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Sujet du message: Les nouvelles de la réunion de Rome sur le VIH et l’hépatite  MessagePosté le: 08 Déc 2014 - 14:27
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• La riposte européenne au VIH perd du terrain alors que l’épidémie se propage en Europe de l’est

• Les domaines d’action prioritaires

• L’objectif de 90 / 90 / 90 peut-il être atteint dans la région européenne?

• Des améliorations du dépistage et du diagnostic sont nécessaires

• La tuberculose chez les personnes séropositives en Europe de l’est

• L’hépatite C: un défi médical et financier

La riposte européenne au VIH perd du terrain alors que l’épidémie se propage en Europe de l’est

Les diagnostics de VIH ont augmenté de 80% dans la région européenne depuis 2004, et les trois quarts des nouveaux diagnostics en Europe surviennent en Europe de l’est. Malgré tout, l’ampleur et le ciblage de la prévention, du dépistage et du traitement en Europe de l’est sont insuffisants, a t’on annoncé la semaine dernière à Rome au cours d’une réunion européenne sur les normes de soins du VIH et des co-infections en Europe.

La réunion, organisée par European AIDS Clinical Society (la société clinique européenne sur le SIDA), a précédé une réunion européenne ministérielle de haut niveau sur le VIH, organisée par le ministre italien de la santé, et conçue pour relancer la dynamique de la lutte contre le VIH parmi les leaders politiques de l’union européenne, dix ans après la déclaration de Dublin de 2004 qui avait mise en place un cadre d’actions pour lutter conte la progression des épidémies en Europe de l’est et en Asie centrale

Les domaines d’action prioritaires


S’exprimant lors de la réunion ministérielle de haut niveau, Mark Sprenger du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a déclaré que la région européenne faisait face à deux épidémies distinctes.

Malgré l’ambition de la déclaration de Dublin d’arrêter et d’inverser le cours de l’épidémie du VIH dans la région européenne, le taux de diagnostic de VIH par 100 000 habitants a augmenté de 126% depuis 2004 en Europe de l’est. Le taux est resté stable dans l’union européenne. Le taux le plus élevé d’augmentation a été parmi les hétérosexuels, un fait qui indique que l’épidémie chez les usagers de drogues injectables a eu pour conséquence la transmission ultérieure aux partenaires sexuels

Bien que le taux d’augmentation des diagnostics de VIH soit pratiquement resté nul depuis 2004 sur l’ensemble de la population de l’union européenne, cette absence d’augmentation camoufle un tournant décisif dans l’épidémie. Alors que les diagnostics parmi les hommes et les femmes hétérosexuels et les usagers de drogues injectables aient diminué, les nouveaux diagnostics parmi les hommes qui ont des rapports sexuels avec des homes (HSH) ont augmenté de 33% depuis 2004, avec une augmentation particulièrement marquée entre 2010 et 2011. “ Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes constituent la priorité absolue dans l’Union européenne” a t’il dit.

Sprenger a défini cinq domaines d’actions prioritaires dans la région européenne pour inverser l’augmentation des diagnostics de VIH.

La première priorité est la prévention ciblée à une échelle appropriée aux populations clefs: les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les usagers de drogues injectables, les migrants, les prisonniers et les travailleurs du sexe, a t’il dit. La couverture des interventions de réduction des risques varie d’un pays à l’autre même dans l’Union européenne.

La deuxième priorité est une plus grande couverture du dépistage et un dépistage plus fréquent afin de réduire les diagnostics tardifs. Le dépistage devrait être fait au niveau de la communauté et les gouvernements devraient rechercher des stratégies innovatrices pour augmenter le taux de dépistage, et cibler les populations clefs plutôt que la population générale. L’accès au dépistage est toujours systématiquement faible parmi toutes les populations clefs, a t’il dit.

La troisième priorité est d’étendre la couverture du traitement antirétroviral en Europe de l’est et d’assurer la disponibilité du traitement et des soins pour les sans papiers sur l’ensemble de l’union européenne. Les programmes nationaux doivent améliorer les taux de diagnostics et de suppression virale afin de profiter à plein du traitement comme prévention. Pour l’instant, le taux de diagnostic est toujours faible, même dans les pays les plus performants.

La quatrième priorité est le financement à grande échelle, en particulier pour assurer la prestation des services clefs de prévention et de réductions des risques par la société civile.

La cinquième priorité est un leadership politique ferme, à la fois au niveau national et au niveau européen, afin de mobiliser des fonds et de changer les attitudes envers le VIH.

L’objectif de 90 / 90 / 90 peut-il être atteint dans la région européenne?



La nouvelle cible pour l’expansion du traitement anti-VIH, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 90% sous traitement et 90% sous suppression virale, sera un des éléments importants des efforts futurs dans la région européenne. Cependant, Martina Brostrom de l’ONUSIDA a avisé les participants à la réunion que de nombreux pays de la région, y compris certains grands pays d’Europe occidentale, perdent du terrain par rapport à certains des pays les plus performants de l’Afrique subsaharienne dans leurs efforts pour dépister et traiter l’infection au VIH.

Une enquête auprès des médecins experts en VIH, conduite par le Dr Cristina Oprea de l’hôpital Victor Babes à Bucarest en Roumanie, a constaté un taux d’estimation faible des diagnostics de VIH, un taux faible de couverture antirétrovirale et l’utilisation fréquente de médicaments antirétroviraux qui ne sont plus recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a exprimé son scepticisme quant à la probabilité d’atteindre la cible 90/90/90 en Europe de l’est et en Asie centrale, mais elle a révélé que la Roumanie avait déjà atteint une couverture de traitement supérieure à 60%, qui se compare favorablement à celle de nombreux pays plus riches.

Le professeur Andrzej Horban de l’hôpital pour les maladies infectieuses de Varsovie en Pologne, a convenu que dans la plupart des pays d’Europe centrale, il est possible d’atteindre les objectifs fixés par l’ONUSIDA, en partie en raison de la faible incidence du VIH. Il sera possible d’atteindre ces objectifs en Asie centrale très bientôt, mais en Europe de l’est, particulièrement en Russie, il faudra longtemps pour atteindre ces objectifs en raison du manque de volonté politique.

L’absence de leadership politique en Europe de l’est est une différence véritable avec l’Afrique subsaharienne” a dit Prof. Manuel Battegay, le président de l’European AIDS Clinical Society (EACS).

Les délégués se sont inquiétés de l’opposition sociale et politique profonde à la réduction des risques pour les usagers de drogues injectables, et de la reluctance profonde des sociétés de l’Europe de l’est à aborder la lutte contre l’usage des drogues comme un problème de santé publique plutôt que comme une infraction pénale.

Le plus grand défi politique qui nous fait face est l’usage des drogues plutôt que le VIH ou la tuberculose” a déclaré le Dr Fiona Mulcahy de l’hôpital St James à Dublin en Irlande, la vice-présidente de l’EACS

“La communauté scientifique russe parle de l’ampleur du problème; ce qui indique une prise de conscience politique à haut niveau du défi important représenté par le VIH pour la Russie” a dit Martin Donoghoe, le directeur du programme européen sur le VIH et l’hépatite de l’OMS.

Il est important que les scientifiques continuent de soutenir d’un point de vue scientifique des décisions politiques qui se fondent sur la réalité dans la région européenne” a t’il dit.

Prof. Jens Lundgren de l’université de Copenhague au Danemark qui a dirigé un programme de formation des médecins en Europe de l’est au nom de l’EACS, a déclaré qu’une approche de santé publique au traitement, telle qu’elle est recommandée par l’OMS Europe, était nécessaire en Europe de l’est. La simplification du traitement est la clef d’une expansion rapide du traitement en Europe de l’est. Il est plus difficile pour les médecins d’apprendre comment utiliser le traitement antirétroviral lorsqu’il y a trop de traitements possibles, les couts augmentent et l’accomplissement des économies d’échelle dans les achats deviennent difficiles, a t’il dit aux participants de la réunion.

Le développement d’un système intégré de réduction des risques avec le traitement de substitution pour les toxicomanes et les soins anti-VIH est également essentiel. Pour l’instant, ces programmes sont indépendants les uns des autres en Europe de l’est. Ceci signifie que de nombreux toxicomanes ne reçoivent jamais de test de dépistage du VIH, qu’ils ne peuvent pas accéder aux programmes de substitution et qu’ils ne sont pas orientés vers les soins anti-VIH en raison de l’absence de communication et de liens officiels entre ces programmes. Moins de 5% des toxicomanes peuvent obtenir un traitement de substitution pour la drogue en Russie, en Ukraine, au Belarus et en Asie centrale, et la couverture des programmes d’échanges de seringues et d’aiguilles est extrêmement faible.

Nous devons nous rappeler qu’il a fallu plusieurs années pour faire accepter les pratiques de réduction des risques en Europe occidentale et nous devons donc persister à dialoguer entre experts.

Des améliorations du dépistage et du diagnostic sont nécessaires


La réunion a également comparé les cascades de traitement, c’est à dire la proportion de personnes diagnostiquées, orientées vers les soins, engagées dans les filières de soins, commençant le traitement antirétroviral et en suppression virale, entre les pays et les régions. Les meilleurs résultats sont observés en Europe occidentale, au Danemark, en France, au Royaume-Uni et au Pays Bas, où entre 52 et 60% des personnes séropositives sont estimées avoir une charge virale refoulée. Le nouvel objectif de l’ONUSIDA implique un taux de suppression virale de 73% qui ne peut être atteint que par le biais d’améliorations dans les taux de dépistage et dans leur fréquence.

En Europe centrale et de l’est, les taux de suppression virale sont beaucoup plus faibles: 19% en Estonie, 20% en Géorgie et 25% en Russie. Des taux faibles de diagnostics, de rétention dans les filières de soins et d’initiation du traitement contribuent tous à ces taux faibles de suppression virale.

“Afin de retenir les individus dans la cascade des soins, pour commencer, il faut déjà établir une cascade des soins” a dit Tamas Berezcky de l’European AIDS Treatment Group (Groupe européen pour le traitement du SIDA). Il a souligné comme étant des faiblesses fondamentales l’absence d’efforts pour diagnostiquer et orienter vers les soins les usagers de drogues injectables et la couverture très faible de traitement antirétroviral en Europe de l’est.

La tuberculose chez les personnes séropositives en Europe de l’est

L’absence d’intégration des services de traitement du VIH et de la tuberculose contribue également au fardeau énorme de la tuberculose chez les personnes séropositives en Europe de l’est, et à une fréquence élevée de tuberculose multirésistante (MDR-TB). Les pratiques de traitement dans la région, telles que l’hospitalisation pendant les deux mois d’induction intensive au traitement de la tuberculose, qui augmente les risques d’exposition à la tuberculose nosocomiales (contractées à l’hôpital), et le manque d’accès à la gamme complète des médicaments pour le traitement empirique de la tuberculose chez les personnes présumées résistantes aux médicaments, sont la cause de ce fardeau de tuberculose multirésistante, a dit Daria Podlekareva de l’université de Copenhague. Les recherches récentes, menées par l’université de Copenhague ont constaté que moins de la moitié des patients séropositifs présumés tuberculeux ayant reçu un traitement empirique avaient été prescrits quatre médicaments actifs, conformément aux recommandations de l’organisation mondiale de la santé. Le taux des décès parmi les personnes séropositives tuberculeuses en Europe de l’est est au moins deux fois plus élevé qu’en Europe occidentale ou en Amérique latine, une conséquence en grande partie de l’absence de diagnostic et de traitement antirétroviral et du fardeau élevé de tuberculose multirésistante.

L’hépatite C: un défi médical et financier


La réunion a également parlé des obstacles au traitement de l’hépatite C parmi les personnes séropositives co-infectées à l’hépatite C dans la région européenne. Un taux faible de diagnostics d’hépatite C signifie que de nombreuses personnes apprennent leur infection après l’apparition de troubles hépatiques graves. Malgré les recommandations de l’EACS et de l’association européennes pour l’étude du foie (European Association for the Study of the Liver (EASL) sur le traitement des personnes souffrant d’un stade avancé de maladie hépatique (stades F3 et F4), l’accès aux nouveaux médicaments antiviraux à action directe est limité, en raison du coût et de la lenteur des décisions concernant les remboursements.

“Il faut que vous nous souteniez publiquement, sur la base de critères de santé publique et de prise en charge des patients et que les caisses de sécurité sociales prennent soins des coûts. La politique doit contrôler les entreprises” a dit Luis Mendão de l’European AIDS Treatment Group. “Nous devons suivre l’exemple de Joep Lang en tant que militant clinicien pour l’accès au traitement du VIH, pour se battre pour l’accès au traitement de l’hépatite C pour tous” a dit Dr Annemarie Wensing du centre médical universitaire d’Utrecht au Pays-Bas.

aidsmap.com Novembre 2014

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VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
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