Hépatites et Co-Infections
Partage et entraide
Aux nouveaux inscrits...




Favoris
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
Auteur Message
pat-leon
19 Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 10:10
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Réfléchir à une autre politique des drogues

TRIBUNE-Libération 28 juin 2011
Par ANNE COPPEL sociologue

Le débat s'ouvre, enfin ! Et pourtant, en 2007, l'adoption de la politique de tolérance zéro en matière de drogue n'a pas suscité le moindre débat et nul ne s'interroge sur ses résultats. Les usagers de cannabis payent le prix fort de la politique du chiffre tandis que la réduction des moyens policiers limite la lutte au petit trafic de rue et aux dénonciations entre rivaux. Principal résultat : une exacerbation inouïe de la violence, avec règlements de compte et renforcement des organisations clandestines qui imposent leur loi. Il faut féliciter la commission Vaillant d'avoir eu le courage de rompre le consensus sur la guerre à la drogue. Son diagnostic : l'échec de la lutte contre le trafic de cannabis. La légalisation contrôlée du cannabis est une proposition réfléchie, même si aucun pays ne l'a encore expérimentée. Encore faut-il être précis sur ses modalités et ses objectifs : dans quelle mesure pourrait-elle endiguer le trafic ? Que deviendraient ceux qui en vivent actuellement ? Un monopole d'Etat est-il envisageable dans un contexte de recul des services publics ?

Ce que le débat public français ignore avec constance, ce sont les avancées du débat international fondées sur deux constats : a) l'objectif d'éradication des drogues est irréaliste ; b) il est illusoire d'espérer un consensus sur l'abolition de la prohibition internationale dans un avenir prévisible. Il faut sortir de l'alternative du tout ou rien, et apporter des réponses immédiates en développant les actions dont les résultats font consensus parmi les experts (1). Si la politique portugaise est au c¦ur du débat international, c'est que ses résultats l'opposent en tout point à la politique de tolérance zéro menée depuis deux décennies aux Etats-Unis. D'un point de vue législatif, l'avancée tient à la décriminalisation de l'usage et de la détention de toutes les drogues pour dix jours de consommation. Voilà qui interdit l'incarcération des usagers au contraire de la France avec ses 9 000 incarcérations pour usage et détention l'an dernier. Les pratiques policières en ont été profondément modifiées. Tandis que les consommateurs sont systématiquement renvoyés au système de santé, les services répressifs se consacrent à deux priorités : lutter contre le grand trafic international d'une part, garantir la sécurité au quotidien d'autre part.

La grande scène de Lisbonne avec ses dealers et ses consommateurs a été dispersée, mais la revente dans la rue est tolérée dans de petits espaces publics à condition de ne pas gêner l'environnement. La rue a été pacifiée, la police se consacre aux conséquences négatives du trafic. Associée à un accès large aux traitements, cette politique de santé axée sur la réduction des risques a permis de réduire les consommations problématiques, l'injection, les overdoses et les maladies infectieuses, résultats également observés en France jusqu'en 2001. Mais, tandis qu'en France, le nombre des consommateurs a augmenté d'un million depuis cinq ans (soit 13 millions au total), il a régressé au Portugal chez les 15-24 ans. Les usagers interpellés sont renvoyés aux commissions de dissuasion avec pour mission la prévention des consommations problématiques des plus jeunes et l'accès aux soins selon les besoins. En dix ans, le Portugal a surmonté une situation aussi catastrophique pour la sécurité que pour la santé. Cette politique fait désormais consensus.

On sait aujourd'hui quelles actions protègent effectivement la santé et quelles actions sont contre-productives. On a moins de certitude concernant la sécurité. Comme dans la santé, il faut définir les priorités de l'action publique en fonction des réalités de terrain. Limiter l'emprise du trafic est un premier objectif. Les prescriptions médicalisées, pour les opiacés comme pour le cannabis, y contribuent. L'autoproduction est actuellement une réalité de terrain dont il faut prendre acte. La légalisation contrôlée du cannabis est un pas de plus. Personnellement, j'y suis favorable, mais une telle expérimentation doit être mise en cohérence avec une politique globale qui, a minima, exclut la criminalisation de l'usage des drogues. L'urgence de l'heure est de décharger les policiers des tâches inutiles - pourchasser les simples consommateurs - pour qu'ils puissent contribuer à la pacification des quartiers. Il y a des questions que l'on ne sait pas résoudre, comme le trafic international de drogues, les paradis fiscaux, le trafic d'armes. Mais l'expérience et les connaissances acquises sont suffisantes pour orienter l'action publique dans la bonne direction, celle qui protège au mieux la santé et la sécurité.

Les Français ne le savent pas, mais le changement est déjà à l'oeuvre. En 2009, l'ONU a reconnu les actions de réduction des risques définies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La France s'y était d'ailleurs opposée car cette reconnaissance implique de renoncer à l'objectif d'éradication des drogues. C'est un pas modeste mais, quand tous les pays en auront tiré les enseignements dans la répression comme dans la prévention, ce sera un tournant majeur. Le changement se construit pas à pas dans la négociation et l'expérimentation pour déboucher sur de nouvelles régulations.
(1) Global Commission on Drug Policy Report, juin 2011.

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 10:13
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Drogue : sortir des postures
LE MONDE ECONOMIE 27.06.11

Par le poids et les effets de son trafic, tant local que mondial, la drogue requiert une approche économique distincte des perspectives médicales, sociales ou policières.
L'économiste applique au marché de la drogue ses méthodes usuelles et se concentre sur quelques paramètres-clés : élasticité de la demande par rapport au prix et par rapport à la pénalisation ; élasticité de l'offre par rapport aux mêmes variables ; externalité de la consommation (effets sur d'autres que le consommateur) ; effets directs et effets pervers des politiques publiques.
Les marchés des drogues légales (le tabac, l'alcool) permettent d'utiles comparaisons, et les expériences étrangères ou historiques sont riches d'enseignement.
Ainsi, la prohibition américaine de l'alcool - l'un des grands exemples d'une interdiction totale suivie d'une large libéralisation - permet d'estimer les impacts à court et à long terme de la libéralisation comme de la prohibition sur la consommation.
Résultat d'un mouvement populaire mêlant ascétisme protestant, hostilité aux immigrés irlandais et italiens, mais aussi féminisme, la Prohibition fut adoptée d'abord par des Etats, puis par l'Etat fédéral américain en 1920, avec plusieurs conséquences : baisse de la consommation d'environ un tiers après un impact initial plus fort ; développement d'un marché noir considérable et d'une criminalité nouvelle tentant de dominer celui-ci ; report de la consommation vers les alcools forts, plus faciles à cacher et à plus forte valeur ajoutée.

LA CRIMINALITÉ RECULE

L'impact de l'abolition de la Prohibition par le président Roosevelt en 1933 fut symétrique : la consommation retrouve son niveau d'avant-Prohibition et la criminalité recule.
Dans leurs détails, ces effets sont certes sujets à controverse car, comme toute activité illégale, la vente d'alcool dans les années 1920 est difficile à mesurer.
On l'approche par diverses méthodes : consommation de produits liés, arrestations en état d'ivresse, nombre des cirrhoses, etc.
En se limitant aux homicides, raisonnablement faciles à recenser à méthode constante, on observe que la Prohibition américaine eut bien deux effets forts : une baisse des homicides liés à -l'ivresse et à l'alcoolisme, mais une hausse - plus importante - de ceux perpétrés par les criminels, accompagnée d'une modification du type des criminels et des victimes.
Inversement, son abolition conduisit à un fort recul de la criminalité, malgré un contexte de chômage massif et de tensions sociales.
Des recherches similaires ont été menées partout dans le monde pour estimer l'importance de la dépendance, les risques de passage des drogues dites "douces" aux drogues plus dures, les effets de la drogue sur la santé, l'impact quantitatif sur les prix et sur la consommation d'une dépénalisation, l'effet possible sur la criminalité, les chances comparées d'une politique menée nationalement ou internationalement, l'efficacité des politiques de santé publique contre l'addiction.

SOLUTION INTÉRESSANTE

La légalisation implique un saut qualitatif, même si elle peut prendre des formes variées : l'exemple du tabac et de l'alcool montre qu'un monopole public de distribution, qui contrôle la production et les prix de manière à restreindre au mieux la consommation sans stimuler le marché noir, est une solution intéressante.
Si elle peut réduire sensiblement la criminalité et l'économie parallèle des zones de distribution, elle doit être envisagée, au moins pour les drogues comme le cannabis dont les effets d'accoutumance, l'impact sur la santé du consommateur et les effets externes (par exemple sur les accidents de la route) ne sont pas supérieurs à ceux de l'alcool.
Le débat ne doit pas être évité au nom de principes prétendument philosophiques (liberté individuelle contre tolérance zéro), qui débouchent facilement sur l'outrance et le simplisme.
L'échec de la "guerre à la drogue" américaine ou colombienne est suffisamment patent (hausse de la consommation, transformation en criminels - via les prisons - de simples consommateurs, enrichissement de barons qui corrompent l'économie et la politique) pour que toutes les solutions soient envisagées.
La drogue est une question assez complexe et douloureuse pour qu'on lui évite de faux débats. Les hommes politiques doivent le comprendre et les citoyens exiger un vrai débat.

Pierre-Cyrille Hautcoeur, Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d'économie de Paris.
Article paru dans l'édition du 28.06.11

© Le Monde.fr

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 10:15
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Le joint de la discorde
LE MONDE ECONOMIE 27.06.11

En 2007, 30 % des jeunes de 17 ans avaient consommé, au moins une fois dans leur vie, du cannabis. Soit autant que ceux ayant fumé au moins une cigarette dans les trente derniers jours.
La proportion de jeunes ayant consommé du cannabis est similaire en Grande-Bretagne (29 %), aux Pays-Bas (28 %), en Allemagne (24 %), en Suisse (33 %), et aux Etats-Unis (31 %).
La stratégie de pénalisation de la consommation de cannabis n'a donc pas permis d'en réduire la consommation de manière significative. A de tels nivaux de consommation, une politique répressive n'a d'ailleurs qu'une crédibilité limitée. Elle alimente, en revanche, une économie parallèle criminelle.
C'est dans ce contexte qu'est paru, le 17 juin, le rapport du groupe parlementaire Socialiste, radical, citoyen (SRC) présidé par l'ancien ministre socialiste de l'intérieur Daniel Vaillant.
L'idée générale de ce rapport est qu'il vaut mieux contrôler et réguler un marché qu'on ne peut supprimer plutôt que de le laisser se développer dans une clandestinité qui interdit toute maîtrise des produits distribués et des conditions de consommation.

QUATRE MOTIFS DE REJET

Le premier ministre, François Fillon, et le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, ont rejeté l'idée même d'un débat sur cette question, invoquant quatre motifs principaux.
Le premier est que la consommation de cannabis représente un danger sanitaire. Cela ne suffit certainement pas à justifier une prohibition. Faute de quoi l'alcool et le tabac, qui représentent des risques sanitaires et sociaux supérieurs à ceux du cannabis, seraient interdits depuis belle lurette.
Le second argument est qu'une dépénalisation du cannabis conduirait à une augmentation massive de la consommation, et à une escalade vers les drogues plus dures. Stephen Pudney (université d'Essex) a montré que les données disponibles ne permettaient pas de confirmer ces hypothèses ("Drug policy - What should we do about cannabis ?", Economic Policy, 2010).
La manière précise dont les marchés sont organisés joue probablement un rôle important. Il recommande donc un recours plus systématique à l'expérimentation, afin de pouvoir explorer précisément les effets de différentes politiques.
Le troisième argument de la majorité est politique : 70 % des Français sont opposés à la légalisation du cannabis. Certes, mais pourquoi ?
Les économistes Jenny Williams, Jan Van Ours et Michael Grossman ont analysé l'opinion des Australiens ("Why do some people want to legalize cannabis use ?", CEPR, 2011). Ils montrent qu'être, ou avoir été, consommateur expliquait en grande partie le fait d'être favorable à une légalisation.
Or les "anciens" consommateurs n'ont rien à gagner à une telle mesure. Ils ont en revanche tiré de leur expérience une information sur les dangers du cannabis. Cela signifie, a contrario, que les personnes n'ayant jamais consommé de cannabis, et qui sont davantage favorables à une prohibition stricte, sont aussi les moins bien informées.
En d'autres termes, il y a tout lieu de croire qu'un débat ouvert, qui permettrait une meilleure information des citoyens, serait susceptible de modifier substantiellement l'opinion publique.
Reste l'ultime argument du gouvernement : il serait immoral que l'Etat autorise la consommation du cannabis. C'est une position qui peut se défendre. Mais elle est surprenante, de la part d'un gouvernement qui a légalisé les paris en ligne.

Thibault Gajdos, CNRS, Groupement de recherche en économie quantitative d'Aix-Marseille.
Article paru dans l'édition du 28.06.11

© Le Monde.fr

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 16:25
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
Franchement, ne crois-tu pas que c'est un combat de retard quand on voit que la majorité des dealers de chichon de nos banlieues ont déjà zappé vers la coco ?
Cette came qui était encore inaccessible hors du milieu du showbiz et du cad'sup est maintenant la source de revenu en vogue des cailleras des cités.
J'aimerai des chiffres aussi sur la conso de coke et de pilules en tout genre, parce que là aussi il y a de quoi s'interroger.
Hormis ces données et la question de la dépénalisation, on n'aborde toujours pas le sujet de fond qui est pourquoi autant de personnes veulent échapper à leurs réalités, entre le pastis et l'extasy, le somnifère et le doping, l'antidépresseur et le THC ...

à force de tourner autour du pot on chie à côté

Wink

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 17:07
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Drogues en France, stabilité pour le cannabis, en progression pour la cocaïne

L’Institut national de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) et l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) viennent de publier les premiers résultats du Baromètre Santé 2010 sur les pratiques d’usage de substances psychoactives par les adultes. Portant sur des entretiens avec plus de 27 000 personnes de 15 à 85 ans, l’étude se veut significative des comportements de la population dans toute la France métropolitaine.

La consommation de cannabis se stabilise

Le cannabis reste le produit illicite le plus consommé en France. En 2010, un adulte sur trois entre 18 et 64 ans, a déjà consommé du cannabis. Et 8% d’entre eux en ont consommé au cours de l’année écoulée, soit la même proportion qu’en 2005. Comme pour les autres drogues, les plus jeunes et les hommes sont les plus concernés.

Ecstasy : de moins en moins l’extase

La diffusion de l’ecstasy en revanche, s’essouffle peu à peu. L’expérimentation est passée de 2% en 2005 à 2,7% en 2010. « Mais cette légère hausse » explique-t-on à l’INPES « est en fait mécanique. Car elle est liée à ce qu’on appelle un effet de ‘stock’ des générations anciennes de consommateurs ». En revanche, l’usage courant sur l’année 2010, est en recul de 0,5% à 0,3%.

La consommation de cocaïne, encore et toujours à la hausse

La part des 18-64 ans qui a expérimenté « la cocaïne a pratiquement augmenté de moitié depuis 2005 ». En 2010, près de 4% ont déclaré en avoir déjà consommé, et les consommateurs réguliers représentant 0,9% des 18-64 ans. Il existe toutefois un « pic » de consommation à 2% qui concerne les moins de 35 ans. La France est ainsi dans la moyenne européenne, nettement derrière l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie..

Autre fait particulièrement inquiétant, cette enquête fait état d’une légère hausse de l’expérimentation d’héroïne (de 0,9 % en 2005 elle est passée à à 1,2 % en 2010), et de celle des champignons hallucinogènes (de 2,7 % en 2005 elle progresse à 3,2 % en 2010). Enfin la diffusion des poppers ne cesse d’augmenter.. C’est ainsi que 5,3 % des 18-64 ans ont déjà expérimenté ce type de substances alors qu’ils étaient 3,9 % en 2005.

Alcool : du mieux et du pire

Bonne nouvelle, la consommation quotidienne d’alcool s’inscrit à la baisse en France. En 2010, près de 12% des 18-75 ans buvaient chaque jour différentes boissons alcoolisées, contre 16% en 2005. Il s’agit principalement, d’hommes de plus de 45 ans.

En revanche, la proportion de personnes ayant connu au moins un épisode d’ivresse au cours de l’année a augmenté, « et ce dans toutes les classes d’âge et pour les deux sexes », précise l’INPES. Elle est passée de 15% en 2005 à 19% en 2010. Cette hausse est particulièrement marquée parmi les jeunes femmes, chez qui elle est passée de 20% à 34% en 5 ans.

Les fumeurs quotidiens, de plus en plus nombreux !

Surprise de taille enfin du côté du tabagisme : d’après ce Baromètre santé 2010, la part des fumeurs quotidiens a augmenté de deux points entre 2005 et 2010, passant de 28% à 30%. Cette hausse concernerait surtout les femmes de 45 à 64 ans. En revanche, le nombre moyen de cigarettes fumées au quotidien par les consommateurs réguliers est en recul. Il est passé de 15,3 en 2005 à 13,8 en 2010.

Source : INPES, 29 juin 2010, Baromètre Santé 2010

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 29 Jn 2011 - 23:31
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
Merci Pat, pour des chiffres clairs et nets.
Quand je citais les ecstasy je pensais à toutes les formes de produits chimiques qu'on trouve sous forme de pilule, buvard ou liquide, et là je crois que l'inventaire est sans cesse renouvelé.
Pour l'héro je ne savais pas que ça remontait ... c'est pas bon signe et ça donne confiance aux tenants du discours "du joint à la seringue il n'y a qu'un pas" ...

Kiss
Olivier

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 30 Jn 2011 - 10:54
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
A la recherche de chiffres plus quantitatifs...

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
macadam
Sujet du message: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 30 Jn 2011 - 11:22
Super Hépatant(e)
Super Hépatant(e)


Inscrit le: 06 Mar 2010
Messages: 1296
Localisation: Ariège
de toute façon, une seringue sans joint, ça marche pas Shocked

_________________
macadam

g1a - a3 - f2/3, tt du 10/11/2009 à fin nov/2010
guéri
Cette saleté ne mérite que des minuscules
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
lolotte
Sujet du message: Re: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 14:13
Potô du site


Inscrit le: 29 Jan 2003
Messages: 6800
Localisation: Très loin à l'est
Mental-O a écrit:
Franchement, ne crois-tu pas que c'est un combat de retard quand on voit que la majorité des dealers de chichon de nos banlieues ont déjà zappé vers la coco ?
Cette came qui était encore inaccessible hors du milieu du showbiz et du cad'sup est maintenant la source de revenu en vogue des cailleras des cités.J'aimerai des chiffres aussi sur la conso de coke et de pilules en tout genre, parce que là aussi il y a de quoi s'interroger.
Hormis ces données et la question de la dépénalisation, on n'aborde toujours pas le sujet de fond qui est pourquoi autant de personnes veulent échapper à leurs réalités, entre le pastis et l'extasy, le somnifère et le doping, l'antidépresseur et le THC ...

à force de tourner autour du pot on chie à côté

Wink


Non Oliv', y'a 25 ans cette came était déjà dispo dans les cités. Ce sont les drogues de synthèse qui l'avaient reléguée penant qq années.

Le speed ball était alors le top du top.... et les accès à la coc aussi simple que ceux à l'héro, mais à l'époque tout cela était fort bien caché. Cool

On est dans un pays où faire du neuf avec du vieux est très en vogue, mais rien ne s'invente tout se développe c tout.


Sinon, j'suis ben d'accord mon brave mossieur Wink

_________________
Lau
J'ai lu que fumer tue, j'arrête de lire
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message: Re: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 14:31
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
Oui Lau, c'est vrai qu'on s'en procurait en même temps que l'héro, mais sur des vendeurs peu nombreux, en tous cas de ce que j'ai connu. Le shit était bien plus développé, n'importe qui pouvait en vendre et même le modifier.
Aujourd'hui le petits dealers de shit se sont reconvertit et c'est récent. Le prix de la coke a dégringolé de moitié au minimum, et reste + rentable que le shit à risque égal.
Depénaliser ou même légaliser le canabis ne cassera pas les réseaux, ils ont déjà une longueur d'avance avec d'autres cames et ça inclue les cachetons.

C'est mon impression, of course

Wink

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
lolotte
Sujet du message: Re: Réfléchir à une autre politique des drogues  MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 14:34
Potô du site


Inscrit le: 29 Jan 2003
Messages: 6800
Localisation: Très loin à l'est
scuse, j'avais pas compris que c'était lié aux dealers de shit qui se recyclent Wink

_________________
Lau
J'ai lu que fumer tue, j'arrête de lire
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
ETAGERE
Sujet du message:   MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 14:55
Super Hépatant(e)
Super Hépatant(e)


Inscrit le: 18 Mai 2004
Messages: 505

Je confirme qu'ici, à Paris, ça se reconverti dans les poudres (héro et coke sont quasiment au même prix...très bas...) il y en a partout par contre difficile de trouver le produit cultivé sur les terres royales d'un grand ami de la France (!!!) qui est bien moins nocif.
On reste dans la morale au lieu de penser SANTE
mais comme disait les potes à la Gay pride en 2012 on vote...
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Péplum
Sujet du message:   MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 15:01
Potô du site


Inscrit le: 04 Jan 2011
Messages: 4907
Localisation: Brute ! Truand ! mais Bon...
"Le troisième argument de la majorité est politique : " Euh ! Tous les arguments d'une majorité sont politiques...

_________________
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message:   MessagePosté le: 01 Jl 2011 - 15:23
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
ETAGERE a écrit:
... par contre difficile de trouver le produit cultivé sur les terres royales d'un grand ami de la France (!!!) qui est bien moins nocif.
...


Euh, tu penses à un fils à papa qui trône de l'autre côté de la méditerranée et qui possède pratiquement toutes les terres du nord de "son" pays, là où se cultive le cannabis ???
Tu sais que tu peut être coupable de crime de lèse majesté, même en France, oui madame!

Bisous bisous
Olivier
Wink

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
kanibal
Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Jl 2011 - 08:02
Potô du site


Inscrit le: 01 Avr 2007
Messages: 3852
Localisation: EN CAMPAGNE
Vas y Domi, t'es le meilleur Very Happy

<object><param><param><param><embed src="http://www.youtube.com/v/zrIuiV2QMvk?version=3" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowScriptAccess="always" width="640" height="390"></object>

_________________
géno 3a A4/F3/4. ttt d'avril à septembre 2007. tjrs négatif depuis

" Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables".
Sade
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Jl 2011 - 20:52
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Histoire d'alimenter les points de vue, voilà le constat tiré du Rapport de la Cour des Comptes qui rend si malade notre Guéant National...
Citation:

La lutte contre le trafic de stupéfiants, dans laquelle les DDSP n’ont pas été fortement impliquées jusqu’en 2010, illustre les travers du pilotage statistique des services. Leurs interventions ont surtout été orientées vers l’interpellation des consommateurs sans amélioration
significative des résultats en matière de revente ou de trafics. Elles ont joué un rôle de variable d’ajustement pour améliorer le taux moyen d’élucidation. Ainsi, entre 2002 et 2009, la constatation des infractions par les services des DDSP* a connu une progression de 76 % pour l’usage simple, 30 % pour l’usage avec revente et seulement 8 % pour le trafic.
Le nombre de placements en garde à vue pour ces motifs s’est accru de 91 %, 42 % et 3 % respectivement.

*DDSP : directeurs départementaux de la sécurité publique
Pour en savoir plus :
http://www.letelegramme.com/ig/generale ... 363351.php

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/ ... blique.pdf

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Jl 2011 - 21:17
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
on comprend la nervosité de ce brave Guéant. Il devrait retourner casser du PD, c'est plus simple que d’affronter de vrais problèmes.
Nos robotcops préfèrent cogner du lycéen que du mafieux Bulgare ? Allons, allons, on se trompe, d'ailleurs tous les consommateurs de drogues ne sont pas harcelés, la bière et le pastis coulent encore à flot dans les commissariats et les car de CRS ...

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
lolanice
Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Jl 2011 - 21:29
Potô du site


Inscrit le: 13 Fév 2010
Messages: 5757

Et voilà. Les consommateurs sont + emmerdés que les trafiquants, pour parler clairement.

Quant à Guéant, rien que de le voir à la tv me donne l'impression qu'on est revenu du temps de Vichy. J'y peux rien, je l'aperçois et me voilà tentée de regarder derrière, à droite et à gauche...

J'ai pas peur de grand chose mais ce gars me fait froid dans le dos....brrrr

_________________
vhc détecté 87/88 / Géno 4/ F2
TTT interferon/riba mai 2009/ mai 2010. Guérie, le 1er fut le bon mais l'after difficile
"Celui qui n'essaie pas ne se trompe qu'une seule fois"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Mental-O
Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Jl 2011 - 23:03
Potô du site


Inscrit le: 10 Déc 2006
Messages: 6822
Localisation: Trou-Bouse-les-Champs (82)
Pareil que toi Lola, avec le Felt Komandant Hortefeu qui a lui aussi un doux visage qu'on a envie d'embrasser, on se croirait à un diner dansant de la Gestapo ....

_________________
Coinf VIH/VHC (ou l'inverse) Géno 1b. Non répondeur à 2 TTT, interrompus au bout de 3 mois A3/F3 en 2011. Pas de TTT d'entretien en attente des nouvelles molécules.
"Tout seul on va plus vite... mais ensemble on va plus loin."
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 11 Jl 2011 - 16:47
Potô du site


Inscrit le: 31 Mai 2005
Messages: 6886
Localisation: Paris
Dépénaliser la drogue et confier la vente aux ex-dealers ?
Rue89 9 juillet 2011

Sociologue et présidente d'honneur de l'Association française de réduction des risques liés à l'usage des drogues, Anne Coppel se situe au croisement de la sociologie, de la médecine et des usagers. Forte d'une expérience acquise sur le terrain, elle met en lumière le dramatique retard de l'Hexagone et de ses politiques sur la question des drogues.

Alors que le débat sur la dépénalisation du cannabis refait surface à moins d'un an de l'élection présidentielle, il était temps de s'arrêter sur un sujet qui touche, selon les chiffres, plus de 12 millions de nos concitoyens. Interview

Pensez-vous que la politique du gouvernement en matière de drogues soit archaïque ?

Anne Coppel : Je crois que la politique française fait partie des plus archaïques d'Europe en matière de drogues. Il y a eu un progrès constaté dans le domaine de la santé dans les années 1994/1995 sous l'impulsion de Simone Veil (alors ministre d'Etat, des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville).

Malheureusement, nous avons assisté à un triste retour en arrière à partir de 2003, puis en 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. A ce moment, la France est revenue dans une logique de tolérance zéro, copiant le modèle pratiqué outre-Atlantique.

La guerre faite aux petits dealers de rue et aux consommateurs est devenue la priorité première du gouvernement, ce qui a conduit à une multiplication des arrestations et des incarcérations, accompagnée de peines planchers pour les récidivistes.

Aujourd'hui, les pratiques policières sont soumises à une évaluation chiffrée, ce qui a multiplié les interpellations pour usage de cannabis, beaucoup plus faciles à faire que la lutte contre les trafiquants. Il faut cependant bien comprendre que cette politique de tolérance zéro est impossible à appliquer si l'on considère que 12 millions de personnes ont déjà au moins consommé une fois du cannabis ! On ne peut mettre tout le monde en prison !

Qu'entendez-vous par « civiliser les drogues » ?

Il faut apprendre à vivre avec. Plus de la moitié de la population et 70% des adultes ont essayé au moins une fois le cannabis. Penser éradiquer les drogues est une utopie. On peut les limiter, c'est tout ! C'est certes un danger, un risque, mais au même titre que l'alcool qui est vendu légalement.

Il faut bien connaître les risques, faire appel à la responsabilité de chacun en débattant sur la consommation, l'autoproduction, la revente de drogues, plutôt que de se murer dans une politique répressive à outrance et qui n'est en fait que de la poudre aux yeux.

La réduction des risques passe inévitablement par une dépénalisation ?


Logiquement oui ! Réduire les risques veut dire accepter l'usage. On ne peut pas distribuer des seringues et refuser que l'on s'en serve.

Lorsque Simone Veil a mis en place un dispositif expérimental pour prévenir les risques liés à l'usage de la drogue (en distribuant des seringues et des produits de substitution), les résultats ont été bien au-delà que ce que l'on pouvait imaginer. Nous avons assisté à une baisse de 80% des overdoses mortelles et à une diminution radicale des contaminations par le VIH dues aux drogues.

Malheureusement, forts de cette expérience, les pouvoirs publics n'ont pas osé dépénaliser, et l'on est alors entré dans une politique de machine arrière irrationnelle et irréaliste.

La peur du gendarme ne fonctionne pas concernant les drogues. Dans les années 1970, les utilisateurs de drogue étaient des marginaux alors qu'aujourd'hui, la consommation de cannabis touche surtout les classes moyennes et la cocaïne ne se limite plus à la jet-set.

Que pensez-vous du tour de France de la prévention que réalise actuellement l'animateur Jean-Luc Delarue après avoir été arrêté en possession de cocaïne ?

Le pauvre, j'ai eu honte pour lui. Il s'est fait prendre la main dans le sac, mais un peu plus d'authenticité pour redorer son blason et pouvoir espérer revenir sur le petit écran ferait du bien. Là, cela ressemble à un mauvais cirque médiatique.

Que vous ont enseigné ces années passées sur le terrain au contact de toxicomanes ?

Dans les années 1980, on avait l'image du drogué la pompe dans le bras et atteint du VIH. Depuis les années 1990, la drogue est devenue plus récréative avec l'ecstasy, les acides, ou la cocaïne et surtout le cannabis, le plus souvent mélangé à l'alcool…

Aujourd'hui, même l'utilisation de l'héroïne a changé. Elle se fait rarement par injection et a fait son entrée chez les classes moyennes qui l'utilisent pour apaiser le stress et accepter leur soumission aux contraintes sociales. Dans la rue, il reste de grands marginaux, qui consomment souvent plus d'alcool et de médicaments que de drogues illicites.

Aujourd'hui, de plus en plus de politiques se déclarent en faveur d'une dépénalisation des drogues douces. Pensez-vous qu'une telle mesure finira par voir le jour en France ?

Je l'espère ! La raison, un jour ou l'autre, va nous obliger à ça, mais le progrès n'est pas garanti dans nos sociétés. Le tournant pour une dépénalisation est déjà pris au niveau international. On a pu constater que la guerre menée par l'Amérique contre la drogue était un fiasco total et, pour ce qui est de l'Amérique latine, la drogue a généré des mafias très violentes qui se livrent une guerre sans merci.

Actuellement, il y a un consensus chez les experts pour aller vers une dépénalisation afin de réduire les risques. Ils ont compris que pénaliser l'usager était contre-productif en utilisant inutilement les policiers, les juges, les prisons.

Pensez-vous que, concernant les drogues douces, une solution comme celle décidée aux Pays-Bas, où seuls les locaux pourront acheter au moyen d'une carte bancaire dans les « coffee shops », peut-être une solution ?

Je serais assez en faveur d'une telle mesure, en effet. Plusieurs expérimentations sont en cours actuellement avec les « coffee shops » hollandais, les « cannabis clubs » en Espagne et en Belgique, l'utilisation thérapeutique du cannabis en Californie qui compte 200 000 patients…

La France est en retard et très rétrograde par rapport à la drogue. Elle fait la sourde oreille comme pour le débat sur les maisons closes. Nos politiques semblent préférer que les prostituées comme les drogués restent des marginaux.

La drogue constitue une véritable économie parallèle. Quelles seraient les conséquences financières d'une dépénalisation pour l'Etat ?

Personnellement, je ne suis pas en faveur d'un service public qui aurait le monopole de la drogue, comme c'est le cas pour le tabac. Les gens qui vivent de cette économie – disons « parallèle » – vont faire quoi si on leur enlève ce business ?

En Hollande, ce sont d'anciens dealers qui tiennent souvent les « coffee shops » et qui apportent leur « expérience » aux consommateurs. Je trouve cette façon d'aborder le problème assez intéressante en permettant à des personnes de ne plus être hors la loi.

Drogue et sida sont-ils toujours liés ?

Ce fut le cas à une époque, mais ce n'est heureusement plus vrai aujourd'hui. La drogue ne représente « plus » que 2% des nouvelles contaminations par le VIH. Par contre, il y a un développement des infections hépatiques : avec 4 000 morts par an, c'est aujourd'hui une priorité qu'il convient de surveiller.

_________________
Post-transplanté 5 ans. "La vie à Mort !"
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Montrer les messages depuis:     
Sauter vers:  
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
PNphpBB2 © 2003-2007 
Traduction par : phpBB-fr.com
Page created in 0,74096298217773 seconds.