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Sujet du message: Mieux se nourrir pour soutenir le foie  MessagePosté le: 28 Nov 2015 - 09:00
Potô du site


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Une amélioration de l'alimentation peut aider les personnes vivant avec une hépatite virale et/ou avec une cirrhose à mieux respecter leur foie, à ne pas aggraver cette cirrhose, voire l’améliorer



Bien se nourrir et faire un peu d’exercice est aussi important que de prendre les médicaments prescrits. En ce qui concerne l’alimentation, c’est vous qui êtes aux commandes, pour le meilleur ou pour le pire...

Quelle alimentation en cas de cirrhose du foie ?

Lorsqu’une cirrhose a été diagnostiquée, qu’elle soit due à une hépatite virale ou à l’alcool, même si la cause a été traitée avec succès (hépatite C), ou contrôlée (hépatite B) ou arrêtée (alcool), la cirrhose reste bel et bien là. L’hépatologue gère et prescrit les examens de suivi, les dépistages divers (varices œsophagiennes, dépistage du cancer du foie tous les six mois par une échographie). Cette surveillance très régulière est impérative pour dépister et traiter les complications, mais l’alimentation est également une partie importante de la prise en charge, qui ne peut être gérée que par vous. Nous parlons ici de cirrhoses non décompensées, sans ascite (du liquide dans la cavité abdominale), sans encéphalopathie (troubles neurologiques liés à la baisse des fonctions du foie). Les conseils nutritionnels deviennent souvent des restrictions diététiques (pas de sel, moins de protéines) imposées par les complications et doivent être donnés par le spécialiste, au cas par cas.

Le foie intervient directement dans les processus nutritionnels (transformation, détoxification, stockage du glucose et des vitamines liposolubles (A, D, E, K). Une alimentation équilibrée et adaptée peut aider le foie à mieux fonctionner et lui éviter un surcroît de travail. Le foie en cirrhose est "handicapé", rigidifié et son espace devient limité. Il ne peut plus stocker autant de réserves qu’un foie sain et lui infliger des repas trop lourds, trop gras, trop sucrés et de l’alcool risque de l’achever... Le foie capture, rend inoffensif et élimine les toxiques contenus dans les aliments, l'alcool, les médicaments. Quand le foie n'est pas malade, il est capable de métaboliser et d'éliminer l'alcool ou les déchets des médicaments et de l’alimentation. Mais cette fonction diminue énormément lorsque le foie est en cirrhose et l’alcool est son pire ennemi ; sa consommation doit être arrêtée. La progression de la maladie est souvent une cause de malnutrition, qui contribue aux complications de la cirrhose, un vrai cercle vicieux qu’il faut combattre.

La base alimentaire santé, c’est le régime crétois ou diète méditerranéenne

Elle est valable pour les personnes en bonne santé et qui veulent le rester et elle est valable dans le cas des pathologies chroniques comme le VIH, les hépatites, la cirrhose, l’excès de cholestérol, le diabète, mais il faut l’adapter aux particularités de chacun et de chaque maladie... La cirrhose est plus ou moins bien supportée selon son stade, selon les personnes, leur mode de vie, leur acceptation de la maladie, leur moral, le fait de faire de l’exercice physique ou pas. Certaines ont des nausées, des diarrhées, des baisses d’appétit, certaines digèrent très mal les graisses et d’autres non.

Si vous n’avez pas de surpoids, pas de diabète, pas de stéatose (foie gras), pas ou peu de baisse d’appétit, en route pour la Crête, en augmentant juste un peu les apports en protéines. Les experts préconisent un apport en protéines de 1 à 1,5 g de protéines/kg/jour lors des cirrhoses (si 60 kg, il faut de 60 g à 90 g de protéines/j), pour ne pas perdre de muscles et éviter la malnutrition. Votre spécialiste (ou diététicien) doit déterminer votre taux idéal, selon votre état de santé. Il faut donc manger des protéines à chaque repas, mais pas forcement de la viande, les légumes secs, le soja, le fromage blanc, les céréales complètes, les œufs apportent des protéines. Il est souvent conseillé d’adopter un rythme de repas différent, soit de fréquents petits repas, quatre à six par jour, incluant une collation en soirée. Ceci peut favoriser l'utilisation des nutriments, diminue l'oxydation des graisses et des protéines et entretenir les réserves de glycogène (sucre) du foie.

En cas de nausées ou vomissements

Pour les éviter ou les diminuer, il est conseillé de manger sans se forcer, au moment de la faim, quelle que soit l'heure. Les aliments secs, froids et un peu fades (blanc de volaille, crackers, fromage type gouda) sont plus faciles à avaler que les aliments frits, épicés et chauds qui peuvent rendre nauséeux. Il est vital de boire de l’eau (en infusions aussi, thé vert) et hors repas. Une réserve de boissons nutritives (compléments hyperprotéinés, avec ou sans sucre, Clinutren, Resource, Nutrigil, etc.) peut être faite et servira en cas de nausées ou de baisse d'appétit (délivrables avec une ordonnance et remboursés par la sécurité sociale en France). Gardées au réfrigérateur, elles donnent moins de nausées. Si ces boissons ne passent pas, essayez les crèmes desserts au soja, bien protéinées. Les aliments déclencheurs de nausées (le goût, l'odeur) seront identifiés et évités ou préparés différemment. Les œufs peuvent dégoûter tels quels, mais bien passer dans un riz au lait ou un cake. Le lait, pas très digeste pour les adultes, peut être remplacé par du lait d’amandes, de soja ou d’avoine. Certaines épices combattent efficacement les nausées : le gingembre, la menthe, le basilic (rajoutés sur les plats après cuisson, en infusion, gingembre au vinaigre ou confit).

En cas de diarrhées

Les bananes, le riz ou la semoule au lait, la purée de carottes, le riz blanc et l'eau de cuisson du riz peuvent aider à les réguler, ainsi que des probiotiques, des microorganismes vivants présents dans les yaourts et les laits fermentés (kéfir, lait Ribot, leben, plus digestes que le lait) ou en gélules type ultra-levure. Ils ont une action bénéfique sur la santé intestinale et l'immunité. Certaines études tendent à montrer leur intérêt pour les cirrhoses (voir avec votre hépatologue). La gelée de coing est très efficace lors des diarrhées et c’est très bon (grandes surfaces ou magasins bio).

En cas de manque d'appétit

La réduction de la prise alimentaire peut aboutir à la malnutrition, à des carences en vitamines (B surtout, E, A) et/ou protéines, d’où une faiblesse musculaire, une fatigue chronique et une détérioration de la qualité de vie. Pour pallier la baisse d'appétit, une des solutions est de manger des portions plus petites et plus fréquentes (fractionner les apports en six petites collations plutôt que trois gros repas, dont une collation le soir pour éviter un long jeûne nocturne), de varier les goûts (amer, acide, salé, sucré) pour aiguiser l'appétit. Pour les collations entre les repas, boire des jus de fruits ou des boissons au soja, des smoothies, des fruits, des bananes, des amandes et utiliser si besoin des boissons nutritives.

Eviter de boire pendant les repas et avaler les médicaments à la fin des repas, pour ne pas couper l’appétit. Faire un peu d'exercice avant les repas, une petite marche par exemple peut réveiller l’appétit. Les épices et aromates ouvrent l’appétit : le cumin (un peu de gouda au cumin avant la marche), la cannelle, la coriandre, le fenouil, le gingembre, le fenugrec, etc. Il existe un médicament naturel pour ouvrir l’appétit, à base de fénugrec, à voir avec votre pharmacien.

En cas de goût altéré

Si la viande a un goût amer, le poulet, le poisson, les lentilles, le tofu (soja) peuvent la remplacer, ainsi que le fromage, le yaourt, les œufs. La viande, le poulet, le poisson et les œufs peuvent être mangés froids (un cake aux œufs et au thon ou au tofu). Les boissons protéinées peuvent être une aide les jours "sans goût" ou de "mauvais goût".

En cas de fatigue

La fatigue n’est pas toujours constante ; quand on est plus en forme, il est possible de faire les courses et de préparer à l'avance des plats sains et équilibrés (viande blanche ou poisson + légumes + céréales), et d'en congeler une partie pour les jours "sans". Si la fatigue est constante, le médecin doit vérifier le statut vitaminique (A, B, C, D, E) et protéique car les carences sont fréquentes. Pour les vitamines, faites pousser des graines germées, pleines de protéines et de vitamines. Si le moral est en berne, il est conseillé d’aller voir un psychologue, pour identifier une dépression ou ne pas la laisser s’installer, car c’est une cause supplémentaire de baisse d’appétit et donc ensuite de malnutrition. Faire un peu d’exercice en commençant doucement (marche, piscine, vélo) peut redynamiser et engendrer une "saine" fatigue.

En cas de surpoids et/ou de stéatose

Si vous êtes en surpoids et/ou avez de la stéatose (graisse dans le foie), l’hépatologue a dû vous dire de freiner sur les kebabs et de perdre du poids pour diminuer la stéatose, car elle accélère la vitesse de progression de la fibrose et multiplie par deux le risque de cancer du foie. La stéatose du foie est fréquente chez les personnes ayant une hépatite C. Chez certains, ayant un virus de génotype 3, la stéatose est due au virus lui-même. Mais pour les autres, la stéatose semble reliée au surpoids et surtout à l'adiposité viscérale (accumulation de tissu adipeux entourant les viscères à l’intérieur du ventre), souvent reliée aussi au diabète de type 2 et/ou au syndrome métabolique (tension, glycémie et triglycérides élevés, bon cholestérol bas, tour de taille supérieur à 102 cm chez les hommes et à 88 cm chez les femmes, etc.). Il est possible de cumuler les deux, stéatose virale + stéatose métabolique. La stéatose est due aux triglycérides en excès dans le sang, venant d’une alimentation trop riche en sucres, graisses et alcool (le whisky serait un bon pourvoyeur de stéatose).

L’augmentation du risque de cancer du foie pourrait s'expliquer par le fait que ce tissu graisseux produit des facteurs de croissance jouant un rôle dans le développement des cellules tumorales. Ce risque est plus grand pour les hommes de plus de 40 ans, avec une prédisposition génétique. La stéatose était un obstacle au succès du traitement du VHC (moins maintenant avec les nouveaux traitements). La stéatose peut être traitée, par divers médicaments (metformine, pentoxyfilline, AUDC, vitamine E) selon son origine et son score, mais il vous sera toujours demandé de faire un régime et de l’exercice physique... La perte de poids amène une amélioration de l'état du foie et une baisse de la graisse viscérale et du foie, par une alimentation saine (régime crétois) et par de l'activité physique (au moins trois heures d’exercice par semaine). Une étude espagnole vue à la conférence EASL (Association européenne pour les études sur le foie) montre les bienfaits d’un régime et du sport (sur un an, biopsie du foie avant et après) sur la stéatose et même sur la fibrose, si la perte de poids est supérieure à 10 % du poids. Pour les aventuriers, les amateurs de retour aux sources, de petites études avec le régime paléolithique font état de très bons résultats sur la stéatose du foie (et sur des maladies chroniques non curables par la médecine). Ce régime était celui de nos ancêtres du Paléolithique, il y a 40 000 ans, des chasseurs cueilleurs. Cette diète ancestrale exclut les céréales, légumes secs, laitages, sucres, sel, parce que ces aliments n’apparaissent qu’au Néolithique, au moment de la révolution agricole (culture, élevage). Et donc, ils mangeaient des viandes maigres, poissons, fruits de mer, des fruits, des baies, des graines, des noix, des racines, des œufs d’oiseaux et des végétaux sans amidon à volonté et c’est tout !

Une étude suédoise a montré qu’en cinq semaines, le régime paléo avait permis une perte de poids, une réduction de 49 % des graisses du foie et une amélioration de nombreux paramètres (tension, cholestérol, résistance à l’insuline). L’étude américaine portait sur 18 volontaires obèses avec une stéatose hépatique, qui ont suivi pendant deux semaines soit un régime hypocalorique, soit un régime paléo sans glucides. Le régime hypocalorique a permis de réduire de 42 % le niveau des graisses du foie, et le régime paléo a entraîné une baisse de ces graisses hépatiques de 55 %. Bon, c’est vrai que ça paraît dur au pays de la baguette et du camembert, mais sur une durée de temps limitée, et en reprenant de meilleures habitudes alimentaires ensuite, c’est jouable. Nous consommons souvent trop de féculents, trop de sucre et de sel et pas assez de légumes, considérés comme une simple garniture des plats de viandes et souvent remplacés par des frites.

Consultation de diététique

Une diététicienne, de l’hôpital ou en ville, peut établir un plan individualisé de repas qui répondra à vos besoins nutritionnels et déterminer si vous avez besoin de suppléments de vitamines. Un apport de vitamines et de minéraux peut être utile pour prévenir des carences associées à un faible apport, aux perturbations métaboliques dues à la maladie du foie ou aux effets des médicaments. Ces suppléments doivent être déterminés par une évaluation individuelle. Un excès de certaines vitamines peut être nocif pour le foie (la vitamine A en surdose). Ces consultations sont encore plus utiles en cas de complications de la cirrhose, de diabète, de stéatose, ainsi qu'en cas de perte de poids, de diarrhées, de perte d'appétit, de rétention d'eau et de nécessité d'un régime à faible teneur en sel.




Marianne L'Hénaff et Jacqueline L'Hénaff

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coquelicot
Sujet du message: Mieux se nourrir pour soutenir le foie  MessagePosté le: 28 Nov 2015 - 13:26
Super Hépatant(e)
Super Hépatant(e)


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Merci Fil.

Cest bien de faire une petite piqure de rappel de temps à autre.
J'ai tendance à oublier parfois.....surtout quand je ne veux pas me rappeler Ange

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VIH
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Au plus élevé trône du monde, on est jamais assis que sur son cul (Montaigne)
 
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fil
Sujet du message: Mieux se nourrir pour soutenir le foie  MessagePosté le: 17 Jn 2018 - 15:45
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ALIMENTATION : QUI SONT LES ALLIÉS DE VOTRE FOIE?
En collaboration avec Audrey Cyr, nutritionniste

Le foie est l’organe interne le plus volumineux du corps humain. Il est le seul capable de se régénérer. Il exerce plus de 500 fonctions, dont les principales sont de combattre les infections, neutraliser les toxines, fabriquer les protéines et les hormones, contrôler la glycémie et aider la coagulation sanguine.

Avec la mode des « détox », plusieurs personnes sont tentées d’utiliser ces moyens pour améliorer les fonctions hépatiques. Toutefois, il faut savoir qu’un foie en bonne santé effectue très bien et sans aide externe cette détoxification. My Liver Exam vous propose, grâce à cet article, un aperçu des aliments bénéfiques pour votre foie.

Les individus qui souffrent d’hypercholestérolémie*, d’hypertension artérielle*, de résistance à l’insuline, d’obésité abdominale ou de diabète augmentent leurs risques de développer une maladie du foie. Il est donc important de bien gérer ces conditions lorsqu’on parle de santé du foie.

À cet effet, la composition du régime alimentaire peut influencer directement le développement de certains troubles du foie (maladie non-alcoolique du foie). La manipulation du contenu en macronutriments* ou en micronutriments* peut affecter les niveaux d’inflammation, les lipides sanguins (taux de cholestérol) et la résistance à l’insuline. En voici les grandes lignes.

https://www.myliverexam.com/fr/alimenta ... otre-foie/

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