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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 05 Oct 2021 - 09:47
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La SFLS et la SPILF proposent un document de questions & réponses sur la vaccination contre la Covid-19 à destination des personnes vivant avec le VIH

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... _30_VF.pdf

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 05 Oct 2021 - 09:59
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A Grenoble, un appel pour voir la fin du sida

A Grenoble, la Société française de lutte contre le sida (SFLS) en congrès appelle à une transformation sociétale pour voir la fin du sida .

A l’occasion du 22e congrès de la SFLS qui s’est tenu du 29 septembre au 1er octobre, «Vers des Alpes sans sida en 2030» et le COREVIH Arc Alpin lance un appel pour demander des «mesures politiques systémiques» pour arriver à la VIH/sida en 2030, objectif de la Stratégie Nationale de Santé Sexuelle.

Avec cet appel, les signataires —17 COREVIHs et 19 associations nationales ou territoriales— veulent «réaffirmer que la fin du sida est un projet de société, qui demande des mesures politiques systémiques» et que «les communes, départements, régions, état français, et union européenne peuvent, chacun de leur niveau, accélérer la réponse contre la pandémie de VIH».

Les associations et institutions de la communauté VIH/sida rappellent également que «dans tous les pays, quel que soit le niveau de revenu national, plus les conditions socio- économiques et environnementales dans lesquelles les personnes vivent sont mauvaises, moins leur santé est bonne».

Pour les signataires, «assurer l’équité entre les personnes, et entre les peuples, est une question de justice sociale et de respect des droits fondamentaux de la personne ; il s’agit par ailleurs de la seule voie pour en finir avec le sida».

Cet appel de Grenoble propose 10 points pour «transformer» la société et la réponse au VIH/sida :

1. Penser et évaluer en termes de santé publique toutes les politiques publiques
2. Travailler avec et pour les populations concernées, y compris les plus pauvres et les plus discriminées
3. Adopter une politique de protection sociale et d’emploi qui profite à tous.tes tout au long de l’existence
4. Assurer un accès universel à la santé et aux soins
5. Défendre les droits de chacun.e et refuser la discrimination et la stigmatisation
6. Accueillir dignement les personnes fuyant les persécutions ou la misère
7. Favoriser l’équité territoriale et un environnement salubre
8. Assurer l’équité et l’éducation dès le départ, y compris dans la santé sexuelle et dans le numérique
9. Développer des programmes de recherche transversaux et avec les populations concernées
10. Promouvoir la santé en tant que bien public et renforcer la lutte contre le VIH au niveau mondial

Le texte devait être présenté en personne à Olivier Véran, mais le ministre des Solidarités et de la santé n’a pas fait le déplacement, mais a adressé un message vidéo aux congressistes.

https://vimeo.com/616920510/18e1a812db

Appel de Grenoble
En finir avec le sida passe par
un changement de société


https://vih.org/wp-content/uploads/2021 ... -final.pdf

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 05 Oct 2021 - 15:45
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Principaux obstacles scientifiques au développement d'un vaccin contre le VIH : perspectives historiques et orientations futures

Après la découverte du VIH comme agent causal du sida, on s'attendait à ce qu'un vaccin soit rapidement mis au point, mais 30 ans plus tard, force est de reconnaître que nous n'avons toujours pas de vaccin homologué. Les progrès ont été entravés par la grande variabilité génétique du VIH et une compréhension limitée des réponses immunitaires nécessaires pour se protéger contre l'acquisition du VIH. Néanmoins, les connaissances précieuses accumulées dans le cadre de nombreuses études de recherche fondamentale et translationnelle et d'essais de vaccins ont permis de mieux comprendre la biologie structurelle du virus, la conception d'immunogènes et les nouveaux systèmes d'administration du vaccin qui constitueront probablement un vaccin efficace. De plus, les différents acteurs du domaine sont désormais conscients des défis scientifiques considérables que représente la mise au point d'un vaccin efficace contre le VIH, d'où la nécessité d’efforts de collaboration entre les chercheurs universitaires, les gouvernements, l'industrie pharmaceutique, les associations et les autorités de régulation. Dans cette revue, les auteurs ont réalisé un historique des efforts de développement d'un vaccin contre le VIH, avec les différentes études déjà réalisées et celles actuellement en cours (tableau), en soulignant les principaux défis et les orientations futures.



En conclusion, les auteurs font preuve d’un optimisme prudent quant à la réussite d'au moins un des nombreux vaccins candidats, actuellement en phase préclinique ou dans des essais d'efficacité : le succès des candidats vaccins actuels, s'il existe, sera très probablement modeste et nécessitera plusieurs administrations pour obtenir une protection significative. La recherche se dirige vers des approches vaccinales combinées capables d'induire des réponses immunitaires, à la fois innées et adaptatives. Sans oublier une probable retombée du développement des vaccins ARN messager contre le Covid !

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 12 Oct 2021 - 13:12
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Les personnes vivant avec le VIH prenant des antirétroviraux plus récents présentent un risque plus élevé de stéatose hépatique

Les personnes vivant avec le VIH étaient plus susceptibles de développer une stéatose hépatique si elles prenaient un traitement antirétroviral contenant un inhibiteur de l'intégrase ou le ténofovir alafénamide (TAF), a découvert un groupe de recherche allemand.

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) se développe par accumulation de graisse dans le foie. Les personnes atteintes de diabète et/ou de masse corporelle élevée sont plus susceptibles de développer une stéatose hépatique ou une stéatose. On estime qu'une personne sur quatre en Amérique du Nord et en Europe souffre de stéatose hépatique, mais les estimations de la prévalence chez les personnes vivant avec le VIH varient énormément.

Une petite proportion de personnes atteintes de stéatose hépatique développent une stéatohépatite non alcoolique (NASH), un état inflammatoire pouvant entraîner de graves lésions hépatiques (cirrhose). La NASH augmente le risque de développer un cancer du foie (carcinome hépatocellulaire), mais les risques de progression de la stéatose hépatique non alcoolique vers la NASH, vers la cirrhose et le cancer du foie chez les personnes vivant avec le VIH ne sont pas clairs.

Jenny Bischoff et ses collègues de l'hôpital universitaire de Bonn ont mené une étude de cohorte prospective pour étudier la prévalence de la stéatose hépatique et les facteurs de risque de développement de la stéatose hépatique chez les personnes vivant avec le VIH non co-infectées par l'hépatite C. Entre autres facteurs, ils voulaient étudier si la prise de poids associée au traitement antirétroviral augmentait le risque de stéatose hépatique.

L'étude a recruté des personnes vivant avec le VIH avec une consommation d'alcool inférieure à 30 g par jour pour les hommes et 20 g par jour pour les femmes, car une consommation élevée d'alcool est également un facteur de risque de lésions hépatiques. Trois cent dix-neuf personnes ont été recrutées et suivies pendant trois ans et demi en moyenne. Les participants avaient un âge moyen de 45 ans et 77% étaient des hommes. Seize pour cent étaient d'origine africaine et six pour cent d'origine asiatique.

Les participants avaient reçu un diagnostic de VIH en moyenne neuf ans avant leur entrée dans l'étude et suivaient un traitement antirétroviral depuis huit ans en moyenne.

Les chercheurs ont utilisé l' échographie Fibroscan pour évaluer la rigidité du foie et la stéatose chez tous les participants à l'entrée dans l'étude et lors des visites annuelles. Ils ont également calculé les scores de fibrose hépatique en utilisant la rigidité du foie et des mesures de laboratoire et ont calculé les scores FAST en utilisant la rigidité du foie et les niveaux de l'enzyme hépatique AST pour identifier les patients à risque plus élevé de NASH.

Au départ, 19 % des participants prenaient un inhibiteur de l'intégrase, 40 % un inhibiteur de protéase boosté et 40 % un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse dans le cadre de leur traitement antirétroviral. Quatre-vingt-six pour cent avaient une charge virale indétectable à l'entrée dans l'étude.

Six pour cent des participants à l'étude souffraient de diabète de type 2 au départ, 20 % souffraient d'hypertension artérielle et 46 % souffraient déjà d'un certain degré de stéatose, dont 17,5 % qui souffraient d'une stéatose sévère et 13,8 % qui souffraient d'une stéatose avancée.

Au cours de la période de suivi, 20 % des participants ont développé une stéatose ou ont progressé vers un stade plus avancé de stéatose. Parmi ceux suivis pendant cinq ans, seulement 36% sont restés indemnes de stéatose à la fin de la période d'étude, contre 54% à l'entrée dans l'étude. La proportion de stéatose sévère est passée de 17,5% à 50% au cours de la même période. Trente pour cent de tous les participants atteints de stéatose au départ ont connu une aggravation du grade de stéatose au cours de la période de suivi.

Une analyse de régression a montré que le sexe masculin et un indice de masse corporelle supérieur à 23 kg/m 2 étaient significativement associés au développement de la stéatose, de sorte que, alors que 68 % des hommes ayant un IMC supérieur à 23 ont développé une stéatose, seulement 25 % des femmes ayant un IMC supérieur à 23 l'a fait.

Comme presque tous les participants prenaient du TDF, du TAF et/ou un inhibiteur de l'intégrase, les enquêteurs ont effectué une analyse multivariée pour identifier d'autres facteurs de risque – y compris l'exposition au médicament – ​​qui étaient associés au développement de la stéatose.

Le risque de développer une stéatose était plus de sept fois plus élevé chez les personnes atteintes de diabète de type 2 (hazard ratio 7,6, intervalle de confiance à 95 % 2,31-24,98, p<0,001) que chez les personnes sans. Le risque était également élevé chez les personnes prenant du ténofovir alafénamide (HR 5,07, IC à 95 % 2,36-10,89, p<0,001), un inhibiteur de l'intégrase (HR 2,35, IC à 95 % 1,37-4,04, p=0,002) un nombre de CD4 inférieur à 200 (HR 2,87, IC à 95 % 1,54-5,32, p<0,001).

Une stéatose à indice de masse corporelle plus élevé (HR 2,61, IC à 95 % IC à 95 % 1,38-4,93, p = 0,003) et une plus grande rigidité hépatique (HR 2,41, IC à 95 % 1,10 à 5,74, p = 0,048) ont également augmenté le risque de développer une stéatose.

En plus d'avoir un risque plus élevé de développer une stéatose, les participants prenant du TAF ou un inhibiteur de l'intégrase ont développé une stéatose plus rapidement ou ont connu une progression plus rapide que les personnes prenant d'autres médicaments. Les personnes prenant du TAF ou des inhibiteurs de l'intégrase présentaient également un risque plus élevé de progression vers la NASH, comme en témoignent les modifications du score FAST au cours du suivi. De plus, ils avaient un risque plus élevé de gain de poids d'au moins 5% ou 10% par rapport aux personnes ne prenant pas ces médicaments.

Les participants prenant du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) présentaient un risque significativement plus faible de développer une stéatose ou de subir une progression de la stéatose par rapport aux personnes ne prenant pas le médicament (HR 0,28, IC à 95 % 0,12-0,64) et un risque plus faible de progression vers la NASH. Ils présentaient également un risque de prise de poids inférieur d'au moins 5% ou 10% par rapport aux personnes ne prenant pas de TDF.

Les chercheurs de l'étude concluent que la prise de poids associée au régime antirétroviral et le développement de la stéatose sont liés et que le TDF peut jouer un rôle dans la protection contre la prise de poids et la stéatose.

Ils recommandent que les personnes vivant avec le VIH avec un indice de masse corporelle supérieur à 23, et toute personne prenant du TAF ou un inhibiteur de l'intégrase, devraient subir un dépistage par fibroscannage et d'autres tests pour établir l'étendue des dommages au foie. Ils recommandent également que l' algorithme actuel de l'European AIDS Clinical Society pour la NAFLD soit révisé à la lumière de ces preuves.

Référence :

Bischoff J et al. Stratification du risque de NAFLD chez les patients infectés par le VIH sous traitement antirétroviral combiné (cART) . EClinical Medicine, 40 : 101116, 2021.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2021.1101116

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 12 Oct 2021 - 15:30
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Webinar Controverse-VIH, mercredi 13 OCTOBRE à 18h : Anti-corps neutralisants en PrEP VIH



https://webinaraei.com/Controverse-VIH_2021.asp

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 15 Oct 2021 - 11:35
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Les antirétroviraux injectables bientôt disponibles en France

Déjà commercialisés aux États-Unis et au Canada sous le nom de Cabenuva®, le Vocabria® (Cabotégravir) du laboratoire VIIV Healthcare et le Rekambys® (Rilpivirine injectable) du laboratoire Janssen ont reçu l’autorisation de mise sur le marché européen au printemps dernier. Il s’agit du premier traitement ARV sous forme injectable.

On les attendait depuis des années et, enfin, ils arrivent ! Si aucune date n’est encore fixée, l’HAS (la haute autorité de santé) et les laboratoires ont bon espoir que la commercialisation combinée du premier traitement du VIH sous forme injectable (Vocabrias® et Rekambys® ) se fasse en France à la fin de l’année ou au plus tard en début d’année prochaine.

Malgré tout, il reste encore des inconnues, comme le prix du traitement qui est en train d’être négocié par les autorités de santé françaises et les deux laboratoires. « Les négociations s’annoncent âpres vu le prix où il est déjà commercialisé aux États-Unis (43 560 $ la première année sans compter le premier mois de pilules orales) », nous indique Cédric Daniel, chargé de mission communication et plaidoyer à Actions Traitements, avant d’ajouter que « si les laboratoires demandent le même niveau de prix en France, il est fort probable que les autorités le refusent, ce qui rallongerait les négociations et conduirait à ce que les deux injections ne soient prises en charge qu’à 65% par la sécurité sociale. Autant dire qu’alors, très peu de personnes pourraient accéder à ce traitement ».

En attendant cette décision, la procédure de dispensation a déjà été prévue. Elle se fera en trois temps. Le patient commencera par une prise orale de la bithérapie durant un mois, afin de s’assurer de l’absence d’effets secondaires. Si tout se passe bien, le patient passera ensuite à la forme injectable.

Les trois premiers mois, celle-ci lui sera dispensée obligatoirement à l’hôpital, puis le patient aura la possibilité de la faire réaliser en ville par une infirmière, tous les mois ou tous les deux mois. Intramusculaire, cette double injection se fera successivement sur les deux fessiers, ce qui peut donner lieu à des réactions cutanées comme des hématomes et des douleurs qui durent jusqu’à deux ou trois jours. Ces inconvénients, liés au mode d’administration du traitement, ont été jugés acceptables par les participants des différents essais qui ont mené à sa mise sur le marché.



Pour quels publics ?

Cette nouvelle forme galénique représente plusieurs avantages : « Le Cabotégravir étant une nouvelle molécule, elle peut tout d’abord représenter une nouvelle ligne thérapeutique possible pour les personnes qui ont développé des résistances ou dont le traitement s’essouffle », nous indique Cédric Daniel.

Mais cela va surtout apporter une nouvelle solution aux personnes pour qui il est aujourd’hui compliqué de prendre un comprimé tous les jours. « Je pense notamment aux patients pour lesquels l’observance est compliquée », note ainsi Julie Langlois, pharmacien et secrétaire du groupe Médicaments - Pharmaciens de la SFLS (Société française de lutte contre le Sida). C’est par exemple le cas des personnes ayant des troubles neuropsychiques ou psychiatriques.

« Après, il faut que la personne soit sûre de pouvoir respecter les rappels d’injection, rappelle Cédric Daniel. Pour une personne qui habite en pleine campagne, à 50, 60 ou 80 kilomètres du premier hôpital ou du premier cabinet d’infirmière libérale cela risque d’être compliqué. » Pour éviter la rupture de traitement, à plus ou moins une semaine, le pharmacien - étroitement associé à cette procédure, ne serait-ce que parce qu’un des produits doit se conserver au froid - donnera au patient une petite réserve de comprimés.

« Les injections sont également parfaitement indiquées pour les personnes pour lesquels la prise quotidienne de médicaments pose des problèmes de confidentialité. Je pense à des personnes qui vivent dans un foyer ou un environnement dans lequel elles doivent se cacher pour prendre leur traitement », ajoute Agnès Certain, pharmacien et membre de la Commission Médicaments - Pharmaciens de la SFLS.

Autres cas de figure : les personnes, notamment âgées, qui peuvent avoir du mal à avaler un comprimé ou celles qui ont des problèmes gastro-intestinaux. Mais il est clair que beaucoup d’autres PVVIH (personnes vivant avec le VIH) sont d’ores et déjà intéressés, notamment pour pouvoir voyager sans se soucier d’emporter leur traitement.

« Cela va complètement dans le sens de l’allègement thérapeutique et de l’amélioration de la qualité de vie vers laquelle nous allons de manière inéluctable », analyse Agnès Certain. Un allégement que plébiscitent les PVVIH : dans une étude européenne, elles souhaitent à 68 % essayer les ARV injectables. En regard, les médecins interrogés comptent le proposer à environ un quart (26 %) d’entre elles [i].



Et demain ?

Et les avancées ne font que commencer ! Afin d’apporter plus de souplesse et limiter les coûts annexes du parcours santé, les laboratoires étudient déjà la possibilité d’une auto-injection dans la cuisse, comme c’est déjà le cas pour certaines maladies rhumatismales à l’instar de la polyarthrite. Il s’agira néanmoins de reformuler le produit afin d’en réduire le volume.

« Tout cela va évoluer très vite », nous assure Agnès Certain. Les formes injectables pourront aussi concerner la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition). « Des études sont en cours et devraient donner lieu à une commercialisation dans 2 ou 3 ans », estime Cédric Daniel.

Sans compter les autres molécules injectables actuellement à l’étude et dont les premiers résultats sont encourageants comme le Lénacapavir qui devrait pouvoir être administré tous les 6 mois à des patients lourdement prétraités et infectés par des virus multi-résistants. Des implants sous-cutanés sont également en cours de développement. Assurément, l’avenir laisse augurer de grandes améliorations en termes de qualité de vie pour les PVVIH.



[i] HIV Drug Therapy 2020 d’après Akinwunmi B et al. Factors associated with interest in a long-acting HIV regimen: perspectives of people living with HIV and physicians in Western Europe. HIV Glasgow 2020, abstract P014, cité dans la lettre de l’infectiologue et sur Aidsmap.

https://transversalmag.fr/articles-vih- ... -en-France

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Oct 2021 - 09:57
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22 -ème journée scientifique: VIH,Hépatites, inégalités au temps du COVID



https://www.trt-5.org/22-eme-journee-sc ... -du-covid/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 31 Oct 2021 - 06:33
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EACS 2201 Recommandations européennes 2021 : quels changements ?
D’après EACS Guidelines session



Comme tous les deux ans, à l’occasion de la conférence européenne, la mise à jour des recommandations de prise en charge des personnes vivant avec le VIH a été présentée (voir zoom du jour). Attardons-nous ici sur les points essentiels de ces recommandations, concernant le traitement ARV. Chez les patients naïfs de traitement, les régimes préférentiellement recommandés sont les trithérapies à base d’INI (bictégravir, dolutégravir ou raltégravir) ou la bithérapie dolutégravir/lamivudine (si ARN-VIH <500 000 copies/mL) ou une trithérapie avec la doravirine comme troisième agent. Les régimes alternatifs proposés incluent les trithérapies avec l’efavirenz, la rilpivirine et le darunavir boosté. L’elvitégravir et l’atazanavir ont donc cette fois quitté les recommandations.

En cas de séroconversion sous PrEP, il est recommandé de maintenir 2 INTIs en les associant à un troisième agent avec une bonne barrière génétique (bictégravir, dolutégravir ou darunavir boosté). Pour les patients prétraités, virologiquement contrôlés, l’allègement thérapeutique repose sur les bithérapies dolutégravir/lamivudine, dolutégravir/rilpivirine, darunavir boosté/lamivudine ou cabotégravir/rilpivirine sous forme injectable, ce qui constitue bien sûr la nouveauté de ces recommandations. La durée d’indétectabilité préconisée pour ces allègements en bithérapie est de 6 mois, après s’être assuré de l’absence de résistance au traitement et de l’absence de co-infection par le VHB. Les trithérapies intermittentes (4 jours sur 7) ne font toujours pas partie des stratégies recommandées. Chez les femmes en âge de procréer avec un désir de grossesse et chez les femmes enceintes, les restrictions d’utilisation du dolutégravir (en raison d’un signal initial sur un possible sur-risque de non fermeture du tube neural) sont levées, avec toutefois la mention « à discuter » concernant les 6 premières semaines de la grossesse. Dans ce contexte, les troisièmes agents privilégiés sont donc le dolutégravir, la raltégravir ou le darunavir boosté, et en alternatives l’efavirenz ou la rilpivirine. La section sur les interactions médicamenteuses a été mise à jour, ainsi que celle sur les infections opportunistes.

Dans les changements notables, concernant la prise en charge des infections opportunistes, citons notamment l’arrêt de la prophylaxie secondaire par cotrimoxazole une fois les CD4 restaurés au-dessus de 100/mm3 (versus 200/mm3 avant) et après 3 mois d’ARN-VIH < 50 copies/mL. Enfin, pour ce qui est de la PrEP, le schéma « à la demande » (et à la française) a intégré les recommandations pour les hommes. Toutes ces recommandations sont disponibles en ligne et gratuitement sur le site de l’EACS et sous la forme d’une application (https://www.eacsociety.org/media/final2021eacsguidelinesv11.0_oct2021.pdf).

https://www.eacsociety.org/media/final2 ... ct2021.pdf

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 31 Oct 2021 - 06:38
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Efficacité de la vaccination COVID chez des patients VIH avec un faible taux de CD4
D’après Antinori A et al., abstr. OS4/3, actualisé

La majorité des études sur la vaccination SARS-CoV-2 chez les patients VIH cible des patients sous traitement ARV stable avec un taux de CD4 élevé. Les auteurs présentent ici (voir zoom du jour) les résultats d’immunogénicité après un schéma de deux injections des vaccins SARS-CoV-2 Moderna (mRNA-1273) ou Pfizer (BNT162b2) et le potentiel rôle des CD4 en ayant stratifié les patients en trois groupes : CD4 < 200/mm3 (n = 32) ; 200 < CD4 <500> 500/mm3 (n =soixante dix huit).

Quelle que soit la catégorie de CD4, le taux d’anticorps IgG anti-S RBD augmente et est significativement différent entre J0 et le moment de la seconde injection (T1), et un mois après la seconde injection (T2). Le taux d’Interféron-γ, reflet de la réponse immune cellulaire, était lui significativement différent entre J0 et T1, et J0 et T2 pour les patients ayant des CD4 > 200/mm3. Pour les patients avec un taux de CD4 < 200/mm3, la significativité était obtenue uniquement entre J0 et T2.

Les auteurs ont ensuite comparé la réponse humorale selon la catégorie de CD4 et ont utilisé comme contrôle une population non appariée de 168 personnels soignants VIH-. Concernant le taux de réponse, seul le groupe CD4 < 200/mm3 (86,7 % ; 26/30) était statistiquement différent du groupe contrôle (100% ; 168/168). En revanche, si l’on s’intéresse au taux d’anticorps, tous les groupes de patients VIH (CD4 < 200/mm3 : médiane 507 [IQR 212-1143] BAU/mL, p < 0,001 ; 200 < CD4 < 500/mm3 : 1 477 [471-2056] BAU/mL, p <0> 500/mm3 : 1 782 [989-2769] BAU/mL, p = 0,031) étaient différents significativement du groupe contrôle qui était non apparié (2 353 [1 378-3 758] BAU/mL). La réponse neutralisante était moins efficace pour les groupes CD4 < 200/mm3 (70 %, 21/30, p < 0,001) et 200 < CD4 < 500/mm3 (88,2 %, 45/51, p = 0,019) en comparaison avec le groupe contrôle (98,6 %, 72/73).

En résumé, les patients avec un taux de CD4 <200> 500/mm3. Les patients du groupe 200 < CD4 < 500/mm3 avaient quant à eux une réponse réduite uniquement par rapport au groupe contrôle.

Lors de l’analyse multivariée, le taux de CD4 et le ratio CD4/CD8 étaient des facteurs indépendants associés à la réponse humorale (IgG anti-S RBD et séroneutralisation) et à la réponse immune cellulaire.

La vaccination SARS-CoV-2 induit dans cette étude une bonne réponse humorale et immunitaire cellulaire chez la majorité des patients VIH. Cette immunogénicité était liée au taux de CD4 au moment de la vaccination, un faible taux de CD4 étant associé à une plus faible réponse à la vaccination.

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 01 Nov 2021 - 05:53
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Quel devenir pour les patients qui interrompent leur traitement injectable par cabotégravir/rilpivirine ?
D’après Teichner P et al., abstr. OS1/3, actualisé

Les injections de cabotégravir/rilpivirine (CAB/RPV) devraient arriver en France très prochainement ! Dans les nombreuses questions que les cliniciens auront à se poser, celle du devenir virologique des patients qui auront interrompu cette stratégie (quelle qu’en soit la raison) sera particulièrement importante. Dans les essais d’enregistrement de cette bithérapie injectable (FLAIR, ATLAS et ATLAS-2M), environ 9 % des participants (150/1 651 au total) avaient interrompu le traitement et avaient été inclus dans une cohorte observationnelle prospective pour une durée de 52 semaines après cette interruption. Parmi ces 150 participants, 114 avaient reçu du CAB/RPV toutes les 4 semaines, et 36 toutes les 8 semaines, et ils avaient été exposé en médiane au traitement pendant 37 semaines avant l’interruption. 92 participants avaient atteint l’année de suivi au moment de l’analyse.

Les participants avaient 38 ans en médiane, 29 % étaient des femmes, 70 % étaient caucasiens et leur IMC moyen était de 24,9 kg/m2 (tableau). Les principales raisons de l’interruption de CAB/RPV étaient les effets indésirables (40 %), le retrait de consentement (23 %, le plus souvent motivé par l’intolérance aux injections) et le manque d’efficacité virologique (18 %). Après l’interruption de CAB/RPV, la médiane de réintroduction d’un traitement ARV oral était de 4 semaines (IQR : 4-6) et 82 % des participants avaient repris ce traitement avant 8 semaines (tableau). Le régime choisi préférentiellement comportait un INI (60 %, la molécule la plus choisie étant le dolutégravir), suivi par les régimes à base d’IP (21 %) et d’INNTI (19 %). Après une année de suivi, 91 % des 92 participants ayant terminé ce suivi avaient un ARN-VIH < 50 copies/mL, et ce taux de succès virologique était de 88 % (14/16) parmi les participants ayant présenté sous CAB/RPV un échec virologique tel que défini par le protocole (figure). Les patients considérés comme étant en situation de non-succès virologique étaient des patients pour lesquels les données virologiques manquaient, du fait d’un retrait de consentement au cours de la période de suivi.

13 participants avaient présenté un effet indésirable sous traitement ARV oral, sans interruption du traitement pour ce motif, et aucun effet indésirable imputable à CAB/RPV n’a été rapporté durant la période de suivi (compte tenu de la longue durée d’élimination du produit dans l’organisme). En conclusion, en cas d’interruption du traitement CAB/RPV injectable, la reprise d’un traitement ARV dans les 2 mois permettait une reprise du contrôle virologique dans la très grande majorité des cas. Ces données sont rassurantes à un moment où l’implémentation de cette stratégie est imminente, et devrait permettre de rassurer les patients (et les médecins) sur la conduite à adopter en cas d’arrêt des injections.




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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 05 Nov 2021 - 10:19
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Table ronde d'Actions Traitements le 22 novembre 2021 à 18h30



Traitements injectables, recherche vaccinale, allégements thérapeutiques, anticorps monoclonaux, etc. Dans les prochaines semaines nous allons connaître des progrès majeurs dans le traitement du VIH, Actions Traitements vous invite à participer à une table ronde pour mieux comprendre ces changements, et vous informer sur les différents aspects et répercussions pour les personnes vivant avec le VIH.

https://webinaraei.com/actions-traitements.asp

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 15 Nov 2021 - 18:31
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Webconférence en direct: Retour sur l’EACS 2021 Les stratégies de trithérapies en STR Les multi-échecs





https://webinaraei.com/eacs2021_retour.asp

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Nov 2021 - 09:43
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Les mystères de la patiente «guérie du VIH» (Libération 17/11/21)

Chez une femme argentine, on ne retrouve plus la moindre trace du VIH, sans que l’on sache si cela est dû au virus ou bien à son système immunitaire.
par Eric Favereau
publié le 17 novembre 2021 à 17h07

«C’est un beau et c’est un gros travail virologique, mais on ne peut rien en déduire», nous dit le professeur Willy Rozenbaum, un des artisans majeurs de la découverte du sida, en 1983. Il réagissait à un article publié ce lundi 15 novembre dans les Annals of Internal Medicine qui faisait état d’une patiente qui aurait «guéri naturellement du VIH grâce à son système immunitaire».

C’est l’histoire d’une femme argentine, que ses médecins ont baptisée «la patiente d’Esperanza», en écho à la ville où elle vit. Cette femme a donc été diagnostiquée séropositive au VIH en 2013. Cette femme n’a jamais suivi de traitement, sauf pendant quelques semaines autour de sa grossesse. Et voilà donc que l’on ne retrouve plus la moindre trace de virus dans son organisme. Ses médecins, associés à l’équipe du professeur Xu Yu du General Massachusetts Hospital à Boston et du Ragon Institute, ont fait des études virologiques très poussées. En 2017, 2018 et 2020, ils ont cherché à voir si le virus se reproduisait ou pas dans son organisme. Ils ont également mesuré sa charge virale (le taux de particules virales circulant dans le sang). Un travail de recherche dans 1,2 milliard de ses cellules sanguines mais aussi au sein de 500 millions de cellules de son tissu placentaire. Ils n’ont rien trouvé. Et les chercheurs en ont déduit que la jeune femme avait guéri «naturellement».

«On ne peut faire que des hypothèses»

Il s’agit du deuxième cas de ce genre. Loreen Willenberg, une Californienne de 67 ans, serait la première. Chez elle, on a identifié un marqueur génétique qui aiderait les lymphocytes à lutter contre les agents étrangers. Trois hommes sont également répertoriés pour avoir guéri du VIH, mais leurs guérisons sont intervenues grâce à des «cures de stérilisation». Timothy Ray Brown (mort en 2020 d’une leucémie), Adam Castillejo et le «patient dit de Düsseldorf» avaient ainsi reçu une greffe de cellules souches de donneurs, présentant tous une anomalie génétique rare qui a favorisé la capacité des cellules immunitaires à se défendre. Mais ce traitement, considéré comme très lourd, ne pouvait en aucun cas être élargi à d’autres personnes infectées.

Que déduire de ce nouveau cas ? «D’abord, il faut rappeler que cette femme fait partie des 1 % de personnes infectées par le virus dans le monde et qui le contrôlent naturellement, nous explique le professeur Rozenbaum. C’est-à-dire que, dans ce petit groupe, ces patients ont un contrôle spontané de la reproduction du virus, avec une charge virale indétectable sans traitement. Dans ledit groupe, si le virus ne se reproduit pas, on retrouve pour autant des traces de sa présence. Là, chez cette patiente, c’est différent. Ils ont effectué trois prélèvements [sur lesquels ont été menées les études, ndlr]. Des prélèvements qui ont été congelés – et on ne peut exclure que cela entraîne des changements. Ensuite, ils ont fait un énorme travail virologique de recherche et ils n’ont rien retrouvé.» Après ? «C’est un constat, et on ne peut faire que des hypothèses», insiste Willy Rozenbaum. «Peut être a-t-elle été infectée par un virus dit défectif, c’est-à-dire un virus qui ne se reproduit pas. On n’en sait rien. Le virus a peut-être muté aussi, tout est possible.»

«Les cellules tueuses de virus» :

Pour les chercheurs à l’origine de ce travail, on peut parler néanmoins d’une guérison qui serait due «à une réponse particulièrement puissante des lymphocytes T, les cellules tueuses de virus». Le professeur Rozenbaum ne se montre pas aussi catégorique. «Soit c’est le virus lui-même qui a disparu, faute de la présence de certains gènes. Soit c’est le système immunitaire de la patiente qui l’a fait disparaître. A l’heure actuelle, on ne peut pas affirmer que l’on est devant une guérison.»

https://www.liberation.fr/societe/sante ... RTYYEX67I/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 23 Nov 2021 - 14:41
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Covid-19 et VIH : nouvelle étude (Seronet 23/11/21)



Une nouvelle étude présentée, fin octobre, lors de la conférence européenne sur le VIH/sida (EACS 2021) montre que les personnes vivant avec un VIH contrôlé (charge virale indétectable et CD4 supérieurs à 500) ne sont pas plus exposées à un risque de contracter la Covid-19 que les personnes séronégatives. L’étude publiée sur le site d’informations scientifiques américain National Aids Treatment Advocacy Project (Natap) est basée sur les données de 567 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) à Amsterdam (Pays-Bas) issue de la cohorte AGEhIV qui suit des personnes vieillissant avec et sans le VIH. Elle montre également une réponse des anti-nucleocapsid (les anticorps qui luttent spécifiquement contre le virus du Sars-CoV-2) similaire dans les deux groupes. AGEhIV est une étude en cours qui suit des personnes âgées de 45 ans et plus vivant avec le VIH ou séronégatives. Les 241 personnes du groupe de PVVIH ont un profil similaire aux 326 personnes du groupe de personnes séronégatives, que ce soit en âge (respectivement 66 % et 72 % sur la tranche d’âge qui va de 53 à 64 ans et aucune personne âgée de moins de 53 ans), en proportion de personnes blanches (95 % vs 94,8 %) ou en proportion de personne en situation de surpoids ou d’obésité (44 % vs 49 %). Il y avait plus d’hommes dans le groupe des PVVIH (91 % versus 83 %). La période moyenne depuis l’infection à VIH était de 21 ans, le taux moyen de CD4 était à 680 et 99 % des PVVIH avait une charge virale indétectable.

Au 31 octobre 2020, le taux d’incidence du Sars-CoV-2 était similaire dans les deux groupes (5,5 % dans le groupe PVVIH et 6,7 % dans le groupe des personnes séronégatives). Le 30 avril 2021, ce taux était toujours similaire (6,8 % vs 5,2 %). Les chercheurs-ses de l’étude AGEhIV préconisent des études similaires dans d’autres populations notamment chez les PVVIH qui ont un taux de CD4 bas et une charge virale du VIH élevée et ce afin d’étudier l’évolution de leur taux d’anticorps contre le Sars-CoV-2 après une infection ou après la vaccination.

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 24 Nov 2021 - 10:04
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Traitement par CAB/RPV LA injectable : pour quels patients ?
Traitement par CAB/RPV LA injectable : pour quels patients ?Pr Jean-Michel MOLINA

Médecin
Pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique
Hôpital Saint-Louis
Paris, France


https://www.youtube.com/watch?v=t4L1vHaLCbo

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 13 Jan 2022 - 07:19
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Vaccins Covid-19 : quelle efficacité chez les PVVIH ?
Quel est le niveau d’efficacité des vaccins contre la Covid-19 chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) un an après le début des campagnes de vaccination ? Le magazine américain Poz a fait le point sur les dernières études. Des données rassurantes même si certaines personnes ne répondent pas aussi bien que d’autres. Explications.

Premier point important à rappeler : les vaccins anti-Covid-19 sont sans danger pour les PVVIH. Face à un flot continu de rumeurs et de fausses informations véhiculées via les réseaux sociaux par les « vaccino sceptiques », l’Onusida avait publié un communiqué en janvier 2021, sans ambiguïté, intitulé : « Les vaccins contre la Covid-19 sont sans danger pour les personnes vivant avec le VIH ». « Toutes les informations indiquent que les vaccins contre la Covid-19 en cours de développement ou autorisés par les agences de santé sont sans danger pour la grande majorité de la population, y compris pour les personnes vivant avec le VIH », soulignait le programme commun des Nations unies sur le VIH/sida.

Les premières données concernant la réponse immunitaire des PVVIH suite à une infection du Sars-CoV-2 (virus responsable de la Covid-19) ont été présentées en juillet 2021 lors de la 11e édition de l’IAS, la conférence internationale scientifique sur le VIH. Une étude a comparé deux groupes de personnes qui ont contracté le Sars-CoV-2 et qui en ont guéri. Dans le groupe des PVVIH sous traitement antirétroviral (ARV), 73 % des personnes avaient toujours des anticorps du Sars-CoV-2 détectables contre 94 % dans le groupe des personnes séronégatives. Les deux groupes avaient un niveau similaire de cellules immunitaires « mémoires » qui luttent contre le virus (lymphocyte B et T CD4).

Concernant l’efficacité des vaccins anti Covid, le Dr John Mellors de l’Université de médecine de Pittsburg (États-Unis) et son équipe, ont comparé la réponse vaccinale entre 107 personnes en bonne santé et 489 personnes immunodéprimées. Seulement, 37 % des personnes qui étaient receveuses de greffe et 55 % des personnes qui souffraient de leucémie ont produit des anticorps contre le Sars-CoV-2, tandis que 95 % des personnes vivant avec un VIH contrôlé en produisaient (un taux similaire aux personnes séronégatives en bonne santé). Une autre étude menée en Israël par la Dre Galia Rahav (Tel Aviv) et ses collègues, a comparé la réponse vaccinale anti Covid-19 entre 143 personnes vivant avec le VIH sous ARV et 400 personnes séronégatives au VIH. La plupart des PVVIH avaient une charge virale indétectable et un taux moyen de 700 CD4/mm3. Dans ce groupe, 98 % des personnes ont produit un taux d’anticorps similaire au groupe des personnes séronégatives après deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Les quatre PVVIH qui n’ont pas répondu au vaccin étaient plus âgées et avaient des comorbidités.

L’histoire récente de la vaccination a montré que certaines personnes vivant avec le VIH qui sont plus âgées ou qui ont un taux de CD4 inférieur à 200 CD4/mm3 répondent moins bien à certains vaccins et c’est le cas aussi pour les vaccins contre la Covid-19. Dans une étude présentée en octobre à l’European AIDS Conference (conférence européenne sur le sida), le Dr Andrea Antinori de l’Institut National des maladies infectieuses de Rome (Italie) et son équipe, ont comparé la réponse immunitaire provoquée par les vaccins Covid à ARN messager entre trois groupes de PVVIH : un groupe de 32 PVVIH avec un taux de CD4 inférieur à 200/mm3 , un autre avec 56 PVVIH avec un taux de CD4 entre 200 et 500/mm3 et un dernier groupe avec 78 PVVIH qui avait plus de 500 CD4/mm3. Toutes les personnes étaient sous traitement ARV. Un mois après la seconde dose de vaccin anti-Covid-19, seulement cinq personnes n’avaient pas développé d’anticorps contre le Sars-CoV-2, dont quatre qui avaient moins de 250 CD4/mm3. Le niveau de réponse immunitaire était manifestement plus faible chez les personnes dont les CD4 étaient inférieurs à 200 CD4/mm3. Enfin, une autre étude menée par la Dre Zabrina Brumme et son équipe de de l’Université de Simon Fraser (Canada) a analysé la réponse immunitaire des vaccins Covid-19 chez 100 personnes vivant avec le VIH de Vancouver, toutes sous traitement ARV, avec une charge virale indétectable et un taux moyen de 700 CD4/mm3. Après ajustement des données sur l’âge et les comorbidités, seules les personnes les plus âgées et qui souffraient d’une ou plusieurs maladies hors VIH avaient une moins bonne réponse immunitaire.

En conclusion, ces études montrent que la vaccination Covid-19 est très efficace chez les personnes vivant avec le VIH sous traitement efficace. Une attention particulière doit être portée chez les personnes immunodéprimées qui ont une charge virale détectable et des CD4 bas et qui répondent moins bien aux vaccins. Une Prep Covid-19 peut être une option pour les personnes qui ne parviennent pas à contrôler leur infection à VIH. Aux États-Unis, des anticorps monoclonaux et des pilules antivirales telles que le molnupiravir et le Paxlovid, sont prescrits chez les personnes immunodéprimées au début de l’infection à Sars-CoV-2 pour empêcher le développement d’une forme sévère de la Covid-19.

Dans une tribune commune publiée en janvier 2021, la Société française de lutte contre le sida (SFLS) et le collectif TRT-5 CHV demandaient que les personnes vivant avec le VIH et immunodéprimées soient priorisées dans le programme de vaccination contre la Covid-19.

https://seronet.info/article/vaccins-co ... vvih-91805

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Jan 2022 - 18:39
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Ne pas renoncer à la greffe de foie ou de rein chez les patients séropositifs pour le VIH (JIM 19/1/22)

Alors que la transplantation rénale (TR) et la transplantation hépatique (TH) sont de plus en plus fréquemment pratiquées chez les patients séropositifs pour le VIH, les données concernant la survie à long terme des patients et des greffons font défaut. D’où l’intérêt de cette étude rétrospective, monocentrique, de cohorte, qui compare les résultats à long terme de la transplantation rénale et de la transplantation hépatique chez des receveurs séropositifs et des receveurs séronégatifs appariés.

Ces patients ont été suivis jusqu'à leur décès ou jusqu'à la défaillance du greffon nécessitant une nouvelle transplantation. Tous les patients séropositifs ayant bénéficié d’une TR et/ou une TH entre 2000 et 2019 ont été inclus. L'appariement par score de propension a été réalisé avec une cohorte correspondante séronégative, formée à partir du registre des transplantés de l'Université de Californie, San Francisco. Les données ont été analysées de 2020 à 2021. Les principaux résultats et mesures étaient la survie du patient et du greffon pour la TR et la survie du patient pour la TH, ainsi que l’incidence du rejet aigu et son association avec la survie du greffon rénal.

Pour la TR, 655 receveurs séronégatifs (âge moyen [ET], 52,3 [13,6] ans ; 450 [68,7 %] hommes) et 119 receveurs séropositifs (âge moyen [ET], 51,7 [9,4] ans ; 86 [72,3 %] hommes) ont été inclus. Les survies des patients ont été de 79,6 % (intervalle de confiance à 95 % IC 95 %, 73,6 % - 86,1 %) et de 53,6 % (IC 95 %, 38,9 % - 74,0 %) 15 ans après la transplantation, respectivement. Les survies des greffons ont été de 57,0 % (IC 95 %, 47,8 % - 68,0 %) et de 75,0 % (IC 95 %, 65,3 % - 86,2 %) 15 ans après la transplantation, respectivement.
Résultats comparables entre patients séropositifs et séronégatifs
Le diagnostic d’infection à VIH n'a pas été associé à une plus mauvaise survie du greffon (rapport des risques, 1,09 ; IC à 95 %, 0,61 - 1,97 ; p = 0,77). Pour la TH, 80 receveurs séropositifs (âge moyen [ET], 52,6 [8,2] ans ; 53 [66,3 %] hommes) et 440 receveurs séronégatifs (âge moyen [ET], 54,6 [12,8] ans ; 291 [66,1 %] hommes) ont été inclus. Les survies des patients ont été respectivement de 60,3 % (IC 95 %, 49,0 % - 74,1 %) et 65,3 % (IC 95 %, 54,4 % - 78,2 %) 15 ans après la transplantation.

La contamination par le VIH n'apparaît donc pas être un facteur prédictif, statistiquement significatif de la survie des patients (hazard ratio, 1,36 ; IC 95 %, 0,83 - 2,24 ; p = 0,22). Après transplantation rénale, les patients séropositifs au VIH ayant connu, au moins, un épisode de rejet aigu, avaient une survie du greffon de 52,8 % (IC à 95 %, 38,4 % - 72,5 % ; p < 0,001) 15 ans après la transplantation, vs 91,8 % chez les patients séronégatifs.

Dans cette étude de cohorte monocentrique, la transplantation rénale et la transplantation hépatique chez les patients séropositifs montrent des résultats à long terme comparables à ceux des patients séronégatifs appariés. Néanmoins, l'incidence élevée de rejet aigu est associée à une survie réduite du greffon. Ces résultats plaident en faveur d'une transplantation chez les patients séropositifs, ce qui peut constituer une utilisation appropriée des ressources de transplantation et offrir un accès équitable aux patients séropositifs.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence :

Zarinsefat A, Gulati A, Shui A, et coll. : Long-term Outcomes Following Kidney and Liver Transplant in Recipients With HIV. JAMA Surg. 2022 ; publication avancée en ligne le 5 janvier. doi:10.1001/jamasurg.2021.6798

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Jan 2022 - 10:40
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Sida: un vaccin ARN messager testé pour la première fois par Moderna (Libération 28/1/22)

Le laboratoire américain, qui utilise cette nouvelle technologie pour ses injections contre le Covid, commence à effectuer des essais sur des humains afin de trouver enfin un remède contre le VIH.

Des doses de vaccin Moderna contre le Covid-19, à Tokyo, le 22 janvier (photo d'illustration). (Eugene Hoshiko/AP)

par LIBERATION et AFP
publié le 28 janvier 2022 à 7h17 :

Les premières doses d’un vaccin contre le virus du sida utilisant la technologie de l’ARN messager ont été administrées chez des humains, ont annoncé ce jeudi l’entreprise américaine de biotechnologie Moderna et l’organisation International Aids Vaccine Initiative.

Malgré quatre décennies de recherche, les scientifiques n’ont toujours pas réussi à mettre au point un vaccin contre cette maladie qui tue chaque année des centaines de milliers de personnes. Mais les récents succès de la technologie de l’ARN messager, ayant permis le développement en un temps record de vaccins contre le Covid-19, dont celui de Moderna, ont suscité des espoirs.

Cet essai dit de phase 1 sera réalisé aux Etats-Unis sur 56 adultes en bonne santé et séronégatifs. Le but du vaccin testé est de stimuler la production d’un certain type d’anticorps (bnAb), capables d’agir contre les très nombreux variants en circulation du VIH, le virus provoquant la maladie du sida. Le vaccin cherche à éduquer les lymphocytes B, qui font partie de notre système immunitaire, à produire ces anticorps.

Pour cela, l’essai va tester l’injection d’un premier immunogène, c’est-à-dire d’une substance capable de provoquer une réponse immunitaire, et d’un immunogène de rappel injecté par la suite. Ils seront délivrés via la technologie de l’ARN messager. «La production de bnAbs est largement considérée comme un but de la vaccination contre le VIH, et il s’agit d’un premier pas dans ce processus», a souligné le communiqué.

«Premier élément clé» :

«D’autres immunogènes seront nécessaires pour guider le système immunitaire sur [la bonne] voie, mais cette combinaison d’une stimulation et d’un rappel pourrait être le premier élément clé d’un schéma vaccinal possible contre le VIH», a estimé David Diemert, responsable scientifique de l’essai sur l’un des quatre sites où ce dernier est réalisé, l’université George Washington.

Les immunogènes utilisés ont été développés par l’organisation de recherche scientifique International Aids Vaccine Initiative (Iavi) et le Scripps Research Institute, avec le soutien de la fondation Bill & Melinda Gates, de l’Institut national des maladies infectieuses (Niad) américain, et de Moderna.

L’année dernière, un premier essai, n’ayant pas utilisé l’ARN messager mais ayant testé le premier immunogène, avait montré que la réponse immunitaire désirée était provoquée chez plusieurs dizaines de participants. La prochaine étape était ensuite de collaborer avec Moderna.

«Compte tenu de la rapidité avec laquelle les vaccins à ARN messager peuvent être produits, cette plateforme offre une approche plus souple et réactive pour les tests et la conception d’un vaccin», souligne le communiqué. «La recherche pour un vaccin contre le VIH est longue et difficile, et avoir de nouveaux outils en termes d’immunogènes et de plateforme pourrait se révéler clé pour faire des progrès rapides», a estimé Mark Feinberg, patron de Iavi.

https://investors.modernatx.com/news/ne ... fault.aspx

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 17 Fév 2022 - 16:26
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DÉCOUVERTE D’UNE NOUVELLE FONCTION DES ANTICORPS CONTRE LE VIH : ILS IMMOBILISENT LES VIRUS À LA SURFACE DES CELLULES

En combinant des techniques de microscopie de pointe et des cultures de virus in vitro, des équipes de l’Institut Pasteur, du CNRS, du Vaccine Research Institute (VRI) et d’Université de Paris ont découvert une nouvelle fonction des anticorps ciblant le VIH-1[1]. Les scientifiques ont trouvé que certains anticorps, déjà connus pour cibler efficacement la protéine d’enveloppe Env du VIH-1, peuvent empêcher la libération des virus par les cellules infectées et donc la diffusion du virus. Grâce à leur forme en Y, les anticorps s’accrochent entre la cellule infectée et les virus, ou directement entre les virus. Cette chaîne ainsi constituée d’anticorps et de virus empêche leur propagation. Ces résultats montrent que ces anticorps puissants possèdent différentes activités antivirales, au-delà de la neutralisation. L’étude fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Communications, le 2 février 2022.

https://www.nature.com/articles/s41467-022-28307-7

Les anticorps neutralisants à large spectre (broadly neutralizing antibodies - bNAbs) ciblant la protéine d’enveloppe Env du virus sont un espoir important dans le traitement du VIH-1. Ils ont été initialement identifiés chez les rares patients ayant un sérum capable d’inhiber de nombreuses souches du VIH. Ces anticorps possèdent de multiples activités antivirales. Ils sont capables de neutraliser le virus, c’est à dire de l’empêcher d’infecter de nouvelles cellules, mais également de tuer les cellules infectées. On parle de molécules polyfonctionnelles. Bien comprendre l’étendue de ces activités antivirales est nécessaire afin de mieux utiliser les anticorps existants ou pour affiner les critères de sélection de nouveaux anticorps. Par ailleurs, mieux connaître la polyfonctionnalité des anticorps ciblant le VIH-1 est utile pour mieux comprendre le rôle des anticorps pour combattre d’autres infections virales.

Dans un premier temps, les équipes de l’Institut Pasteur, du CNRS, du VRI et d’Université de Paris ont voulu déterminer si les anticorps pouvaient empêcher la production de virus par les cellules infectées. Pour cela, ils ont cultivé in vitro des lymphocytes T CD4 (la cible naturelle du VIH) avec différents anticorps pendant 24 heures. Ils ont ensuite mesuré la quantité de virus produite par les cellules dans le milieu de culture et la quantité de virus restant dans les cellules. Grâce à ces expériences, les scientifiques ont démontré que certains anticorps augmentaient la quantité de virus dans les cellules, mais diminuaient celle dans le milieu de culture. Ce résultat intrigant leur a fait penser que certains anticorps bloquaient la libération des virus, sans empêcher leur production.

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs et chercheuses ont utilisé différentes techniques de microscopie pour observer la production des virus par les cellules. Ils ont d’abord examiné les cellules avec des microscopes à fluorescence, une technique qui permet de différencier les protéines du virus. Cela leur a permis de montrer que les cellules infectées accumulent de grandes quantités de protéines virales matures. Ce résultat suggère que des virus complets s’accumulent dans les cellules. Afin de déterminer la localisation exacte de ces virus, les chercheurs ont ensuite utilisé la microscopie électronique à balayage pour observer la surface des cellules infectées. « Par cette méthode, nous avons vu que ces anticorps (les bNAbs) entraînent une accumulation de virus à la surface des cellules, formant des amas et des structures très atypiques (cf. figure) » révèle Timothée Bruel, co-auteur principal de l’étude, chercheur au sein de l’unité Virus et immunité[2] à l’Institut Pasteur.

Les scientifiques ont ensuite utilisé une technique de microscopie électronique à transmission couplée à un immunomarquage avec des billes d’or. Cela leur a permis de montrer que les anticorps s’immiscent entre les particules virales et la cellule infectée. Ils forment ainsi des amas en chaîne. Des expériences avec des anticorps mutants ont ensuite démontré que c’est la forme en Y des anticorps qui permet cette structure en amas. Leurs bras peuvent relier ensemble deux virus, ou bien un virus avec la membrane de la cellule infectée. Les points d’accroche sont suffisamment forts pour créer ce phénomène.

« Nous avons montré que seuls les anticorps les plus puissants séquestrent les virus à la surface de cellules infectées. Les virus pris au piège ne peuvent plus infecter de nouvelles cellules » conclut Olivier Schwartz, co-auteur principal de l’étude, responsable de l’unité Virus et immunité à l’Institut Pasteur.

Ces travaux ont permis de découvrir une nouvelle activité antivirale des anticorps à large spectre (bNAbs) contre le VIH-1. Cela permet de mieux comprendre le mode d’action de ces anticorps et d’expliquer leur efficacité dans les essais cliniques. Les chercheurs et chercheuses étudient maintenant les anticorps ciblant d’autres virus, notamment le SARS-CoV-2 pour déterminer s’ils bloquent aussi la dissémination virale par ce mécanisme.

[1] VIH-1 est la forme pandémique du virus qui touche l’homme. L’autre type du virus est le VIH-2, moins fréquent.

[2] Au CNRS, cette unité a pour dénomination « Virologie » (CNRS/Institut Pasteur).

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse ... e-cellules

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Fév 2022 - 08:32
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VIH : le traitement intermittent, une piste viable pour améliorer la qualité de vie

La prise d'un traitement antirétroviral quatre jours par semaine n'expose pas les patients infectés par le VIH à un surrisque d'échec virologique, tout en réduisant le risque d'effets indésirables et les coûts, selon l'étude ANRS Quatuor publiée dans « The Lancet HIV ». Le concept de traitement intermittent contre le VIH est l'une des stratégies envisagées pour améliorer la qualité de vie des patients et réduire l'impact négatif des traitements.

L'équipe de recherche composée de médecins de l'hôpital Bichat–Claude-Bernard, de l'hôpital Raymond-Poincaré et de l'Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique a évalué l'approche chez 636 patients suivis pendant 48 semaines dans 59 hôpitaux français.

Pas d’augmentation du réservoir viral :

Tous les patients recrutés avaient une charge virale inférieure à 50 copies/ml depuis au moins 12 mois et ne présentaient pas de mutation de résistance. La moitié d'entre eux a poursuivi le traitement continu standard quotidien et l'autre l'a pris quatre jours par semaine, avec une pause pendant le week-end. Principal résultat : cette stratégie permet le maintien d'une charge virale indétectable chez 96 % des patients au cours des visites aux semaines 4, 12, 24, 36 et 48.

Le taux de succès virologique chez les patients sous régime intermittent n'était pas significativement différent de celui de ceux sous traitement continu puisque seulement six patients (2 %) du groupe intermittent et quatre (1 %) du groupe continu ont connu un échec virologique justifiant un changement de stratégie thérapeutique. Des mutations de résistance aux médicaments sont apparues chez trois des six personnes en échec du groupe intermittent et une des quatre du groupe continu. Les effets indésirables sévères (grades 3-4) étaient observés chez 9 % des patients du groupe intermittent et 12 % de ceux du groupe continu.

De plus, la stratégie allégée n'était pas associée à un risque d’augmentation du réservoir viral ni à une activation inflammatoire, comme en témoignent les volets immuno-virologiques présentés dans le même article.

Impact positif sur la qualité de vie :

L'un des objectifs de la stratégie intermittente est d'améliorer la qualité de vie. Et pour la mesurer, le questionnaire PROQOL-HIV a été utilisé : 59 % des patients du groupe intermittent ont vu leur qualité de vie améliorée contre 7 % du groupe continu. Il en ressort également des bénéfices pour l’observance et l’acceptabilité du régime intermittent.

Autre avantage notable de cette stratégie : une réduction de 43 % du coût des traitements antiviraux, passant par an de 7 207 euros dans le groupe continu à 4 127 euros dans le groupe intermittent. Cela représente une forte économie, sachant que, pour prendre l'exemple de la région Île-de-France, le VIH représente le deuxième poste budgétaire en matière de coût de traitement.


Source : lequotidiendumedecin.fr

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