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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 15:01
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Charlize Theron addresses the official opening of the AIDS Conference



https://www.youtube.com/watch?v=4sJQ7RfQby0

Durban accueille la Conférence mondiale sur le sida AIDS 2016. Seize années après la précédente, qui avait marqué un moment charnière dans la prise de conscience mondiale sur l’épidémie, notamment en Afrique. La conférence démarre aujourd’hui, en fin de journée. Le journaliste Mathieu Brancourt y est pour Seronet aux côtés d’autres militants de AIDES. Chaque jour de la conférence, Seronet vous proposera un article sur les temps forts de cet événement mondial. C’est parti.

Ça y est, nous sommes arrivés. Après un périple de dix-huit heures, escale comprise, nous voici à Durban. Cette semaine, cette ville sud-africaine sera la capitale mondiale de l’activisme et la recherche contre le VIH/sida. Durban accueille plus de 20 000 participants, militants, scientifiques, politiques et aussi journalistes, prêts à en découdre jusqu’au 23 juillet prochain. Le week-end dernier, les premiers conférenciers ont participé aux sessions préliminaires, qui précèdent les sessions officielles, commençant mardi matin. Impossible de s’enregistrer hier dimanche, alors ce matin, il fallait se lever tôt (et faire la queue) afin d’obtenir son précieux sésame pour accéder à la conférence. Après une bonne heure d’attente et une séance de photo, le badge tant désiré est dans nos mains. Bon, pour moi, le badge indique Alain Michel au lieu de Mathieu, mais cet aléa ne gênera en rien pour assister aux sessions ou présentations dans le grand ICC center.

Flambant neuf, l’édifice accueille en son sein le Global Village, sorte de bain bouillonnant associatif où les associations (et laboratoires) du monde entier peuvent se montrer et se rencontrer. Mais avant d’y pénétrer, il faut montrer patte blanche. Les mesures de sécurité, annoncées très strictes, se confirment. Une fois le Global Village contourné, l’accès au centre de conférence est digne d’un aéroport. Scanner, portique de sécurité et contrôle badge pour l’entrée et la sortie. On pourrait trouver cela pesant, mais le contexte (ici les prochaines élections présidentielles et le contexte des violences terroristes en général) ne rend pas ces contrôles superflus. Les effectifs policiers ont été triplés nous rapportent les locaux. Les participants sont invités à la vigilance et à la prudence, en dehors de cette enceinte sécurisée. Mais pas de temps pour la psychose, le planning est chargé. Sans compter sur la gentillesse et la chaleur des milliers de volontaires et bénévoles, présents en nombre pour aider aux premiers repérages.

Dès ce lundi, une marche se déroule dans les rues de Durban, organisée par la TAC (Treatment Action Campaign, une importante organisation non gouvernementale). Et ce soir, la Conférence mondiale sur le sida 2016 sera officiellement ouverte, durant une cérémonie où l’actrice et femme engagée Charlize Theron, elle-même sud-africaine, lancera cette semaine de mobilisation internationale contre l’épidémie, dont la fin est officiellement programmée, si la volonté politique est de la partie. Cette conférence AIDS 2016, la deuxième à Durban, sera aussi l’occasion de rendre hommage à Nelson Mandela, qui, en 2000, avait fermement invité l’Afrique du Sud et le monde à prendre la voie d’une réponse globalisée et positive au VIH. Seize années plus tard, les solutions sont connues et doivent être mises en place concrètement, pour tous, par tous. L’autre condition sine qua non sera, à contrario, de casser les obstacles, les politiques nuisibles aux personnes séropositives et aux groupes vulnérables. Ce sont les deux principaux messages de Durban, version 2016. Il faudra voir, après cette semaine, si ces appels seront suivis d’effets. A demain !

http://www.tac.org.za/



Bon, une très grosse demi-journée de perdue suite une agression – couteaux et barre de fer, on ne mégote pas avec la technique en Afrique du Sud – en venant au congrès ce matin ; j’ai réussi à sauver les deux ordinateurs qui me servent à la rédaction des chroniques mais pas l’iPhone du COREVIH (lecteurs assidus, rassurez-vous, ce n’est pas un appel au don) et le peu de liquide que j’avais sur moi.
Pour marquer l’inauguration du congrès, le New England Journal of Medicine publie ce jour les données à long terme de l’essai HPTN-052 concernant la partie "transmission" (l'essai HPTN 052 s'intéresait également au bénéfice individuel d'un traitement assez précoce, mais depuis les essais START et TEMPRANO ont montré le bénéfice de traitement encore plus précoce). Pour mémoire, il s’agit du désormais célèbre essai clinique ayant permis de déterminer une réduction de risque de transmission au partenaire de 96% lorsqu’un traitement précoce était instauré, par comparaison à un traitement plus tardif selon les recommandations propres à chaque pays particpant. Les données long-terme – 10.031 personnes années pour les participants et 8.509 personnes-années pour les partenaires – vient conforter les résultats du court terme : on ne dénombre in fine que trois contaminations liées au partenaire dans le groupe traitement précoce, contre 43 dans le groupe tardif, et celles-ci ne surviennent jamais quand la charge virale reste indétectable (que ce soit dans le groupe traitement précoce ou tardif). Le taux de protection du traitement précoce est donc rapporté à 93%, mais on peut aussi affirmer qu’en cas de charge virale durablement indétectable, il n’y a pas de de transmission observée.

Les données à long terme de l’essai HPTN-052

http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... Durban.pdf

Les essais START et TEMPRANO

http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 506816.pdf

http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... 5_NEJM.pdf

L’ONUSIDA a également profité de la couverture médiatique de la conférence pour publier son rapport sur le « fossé de la prévention » (Prevention gap report) alertant sur les tendances épidémiques de 2016 : au cours des 5 dernières années, l’incidence du VIH a augmenté de 57% dans les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ; plus inquiétant peut-être, l’incidence du VIH, qui avait baissé de façon constante au cours des dernières années dans les Caraïbes, a de nouveau augmenté de 9% au cours de ces mêmes années. Aujourd’hui, seulement 57% des séropositifs connaissent leur statut sérologique, et 47% reçoivent un traitement : in fine, seulement 38% des séropositifs ont une charge virale indétectable sous traitement, ce qui explique que l’on ne voit pas encore de façon claire les bénéfices du traitement comme prévention. Mais il y a beaucoup plus dans les 286 pages du rapport (in english, of course…).



Perturbée par quelques soucis techniques (plus de sons pour la responsable locale de la conférence, gros Larsen et disparition de Desmond Tutu au milieu de la vidéo de sa prière pour un monde meilleur…technique et divinité ne font pas bon ménage), mais animée par des groupes musicaux punchy et engagés, la cérémonie d’ouverture avait lieu à la date anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, ce qui lui donnait une teinte particulière.

Il faut toujours un peu de Bling Bling dans une conférence sur le Sida ; Angelina Jolie, Madona sont souvent suivies par les caméras lors de leur voyages en Afrique… cette fois-ci c’est à l’actrice Sud-Africaine Charlize Theron de faire l’ouverture de la conférence via sa fondation Charlize Theron Africa Outreach Project. On peut la penser un peu plus sincère et engagée que les précédemment citées… Dans un discours très politiquement incorrect, elle a rendu hommage à la communauté et aux soignants qui s’investissent, tout en disant sa déception que tous les outils de la lutte étant disponible, on n’ait pas fait plus de progrès dans la lutte contre le VIH, qui a fait 180 000 morts l’an dernier en Afrique du Sud. Elle explique par le « deux poids, deux mesures qui sévi à de multiples niveaux dans la société d’Afrique du Sud, où toutes les vies n’ont pas la même valeur : les blancs valent plus que les noirs, les adultes plus que les ados, les hommes plus que les femmes, les hétéros plus que les homos, les riches plus que les pauvres… Le VIH n’est pas transmis uniquement par le sexe, mais par le sexisme, le racisme, l’ostracisme confluera-t-elle !

Le discours d’Olive Shisana, première femme à codirigée la conférence mondiale contre le Sida (Evidence Based Solutions, South Africa) était plus conventionnel et a un peu enfoncé les portes ouvertes… mais elle a à plusieurs reprises interpellé les contributeurs au Fonds Mondial afin qu’ils améliorent leur contribution (NDR : on rappelle que la France, 2nd contributeur du fonds mondial s’est récemment enorgueilli d’avoir maintenu son engagement à son niveau antérieur alors qu’une augmentation, même symbolique, aurait été bienvenue compte-tenu du manque évalué pour les années à venir). C. Beyrer (Johns Hopkins University, United States, co-président de la conférence) a rappelé que l’Afrique du Sud avait tout de même le 1er programme mondial de mise sous traitement (3,4 millions de personnes). Que cette conférence avait fait d’importants efforts pour faciliter la venue de laissés pour compte (NDR : 1 300 bourses ont été attribuées, je comprends mieux pourquoi on a payé des droits d’inscription de plus de 1000 $ !). Et que pour la première fois dans l’histoire de la conférence, plus de 500 des premiers auteurs des présentations étaient des femmes.
En 2000, la « 1ère déclaration de Durban » avait simplement insisté sur le fait que la cause du Sida étant bien le VIH (NDR : le président sud-africain de l’époque, Thabo Mbeki, en doutait fortement). La seconde déclaration de Durban en 2016 insiste sur la question de la stigmatisation et des populations vulnérables, car de ce côté, les progrès ont manqué dans beaucoup de pays.
Et d’ailleurs comme a son habitude, la déclaration vidéo de Desmund Tutu était pleine d’humour, commençant par un remerciement d’avoir invité un vieux, et infirme qui plus est, à parler devant une audience de jeunes… il a remercié tout ceux qui nageaient contre le courant de la pauvreté, de la discrimination et de l’exclusion, qui s’occupaient des homos, des prisonniers, des travailleurs du sexe. Il a particulièrement loué le travail communautaire et la solidarité qui avait émergé autour de la lutte contre le VIH. Le prix « Elizabeth Taylor Human Rights Award » a été remis à Martha Thonalanah (Zimbabwe), activiste sociale, femme engagée depuis longtemps dans la lutte contre les discriminations et notamment la stérilisation forcée des femmes infectées par le VIH. Elle a, dans un très bref discours de remerciement, invectivé les gouvernements qui harcèlent les activistes (et nommément le Zimbabwe et l’Inde).
La représentante des activistes de la conférence, N. Mavasa (Treatment Action Campaign, South Africa) a rappelé que les états africains n’avaient en aucune mesure tenue les promesses du début des années 2000 (déclaration d’Abuja) de consacrer 15% de leur budget à la santé, et notamment à la lutte contre le VIH. Elle a souligné la difficulté d’être séropositif en milieu rural, le coût des transports, le fait décourageant d’arriver après un long périple dans une pharmacie en rupture de stock… Elle a insisté sur la situation dramatique des soignants et l’impossibilité d’avancer dans des systèmes de santé aussi faibles, avec comme ennemies la corruption et la complaisance. De façon très pointue, elle a soulignée qu’une maladie aussi facile à soigner que la tuberculose – en comparaison au VIH – faisant encore des centaines de milliers de morts. « Quand ta maison est en flamme et que ta famille est dedans, tu ne te contentes pas d’implorer et de mendier, tu dois crier très fort pour alerter », a-t-elle conclu… on est encore loin de la fin du sida… Un autre militant a souligné que la conférence serait un échec si elle n’aboutissait pas à l’obtention des fonds nécessaires (26 milliard de $ en 2020) à financer l’intégralité des programmes devant aboutir au succès des objectifs 90-90-90 de l’OMS.
S. Letsike, (South African National AIDS Council, South Africa), dans un discours un peu interminable, a rappelé que de très nombreux pays criminalisaient encore les relations entre personnes de même sexe, ce qui était un déterminant de l’épidémie, que les jeunes femmes étaient encore le cœur de l’épidémie en Afrique australe et de l’Est, et s’est félicité des campagnes d’information en cours en Afrique du Sud, qui ciblent les jeunes femmes et essaient de remédier aux relations « commercialisées » avec des hommes plus âgés. Il a rappelé l’importance d’être vigilants concernant les accords commerciaux en cours de signature et de leurs effets potentiellement délétères sur l’accès élargi au traitement.
Enfin Michel Sidibe, (ONUSIDA) a largement remercié les sud africains pour leur engagement exemplaire dans la lutte cotre le sida, et la synergie entre scientifiques, activistes, leaders politiques (NDR : pas tous, et très tardivement pour certains…) qui a permis d’en arriver là.Mais peu de pays avancent de cette façon. Maisl a complaisance est la nouvelle conspiration contre laquelle il faut lutter, il ne faut pas rester assis à regarder le train passer ! Un million de travailleurs communautaires doivent être formés en Afrique d’ici 2020 si on veut arriver à quelque chose… 25% des femmes des pays d’Afrique Australe et de l’Est seront séropositives avant 25 ans si on se contente de continuer sur la même ligne, et les femmes doivent pouvoir disposer de moyens de prévention ne dépendant de la volonté des hommes. Il a appelé les gouvernements à ouvrir la porte aux acteurs communautaires et aux activistes, même si cela était inconfortable pour eux. On considère souvent les populations clés comme difficile à atteindre, mais fait-on vraiment beaucoup d’efforts pour les atteindre ?

Durban, 16 ans plus tard

Le retour de l’ International AIDS Conference à Durban, Afrique du Sud, pour sa 21ème édition, a une forte valeur symbolique. L’occasion de mesurer le long chemin parcouru depuis la conférence de 2000, un point de repère majeur dans l’histoire de la lutte contre le SIDA dans le Monde. Le choix du thème, à l’époque - Breaking the silence – restera un modèle, une évidence : Durban 2000 a été une conférence ‘pivot’, qui semble avoir réorienté de nombreux axes de la lutte contre le SIDA, dans les domaines politiques, économiques, scientifiques, et dans les esprits.

L’Afrique du Sud, paradoxalement, était alors sérieusement handicapée par un président négationniste – Thabo Mbeki - qui, en cérémonie d’ouverture, avait confié ses doutes sur l’importance de l’accès aux antirétroviraux (ARV). Le coût humain de ces doutes, qui ont entravé l’accès aux ARV dans le pays jusqu’à la fin de sa présidence 8 ans plus tard, ont été estimés à 330 000 morts ‘évitables’ dans le pays.1 L’obscurantisme coûte cher !

Le chemin accompli peut s’exprimer en quelques chiffres : Au niveau Mondial, 770 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) bénéficiaient d’un traitement par ARV en 2000; ils sont 17 millions en 2016, dont 3,4 millions en Afrique du Sud, devenu en quelques années le premier pays prescripteur d’ARV dans le Monde, malgré le retard à l’allumage. Les nouveaux cas d’infection VIH chez les enfants ont chuté de 84% au cours des 6 dernières années dans ce pays, malgré une prévalence qui reste vertigineuse chez les adultes : 19% des sud Africains (7 millions) sont des PVVIH. Peut-on imaginer ce que serait la situation en France, avec une telle prévalence ?

Mais l’heure n’est pas à la complaisance, ce leitmotiv restera le message fort de la cérémonie d’ouverture, le 18 juillet, date également symbolique, coïncidant avec le ‘Mandela day’, fête Nationale d’Afrique du Sud : hier, le Grand Homme aurait eu 98 ans…

Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, a présenté ‘the Road to end the AIDS epidemic’. Une métaphore éloquente illustre la situation : celle d’un rocher à faire rouler jusqu’au sommet de la colline, au prix d’efforts croissants. Si on ne mollit pas, l’accumulation des efforts permettra la fin de l’épidémie, avec un objectif affiché pour 2030. Dans le cas contraire – ce que suggère, par exemple, le fait que 13 des 14 contributeurs du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont annoncé une réduction de leur participation, les progrès accomplis seraient rapidement effacés, car cette épidémie a des ressources, des circuits d’une efficacité redoutable, au sein de populations particulièrement exposées. En quelques années, l’incidence pourrait s’envoler à nouveau, dans de nombreux pays. Le slogan ‘No cutting funds on AIDS’ a résonné dans la ville, lors d’une marche très animée.

Parmi les populations fragilisées, les adolescentes et jeunes femmes d’Afrique sub-Saharienne sont une priorité majeure, une population largement négligée jusqu’ici selon Charlize Theron, actrice sud-Africaine militante particulièrement éloquente lors de cette cérémonie d’ouverture. Dans de nombreux pays, 25% des jeunes filles sont infectées avant d’atteindre leur 25ème année. Cette population silencieuse, trop jeune et trop éphémère pour se défendre, doit être accompagnée, protégée et soutenue, en brisant les tabous qui les emmurent dans leur vulnérabilité.

Et l’on aurait tort de considérer cette vulnérabilité des jeunes femmes comme un problème ‘des autres’ : Les résultats de l’étude ‘PARCOURS’ présentés lors de cette conférence (zoom), montrent bien que la vulnérabilité des migrantes n’est pas résolue lorsqu’elles arrivent en France. Le thème de la conférence Durban 2016, Access Equity Rights Now, prend ici une résonance particulière…

Référence

1. Chigwedere P, Seage GR, 3rd, Gruskin S, Lee TH, Essex M. Estimating the lost benefits of antiretroviral drug use in South Africa. Journal of acquired immune deficiency syndromes (1999). 2008;49(4):410-415.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 16:18
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MARISOL TOURAINE : DES AUTOTESTS GRATUITS DANS LES ASSOCIATIONS À L'AUTOMNE

Traitement en prévention, financements de la lutte contre le sida, accès aux autotests : la ministre de la Santé française répond aux questions de l'Espace francophone.



La lutte contre le SIDA est depuis plus de trente ans le fer de lance de l’innovation en santé publique. En autorisant et remboursant la PrEP, la France fait, une nouvelle fois, preuve d’innovation et nous montrons l’exemple pour réduire les risques de transmission pour les populations les plus exposées. Ce n’est pas anodin ! Pour mener ce travail, nous avançons main dans la main avec les associations, dont je veux saluer d’ailleurs le rôle au quotidien. Aller vers les populations les plus éloignées du système de santé, voilà la clé pour combattre, et à terme éradiquer le virus du Sida. Cette exemplarité est essentielle pour d’autres pays : elle aide à lever les réticences de tous ordres, politiques, « morales », sociales.
Mais les stratégies les plus innovantes sont également souvent les plus onéreuses. C’est pourquoi nous agissons, à l’échelle mondiale, pour faire baisser les prix des traitements - c’est la clé - et mettre en place des mécanismes de solidarité qui permettent de venir en aide aux pays les plus pauvres. Le Président de la République a d’ailleurs encore récemment confirmé la volonté de la France d’œuvrer à l’universalisation des solutions de dépistage et de traitement les plus innovantes.



Le 26 juin dernier, le Président de la République a annoncé que la France maintiendrait sa contribution au Fonds mondial à hauteur de 1,08 milliard d’euros pour la période 2017-2019, soit 360 millions d’euros par an, ce que les associations ainsi que de nombreuses personnalités ont chaleureusement salué !
Cette contribution témoigne de l’engagement sans faille de la France dans le combat contre les grandes pandémies et pour le renforcement des systèmes de santé, notamment dans les pays d’Afrique. Vous savez, la France est le deuxième donateur du Fonds mondial, et elle est aussi le premier soutien financier de la centrale d’achat de médicaments UNITAID, grâce aux financements innovants pour le développement. Faut-il s’arrêter là ? Non, bien sûr ! Nous montrons la voie et nous nous mobilisons pour que le Fonds mondial puisse atteindre son objectif de 13 milliards de dollars pour les trois années à venir. Cela permettra de sauver 8 millions de vies et d’éviter 300 millions de nouvelles infections. L’objectif final, et cet objectif est partagé par tous, c’est l’éradication du sida d’ici 2030.



Les autotests sont actuellement disponibles dans les pharmacies. Pour faciliter l’accès à ces tests pour les personnes particulièrement exposées ou vulnérables, j’ai souhaité qu’ils puissent être aussi mis à la disposition des usagers, dans les structures de prévention du VIH et par des associations de proximité, des associations de patients engagées dans la lutte contre le SIDA. Concrètement, l’objectif est que les personnes les plus à risque, mais surtout les plus éloignées du dépistage, en bénéficient en priorité.
Je fais donc mieux que réduire la TVA : à l’automne, ces autotests seront mis gratuitement à disposition des personnes qui en ont le plus besoin !

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 17:58
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Allègement thérapeutique

Comment alléger un traitement que l’on doit prendre à vie ? L’intérêt serait multiple : intérêt des patients d’abord dont certains l’accepteraient mieux et auraient moins de risques d’effets secondaires. Intérêt financier ensuite car il coûterait moins cher. Plusieurs études étudient différentes pistes : moins de médicaments (exemple, l’essai ANRS 165 DARULIGHT sur une demi-dose de Darunavir) ou moins de prises. Ainsi, l’essai ANRS 162-4D évalue une trithérapie antirétrovirale de maintenance thérapeutique prise seulement 4 jours sur 7 dans la semaine. « La majorité des patients aujourd'hui se sentent à l'aise avec un traitement quotidien mais certains aimeraient faire des pauses, raconte Jean-François Delfraissy, ce qui pourrait favoriser l’adhérence ».

Le Pr Jacques Leibowitch du service d’Infectiologie de l’hôpital de Garches, avait obtenu lors de l’étude ICCARRE, des premiers résultats encourageants avec un traitement réduit à 5 puis 4 jours par semaine, voire moins pour certains patients. Pour les confirmer, l’ANRS a lancé en 2014 l’essai ANRS 162-4D, sous la responsabilité du Pr Christian Perronne (Hôpital de Garches, AP-HP). Il s’agit d’un essai non randomisé lors duquel les 100 patients inclus, en succès thérapeutique (charge virale indétectable depuis quatre ans) ont pris leur traitement 4 jours consécutifs sur 7. Il s’agissait de voir si cette stratégie permettait de maintenir une charge virale inférieure à 50 copies/mL.
Les résultats sont présentés en poster par le Dr Pierre de Truchis (Hôpital Raymond Poincaré de Garches, AP-HP) le 19 juillet.








VIH : épargne thérapeutique, épargne de toxicités



Pour qui faut-il et pour qui ne faut-il pas le faire ?
Christine ROUZIOUX

http://public.weconext.eu/trt5/2015-06- ... 48bYLiLSM8

http://public.weconext.eu/trt5/2015-06-05/index.html



http://www.trt-5.org/spip.php?article454

http://www.hepatites.net/index.php?name ... ;start=140

VIH: une trithérapie antirétrovirale prise quatre jours sur sept
efficace à 96% dans une étude pilote :

http://www.corevih-bretagne.fr/ckfinder ... n_2016.pdf





http://www.espacefrancophoneaids2016.fr ... 8-juillet/

http://www.nature.com/nm/journal/vaop/n ... .4108.html

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 08:15
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http://web-engage.augure.com/pub/link/4 ... rm.fr.html

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Sante-publi ... -confirmee

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 10:18
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VIH/sida : les cachettes du virus découvertes

Certaines cellules qui servent de cachettes au VIH au cours des trithérapies ont été identifiées par des chercheurs québécois . L'annonce de cette importante percée intervient au moment où le monde de la recherche se rencontre à Durban, en Afrique du Sud, pour la XXIe conférence mondiale sur le sida.

Le Dr Nicolas Chomont et son collègue Rémi Fromentin du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) expliquent avoir trouvé des marqueurs qui permettent d'identifier les réservoirs du VIH. Ces réservoirs sont en fait des cellules et des tissus dans lesquels le virus persiste, malgré les traitements de trithérapie.
Les médicaments antirétroviraux actuels empêchent l'évolution de l'infection vers le syndrome d'immunodéficience acquise (sida). La trithérapie fonctionne très bien et permet habituellement de voir la charge virale d'un individu tomber à un niveau indétectable lors de tests sanguins.
Toutefois, si le patient arrête la trithérapie, le virus revient très vite, parce qu'il réussit à se cacher dans ces mystérieux réservoirs.

Débusquer le virus

Le VIH a besoin d'être hébergé dans une cellule pour vivre et se répliquer. Ses « maisons » sont préférentiellement des lymphocytes T CD4+ , un type de globules blancs dont le rôle est d'activer la défense du corps humain contre les infections.
Or, au sein de la vaste population de lymphocytes T CD4+, il y a seulement une cellule réservoir sur un million de cellules. « C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin », explique le Dr Chomont.
Les chercheurs québécois ont toutefois découvert que les cellules réservoirs ont des caractéristiques bien disctintes. En fait, ils ont identifié trois marqueurs cellulaires typiques des réservoirs qui s'expriment à la surface des cellules qui abritent les virus persistants.
C'est un peu comme si les chercheurs avaient trouvé trois distinctions particulières à leurs maisons, comme une grande cheminée, une petite porte et un balcon.
« L'objectif est d'aller détruire toutes les maisons qui ont ces caractéristiques, pour éliminer le virus », affirme Nicolas Chomont.
Son collègue Rémi Fromentin ajoute que cette découverte est importante parce qu'il n'existait jusqu'à maintenant aucune combinaison de marqueurs ayant un potentiel d'intervention thérapeutique sur les réservoirs du VIH.
Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Pathogens :

http://journals.plos.org/plospathogens/ ... at.1005761

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 12:49
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ALLÈGEMENT THÉRAPEUTIQUE : LA PISTE DU TRAITEMENT 4 JOURS/7 PROGRESSE
le 19/07/2016



Une trithérapie antirétrovirale de maintenance thérapeutique prise seulement 4 jours dans la semaine au lieu de 7 a permis de maintenir une charge virale inférieure à 50 copies chez 96 des 100 patients de l’étude ANRS 162-4D. Ces résultats sont présentés par le Dr Pierre de Truchis, hôpital Raymond Poincaré de Garches (AP-HP), lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016), qui se tient à Durban en Afrique du Sud, du 18 au 22 Juillet. Ces résultats doivent être confirmés par un essai randomisé, de plus grande ampleur, et sur une plus longue période. L'essai ANRS QUATUOR démarrera à la fin 2016 avec cet objectif.
L’allègement thérapeutique est un enjeu important pour les patients vivant avec le VIH, dont le traitement antirétroviral doit être pris à vie. L'objectif est de réduire les effets secondaires, les coûts des traitements et d'améliorer l’acceptabilité et l’adhésion au traitement. Plusieurs essais ont cours actuellement dans le monde avec cet objectif. L'ANRS évalue ainsi l'intérêt de réduire les doses de médicaments, ou le nombre de prises ou encore d'épargner des classes de molécules. C'est ainsi que sont menés aujourd'hui en France l'essai ANRS 165 DARULIGHT, qui évalue le bénéfice d'une demi-dose de médicament (le Darunavir) par jour; l'essai ANRS 167 LAMIDOL l'intérêt d'une bithérapie Lamivudine-Dolutégravir, ou encore l'essai ANRS 163 ETRAL l'intérêt d'une autre bithérapie Etravirine-Raltegravir. L'essai ANRS 162-4D se situe, lui, dans la stratégie de réduire le nombre de prises. Les résultats sont présentés en poster par le Dr Pierre de Truchis (Hôpital Raymond Poincaré de Garches, AP-HP) lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016), qui se tient du 18 au 22 Juillet, à Durban (Afrique du Sud).

L'essai ANRS 162–4D

L'étude ICCARRE, menée par le Pr Jacques Leibowitch (Service d'Infectiologie, Hôpital de Garches, AP-HP) a donné des résultats encourageants chez des patients suivis à Garches dont le traitement avait été réduit à 5 puis 4 jours par semaine, voire moins pour certains d’entre eux. (FASEB Journal, 2015).
Pour confirmer ces observations, l’ANRS a lancé en 2014 l’essai ANRS 162-4D. Cet essai prospectif non randomisé (tous les patients reçoivent le même schéma de traitement et ont été suivis 48 semaines), a été mené sous la responsabilité du Pr Christian Perronne (Hôpital de Garches, AP-HP). L'essai était multicentrique (mené dans plusieurs centres cliniques) et visait à évaluer l’efficacité du traitement antirétroviral pris 4 jours consécutifs sur 7 à maintenir, chez des patients VIH+ en succès thérapeutique, une charge virale inférieure à 50 copies/mL.
Les 100 patients inclus étaient traités par antirétroviraux en trithérapie depuis en moyenne cinq ans, et avaient une charge virale indétectable depuis quatre ans. Leurs combinaisons thérapeutiques comprenaient deux analogues nucléosidiques associés soit à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse soit à une anti-protéase.
Les résultats présentés à Durban sont encourageants. Après 48 semaines, en effet, 96% des patients suivaient toujours le schéma 4/7 jours, avec une charge virale inférieure à 50 copies. Seuls trois patients présentaient une charge virale de nouveau détectable à la 4e semaine de l'étude (S4), à S12 et S40 (respectivement 785 cp/mL, 124 cp/mL et 969 cp/mL). Chez ces patients, la charge virale est redescendue sous le seuil de détection avec le retour à un schéma de traitement 7/7jours et cela sans apparition de résistances. Un patient a abandonné l’étude de sa propre initiative à S4.
Ces données sont complétées par une analyse concomitante de l’observance thérapeutique basée sur des auto-questionnaires, sur des dosages sanguins des médicaments, et sur le comptage des prises grâce à des piluliers électroniques dans un sous-groupe de patients. « L’analyse des études d’observance a montré que le programme 4/7 jours a été très bien suivi et accepté par les patients. Dans plus de 90% des cas, la prise est conforme à la prescription », commente le Dr Pierre de Truchis.
Cette stratégie innovante doit être maintenant validée dans un essai randomisé où deux groupes de patients vont pouvoir être comparés. C'est l'objet de l’essai ANRS QUATUOR qui va être mené chez un plus grand nombre de patients, sur une plus longue période et avec des antirétroviraux plus récents comme la classe des anti-intégrases qui occupe désormais une place prépondérante dans l’arsenal thérapeutique. 640 patients devraient être recrutés dans plusieurs centres hospitaliers, dont la moitié recevra pendant 48 semaines un traitement 4/7 jours et l'autre moitié 7/7 jours. Si des résultats similaires étaient observés dans les deux groupes, tous les patients de l’essai passeraient au traitement 4/7 jours pendant 48 semaines supplémentaires. L'essai cherchera à démontrer que la stratégie 4/7 jours est non-inférieure à la stratégie continue, en d'autres termes qu'à efficacité égale, les patients du groupe "Allègement" retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d'effets secondaires, meilleure observance …).
Selon le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur de l'ANRS « Ces résultats nous encouragent à poursuivre nos objectifs d'améliorer la qualité de vie sous traitement et à répondre à une demande forte de certains patients de subir une moindre pression médicamenteuse ». Faut-il aujourd'hui recommander 4/7 jours en pratique courante ? « Seul un essai randomisé permettra d'approuver cette stratégie », ajoute-t-il. Rappelons que les actuelles recommandations internationales sont d'initier un traitement le plus tôt possible après la découverte de la séropositivité, quel que soit le niveau des lymphocytes CD4, et ce, de manière continue.

Abstract

Efficacy of a maintenance four-days-a-week regimen, the ANRS162-4D trial

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Clinique/Ac ... -progresse

https://drive.google.com/file/d/0B_kNe8 ... &pli=1

En attendant les résultats, la prudence s’impose

Jean-Michel Molina, chef du service des maladies infectieuses et tropicale à l'hôpital Saint-Louis (APHP) rencontre comme ses collègues des patients qui voudraient alléger leur traitement mais dit-il « pour les patients, le plus important c’est l’efficacité des traitements, avec deux facettes : l’efficacité pour la personne elle même, pour éviter son risque de maladie et prévenir la transmission - on sait qu’un traitement bien pris permet de ne plus risquer de transmettre à son/ses partenaire(s) le VIH. Ce que nous demandent les patients, c’est d’avoir un traitement efficace et bien toléré, et bien sûr si l’on peut avoir des traitements plus simples, pourquoi pas ».

Aujourd’hui, plusieurs stratégies se développent ajoute le Pr Molina : réduction de doses, réduction du nombre de prises dans la semaine, produits injectables à administrer tous les 2/3 mois voire des implants tous les 6 mois ou tous les ans. « Les choses progressent pour maintenir l’efficacité en limitant les contraintes conclut-il, mais pour l’instant on obtient de tels résultats avec les traitements actuels qu’il ne faudrait pas les compromettre en allant trop vite ».

http://www.espacefrancophoneaids2016.fr ... s-du-jour/

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 12:52
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Migrantes d’Afrique subsaharienne et VIH : le risque d’infection en France associé aux violences sexuelles
le 19/07/2016

Selon l’étude ANRS PARCOURS, un tiers des femmes originaires d’Afrique subsaharienne suivies pour le VIH en France ont été infectées après leur arrivée. Le risque de contracter le VIH est plus élevé lorsque les femmes déclarent avoir subi au moins un rapport sexuel forcé après leur arrivée en France. Julie Pannetier (Institut de recherche pour le développement, UMR CEPED, IRD-Université Paris Descartes, Paris) présente ces données lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016), qui se déroule du 18 au 22 juillet 2016, à Durban (Afrique du Sud).
L'enquête ANRS PARCOURS a été conduite en 2012-2013 en Ile-de-France, dans 74 services de santé. Elle étudie les parcours de vie, l'infection à VIH et VHB des migrants d'Afrique subsaharienne vivant en France. Elle a ainsi récemment révélé qu’entre 35 et 49% (selon les hypothèses retenues) des patients originaires d'Afrique et vivant avec le VIH avaient été infectés après leur arrivée en France. Chez les femmes, cette proportion est d'au moins 30%. Conduite par Annabel Desgrées du Loû (Institut de recherche pour le développement, UMR CEPED, IRD-Université Paris Descartes, Paris), l'enquête ANRS PARCOURS apporte des réponses sur les facteurs pouvant favoriser l’infection par le VIH chez ces femmes. Ces résultats sont présentés en communication orale par Julie Pannetier (Institut de recherche pour le développement, UMR CEPED, IRD-Université Paris Descartes, Paris) lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2016) qui se déroule du 18 au 22 juillet 2016, à Durban (Afrique du Sud).
Le groupe de recherche ANRS PARCOURS montre qu’il existe une corrélation entre le fait d’avoir contracté le VIH en France et celui d’avoir subi un rapport sexuel forcé dans notre pays. En effet, dans un groupe de 156 femmes de l’enquête qui ont très probablement été contaminées en France, 15,3% ont déclaré avoir été forcées à avoir au moins un rapport sexuel contre leur volonté depuis leur arrivée en France contre 3,5% dans un groupe témoin de 407 femmes africaines non infectées par le VIH.
Cette étude montre également que les femmes qui sont venues en France parce que leur vie était menacée dans leur pays d’origine sont 6 fois plus à risque de subir un rapport sexuel forcé après leur arrivée en France. Le risque est également plus élevé les années où les femmes ont vécu en France sans logement stable. Dans une précédente étude, le groupe de recherche ANRS PARCOURS avait montré, qu’en situation de précarité, les femmes d’Afrique subsaharienne sont amenées à accepter des rapports sexuels non souhaités en échange d’un logement ou d’une aide matérielle, particulièrement dans les premières années qui suivent leur arrivée en France. Selon Julie Pannetier, « Ces résultats mettent en évidence qu'il est nécessaire de renforcer le dispositif d’accès à un logement le plus tôt possible après l'arrivée en France ».
Abstract

Forced sex, migration and HIV infection among women from sub-Saharan Africa living in France: results from the ANRS Parcours study

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Sante-publi ... -sexuelles

Les patients VIH, victimes collatérales de l’épidémie Ebola

Le nombre de personnes recevant des traitements antirétroviraux a baissé pendant l’épidémie Ebola à Conakry en Guinée : c’est ce que montre une étude de Solthis présentée le 19 juillet à Durban, étude qui doit permettre d’améliorer la préparation aux épidémies.

Près de 30.000 personnes ont été infectées et plus de 11.000 sont mortes depuis le début de l’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest en décembre 2013. Le virus a bouleversé des systèmes de santé déjà fragiles en Guinée, Sierra Leone et au Liberia. Solthis, présente en Guinée depuis 2008 et en Sierra Leone depuis 2011, a voulu mesurer l’effet sur l’accès aux soins et la continuité des traitements des autres pathologies. Ses équipes ont notamment constaté sur le terrain la peur des personnes vivant avec le VIH de se rendre dans les centres de santé pour consulter ou prendre leurs médicaments, l’interruption des traitements, l’augmentation du nombre de « perdus de vue ». Solthis a étudié l’impact de l’épidémie sur le suivi des personne vivant avec le VIH à Conakry, la capitale où sont suivies 75% des personnes recevant des traitements HIV en Guinée. En 2014, année où le virus Ebola a frappé l’Afrique de l’Ouest, le nombre de PVVIH recevant des traitements antirétroviraux (ARV) a augmenté de 16.400 à 19.400 entre juin et août puis baissé à 18.600 en novembre, alors que dans le même temps, le nombre de personnes sous ARV en dehors de Conakry continuait de progresser. Or c’est à Conakry que se trouve l’hôpital Donka où a été installé le premier centre de prise en charge des malades Ebola. Cet hôpital a fourni des ARV à près de 14.000 personnes entre janvier 2014 et juin 2015 : l’étude de Solthis montre que la durée de rétention est plus longue chez les patients qui ont commencé leur traitement avant le déclenchement de l’épidémie Ebola que chez ceux l’ayant débuté pendant (9,4 mois contre 5,9 mois).

Conclusion : le nombre de personnes vivant avec le VIH recevant des ARV a baissé pendant l’épidémie Ebola à Conakry, une baisse que peut expliquer la qualité des soins disponibles. Des données qu’il faut prendre en compte dans le cadre des programmes de préparation aux épidémies.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 13:13
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 16:41
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« Ne pas seulement Écouter Mais ENTENDRE »

Stéphanie Strathdee est une épidémiologiste qui travaille sur la prévention du HIV en Californie et qui a enthousiasmé la salle tout au long de son intervention.
En étant vraie, précise, concise.
Elle a annoncé la diminution du nombre d'enfants séropositifs en Afrique du Sud qui a chuté, depuis 19 depuis 2009, de 76 % et la transmission de la mère enfant est passée à 4 % et pourtant, pourtant il y a toujours 3,4 millions de personnes séropositives et, ce qui est catastrophique, 2400 adolescentes et jeunes filles qui se contaminent chaque semaine.

Du coté de l'Afrique subsaharienne, depuis 2000 le nombre de nouvelles infections a diminué de 41 % et le nombre de mort a chuté de 34 %.

Au niveau mondial le nombre de séropositifs est de 36,7 millions alors même que 17 millions sont sous traitement ARV et on ne peut que constater une diminution du nombre de morts de 43 % depuis 2003.

Le gros point négatif étant, bien sûr, le nombre de nouvelles contaminations qui chaque année avoisine les 2 millions de personnes.

Concernant les progrès véritables 85 pays ont éliminé au moins sur le papier la transmission de la mère à l'enfant.

À l'heure actuelle l'Europe de l'est et l'Asie centrale compte 1,5 millions de séropositifs et surtout affiche une augmentation de nombre de cas de 57 % depuis 2010, c'est la situation la plus brûlante actuellement.

Un tour du monde rapide, chiffres et études à l'appui montre que chez les gays c’est parmi les plus jeunes gays de 18 24 ans que se trouve la plus forte progression des cas de contamination, c'est valable aux USA mais aussi dans bien d'autres pays.
Pourtant comme le rappelait CharlizeTheron hier soir en ouverture, des outils existent et sont à notre disposition : de la Prep (traitement pre-exposition) aux traitements comme prévention, ou aussi avec les préservatifs intérieurs ou extérieurs additionnés au gel nous avons un extraordinaire arsenal à notre disposition. la Prep à l'épreuve du coût/efficacité débouche sur un résultat décevant : traiter tout le monde (tous les gays qui le souhaiteraient) ne semblerait pas "coût efficace" mais ce résultat PEUT et DOIT être amélioré très nettement par la baisse très large des couts des produits.

Et toujours les mêmes risques liés à la discrimination et à la stigmatisation : 45 % séropositivité chez les gays au Nigeria : plus il y a de discrimination plus il y a de contamination.

Les défis sont toujours les mêmes :
toujours financer plus le fonds mondial
on doit réinscrire la lutte contre le sida dans un contexte de justice sociale et économique
Stéphanie termine par ces mots là :
« ne pas seulement regarder mais voir »
« ne pas seulement réfléchir mais agir »
en ressortir un vieux slogan toujours d'actualité = « silence = mort »

La session se prolonge autour de d'adaptation des systèmes de santé.
Le discours qui est ENTENDU depuis le début de cette 21ème conférence Mondiale sur le sida est effectivement bien différent ce celui dont on nous remplissait les oreilles encore très récemment ; « Il faut être raisonnable, pas trop demander, faire mieux avec moins !!! » Depuis deux jours nous assistons à un retour sur la nécessité d'une d'un financement plus important est une adaptation des systèmes de santé, mais une santé plus militante, plus communautaire, plus activiste…. On est bien loin des discours qui avait été entendus en 2010 à Vienne. Désormais il est clair qu’il nous faut plus d'argent pour pouvoir en finir avec le sida, plus d'argent pour pouvoir agir mieux. Mais aussi il faut arriver à convaincre les décideurs c'est ce qu'a martelé le juge et Edwin Cameron, convaincre les décideurs qu'il soient au Zimbabwe ou au Canada, que criminaliser les personnes séropositives est une erreur, que ce n'est pas comme ça qu'on arrêtera les contaminations.
Les juges au Canada ont condamné à plusieurs reprises des personnes alors qu'elles étaient séropositives sous traitement avec une charge virale indétectable et qu'elles utilisaient des moyens de prévention.
Le seul fait d'avoir un rapport sexuel alors qu'on est séropositif peut entrainer une condamnation dans certains pays.
il faut pouvoir reconnaître le travail du sexe
il faut reconnaître les personnes trans homme ou femme,
il faut arrêter les criminalisation les homosexuels et de l'homosexualité dans tous les pays où cela est encore d'actualité.
Il faut pouvoir donner du matériel de prévention aux usagers de drogue injectable.
En résumé c'est par l'acceptation la reconnaissance des populations clés que l'on viendra à bout du sida.

On peut retenir le cri de Charlize THERON poussé hier soir pour conclure :
« Ce n’est pas le sexe qui transmet le VIH, c’est le sexisme, le racisme, l’homophobie »

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 16:48
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Epidémiologie globale : état des lieux de l’épidémie.
Global Epidemiology: State of the Pandemic. Steffanie Strathdee, University of California San Diego, United States

L’Afrique représente 2/3 de la charge mondiale en VIH ; et depuis 2000, l’incidence a diminué de 41%, et les décès liés au Sida de 34% ; il existe de plus en plus de preuves que la prévalence de la circoncision est fortement liée à l’incidence du VIH ; dans les pays d’Afrique du Nord, 90% de l’incidence se fait dans les populations clés.
L’image en 2015 : 36,7 M, 17 M sous traitement, Près de 40% de diminution des décès depuis 2003… mais toujours pr ès de 2 millions de nouvelles infections.
En Asie centrale, les prévisions se réalisent petit à petit : après avoir essentiellement été une épidémie chez les injecteurs de drogue, il y a aujourd’hui un équilibre d’incidence entre les IVDU et les contaminations hétérosexuelles. Il est temps d’aller vers une « Epidémiologie réflexive » (Perez-Brumer et al, 2016) qui conjugue sciences sociales et épidémiologie.
De la même façon qu’en France, l’incidence du VIH chez les HSH aux USA est en pleine augmentation, avec la particularité d’être particulièrement élevée et dynamique chez les afro-américains : il s’agit d’une des incidences populationnelles les plus élevées du monde (de l’autre de 50% de risque tout au long de la vie…).
Les programmes de lutte contre l’injection de drogue et de substitution font partie intégrante de la prévention de la transmission du VIH mais sont encore peu répandus dans le monde, en dehors de l’Europe occidentale ; a Tijuana au Mexique, particulièrement victime du trafic de drogues, et de l’absence de politique de santé publique dans le domaine, moins de 3% des personnes infectées par le VIH ont une charge virale indétectable… (Lire la passionnante revue de Cstete et al. Lancet 2016 sur « Santé publique et politiques de lutte contre les drogues »).
Enfin, tout ce qui va dans le sens de la criminalisation des populations-clés est néfaste en terme de santé publique : au Nigeria, la mise en place de nouvelles lois de criminalisation de l’homosexualité a entrainé une augmentation de la marginalisation de cette population par rapport aux soins, avec pourtant une prévalence dans cette population > 40% (Schwartz et al. Lancet 2015). Une nouvelle population sur laquelle il faudra particulièrement veillée est celle des migrants, les études épidémiologiques récentes mettant en avant les évolutions moléculaires du VIH en fonctions des migration, des échanges et des routes de commerces (Magiorkinis et al. Infect Genet Evol. 2016, pour les mordus de la phylogénie), n’en déplaise à Donald Trump (NDR : nom copieusement hué par la salle, Donald n’a pas bonne presse dans le milieu du VIH…).

Implications du genre dans la réponse à l'épidémie
Implications of Gender on the Response. M.Murenga, International Community of Women Living with HIV (ICW), Kenya

Un témoignage poignant d’une femme séropositive qui explique que ce n’est pas tant le fait de savoir qu’elle était condamnée à court terme qui lui posait souci à l’époque où les antirétroviraux étaient inaccessibles, mais la façon dont elle allait mourir, avec une crainte majeure concernant le risque de mourir isolée. Alors que toute la communauté baissaient les bras, les femmes ont formé des groupes de support pour soutenir celles qui allaient mourir, afin qu’elles ne souffrent pas de la solitude dans un moment aussi important. Puis, les traitements arrivants mais étant inabordables, le groupe de soutien s’est transformé en groupe d’activistes et de pression pour un accès élargi au traitement. Il a été nécessaire de s’engager également dans la lutte pour l’égalité des genres, notamment pour lutter contre l’idée, à travers la transmission mère-enfant, que c’est la femme qui est responsable de la transmission du VIH. Et l’accès à la prévention est devenu une priorité : comment donner accès aux préservatifs, à la PrEP, aux conseils de santé sexuelle aux adolescentes qui culturellement sont sensées rester vierge jusqu’au mariage ? De la même façon, le harcèlement des prostituées par la police au Kenya – où la preuve de l’état de travailleuses du sexe dépend du nombre de préservatif qu’elles transportent – n’est pas le meilleur moyen d’améliorer le sort des femmes… Elle a souligné le fait que le maintien des filles à l’école, et non les mariages précoces a des hommes plus âgés en échange de biens, était un moyen de prévenir l’infection par le VIH. L’égalité des genres n’est pas une des armes de la lutte contre le VIH, mais plutôt un préalable !

Accès universel : quels systèmes pour la santé nous y feront parvenir ?
Universal Access: What Systems for Health Will Get Us There? A.Coutinho, Partners in Health, Rwanda

L’orateur a insisté sur le fait qu’il n’allait pas parler de « systèmes de santé », trop réducteurs à ses yeux et centré sur les soignants, mais de « systèmes pour la santé », qui incluent tous le travail communautaire et l’activisme nécessaire aux avancées. L’application des connaissances issues des grandes études de prévention et de prise en charge à une large population n’est pas une ligne droite… L’orateur détermine 5 grands groupes d’intervenants dans un système pour la santé : les VIH + eux même au centre, et tout autour, les groupes de supports de pair, la famille, les structures de soins/soignats et enfin les travailleurs communautaires ; au Rwanda, il y a déjà 46 000 travailleurs communautaires formés à la prise en charge du VIH (Michel Sidibé à plaider hier pour qu’au moins 1 000 000 soient formés d’ici 2020 à travers le monde).
Les challenges pour arriver à traiter 37 millions de personnes – nouvel objectif de l’OMS depuis septembre 2015 – sont nombreux : risque de déstabiliser des systèmes de santé déjà pas très vaillants, trouver l’argent (et ne pas pouvoir l’employer à autre chose…), avoir accès au traitement de 2nde et 3ème ligne, travailler avec une cible mouvante (2 000 000 de nouvelles infections par an, on peut donc penser que les 37 millions d’aujourd’hui seron les 45 millions de demain…), comment adapter la délivrance des soins à une population en bonne santé et qui travaille (et qui n’a pas une journée complète à perdre pour s’entendre dire que la pharmacie est vide aujourd’hui, revenez demain). Il faut innover, ne plus avoir 200 personnes qui poireautent dans la salle d’attente alors que des solutions plus simples et plus pratiques existent et on déjà été testées à grande échelle. Les systèmes de santé ont souvent été construits autour des travailleurs de la santé et pas des patients eux-mêmes. Le Rwanda est en passe d’être le premier pays du mode à atteindre les objectifs 90-90-90 dans les 2-3 années à venir.
Les défis qui nous attendent sont nombreux : ne pas crier victoire trop tôt, rester apathique et faire taire les voix qui dérangent, incapacité a pleinement engager les communautés concernées, les séropositifs eux-mêmes, à mobiliser les ressources nécessaires, attentions insuffisante aux systèmes de santé, incapacité à intégrer les réponses à la tuberculose at aux co-infections comme les hépatites, ou les comorbidités comme les cancers, incapacité à mettre en œuvre les techniques de prévention disponibles aujourd’hui, incapacité de la science à relever le défi de la guérison et du vaccin, incapacité à diminuer les taux de perdus de vue et améliorer l’observance, défaut à se projeter dans les complications à long terme des traitements actuels (NDR : on est un peu découragé après cette énumaration, espérons quelle ne soit pas contre-productive).
Aujourd’hui l ‘évidence scientifique pour le « Test and Treat » et le « treatment as prevention (TasP)» sont là (NDR : l’orateur oublie la PrEP au passage…) : il faut renforcer toutes les capacités financières disponibles (GF, PEPFAR, ressources propres des pays concernés…) ; les services de santé doivent aller jusqu’au village et la maison, et engager toutes les personnes concernées (infectés, affectés, pairs, travailleurs communautaires, soignants…) et s’intéresser à tout l’environnement du VIH (TB, cancer, prévention…) sur le principe d’un système centré sur le patient. Il y a urgence à développer des services destinés à des patients infectés de façon chronique, en pleine santé et peu consommateurs de soins au sens strict du terme (NDR : qui parmi les lecteurs de la chronique fait encore venir à l’hôpital ses patients à charge virale indétectable trois fois par an et leur mesure les CD4 plus que de raison ? Wink. Mais quels que soient les efforts mis en place pour améliorer les systèmes, il faut fermer le robinet des nouvelles infections… et stigmatisation et discrimination restent le tronc en travers de la route : on ne pourra rien faire sans s’y attaquer sérieusement.

Protéger les droits humains et réduire la stigmatisation
Jonathan Mann Lecture: Protecting Human Rights and Reducing Stigma - Edwin Cameron, Constitutional Court of South Africa, South Africa

Edwin Cameron, juge de la cour constitutionnelle d’Afrique du Sud avait fait grande impression en 2000 en déclarant son homosexualité et sa séropositivité au congrès de Durban, en invitant les pouvoirs publics à se bouger pour que pas seulement lui, blanc qui avait les moyens de se payer les traitements nécessaires à sa survie, puissent avoir accès au traitement (NDR : standing ovation à l’époque, renouvelée aujourd’hui !)
Il a ici, 16 ans plus tard, rendu hommage aux soignants, aux patients, et surtout aux activistes sans lesquels une grande partie de la route déjà parcourue serait encore devant nous. C’est grâce à eux que la cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a enjoint l’état sud-africain à fabriquer ses propres antirétroviraux, alors que l’état se fourvoyait dans des théories négationnistes et conspirationnistes. Les lois criminalisant la transmission du VIH sont diaboliques, dévoyées, contre-productives et mensongères ! Concernant la discrimination de l’homosexualité et la prostitution, il a rappelé les paroles récentes de Desmond Tutu, qui s’étonnait que dans un monde où il y a autant de problèmes à régler, on passe autant de temps à se préoccuper de savoir qui couche avec qui et du sexe des personnes qui partagent leur lit… Concernant les politiques de prévention pour les injecteurs de drogues, il a mis face à face les choix aberrant de Thabo Mbeki sur le Sida et ceux du gouvernement des USA sur les traitements de substitution…
En fin d’intervention, il a particulièrement rendu hommage aux activistes engagés dans l’éducation des populations les plus vulnérables, et notamment les travailleurs du sexe.

La PrEP à la rescousse des épidémies VIH hors de contrôle

Quels que soient vos centres d’intérêt, vous ne pourrez pas revenir de l’AIDS 2016 sans avoir entendu parler des prophylaxies pré-exposition (PrEP) : C’est indiscutablement la stratégie ‘vedette’ de cette conférence, l’axe thérapeutique qui aura suscité le plus de débats. La dichotomie initiale des ‘pro’ et des ‘con’, parfois musclée, semble avoir cédé progressivement, au fil de l’accumulation des études positives – et malgré les déceptions suscitées par les études ne retrouvant qu’un faible bénéfice, voire aucun.

L’évolution des positions sur ce sujet n’est pas sans rappeler ce qu’a été, au début de ce siècle, le débat sur l’accès aux combinaisons d’ARV dans les pays en développement (PED). Certains des opposants considéraient que la prévention primait, qu’il valait mieux investir chaque centime d’euro dans cet axe pour les PED, pour ne pas se retrouver à essayer de vider une baignoire qui continuait à se remplir à plein régime. D’autres opposants disaient ouvertement que l’état des systèmes de santé des PED ne remplissait aucune des exigences minimales pour assurer le recrutement des patients, l’instauration des traitements et leur suivi, et qu’on allait créer des souches toto-résistantes en quelques années. Ou que le coût serait prohibitif…
La plupart de ces arguments n’étaient pas délirants, et les opposants pas forcément des grands cyniques, mais la suite allait leur donner tort : L’accumulation des données obtenues par les premières études, menées par les ‘believer’, en Afrique, en Haïti ou en Asie, a nettement refroidi ces opposants : Les combinaisons d’ARV se sont avérées largement aussi bénéfiques dans les PED, même dans des conditions très éloignées de nos standards. Certains programmes du Sud ont même eu le toupet de faire mieux qu’au Nord, notamment en termes d’observance, malgré des moyens nettement limités ! La démonstration quelques années plus tard de l’impact majeur de l’accès aux ARV sur les risques de transmission, et donc sur l’incidence, a fini de balayer toute contestation : Personne ne peut dire, en 2016, que les combats menés il y a presque 20 ans pour l’accès aux ARV en Afrique étaient prématurés…

Pour le PrEP, le processus est proche. Après la phase d’affrontement, pendant laquelle les principaux arguments des opposants étaient : i) la PrEP ne protège que du VIH (et sans doute du VHB) ; ii) la capote coûte moins cher, et protègera de beaucoup d’autres IST; iii) il faut mettre le paquet sur les interventions visant à convaincre les personnes à haut risque de réduire leurs risques, plutôt que de les couvrir partiellement avec un médicament ; iv) le coût sera prohibitif.
Cette fois encore, on sent que les données accumulées par les ‘believer’ effacent progressivement le clivage. Des essais comme Ipergay ne peuvent pas laisser indifférents : il existe, dans un pays comme la France où de multiples mesures de prévention ont été mises en place depuis plus de 30 ans, des personnes pour qui le risque de contracter le VIH dans l’année est > 5%. Il existe aussi un traitement simple et bien toléré qui réduit ce risque de plus de 90%. CQFD…
L’IAS 2016 ne s’y est pas trompé, et les débats ont surtout porté sur les différentes manières d’utiliser cette nouvelle stratégie (en continu, ou à la demande), selon les populations ciblées. Tous les soignants en prise à des épidémies VIH non contrôlées envisagent d’appliquer cette stratégie nouvelle à leurs populations ‘clés’, qu’elles soient des travailleuses su sexe, des usagers de drogues, ou des MSM à haut risque.
Il manque cependant encore beaucoup d’informations, notamment sur l’intérêt de la PrEP pour les femmes à haut risque. Et il ne faut pas sauter les étapes : le sexe est peut-être ici un paramètre qui change beaucoup l’efficacité de l’intervention, sachant que les concentrations intra-vaginales sont nettement plus faibles que les concentrations intra-rectales lors de traitements par d’emtricitabine/tenofovir per os.
Il faut donc poursuivre la recherche, pour apporter la meilleure réponse possible à ces débats : la réponse de la science. Nul doute que les années à venir vont nous apporter des données sur la protection des travailleuses du sexe, des adolescentes et jeunes femmes en Afrique du Sud, des usagers de drogue, etc.
L’objectif ultime est de découvrir, pour ces populations à risque, les outils de prévention qui, combinés, les protègeront le mieux !
En laissant de côté toutes les idées pré-conçues…

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 17:41
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 19 Jl 2016 - 18:46
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DURBAN 2016 : UNE PREMIÈRE JOURNÉE TRÈS POLITIQUE

Les sessions scientifiques de la Conférence mondiale sur le sida (AIDS 2016) ne commencent que mardi 19, mais la journée d’hier a été marquée par deux grands temps forts. Une marche activiste, très suivie, pour des engagements renouvelés contre l’épidémie, puis, dans la soirée, une cérémonie d’ouverture au ton très politique. Retour sur cette journée d’échauffement avant le grand bain.



Après une arrivée très matinale sur le site de la conférence et la prise de repères dans l'International Convention Centre de Durban, les activistes et participants présents ont été invités à rejoindre la grande marche de la société civile, inauguration de l’activisme qui va ponctuer les sessions de la conférence. A midi, les bus ont convergé vers le Zulu Park de Durban, où près de 10 000 personnes ont prévu de traverser le centre-ville de Durban, direction l'ICC. A l’initiative de l’organisation TAC (Treatment Action Campaign), la plus importante association de personnes touchées en Afrique du Sud, les militants du monde entier ont défilé devant la population sud-africaine. L’accès aux traitements pour tous, la baisse inexorable des financements internationaux contre l’épidémie, ou encore la fin de la stigmatisation des groupes les plus vulnérables au VIH, les motifs de mécontentement et de revendications sont nombreux.

Pour la première fois en 20 ans, les financements des pays riches accusent une baisse notable. Une baisse qui met en péril les progrès réalisés. En conférence de presse lundi matin, Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, s’est dit très inquiet devant certains mauvais signaux reçus. Dans son intervention, il a dénoncé la "conspiration de l’excès de confiance". Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a insisté sur l’obligation de prendre rapidement et définitivement des décisions pour atteindre les objectifs de fin de l’épidémie et mettre un point final au VIH."

Sous le soleil, la grande "March for Health" a fait résonner les enjeux actuels et le décalage entre réalités de terrain et grands discours. "Aujourd'hui en Afrique du Sud, 440 personnes mourront du sida. 440 personnes de plus demain et encore autant après-demain. 18 personnes chaque heure. Nos leaders politiques insistent sur les millions de personnes désormais sous traitement, mais nous devons rappeler la réalité : la majorité des personnes touchées n'y ont toujours pas accès, à cause de financements insuffisants et du prix prohibitif des médicaments", a déclaré Anele Yawa, secrétaire général de Treatment Action Campaign. "Vu d'ici, l'objectif d'en finir avec l'épidémie de sida d'ici 2030 parait bien optimiste quand 20 des 37 millions de personnes qui vivent avec le virus n'ont toujours pas accès au traitement", s’inquiète Aurélien Beaucamp, président de AIDES. Mais ce contexte difficile n’a pas rendu cette marche pesante, bien au contraire. Chants, pas de danse et sourires, la joie de vivre et l’optimisme des activistes ont ragaillardi nombre de militants, encore fatigués du (long) voyage jusqu’à Durban. Dès le lendemain, ils suivront de près les évidences scientifiques, qui confirmeront le diagnostic de la société civile.

Mais avant cela, la traditionnelle cérémonie d’ouverture doit lancer officiellement les travaux des participants présents à Durban. Dans l’arène de la salle plénière, une foule attend fébrilement les mots de Charlize Theron, très présente depuis le début de la journée. Cette actrice et femme engagée, fondatrice d’une fondation caritative d’aide et de prévention pour les jeunes enfants sud-africains, a ensuite pris la parole. Et elle en a surpris plus d’un. Incisive, émouvante et charismatique, Charlize Theron a confirmé le ton très politique de Durban, seconde édition. Elle a critiqué l’inertie politique et a enjoint le monde à en finir, enfin, avec cette épidémie. "Nous avons tous les outils pour le faire, pourquoi n'avons-nous pas encore vaincu cette épidémie ? On nous répond "Trop cher, trop politique". Ce ne sont pas des réponses, ce sont des excuses" a-t-elle déclaré à la tribune. Sous les applaudissements nourris, elle a répété plusieurs fois le dilemme qui l’habite. "Je suis honorée d’être ici, sincèrement. Mais je suis également triste d’être là, puisque cela signifie que nous n’en avons pas fini avec le VIH", explique cette sud-africaine. "Cette conférence doit être la dernière", a-t-elle prévenu.

Elle a été suivie par une déclaration du petit-fils de Nelson Mandela, icône dont l’héritage est partout, en ce "Mandela Day". Peu d’interventions n’ont pas cité ou repris les mots de l’ancien président et héros de la fin de l’apartheid. Puis, la cérémonie a été interrompue par une action activiste, une nouvelle fois mobilisée et visible pour rappeler l’urgence et dénoncer les violences sexistes, homophobes et sérophobes, les traitements ARV trop peu nombreux (seuls 17 des 38 millions de personnes séropositives ont accès à un traitement) ou la criminalisation du travail du sexe ou des minorités. Et les mauvais exemples ne manquent pas. Durant l’intervention de la représente de Treatment Action Campaign, un militant séropositif de TAC, Paul, est revenu sur l’enjeu du financement international, citant même la France, ayant décidé de seulement maintenir la contribution française au Fonds mondial. "La France ne montre pas le bon exemple", abonde Aurélien Beaucamp. "La décision de François Hollande de ne pas augmenter la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, à un moment charnière comme celui que nous vivons, est un très mauvais signal", s’inquiète le président de AIDES. Malgré des problèmes techniques et des discours à rallonge, la cérémonie d’ouverture s’est refermée sur des notes de combats, de vigueur militante et même un coming out gay du président de l’International Aids Society (IAS), Chris Beyrer. Fatigués mais gonflés à bloc, les participants de Durban ont quitté pour la nuit le centre de conférence. Il est temps de rentrer à l’hôtel, pour être prêts pour le début des présentations scientifiques, dès 8 heures le lendemain. Nous sommes sur le pont, à demain !

Seronet

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 07:55
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PrEP : nouvelles molécules, nouvelles questions
L’administration Orale de maraviroc (MVC) à des macaques nouveaux-nés ne previent pas l’infection par le SIV.

Oral administration of maraviroc, in infant rhesus macaques, fails to prevent SIVmac oral transmission - E. Brocca-Cofano USA

Comme pour des études antérieures utilisant la voie intra rectale, le maraviroc ne semble pas avoir d’efficacité dans la prévention de l’acquisition du SIV par voie orale chez des macaques nouveau-nés, pour des raisons qui ne sont pas encore parfaitement claires : utilisation d’un autre corécepteur, pouvoir d’attachement réduit chez le macaque par rapport à l’Homme… il est possible que le macaque ne soit pas un bon modèle pour le MVC en prévention… ou que le MVC ne soit pas un bon outil de prévention !

Une étude de phase II de PrEP à base de maraviroc chez les femmes aux USA
HPTN 069/ACTG A5305: phase II study of maraviroc-containing regimens for HIV PrEP in United States (U.S.) women R. Gulick, (USA)

Le MVC présente des avantages théoriques à l’utilisation en prévention. Les résultats de la même étude multicentrique randomisée contre placebo chez les hommes ont déjà été présentés à la CROI en 2016 ; R. Gulick présente ici les données concernant les femmes. Le critère d’inclusion était d’avoir des rapports non protégés avec un homme de statut VIH+ ou inconnu. Quatre options de traitement ont été étudiées : MVC+FTC, MVC + tenofovir, MVC seul, et Truvada en bras contrôle. Chaque traitement était accompagné des placébos des autres molécules afin que l’essai reste en double insu, et tous les bras comportaient un traitement (il n’y avait pas de bras avec placebo uniquement) : en pratique, chaque femme prenait 3 comprimés une fois par jour. Il ne s’agit pas d’une étude d’efficacité (l’efectif est bien trop faible) mais d’une étude de tolérance. Les critères de jugements étaient essentiellement les effets secondaires de grade 3.
Résultats : les données de 188 femmes, d’âge médian 35 ans (65% noires, 27% blanches) ont pu être analysées; 4 % avaient une IST pendant la période de screening. 85% des femmes ont poursuivi l’étude, 19% ont arrêté le traitement de l’étude en cours, souvent pour cause de grossesse (prévu dans le protocole). A noter deux anomalies congénitales (identiques a priori aux taux observés dans la population générale).
Quarante-huit évènements de grade 3 sont survenus, sans différence entre les 4 bras, et onze sont considérés comme liés aux traitements de l’étude. Les évènements de grade 2 et plus ont également été analysés lorsqu’ils survenaient chez > 5% des patients : on retrouve essentiellement l’hypophopshorémie, les maux de tête et les infections urinaires.
Le taux d’IST pendant l’étude a été assez faible (2%) ; 65 et 60% des patientes avaient des taux de molécules détectables à 24 et 48 semaines, illustrant une assez mauvaise observance.
On n’observe pas d’acquisition du VIH pendant l’étude, mais il faut mettre cela en rapport avec le faible taux d’IST et le faible effectif. On en conclu que la tolérance est bonne et l’observance mauvaise…

Persitance de taux détectables de rilpivirine à longue durée d’action (RPV-LA) après une injection unique
Persistence of rilpivirine following single dose of long-acting injection I. McGowan (USA)

Cette étude n’avait pas été programmée initialement dans le schéma de développement de la RPV-LA, les patients inclus dans l’étude simple dose de rilpivirine devaient normalement embrayer directement sur une étude multidose mais pour des raisons techniques cela n’a pas été possible. Les patients ayant donc reçu une seule dose lors de la première étude se sont donc vu proposé un dosage de résiduelle de leur injection unique au moement de l’inclusion dans l’étude à doses multiples. On dispose donc ici de données pharmacocinétiques à très long terme après une simple dose de RPV-LA (utilisée à différents dosages). Il ne s’agit pas d’une question purement théorique puisque une contamination sous RPV-LA a déjà été décrite autour d’une étude de tolérance (Penrose K et al. JID 2016) Sept personnes ont pu participer à ce dosage de résiduelle: 7/7 (100%) avaient des taux détectables 541 jours en moyenne après l’injection unique, dans le plasma comme dans les prélèvements vaginaux. La concentration plasmatique moyenne était de 4.1 ng/mL.
Les molécules « d’action prolongée » portent donc plus ou moins bien leur nom, en sachant que manifestement la persistance de la molécule dans le plasma a des taux faibles est prolongée, mais pas forcément l’action préventive qui devrait aller avec …

Balance bénéfice risque entre PrEp et émergence de résistance virale sous PrEP
Benefits of pre-exposure prophylaxis relative to drug resistance risk R. Grant, (USA)

En cas d’échec, la PreP pourrait être une cause résistance virale, mais la présence d’une résitance pourrait également être une cause de l’échec de la PrRP.... Jusqu’à 60% de résistance au TDF/FTC ont été décrites dans certaines études en cas d’échec virologique sous traitement de 1ère ligne (Tenores Stydy, Lancet 2016).
Une revue systématique des essais a ainsi été réalisée par l’OMS. Une première revue (Fonner et al. AIDS 2016), pour 9 222 patients inclus dans des essais de PrEP, 5 ont été associées à une infection par un virus résistant (contre 1/6672 dans les bras placebo) . En analysant 3 études comparant TDF et placebo et 6 études avec TDF/FTC, les taux de résistance chez les patients exposés à la PrEP reste très faibles, et le rapport bénéficie-risque est en faveur de l’utilisation de la PrEP : pour l ‘association TDF/FTC, quand on cumule les données des essais iPrEx, Partners in PrEP, TDF2, FEM-PrEP et VOICE, 92 infections sont évitées grâce à la PrEP et 11 /180 patients qui s’infectent sous PrEP aboutissent à la sélection d’un virus résistant Par ailleurs, l’essentiel des résistances détectées chez les patients sous PrEP survient en fait chez des patients qui sont en primo-infection au moment de l’introduction de la PrEP (NDR : d’où les mesures d’encadrement très stricte de cette période d’initiation dans le cadre de la RTU française). En utilisant des tests ultrasensibles, le rapport bénéfice/risque change très peu.

La concentration résiduelle en dapivirine dans les anneaux vaginaux est un marqueur de l’observance.
Residual dapivirine ring levels indicate higher adherence to vaginal ring is associated with HIV-1 protection Elisabeth Brown, (USA)

’essai MTN-020 ASPIRE a montré que le taux d’efficacité des anneaux de Dapivirine (cf Chroniques de la CROI 2016) était de 27% globalement, meilleur chez les femmes qui avaient une meilleure observance de l’utilisation de l’anneau. Dans cette étude, les femmes étaient sensées revenir tous les mois avec l’anneau en place, anneau qui été remplacé par un nouveau. Les femmes bénéficiaient d’un test de dépistage mensuel et tous les 4 mois d’une mesure de l’ARN viral. Concernant l’utilisation réelle des anneaux de dapivirine, deux taux ont été mesurés: un taux plasmatique au moment de la visite et le cumul de l’utilisation des anneaux, qui paraît être un meilleur indicateur d’observance globale (le taux plasmatique illustre l’utilisation de l’anneau dans les 8 heures qui précèdent sa réalisation). Les anneaux sont chargés à 25 mg, on s’attend à avoir une dose résiduelle dans l’anneaux de 20-21 mg s’il a été utilisé un mois, et 24-25 mg en cas de non utilisation. Les limites utilisées pour l’analyse dans cette étude ont été : <23.5 mg : observance haute ou basse ; ≥ 23.5 : non observance; et un taux « intermédiaire » < 22 mg définissant une observance moyenne a élevée. La comparaison des trois valeurs montre que la protection est de 33% en cas de non-observance, 56% pour les observances hautes à basse, et 65% de réduction de risque pour les observances moyennes à haute Pour le 1/3 supérieur des femmes les plus utilisatrices, la protection monte à 75%.
Par contre les données de l’étude ne permettent pas de définir un seuil du « niveau d’utilisation protecteur » : la relation entre utilisation et infection est très linéaire… Par ailleurs cela pose la question de savoir si le dosage actuel est adéquat (mais finalement, moins du ¼ de la dapivirine de l’anneau est relarguée à un mois, ce qui fait qu’une augmentation de la charge en dapivirine ne se traduirait pas nécessairement par une augmentation de l’efficacité… et que l’anneau pourrait être utilisé plusieurs mois en restant efficace.



Effet d’une combinaison de vorinostat, maraviroc et hydroxychloroquine sur la charge virale après interruption de traitement chez des patients initialement traités en primo-infection.
Effect of vorinostat, hydroxychloroquine and maraviroc combination therapy on viremia following treatment interruption in individuals initiating ART during acute HIV infection Jintanat Ananworanich, US Military HIV Research Program, United States

Il s’agit d’un essai de preuve de concept chez un petit nombre de patients ayant initialement été traité au cours de la primo-infection VIH, et pour lesquels on fait une tentative d’arrêt, en comparant arrêt avec retraitement par ARV seul et l’adjonction d’une combinaison de Vorinostat, d’hydroxychloroquine et de maraviroc (trois cycles de traitement de 14 jours, la tolérance du vorinostat n’étant manifestement pas très bonne et n’autorisant pas une exposition très prolongée).
Les résultats sont globalement décevant : pas d’effet sur le réservoir ADN dans les PBMC, et une augmentation discrète des charge virales ultrasensibles chez quelques patients…

Atteindre les critères permettant de lancer un essai vaccinal : immunogénicité du vaccin C ALVAC-® (vCP2438) et gp120/MF59® du sous type C dans l’essai HVTN1000
Meeting the “Go”Criteria: immunogenicity from HVTN100, a phase 1/2 randomized, double blind, placebo-controlled trial of clade C ALVAC-® (vCP2438) and Bivalent Subtype C gp120/MF59® in HIV-uninfected South African adults Linda-Gail Bekker, Desmond Tutu HIV Centre, South Africa

Les essais ALVAC et AIDSVAC réalisés en Thaïlande ont montré une efficaicté réelle mais discrète… Ces vaccins ont été modifiés pour être potentiellement efficace sur les sérotypes C d’Afrique australe et a nécessité un essai préliminaire d’immunogénisité sud-africain : HVTN100. Un peu plus de 250 personnes ont participé (40 sous placébo et 210 vaccinés). Il n’y a pour l’instant pas eu de problèmes manifestes de tolérance et les résultats présentés aujourd’hui sont ceux de l’immunogénicité à 6 mois. Pour pouvoir passer à un essai vaccinal de grande échelle, 4 critères devaient être réunis, deux pour la réponse humorale et deux pour la réponse cellulaire (réponse Ac, magnitude de la réponse etc…) et tous ont été réunis, ce qui permet d’envisager d’aller vers un essai avec cette fois analyse d’efficacité, programmé à court terme (novembre 2016) chez 5 400 sud-africains.

Résultats de l’essai SAPPH-Ire, un essai randomisé d’interventions combinées chez les travailleuses du sexe du Zimbabwe...
Results of the SAPPH-IRe Trial: a cluster randomised trial of a combination intervention to empower female sex workers in Zimbabwe to link and adhere to antiretrovirals for treatment and prevention Frances Cowan, University College London, United Kingdom

et essai de grande ampleur randomise deux types d’approches combinées, l’une de référence existant déjà (approche « SISTERS ») et l’autre renforcée (approche « SAPPH-Ire »): PrEP, traitement antirétroviral, soutien par les pairs, renforcement communautaire… La proposition de service accueillant pour les travailleuses du sexe a entrainé une augmentation progressive du statut sérologique dans la population suivie depuis le début de l’essai. Si les résultats sont bons dans les deux interventions (on obtient globalement un 80-80-80), l’intervention SAPPH-Ire n’a pas permis de diminuer de façon significative le nombre de femmes ayant une charge virale indétectable, par rapport à la simple intervention « Sisters », bien que le programme le plus lourd ait permis de toucher plus de femmes et de les faire participer à plus d’activité.

PrEP chez les ados HSH américains de 15-17 ans
An HIV pre-exposure prophylaxis (PrEP) demonstration project and safety study for adolescent MSM ages 15-17 in the United States (ATN 113) Sybil Hosek, Stroger Hospital of Cook County, United States

On n’avait jusqu’à maintenant aucune données concernant la PrEP chez les adolescents : cette étude multicentrique américaine s’intéresse aux MSM de 15 à 17 ans ayant des facteurs de risque d’acquisition du VIH. Près de 3 000 ados ont été approchés, pour un prescreening final de 260 personnes, 108 ayant eu la visite de screening, et seulement 79 inclus, S’esui par ailleurs un nombre non négligeable de perdus de vue… C’est le recrutement « on Line », sur Facebook et Grinder, qui a été le plus rentable. L’une des barrières importante au recrutement est la mise en lumière de l’orientation sexuelle du fait de l’inclusion dans l’étude, vis-à-vis des parents.
La tolérance a été bonne… mais ce n‘est pas le cas de l’observance et de l’efficacité ! On observe 3 séroconversions pendant la courte période de l’étude, soit une incidence extrêmement élevée, 6.41/100 personnes années, ce qui est énorme pour une étude de preuve de concept sans placébo ! Les trois ados infectés ont des taux plasmatiques de ténofovir faibles ou indétectables. L’observance du traitement (mesurée via les taux plasmatiques de TDF) diminue de façon très substantielle après la 12ème semaine de PrEP. Sont associés à une moins bonne observance le fait de penser que prendre des traitements va les faire passer pour séropositif, ou mettre en lumière leur orientation sexuelle. Maigre consolation, on observe une diminution de l’incidence des IST (par rapport à leur présence à l’inclusion)

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 08:26
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Utilisation du Truvavda en PrEP aux Usa entre 2013 et 2015
Truvada (TVD) for HIV pre-exposure prophylaxis (PrEP) utilization in the United States (2013-2015) Scott McCallister, Gilead Sciences, United States

Le risque d’acquisition du VIH tout au long de la vie est de 50% chez les HSH noirs américains… 32 études de PrEP « dans la vraie vie » ont été réalisées, avec 8 478 participants et 7 061 personnes années exposées au TDF/FTC, avec une incidence proche de ce que l’on observait dans les études cliniques pré comercialisation. Cette nouvelle analyse a croisé les données des pharmacies délivrant le truvada pour la PrEP et des données d’assurance maladie : 79 684 personnes ont pris une PrEP entre 2012 et 2015, avec une augmentation de 783% entre le début et la fin de la période. On dénombre 18 812 femmes (la proportion de femmes diminue au fil du temps, et atteint moins de 25% en 2015, alors qu’elle était proche de 50% en 2012), l’âge moyen est de 36,2 ans, plus jeune chez les femmes. Les données raciales n’ont pas été présentées car elles sont incomplètes, mais à la question l’orateur a confirmé que les blancs étaient sur-representés dans l’utilisation de la PrEP si l’on se rapportait aux incidences et prévalences dans les différentes populations. Un activiste a posé la question qui fâche : comment se fait-il que le Truvada en PrEP soit aussi couteux, alors que l’essentiel des études de PrEP ont été réalisées sur des fonds publics et payés par les contribuables. L’orateur s’est abrité maladroitement derrière son statut de médecin qui ne participe pas à la politique comerciale de son employeur… (NDR : Il est d’ailleurs assez surprenant que les militants d’Act UP n’aient pas comme souvent surgit dans la salle en cours de présentation pour fustiger cette situation… tout se perd ma bonne dame !)

Session de communications orales libres : l’épidémiologie peut elle faciliter le passage à l’acte.
Can Epidemiology Lead to Action: Who, Where, When?

Renforcer la surveillance épidémiologique à l’heure des traitements antirétroviraux au KKwazulu-Natal.
Strengthening HIV surveillance in the antiretroviral therapy era: baseline findings of HIV prevalence and incidence from KwaZulu-Natal. Ayesha Kharsany, Centre for the AIDS Programme of Research in South Africa (CAPRISA), South Africa

L’objectif de l’étude est de mesurer incidence et prévalence en Afrique du Sud, et de mesurer la charge virale chez les personnes avec et sans traitement, dans la province ayant la plus haute incidence en 2012. La méthode a consisté a interroger des foyers, puis à sélectionner de façon randomisée un certain nombre de personnes pour une évaluation individuelle, comprenant un dépistage des IST et du VIH
15 100 foyers ont été sélectionnés après randomisation, et 9 812 personnes ont pu être inclues, avec une très nette prédominance de femmes (63%) ; plus de 80% des interrogés sont célibataires, le niveau d’études scolaire est globalement très bas (près de 50% n’ont pas dépassé l’équivalent ne notre niveau 6ème) La prévalence globale est de 36.3% (44% chez les femmes et 28% chez les hommes). Quel que soit le groupe d’âge, les femmes sont très nettement sur-representées. 86% des hommes et 90% des femmes sous traitement ont une charge virale < 1000 copies /mL. De façon un peu étonnante, 32% des personnes détectées VIH+ mais déclarant ne pas prendre d’ARV ont une charge virale assez basse, ce qui pose la question de la fiabilité des réponses.
L’incidence globale est de 3.27/100 personnes/année (4,34 chez les femmes et 2,38 chez les hommes), le taux d’incidence est trois fois plus élevé chez les femmes de 15-24 ans que dans les autres populations. (NDR : y’a du boulot en perspective…)

Corrélation spatiale entre charge virale populationnelle et incidence de l’infection par le VIH
Spatial association between population viral load and HIV incidence. David Maman, Epicentre - Médecins Sans Frontières (MSF), South Africa

Depuis l’étude de Tanser et al publiée dans Science en 2013, on sait que l’on peut faire une cartographie précise mettant en rapport prévalence et accès au traitement. MSF a décidé de reproduire l’expérience au Kenya, dans la région de Ndhiwa, selon une méthologie proche de celle décrite dans l’étude du Kwazulu-Natal présentées juste avant.
165 clusters ont été randomisés dans la région sus-citée, comportant 3 300 foyers et 6 076 personnes, avec une prévalence de 24% et une incidence de 1.9/100/Personnes années. 84% de ceux qui sont sous ARV ont une CV <1000> 1000 copies/mL.[/b] Dans les analyses spatiales entre risque de transmission et incidence, il y a une relation très linéaire Ces analyses montrent également qu’il y a beaucoup plus de déplacements d’hommes que de femmes au sein du disctrict, et que les hommes sont moins susceptibles d’avoir une charge virale <1> 25 ans (elle reste supérieure chez les femmes dans le groupe 15-24 ans, comme dans tout le reste de l’Afrique Australe).

Prévalence populationnelle de charges virales VIH non-indétectables chez les femmes sud africaines.
District prevalence of unsuppressed HIV in South African women: monitoring programme performance and progress towards 90-90-90. Jacob Bor, Boston University, United States

Cette étude s’est focalisée sur le moteur de l’incidence du VIH, qui est la prévalence de charges virales « non-indétectables » à l’échelle d’une population dans 52 districts d’Afrique du Sud. L’enseignement clé de cette présentation est une extrême hétérogénéité d’un district à l’autre : certain districts avec des prévalences globales du VIH très élevées ont aussi la prévalence la plus élevée de charges virales non-indétectables (ce qui sous entend que les besoins de la population en terme de prise en charge du VIH sont très mal couverts), et d’autres ont des prévalences du VIH basses et également des prévalences basses ou élevées de charges virales non-indétectables. Les interventions doivent donc être adaptées à chaque situation…

Essai PARTNER : association entre activité sexuelle sans préservatif et risque de transmission du VIH dans des couples sérodifférents où le partenaire infecté est traité de façon efficace.
Association between sexual activity without condoms and risk of HIV transmission in serodifferent couples when the HIV-positive partner is using suppressive antiretroviral therapy: the PARTNER study. Alison Rodger, University College London, United Kingdom

On ne présente plus l’étude PARTNER dont le premiers résultats avaient été présentés à la CROI en 2015. Les premiers résultats de cette étude montraient l’absence de transmission au sein de couples sérodifférents dont le partenaire séropositif avait une charge virale indétectable (<200) à l’inclusion.
L’observance au traitement a globalement été très bonne, et le rsque d’exposition est particulièrement élevé chez les MSM avec 18% d’IST. Des onze séroconversions observées, aucune n’est liée au virus du partenaire.
Le risque mesuré de transmission au sein du couple est donc de zéro (pour 1 238 couples/années observés, avec une estimation de près de 60 000 rapports sexuels intracouple), avec un intervalle de confiance maximal de 0,3% d’infections par année d’exposition globalement, mais qui va jusqu’à 2.7% chez les MSM ayant des rapports réceptif avec éjaculation (risque maximum) du fait du faible effectif concerné par cette situation (quelle que soit la valeur observée, même zéro, plus l’effectif est faible et plus l’intervalle de confiance augmente) : c’est la raison pour laquelle l’étude se poursuit jusqu’en 2018 chez les MSM, afin de disposer d’un intervalle de confiance plus serré. Ces résultats sont tout de même essentiels, et viennent conforter les données antérieures (NDR : damned, les Suisses avaient donc déjà raison il y a 8 ans !) qui doivent nous permettre de pleinement rassurer les couples étant dans cette situation.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 08:53
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Enseignements des modèles animaux en PrEP
Lessons Learned from Animal Models. Gerardo Garcia-Lerma CDC, Atlanta, (USA)

Les premières études de PrEP réalisées chez les animaux ont été des études de preuve de concept : définir une dose « humanisée » de TDF/FTC pour le modèle, reproduire l’exposition rectale : les premières données ont montré la très bonne efficacité de la PrEP et ont ouvert la voie aux études humaines. Puis, les essais de PrEP intermittente chez le macaque ont publiées en 2010 et 2014, ouvarant la voie à un essai comme Ipergay, avec doses pré exposition +/- doses post exposition. Chez le singe, ces études montrent que l’on est pas efficace en l’absence de dose post exposition. Puis les essais de modélisation d’une prEP à la demande (1 jour avant/2 heures après, 2h avant /1 jour après, un jour avant/un jour après ont pu débuter : les trois schémas ont une certaine efficacité, mais le premier pourrait être un peu plus efficace que les deux autres. En donnant deux doses deux heures avant l’inoculation, on obtient une protection complète comme avec l’administration d’une dose 1 jour avant/2h après.
La démonstration doit également être réalisée pour des inoculations vaginales, dans un modèle de macaques un peu différent ; la concentration vaginale de TDF/FTC après administration d’une dose est très inférieure à la concentration rectale, mais l’utilisation 1 jour avant/2h après reste très efficace malgré ce handicap, sans influence néfaste de l’adjonction de depo-provera ou d’une IST associée par Trichomonas ou Chlamydiae.

Efficacité de la PrEP à la demande : essai Ipergay.
Efficacy of « On Demand Oral PrEP » : The ANRS IPERGAY Trial. Jean-Michel Molina, Hôpital Saint-Louis, ANRS, Paris, France

On ne présente plus les résultats de l’essai Ipergay (cf chroniques de la CROI 2015), déjà largement chroniqué dans des épisodes antérieurs. On reprendra seulement les conclusions : la PrEP à la demande est hautement efficace, le faible usage des préservatifs n’en diminue pas l’efficacité, la tolérance est bonne, l’utilisation de la PrEP augmente le plaisir et écarte la crainte de la relation sexuelle. Elle permet d’élargir la palette des propositions en terme de PrEP, et enfin cette étude donne des orientations sur quand et comment débuter et arrêter la PrEP.

PrEP à la demande, versus journalière ou intermittente : essai ADAPT/HPTN067
« On Demand » vs Time Driven vs Daily PrEP: The ADAPT/ HPTN 067 Trial. Robert Grant, Gladstone Institute, UCSF, San Francisco, CA, USA

Cette étude a été inspirée par les données animales et les données d’Ipergay. Adapter la PrEP aux stratégies d’activité sexuelle permettrait d’être potentiellement efficace, moins couteux et mieux toléré.
L’essai a été mené chez les femmes et les hommes, avec une période de 6 semaines de DOT (!!), puis 24 semaines d’auto-administration avec un pilulier électronique, dans trois sites (NYC, Bangkok et Cape Town) et avec trois modes d’administration : tous les jours, en fonction des actes sexuels (un comprimé avant et un après) ou de façon intermittente. La « couverture » (au moins un comprimé dans les 4 jours précédent un acte sexuel et dans les 24h qui suivent) a été analysée : Que le traitement soit donné en permanence, à l demande ou de façon intermittente, chez les MSM et transgenres de Bangkok la couverture est élevée, qu’elle soit mesuré en auto évaluation, en pilulier électronique ou en dosages plasmatiques (entre 90 et 100%). Par contre chez les femmes à Cape-Town, les taux de couverture sont bien moindres, allant de 52% à 75% avec les meilleurs taux obtenus avec le traitement journalier. Dans le bras « à la demande » on ne retrouve des molécules que chez 30-40% des femmes après 18 semaines de participation. A New-York, alors que la population est théoriquement plus proche des MSM de Thaïlande, les taux de couverture sont encore plus mauvais que chez les femmes à Cape-Town.

Futur des recommandations de l’OMS concernant la PrEP
Future Directions of WHO Guidelines on PrEP Robert Grant, Gladstone Institute, UCSF, San Francisco, CA, USA

En septembre 2015, l’OMS a statué sur le fait que la PrEP orale à base de TDF devrait être proposée aux personnes à risque substantiel d’acquisition du VIH Cette recommandation est basée sur une analyse extensive de la littérature, et c’est bien gardée de proposer des modalités de PrEP (Fonner et al. AIDS 2016) ; on ne disposait à l’époque que de 400 patients pour la PrEP à la demande (Ipergay) contre 17 000 dans les essais de PrEP journalière, ce qui explique que la PrEP à la demande n’est pas spécifiquement été mise en avant. Depuis, l’OMS a recommandé de s’intéresser particulièrement à l’observance et à l’adaptation de la PrEP aux « saisons » d’activité sexuelle : une analyse complémentaire de l’essai Iprex a permis de faire une cartographie de l’activité à risque des participants et permet de mieux envisager comment bien adapter la prescription de la PrEP (Grant & Glidden, Lancet 2016).
Il est important de préciser aux utilisateurs que la protection optimale n’est obtenue qu’après 4 doses pour des rapports anaux et 7 doses pour des rapports vaginaux.

Dans la discussion ayant suivi l’ensemble de ces présentations : il n’y a pas eu de toxicité rénale particulière dans les essais de PrEP, il n’est donc pas parfaitement logique de conditionner l’utilisation de la PrEP au dosage de la créatinine, surtout dans les pays où ce dosage n’est pas disponible. Il est actuellement conseillé de doser tous les trois mois, on pourrait assez facilement passer à 6, voire une fois par an en l’absence de facteur de risque (en France la population cible de la PrEP est plutôt jeune et en bonne santé). La difficulté importante apparaissant dans la discussion est de savoir comment débuter et comment arrêter la PrEP en fonction des périodes de risque ; la PrEP à la demande, qui inclue ces recommandations, même si elles sont parfois un peu complexes, à l’avantage de l’anticiper, par rapport à la PrEP journalière. Bien faire comprendre les modalités d’utilisation de la PrEP sera un enjeu important pour les soignants et les pairs-éducateurs si l’on veut « passer à l’échelle ».

La PrEP à la rescousse des épidémies VIH hors de contrôle

Quels que soient vos centres d’intérêt, vous ne pourrez pas revenir de l’AIDS 2016 sans avoir entendu parler des prophylaxies pré-exposition (PrEP) : C’est indiscutablement la stratégie ‘vedette’ de cette conférence, l’axe thérapeutique qui aura suscité le plus de débats. La dichotomie initiale des ‘pro’ et des ‘con’, parfois musclée, semble avoir cédé progressivement, au fil de l’accumulation des études positives – et malgré les déceptions suscitées par les études ne retrouvant qu’un faible bénéfice, voire aucun.

L’évolution des positions sur ce sujet n’est pas sans rappeler ce qu’a été, au début de ce siècle, le débat sur l’accès aux combinaisons d’ARV dans les pays en développement (PED). Certains des opposants considéraient que la prévention primait, qu’il valait mieux investir chaque centime d’euro dans cet axe pour les PED, pour ne pas se retrouver à essayer de vider une baignoire qui continuait à se remplir à plein régime. D’autres opposants disaient ouvertement que l’état des systèmes de santé des PED ne remplissait aucune des exigences minimales pour assurer le recrutement des patients, l’instauration des traitements et leur suivi, et qu’on allait créer des souches toto-résistantes en quelques années. Ou que le coût serait prohibitif…
La plupart de ces arguments n’étaient pas délirants, et les opposants pas forcément des grands cyniques, mais la suite allait leur donner tort : L’accumulation des données obtenues par les premières études, menées par les ‘believer’, en Afrique, en Haïti ou en Asie, a nettement refroidi ces opposants : Les combinaisons d’ARV se sont avérées largement aussi bénéfiques dans les PED, même dans des conditions très éloignées de nos standards. Certains programmes du Sud ont même eu le toupet de faire mieux qu’au Nord, notamment en termes d’observance, malgré des moyens nettement limités ! La démonstration quelques années plus tard de l’impact majeur de l’accès aux ARV sur les risques de transmission, et donc sur l’incidence, a fini de balayer toute contestation : Personne ne peut dire, en 2016, que les combats menés il y a presque 20 ans pour l’accès aux ARV en Afrique étaient prématurés…

Pour le PrEP, le processus est proche. Après la phase d’affrontement, pendant laquelle les principaux arguments des opposants étaient : i) la PrEP ne protège que du VIH (et sans doute du VHB) ; ii) la capote coûte moins cher, et protègera de beaucoup d’autres IST; iii) il faut mettre le paquet sur les interventions visant à convaincre les personnes à haut risque de réduire leurs risques, plutôt que de les couvrir partiellement avec un médicament ; iv) le coût sera prohibitif.
Cette fois encore, on sent que les données accumulées par les ‘believer’ effacent progressivement le clivage. Des essais comme Ipergay ne peuvent pas laisser indifférents : il existe, dans un pays comme la France où de multiples mesures de prévention ont été mises en place depuis plus de 30 ans, des personnes pour qui le risque de contracter le VIH dans l’année est > 5%. Il existe aussi un traitement simple et bien toléré qui réduit ce risque de plus de 90%. CQFD…
L’IAS 2016 ne s’y est pas trompé, et les débats ont surtout porté sur les différentes manières d’utiliser cette nouvelle stratégie (en continu, ou à la demande), selon les populations ciblées. Tous les soignants en prise à des épidémies VIH non contrôlées envisagent d’appliquer cette stratégie nouvelle à leurs populations ‘clés’, qu’elles soient des travailleuses su sexe, des usagers de drogues, ou des MSM à haut risque.
Il manque cependant encore beaucoup d’informations, notamment sur l’intérêt de la PrEP pour les femmes à haut risque. Et il ne faut pas sauter les étapes : le sexe est peut-être ici un paramètre qui change beaucoup l’efficacité de l’intervention, sachant que les concentrations intra-vaginales sont nettement plus faibles que les concentrations intra-rectales lors de traitements par d’emtricitabine/tenofovir per os.
Il faut donc poursuivre la recherche, pour apporter la meilleure réponse possible à ces débats : la réponse de la science. Nul doute que les années à venir vont nous apporter des données sur la protection des travailleuses du sexe, des adolescentes et jeunes femmes en Afrique du Sud, des usagers de drogue, etc.
L’objectif ultime est de découvrir, pour ces populations à risque, les outils de prévention qui, combinés, les protègeront le mieux !
En laissant de côté toutes les idées pré-conçues…

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 09:37
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VIH : le traitement précoce réduit les transmissions de 96 %

Initier tôt le traitement antirétroviral permet de réduire de 93 % le risque d'infection par le VIH. Une étude internationale menée sur 10 ans vient de le montrer.



Traiter l’infection par le VIH pour prévenir d’autres contaminations, ça marche ! Voilà une nouvelle qui devrait éclairer la Conférence internationale sur le Sida, qui se tient à Durban (Afrique du Sud) du 18 au 22 juillet. Un essai clinique mené dans 9 pays vient de livrer ses résultats définitifs. Ils sont aussi publiés dans le New England Journal of Medicine. Administrés suffisamment tôt, les antirétroviraux permettent d’éviter une transmission du virus.

http://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1600693

46 contaminations

Cette étude, nommée HPTN 052, a démarré au cours de l’année 2005. 1 760 couples séro-discordants, c’est-à-dire où un conjoint est séropositif et l’autre non, ont été suivis jusqu’à aujourd’hui. Le traitement antirétroviral a été engagé selon deux protocoles : la moitié des personnes infectées par le VIH a reçu les médicaments dès le diagnostic, alors que leurs lymphocytes étaient préservés ; l’autre moitié a bénéficié du traitement après une légère chute des lymphocytes.

Au cours du suivi, 78 partenaires ont été contaminés par le VIH. 46 cas étaient liés aux relations au sein du couple. 3 seulement appartenaient au groupe où le traitement était initié tôt. Ces résultats montrent donc que les antirétroviraux fournissent une protection fiable et durable contre le virus. En cela, ils pourraient constituer un nouveau volet de l’approche TASP (treatment as prevention), qui consiste à proposer les médicaments aux personnes séropositives en prévention d’une éventuelle transmission.

96 % de transmissions en moins

Les chercheurs ont chiffré le bénéfice apporté par une initiation rapide des antirétroviraux. Par rapport à une prescription retardée, le risque de contamination est réduit de 93 %. En effet, lorsque la réplication du virus dans l’organisme est interrompue, cette transmission n’a plus lieu. Ainsi, les transmissions effectives étaient 96 % moins nombreuses.

« L’étude HPTN 052 confirme le besoin urgent de traiter les personnes infectées par le VIH dès le diagnostic, afin de protéger leur santé et la santé publique », estime Myron Cohen, co-auteur de l’étude, qui salue l’investissement des participants et de ses collègues chercheurs.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 10:14
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http://web-engage.augure.com/pub/link/4 ... s.org.html

Pharma greed kills #sofosbuvir #hepatitisC free the cure @GileadSciences @iasociety #Activism @assoAIDES



Ça chauffe pour l'industrie pharmaceutique à la conférence #AIDS2016 ! Des traitements moins chers et pour touTEs !


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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 10:39
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VIH EN FRANCE : PREMIÈRE CARTOGRAPHIE RÉGIONALE DE L’ÉPIDÉMIE

Une étude soutenue par l’ANRS (France REcherche Nord&sud Sida-hiv Hépatites) fournit pour la première fois, grâce à une modélisation statistique, une cartographie régionale de l’épidémie du VIH en France. Les résultats de cette étude sont présentés lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2006) qui se tient à Durban (Afrique du Sud) du 18 au 22 juillet 2016
Au cours des deux dernières décennies, grâce aux traitements antirétroviraux, la qualité et l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH ont été considérablement améliorées. Ce succès thérapeutique combiné aux bénéfices des antirétroviraux en matière de prévention du VIH a suscité de nouveaux espoirs de mettre fin à l’épidémie du VIH. Transformer cet espoir en réalité va nécessiter une accélération de la riposte et donc des actions ciblées envers les populations et les régions les plus affectées par le VIH. Cela ne sera possible que si l’on a une connaissance hautement précise et localisée de l’épidémie du VIH. Or jusqu’ici, notre connaissance de l’épidémie était le plus souvent limitée au niveau national. Dans une étude présentée en communication orale à la 21ème Conférence Internationale sur le SIDA (AIDS 2016) qui se tient à Durban en Afrique du Sud, une équipe de recherche de l’INSERM, en collaboration avec l’InVS, montrent comment utiliser la modélisation statistique et les données de surveillance du VIH pour cartographier l’épidémie du VIH et ainsi orienter les actions de prévention et de dépistage.
Cette étude a permis d’estimer le nombre de nouvelles infections par le VIH, les délais entre infection et diagnostic du VIH et le nombre de personnes ignorant leur séropositivité pour le VIH, au niveau national et régional en France.

Un nombre de nouvelles infections qui ne diminue pas

Les estimations produites dans cette étude montrent que le nombre de nouvelles infections ne diminue pas en France et atteint 7100 nouvelles contaminations en 2013. Sur les 7100 nouvelles infections à VIH survenues en 2013, plus de 50% seraient survenues chez des personnes résidant dans trois régions (Figure 1 A): Ile-de-France (IDF) (42%), Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) (7%) et Rhône-Alpes (6%). Rapporté au nombre de personnes vivant dans chaque région, le nombre de nouvelles infections à VIH était le plus élevé en Guyane[1] (18 pour 10000), Guadeloupe (7 pour 10000), IDF (4 pour 10000) et Martinique (3 pour 10000) (Figure 1 B). Le nombre de nouvelles infections serait en augmentation dans la région PACA alors qu’il restait stable en IDF.



Un délai entre infections et diagnostic important

Les délais entre infection et diagnostic (Figure 2) restent longs au niveau national, 3,3 ans en médiane, et dans certaines régions comme la Réunion (délai médian de 4,2 ans) et la Guyane (délai médian de 4 ans).



Une « épidémie cachée » qui se maintient

Le retard au diagnostic se traduit par l’existence et le maintien d’une « épidémie cachée », c’est-à-dire d’un nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité. La répartition géographique des personnes ignorant leur séropositivité est similaire à la répartition géographique des nouvelles infections. Sur les 24800 personnes ignorant leur séropositivité pour le VIH à la fin de l’année 2013, plus de 50% vivaient dans trois régions (Figure 3 A): IDF (42%), PACA (6%) et Rhône-Alpes (6%). Rapporté au nombre de personnes vivant dans chaque région, le nombre de personnes ignorant leur séropositivité était le plus élevé en Guyane (66 pour 10000 habitants), en Guadeloupe (27 pour 10000), en Martinique (13 pour 10000) et en IDF (9 pour 10000) (Figure 3 B).



Deux populations principalement touchées

Cette étude permet également de préciser quelles sont les populations les plus affectées par le VIH dans chaque région française. En IDF, l’épidémie du VIH est concentrée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes hétérosexuelles, femmes et hommes, nées en Afrique sub-saharienne. En PACA, ces sont les HSH qui sont le plus touchés par le VIH, et l’augmentation du nombre de nouvelles infections dans cette région est essentiellement due à une augmentation du nombre de nouvelles infections chez les HSH résidant dans cette région. En Rhône-Alpes, ce sont les HSH et les femmes hétérosexuelles nées en Afrique subsaharienne qui sont le plus affectés par le VIH. En Guyane et en Guadeloupe, l’épidémie est principalement concentrée chez les femmes et hommes hétérosexuels nés en Amérique Latine ou en Haïti.
Cette étude met donc en évidence une répartition géographique de l'épidémie très hétérogène, mais également une épidémie concentrée dans certaines régions, avec plus de 50% des nouvelles infections du VIH et des personnes ignorant leur séropositivité regroupées dans trois régions de la métropole (IDF, PACA et Rhône-Alpes) et des taux très élevés dans les départements français d’Amérique (Guyane, Guadeloupe et Martinique). Cette forte concentration de l’épidémie dans un nombre réduit de régions donne l’opportunité d’intensifier les programmes de prévention et de dépistage dans ces régions pour avoir un impact significatif sur la transmission du VIH en France.
C’est la première fois, en France, mais également au niveau international, que sont produites des estimations au niveau local pour les trois principaux indicateurs épidémiologiques permettant de suivre la progression de l’épidémie et l’accès au diagnostic du VIH. Ces estimations vont permettre d’adapter les réponses aux besoins spécifiques de chaque région, et dans chaque région auprès des populations les plus touchées par le VIH, et par la suite d’évaluer l’impact de ces réponses sur l’épidémie du VIH.
Cette étude est financée par l’ANRS et HIVERA, dans le cadre des projets INDIC et HERMETIC

Abstract

Marty L, Cazein F, Pillonel J, Costagliola D, Supervie V & the HERMETIC study group. Mapping the HIV epidemic to improve prevention and care: the case of France. 21th International AIDS Conference, Durban, South Africa, July 18-22, 2016. Abstract TUAC0203.
[1] Ces données comprennent également Saint-Martin et Saint-Barthélémy




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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 11:47
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Les populations clé : au cœur de la riposte à l'épidémie et pourtant en marge des priorités.




http://www.aides.org/presse/les-populat ... rites-3447

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 20 Jl 2016 - 11:57
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