien colonel du KGB et un évêque orthodoxe peuvent s’entendre

Pour les militants russes anti-Sida qui font entendre leurs voix à Durban, l'épidémie est alimentée par les politiques du Kremlin, ou plutôt, par l’abandon des méthodes de prévention reconnues au niveau international. Le gouvernement de Poutine a « saboté directement la prévention du VIH en ne distribuant pas de fonds et en bloquant le travail des ONG russes et internationales », a ainsi déclaré Anna Sarang, de la Fondation Andrey Rylkov pour la santé et la justice sociale… labélisé « agent étranger » par l’administration.

Des positions gouvernementales soutenues par la puissante église orthodoxe : « bien sûr, nous sommes très heureux que les soi-disant programmes de réduction des risques, la distribution gratuite de préservatifs, les substituts à la méthadone ne soient pas acceptés dans notre pays » a ainsi déclaré en octobre, un évêque auditionné par une commission gouvernementale sur le Sida.

Pour noircir davantage le tableau, ce mardi, une publication dans la revue Lancet HIV nous apprenait que le nombre de nouvelles contaminations dans le monde stagne depuis 2005 à 2,5 millions par an…

Nous négligeons la prévention primaire du VIH à nos risques et périls

Inspiré par une baisse constante des nouvelles infections à VIH et les décès liés au sida, les objectifs de développement durable appellent à mettre fin à l'épidémie de sida comme une menace pour la santé publique en 2030. Cependant, le monde n'est pas sur la bonne voie pour mettre fin à l'épidémie. En particulier, le rythme auquel les nouvelles infections par le VIH sont à la baisse est sensiblement plus lente que la baisse des décès liés au sida, et le contrôle de l' épidémie reste hors de portée. En 2015, le nombre estimé de nouvelles infections à VIH chez les adultes (1 · 9 millions dans le monde) était pas moins en 2010. À moins que la baisse des nouvelles infections à VIH soit accélérée , un rebond de l'épidémie est probable, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour les communautés les plus vulnérables au VIH.

http://www.thelancet.com/journals/lanhi ... 3/fulltext

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 10:54
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L’objectif 90-90-90: Mettre fin à l’épidémie de SIDA pédiatrique



Une stratégie visant à mettre fin à l’épidémie du VIH chez les enfants et les adolescents a été lancée lors du congrès.

La stratégie vise à garantir que les enfants et les adolescents ne soient pas abandonnés dans les efforts déployés pour atteindre l’objectif 90-90-90 (90% des personnes séropositives diagnostiquées, 90% des personnes diagnostiquées sous traitement anti-VIH et 90% des personnes sous traitement avec une charge virale réprimée). Elle appelle à ce que 1,6millions d’enfants et 1,2 millions d’adolescents accèdent au traitement antirétroviral dans les deux ans.

La prise de conscience des difficultés uniques présentées par le déploiement du traitement antirétroviral aux enfants et aux adolescents est au cœur de cette stratégie.

L’amélioration du taux de diagnostics constitue la première étape. Le dépistage sur les lieux d’intervention est destiné à devenir beaucoup plus courant et les possibilités de dépistages en dehors des environnements médicaux traditionnels augmenteront.

Le traitement antirétroviral doit être administré à tous les enfants et à tous les adolescents, quels que soient leurs âges et leurs taux de cellules CD4. Les traitements simplifiés doivent également constituer une priorité.

La suppression virale peut être particulièrement difficile à atteindre, en partie en raison des problèmes d’adhésion mais aussi en raison de résistance aux médicaments. Les innovations dans le domaine de la prestation des services, comme par exemple les cliniques dirigées par le personnel infirmier et l’intégration du soutien des pairs, peuvent améliorer la rétention dans les filières de soins et le succès du traitement.

C’est une obligation morale d’agir maintenant, ont appris les délégués.

De nouvelles recherches ont montré qu’il fallait agir immédiatement. Le congrès a été avisé que l’Afrique du Sud était sur le point d’avoir une “poussée de jeunesse” dans son épidémie de VIH. Le taux des transmissions verticales a chuté et la survie des enfants séropositifs s’est beaucoup améliorée. Les données recueillies entre 2004 et 2014 ont confirmé cette évolution démographique de l’épidémie du pays: les enfants nés séropositifs dans les années 2000 arrivent à l’adolescence et le taux d’infection parmi les adolescents reste élevé.

Les jeunes qui passent des services pédiatriques et conviviaux aux soins adultes ont souvent des difficultés à respecter les rendez-vous de suivi et les problèmes d’adhésion sont aussi fréquents. Les programmes de traitement en Afrique sub-saharienne ont été invités à planifier et à se préparer pour cette population croissante.

http://www.aidsmap.com/HIV-treatment-pr ... e/3072247/

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 12:58
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Quels sont les principaux obstacles ?

Améliorer l’accès pour tout ceux à risque ou en besoin.

Expanding Access for All at Risk and in Need - C. Ako, International Centre for Humanitarian Actions Networking and Grassroots Empowerment (I CHANGE CI), Cote D'Ivoire

Habillé royalement, l’activiste ivoirien gay et séropositif Cyriaque Apo Ako a accueilli les congressistes en français. Il a rappelé les immenses injustices qui persistent à travers le monde en terme d’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables au VIH. En 2014, 61% des pays n’incluaient pas les transgenres dans leur stratégie de lutte contre le VIH, alors que dans certains pays les taux d’incidence sont 50 fois plus élevés que dans la population générale. De la même façon, les prévalences du VIH chez les travailleurs du sexe peuvent être explosives dans certains pays ayant toujours des politiques de criminalisation du travail du sexe et limitant l’accès au préservatif (58% des prostitué(e)s rwandais(es) et 25% des nigérian(e)s sont infecté(e)s par le VIH…). Pour les MSM, l’accès au préservatif reste un challenge : en 2012, 45%, 29% et 31% des MSM disaient avoir un accès facilité au préservatif dans les pays à hauts revenus, revenus intermédiaires et bas revenus respectivement. Il a rappelé les efforts véhéments qu’un certain nombres de pays, s’étant par ailleurs engagés dans le programme pour la fin du Sida en 2030, ont fait, avec succès malheureusement, pour écarter militants, transgenres et homo du dernier sommet de l’UNGASS sur le VIH… Il a renouvelé la demande déjà faite à la même tribune hier par Edwin Cameron de décriminalisation de la transmission du VIH, du travail du sexe et de l’homosexualité. Et pour conclure : « On dit que les populations clés sont difficiles à atteindre… j’ai une ligne téléphonique fixe, un téléphone mobile, un compte Facebook, une adresse email et même un compte Grinder (pour cela que ça intéresse), et avec cela, je suis difficile à joindre ? » a-t-il dit avec humour… et a in fine appelé les soignants à être des supports audibles des populations clés, et non pas des alliés silencieux.

Cibler le réservoir : l’obstacle à la guérison
Addressing the Reservoir: Barriers to a Cure - D. Persaud, Johns Hopkins University, United States

La constitution du réservoir cellulaire dans les CD4 mémoire est extrêmement précoce, et sa dissémination dans tous les tissus immuns de l’organisme est rapide (rate, ganglion, moelle…). Ce réservoir est extrêmement stable dans le temps (Siliciano Nat med 2003, Crooks et al, JID 2015). Après 28 ans de trithérapie, les études chez certains patients montrent que le réservoir ne bouge pas ou peu. Et il n’existe pas de différence majeure dans la décroissance du réservoir entre personnes traitées en primo-infection et en phase chronique, par ailleurs, en cas d’arrêt d’un traitement prolongé efficace, le réservoir se réensemence dès que le traitement est arrêté. Et on reparle de Timothy Brown, le « patient de Berlin », pour illustrer la seule stratégie thérapeutique qui a montré la possibilité d’une guérison par éradication: éradiquer le réservoir (dans son cas la chimiothérapie avant allogreffe) et l’empêcher de se réensemencer (en allogreffant une moelle CCR5Δ). Les stratégies d’allogreffe seule chez des patients VH+ leucémiques ayant montré l’absence d’éradication, on s’oriente plus aujourd’hui vers des stratégies de « contrôle viral » (Deeks SG Nature Med 2016 pour un article complet, exhaustif et actualisé sur les stratégies possibles de guérison).
Le traitement ARV des nouveaux-nés infectés par le VIH est un élément crucial ; le traitement précoce (avant 2 mois) a permis de diminuer de façon drastique la mortalité des enfants infectés par le VIH, mais il faut probablement aller plus loin. Chez les nouveau-nés la situation immunologique est particulière et permettrait peut être plus facilement d’aller vers un contrôle viral à long terme, sans poursuite de traitement ARV. Un élément rassurant est qu’il n’y a pas d’évolution clonale du réservoir (les séquences du virus sont strictement identiques, mesurées à quelques mois d’âge et à l’adolescence) …Et on reparle du « Bébé du Missisipi, traité à partir de 48h (NDR : on rappelle qu’il s’agit d’un triple échec du système de santé américain : pas de dépistage précoce chez la mère, pas de traitement perpartum, puis enfant perdu de vue après quelques mois de suivi, ce qui est devenu un grand succès de publications !). A distance de l’arrêt du traitement, l’enfant était séronégatif et les tests ultrasensibles ne retrouvaient pas de virus : le rebond viral est survenu au bout de 2 ans, ce qui illustre le fait qu’il est probable que le virus puisse réemerger à partir d’un réservoir de taille extrêmement faible. (Luzuriaga et al. NEJM 2016). Chez des enfants traités très précocement, on peut espérer réduire la taille du réservoir, comme cela a été montré pour une ado traitée précocement à la naissance et aujourd’hui en contrôle viral sans traitement (Luzuriaga K JID 2014). Dans ce cas, on observe une diminution progressive et importante du réservoir, jusqu’à un niveau dont on espère qu’il permette un auto-contrôle immunitaire de l’infection à l’arrêt des traitements. Il s’agit d’une situation immunologique différente de l’ado décrit comme « controleur post-traitement » (Frange et al. Lancet 2016). Dans 13 pays différents, 48 enfants sont actuellement inclus dans l’étude IMPAAACT P1115, qui s’intéresse à l’effet d’un traitement très précoce chez les nouveau-nés. La question se pose également d’administrer des Ac neutralisants à large spectre, qui permettraient de limiter en parallèle l’ensemencement précoce du réservoir.

http://www.nature.com/nm/journal/vaop/n ... .4108.html

Santé globale et VIH, objectifs du millénaire pour le développement.
HIV in Global Health and the Sustainable Development Goals - A. Nilo, Gestos, Brazil

Activiste brésilienne, Alesandra Nilo a montré comment l’engagement politique était essentiel si l’on souhaitait que la lutte contre le VIH soit bien au cœur des objectifs du développement. La position des pays riches (USA, Canada, Union européenne…) est extrêmement ambiguë sur le sujet, défendant d’un côté les droits humains, l’accès pour tous… et de l’autre mettant toutes les règles commerciales (brevets, TRIPS, accords commerciaux divers…) en place qui permettrons de ne pas y arriver et de préserver les profits de l’industrie.
Les 17 objectifs du développement pour 2030 nécessitent de trouver, pour les seuls pays à ressources limitées, 3.3 à 4.5 trilliards de $. Avec le niveau de financement actuel, il manque 2.5 trilliards… Pour le Sida en particulier, l’ONUSIDA estime que l’aide internationale doit être de 11 milliards en 2020, et on en est loin puisque depuis 2013, les fonds diminuent régulièrement (9,7 milliards de $ en 2013, 8.8 en 2014 puis 8.1 en 2015…). La bonne nouvelle (car il y en a…), pour Alessandra Nilo, est que l’on sait où est l’argent et comment le dépenser… Le marché financier génère 3 trilliards de $ par jour, une taxe de 0.05% génèrerait largement de quoi financer la lutte contre le Sida, et un peu plus pour l’ensembles des objectifs du développement… Les gouvernements ne savent pas comment faire , mais les recettes sont pourtant simples (régulation pour éviter la spéculation haute fréquence et le flux de capitaux illégaux, régulation des paradis fiscaux, taxe sur les transactions financières…). Et tout cela ne se fera pas sans un peu plus d’égalité (les femmes détiennent 10% des ressources mondiales et 1% des propriétés…) et surtout beaucoup de combats : elle a rappelé que l’essentiel des droits, encore très insuffisants, des noirs, des femmes, des minorités sexuelles n’avaient été obtenus que grâce aux combats, parfois transitoirement perdus(NDR : pour la première fois dans une intervention à Durban, les groupes religieux, quels qu’ils soient, ont été spécifiquement visés dans leurs combats rétrogrades limitant l’accès à l’éducation et aux droits : le Dr Matthieu Revest, s’il avait été là, serait monté sur l’estrade pour lui faire la bise… )
Pour les lusophones : http://www.gestos.org/principal



Traiter tôt et rester indétectable.

Etendre les critères de mises sous ARV est faisable dans les zones rurales d’Afrique du Sud

Extended ART initiation criteria can be implemented successfully in rural South Africa. S.J. Steele, South Africa

Bending the curves (« inverser les courbes »)best un projet de MSF ayant pour objectif de passer du critère de traitement « CD4< 350 » au critère « CD4 <500 », 6 mois avant que les instructions nationales n’aient été modifiées dans ce sens en Afrique du Sud. Cela s’est fait dans un cadre d’une très active campagne d’information ciblant les personnes en bonne santé, avec une campagne massive de dépistage. Le critère principal de jugement était le pourcentage de personne débutant un traitement ARV dans les 3 mois suivant le dépistage. Deux cohortes ont été analysée : avant Julliet/décembre 2013, (époque « < 350 »), et entre juillet et décembre 2014 (époque « < 500 »). On dénombre 1090 patients dans la 1ère cohorte et 962 dans la 2nde. Il n’y pas de différence significative entre les deux cohortes en terme d’âge, de CD4, etc… Comme attendu, l’augmentation du nombre de personnes mise sous traitement est important dans le groupe 350-500, sans effet délétère sur le recrutement des patients ayant des CD4 plus faibles. IL impacte également sur une augmentation des mises sous traitement au dessus de 500 CD4, hors recommandations... En 2015, le chiffre de mis sous traitement baisse de façon significative du fait de la suppression de pair-éducateurs dans le programme, diminuant le nombre de personnes entrant dans le dépistage. Les taux de perdus de vue sont globalement faibles, plutôt meilleurs dans les groupes avec haut CD4, probablement en rapport vec une mortalité plus faible (NDR : plusieurs études épidémiologiques ont montré qu’un nombre non négligeables de perdus de vue dans les cohorte africaines étaient en fait des décès). Les personnes testées dans la structure ont plutôt des CD4 < 500 alors que lorqu’on est dans du dépistage à domicile ou dans la communauté, la majorité a plus de 350 voire plus de 500 CD4. Il faut maintenant passer au « test and treat », prévu à partir de septembre dans la politique globale d’Afrique du Sud. Cette étude montre que cela paraît faisable sans nuire aux patients les plus immunodéprimés (NDR : probablement à condition d’être aussi bien organisé qu’MSF…)

Le traitement immédiat des patients infectés par le VIH prévient de nouvelles infections : une démonstration forte en Afrique du Sud rurale.
Immediate HIV treatment prevents new infections: causal evidence on the real-world impact of immediate versus deferred ART in rural South Africa C. Oldenburg, United States

Cette étude a été menée dans une population rurale du Kwazulu Natal comprotant 11 000 foyers et bénéficiant d’une surveillance démographique annuelle et épidémiologique très poussée (décès, naissance etc…), et s’est intéressé à la question des seuil de CD4 pour la mise sous traitement (<200> 400 cells/mm3 (PROMISE 1077HS). J. Currier, PROMISE 1077HS Team United States[/i]

L’étude PROMISE 1770HS est une étude multipays de stratégie d’arrêt ou de poursuite de traitement ARV après l’accouchement (allaitement artificiel dans cette étude)menée entre 2010 et 2014, chez des femmes en stade clinique précoce et n’ayant pas d’indication de traitement pour elles-mêmes dans les recommandations en cours dans leur pays de résidence. Dans le bras arrêt des ARV, un traitement ARV était repris en fonction des recommandations du pays. Le critère d’évaluation principal état composite : SIDA (OMS IV) ou des évènements cliniques sévères ou le décès, avec des critères secondaires concernant la tolérance et le passage en stade II-III. Un peu moins de 830 patientes ont été randomisées dans chaque groupe, suivies en moyenne 2,3 années. Plus de la moitié des patientes ont été inclues au Botswana et au Brésil. Plus de 98% des femmes étaient au stade clinique I de l’OMS (totalement asymptomatiques) ; 31% des femmes ayant arrêté ont repris un traitement pendant la période de suivi puisqu’elles avaient atteint le critère de reprise. Concernant le fait d’avoir arrêté ou non le traitement après l’accouchement, il n’y a pas de différence sur la survenue du critère principal, mais par contre une forte réduction du risque de passer en stade OMS II-III (réduction de 50%). Il y a donc un avantage de orbidité mais pas de mortalité à moyen terme à poursuivre le traitement. Par contre, 23% des femmes ayant poursuivi le traitement ont présenté un échec virologique confirmé, avec un nombre non négligeable d’émergence de résistances : cela soulève les défis qu’il faudra relever pour accomplir les recommandations actuelles de poursuite du traitement ARV chez des femmes en bonne santé en post-partum.

Essai SALIF : la rilpivirine n’est pas inférieure à l’efavirenz chez des patients en succès virologique de traitement de première ligne.
SALIF trial: switching suppressed first-line patients to tenofovir/emtricitabine/rilpivirine (TDF/FTC/RPV) is non-inferior to TDF/FTC/efavirenz (TDF/FTC/EFV) and could be an alternative treatment option in LMICs. P. Munderi, Uganda

L’étude SALIF (5 pays d’Afrique et Thaïlande) est une étude randomisée ouverte de switch de l’efavirenz ou la névirapine vers la rilpivirine dans les pays à ressource limitée, chez des patients n’ayant pas d’histoire antérieure d’échec thérapeutique et recevant par ailleurs TDF et FTC; 426 patients ont été randomisés. Chez les patients sous NVP randomisés dans le groupe « poursuite », tous sont passés sous EFV : la comparaison se fait donc entre EFV/FTC/TDF et RPV/FTC/TDF. Que ce soit à 400 ou à 50 cop/mL, il n’y a pas de différence d’efficacité entre les deux groupes, avec un seul échec virologique dans chaque bras, sans émergence de résistance. Concernant la tolérance, elle n’est pas différente entre les deux bras, notamment les effets neuro psychiatriques qui sont présents dans près de 30% des cas quel que soit le bras. On peut donc considérer que le régime contenant la rilpivirine est non-inférieur à celui contenant l’EFV, sans différence de tolérance. (NDR : on est un peu surpris tout de même du nombre d’effets neurologiques dans le groupe RPV très supérieur a ce qui était rapporté dans les études ECHO et THRIVE ; il ne faudrait pas rater un « effet populationnel », comme cela a pu être retrouvé pour l’EFV. Notamment l’IMC des patients n’a pas été mentionné…ou je l’ai loupé).

Devenir virologique des patients sous traitement de 2nde ligne par atazanavir/r ou lopinavir/r
Virological outcomes of patients on second-line ART (boosted atazanavir versus boosted lopinavir).E. Laker, Uganda

L’Ouganda a changé ses recommandations de 2nde ligne en 2011, passant du lopinavir à l’atazanavir pour des raisons de meilleure tolérance et de nombres de comprimés à prendre. Un peu moins de 1 500 patients sont sous traitement de 2nde ligne dans l’hôpital où a été menée l’étude. Il s’agit d’une étude observationnelle, et le critère d’inclusion était de recevoir une 2nde ligne depuis au moins 6 mois ; environ 220 patients ont pu être comparés dans chaque groupe. Du fait des critères d’inclusion, les patients sous LPV étaient en seconde ligne depuis plus longtemps que ceux sous ATV. Globalement 91% des patients sous ATV et 85% sous LPV/r sont en succès thérapeutique, ce qui est un très bon résultat (NDR : ce qui est très élevé pour un traitement de seconde ligne pour ce type d’étude, mais avec un probable biais de sélection lié au fait que les patients inclus sont ceux qui viennent régulierement à l’hôpital depuis longtemps…)

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 14:05
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Faible acceptabilité du traitement antirétroviral précoce chez les femmes participants aux études PROMISE.
Low acceptance of early antiretroviral therapy (ART) among post-partum women enrolled in IMPAACT PROMISE studies across the globe. L. Stranix-Chibanda, PROMISE Study Team, Zimbabwe

Les études PROMISE ont commencé en 2010, avec plusierus protocoles en parallèle, afin de répondre à la qustion de trouver les meilleures stratégie pre, per et post partum pour la santé de la mère et pour celle de l’enfant. Certaines études comportaient un allaitement artificiel, d’autres maternel, certaines évalué la poursuite du traitement après l’accouchement ou le type d’allaitement protégé (traitement de la mère ou prophylaxie chez l’enfant). Seules les femmes qui ne répondaient pas au critère de mise sous traitement immédiats du pays pouvaient être inclues. La question posée dans un des essais était: la poursuite du traitement après l’accouchement est-il meilleur pour la santé de la mère et de l’enfant que l’arrêt. En 2015, après la publication des résultats de l’essai START qui montrait les bénéfices du traitement précoce, toutes les femmes ayant > 500 CD4 ont été reconvoquées dans les centres de prise en charge et informées qu’il leur était conseillé de prendre un traitement pour leur propre santé (cela ne conditionnait pas la poursuite ou l’arrêt du suivi dans l’étude). Des 5 400 femmes qui ont été inclues dans les essais IMPAACT-PROMISE, 1 483 femmes n’avaient pas d’ARV en cours au moment de l’information sur les résultats de START : 66% ont accepté de passer sous ARV et 44% ont décliné l’offre. Cela est très différent d’un pays à l’autre : 100% de passage sous ARV dès la 1ère proposition au Pérou et 37% en Tanzanie ! Un peu plus du tiers des femmes qui refusent l’option thérapeutique immédiate demandent du temps pour réfléchir (car elles ont des CD4 hauts avancent certaines), et moins de 10% avancent des raisons de confidentialité, très peu des questions d’observance (on rappelle qu’elles avaient déjà pris un traitement pendant la grossesse). Des résultats à plus long terme seront disponibles à la fin de l’année 2016, afin notamment de savoir si les femmes ayant demandé du temps pour réfléchir sont effectivement passé sous traitement dans les mois qui suivent. Les résultats de cette étude, combinés aux résultats de la même étude présentés plus haut et montrant 23% d’échec virologique en cas de poursuite du traitement en post partum chez les femmes asymptomatiques et non-immunodéprimés sont importants dans le cadre du passage annoncé au traitement universel (NDR : il faudra probablement un certain temps pour arriver à sortir de la dictature des CD4 et faire passer le message VIH=ARV

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 14:16
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Prince Harry and Sir Elton being interviewed by children at the #AIDS2016...



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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 14:24
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«Montréal sans sida», c’est pour quand?



La XXIe Conférence internationale sur le sida s’est ouverte le 18 juillet à Durban, en Afrique du Sud. Organisées tous les deux ans, ces grandes conférences permettent de faire le point sur l’état des réponses publiques et communautaires en ce qui concerne cette épidémie mondiale. D’après les dernières données épidémiologiques, 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, et 1,9 million sont infectées chaque année. Les avancées dans le domaine médical et dans celui de la prévention permettent cependant d’envisager la fin de l’épidémie à l’horizon de quelques décennies.

Mais toute bonne stratégie nécessite un plan d’intervention à l’échelle locale et/ou régionale. C’est l’ambition de la mobilisation lancée fin 2014 par l’ONUSIDA en partenariat avec plusieurs grandes villes du monde. L’initiative des « Villes sans sida » part d’un constat simple : d’ici 2030, près de 60 % de la population mondiale vivra dans des zones urbaines. Et dans de nombreux pays du monde, l’épidémie de VIH est concentrée dans ces aires géographiques.

Impliquer activement les villes apparaît comme une condition sine qua non de la réponse globale à l’épidémie. L’objectif est de coordonner les actions de lutte contre le VIH au niveau des villes, de renforcer les moyens et de bâtir de meilleures synergies entre les acteurs communautaires, publics et médicaux. D’ores et déjà, plusieurs métropoles, sur plusieurs continents, ont pris des engagements en ce sens, notamment Bamako, Bangkok, Bucarest, Curitiba, Durban, Paris, New York, Genève, Port-au-Prince ou San Francisco. Montréal fait malheureusement figure de grande absente sur cette liste…

Certes, Montréal n’est ni Durban ni San Francisco, en matière d’épidémie. Mais d’après l’INSPQ, la métropole concentre les deux tiers des 350 nouvelles infections annuelles au Québec. L’épidémie est toujours active, en particulier dans la communauté gaie. La réduction radicale du nombre de nouvelles infections constitue donc bien, ici aussi, une priorité de santé publique !

Outils

Pour mener à bien cette réponse au VIH/sida, les outils sont connus : faciliter l’accès au dépistage rapide, aux préservatifs, à la prophylaxie préexposition et aux traitements antirétroviraux ; ouvrir des centres d’injection supervisée ; élargir l’offre de santé sexuelle pour les communautés les plus touchées ; lutter activement contre les discriminations et la sérophobie.

Au regard des priorités de santé publique, le Québec bénéficie de lignes directrices précises : le Plan stratégique 2015–2020 du ministère de la Santé et des Services sociaux place le dépistage des ITSS comme une priorité ; le Programme national de santé publique 2015–2020 pose explicitement que : « Certains groupes de la population sont plus touchés que d’autres, soit à cause de leur vulnérabilité sociale, soit parce qu’ils adoptent des comportements ou des habitudes de vie plus risqués. Ainsi, les services sont définis de manière à mieux répondre aux besoins de l’ensemble de la population, mais avec une intensité plus grande dirigée vers les groupes vulnérables au regard des ITSS. »

Les acteurs de la mise en oeuvre et du suivi de ces outils sont également clairement définis. À Montréal, l’offre est très diversifiée : services communautaires, cliniques, SIDEP, services hospitaliers, etc. Mais elle reste mal connue des principaux concernés, comme l’ont démontré des chercheurs de l’UQAM. Fin 2015, une coalition intersectorielle de chercheurs, d’organismes et de professionnels de la santé s’est constituée pour envisager une réponse provinciale à l’épidémie.

Résumons : les outils d’intervention sont connus et disponibles, les stratégies sont sur la table, les acteurs sont mobilisés… seules manquent une coordination des actions et une impulsion politique plus audacieuses. Comme le démontre l’expérience du « Réseau des villes et villages en santé », la mobilisation des acteurs locaux est un atout formidable pour améliorer la santé des populations. Et si la réponse au VIH/sida à Montréal (et au Québec) passait par un engagement clair des villes québécoises, en concertation avec les autres acteurs ?

http://www.ledevoir.com/societe/sante/4 ... pour-quand

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 15:01
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Les séropositifs, pestiférés en Chine

Explosion de l’épidémie, discriminations... La situation inquiète Pékin alors que la conférence mondiale se tient à Durban.

Il y a quelques semaines, un garçon a reçu le résultat, positif, de son test de sérologie. Il a refusé d’en faire un second, est retourné à l’école, a vidé la mémoire de son ordinateur, rempli son sac à dos de pierres et s’est jeté dans le fleuve. « Il avait 20 ans, était un excellent élève. Beaucoup de jeunes pensent encore qu’être gay est une mauvaise chose, et que le sida est une punition. Ce n’est pas terrible, c’est juste la réalité.» Qing (1) refuse de se laisser gagner par l’émotion. Depuis dix ans, cette femme d’apparence aussi dépouillée que son bureau fait de la prévention auprès de la communauté gay dans la province du Guangdong, et depuis peu auprès des lycéens et étudiants, hétérosexuels ou non. Des garçons rient autour d’une table dans les locaux de l’association perchés dans un immeuble anonyme. Par une porte ouverte, on aperçoit le matériel de prise de sang : «On a des résultats positifs tous les jours.» Les effets délétères de la discrimination des homosexuels sont au cœur des discussions de la conférence mondiale sur le sida, qui se tient à Durban depuis lundi.

Dans le Yunnan, Fu, drag-queen de 45 ans, gère lui aussi une association de prévention. Il accompagne les gays et les travailleurs du sexe transgenres. Au téléphone, il s’excuse après «une journée encore très dure» et souffle : «Ça fait cinq ans que je fais faire des tests. Et chaque mois, chaque jour, le nombre de cas augmente. La situation est dramatique.»

«Pas besoin de savoir»

Fin 2015, Pékin a lancé un signal d’alerte : 110 000 nouveaux cas ont été comptabilisés sur les dix premiers mois de l’année. Si plus de 577 000 personnes sont recensées comme vivant avec le VIH, les autorités estiment qu’elles sont en réalité 845 600. L’épidémie a fait un bond de 28 % chez les jeunes et les contaminations se font désormais très majoritairement par voie sexuelle, et non plus via le trafic de sang ou l’usage de drogues. «La prévention ? On montre des malades squelettiques mais on n’explique pas comment se protéger. Les modes de vie évoluent, mais parler de sexe est toujours tabou. Et à cause de la discrimination qui touche les séropositifs, les gens n’osent pas aller se tester», explique Fu.

Pour une personne dont la séropositivité est découverte, tout s’effondre. Elle peut perdre son travail, son logement, être mise au ban de son village, de sa famille. Qing explique que «certains parents demandent à leur enfant séropositif de manger, de laver son linge séparément. Parfois, ils l’envoient mourir à la campagne, car ils ne savent pas qu’il existe un traitement». Un enfant de 8 ans a été chassé de son village en décembre après une pétition signée par 200 habitants, y compris son propre grand-père. Le manque d’information sur le sida est général, y compris dans le personnel soignant. La plupart des hôpitaux, qui testent tous les patients à leur entrée, refusent de prendre en charge les séropositifs, même pour une jambe cassée.

Les autorités s’inquiètent aussi de la hausse de l’épidémie chez les retraités, via la prostitution, mais aussi parce que la plupart des homosexuels se sont mariés par convention sociale et mènent une vie sexuelle secrète. Heng est un jeune écrivain gay et branché, qui travaille pour une association LGBT. Pour lui, malgré l’évolution des mœurs, la peur d’être stigmatisé comme client de prostitué, homosexuel ou menant une vie dissolue a toujours des conséquences dramatiques : «Les Chinois sont très conservateurs dans le discours mais pas dans la pratique. Il n’y a pas d’interdit religieux sur le sexe, même hors du mariage. Et aujourd’hui, avec les applications de rencontres, il suffit d’un clic pour coucher avec un inconnu. La prévalence explose.»

L’absence de confidentialité des résultats médicaux multiplie la peur du qu’en-dira-t-on. Après une visite médicale, certains apprennent par leur école ou leur employeur, en même temps que leur renvoi, qu’ils sont séropositifs. Dans une petite ville, le seul fait d’aller se faire tester crée la suspicion. Les centres de santé le font gratuitement, à condition de se déclarer gay, prostituée ou toxicomane. Les autres sont envoyés à l’hôpital, où chaque test coûte 70 yuans (environ 10 euros). «Dans la salle d’attente, il faut répondre devant tout le monde à la question "Pourquoi venez-vous faire le test ?" déplore Qing. Les médecins sont débordés, mal formés . Il y a deux semaines, l’un d’eux a dit à un ami "Pourquoi voulez-vous un test ? Vous n’avez pas besoin de savoir que vous allez mourir."»

«Ça s’attrape dans l’air»

Selon un chercheur en politiques publiques qui travaille depuis une dizaine d’années sur le sida en Chine, «l’épidémie est une catastrophe chez les homosexuels, il y a une vraie inconscience face aux risques. Il n’y a pas d’affiche dans les bars homos, pas de capote dans les saunas. Et pas de prévention à l’école, ou presque. J’entends des profs dire "ça s’attrape dans l’air", "avec la sueur et les larmes"».

Selon les chiffres donnés par la presse, 86 % des garçons de 18 à 22 ans nouvellement touchés le seraient à la suite de relations homosexuelles. Qing, qui a croisé les données disponibles, est formelle : les chiffres officiels sont très en dessous de la réalité. «L’épidémie progresse partout. De mémoire, en mai, sur 79 gays testés à Pékin, 19 étaient contaminés.» Les autorités n’incitant pas les hétérosexuels à se faire tester, difficile de mesurer l’évolution de la maladie dans la population. Parmi les étudiants reçus dans son ONG, «60 à 70 %» apprennent qu’ils ont été contaminés lorsqu’ils ont déjà les symptômes du sida.

En juin, l’Etat a annoncé la trithérapie pour tous, plus seulement pour les taux d’immunité les plus bas - seul un quart des 390 000 personnes sous traitement y accédaient jusque-là. Mais la prise du traitement reste un vrai problème. L’accès à la Sécurité sociale étant lié au lieu de naissance, les provinciaux doivent retourner tous les trois mois dans leur ville d’origine, située parfois à plusieurs jours de bus, pour y chercher leurs médicaments. Faute de moyens financiers et d’information sur les effets secondaires, beaucoup abandonnent. Et si la trithérapie est gratuite, ce n’est pas le cas du soin des maladies liées au sida (infections, cancers…) : seuls les plus aisés peuvent prendre en charge l’opération qui les sauvera.

Quelques signes positifs apparaissent néanmoins. En décembre, la justice a levé la censure d’un documentaire sur les mères d’enfants séropositifs - mais le film n’a pas été remis en ligne. En mai, un employé a été indemnisé après avoir prouvé qu’il avait été licencié à cause de sa séropositivité - mais il n’a pas été réintégré.

Les autorités sont conscientes des efforts à faire, mais le «nouvel ordre moral» imposé par le régime de Xi Jinping complique la donne. Depuis trois mois, la télé chinoise n’a plus le droit de parler d’homosexualité, une websérie très populaire mettant en scène des ados homos a été interdite. Et les associations LGBT, qui se battent sur tous les fronts sont fragilisées par une nouvelle loi qui restreint le financement étranger des ONG chinoises. Pour Fu, «c’est un cercle vicieux. Parce qu’il y a peu de prévention, les gens ne se protègent pas. Puis ils ont peur de se tester. Et ils contaminent les autres. Ça fait boule de neige». Sa voix se brise : «Mes meilleurs amis sont déjà morts.»

http://www.liberation.fr/planete/2016/0 ... ne_1467209

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 15:03
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Michel Kazatchkine : «En Russie et dans les pays de l’Est, le sida progresse.»

Envoyé spécial sur le sida pour l’ONU dans les pays de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale, le professeur Michel Kazatchkine a rencontré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon lundi matin, avant l’ouverture officielle de la conférence internationale sur le sida, à Durban, en Afrique du Sud.

«Ce congrès va naviguer entre deux sentiments, explique ce dernier, joint par Libération. Evidemment, on va se féliciter de ce qui s’est passé depuis le dernier congrès de 2000 qui se tenait déjà à Durban, car c’est vrai, aujourd’hui, plus de 17 millions de personnes sont sous traitements [contre un million en 2000, ndlr], et c’est un magnifique résultat. Mais en même temps, on le sait, on le voit, les contaminations continuent chez les adultes. Et surtout, il y a la situation inquiétante en Europe de l’Est.»

Depuis quatre ans, Michel Kazatchkine a pris son bâton de pèlerin. Il parcourt ces pays, tente de réveiller les politiques. Ces dernières années, une hausse de 60 % des cas y a été observée. «C’est une épidémie qui non seulement continue, mais aussi progresse, s’alarme-t-il. En 2016, on s’attend à plus de 100 000 nouveaux cas dans la fédération de Russie. C’est une épidémie qui se développe fortement chez les usagers de drogues intraveineuses, qui constituent plus de la moitié des nouveaux cas.» Une épidémie d’autant plus choquante que les moyens de la bloquer existent, avec les mesures d’échanges de seringues ou la prescription de produits de substitution.

«Mais en Europe de l’Est, la prévention primaire est restreinte et la politique de réduction des risques souvent inexistante, regrette Kazatchkine . Et il y a des failles béantes dans l’accès aux traitements : à peine 18 % des malades y ont accès.» Un taux très largement inférieur à celui de la plupart des pays africains. «L’avenir est fragile, alerte ce responsable, [car] sur la question clé des financements, pour la plupart, ce sont des pays à revenus intermédiaires. Or, le Fonds mondial va arrêter de les subventionner. Qui va payer ?»

http://www.liberation.fr/france/2016/07 ... se_1466994

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 16:13
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Aids 2016 - Prep en France: Les chiffres depuis la recommandation temporaire d'utilisation

A l'occasion de la 21e conférence de Durban, le professeur Jean-Michel Molina est revenu sur les chiffres du déploiement en France de la prophylaxie pré-exposition.

Depuis l'annonce de la recommandation temporaire d'utilisation, plus de 90 cliniques ont ouvert, initiallement sur les sites de l'essai IPERGAY (Paris, Lyon, Nice, Lille, Nantes).

Aujourd'hui, 1077 personnes sont sous Prep , suivies par 273 praticiens. Le Truvada® peut être prescrit par les spécialistes hospitaliers du VIH et aussi par les CEGIDD . L'ARV est disponible dans les pharmacies privées et hospitalières.

Le nombre de personnes touchées varie fortement selon les régions: Plus de 500 en Île-de-France, plus d'une centaine en PACA et Auvergne Rhône-Alpes, et plus d'une dizaine en Hauts-de-France, Grand-Est, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine et Occitanie.

En ce qui concerne l'utilisateur type de l'année 2016, c'est un homme ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes ( HSH ) (96,4% des patients), français (87%), de 38 ans en moyenne (Les utilisateurs ont de 30 à 44 ans). Seules 6 femmes et 3 personnes trans sont actuellement suivies pour une utilisation de Prep.

Près de 12% des participants avaient eu recours au traitement post-exposition dans l'année qui précédait, 30% d'entre eux ont eu une infection sexuellement transmissible dans les 12 derniers mois et 20,8% ont déclaré un usage de drogues psychoactives. La plupart suivent un schéma de Prep «à la demande», soit 65,2%.

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 17:23
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AIDS 2016 : DURBAN À PLEIN RÉGIME

En ce troisième jour de conférence, tout le monde a pris ses marques et l’ICC Center de Durban fourmille de l’aurore à tard dans la nuit sud-africaine. Impossible de tout voir, de tout faire. Débats et solutions pour la fin de l’épidémie d’un côté, bouillonnement militant de l’autre, voici pour vous un des (petits) morceaux d’un mercredi à la Conférence mondiale sur le sida de Durban. Bonne lecture et à demain !



Impossible donc de tout voir, de tout faire. Village associatif, sessions concomitantes du matin au soir, les marches et actions activistes, les possibilités sont très (trop ?) nombreuses. Les réseaux sociaux sont bien utiles pour être là où l’on ne peut pas être et obtenir un semblant de don d’ubiquité. Enfin presque… Alors on fait de son mieux, on s’entraide dans la salle de presse, mais on finit par faire des choix, en fonction de ses affinités, des sujets les plus cruciaux vus d’où l’on vient. Mais pour ne pas exploser en vol, on s’accorde quelques moments, sous le soleil doux de l’hiver de l’hémisphère sud. La fatigue se lit déjà sur les visages, mais l’ambiance reste incroyablement puissante. Les discussions sont passionnées, les appels nombreux et aucun participant ne restreint ses ardeurs pour défendre ses combats.

Grindr et Hornet : les applis gays rencontrent la prévention du VIH

Mercredi, une session sur le rôle des applications de rencontres gay se tenait à Durban. Deux responsables des plus connues, Grindr et Hornet, étaient présents. Sous le patronage de Karl Dehne, représentant de l’ONUSIDA, et en présence de Geng Le, propriétaire de l’application gay en Chine, Danlan. Ils sont revenus sur la place de la prévention du VIH et des IST sur leurs applications et l’enjeu de rendre visible l’information sur la santé sexuelle. Les nouvelles technologies sont un nouveau moyen de répandre l’information et d’atteindre des personnes qui ne peuvent pas toujours être visibles dans leur pays. Et leur impact en termes de prise de risques chez les gays. Le chercheur Joshua Rosenberger a rappelé que les études ayant évalué l’impact de ces applis montrent qu’elles jouent un rôle sur le nombre de partenaires ou les rapports non-protégés par un préservatif. Dès lors, Jack Harrison-Quintana de Grindr assure qu’il travaille à adapter son application pour mieux diffuser et promouvoir les outils de réductions des risques sexuels. L’appli Hornet propose, elle, à ses six millions d’utilisateurs des pop-ups et questionnaires réguliers sur la santé sexuelle. Mais cela se cantonne à des publicités sponsorisées, qui rapportent donc de l’argent aux deux entreprises. Contrairement aux campagnes des organisations non gouvernementales, qui sont freinées dans leur travail de prévention 2.0. Cependant, des activistes français ont rappelé à Jack Harrison-Quintana que Grindr supprimait en France les profils de prévention créés par les ONG pour parler de dépistage ou de PrEP. En réponse, ce dernier a invoqué l’incompatibilité des profils uniques pour ce type d’action. Mais il n’a pas fermé la porte à une évolution. Le président de AIDES, Aurélien Beaucamp, a réagi : "Faire de la prévention sur les applis ne coûte que des données. Laissez-nous construire et communiquer nos propres messages de prévention gratuitement". Affaire à suivre.

Elton John finance un projet contre le VIH chez les LGBT

Durban a son lot quotidien de célébrités. Après Charlize Theron, c’est le chanteur Elton John, lui aussi engagé dans la lutte contre le VIH via sa fondation -Elton John- , qui a rendu visite à la Conférence mondiale à l’ICC. Et a fait une annonce, en partenariat avec le Plan présidentiel d’urgence américain de lutte contre le sida (PEPFAR). Mercredi en conférence de presse, Elton John a dévoilé les deux organisations choisies qui recevront une aide du Fonds LGBT, lancé en novembre 2015 par PEPFAR et la fondation Elton John. "Je suis heureux d’annoncer que l’Alliance internationale contre le VIH/sida (The Alliance) ainsi que le Forum global des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (MSMGF) seront les premiers récipiendaires de notre Fonds LGBT", a-t-il déclaré. A hauteur de dix millions de dollars au total, les deux organisations seront chargées de coordonner et financer des actions ou fournir un support technique à des projets communautaires de lutte contre la discrimination et la stigmatisation visant les LGBT en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes. Des zones très touchées par l’épidémie et dans lesquelless le contexte social et politique rend les personnes LGBT, notamment les gays et les personnes trans et intersexes particulièrement vulnérables au VIH.

Atteindre les 90 90 90 : l’exemple du Kenya

Une session scientifique est revenue sur différents projets menés dans le monde, afin d’atteindre les fameux 90 90 90 portés par l’ONUSIDA. Ces "fast-tracks" sont la route qui doit mener à la fin de l’épidémie d’ici 2030. 90 % des personnes séropositives diagnostiquées, 90 % de celles-ci sous traitement et encore 90 % en charge virale indétectable, signifiant qu’elles ne sont plus contaminantes. Cette quête est menée notamment dans les grandes villes internationales, à travers la Déclaration de Paris, engagement global des mégapoles à mettre en place des stratégies innovantes et ambitieuses pour aboutir à la fin des contaminations. Une des présentations a montré que des pays situés dans des zones où l’épidémie est très active peuvent déjà obtenir des résultats. Au Kenya, le gouvernement a lancé plusieurs programmes d’accès aux traitements et de suivi pour atteindre les deuxièmes et troisièmes "90". Grâce à des contrôles de charge virale réguliers et à une approche communautaire, les scientifiques ont atteint un taux de mise sous traitement approchant les 90 %, de même que pour le maintien d’une charge virale indétectable. A noter que les résultats sont meilleurs pour les femmes que pour les hommes. Mais ces bons taux se maintiennent que ce soit pour les personnes au départ naïves de tout traitement comme celles ayant connu précédemment un échec thérapeutique et ayant connu un épisode d’échappement virologique, une augmentation forte et prolongée de la charge virale. Cependant, les taux de succès virologiques sont moins bons chez les jeunes de moins de 25 ans, notamment chez les adolescents. Et le succès de ce programme de mise sous traitement mené dans le pays ne résout pas le problème du premier objectif "90" concernant le dépistage, qui doit monter en capacité afin d’atteindre l’ensemble des personnes séropositives vivant au Kenya, a conclu Moses Kitheka, du programme JhPiego Kenya, un programme de santé sexuelle et reproductive financé par la communauté internationale.

Le stand de Gilead visé par une action activiste

Le Global village est loin de vivre le calme studieux du centre de conférence. Et c’est tant mieux ! Parmi les acteurs particulièrement titillés par les activistes, les laboratoires, présents en nombre à Durban. Gilead en a fait l’expérience mercredi matin, lorsque les activistes sont venus crier leur colère contre les prix pratiqués par le laboratoire américain. Munis de pancartes ("L’avidité tue"), par exemple et de fausses pièces d’or, symbolisant le caractère exorbitant des tarifs des dernières molécules commercialisées par Gilead, notamment sur l’hépatite C. Le stand a d’ailleurs subi quelques dégâts, ce qui n’a pas plu aux organisateurs. Gilead a porté plainte contre les activistes surpris à dégrader les panneaux ou le décor du stand. Une posture qui en a fait sourire certains, qui soulignent qu’un laboratoire contribuant au coût trop élevé des traitements antirétroviraux, l’un des plus importants problèmes dans la lutte contre le VIH, peut difficilement s’étonner de se faire chahuter dans une Conférence où des personnes directement concernées par ces problématiques sont présentes en nombre. Peu de temps après, ce fut Roche, laboratoire qui a reçu la visite des activistes, portant des soutiens-gorge pour interpeller, ici encore, sur le prix des thérapies contre le cancer du sein en Afrique du Sud et les pays en voie de développement.

IPERGAY : de nouveaux résultats présentés à Durban

La Conférence internationale sur le sida (AIDS 2016) a été l’écrin d’une nouvelle série de résultats pour l’essai français de PrEP (prophylaxie pré-exposition), prise en intermittence chez des hommes gays qu’est l’essai ANRS-Ipergay. Issues de sa phase ouverte [open-label extension, "OLE" en anglais], des données supplémentaires sont de la partie. Le comité de l’essai a soumis deux abstracts permettant de mieux comprendre les implications de la prophylaxie pré-exposition à long terme. Des premiers résultats (novembre 2014) à la fin officielle de l’étude ANRS-Ipergay (juin 2016), les chercheurs ont pu étudier en détail l’efficacité ou l’utilisation du préservatif au long cours.

Concernant l’efficacité, le suivi régulier a permis de valider l’efficacité du Truvada en prévention de la contamination au VIH, dans sa forme actuelle. Durant les vingt mois de la phase ouverte, l’incidence a été très faible, avec une contamination, due à un arrêt de la PrEP. L’efficacité reste donc très élevée durant cette phase, avec peu d’arrêts (6,4 %) et un nombre moyen de partenaires et de relations sexuelles. Les effets indésirables graves ont été relevés à un taux faible (6 %), avec un seul arrêt pour raison médicale, montrant une bonne tolérance au traitement. En conclusion, les auteurs indiquent que la PrEP a été très efficace contre l’infection au VIH durant cette phase, et bien tolérée par les participants, même s’ils notent une baisse significative de l’utilisation du préservatif dans cette phase ouverte.

C’est l’autre principale information des deux présentations de l’essai ANRS-Ipergay à Durban. Durant la phase ouverte, les chercheurs ont constaté un changement de comportements en termes d’utilisation du préservatif. Sur les 333 participants, les auteurs ont comparé les courbes du taux d’utilisation de la PrEP, en miroir avec celles d’utilisation du préservatif. Chez les participants qui utilisaient très régulièrement la capote (16 % des participants), il y a eu une forte baisse du recours à cette dernière durant la phase ouverte. Mais cette inflexion a été compensée par l’utilisation systématique de la PrEP pour 64 % d’entre eux. Ce qui fait dire aux chercheurs que les utilisateurs ont continué à se prémunir d’une contamination, en passant d’un outil de prévention à un autre. On perçoit donc que des personnes qui utilisent la PrEP, dont l’efficacité a été prouvée, abandonnent le préservatif au profit de l’utilisation de Truvada, sans mettre à mal leur niveau de protection. Cependant, les chercheurs nuancent pour les autres utilisateurs de ce sous-groupe qui n’ont pas compensé sa moindre utilisation de préservatif par une prise de PrEP plus régulière, des utilisateurs sur lesquels une attention spéciale doit être portée. Ce constat rejoint celui sur les IST [dont la PrEP ne protège pas], dont le nombre augmente chez les gays.



Seronet

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Sujet du message: Re: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 21 Jl 2016 - 18:40
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