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19 Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 10 Jl 2016 - 05:15
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Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016, Durban, Afrique du Sud) - ANRS



http://www.aids2016.org/

L'ANRS sera présente à la 21ème Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016, Durban, Afrique du Sud)



http://www.anrs.fr/Qui-sommes-nous/Actu ... que-du-Sud

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 10 Jl 2016 - 05:53
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L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida. Bruno Spire, ancien président de Aides, est directeur de recherches à l'INSERM.
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays?
L'épidémie en France n'est toujours pas contrôlée. Les patients diagnostiqués ont accès aux soins, à l'exception de difficultés pour les patients étrangers en situation irrégulière. Près de 95% des patients traités sont en succès virologique et ne contribuent plus à transmettre le virus. Cependant, l'épidémie continue de progresser parmi les hommes gays et les migrants d'Afrique à partir de personnes infectées non diagnostiquées et du coup non traitées avec plus de 6000 contaminations chaque année.
Votre principal combat aujourd’hui?
Faire diffuser largement la palette d'outils diversifiés de prévention sexuelle que sont les préservatifs, le Tasp et la Prep au sein d'une offre de santé sexuelle. Il est temps qu'on arrête d'avoir bêtement peur d'avoir des relations sexuelles avec des personnes séropositives qui sont traitées alors que le risque est nul et qu'on néglige de se protéger avec des partenaires qui ne sont pas surs de leur statut sérologique
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
Beaucoup de communication sur la PreP à grande échelle de l'expérience américaine où l'on commence à voir des effets sur la baisse de l'épidémie! J'espère aussi qu'on verra s'amplifier la recherche communautaire associant chercheurs et militants associatifs à travers le monde.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 13 Jl 2016 - 02:48
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L’AFRIQUE DU SUD, LE BON ÉLÈVE DU CONTINENT AFRICAIN ?



Depuis la première conférence de Durban, en 2000, l’Afrique du Sud est devenue un leader régional dans la réponse à l’épidémie de VIH. Le retour, seize ans après de la conférence Aids en Afrique du Sud, est l’occasion de faire un bilan de l’action politique en matière de prévention et d’accès aux soins pour les personnes séropositives.

La boucle est bouclée. Plus de quinze ans après la première conférence mondiale sur le sida sur le continent africain, la ville de Durban accueille une nouvelle fois l’International aids society, du 18 au 22 juillet prochain. En matière de lutte contre le VIH, l’Afrique du Sud partait d’assez loin. Au début du troisième millénaire, le pays possédait l’un des plus hauts taux de prévalence du virus parmi sa population : 24,5 % en 2000. Nelson Mandela, ancien président d’Afrique du Sud, avait rappelé en 2000 dans son discours de clôture de la conférence, que si rien n’était fait, un jeune Sud-africain sur deux mourrait des suites du sida. Alors même que les gouvernements du moment refusaient de prendre en compte l’épidémie, voire mettaient en péril la lutte contre le sida, en contestant le danger immédiat de l’épidémie. Depuis, des politiques de santé publique ont permis à un des pays les plus riches d’Afrique de faire d’énormes progrès, certes encore insuffisants, contre le VIH.

Couverture et prévention

Avec 54 millions d’habitants, et d’une taille similaire à l’hexagone, l’ampleur de l’épidémie est sans comparaison possible avec la France. Selon les estimations de 2015, le nombre de personnes vivant avec le VIH en Afrique du Sud dépasse les 7 millions (chiffres Onusida), contre environ 150 000 en France. Cette situation d’épidémie généralisée dans la population a déjà coûté la vie à plusieurs millions de personnes. Les femmes payent un tribut encore plus fort, avec une prévalence, chez les jeunes filles, quatre fois plus élevée que chez les jeunes hommes. Mais la conférence de Durban en 2000 a eu l’effet d’un électrochoc salvateur. Alors que la ministre de la Santé de l’époque jugeait les antirétroviraux inutiles, préférant un "remède ancestral", le président de l’époque, Thabo Mbeki, a lui longtemps nié l’urgence du sida, et a durablement refusé l’arrivée des traitements, perçus comme un impérialisme des entreprises occidentales. En 2003, il se décide enfin à mettre en place un programme d’accès aux traitements antirétroviraux en Afrique du Sud. A partir de là, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH a connu une amélioration spectaculaire. Et a porté ses fruits. En 2012, plus de 80 % des femmes enceintes avaient accès à un traitement pour empêcher la transmission mère-enfant. Un taux parmi les plus élevés d’Afrique. Le pays a aussi bénéficié, avec la création du Fonds mondial de lutte contre le sida en 2001, de la mise en place d’une solidarité internationale via des financements de programmes de prévention et de soins. En Afrique subsaharienne, on estime à 1,4 million le nombre des nouvelles infections à VIH en 2014. Une chute de 41 % depuis 2000. Les décès ont baissé de 34 % entre ces deux dates. Ce qui a bénéficié naturellement à l’Afrique du Sud. La prévalence, en 2015, chez les personnes de 15 à 49 ans est de 19,2 %.

Continuer et accentuer le travail initié

Tout est loin d’être parfait évidemment, mais les progrès accomplis en moins de deux décennies sont un signal fort, montrant que l’Afrique du Sud, comme bon nombre de pays du continent, a saisi l’importance de prendre en charge cet enjeu de santé publique. Les outils sont connus, sont de plus en plus accessibles, mais des obstacles politiques ou sociaux se posent encore. Les violences, sexistes ou homophobes, freinent l’accès aux soins des femmes ou des hommes gays, très vulnérables à l’épidémie. L’Afrique du Sud est plutôt un ilot de progressisme au niveau légal, avec des lois anti-discriminations. Mais un énorme chemin reste à parcourir pour mieux prendre en compte les besoins spécifiques des personnes vivant avec le VIH. "Aujourd’hui, les efforts organisationnels et financiers sont réels, l’aide internationale est mobilisée pour lutter contre le VIH dans le pays et plus de deux millions de personnes sont sous antirétroviraux (environ 40 % des personnes en indication de traitement). Toutefois, l’Afrique du Sud aurait besoin de trois fois plus de professionnels de santé face à l’épidémie de VIH", expliquait encore Sophie Lhuillier de l’association Sidaction, en octobre 2014. Le traitement pour tous, c’est l’un des messages principaux de Durban édition 2016, qui n’est toujours pas effectif en Afrique du Sud comme ailleurs. Ce sera un des axes clés dans la réponse contre l’épidémie. Il faudra voir si, sur ce point comme sur d’autres, il y aura comme en 2000, un nouvel effet Durban pour l’Afrique du Sud.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 13 Jl 2016 - 02:54
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Durban J-6. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida. Florence Thune est la directrice des programmes France de Sidaction.
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays?
On estime à 150 000 personnes le nombre de personnes vivant avec le VIH en France mais on sait également qu’entre 20 000 et 25 000 parmi elles ne connaissent pas leur statut. Il y a donc une urgence en termes de dépistage, d’autant plus que l’accès aux traitements en France est en général facilité par notre système de couverture sociale. Il est cependant important de rappeler que cette entrée dans les soins ne va pas toujours de soi pour des personnes faisant face à des situations de grande précarité, et notamment les personnes migrantes sans papiers.
Votre principal combat aujourd’hui?
Si l’accent doit être mis sur la prévention de nouvelles contaminations (et on a la chance maintenant de disposer d’une palette d’outils diversifiés et adaptés à chacun-e), il ne faut pas oublier d’accompagner au mieux les personnes déjà contaminées, et notamment celles vieillissant avec le VIH, affectées par des comorbidités, et supportant depuis plus de 2 décennies le poids des traitements, du virus et de ses conséquences sociales.
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
Que ce soit l’occasion de rappeler à tous les acteurs de la lutte contre le sida que nous n’arriverons pas à mettre fin à l’épidémie, quels que soient les moyens mis en œuvre, si les droits humains de tous et toutes ne sont pas respectés et défendus, notamment en matière d’identité sexuelle et de genre… Et que la guerre contre ce virus ne sera pas non plus terminée si on laisse à nouveau les écarts se creuser entre les pays en termes d’accès à la prévention, aux traitements et au suivi biologique.

et voilà VOTRE site TOUT chaud



http://espacefrancophoneaids2016.fr/#/

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 13 Jl 2016 - 09:39
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Durban J-5. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida: Dr Safiatou THIAM, Conseil National de Lutte contre le Sida, Sénégal.
Quelle est la situation du VIH au Sénégal?
L’épidémie du VIH au Sénégal est concentrée avec une prévalence faible de 0,7% dans la population générale avec des disparités en fonction du sexe, de l’âge et de la région. Les femmes sont 1,6 fois plus infectées que les hommes. Cette prévalence plus élevée chez les femmes est notée au niveau de presque toutes les tranches d’âge.
Chez les jeunes, les jeunes filles sont 3 fois plus infectées que les garçons.
La prévalence est plus élevée chez les adultes que chez les jeunes. Elle augmente en fonction de la tranche d’âge.
Si la prévalence est faible et stable dans la population générale, elle est beaucoup plus élevée chez certaines catégories de population comme les populations clé les plus exposées au VIH notamment les Professionnelles du sexe (18,5% ; ENSC, 2010), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (17,8% ELIHoS, 2014) et les Consommateurs de drogues injectables (globalement : 5,2% ; chez les injecteurs = 9,4% selon le rapport UDSEN, 2011).
Le mode de contamination du VIH reste essentiellement par voie sexuelle
Sur les 45 000 PVVIH estimées, 18375 sont sous Traitements ARV.
Environ 718 nouveaux décès liés au VIH ont été notifiés au courant de l’année 2015 dont 661 adultes et 57 enfants.
Votre principal combat aujourd’hui?
Je soutiens le combat des femmes et des jeunes dans la lutte contre le sida! Nous travaillons au côté des hommes à la construction du monde de demain.
Je suis consciente que les femmes constituent un atout central dans la riposte contre le sida. L’épidémie du sida s’est féminisée dans nos pays, du fait de la plus grande vulnérabilité des femmes, en raison de facteurs sociaux économiques et culturels spécifiques à nos régions : violences faites aux femmes, pauvreté et exclusion, manque d’éducation et structure patriarcale de notre société représentent autant de handicaps que nous devons dépasser pour échapper à notre trop grande vulnérabilité
Il y a également toutes les questions d’accès à la santé pour toutes les catégories de populations en particuliers les jeunes filles et adolescentes, de droits humains pour les populations les plus marginalisées, pour les populations clé. Les femmes que nous sommes, avons un grand rôle à jouer dans la transformation de nos sociétés africaines.
Réussir notre mission comme implique une réforme de nos sociétés pour un réel développement durable. C’est également saisir les opportunités qui ne peuvent aboutir sans l’apport des femmes tant dans la réflexion que dans l’action.
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
Des opportunités de rencontres, de développement de partenariats pour la riposte au sida. Aussi d’échanger et de partager les expériences des autres pays sur les questions les plus brulantes, d’obtenir des réponses sur des questions scientifiques encore pendantes. Et surtout d’être au courant des innovations majeures dans la lutte contre le sida surtout en matière de traitements, de soins et de prévention des nouvelles infections dans l’optique d’atteintes les UN 90.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 14 Jl 2016 - 15:41
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Durban J-4. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida: Eve Plenel, coordinatrice de « Vers Paris sans sida ».
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays?
L'épidémie de VIH en France demeure active et doublement concentrée : concentrée géographiquement, notamment dans la région parisienne, et concentrée dans les populations clés, notamment les hommes homosexuels, les personnes originaires d’Afrique subsaharienne et dans une moindre mesure les personnes transgenres. Le système de prise en charge et l’accès aux traitements et aux soins sont bons : ainsi à Paris, 96% des PVVIH diagnostiquées sont sous traitement antirétroviral et 94% des personnes traitées depuis plus de six mois ont une charge virale indétectable.
Pourtant, en dépit de ces bons résultats, l’incidence est stable, voire en hausse dans certains groupes comme les jeunes HSH. À Paris, l’épidémie est concentrée à 90 % dans deux groupes, les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes (52 %) et les migrants originaires de pays à forte prévalence (38 %). Pour ces derniers, entre un tiers et la moitié des infections sont acquises après l’arrivée en France. Rapportés à la population parisienne, les nouveaux diagnostics sont 5 fois plus nombreux que dans le reste de la France.
Tout cela dans un contexte plus général marqué d'une part par le recul des réflexes de prévention, des connaissances objectives et de l'usage du préservatif, en particulier chez les moins de 25 ans, et d'autre part par un niveau toujours élevé de stigmatisation et de précarité socio-économique accrue pour les PVVIH.
Bref, une situation paradoxale et politiquement inacceptable, avec un système sanitaire de pointe incapable d'enrayer durablement l'épidémie et de garantir des conditions de vie correctes aux PVVIH.
Votre principal combat aujourd’hui?
Je viens d'être nommée par la Ville de Paris pour coordonner la mise en oeuvre de la stratégie "Vers Paris sans sida", issue du rapport éponyme remis par France Lert à la Maire de Paris le 1er février dernier, et qui fait suite à l'engagement de Paris aux côtés d'ONUSIDA, d'UN-Habitat et d'IAPAC pour accélérer la riposte au VIH dans et par les villes (Fast-track cities initiative).
La stratégie parisienne repose sur un programme politique ambitieux et volontariste qui vise à atteindre d'ici 2020 l'objectif des 3 x 90 et à horizon 2030 la fin de la transmission du VIH sur le territoire parisien. C'est un projet global, fondé sur les expertises croisées des personnes concernées, des chercheurs, des cliniciens et des acteurs communautaires, et qui s'inscrit dans un projet de société : une société plus inclusive, visant l'égalité réelle et la fin des vulnérabilités sanitaires qui touchent certaines populations plus que d'autres.
Concrètement, les premiers combats à mener dès 2016 sont le renforcement et l’amélioration du dépistage au plus près des groupes concernés, la promotion du nouveau paradigme de prévention diversifiée, une montée en charge significative de l'offre de PrEP et des rencontres institutionnelles avec les administrations dont les politiques peuvent impacter négativement l'accès à la prévention et aux soins des populations clés (migrants, professionnels du sexe, trans...).
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
La conférence de Durban est l'occasion pour le Dr Bernard Jomier, adjoint à la Maire de Paris chargé de la santé, et moi-même de donner de la visibilité au programme parisien sur la scène internationale, de renforcer nos liens avec les villes et institutions partenaires, d'inscrire notre travail dans un réseau de coopération, mais aussi de renforcer nos partenariats privés pour financer la stratégie "Vers Paris sans sida".
Cette présence sur la scène internationale s'inscrit dans la continuité de l'engagement de Paris dans la lutte contre le sida à l'international, qui se traduira en 2016 par l'organisation d'un séminaire de coopération avec les Maires d'Afrique francophone engagés dans la riposte à l'épidémie.



http://espacefrancophoneaids2016.fr/actualites/

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 15 Jl 2016 - 06:32
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Durban J-3. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida: Aurélien Beaucamp, président de l'Association AIDES.
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays?
En France, nous sommes à un moment charnière : si le nombre de nouvelles contaminations restent relativement stable depuis plusieurs années, on constate que l'épidémie ne recule plus. L'épidémie reste particulièrement active dans certains groupe de populations, en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes. A AIDES on ne peut se satisfaire de cette situation, qui appelle des réponses ciblées, innovantes et adaptées aux besoins des publics les plus exposés. Nous y travaillons !
Votre principal combat aujourd’hui?
L'essentiel de notre action est dédiée à un objectif : faire reculer le nombre de contaminations. Nous mettons tout en oeuvre pour que chaque personne séropositive connaisse son statut, et puisse être accompagnée dans le soin le plus précocement possible. Parallèlement nous développons de nouvelles stratégies de prévention et de réduction des risques, au plus près des besoins des personnes, afin que les personnes séronégatives que nous rencontrons sur nos actions le restent. C'est en avançant de front sur ces deux objectifs que nous parviendrons à avoir un impact sur l'épidémie.
La lutte contre les discriminations vécues par les personnes séropositives est également au coeur de notre action. Si la science et la médecine ont fait beaucoup de progrès ces 20 dernières années, la perception du VIH dans la société est à bien des égards restée bloquée dans les années 80.
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
Nos revendications pour cette conférence de Durban se concentrent autour de 3 axes clé :
1/ des financement internationaux à la hauteur des besoins : il manque aujourd'hui plusieurs millards de dollars par an au niveau mondial pour avoir un réel impact sur l'épidémie. Sans une augmentation de ces financements, les contaminations repartiront à la hausse et les progrès réalisés ces 15 dernières années seront réduits à néant. Et la France a ici un rôle déterminant à jouer. Nous ne pouvons que regretter le statu quo récemment annoncé par François Hollande sur la contribution française au Fonds mondial. Derrière cette décision sans ambition, se joue la vie de centaines de milliers de malades, et une occasion manquée de renverser le cours de l'histoire
2/ Le respect inconditionnel des droits humains
Parce que le VIH touche de façon disproportionnée des groupes sociaux déjà vulnérables et/ou marginalisés - femmes, homosexuels, personnes trans, travailleuses et travailleurs du sexe, usager-e-s de drogue... - les droits fondamentaux de ces populations doivent être respectés et sanctuarisés.
On ne peut plus accepter que des personnes soient criminalisées, stigmatisées ou se voient refuser l'accès aux soins et à la prévention du fait de leur pratiques ou de leur orientation sexuelle. Si nous voulons mettre fin au sida, nous devons d'abord mettre fin à ces mauvais traitements
3/ un accès facilité à la PrEP partout dans le monde, pour les populations les plus directement exposées.
L'accès universel au traitement, objectif ultra-prioritaire, doit AUSSI inclure l'accès au traitement préventif. Nous devons avancer sur les deux front de façon parallèle. Le traitement préventif (ou PrEP) a fait la preuve de son efficacité pour empêcher de nouvelles contaminations, et il serait absurde de continuer à se passer de ce nouvel outil. Or seuls 6 pays ont à ce jour autorisé la PrEP, et dans les faits il reste bien souvent difficilement accessible. Chacun doit comprendre qu'une personne mise sous PrEP aujourd'hui, c'est une personne qui n'aura pas besoin d'être mise sous traitement demain.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 15 Jl 2016 - 08:27
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Le CNS présentera ses travaux sur la pénalisation de la transmission du VIH à l’occasion de la Conférence internationale AIDS 2016 à Durban, Afrique du Sud, du 18 au 22 juillet 2016.




Le poster THPED423, “Criminal risk for PLHIV in France as a result of unprotected sexual relations”, sera présenté le jeudi 21 juillet 2016 de 12h30 à 14h30, dans la zone d’exposition des posters, premier niveau (près de l’entrée).

Ce poster, qui sera disponible en ligne à l’issue de la conférence, présente des données et des recommandations issues de l’Avis suivi de recommandations sur la pénalisation de la transmission sexuelle du VIH en France, publié en 2015 par le CNS.

http://cns.sante.fr/wp-content/uploads/ ... blique.pdf

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 15 Jl 2016 - 10:38
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La France, la santé mondiale et la lutte internationale contre le sida

L’ouverture lundi 18 juillet à Durban, en Afrique du Sud de la 21e conférence sur le sida (AIDS 2016) donne l’occasion de réfléchir sur la place qu’a occupée la France dans ce chantier mondial. Paris en effet a joué un rôle certain dans la définition et le lancement de la stratégie internationale de lutte contre le sida, et cette lutte est devenue sa principale contribution à la santé mondiale.

Elle l’a fait grâce à la détermination et au professionnalisme du groupe de pression constitué par les associations de malades, et par une stratégie rapidement internationale : création d’associations de malades dans les pays africains, mobilisation de ces associations pour faire pression sur les gouvernements de ces pays, de sorte que ces derniers adoptent la position française aux Nations-Unies. Vingt ans après, il était temps de faire le bilan. Le Lancet en offrait l’occasion, puisqu’il consacrait en mai une série à « la France et la santé globale ». Cette occasion a-t-elle été saisie ?

Le numéro spécial du Lancet comporte deux gros articles, l’un sur le système de santé français, l’autre sur l’aide internationale de la France en matière de santé. C’est ce dernier article qui nous intéresse ici. Il est complété par diverses contributions inattendues qui éclairent le contexte : l’une du Président de la République, François Hollande, une autre de Richard Lane, qui dresse un portrait de Jean-Paul Moatti, PDG de l’IRD. Pour évaluer cet ensemble, on tentera de répondre à cinq questions.

Un modèle vraiment innovant ?

Est-il vrai que les institutions originales créées en marge de l’OMS sont « un modèle unique et innovant de partenariat dans le financement du développement international, donnant voix aux agents de terrain, à la société civile, et au secteur privé à côté des gouvernements donateurs et bénéficiaires » (Lancet 387, 28 mai 2016, p.2257) ?

En réalité, le secteur privé n’apporte au Fonds mondial que 3,5 % de ses ressources, et le seul partenaire privé qui contribue significativement est la BMGF (fondation Bill et Melinda Gates). Cela lui vaut un poste au conseil du Fonds (sur 20 membres disposant du droit de vote : en outre, les professionnels de la lutte contre le sida sont représentés par un ancien de la BMGF).

Dans ce conseil, les États donateurs ont huit voix, les États bénéficiaires en ont sept, le secteur privé en a un, les ONG du Nord un, les ONG du sud un, les Fondations un, et les associations de malades un aussi. La société civile dans le langage du Fonds mondial, ce sont les ONG qui mettent en œuvre la lutte contre le sida. Personne ne représente donc la société civile dans son ensemble : on est en présence d’un groupe de pression, celui de la lutte contre le vih/sida, pas d’une instance capable de faire la place du sida dans une stratégie internationale de lutte pour la santé. Le fait que l’OMS ait un siège dans le groupe des huit membres privés de droit de vote est significatif.

Si ce modèle innove, c’est dans la structuration qu’il offre à un groupe de pression focalisé sur une seule maladie. Cette organisation officielle a permis de satisfaire les associations, mais elle est aujourd’hui le principal obstacle à l’adaptation des priorités en matière de santé mondiale : les difficultés que rencontre la France à remplir ses engagements en faveur de la santé maternelle et infantile le montrent clairement.

Est-il exact qu’on s’est attaqué avec succès à une injustice planétaire ?

L’article du Lancet rappelle le rôle qu’ont joué le Président Chirac, son ministre Bernard Kouchner et les déclarations tonitruantes de ce dernier. Oui, mais en 2013, presque vingt ans après ces grandes envolées, et dernière année pour laquelle des chiffres sur ce point ont été publiés, en Afrique au Sud du Sahara, où se trouvent en ordre de grandeur les deux tiers des personnes vivant avec le vih, la moitié de ces personnes n’ont jamais été testées, et les deux tiers des éligibles ne sont pas traités. La course au nombre de malades traités continue – on parle aujourd’hui de 17 millions de malades en traitement – comme si l’objectif n’avait jamais été de parvenir à contrôler l’épidémie, mais seulement de mettre des malades sous traitement sans s’alarmer de voir croître encore leur nombre.

En outre, ni les pays qui bénéficient de l’aide internationale pour lutter contre le sida ni leurs partenaires du Nord n’évaluent rigoureusement les résultats sur le terrain au regard des critères cliniques, du calendrier et des modalités du traitement, et cette négligence ne peut être que la source d’abus de la part de ceux qui disposent d’influence dans leur société, la source d’une utilisation sous-optimale des ressources, et aussi la source de violations courantes des principes éthiques auxquels on se réfère pourtant volontiers ; car tout gaspillage de ressources rares est contraire à l’éthique.

Et la prévention a été si bien négligée qu’elle est un échec plat, reconnu par tous ; c’est que la préservation des droits individuels des malades, dans le contexte du Nord, et plus précisément des malades issus des minorités particulièrement exposées, a primé et prime encore sur l’adoption de mesures préventives qui auraient pu être efficaces.

Comment l’article du Lancet peut-il éviter de rappeler ces faits essentiels et de s’interroger sur cette stratégie dont il revendique l’inspiration française ? Il ne fait visiblement que se conformer aux conclusions de certains rapports officiels français où on lit que la stratégie internationale a respecté « nos valeurs, nos principes et nos priorités « géographiques et politiques ». Quelles valeurs ? quels principes ?

Est-il vrai que la lutte contre le sida a eu des effets bénéfiques sur tout le système de santé ?

En particulier sur la santé maternelle et infantile comme le prétend le ministère des Affaires étrangères puisque la France a pris des engagements internationaux dans ce domaine aussi ? Fallait-il passer complètement sous silence cette question pourtant très sensible dans les pays du Sud ? Le Fonds mondial a soutenu des études vantant la contribution des programmes de lutte contre le sida à l’amélioration de la qualité des services de santé, ce qui est indéniable si on se limite au seul sida.

Certains auteurs ont pourtant adopté depuis des années une perspective plus large. Et l’article du Lancet ne devait-il pas s’inquiéter par exemple du travail de Case et Paxton montrant, par l’exploitation des enquêtes DHS (Demographic and Health Survey), une relation inverse entre le développement des programmes de lutte contre le vih/sida et celui des activités de protection maternelle et infantile ? Devait-il passer sous silence l’article de Lee et Platas, qui, prenant la mortalité néo-natale comme indicateur de la qualité des services de santé, montrent qu’elle a diminué plus lentement dans les pays où PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief : le programme américain de lutte contre le vih/sida) est intervenu que dans les autres ? Pourquoi ignore-t-il l’article de Lordan et alii où il est montré qu’un accroissement de 1 % du financement alloué au vih/sida entraine une réduction de 11 % du financement de la lutte contre le paludisme ?

En outre, la lutte internationale contre le sida, limitée au traitement des malades, ne se préoccupe pourtant pas de la question du médicament. Alors que 40 % des financements du Fonds mondial servent à acheter des médicaments, cette institution s’est montrée parfaitement silencieuse pendant les négociations TRIPS (aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle.

Quant à l’Union Européenne, où la France prétend jouer un rôle moteur, et dont elle finance 19 % du budget, elle s’est toujours alignée dans ces négociations sur les positions américaines, qui défendent l’industrie pharmaceutique, et elle s’est même illustrée par des saisies de médicaments génériques à destination de pays en voie de développement.

Quelles ont été les véritables motivations et justifications de cette stratégie ?

« Chirac et Kouchner ont été les premiers hommes politiques éminents sur la planète à déclarer que l’abîme d’inégalité entre le Nord et le Sud dans ce domaine était politiquement et moralement inacceptable » (Lancet 387, 28 mai 2016, p.2257). Qui peut être assez naïf pour croire qu’on réduit l’injustice en ne s’attaquant qu’à une maladie ? Qui pouvait ne pas voir que la façon dont la lutte était engagée créait des inégalités monstrueuses dans les pays bénéficiaires ? Qu’il ait pu y avoir, au contraire, un bénéfice politique à entreprendre la lutte, voilà qui est évident.

L’appui français à la stratégie internationale commune a permis, c’est un fait, d’engager une lutte efficace contre la maladie : le nombre des malades en Europe et en Amérique du Nord était probablement trop étroit pour justifier les investissements qui allaient s’imposer, alors que la prise en considération des malades du Sud modifiait totalement la perspective. Cet appui a été décidé sous l’empire de l’émotion, une caractéristique de l’action des ONG, qui s’en servent pour mobiliser l’opinion, les États et les donateurs.

Mais les véritables motivations sont révélées par les faits : le financement international a conduit la « communauté internationale » à partager avec les États-Unis le coût de la recherche et du développement, et à créer des lignes de produits bénéficiant d’un marché mondial et de financements tout à fait exceptionnels pour une industrie pharmaceutique essentiellement américaine.

Quant aux résultats, en tous cas de 1996 jusqu’en 2008, ils sont tels que 7,2 millions d’années de vie ont été sauvées en Europe et en Amérique du Nord, et 2,3 seulement au sud du Sahara, où se trouvent les deux tiers des malades. L’injustice est patente.

Si les promoteurs de cette stratégie se contentent d’une allusion purement rhétorique à une éthique trop sommaire pour être d’un grand secours, les économistes qui les soutiennent se révèlent totalement ignorants dans ce domaine. Il est fait allusion, dans le portrait de Jean-Paul Moatti, aux concours qu’il a recherchés, pour défendre la diffusion des ARV dans les pays pauvres, auprès d’économistes mondialement célèbres. On y trouve, sans le moindre commentaire inspiré de quelque préoccupation éthique que ce soit, cette idée simple que les préférences de la société ont été influencées par les informations qui lui ont été fournies à propos du sida, et qu’il en est résulté, « que ce soit bien ou mal », une volonté de payer plus pour lutter contre cette maladie que pour s’attaquer à d’autres.

L’économiste couvre donc de son autorité l’inégalité de traitement entre malades, sans se préoccuper ni des conditions pratiques dans lesquelles a été prise la décision, ni de l’acceptabilité de cette décision au regard de l’éthique. D’autres solutions tout aussi surprenantes sont présentées dans la même publication, lorsque K.J. Arrow propose que la responsabilité des malades soit mise en cause, soit en leur faisant supporter le coût du traitement, soit en les mettant en quarantaine.. Richard Lane, rédacteur de ce portrait, a-t-il vraiment raison de rappeler ces tristes errements ?

De quel soutien cette stratégie bénéficie-t-elle dans l’opinion ?

Que la stratégie considérée soit en réalité celle d’un groupe de pression est confirmé par la façon dont les décisions la concernant sont prises. Sous la pression des associations, elles sont le fait d’un cercle étroit de ministres et conseillers autour de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande. L’émotion a été créée dans la presse, elle a été et elle est entretenue, et le pouvoir y cède. La stratégie qui en résulte fait vivre les associations et les ONG, elle les renforce.

Le Président de la République montre d’ailleurs qu’il satisfait aux demandes d’un groupe de pression en annonçant lui-même le maintien de l’engagement de la France à l’égard du Fonds mondial (à hauteur de 1,08 milliard d’euros pour les années 2014-2016) devant un petit comité composé de Mme Barré-Sanoussi, prix Nobel de médecine, M. Pierre Bergé, protecteur des associations, le professeur Jean-François Delfraissy (directeur général de l’ANRS), Bruno Spire (président d’Aides), et Emmanuel Trenado (secrétaire permanent de Coalition Plus).

Ce n’est pas une stratégie d’État, et a fortiori ce ne peut pas être une stratégie multilatérale. Car, des États et de la « communauté internationale » on devrait attendre toute autre chose : un arbitrage entre les demandes et ambitions incompatibles des divers groupes de la population, que ces ambitions soient portées ou pas par des groupes de pression. La santé des mères et des jeunes enfants n’est pas défendue par un groupe de pression, pas plus que ne l’est l’éducation, pour s’en tenir à ces deux seuls exemples. Qui leur donnera leur juste part des moyens dont dispose la collectivité, si ce n’est pas l’État ou une instance multilatérale ?

Ce domaine réservé des présidents implique d’ailleurs que soient méprisés les avis de beaucoup de techniciens et de représentants de la population. On ne compte plusles rapports, les évaluations, les débats parlementaires qui mettent en doute le bien-fondé du choix de privilégier cette stratégie multilatérale de lutte contre le vih/sida et de faire tant d’efforts pour conserver un rôle dans sa mise en œuvre que les autres engagements solennels de la France sont de plus en plus difficiles à tenir.

Quelles stratégies… et quelles tactiques ?

Nous sommes entrés avec les french doctors dans l’ère de l’émotion comme seul guide de l’action médicale internationale : on ne peut que le regretter. La stratégie de lutte contre le vih/sida est une stratégie humanitaire, une stratégie d’ONG : on fait le bien qu’on peut, là où on peut. Les Etats, et a fortiori la « communauté internationale », devraient avoir une stratégie fondée sur des bases beaucoup plus solides.

Il fut un temps où notre pays se signalait par les valeurs qu’il défendait ; on pourrait souhaiter aujourd’hui qu’il défende la justice avec une conviction enthousiaste et militante, et avec toute la technicité que cela imposerait. Technicité, car la définition et la mise en œuvre de la justice exigeraient des progrès considérables de la réflexion éthique médicale, en même temps que la collecte et le traitement de données objectives sur les performances sociales des systèmes de santé.

L’idée avancée dans le Lancet (p.2259) que les questions de sécurité ou d’environnement exigeraient une extension du domaine de l’humanitaire est indéfendable ; ces questions ne peuvent être que de la compétence d’autorités capables d’arbitrer entre les intérêts concurrents et inconciliables des parties. En outre, l’idée de persévérer dans le multilatéralisme (p. 2259-2260) mettrait aujourd’hui la France en opposition avec les États-Unis, où l’USAID est engagée, depuis 2010, à renforcer la part des « solutions locales », c’est-à-dire des partenariats directs avec les gouvernements locaux, la société civile et le secteur privé, pour favoriser l’appropriation.

Devant tant d’idées trop courtes, on en vient à se demander quel était l’objectif de ce numéro spécial du Lancet, qui échoue si lamentablement à donner de la stratégie française une vue convaincante, et laisse plutôt l’impression que ce pays a besoin de se hausser du col pour tenir encore un petit rang diplomatique dans le concert des Nations. Le contexte fournit sans doute quelques éléments d’explication : la publication intervient un peu plus d’un an après la nomination du PDG de l’IRD, une nomination qui a mobilisé les plus hautes autorités de l’État, et quelques mois avant l’élection d’un nouveau directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, élection à laquelle un Français est candidat.

Mais pourquoi donc le Lancet, qu’on croyait publication scientifique sérieuse, qu’on disait prestigieuse, à comité de lecture, s’est-il donc prêté à une si évidente opération de pure communication ? Quelle déception !

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 16 Jl 2016 - 07:32
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Durban J-2. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida: Nelly Reydellet, directrice adjointe - Le Kiosque Infos Sida Toxicomanie.
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays?
Environ 150.000 personnes vivent avec le VIH en France, et environ 1 sur 5 l’ignore. C’est une épidémie qui demeure active et concentrée dans les populations clés, notamment les hommes homosexuels, les personnes originaires d’Afrique subsaharienne et les personnes transgenres / transidentitaires. Le système de prise en charge et l’accès aux soins sont globalement bons, bien meilleurs que dans la plupart des pays ; une fois que les PVVIH sont entrées dans le soin, elles atteignent dans leur grande majorité une charge virale indétectable. Pourtant, en dépit de ces bons résultats, l’incidence est stable depuis 10 ans avec environ 7000 nouvelles contaminations par an, voire en hausse dans certains groupes comme les jeunes gays. Le renforcement et l’amélioration du dépistage au plus près des groupes concernés, dans le cadre d’une stratégie de prévention diversifiée, demeurent donc un des enjeux majeurs.
Votre principal combat aujourd’hui?
Je suis responsable du Checkpoint-Paris, un centre de dépistage et de santé sexuelle communautaire original pour les gays, les lesbiennes, les bi-e-s et/ou les personnes trans. Rattaché à l’hôpital, ce centre offre un panel complet de services en santé sexuelle adaptés aux besoins, aux modes de vie et à la réalité épidémiologique dans ces populations : check-up complet en santé sexuelle, traitements des IST et consultations de spécialistes : addictologue, psychologue, sexologue et gynécologue. Mon combat est de montrer que seules des offres comme celle-ci, conçues sur mesure au plus près des besoins des populations clés, sont en mesure d’infléchir réellement l’incidence. Et qu’il faut donc concentrer les moyens sur ces solutions innovantes et probantes.
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban?
C’est la première fois que je me rends à la Conférence mondiale sur le sida ! J’en attends des rencontres avec d’autres acteurs communautaires, le développement de partenariats, mais aussi de mutualiser expériences et expertises sur la prévention diversifiée avec les expériences menées ailleurs. Et de rappeler que nous ne pourrons mettre fin à l’épidémie sans une réelle volonté politique, sur un plan international, en mettant fin aux discriminations (de genre, sociales, etc.).

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 16 Jl 2016 - 15:14
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Progrès et de la stratégie scientifique globale New IAS: Vers une Cure VIH 2016 sera la vedette de la 21e Conférence internationale sur le sida (SIDA 2016) à Durban

(Durban, AFRIQUE DU SUD) - Il y a seize ans, l'historique 13e Conférence internationale sur le sida a inspiré un nouveau paradigme pour l'accès au traitement du VIH qui a contribué à changer la trajectoire de l'épidémie mondiale de sida. Cette année, 18.000 scientifiques, des décideurs, des avocats et des personnes vivant avec le retour du VIH à Durban, Afrique du Sud, le sida 2016 mettra en évidence les dernières réalisations et les défis dans un domaine en pleine expansion de la recherche scientifique que peu aurait pu imaginer lors de la première conférence de Durban - la perspective de développer des approches sécuritaires, efficaces et évolutives à l'échelle mondiale pour guérir ou obtenir une rémission soutenue de l'infection à VIH.
«La recherche de la guérison du VIH a le potentiel de modifier l'avenir de cette épidémie», a déclaré le prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi, co-président de l'IAS Vers une initiative Cure VIH. "Avec 37 millions de personnes vivant actuellement avec le VIH dans le monde, et 2 millions de nouveaux cas d'infection chaque année, une approche efficace pour la guérison ou la rémission soutenue de l'infection à VIH serait une avancée révolutionnaire dans la santé mondiale. La recherche pour atteindre ces remèdes est dans une phase de formation, mais des progrès importants sont faits et seront explorées à Durban lors de la cinquième année Vers et Symposium Cure VIH, et avec la sortie de la stratégie scientifique globale IAS: Vers une Cure VIH 2016. "

http://www.aids2016.org/Media-Centre/Th ... -AIDS-2016

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 17 Jl 2016 - 08:14
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16 ans après, la Conférence internationale sur le sida revient à Durban. AIDS 2000/AIDS 2016: 16 ans qui résument bien l’évolution de l’épidémie mondiale. Ses progrès. Et ce qu’il reste à faire.

Durban, juillet 2000. 12.000 personnes participent à la 13ème conférence internationale sur le sida, la première dans un pays en développement. Tout un symbole. L’Afrique du sud est alors le pays avec la plus forte prévalence, un pays en plein déni. Le président Thabo Mbeki met en cause la présence du sida dans son pays et sa ministre de la Santé interdit les antirétroviraux pour prévenir la transmission mère-enfant. « Breaking the Silence »: le thème de la conférence était bien choisi.

Dans son rapport de 2000, l’Onusida, dressait « un sombre tableau » avec seulement « quelques lueurs d’espoir ». En 1999, près de 5 millions et demi de personnes avaient été infectées par le VIH. 2,8 millions étaient mortes du sida, près de 19 millions depuis le début de l’épidémie. Plus de 34 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont presque 25 millions en Afrique du sud.

Peter Piot alors directeur du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA déclarait : « la véritable tâche consiste à intensifier massivement la volonté politique, les ressources, les systèmes et l’engagement social nécessaires pour inverser le cours de l’épidémie ». Durban, juillet 2016. 20.000 personnes sont attendues pour la 21ème conférence internationale, dans un contexte où la courbe de l’épidémie s’est effectivement infléchie. Les nouvelles infections à VIH chez les adultes et les enfants ont diminué de 40 % après avoir atteint un pic en 1997. Aujourd’hui, l’objectif affiché est de mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Les progrès sont notables, à l’instar de ceux fait en Afrique du sud qui s’est lancé au début des années 2000 dans la lutte contre le sida. Pratiquement 3,3 millions de personnes sont aujourd’hui sous traitement, un record dans le monde. Et les nouvelles infections chez les enfants ont baissé de 86 %.
Pourtant, l’épidémie est loin d’être vaincue et le thème de la conférence 2016, “Access Equity Rights Now”, montre bien que beaucoup reste à faire. Un seul chiffre: 60% des personnes vivant avec le VIH dans le monde n’ont toujours pas accès aux antirétroviraux. Il y a quelques jours, l’ONUSIDA s’alarmait de voir les nouvelles infections chez les adultes, dont le nombre n’a pas baissé depuis au moins cinq ans. Le rapport sur le retard en matière de prévention montre que près d'1,9 million d'adultes par an sont infectés par le VIH sur au moins les cinq dernières années et que les nouvelles infections chez les adultes augmentent dans certaines régions. L'Europe de l’Est et l'Asie centrale ont ainsi vu le nombre de nouvelles infections augmenter de 57 % entre 2010 et 2015. En 2014, les populations clés, dont les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les professionnels du sexe et leurs clients, les personnes transgenres, celles qui consomment des drogues injectables et les prisonniers, représentaient 35 % des nouvelles infections à VIH à l'échelle mondiale. « Selon les estimations, constate l’ONUSIDA, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes ainsi que les personnes qui consomment des drogues ont 24 fois plus de risques d’être atteints par le VIH que la population générale, tandis que les professionnels du sexe 10 fois ».

« Nous tirons la sonnette d'alarme », explique Michel Sidibé, directeur exécutif d'ONUSIDA. « Les atouts de la prévention ne sont pas exploités. En cas de résurgence des nouvelles infections à VIH, l'épidémie deviendra impossible à maîtriser. Le monde doit immédiatement mettre en œuvre les actions requises pour mettre fin au retard pris en matière de prévention. »

VIH : la Russie pointée du doigt par un rapport de l'ONUSIDA

Alors que, globalement, les nouvelles contaminations par le VIH ont baissé ou stagnent dans le monde, elles explosent en Russie. L'épidémie risque de repartir, avertit l’ONU.

« Nous tirons la sonnette d'alarme », explique Michel Sidibé. Le directeur exécutif d'ONUSIDA, le programme de l’ONU chargé de la lutte contre le VIH, s’inquiète du manque de résultats dans la bataille contre les nouvelles contaminations. D’après un rapport publié mardi dernier, leur nombre stagne, au mieux, et augmente même dans certaines régions du monde. Entre 2010 et 2015, le nombre de contaminations aurait ainsi progressé de 57 % en Europe de l’Est et en Asie Centrale. La Russie, en particulier, est pointée du doigt.

« Les atouts de la prévention ne sont pas exploités, insiste M. Sidibé. En cas de résurgence des nouvelles infections à VIH, l'épidémie deviendra impossible à maîtriser. Le monde doit immédiatement mettre en œuvre les actions requises pour mettre fin au retard pris en matière de prévention. »

De l’anti-prévention

La Fédération de Russie a fait des efforts sur le traitement des personnes séropositives, mais ne fait rien – voire même recule – sur le front de la prévention. La méthadone, substitut à l’héroïne pour les toxicomanes, a été interdite, ce qui fait mécaniquement augmenter les risques de contamination. Les discriminations envers les populations à risque – homosexuels, travailleurs du sexe et leurs clients, personnes emprisonnées – font reculer les campagnes de prévention.

« Si vous ne contrôlez pas l'épidémie au sein de ces groupes, parce que vous les marginalisez, parce que vous les excluez, parce que vous les criminalisez, l’infection risque de s'étendre à l'ensemble de la population », a mis en garde M. Sidibé.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 17 Jl 2016 - 08:26
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 17 Jl 2016 - 08:47
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Le développement d'un traitement antiviral très efficace pour le VHB et le VHC offre la possibilité de lutter contre la charge croissante des maladies chroniques du foie chez les PVVIH. La réunion se concentrera sur l'identification des possibilités accrues de diagnostic et de traitement de l'hépatite virale chez les PVVIH, en particulier dans les milieux à revenu faible et intermédiaire. La preuve qui démontre la valeur de ces thérapies curatives sera mis en évidence, en encourageant les parties prenantes pour discuter des solutions constructives favorisant l'accès équitable à la thérapeutique moderne tout en conservant l'innovation. Découvrez les dernières informations sur l'hépatite co-infection virale à la 3e International HIV / Viral Réunion Co-infection par l'hépatite.




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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 17 Jl 2016 - 14:50
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Durban J-1. L'espace francophone donne la parole aux acteurs de la lutte contre le sida: Jean Spiri, président du CRIPS.
Quelle est la situation du VIH/Sida dans votre pays ?
Une situation contrastée : d’un côté, le nombre de nouvelles contaminations est stable depuis 10 ans, cachant des différences très fortes d’évolution entre les groupes de populations, et trop de personnes qui vivent avec le VIH l’ignorent encore ; d’un autre côté, l’accès aux traitements est bon, de nouvelles thérapeutiques comme le Tasp et la Prep ont été autorisées, les autotests et les tests rapides se développent. Il y a une réelle inquiétude, et de nombreux motifs d’espoir. Mais il va falloir une volonté politique forte pour promouvoir encore davantage le dépistage, pour rendre accessible la Prep, pour avoir une approche de santé globale pour les populations les plus concernées.
Votre principal combat aujourd’hui ?
Mon principal combat aujourd’hui, c’est de lutter contre les obstacles à la mise en place de stratégies de santé publique efficaces. Les freins d’ordre idéologique, les discriminations qui perdurent, les obstacles sociaux ou géographiques à l’accès au dépistage et aux soins, le manque de courage dans la définition des populations cibles et des nécessaires approches adaptées.
Qu’attendez-vous de la conférence de Durban ?
J’attends de la conférence de Durban qu’elle mette en lumière les stratégies les plus efficaces, notamment des villes et des régions, pour lutter contre l’épidémie : quelle mobilisation des acteurs, quels vecteurs d’informations, quelle action auprès des communautés, etc… Dans le cadre de notre stratégie « Pour une Île-de-France sans sida », nous devons pouvoir nous inspirer des meilleures pratiques. J’attends aussi qu’elle nous permette d’avoir de vraies discussions au niveau scientifique, politique et associatif, sur ce que signifie l’accès possible à des médicaments de prévention, et notamment à la Prep, et que nous ayons une discussion sur la possibilité de diffuser ce traitement, de faire baisser son prix par le volume. La même question doit se poser pour le dépistage et les autotests. Mais je souhaite également que cette conférence nous permettre de mettre en lumière qu’il y a des zones géographiques dans le monde, comme la Russie et l’Ukraine, où le VIH/sida progresse rapidement. Et qu’elle nous permette tous de réaffirmer collectivement cette vérité : dans la plupart des pays, la lutte contre le VIH/sida est profondément politique, elle est liée à la lutte contre les discriminations qui est un enjeu fort de santé publique. Le sexisme, le racisme, l’homophobie, la sérophobie sont des facteurs aggravants de l’épidémie. Il est impossible de les décorréler de la santé publique. C’est aussi cela la responsabilité des acteurs présents à Durban !

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 17 Jl 2016 - 16:16
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La question de la guérison du VIH devient de plus en plus centrale au cours des différentes conférences sur le Sida ; l’International AIDS Society (IAS) organisait un symposium de deux jours en préambule à cette édition 2016. Jusqu’à aujourd’hui, cette thématique s’intéressait peu aux sciences sociales pour se focaliser sur les sciences « dures », mais il paraît de plus en plus évident que les progrès qui vont apparaitre dans le domaine thérapeutique devront être accompagnés des sciences sociales pour leur implémentation.
Une des premières question est de savoir si les personnes infectées par le VIH sont facilement incluables dans des essais thérapeutiques, les risques d’échec de la stratégie voire d’aggravation de la pathologie, notamment lors des premiers essais, étant probablement assez élevés. Moses Nsubuga, militant séropositif ougandais, a insisté sur tout ce que pouvait représenter la notion de guérison : moins de stigmatisation, pas de médicaments quotidiens à prendre pendant toute sa vie, la possibilité de redevenir « comme les autres » (NDR : l’intervenant semblait sous-entendre « redevenir séronégatif » et pourvoir montrer un test négatif : il sera important dans les futurs essais d’éradication d’être clair sur la question que l’éradication ne sera pas synonymes). Tous ses aspects facilitent le recrutement au sein des essais, car le bénéfice potentiel paraît le plus souvent supérieur au risque.
Néanmoins, deux grands enjeux éthiques émergent dans la discussion. Le 1er est le risque d’émergence de résistances virales au cours d’un arrêt thérapeutique. Cela sous-entend que si l’on propose des essais d’éradication à des patients en 2nde ligne de traitement, il sera nécessaire que la 3ème ligne soit parfaitement accessible, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays à ressources limitées où pourraient être menés les essais. Le 2nd grand enjeu est celui du risque de transmission aux partenaires séronégatifs, et celui-ci sera un grand challenge… Il pourrait être important de bénéficier d’un consentement éclairé du partenaire identifié, car c’est finalement lui qui prendra le plus de risques dans l’histoire… En cas de partenaires multiples, le challenge devient complexe… Une des solutions pourrait être de proposer la PrEP aux partenaires identifiés (et trouver le financement pour le faire au sein des essais)… mais cela laissera de côté les partenaires non-identifiés. Peter Newman (université de Toronto) a insisté sur la question de la relation de confiance qui doit s’instaurer entre les soignants et les participants dans ce type de travaux. Il a par exemple expliqué que le terme de placébo pouvait ne pas exister dans certaines langues et difficile à faire comprendre à des personnes dont la culture scolaire est faible. Il insiste sur le fait que les essais en cours de construction devraient intégrer d’emblée un aspect « sciences sociales » qui permettent de mieux comprendre les enjeux et aider dans la construction des essais à venir. Cela permettrait notamment d’éviter de s’orienter vers des stratégies qui ne soient pas, in fine, implémentables sur le terrain.
Outre la question des essais cliniques, se posera la question de l’accès aux traitements pouvant amener à une guérison. L’une des questions sous-jacente est de savoir si l’on doit se lancer dans des stratégies de guérison dont on sait qu’elles seront hors d’atteinte de la plupart (comme les anticorps monoclonaux ou les stratégies à bases de transplantation cellulaires). D’un autre côté, les antirétroviraux ont montré que des choses « inimaginables » à une époque – la conférence de Durban en 2000 avait eu lieu alors que quasiment aucun Sud-Africain ne bénéficiait de traitement antirétroviral, ils sont plus de trois millions sous traitement ARV aujourd’hui – deviennent parfaitement réalisables quelques années plus tard ; Jérôme Singh (Afrique du Sud) a rappelé les différentes étapes qui avaient permis que des choses jugées impossibles soient devenues possibles au fur et à mesure des recherche d’un côté et des actions militantes de l’autre.
Monique Niyuhis (Utrecht, Pays-Bas) s’intéresse particulièrement à la façon dont les personnes participant aux essais d’éradication réagissent à la question du risque, et la façon dont on leur explique. Les patients sont très demandeurs de pouvoir bénéficier d’un « soignant de confiance » qu’ils connaissent et peuvent leur expliquer avec leurs propres mots les enjeux de la recherche. La question de l’implication des personnalités politiques est également essentielle dans la promotion des stratégies de guérison, et semble particulièrement faire défaut en Afrique.
En bref, beaucoup de questions éthiques et sociales autour des stratégies de guérison… et une session un peu perturbée par la présence d’un pigeon dans la salle, qui semblait confondre l’écran avec la porte de sortie.
Un site spécifique, dédié à la question des implications en Sciences Sociales des stratégies de guérison : http://searchiv.web.unc.edu/

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 05:34
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International AIDS Society (IAS) publie une nouvelle stratégie pour orienter la recherche globale de guérison du VIH



Genève, Suisse, le 11 Juillet 2016 Une nouvelle stratégie globale, développée par l'International AIDS Society (IAS) et publiée en ligne aujourd'hui dans la revue Nature Medicine , présente les principales priorités de la recherche pour développer ce que les experts considèrent comme l' un des plus importants objectifs sanitaires mondiaux de notre temps - un remède pour le VIH. La nouvelle stratégie scientifique IAS mondiale: Vers une cure VIH 2016 a été développé sur deux ans par un groupe de travail de 59 membres IAS scientifique internationale et examinés par un vaste processus de consultation mondial par les pairs. La nouvelle stratégie, qui est publié avant l'ouverture de la 21e Conférence internationale sur le sida ( SIDA 2016 ) à Durban, Afrique du Sud, des analyses récentes réalisations de recherche dans la recherche de traitement du VIH, les obstacles à un traitement et les stratégies et les priorités pour faire avancer le domaine . Les progrès de la guérison ou de rémission recherche sur le VIH sera un axe majeur du SIDA 2016, qui commence avec la cinquième édition Vers un Symposium Cure VIH , 16-17 Juillet, à Durban.

"Il n'y a pas longtemps, peu considéré la possibilité qu'un remède pour l' infection à VIH pourrait un jour être possible», a déclaré le prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi, co président de l'IAS Vers une initiative Cure VIH. «Aujourd'hui, en partie grâce aux progrès tels que la guérison d'un individu infecté par le VIH par le biais d' une greffe de cellules souches, l'identification d'une petite cohorte d'individus qui sont capables de contrôler l' infection après le traitement, et des progrès notables dans la cellule, le gène et la thérapie immunitaire, la recherche d'un remède est devenue une priorité dans la recherche du VIH. En 2016, cette recherche est marquée par un intérêt croissant scientifique, un nombre croissant de nouvelles stratégies de recherche dans le développement, et un nouvel optimisme que la guérison ou rémission durable pour le VIH est possible. " Alors que le développement de schémas thérapeutiques qui peuvent contrôler le VIH ont conduit à des améliorations spectaculaires de l'espérance de vie et la santé de ceux qui ont accès aux médicaments, les chercheurs et les décideurs pour préparer le SIDA 2016 notent que le traitement ne guérit pas. Les Stratégies de traitement actuelles présentent de sérieuses limitations, y compris d' immenses défis économiques, opérationnels et logistiques associés à la prestation de soins tout au long de la vie chez près de 37 millions de personnes vivent actuellement avec le VIH. Les personnes vivant avec le VIH doivent aussi gérer l' adhérence, la toxicité des médicaments, et la persistance du dysfonctionnement immunitaire , l' inflammation et le risque de co-morbidités associées à l' infection à VIH.

La nouvelle norme IAS Global Strategy Scientific: Vers une Cure VIH 2016 se fonde sur la première stratégie de durcissement IAS, publié en 2012, qui a présenté la première feuille de route mondiale pour la recherche sur le traitement du VIH. Ce "deuxième chapitre" dans la recherche d'un remède décrit les réalisations passées et futures priorités en recherche fondamentale, translationnelle, clinique et recherche en sciences sociales, avec un nouvel accent sur ​​les aspects de la recherche de la guérison du VIH qui ont atteint une plus grande importance depuis 2012, y compris :

• les avantages d'un traitement précoce avec un traitement antirétroviral et le potentiel de contrôle de post-traitement;
• la primauté de l'immunologie dans la recherche de traitement du VIH, et un appel à une collaboration accrue avec les immunologistes d'autres domaines, tels que la recherche sur le cancer;
• la recherche d'outils permettant de mieux mesurer le VIH réservoirs viraux dans le corps;
• sciences sociales et les aspects éthiques de la recherche de la guérison;
• et guérir recherche, et la nécessité de développer des approches qui seront appropriées pour, les paramètres de ressources limitées.
Certains des principaux progrès réalisés dans la recherche de Cure VIH depuis 2012 et analysé dans la nouvelle stratégie comprend:

• Les périodes prolongées de aviremia en l'absence de traitement réalisé chez un nourrisson traitement agressif, dans au moins deux personnes qui ont reçu une greffe allogénique de cellules souches, et chez les adultes qui ont reçu plusieurs années de ART lancées peu après l'infection.
• Preuve que l'initiation précoce du traitement antirétroviral limite la mise en place du réservoir de l'infection à VIH et empêche la génération d'échappement immunitaire dans les cellules infectées de façon latente.
• Le développement de nouveaux outils qui peuvent quantifier la fréquence d'une cellule qui porte le virus compétent pour la réplication, et la démonstration que certains biomarqueurs peuvent prédire le temps de rebond viral suivant l'interruption du traitement.
• La preuve suggérant que le VIH continue de se répliquer et d'évoluer au cours des six premiers mois de ART, mais pas nécessairement au cours de ART à long terme.
• La démonstration dans les essais cliniques que certains médicaments spécifiques peuvent activer le virus ou la latence inverse, mais seuls ces médicaments n'éliminent pas les cellules infectées de façon latente
• La démonstration de l'innocuité et l'efficacité potentielle des anticorps neutralisants dans les essais cliniques humains, et le développement de nouveaux vaccins et éventuellement guériraient l'infection SIV lorsqu'il est administré avant l'infection.
• La démonstration que la thérapie génique avec modification de CCR5 est à la fois faisable et sûr.

Accroître les investissements financiers dans la recherche de traitement du VIH

Une nouvelle analyse publiée aujourd'hui par la ressource Cure groupe de suivi IAS VIH et AVAC montre que les investissements mondiaux dans le financement du traitement du VIH a continué avec une tendance positive. Parmi les principales conclusions du rapport:

• US 201.800.000 $ ont été investis dans la recherche de guérison en 2015, soit une augmentation de 25% par rapport aux États-Unis 160800000 $ investis en 2014, et 129% de plus que les États-Unis 88,1 millions $ investis en 2012.
• La majorité des investissements (187,7 millions de dollars) provenaient du secteur public. En 2015, les États-Unis ont contribué la majorité des fonds publics, avec la France, l'Union européenne, le Canada, la Suisse, Royaume-Uni, Afrique du Sud et l'Australie ont également contribué de façon importante à la recherche de traitement du VIH.
• Un autre investissement des États-Unis 14.730.000 $ ont été investis par philanthropies tels que amfAR, CANFAR, la Fondation Fair, la Fondation Bill et Melinda Gates et le Wellcome Trust.

«Les quatre dernières années ont démontré à la fois des progrès significatifs dans la recherche d'un remède au VIH, et l'importance de maintenir et d' élargir le rythme de la recherche dans ce domaine dynamique et en évolution rapide", a déclaré le président IAS Chris Beyrer. "Avec l'aide de nos membres, l'IAS a fait progresser le domaine de la recherche de la guérison du VIH . Cette deuxième stratégie mondiale scientifique Vers une Cure VIH sera une précieuse feuille de route qui vous aidera à prendre la recherche de guérison au niveau scientifique suivant. " " Le secteur communautaire est d'une importance cruciale pour le succès de la recherche de la guérison du VIH, et un fier donateur IAS Vers une initiative Cure VIH », a déclaré l' activiste ougandais Moses Supercharger Nsubuga de l' Ouganda, un membre du Groupe de travail scientifique international Initiative's. " Les représentants communautaires jouent un rôle essentiel dans la construction de soutien et de sensibilisation de la recherche de traitement du VIH, dans le traitement des questions éthiques liées à guérir la recherche, et à rendre le monde conscient qu'un traitement du VIH est une priorité clé dans la riposte mondiale au sida.» A propos de l'international AIDS Society (IAS) Fondée en 1988, l'international AIDS Society (IAS) est la plus grande association au monde des professionnels du VIH, avec des membres de plus de 180 pays. Membres IAS travaillent sur ​​tous les fronts de la riposte mondiale au sida et comprennent des chercheurs, des cliniciens, des politiques et des planificateurs de programmes, et la santé publique et les praticiens communautaires.

http://www.iasociety.org/The-latest/New ... restrategy

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 06:02
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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 09:40
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En finir avec l'épidémie de sida en 2030

Réunis toute la semaine à Durban, en Afrique du Sud dans le cadre de la 21e conférence internationale sur le sida, chercheurs et décideurs affichent leur ambition de mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030.
Mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030. Rien de moins! C'est l'ambition affichée dans la nouvelle «Déclaration politique sur le VIH/sida» adoptée le 10 juin 2016 par les membres des Nations unies. Pour arriver à mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030, les États s'engagent notamment «à atteindre la cible de traitement 90-90-90», définie par Onusida, c'est-à-dire qu'à l'horizon 2020, 90 % de la population qui vit avec le VIH connaissent leur statut, 90 % d'entre elles reçoivent un traitement antirétroviral durable et enfin que 90 % des personnes sous traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée. À l'échelle mondiale, ces chiffres sont actuellement de 57 %-46 %-38 %, mais ils sont plus bas encore dans certains pays ou régions. En Afrique centrale et de l'Ouest par exemple, on est plutôt autour de 36 %-28 %-12 %.

Objectif de 90-90-90

L'objectif de 90-90-90 est atteint par la France et des pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, mais ce n'est pas le cas de tous les pays d'Europe. «Certains pays comme l'Espagne ou l'Italie en sont même loin », remarque le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS). «De toute façon, c'est un objectif à atteindre, mais on sait bien que ça ne sera pas suffisant pour arrêter l'épidémie. » Certains ne se sont d'ailleurs pas privés de tirer à boulets rouges sur l'Onusida pour avoir affiché une telle priorité. Dans la revue internationale The Lancet HIV, quatre experts américains et africains ont mis en garde sous le titre: «Nous négligeons la prévention du VIH à notre péril». Et de regretter l'optimisme d'Onusida alors qu'«en 2015, l'estimation du nombre de nouvelles contaminations des adultes (1,9 million dans le monde) n'est pas inférieure à celui de 2010».

«Un traitement à tous»

«La cible 90-90-90 est d'abord un slogan politique, nuance le Pr Delfraissy, il ne faut absolument opposer la prévention et le traitement et d'ailleurs il n'y a pas de concurrence entre les deux dans les programmes.» Le 28 juin dernier, devant le Conseil de coordination du programme de l'Onusida, son directeur exécutif, Michel Sidibé, s'est félicité que «grâce au plan mondial, le nombre de décès d'enfants liés au sida ait diminué de plus de 60 % à l'échelle mondiale, principalement parce que nous sommes en train d'enrayer les nouvelles infections ». Pour le Pr Peter Godfrey-Faussette (Onusida), l'objectif 90-90-90 a le mérite de «pousser les gouvernements et les programmes de lutte à intégrer l'évidence qu'il faille proposer un traitement à tous». Selon une modélisation de l'université de Yale (États-Unis) et de Cape Town (Afrique du Sud), atteindre la cible 90-90-90 en 2020 permettrait d'amener 73 % des personnes infectées à un niveau de charge virale indétectable (24 % actuellement). Soit, sur les dix prochaines années, à éviter 2 millions de contaminations, 2,4 millions de décès et 1,6 million d'orphelins.

Lundi 18 juillet Journée de l'ouverture de l'IAS @DURBAN2016

La 21ème Conférence Mondiale sur le sida va s’ouvrir officiellement aujourd’hui lundi 18 juillet 2016.
Le 15 avril 1985 s’ouvrait à ATLANTA la 1ere conférence devant 2000 participants et à l’époque 7000 patients étaient morts du Sida aux USA.
31 ans plus tard le nombre de séropositifs dans le monde avoisine les 40 millions, et le nombre annuel des décès causés par le VIH a longtemps été autour des 2 millions depuis 2005, ce nombre diminue lentement, alors que la maladie dans les populations les plus exposés continue de progresser.
Pourquoi ?
Qu’avons-nous raté ?
Pour commencer de quoi disposons nous ?
De connaissances scientifiques prouvées et validées sur les modes de transmission qui sont clairs et certains.
De traitements qui permettent de faire reculer le virus dans ses derniers retranchements (les Réservoirs qui sont les derniers bastions du Virus, mais d’où il n’est pas capable de mener son attaque virologique contre son hôte). Ces traitements permettent, dans la plupart des cas de vivre avec le virus et en plus réduisent considérablement voire totalement les risques de transmission du virus.
D’outils de dépistage de plus en plus efficaces, rapides et précis.
D’un arsenal de méthodes préventives, Préservatifs intérieurs, extérieurs, en association avec les gels lubrifiants, Prep qui permettent aux individus de faire le choix de leur mode de protection.
D’accompagnateurs formés, professionnels ou militants, ou les deux qui répondent aux demandes, aux interrogations du public concerné, qui accueillent et orientent les personnes et les accompagnent dans leurs démarches vers le soin.
Mais Alors qu’est ce qui ne va pas ?
L’environnement général n’a pas changé …. Trop de personnes pensent que la peur est bonne conseillère. Qu’il faut effrayer la population pour qu’elle prenne en compte le virus et qu’elle intègre des méthodes adaptées de protection.
C’est faux, c’est le meilleur moyen pour peut-être conscientiser ceux qui n’ont quasiment aucun risque de se confronter à ce virus et d’écarter du paysage, habituel et formé, du monde de la lutte contre le sida tous ceux qui vont vivre régulièrement une probable exposition au virus.
La sérophobie est toujours à son plus haut niveau et plus particulièrement dans les communautés les plus affectées.
Pourquoi ?
Parce que simplement la peur favorise l’exclusion, alors que nous savons désormais qu’il vaut mieux avoir une relation sexuelle avec une personne séropositive traitée, avec une charge virale indétectable qu’avec un quidam qui a fait son test avec un résultat négatif il y a deux mois.
Parce ce qu’aucune grande campagne étatique d’envergure n’a parlé du traitement dont l’efficacité permet la non transmission.
Les lois de trop nombreux pays sont aussi discriminantes et stigmatisantes vis à vis de ceux qui sont les plus exposés, ces groupes nous les connaissons depuis le début de l’épidémie.
Tous les hommes qui ont des relations homosexuelles
Les travailleurs et travailleuses du sexe
Les Hommes et Femmes qui ont des pratiques d’injections de produits psychoactifs
Les détenus
Les Hommes et Femmes trans.

En résumé, depuis plus de 25 ans nous connaissons précisément les personnes que nous devons sensibiliser le plus, avec des outils efficaces de prévention, des traitement de plus en plus adaptés et efficients et pourtant lundi nous allons assister à l’ouverture de la 21ème conférence internationale sur le sida avec les mêmes constats :
Toujours des morts
Toujours des freins
Toujours des facteurs limitants

Dans cette conférence on pourra à nouveau avancer, certes pas à pas, vers THE CURE, ce traitement dont on espère tous l’arrivée plus ou moins prochaine, Anthony FAUCI, répondant à une question sur « mais c’est pour quand » répondit « je ne pourrai pas vous dire quand tant que je suis obligé de vous dire SI ».
Ces traitements tant attendus doivent atteindre les réservoirs sans pour autant détruire tout ce qu’ils trouvent sur leur passage.
Dans cette conférence on réabordera les « 90/90/90 » tant vantés comme la panacée ces derniers temps mais dont on va sans doute découvrir au cours de ces 5 jours les limites. Cette stratégie apparait de plus en plus comme nécessaire mais pas suffisante.
Pour contrecarrer ces limites, là aussi l’INFORMATION DIVERSIFIEE est capitale, c’est beaucoup plus de travail, mais on doit avoir des messages adaptés.
Adaptés aux séropositifs de longue date, aux nouveaux contaminés, aux séronégatifs exposés aux risques de contamination avec un message de liberté et de choix et bien sûr au grand public avec un bruit de fond nécessaire.
Bref nous avons TOUT en main pour réussir et POURTANT, le chemin risque d’être long.
Toutes les initiatives locales qui peuvent permettre de faire surgir des actions de terrain innovantes et pertinentes contribueront à l’accélération de la baisse des contaminations. Saluons les projets menés par certaines villes telles PARIS, qui avec son envie d’aller plus vite , d’aller plus fort à travers « Vers PARIS sans sida » donne un des meilleurs exemples possible en matière de lutte efficace contre le sida.
Au cours de cette 21ème conférence nous aurons à clamer qu’il nous faut pls d’argent pour réussir, plus de moyens humains pour gagner cette guerre et pousser tous les décideurs à comprendre les enjeux en étant inclusifs et non discriminants, tout en faisant des choix drastiques dans l’attribution des fonds.
Je ne sais pas si DURBAN2016 est une des dernières conférences sur le sida, mais on peut parier que c’est celle où va se jouer l’avenir de millions de futurs séropositifs qui pourraient être épargnés.

La recherche française à l'honneur

À Durban, la France présentera des résultats très attendus sur l'utilisation des antirétroviraux à visée préventive chez des gens séronégatifs qui vont s'exposer à un risque (PrEP pour Prophylaxie Pré-exposition). Les premiers résultats étaient encourageants. Autre stratégie qui sera examinée à la loupe,celle qui consiste à dépister et traiter immédiatement (Test & Treat) les personnes séropositives. Les premiers résultats d'une étude menée conjointement par la France et l'Afrique du sud seront dévoilés à Durban. Nul doute enfin que l'étude 4D de l'ANRS, destinée à évaluer l'efficacité d'une simplification du traitement, pris 4 jours sur 7, ne retienne elle aussi l'attention de la communauté scientifique et des personnes vivant avec le VIH. La ministre de la santé, Marisol Touraine est attendue à Durban dès mardi.

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Sujet du message: Conférence AIDS 2016 (18-22 juillet 2016), Durban  MessagePosté le: 18 Jl 2016 - 14:51
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Manifestation gigantesque contre le sida à Durban




Une manifestation géante contre le Sida a eu lieu samedi à Durban, en Afrique du Sud.

Les manifestants comptaient faire pression sur les participants de la 21e conférence internationale sur le sida qui s’ouvre lundi dans la capitale du KwaZulu-Natal.

Le pays est reconnu pour être le plus touché au monde par la pandémie. Ce, malgré les efforts fournis par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la maladie.

http://fr.africanews.com/2016/07/17/man ... -a-durban/

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