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19 Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 05:30
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https://www.aids2020.org/

Du 6 au 10 juillet a lieu la 23e conférence mondiale AIDS, organisée par l’International Aids Society (IAS) et soutenue par l’ANRS.
L’événement est virtuel et mêle des sessions en direct et à la demande.
Pour cette édition, l’ANRS est présente avec une intervention de son directeur, le Pr François Dabis, la remise de prix et la présentation de nombreux travaux ayant été soutenus par l’ANRS et sélectionnés par l’IAS.

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... e-de-lanrs

Aids 2020, une édition virtuelle !

En mars dernier, c’était la Croi, la conférence scientifique sur le VIH, qui était annulée. En avril, c’était au tour de la plus importante et grande conférence mondiale sur le VIH de subir les conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid-19 et d’annoncer l’annulation de l’événement en présentiel pour une édition 2020 numérique. Seronet fait le point sur cet événement qui se déroule du 6 au 10 juillet… en virtuel.

Chaque été, tous les deux ans, a lieu la conférence mondiale sur le VIH. Aids 2020, organisée par l’IAS (International Aids Society, créée en 1988) se déroule, cette année, aux États-Unis. La conférence devait être accueillie par les villes de San Francisco et Oakland. En mars 2018, quand l’IAS avait annoncé le pays hôte, le choix avait été contesté par des activistes du monde entier, tant le bilan de Trump plaidait contre les États-Unis.

Un bilan déjà lourd : interdiction de servir l’armée en tant que personnes trans ou personnes vivant avec le VIH, expulsions et séparations des familles de migrants-es, politiques stigmatisantes sur le travail du sexe, volonté de se désengager financièrement de la lutte contre le sida, politique discriminatoire d'obtention de visas ciblant des pays arabes (cela avait largement perturbé les invitations et venues de scientifiques à la Croi, par exemple). « Terroriser les migrants, séparations forcées, répression des travailleurs du sexe, guerre contre les usagers de drogues, frontières fermées, le mur, violences policières, violences racistes fondées sur la suprématie blanche. Voici l’Amérique de Trump », listaient, remontés-es et critiques, les activistes de la lutte contre le sida dans un communiqué publié le 26 juillet 2018, lors de la précédente conférence mondiale sur le sida à Amsterdam.

Comme le rappelait alors Seronet, citant l’activiste Cecilia Chung du Centre juridique des personnes trans (Transgender law center) : « Le contexte actuel rend quasiment impossible pour les travailleuses-eurs du sexe, les personnes usagères de drogues et les personnes venant de pays à majorité musulmane, voire les activistes LGBT avec des casiers judiciaires de se rendre aux États-Unis. Ces personnes sont les principales victimes et laissées pour compte de l’épidémie. Pour celles et ceux qui pourront entrer, nous ne pouvons pas garantir leur sécurité à la Conférence ». La tension était telle que le projet d’une contre conférence avait été lancé. Il s’agissait de proposer une tribune à celles et ceux qui ne trouvaient pas leur place dans l’Amérique voulue par Trump et la classique conférence mondiale. Cette conférence aura finalement été annulée, y compris en virtuel. Du côté de l’IAS, à Amsterdam, on avait, malgré les nombreuses critiques et protestations, maintenu ce choix américain. « Concernant le débat sur la prochaine conférence et son implantation aux États-Unis, il y a les partisans de la maintenir pour influer de l’intérieur sur les problèmes qui se posent dans le pays dans ce domaine et ceux qui ne veulent pas que la conférence se déroule dans un pays où les personnes les plus vulnérables sont en danger », résumait parfaitement Michel Kazatchkine, envoyé spécial de l’Onusida.

Comme on l’imagine, c’est la prudence qui a guidé les organisateurs-rices de cette édition 2020… pour le choix du virtuel. D’autant que le thème de cette conférence est la résilience, un concept souvent évoqué dans le contexte actuel. Ils-elles ont préféré jouer la carte de la sûreté sanitaire. En avril dernier, un communiqué des organisateurs-rices avait expliqué : « En particulier, nous sommes parfaitement conscients du fait qu'il n'existe pas encore de données suffisantes sur la question de savoir si les personnes vivant avec le VIH sont plus susceptibles à la Covid-19 ou plus susceptibles de développer une maladie grave. Par conséquent, nous avons une obligation spéciale de réduire tout risque potentiel pour la communauté ». C’est la première fois dans son histoire, que la Conférence mondiale contre le VIH/sida (Aids 2020) est virtuelle. Elle ne pourra donc être suivie qu’en ligne et sur les réseaux sociaux, ce qui impactera sans aucun doute sa diffusion et le public qu’elle atteint habituellement.

Comme toujours, cette 23e conférence voit grand avec un programme particulièrement copieux. Des sessions plénières permettront de revenir sur les 40 ans d’épidémie de VIH et de traiter des facteurs sociaux dans la lutte contre le VIH. Il sera aussi question de Prep, de Tasp, de l'objectifs 90-90-90 (à l’horizon 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; 90 % de toutes les personnes vivant avec le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable ; 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée), des IST, de l’impact de la Covid-19 sur la lutte mondiale contre les grands pandémies (VIH, tuberculose, paludisme), du cure et des avancées thérapeutiques. On devrait avoir de nouvelles données sur les traitements à libération prolongée en injectables et les stratégies d’allègement.

Pour majeure qu’elle soit, cette conférence n’est pas celle des scoops sur les avancées thérapeutiques, souvent réservées à la Croi, mais elle compte son lot de surprises. Un des grands intérêts est de mettre en avant les résultats des recherches en sciences sociales, de valoriser les thématiques concernant les populations clefs et les axes de plaidoyer globaux (comme les financements, l’accès universel aux traitements, le prix des traitements, etc.). Cette conférence associera des retransmissions en direct et des sessions consultables à la demande.

Comme à chaque fois, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) sera présente et animera cinq sessions. En ouverture, François Dabis, directeur de l’ANRS, est intervenu (30 juin) dans le cadre d’une pré-conférence.

De son côté, Seronet suivra cette conférence et vous proposera des co

https://seronet.info/article/aids-2020- ... elle-88165

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 05:31
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AIDS2020: Conférence internationale sur le sida: des objectifs largement compromis

La 23e conférence de la société internationale sur le sida (IAS) réunit à partir du lundi 6 juillet des milliers de chercheurs, politiciens, militants, pour faire le point sur l’avancée de l’épidémie et des avancées scientifiques.

Le plus grand rassemblement en matière de lutte contre l’épidémie de sida se tient pendant une semaine à partir du lundi 6 juillet. Ce sont les villes d’Oakland et de San Francisco, lieux emblématiques de la lutte contre le VIH qui devaient accueillir cette conférence. Elle sera finalement virtuelle, crise du coronavirus oblige.

La lutte contre le sida au temps du Covid-19

Cette année, la pandémie de Covid-19 s’est également invitée au programme. Cela se constate dans le monde entier, la lutte contre le VIH a clairement pâti de l’épidémie de Covid-19. Qu’il s’agisse de systèmes de santé débordés ou de financements redirigés vers cette nouvelle urgence, plusieurs études devraient ainsi être présentées pour mesurer l’ampleur du phénomène, notamment en termes de rupture et de difficultés d’accès au traitement.

La pandémie de Covid-19 et les confinements qu’elle a entraînés pourraient même avoir représenté un risque accru de contamination notamment auprès des populations clés. Les travailleurs du sexe, les détenus, les usagers de drogues, les communautés LGBTI+ sont déjà les plus stigmatisés et les plus frappés par l’épidémie de VIH, un phénomène sans doute exacerbé ces derniers mois. Sans attendre les chiffres précis qui seront révélés durant cette conférence, on peut déjà dire que le Covid-19 a aggravé la situation épidémique du VIH.

Le 90-90-90

L’ONU a pour but de voir la fin du sida en 2030. Pour y parvenir, un objectif intermédiaire a été fixé : le 90-90-90. Cela signifie que 90% des personnes malades doivent savoir qu'elles sont malades, 90% de ces personnes dépistées doivent avoir accès aux médicaments et enfin 90% de celles-ci doivent avoir une charge virale indétectable, c’est-à-dire un traitement correctement suivi qui fonctionne et ne les rend plus contagieuses. Le traitement fait ainsi également office de prévention.

Cet objectif intermédiaire du 90-90-90 a été fixé pour cette année. Les chiffres définitifs seront communiqués par l’Onusida en ouverture de la conférence, mais on sait déjà qu’ils ne seront pas atteints. Une mauvaise nouvelle, d’autant plus que l’impact du Covid-19 ne devrait pas encore être pris en compte et pourrait éloigner encore plus ce but.

Si à l’échelle mondiale, des progrès sont réalisés en termes de prévention ou de traitement, plusieurs éléments limitent cependant leur portée. Les populations clés restent ainsi toujours la première cible du virus. Par la stigmatisation qu'elles subissent, notamment par certains pouvoirs politiques, elles restent trop souvent en dehors des parcours de soin et des programmes de prévention.

Et comme souvent, le deuxième élément limitant est le financement. Dépister sur le terrain, proposer des traitements et faire des mesures de charge virale au plus près des communautés demande des infrastructures et des moyens qui ne sont pas suffisants aujourd’hui. Pourtant, le Fonds mondial contre le sida a été reconstitué l'an dernier.

L’objectif d’en finir avec le VIH en 2030 compromis

Cet organisme chargé de financer une partie de la lutte contre l’épidémie a vu ses caisses renflouées par la communauté internationale à hauteur de 14 milliards de dollars pour la période 2020-2022, un minimum nécessaire malgré les perturbations dues au Covid-19. Cette conférence virtuelle de l’IAS devrait donc être l'occasion de remettre tout à plat et de discuter de politique sanitaire ainsi que de financements. Même si l'objectif de fin de l'épidémie en 2030 apparaît déjà compromis, des efforts sont nécessaires pour maintenir un espoir d’y parvenir.

Enfin, la 23ème conférence de l’IAS est également scientifique. Sauf surprise, il ne faudra malheureusement pas attendre de miracle issu des laboratoires. En effet, tous les outils pour voir la fin du VIH existent déjà. Les moyens de prévention comme la PreP ou les traitements sont aujourd’hui très efficaces. Ils peuvent certes être toujours améliorés, mais l’important actuellement c’est qu’ils soient acheminés sur le terrain. Un vaccin pourrait changer le cours des choses, mais il est encore loin d’être disponible.

►À lire: Sida, l'histoire d’une épidémie, en une infographie :

https://savoirs.rfi.fr/fr/comprendre-en ... ographie-0

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 05:35
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L’épidémie de Covid-19 a conduit les organisateurs-rices de la 23e édition de la conférence mondiale sur le sida, Aids 2020, à proposer du 6 au 10 juillet une édition virtuelle de cet événement qui réunit tous les deux ans des dizaines de milliers de participants-es. Manifestement, la survenue brutale de cette nouvelle pandémie n’aura pas que ce seul effet. Des premiers signaux montrent d’ores et déjà une très vive inquiétude sur les effets de la Covid-19 sur le paysage de la lutte contre le sida. Dès son ouverture, la conférence s’en est fait l’écho.

ous les deux ans, se déroule la conférence internationale sur le sida. Plusieurs milliers de personnes (militants-e, chercheurs-ses, médecins, responsables politiques, personnalités artistiques, journalistes, etc.) s’y retrouvent pour faire le point sur l’avancée de l’épidémie, les progrès scientifiques, le bilan sur les objectifs internationaux ou nationaux de fin de l’épidémie, comme le 90-90-90 (1) qu’on doit atteindre cette année. Cet événement est le plus grand rassemblement dans le champ de la lutte contre le VIH. C’est une vitrine obligatoire pour lancer des idées, proposer des stratégies, mobiliser les États, présenter des résultats de recherche dans le domaine clinique comme dans celui des sciences humaines et créer une prise de conscience des enjeux dans l’opinion publique. Très logiquement, les organismes de recherche, les organisations non gouvernementales, les structures mondiales de lutte contre le sida (Fonds mondial, Onusida, Unitaid, etc.) ou de santé (OMS) y vont de leurs présentations, bilans, rapports et autres études. Le programme est singulièrement chargé et donne le tournis par sa diversité et sa complexité.

Tout a démarré lundi 6 juillet par la traditionnelle plénière d’ouverture. Une plénière reformatée à l’ère du virtuel. Outre les politesses d’usage, le petit mot de bienvenue, son intérêt est de poser quelques premiers jalons sur les temps forts de l’édition en cours, de tracer les lignes de force en résonance avec le thème de l’édition (la résilience, cette année), de proposer une forme de bilan des deux années écoulées.

Une absence… qui se voit
Lors de la plénière d’ouverture, le Professeur Anton Pozniak, président de l’Ias (International aids society, organisatrice de l’événement), a parlé d’une « période remarquable » entre la pandémie de Covid-19 et un mouvement social international contre le racisme systémique (en référence au mouvement Black Lives Matter).

Sa courte introduction s’est suivie d'une discussion avec deux femmes politiques très importantes dans la lutte contre le VIH : Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis et Barbara Lee, élue de la Californie à la Chambre des représentants des États-Unis. Deux femmes militantes issues du parti démocrate. Nancy Pelosi a évoqué l’importance de l’activisme dans la santé : « Je pense qu'Act Up et d’autres activistes ont servi de modèles pour d’autres groupes comme la lutte contre le cancer et ils ont montré que les activistes pouvaient avoir un réel impact dans les politiques de santé publique ». Puis les deux femmes politiques ont évoqué la mesure phare du président Obama qui, en 2009, a levé l’interdiction d’entrée sur le territoire américain des personnes vivant avec le VIH. Elles n’ont fait aucune référence au président Trump qui, au même moment, tweetait sur les bons résultats du Nasdaq !

L’absence remarquée de Donald Trump (ou d’un message de sa part) ou d’un-e représentant-e de son administration, voire de son parti politique lors de cette première journée de conférence sonne étrangement. Comme si le sujet n’intéressait pas le pouvoir en place. Cette absence marque d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un contexte de campagne présidentielle américaine très tendu. C’est d’autant plus surprenant que le 5 février 2019 lors de son discours annuel devant le Congrès, Donald Trump annonçait vouloir mettre fin à l’épidémie de VIH/sida aux États-Unis dans la prochaine décennie. Enfin, comment oublier sa dernière déclaration relative au VIH ? Elle a laissé la communauté scientifique et les activistes très perplexes. Le 16 juin dernier lors d'une conférence de presse donnée dans les jardins de la Maison Blanche, il louait le travail des scientifiques et médecins américains qui travaillent actuellement à l'élaboration d'un vaccin pour lutter contre le coronavirus. « J'ai un grand respect pour leur esprit et ils ont trouvé des choses (…) Ce sont les… meilleurs, les plus intelligents, les plus brillants du monde. Ils ont mis au point le vaccin contre le sida », avait-t-il affirmé, devant un parterre aussi gêné que consterné.

L’Onusida dresse un bilan
Comme à chaque conférence, l’Onusida (en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé) publie ses statistiques mondiales sur le VIH. On y apprend qu’en 2019, 38 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, dont 36,2 millions d'adultes ; 1,8 million étaient des enfants (de 0 à 14 ans). Si 81 % de toutes les personnes vivant avec le VIH connaissaient leur séropositivité, environ 7,1 millions de personnes ne savaient pas qu’elles vivaient avec le VIH. Fin 2019, 25,4 millions de personnes avaient accès à un traitement antirétroviral, soit une augmentation de 6,4 millions par rapport à 2009. En 2019, 67 % de toutes les personnes vivant avec le VIH avaient accès au traitement. Ce pourcentage était nettement plus élevé chez les adultes (68 % des adultes de 15 ans et plus) que chez les enfants (53 % des enfants de 0 - 14 ans). Comme les autres années, les femmes ont un meilleur accès aux traitements, puisque 73 % des femmes adultes de 15 ans et plus ont eu accès au traitement, contre 61 % des hommes adultes de 15 ans et plus. Par ailleurs, 85 % des femmes enceintes vivant avec le VIH avaient accès à des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH à leurs bébés en 2019. Enfin, 1,7 million de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH en 2019.

90-90-90 : où en est-on ?
Lorsqu’on se plonge dans les archives numériques de l’Onusida, on retrouve rapidement des références à la « cible ambitieuse » des 90 -90-90 ; une stratégie de « traitement pour aider à mettre fin à l’épidémie de sida ». Cela confine parfois au lyrisme, même si l’objectif est évidemment noble : « Mettre fin à l’épidémie du sida est plus qu’un devoir historique pour les 39 millions de personnes qui sont mortes de la maladie. Cela représente également une occasion inoubliable pour jeter les bases d’un monde plus sain, plus juste et plus équitable pour les générations futures. Mettre fin à l’épidémie du sida inspirera des efforts plus étendus en matière de santé et de développement mondial, démontrant ainsi ce qui peut être réalisé grâce à la solidarité mondiale, aux actions fondées sur des données avérées et aux partenariats multisectoriels ». L’étape importante de cette stratégie avait été fixée en 2020 : « À l’horizon 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; à l’horizon 2020, 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable ; à l’horizon 2020, 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée ».

2020… c’est-à-dire aujourd’hui. Alors où en sommes-nous ? Là encore, c’est l’Onusida qui dresse le bilan. En 2019, au niveau mondial global, 81 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut. L’objectif était de 90 %. Parmi les personnes qui connaissaient leur statut, 82 % avaient accès au traitement. Des personnes qui avaient accès au traitement 88 % ont vu leur charge virale supprimée. Dans un communiqué (6 juillet), l’Onusida précise le bilan : « quatorze pays ont atteint le triple objectif 90-90-90 du traitement contre le VIH (….) Alors qu’il affiche l’un des taux de prévalence parmi le plus élevé au monde, 27 % en 2019, l’Eswatini [ex Swaziland, ndlr] fait partie de ces pays et a même déjà dépassé ces objectifs pour atteindre 95-95-95. Les quatorze pays concernés sont : l’Australie, le Botswana, le Cambodge, l’Irlande, la Namibie, les Pays-Bas, le Rwanda, l’Espagne, la Suisse, la Thaïlande, l’Ouganda, le Zambie et le Zimbabwe. »

VIH et Covid-19
Même s’il n’est pas déjà possible de faire le bilan de l’impact de la Covid-19 sur la lutte contre le sida (la nouvelle épidémie est loin d’être finie dans de nombreux pays), on peut d’ores et déjà repérer quelques signaux. Une nouvelle analyse de l'Onusida a révélé les conséquences éventuelles que pourrait avoir la pandémie de Covid-19 dans les pays à revenu faible et intermédiaire du monde entier sur l'approvisionnement en médicaments antirétroviraux génériques utilisés pour traiter le VIH. On a vu rapidement que les mesures de confinement et la fermeture des frontières imposée pour arrêter la Covid-19 ont eu des conséquences tant sur la production des médicaments que sur leur distribution. Cela pourrait d’ailleurs entraîner une augmentation de leur coût et des problèmes d'approvisionnement, qui seraient d’ailleurs amplifiés par une hausse des prix. Comme le pointe l’Onusida, une estimation indique que le coût final des médicaments antirétroviraux exportés depuis l'Inde pourrait être de 10 à 25 % plus élevé que les prix habituels.

Par ailleurs, une modélisation récente a estimé qu'une interruption complète de six mois du traitement pour lutter contre le VIH pourrait entraîner plus de 500 000 décès supplémentaires à la suite de maladies liées au sida. Ce serait un recul majeur, d’autant que l’Onusida souligne que les décès liés au sida ont été réduits de 39 % depuis 2010. Autre hypothèse explorée par les experts-es : si les services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant étaient également interrompus pendant six mois, les estimations des nouvelles infections à VIH chez les enfants connaîtraient une augmentation de 162 % au Malawi, 139 % en Ouganda, 106 % au Zimbabwe et 83 % au Mozambique. À ce stade, les experts-es ne peuvent qu’échafauder des hypothèses en croisant les doigts pour que les pires d’entre elles ne deviennent pas réalité. L’épidémie de Covid-19 est trop récente pour réellement anticiper, pourtant on voit quelques tendances s’esquisser.

D’ores et déjà, des conséquences
Un exemple parmi d’autres. En République centrafricaine (RCA), les personnes vivant avec le VIH craignent, du fait de la Covid-19, une « aggravation de leur vulnérabilité ». En amont de la 23e Conférence internationale sur le sida, les responsables nationaux de la santé ont d’ailleurs souhaité attirer l’attention sur les conséquences de la covid-19 sur les personnes vivant avec le VIH, dans leur pays. La RCA compte environ 110 000 personnes vivant avec le VIH, dont une très faible proportion possède des masques de protection. Bien entendu, les experts-es rappellent que les personnes vivant avec le VIH qui ont un risque élevé vis-à-vis de la Covid-19 sont celles dont la charge virale n’est pas contrôlée avec des CD4 inférieurs à 200 CD4/mm3. Reste que dans certains pays, un grand nombre de personnes vivant avec le VIH demeure sans traitement ARV, même si elles y sont éligibles. Ainsi selon des données de l’Onusida 2016 : 24 % seulement des personnes vivant avec le VIH en RCA avaient accès à un traitement ARV. Selon les données de l’OMS, la République Centrafricaine occupe le dixième rang mondial et le premier en Afrique centrale, en matière de taux d’infections par le VIH/sida.

« Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers la covid-19 en oubliant le VIH/Sida, donc c’est vraiment un souci majeur (…) Nous, on se sent abandonnés. Les médicaments sont disponibles, mais c’est pour traiter le VIH/Sida. Mais avec la covid-19, il faut préparer les patients. S’ils ne maîtrisent pas cette pandémie, cela va jouer sur leur prise en charge », avance Bienvenu Gazalima, coordonnateur du Réseau centrafricain des personnes vivant avec le VIH/Sida, dans un reportage de Jeff Murphy Barès pour la Deutsche Welle (2). Du côté des pouvoirs publics, on joue aussi la prudence et on entend être vigilant. Interrogé par la Deutsche Welle, le ministre de la Santé, Pierre Somsé, explique que « les personnes qui portent des maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, le VIH/Sida, la tuberculose, se considèrent comme des personnes hautement à risque. Pas à risque de Covid-19, mais de risque de mortalité due à la Covid-19 ». « Parmi les 47 décès de Covid aujourd’hui enregistrés en RCA, la majorité sont des personnes vivant avec le VIH/sida », indique Bienvenu Gazalima.

La survenue de cette nouvelle pandémie a aussi malmené le tissu médical local. Ce qui a eu des effets sur la prise en charge, l’accès aux dépistages. Dans le pays, une baisse des tests de dépistage est constatée. Les responsables évoquent même pour la capitale, Bangui, une « baisse considérable » de la fréquentation des laboratoires pour le bilan biologique habituel. Ce phénomène, Médecins sans frontières (MSF) l’avait déjà observé et le mentionnait, en juin dernier, à propos de la République démocratique du Congo (RDC). L’ONG indiquait que depuis la déclaration de la pandémie, elle constatait « une baisse marquée du nombre d’admissions et de consultations dans les structures de santé qu’elle appuie à Kinshasa », la capitale de la RDC. « Au Centre Hospitalier Kabinda, le nombre de consultations VIH a baissé de 30 % entre janvier et mai, notait Gisèle Mucinya, coordinatrice médicale du projet VIH/Sida de MSF à Kinshasa. Et au Centre mère et enfants de Ngaba que nous appuyons, une baisse de 44 % des consultations générales a été enregistrée entre janvier et avril. C’est très inquiétant », indiquait-elle. Même observation au centre hospitalier privé Mudishi Liboke : « Depuis mars, les consultations ont chuté de plus de moitié ici, passant d’environ 250 à 100 patients par mois. Les gens ont peur de se faire contaminer par la Covid-19 en venant consulter. D’autres évoquent les difficultés de mouvement ou l’impact économique des mesures de prévention », avançait le docteur Rany Mbayabu, directeur de ce centre hospitalier.

Des craintes pour l’avenir
Bien sûr, l’Onusida est dans son rôle : ne pas cacher la vérité, mais celle-ci est souvent dure à entendre. Si on regarde les objectifs qui étaient fixés au niveau mondial, on voit que « depuis 2015, 3,5 millions d’infections au VIH et 820 000 morts supplémentaires liés au sida sont imputables à des objectifs non atteints », explique l’institution. Ces infections et décès « auraient été évités si les objectifs 2020 avaient été réalisés » et l’Onusida d’ajouter : « La riposte pourrait également revenir dix ans en arrière au moins, si la pandémie de Covid-19 interrompt gravement les services de lutte contre le VIH ». En fait, la situation est la suivante : la lutte contre le sida a connu des « avancées disparates » avec des succès (par exemple, sur la baisse des décès, un nombre plus élevé de personnes ayant accès aux traitements, etc.) et des échecs (la moitié des personnes dans le monde sans traitements, une augmentation des infections dans certains groupes, etc.). L’ensemble était fragile, pas suffisamment financé. Et survient la Covid-19. Le nouveau rapport de l’Onusida pointe bien les lacunes actuelles, en particulier dans le déploiement de l’accès à la thérapie antirétrovirale. Or, c’est une des clefs de l’arrêt de l’épidémie puisque l’accès au traitement contribue à l’arrêt des transmissions. Le rapport constate aussi une forme d’échec de la prévention. Le monde a accumulé un grand retard dans la prévention de nouvelles infections au VIH. En fait, on dénombre que 1,7 million de personnes a contracté le virus, soit plus du triple de l’objectif mondial. Certes, les nouvelles infections au VIH ont reculé de 38 %, depuis 2010 en Afrique orientale et australe, mais durant la même période, les nouvelles infections au VIH ont explosé de 72 % depuis 2010 en Europe de l’Est et Asie centrale. Leur nombre a également bondi de 22 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et de 21 % en Amérique latine. Cette augmentation des cas de VIH se télescope désormais aux chiffres exponentiels de Covid-19. Plus de onze millions de cas d’infection ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires. Par exemple, l’Afrique du Sud a enregistré, sur une journée, un nombre record quotidien de 10 853 nouveaux cas, selon des chiffres officiels. En Espagne, l’un des pays les plus affectés avec plus de 28 300 morts, une « croissance très importante du nombre de cas de Covid-19 » a amené les autorités de Catalogne à ordonner un reconfinement dans certaines zones. Et il y a d’autres exemples de ce type.

La conférence se poursuit avec un retour sur 40 ans d’épidémie, des nouvelles sur le vaccin contre le VIH, la guérison (cure) et des résultats de différentes études sur la Prep. Une table ronde est également prévue sur les enjeux du vieillissement avec le VIH. À suivre.

(1) : À l’horizon 2020 : 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; 90 % de toutes les personnes vivant avec le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable ; 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée, selon la définition de l’Onusida.
(2) : Radio internationale allemande. L’équivalent de RFI en France.



Switch du TDF au TAF : une prise de poids rapide
Dans un article publié le 4 juillet sur le site d’infos aidsmap, l’analyse d’une large cohorte américaine révèle que les personnes vivant avec le VIH qui sont passées d’un traitement ARV à base de TDF (ténofovir disoproxil fumarate) à un traitement à base de TAF (ténofovir alafenamide) ont connu des prises de poids rapides et significatives et ce, peu importe la combinaison de leur traitement avec d’autres molécules. Cette annonce a été faite par le professeur Patrick Mallon (Hôpital universitaire de Saint-Vincent à Dublin). Dans la cohorte Opera, les chercheurs-ses ont identifié 6 919 patients-es avec une charge virale indétectable (< 200 copies/ml) qui sont passés d’un traitement antirétroviral avec du TDF à un traitement avec du TAF. Leur courbe de prise de poids a été comparée entre 48 mois (4 ans) avant le switch et 36 mois (3 ans) après. Le-la patient-e moyen-ne dans cette cohorte prenait 0,42 kg par an sous TDF et dans les 9 mois suivant le passage au TAF, la courbe de prise de poids augmentait de façon significative (+2,64 kg avant de se stabiliser à 0,29 kg par an). Quand les chercheurs-ses ont comparé les courbes de prise de poids chez les personnes qui ont maintenu un traitement avec des anti-intégrases, ils-elles n’ont pas trouvé de différences significatives entre les personnes qui prenaient du dolutégravir (Tivicay), de l’elvitégravir ou du raltégravir (Isentress). D’après le professeur Mallon, ces découvertes « suggèrent un effet indépendant du passage du TDF au TAF sur la prise de poids ». Les modèles de prise de poids sont semblables malgré les différentes combinaisons de molécules. Les personnes qui sont passées au TAF ont connu une prise de poids rapide dans les neufs mois après le switch avant de se stabiliser.

Références : Mallon P et al. Weight gain before and after switch from TDF to TAF. 23rd International Aids Conference, abstract 3283, 2020

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Brésilien en rémission à long terme du VIH - sans greffe de cellules souches



Un homme à São Paulo qui n'a aucune preuve de rester séropositif après plus de 15 mois d'absence d'antirétroviraux - du moins selon les tests effectués jusqu'à présent - peut représenter le premier cas de guérison fonctionnelle sans les risques d'une greffe de cellules souches, selon un rapport présenté aujourd'hui à la 23e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2020: Virtual) .

Dans le cadre d'un essai clinique, l'homme de 35 ans avait deux antirétroviraux supplémentaires, l'inhibiteur d'intégrase dolutégravir ( Tivicay ) et l'inhibiteur d'entrée maraviroc ( Celsentri ), ajoutés à son schéma thérapeutique standard à trois médicaments. De plus, il a reçu du nicotinamide, une forme soluble dans l'eau de la niacine ou de la vitamine B3.

Il a subi une interruption de traitement étroitement surveillée en mars 2019. Plus de 15 mois plus tard, il continue d'avoir de l'ARN du VIH indétectable (la forme de matériel génétique viral mesuré dans un test de charge virale typique) ainsi que de l'ADN du VIH indétectable (la forme qui constitue le réservoir viral).

Mais les experts mettent en garde contre une lecture trop approfondie de ce cas, car il ne s'agissait que d'un seul individu et aucun test approfondi de traces de VIH sur divers sites du corps de l'homme n'a encore été effectué.

"Le fait qu'il s'agisse d'un cas unique suggère que ce n'est peut-être pas réel", a déclaré le Dr Steven Deeks de l'Université de Californie à San Francisco à Aidsmap. "Nous savons que certaines personnes peuvent réaliser ce qui semble être une rémission avec des médicaments antirétroviraux seuls. Il s'agit peut-être simplement d'une personne qui a eu de la chance avec les antirétroviraux."

Un moyen plus facile de rémission?
Jusqu'à présent, deux personnes semblent avoir été guéries du VIH. Timothy Ray Brown, anciennement connu sous le nom de Patient de Berlin , n'a aucune preuve de VIH capable de se répliquer dans son corps depuis plus de 13 ans. Le deuxième homme, surnommé le patient de Londres , n'a toujours pas de virus détectable à l'approche de trois ans de traitement antirétroviral (TAR).

Les deux hommes ont reçu des greffes de moelle osseuse pour traiter la leucémie ou le lymphome à l'aide de cellules souches d'un donneur présentant une mutation génétique rare connue sous le nom de CCR5-delta-32, ce qui entraîne la disparition des co-récepteurs CCR5 sur les cellules T, la passerelle que la plupart des types de VIH utilisent pour infecter les cellules. Avant les greffes, ils ont reçu une chimiothérapie pour tuer leurs cellules immunitaires cancéreuses, permettant essentiellement aux cellules souches donneuses de reconstruire un nouveau système immunitaire résistant au VIH.

Mais cette procédure est beaucoup trop dangereuse pour les personnes dont la vie n'est pas déjà menacée par un cancer avancé. De plus, il nécessite une intervention médicale intensive, est extrêmement coûteux et ne pourrait probablement pas être suffisamment étendu pour être réalisable pour les millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.

Cela a conduit les chercheurs à se demander si la bonne combinaison de médicaments pourrait offrir une voie plus sûre et moins coûteuse vers une rémission à long terme - ou finalement un remède.

Le Dr Ricardo Diaz de l'Université de São Paulo au Brésil, le Dr Andrea Savarino de l'Institut italien de la santé à Rome et leur équipe ont mené un essai clinique connu sous le nom de SPARC-7 pour évaluer plusieurs interventions visant à réduire la taille du réservoir de VIH.

Ce réservoir est composé de VIH latent intégré dans des cellules hôtes inactives, principalement des cellules T. Les antirétroviraux ne peuvent pas atteindre ce virus caché, mais si le traitement s'arrête et que les cellules se réactivent, ils peuvent recommencer à produire de nouvelles copies du virus.

L'étude a recruté des adultes séropositifs qui en étaient à leur premier traitement antirétroviral, avaient une suppression virale depuis plus de deux ans et n'avaient jamais eu de compte de CD4 inférieur à 350 cellules / mm 3 .

Cinq des participants ont ajouté du dolutégravir, du maraviroc et 500 mg de nicotinamide deux fois par jour à leur schéma thérapeutique antirétroviral à trois médicaments pendant 48 semaines. Ils sont ensuite revenus au TAR standard et ont finalement subi une interruption du traitement analytique, dans lequel la charge virale et d'autres paramètres sont étroitement surveillés.

Comme Savarino l'a expliqué dans une interview à Aidsmap avant la conférence (voir ci-dessus), le nicotinamide a été choisi car il semble combattre le VIH par de multiples mécanismes. Disponible sous forme de supplément oral peu coûteux, le nicotinamide est étudié comme traitement contre le cancer en raison de ses propriétés immunostimulantes. Il aide à prévenir le suicide des cellules T épuisées (apoptose) en inhibant l'activité des enzymes appelées PARP qui réparent l'ADN cassé. Il peut également agir comme un inhibiteur de l'histone désacétylase (HDAC) qui maintient les cellules T hors d'un état latent. Le maraviroc peut également agir en tant qu'agent inverseur de latence en plus de son effet plus connu de blocage de l'entrée du VIH dans les cellules.

Un individu reste en rémission
Le Brésilien qui est en rémission a reçu un diagnostic de VIH en octobre 2012, alors qu'il avait le plus faible taux de CD4 (372 cellules / mm 3 ) et la charge virale (plus de 20000 copies / ml) caractéristiques d'une infection chronique. Deux mois plus tard, il a commencé un traitement à l'éfavirenz ( Sustiva ), à la zidovudine (AZT) et à la lamivudine (3TC), en substituant le fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) à la zidovudine en 2014.

L'homme s'est inscrit à l'essai clinique en septembre 2015 et a commencé le schéma thérapeutique intensifié avec nicotinamide. Parmi les 30 participants ayant reçu divers schémas d'investigation dans l'étude, il était le seul à avoir connu des blips viraux de bas niveau pendant son traitement expérimental (aux semaines 16 et 24), mais sa charge virale est restée indétectable par la suite.

Après avoir terminé 48 semaines avec cette combinaison, il est revenu à son schéma thérapeutique antérieur à trois médicaments, échangeant plus tard l'éfavirenz contre de la névirapine ( Viramune ) et finalement du dolutégravir. Tout au long, il a maintenu une suppression virale.

En mars 2019, il a commencé une interruption du traitement analytique, arrêtant sa thérapie antirétrovirale sous surveillance médicale. Aujourd'hui, sa charge virale reste indétectable selon les tests sanguins d'ARN VIH effectués toutes les trois semaines. Son dernier test a eu lieu le 22 juin 2020, ce qui signifie qu'il a maintenu la suppression virale pendant plus de 65 semaines sans antirétroviraux.

Les cellules CD4 de l'homme étaient généralement stables pendant le régime intensifié expérimental, ont augmenté après le retour à un traitement à trois médicaments standard, puis ont chuté après le début de l'interruption du traitement.

Divers marqueurs d'activation des cellules CD8 - le type de cellules T qui combattent le VIH - ont diminué après le début du régime intensifié et sont restés en dessous du niveau de base.

L'examen d'autres paramètres peut indiquer si le VIH reste présent mais sous contrôle ou s'il a vraiment été éliminé.

Le niveau d'ADN du VIH de l'homme dans les cellules immunitaires du sang périphérique a augmenté après le début du régime expérimental - suggérant que le traitement peut avoir réactivé les cellules réservoir latentes - mais est ensuite tombé à un niveau indétectable après avoir repris le TAR standard. Il est resté indétectable pendant l'interruption du traitement.

L'ADN du VIH dans les échantillons de biopsie intestinale de l'homme a diminué pendant qu'il était sous régime intensifié. Une analyse plus approfondie du VIH dans les tissus intestinaux, les ganglions lymphatiques et d'autres sites - comme l'a fait Timothy Brown - sera nécessaire pour montrer si l'homme est en fait guéri fonctionnellement. Cependant, Savarino a déclaré à Aidsmap que ces tests plus invasifs ont été suspendus en raison des restrictions COVID-19 sur les services de santé au Brésil.

La présence d'anticorps anti-VIH indique que, même pendant le traitement, il reste suffisamment de virus pour stimuler la production d'anticorps en cours. Dans ce cas, le niveau d'anticorps de l'homme a diminué de façon constante pendant qu'il était sous régime expérimental et a continué de baisser après avoir repris le traitement par trois médicaments. Pendant l'interruption du traitement, il a maintenu un niveau d'anticorps très bas - suffisamment bas pour qu'un test rapide d'anticorps devienne négatif.

Fait important, Savarino a déclaré à Aidsmap, quatre autres personnes traitées avec le même régime intensifié n'ont pas maintenu de suppression virale.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le coprésident de la conférence, le Dr Anton Pozniak de Chelsea et de l'hôpital de Westminster, a rappelé que nous avions déjà entendu parler de nombreux autres remèdes potentiels contre le VIH - y compris le célèbre bébé du Mississippi , qui a maintenu la suppression virale des antirétroviraux pendant plus de deux ans avant elle. le virus a rebondi - mais jusqu'à présent, ceux-ci se sont généralement soldés par une déception.

Deeks a exhorté à la prudence en cas d '«interprétation excessive» des conclusions de cette affaire, qui ne suggère aucune intervention que les personnes vivant avec le VIH devraient entreprendre seules pour le moment. En particulier, les gens ne devraient pas commencer à prendre de la nicotinamide ou de la niacine, ce qui peut provoquer un effet secondaire de rinçage inconfortable à des doses élevées.

"J'encouragerais certainement les gens à ne pas sauter dessus. Ce n'est peut-être pas réel et cela pourrait en fait nuire", a-t-il déclaré. "Je n'encouragerais personne à sortir en courant au magasin local de produits diététiques et à obtenir ce médicament, et ne cessez pas de prendre des antirétroviraux."

Références :

Diaz RK et al. La première rémission à long terme d'une infection chronique par le VIH-1 sans myéloablation? 23e Conférence internationale sur le sida, résumé OAXLB0105, 2020.

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 06:01
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La PrEP évite les trois quarts des infections au VIH dans une grande étude africaine

Une grande étude qui a proposé la PrEP (un médicament régulier à prendre en prévention du VIH) à 16 communautés au Kenya et en Ouganda a signalé une réduction de 74% des infections au VIH chez les personnes exposées à des risques élevés. Il s’agit de la plus forte réduction jamais enregistrée dans un programme de PrEP en Afrique subsaharienne.

Les résultats ont été présentés lors du 23ème congrès international sur le Sida (AIDS2020: virtuel) qui se déroule cette semaine en ligne.

L’étude SEARCH (Sustainable East Africa Research in Community Health) a commencé en 2013 dans 32 communautés au Kenya et en Ouganda, dans un premier temps comme intervention de “dépistage et traitement”. En juin 2016, SEARCH a commencé à proposer la PrEP aux personnes vivant dans 16 communautés très exposées aux risques de VIH. Celles-ci comprennent des personnes en couple avec une personne séropositive, les personnes travaillant dans les industries du transport ou de la pêche, et les individus qui se considèrent eux-mêmes comme étant à risque de VIH.

Sur les 15 632 personnes identifiées comme étant très exposées aux risques d’infection au VIH, 5447 (35%) ont commencé la PrEP et l’incidence de VIH se monte à 0,35%. En l’absence d’un groupe placébo, la comparaison a été faite avec les participants des deux années précédant l’accès à la PrEP. Dans ce groupe de contrôle, l’incidence annuelle du VIH était de 0,92%, ce qui signifie que le taux d’infection au VIH avait diminué de 74% avec l’accès à la PrEP. Cette réduction s’explique surtout par la chute de l’incidence chez les femmes, où le taux a chuté de 76%. Chez les hommes, l’incidence a également diminué, mais seulement de 40%, ce qui n’était pas significatif statistiquement. Bien que 83% des participants ayant commencé le PrEP l’aient arrêté à un moment donné, 50% d’entre eux l’ont recommencé plus tard.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/p ... ican-study

L’Islatravir accompagné de doravirine maintient la suppression virale

L’Islatravir accompagné de doravirine maintient la suppression virale
L'Islatravir, le premier inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI), et la doravirine (Pifeltro), un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), ont contrôlé la charge virale pendant 48 semaines, avec seulement un petit nombre de participants à l'étude sous échec virologique, ont indiqué les chercheurs lors du congrès.

Cet essai randomisé et en double aveugle a recruté 121 personnes prenant un traitement anti-VIH pour la première fois. Plus de 90 % étaient des hommes, les trois quarts étaient caucasiens et l'âge médian était de 28 ans. Environ un quart des participants avaient une charge virale supérieure à 100 000 copies/ml à l’origine.

Dans la première partie de l'étude, les participants ont pris l’une des trois doses d'islatravir (0,25mg, 0,75mg ou 2,25mg) avec de la doravirine (100mg) et de la lamivudine (300mg), ou bien un régime de trois médicaments composé de doravirine, de fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) et de lamivudine, les médicaments du Delstrigo combinés en un seul comprimé, pendant 24 semaines. Dans la deuxième partie, les participants du groupe islatravir qui avaient atteint une charge virale indétectable (inférieure à 50 copies/ml) ont abandonné la lamivudine et ont continué à prendre les deux autres médicaments pendant 24 semaines supplémentaires.

Les résultats d'efficacité de l'étude ont été présentés pendant le congrès international du sida sur la science du VIH l'été dernier. Ces résultats ont montré que la bithérapie à la dose optimale (0,75 mg) refoulait la charge virale au moins aussi bien que la trithérapie, avec 90 % des participants contre 84 % ayant une charge virale indétectable à 48 semaines.

Le professeur Chloe Orkin a présenté les derniers résultats de l'étude, en mettant l'accent sur l'échec virologique (charge virale non refoulée ou rebondissant) chez les participants à l'étude. Deux personnes (7 %) du groupe recevant 0,25 mg d'islatravir, deux personnes (7 %) du groupe recevant 0,75 mg d'islatravir et une personne (3 %) du groupe Delstrigo ont eu un rebondissement viral. Une personne n’a pas répondu au traitement (3%) dans le groupe 2,25mg d'islatravir. Dans tous les cas, la charge virale est restée inférieure à 100 copies/ml.

Les chercheurs ont conclu que les taux d'échec virologique étaient faibles et que les participants qui en faisaient l'expérience avaient un taux de VIH inférieur au taux cliniquement significatif de 200 copies/ml.

Le Dr Edwin DeJesus a présenté les résultats sur l’innocuité sur 48 semaines. Le traitement était généralement sûr et bien toléré et la fréquence des effets secondaires a été similaire dans tous les groupes d'islatravir et dans le groupe Delstrigo.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/i ... ssion-year

D’autres indices sur le traitement anti-VIH et le gain de poids

lusieurs études présentées lors du congrès ont porté sur la prise de poids chez les personnes qui suivent un traitement anti-VIH.

Le gain de poids après le début du traitement antirétroviral a été signalé dans de nombreuses cohortes et essais cliniques, mais ses causes ne sont pas claires. Il existe plusieurs explications derrière ce gain de poids, et certains médicaments antirétroviraux spécifiques y ont été associés.

Une grande étude menée aux États-Unis a révélé que les personnes séropositives sous traitement antirétroviral prenaient du poids plus rapidement que les personnes séronégatives du même âge, quel que soit leur poids au départ.

La population étudiée était composée de 8256 personnes séropositives et de 129 966 personnes séronégatives faisant office de contrôle, issues de la base de données Kaiser Permanente des personnes soignées en Californie, en Virginie, dans le Maryland et à Washington DC. La population séropositive avait un âge médian de 41 ans, 88 % étaient des hommes, 36 % étaient caucasiens, 26 % noirs, 26 % latinos et 6 % insulaires d'Asie/Pacifique. Au début de l'étude, les personnes séropositives avaient une masse corporelle moyenne inférieure à celle des personnes séronégatives.

Les personnes séropositives ont pris du poids trois fois plus vite que les personnes séronégatives et, après 12 ans de suivi, avaient une masse corporelle similaire à celle des personnes séronégatives. Les chercheurs soulignent que la prise de poids exacerbe les risques de comorbidités déjà plus fréquentes chez les personnes séropositives, en particulier les maladies cardiovasculaires.

Dans une autre étude présentée au congrès, les chercheurs ont constaté que les personnes qui sont passées du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) au ténofovir alafénamide (TAF) ont pris du poids plus rapidement. Cela s'est produit indépendamment du fait qu'elles prennent un inhibiteur de l'intégrase ou un médicament d'une autre classe avec le TAF.

L'étude a utilisé les données d'OPERA, une vaste cohorte combinant les données de cliniques et de cabinets médicaux traitant environ 8 % des personnes diagnostiquées séropositives aux États-Unis. Les chercheurs ont identifié 6919 personnes qui sont passées du TDF au TAF et dont le poids a été mesuré avant et après le changement de régime médicamenteux. Les tendances de changement de poids étaient cohérentes d'un régime à l'autre, avec un gain de poids rapide dans les neuf mois suivant le passage au TAF, suivi d'un ralentissement ou d'un plafonnement du gain de poids.

Une autre étude présentée lors du congrès a montré que les personnes sous traitement à base de dolutégravir couraient nettement plus de risques de surpoids ou d’obésité que les autres personnes séropositives et que près d'une personne sur dix prenait suffisamment de poids pour être classée comme étant en surpoids ou obèse.

Le traitement à base de dolutégravir est recommandé pour tous les adultes séropositifs par l'Organisation mondiale de la santé et le Plan présidentiel d'urgence d'aide à la lutte contre le sida (PEPFAR) a entrepris de fournir un traitement de ténofovir, de lamivudine et de dolutégravir par le biais des programmes qu'il finance.

Un gain de poids substantiel a déjà été observé lors de deux grands essais cliniques en Afrique chez des personnes prenant du dolutégravir. Pour surveiller l'impact de l'introduction du dolutégravir sur le poids dans les soins cliniques de routine, les chercheurs ont recruté des personnes séropositives dans 12 sites de traitement soutenus par PEPFAR au Kenya, au Nigeria, en Tanzanie et en Ouganda.

L'étude a comparé 742 personnes qui avaient commencé un traitement avec du ténofovir, de la lamivudine et du dolutégravir avec 1212 personnes n'ayant pas encore commencé de traitement antirétroviral ou prenant un traitement antirétroviral sans dolutégravir. Après ajustement en fonction du site de l'étude, du sexe, de l'âge et de la dépression, les personnes auxquelles on a prescrit du dolutégravir présentaient un taux de surpoids ou d'obésité supérieur de 85 % à celui des personnes suivant un traitement sans dolutégravir.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/p ... ive-people

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/r ... rugs-taken

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/s ... ry-african

Au moins 28,000 femmes aux Etats-Unis ont commencé la PrEP

Une étude des prescriptions de Truvada (fumarate de ténofovir disoproxil/emtricitabine) aux États-Unis a révélé que son utilisation en PrEP par les femmes s'est multipliée par 12 entre juillet 2012, date à laquelle son utilisation a été autorisée par la Food and Drug Administration américaine, et la fin de 2017. Le nombre de démarrages ou de redémarrages de la PrEP est passé de 2770 prescriptions individuelles en 2012 à 27 556 en 2017.

Les ordonnances pour les femmes ont été recueillies dans les cabinets médicaux, les pharmacies, les hôpitaux et les cliniques externes. Les chercheurs reconnaissent que leur méthodologie ne tient pas compte de nombreuses prescriptions, mais ils calculent que leurs données couvrent environ 80 % de l'utilisation de la PrEP au cours d'une année donnée.

Ils ont constaté que l'utilisation de la PrEP était la plus élevée chez les femmes âgées de 25 à 34 ans et qu'il y avait une forte différence géographique dans l'utilisation : 329 femmes pour 100 000 en ont pris dans les États du nord-est, alors que seulement 140 pour 100 000 en ont pris dans les États du sud, où l'incidence du VIH est plus élevée.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/l ... arted-prep

Une étude londonienne montre que les risques de développement d‘une forme grave de COVID-19 ne sont pas plus élevés chez les personnes séropositives.

Les personnes séropositives n'ont pas eu de problèmes plus graves après leur admission à l'hôpital avec le COVID-19, selon un grand hôpital londonien.

Les médecins de l'hôpital Guy's et St Thomas ont mené une étude rétrospective dans laquelle ils ont comparé 17 personnes séropositives admises à l'hôpital en mars ou avril, avec un résultat positif au test de dépistage du SRAS-CoV-2, à 50 personnes séronégatives, dans un rapport allant jusqu'à trois pour un. La mesure principale était le temps écoulé entre l'admission et l'amélioration, définie comme une amélioration de 2 points sur une échelle clinique de 7 points, ou la sortie de l'hôpital.

Après 28 jours de suivi, 82 % des personnes séropositives et 74 % des personnes séronégatives avaient quitté l'hôpital, une différence non significative. Il n'y avait pas de différence entre les deux groupes en ce qui concerne la durée d'hospitalisation, le besoin de ventilation ou la fréquence des complications liées à la COVID-19. Il n'y avait pas non plus de différence dans le taux de mortalité ou la fréquence d'hospitalisation au-delà de 28 jours entre les deux groupes.

Après avoir pris en compte l'âge et autres facteurs de confusion, les personnes séropositives ont en fait eu une amélioration plus rapide de leur état ou sont sortis de l'hôpital plus rapidement que les patients séronégatifs correspondants.

Des chercheurs du King's College Hospital de Londres ont également confirmé des résultats publiés précédemment montrant que les personnes noires séropositives couraient un risque beaucoup plus élevé d’hospitalisation pour COVID-19 que les autres personnes séropositives, actualisant le nombre de patients déclarés de 18 à 23. Les personnes noires séropositives avaient 7,6 fois plus de chances d'être admises à l'hôpital que les personnes caucasiennes séropositives.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/l ... 19-illness

Les HSH vivant dans des pays africains qui criminalisent les relations homosexuelles sont beaucoup plus exposés au VIH

Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) vivant dans les pays d'Afrique subsaharienne où l'activité homosexuelle est sévèrement criminalisée courent un risque de VIH près de cinq fois plus élevé que dans les pays où il n'y a pas de criminalisation, a conclu une étude présentée au congrès. Ceux qui vivent dans des pays où certaines criminalisations existent ont plus de deux fois plus de chances d'être séropositifs.

Si les populations clés, comme les HSH, représentent un faible pourcentage de la population globale, elles courent un risque extrêmement élevé d'être infectées par le VIH, avec une prévalence estimée dans les pays d'Afrique subsaharienne allant de 12 % à 30 %. La criminalisation de l'activité sexuelle entre personnes du même sexe constitue un obstacle important pour les HSH lorsqu'ils recherchent des services de prévention et de traitement du VIH.

Dans cette étude, des données ont été recueillies auprès de HSH vivant dans dix pays d'Afrique subsaharienne entre 2011 et 2018. Des questionnaires socio-comportementaux ont été administrés et des tests de dépistage du VIH ont été effectués pour un total de 8113 hommes d'un âge médian de 23 ans. La prévalence du VIH était élevée, 19 % des hommes ayant eu un résultat positif au test de dépistage du VIH.

Les pays ont été classés comme n'ayant aucune criminalisation (Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau et Rwanda), une criminalisation (moins de huit ans de prison - Cameroun, Sénégal, Togo et eSwatini), ou une criminalisation sévère (plus de dix ans de prison - Gambie et Nigeria).

Dans les pays où l'activité sexuelle entre personnes du même sexe n'est pas criminalisée, 8 % des HSH échantillonnés ont testé positifs au VIH, ce chiffre passant à 20 % dans les pays où la criminalisation est en vigueur, et augmentant de façon spectaculaire pour atteindre 52 % dans les pays où la criminalisation est sévère.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/m ... etting-hiv

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 07:05
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Quelqu'un a-t-il été guéri du VIH avec un régime médicamenteux simple et bon marché?

Les trois personnes qui ont jusqu'à présent probablement été guéries du VIH - Timothy Ray Brown , Adam Castillejo , et un Allemand jusqu'ici anonyme qui est toujours classé comme un `` probable '' plutôt qu'un remède définitif - ont tous enduré des procédures difficiles, risquées et coûteuses pour se débarrasser du virus.

Il s'agissait de patients cancéreux qui avaient besoin de greffes de moelle osseuse pour remplacer leurs cellules du système immunitaire par des cellules non cancéreuses. Au cours de ce processus, leurs médecins ont profité de l'occasion pour s'assurer que les nouvelles cellules étaient largement immunisées contre le VIH.

Mais une greffe de moelle osseuse n'est pas un pique-nique. Cela doit impliquer de détruire le système immunitaire de quelqu'un à l'avance. La liste des patients cancéreux séropositifs décédés malgré une greffe de moelle osseuse est beaucoup plus longue que la liste de ceux qui ont été guéris.

Pour cette raison, nous nous sommes habitués à l'idée qu'un remède bon marché, non toxique et généralement applicable pour le VIH pourrait être dans de nombreuses années et pourrait ne jamais être réalisable. Comme nous l'avons dit en 2017, guérir le VIH peut en effet être comme guérir le cancer , et tout aussi difficile.

Et si nous nous trompions? Et s'il y avait toujours, sous notre nez, une combinaison de médicaments relativement bon marché, simple et non toxique qui pouvait guérir au moins une proportion importante de personnes vivant avec le VIH?

C'est l' implication passionnante d'un remède potentiel dévoilée lors de la conférence virtuelle AIDS 2020 aujourd'hui.

Il est important de donner les réservations en premier. Premièrement, quatre autres personnes ayant reçu le même régime n'ont pas été guéries.

Deuxièmement, les chercheurs ne savent même pas quels médicaments, le cas échéant, ont fait une différence, ou si la personne concernée a supprimé son VIH d'une autre manière.

Troisièmement, il est indétectable sans médicaments depuis 15 mois - mais il y a eu d'autres cas où le VIH est réapparu aussi longtemps que deux ans après l'arrêt du traitement.

Enfin, vous mettre sur un régime fait maison impliquant un ou plusieurs des médicaments n'est pas une bonne idée, car ils ne sont pas sans effets secondaires.

D'ACCORD. Mais. La personne qui est entrée en rémission à long terme - actuellement 15 mois sans médicaments contre le VIH sans aucun signe de retour de son virus - était une personne typique avec le VIH, infectée de façon chronique. Il n'avait aucune particularité qui pourrait faire de lui un «contrôleur d'élite», comme nous appelons les personnes qui contrôlent spontanément leur VIH.

Et le taux de guérison de 20% est le même que celui observé lorsque les médecins utilisent le nicotinamide - le médicament qui a pu faire la différence - pour éviter les cancers de la peau. Ce qui suggère que c'est un régime qui pourrait être amélioré.

Le patient vient de São Paulo au Brésil. Il a été diagnostiqué avec le VIH en 2012 et a été soumis à un schéma thérapeutique standard contre le VIH et est depuis indétectable, à l'exception d'un `` blip '' .En septembre 2015, il a été inscrit à une étude d'intensification du traitement, pour voir si l'ajout de médicaments supplémentaires à un Le régime anti-VIH augmentera les taux de suppression virale. L'équipe dirigée par le Dr Ricardo Diaz de l'Université fédérale de São Paulo a ajouté du dolutégravir ( Tivicay ) à tous les régimes des participants à l'essai. Le dolutégravir est un inhibiteur durable de l'intégrase qui est maintenant à la base de nombreux schémas thérapeutiques contre le VIH, mais qui, il y a cinq ans, était encore relativement nouveau.

Ensuite, ils ont également ajouté du maraviroc ( Celsentri ). Celui-ci est intéressant. Le maraviroc a été le premier inhibiteur du CCR5, ce qui signifie qu'il se fixe aux cellules plutôt qu'au virus et l'empêche de pénétrer. Il est conçu pour faire, avec une pilule, ce que le remplacement des cellules de la moelle osseuse de Timothy et Adam par des cellules immunitaires contre le VIH a fait pour eux.

Maraviroc a été autorisé en 2009 mais a du mal à trouver une place, que ce soit comme traitement ou PrEP. Sa puissance a été décevante, peut-être parce que pour fonctionner correctement, elle devrait se fixer à chaque cellule infectable. Mais une charge virale extrêmement supprimée pourrait permettre au maraviroc d'empêcher d'autres cellules d'être infectées.

L'équipe de Diaz a ensuite divisé les patients en quatre groupes de cinq personnes chacun. Un groupe vient de recevoir le schéma antirétroviral intensifié. Mais les autres groupes ont également reçu un sixième médicament.

Un groupe a reçu un vaccin thérapeutique, sur mesure pour convenir à leur sous-type viral. Un autre a obtenu de l'auranofine, un anti-inflammatoire contenant de l'or utilisé pour la polyarthrite rhumatoïde.

Le troisième groupe a obtenu ce qu'on appelle un «inhibiteur de Sirtuin Histone désacétylase». Cela semble très high-tech jusqu'à ce que vous réalisiez qu'il s'agit de nicotinamide, alias niacine ou vitamine B3 - un supplément que vous pouvez acheter dans n'importe quel comptoir de pharmacie.

La nicotinamide peut agir de plusieurs façons. Il garde les cellules remplies d'un produit chimique, le NADP, qui peut empêcher les cellules immunitaires de s'épuiser et de mourir. Deuxièmement, il peut inciter les cellules infectées par le VIH à sortir de l'état de «réservoir» de repos où elles ne peuvent pas être vues par le système immunitaire. Ou il peut être capable d'induire une production virale directement à partir des cellules réservoirs, avec le même effet. Il favorise également la glycolyse, la transformation du sucre en énergie, c'est pourquoi l'hypoglycémie - une glycémie basse - est son effet secondaire le plus grave.

Après que notre patient a reçu le régime intensifié, il y avait des signes que son VIH pourrait commencer à disparaître. Les tests de détection de l'ARN et de l'ADN du VIH ont dessiné des blancs. Les tentatives de cultiver le virus à partir de certains de ses lymphocytes ont échoué. Les niveaux d'anticorps anti-VIH dans son sang ont commencé à diminuer, indiquant qu'il y avait très peu de virus pour stimuler leur production.

Il a donc été privé de tous ses médicaments en mars 2019. Et depuis lors, son VIH n'a pas réapparu et ses anticorps ont continué de baisser. Quinze mois sans rebond viral est presque sans précédent chez tout patient infecté de façon chronique qui n'a pas reçu un traitement antirétroviral très précoce.

Est-ce un remède? Nous ne le savons pas encore. D'autres tests devront être effectués, comme ils l'ont été avec Timothy et Adam, pour savoir si son VIH est enfoui profondément dans les ganglions lymphatiques, ou dans ses intestins, ou même dans son système nerveux - tous des `` sites sanctuaires '' où une cellule dans un million qui pourrait ressusciter le VIH peut se cacher. Ces tests ont été retardés par COVID-19.

Et puis il y a les quatre autres patients - qui n'ont pas répondu et dont le virus est revenu. C'est une caractéristique courante des histoires de guérison et de vaccination contre le VIH qu'une minorité perplexe réagit parfois lorsqu'une majorité ne le fait pas. Mais y a-t-il des indices sur la façon dont ils ont réagi?

Le «patient de São Paulo» restera-t-il indétectable et défiera-t-il les chances de devenir la première personne séropositive à guérir avec des médicaments simples? L'augmentation de la dose de nicotinamide (comme ils l'ont fait dans les études sur le cancer) augmenterait-elle la proportion de répondeurs?

Et reviendrons-nous là-dessus comme un moment charnière dans l'histoire du VIH? Seul le temps nous le dira.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/h ... ug-regimen

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 08 Jl 2020 - 07:08
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La PrEP injectable offre une efficacité supérieure à la PrEP orale dans les essais cliniques

La PrEP administrée par injection toutes les huit semaines était plus efficace pour prévenir le VIH que la PrEP orale chez les hommes gais et bisexuels et les femmes transgenres, ont confirmé aujourd'hui des chercheurs lors de la 23e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2020: Virtual) .

Les principaux résultats ont été initialement annoncés il y a deux mois lorsque l' étude HPTN083 a été interrompue prématurément, car il y avait clairement moins d'infections chez les personnes bénéficiant d'une PrEP injectable que chez les personnes bénéficiant d'une PrEP orale. À l'époque, le nombre de points de données collectés ne permettait aux chercheurs de dire que le médicament injectable était «non inférieur» au médicament oral - en d'autres termes, même s'il semblait mieux fonctionner, il n'avait pas réussi seuil prédéterminé permettant aux chercheurs de dire qu'il était clairement supérieur. L'objectif de ce seuil est d'éviter la possibilité d'effets aléatoires.

Aujourd'hui, le Dr Raphael Landovitz de l'Université de Californie à Los Angeles, et chercheur principal de l'étude HPTN 083, a pu dire que les injections bimensuelles du cabotegravir étaient supérieures, en termes de prévention de l'infection à VIH, aux doses orales de une pilule combinée de fumarate de ténofovir disoproxil et d'emtricitabine (la pilule bleue bien connue dont le nom de marque est Truvada ).

Une étude complémentaire, HPTN084 , est actuellement en cours chez 3200 femmes cisgenres dans sept pays d'Afrique subsaharienne. À moins que cela ne soit également arrêté tôt, ses résultats ne devraient pas apparaître avant la mi-2021 ( voir ce graphique ).

Au total, il y avait 4566 personnes dans HPTN 083, randomisées pour recevoir soit des injections de cabotegravir plus un placebo Truvada, soit de vraies pilules Truvada plus une injection fictive. Afin d'éviter tout risque d'effets secondaires qui ne pourraient pas être facilement inversés chez les personnes recevant les injections, les personnes ont pris des pilules de cabotegravir (ou placebos) par voie orale pendant cinq semaines avant leur première injection.

Et parce que le cabotegravir injectable peut persister dans le corps pendant plus d'un an, les participants qui ont arrêté les injections se sont également vu offrir un an de comprimés de Truvada en ouvert , pour éviter le risque d'infection, et éventuellement de développer une résistance aux médicaments, s'ils continuaient à être à risque de contracter le VIH.

Il y a une description plus détaillée de l'étude dans notre article précédent , mais il vaut la peine de répéter que les deux tiers de la population étudiée avaient moins de 30 ans; que 567 participants (12,4%) étaient des femmes transgenres; et que la moitié du contingent américain (844 personnes ou 18,5% de l'ensemble de la population étudiée) se définissait comme noire.

Les chiffres d'efficacité annoncés aujourd'hui étaient que 52 infections au VIH avaient été observées en 6385 années-personnes dans l'étude. Cela équivaut à une incidence annuelle du VIH de 0,81% ou une infection par an pour 123 personnes.

Il y avait 39 infections chez les personnes sous pilules Truvada (1,22% d'incidence annuelle) et 13 infections chez les personnes sous injections de cabotégravir (0,41% d'incidence). Cela signifie qu'il y avait 66% d'infections en moins (pas 69% comme annoncé initialement, en raison d'une infection de plus observée avec le cabotegravir) chez les personnes recevant les injections que les pilules.

L'intervalle de confiance à 95% pour le résultat - l'énoncé du degré de `` flou '' de la constatation - était que, si la même étude exacte était répétée exactement, 20 fois, le résultat dû uniquement à des effets aléatoires serait compris entre 38 % moins d'infections sous cabotegravir à 82% de moins. Le 38% de moins est plus efficace que le 25% d'efficacité qui était le seuil de supériorité. Cela "définitivement et clairement" établit la supériorité des injections, a déclaré le Dr Landovitz.

Il est important de souligner que 66% n'est pas l'efficacité absolue de la PrEP injectable de cabotégravir. Cela signifie qu'il est 66% encore plus efficace que Truvada .

L'une des raisons est que les gens ont du mal à maintenir une adhérence à 100% aux pilules. Dans un sous-ensemble aléatoire de personnes qui ont pris les pilules et dont les niveaux de médicament ont été contrôlés, 75% avaient des niveaux compatibles avec la posologie quotidienne; mais le médicament n'a pas pu être détecté chez 13% des personnes testées, ce qui suggère qu'ils l'ont rarement pris ou ont fait de longues pauses. Les injections et les pilules sont très efficaces en tant que PrEP, si elles sont prises comme prescrit .

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/i ... ical-trial

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 09 Jl 2020 - 05:48
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VIH, une pandémie de 40 ans
Un intitulé qui fait leçon d’histoire. Allait-on verser dans la nostalgie ? Étonnamment non ! La plénière de ce deuxième jour de conférence virtuelle s’est ouverte par une présentation puissante et brillante de Greg Millet, vice-président de l’association Amfar (1), également épidémiologiste et chercheur très réputé dans la lutte contre le VIH. Vêtu d’un tee-shirt noir avec l’inscription Black Lives Matter brodée en blanc avec des noms de personnes noires américaines victimes de violences policières, Greg Millet a débuté sa présentation en évoquant les inégalités d’accès à la santé aux États-Unis. Ce qui devait être un cours d’histoire s’est vite révélé être un ardent plaidoyer pour un système de santé plus juste et égalitaire, qui ne laisse pas sur le côté de la route les minorités les plus exposées au VIH et en particulier les communautés afro-américaine, latinos et LGBT+.

Parmi les obstacles identifiés à cet accès universel, Greg Millet cite les événements inattendus (comme la pandémie de Covid-19), mais il insiste surtout sur les conséquences dramatiques du racisme systémique qui font qu’aux États-Unis les personnes noires sont plus exposées au VIH que les personnes blanches et ont moins d’accès au dépistage et aux traitements (y compris la Prep). Des déterminants sociaux comme le chômage, la perte du logement du fait des expulsions, la gentrification des quartiers ou l’absence de couverture médicale expliquent ces disparités d’accès à la santé. Greg Millet fait d’ailleurs un parallèle entre VIH et Covid-19, en démontrant que parmi les personnes qui sont décédées des suites de la Covid-19, les personnes noires sont représentées de façon disproportionnée par rapport au reste de la population, pour les raisons évoquées plus tôt.

Le chercheur et activiste met également l’accent sur le concept de « minorité dans la minorité ». Ainsi, les personnes issues des communautés noires ou latinos et qui font partie de la communauté LGBT+ sont encore plus exposées au VIH et aux IST et elles ont encore moins accès au système de santé. Greg Millet termine sa présentation sur une note plus optimiste : « Nous pouvons dépasser ces inégalités en santé » défend-il. Il prend l’exemple des vétérans de l’armée américaine, en répétant, par deux fois, que les inégalités en santé entre vétérans blancs et noirs sont quasi inexistantes, grâce à une volonté politique de leur fournir la même couverture médicale.

Il ajoute que le mouvement Black Lives Matter peut et doit jouer un rôle crucial dans la lutte contre les inégalités d’accès aux soins : « Depuis la mort de George Floyd de plus en plus de personnes blanches ont rejoint ce mouvement. L’autre jour, j’étais dans mon ancien quartier à Brooklyn. J’ai été agréablement surpris de voir beaucoup d’habitants rejoindre une marche Black Trans Lives Matter en soutien aux personnes noires et trans ». La convergence des luttes, un nouvel outil de santé publique ? L’avenir nous le dira.

À la fin de son intervention, Greg Millet a fait de nouveau un parallèle entre VIH et Covid-19 : « Les avancées que nous avons accompli dans la lutte contre le VIH sont le résultat d’un travail de proximité entre la communauté scientifique et les communautés directement concernées par le VIH. Pour gagner la lutte contre le VIH et la Covid-19, nous devons nous assurer que les communautés seront au centre de la réflexion ».

Sur Twitter de nombreux-ses activistes qui suivent la conférence en direct sur le web s’enthousiasment de cette présentation inspirante. On espère que Donald Trump était, lui aussi, devant son écran.

VIH, Covid-19 : gare à la collision !
Comme on le voit, l’édition 2020 de cette conférence mondiale a la volonté de ne pas céder à une forme de nostalgie et de ne pas être déconnectée de la réalité sociale du pays où elle se déroule ; un pays, de surcroît, en pleine campagne présidentielle. Elle n’entend pas non plus mettre la poussière sous le tapis, en cachant ce qui ne va pas. Le 6 juillet, Libération publie une interview de Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l’Onusida. Répondant aux questions d’Éric Favereau, elle explique que « le VIH et le coronavirus sont des épidémies qui entrent en collision ». « L’infrastructure, les services, les agents de santé, les laboratoires et les communautés sur le VIH doivent travailler désormais ensemble, contre la Covid-19. Il est important d’intensifier les deux réponses et de le faire en parallèle. Nous ne devons pas retirer les ressources et les services liés au VIH et les remplacer par des services de lutte contre le coronavirus –  les deux doivent être étendus ensemble », développe-t-elle alors, appelant à une réponse commune. Elle se montre moins diserte lorsqu’on lui demande s’il n’y a pas « un risque que le sida cesse d’être une priorité mondiale  ? » se limitant à une formule : « On ne peut pas s’arrêter à mi-chemin (….) L’épidémie n’est pas terminée. La lutte contre le sida doit rester une priorité mondiale ». Reste que cela semble difficile dans le contexte actuel de crise… économique et sociale. On a vu hier que les modélisations sur les conséquences de l’impact de la Covid-19 sur le champ du VIH ouvrent des perspectives inquiétantes. On entend déjà le bruit lancinant d’un manque de fonds pour lutter efficacement contre les grandes pandémies, dont la nouvelle.

Des ruptures s’annoncent
On pensait avoir épuisé, hier, le lot de « mauvaises nouvelles ». Manifestement pas si on en croit l’angle de communication retenu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour cette deuxième journée de conférence : celui de « l’accès aux médicaments contre le VIH (…) gravement perturbé par la Covid-19 alors que la riposte au sida ne progresse plus ». L’équation pour les pays est assez claire, mais pas facile à mettre en œuvre : ils doivent chercher « des moyens novateurs d’atténuer l’impact des perturbations et d’assurer la continuité des services ».

En amont de la conférence, une enquête de l’OMS a été réalisée. Elle fait suite à la fameuse étude de modélisation évoquée hier, réalisée en mai dernier, à l’initiative de l’OMS et de l’Onusida. L’enquête récente pointe le fait que « 73 pays ont signalé qu’ils risquaient de connaître des ruptures de stock d’antirétroviraux (ARV) en raison de la pandémie de Covid-19 » et « vingt-quatre pays ont indiqué que leurs stocks respectifs d’antirétroviraux étaient extrêmement faibles ou que l’approvisionnement pour ces médicaments vitaux était perturbé ». La modélisation avait retenu dans ses hypothèses, celle d’une « interruption de six mois de l’accès aux ARV ». Un tel phénomène pourrait entraîner un « doublement du nombre de décès liés au sida en Afrique subsaharienne pour la seule année 2020 ». Les données récentes estiment qu’en 2019, 8,3 millions de personnes bénéficiaient d’ARV dans les 24 pays qui connaissent actuellement des pénuries. Cela représente environ un tiers (33 %) des personnes qui prennent un traitement contre le VIH à l’échelle mondiale. L’enquête de l’OMS a cherché à comprendre les causes de ces tensions, ruptures, voire pénuries. Il y a d’abord « l’incapacité des fournisseurs à livrer des ARV à temps » et la « fermeture des services de transports terrestres et aériens ». À cela s’ajoute un accès limité aux services de santé à l’intérieur des pays en raison de la pandémie. Autrement dit à une désorganisation internationale s’ajoutent des perturbations nationales de grande ampleur.

« Les conclusions de cette enquête sont très préoccupantes », explique Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, qui n’annonce aucune initiative particulière de son fait, mais développe l’habituel laïus incantatoire de circonstance. « Les pays et les partenaires qui œuvrent en faveur du développement doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que ceux qui ont besoin d’un traitement contre le VIH continuent d’y avoir accès. Nous ne pouvons pas laisser la pandémie de Covid-19 réduire à néant les avancées obtenues de haute lutte dans la réponse mondiale contre cette maladie », explique-t-il. Reste que l’agence onusienne a récemment élaboré des orientations à « l’intention des pays sur la façon d’assurer en toute sécurité l’accès aux services de santé essentiels pendant la pandémie, y compris pour toutes les personnes vivant avec le VIH ou autrement touchées ». Mais on reste sur « du très général », puisque ces orientations incitent les pays à « limiter les perturbations de l’accès au traitement contre l’infection à VIH en délivrant des traitements pour plusieurs mois, suivant une politique selon laquelle les médicaments sont prescrits pour de plus longues périodes, allant jusqu’à six mois ». Début juillet, quelque 129 pays avaient adopté cette politique. Autre solution préconisée : que les pays « atténuent également l’impact des perturbations en maintenant les vols et les chaînes d’approvisionnement, en faisant participer les communautés à la livraison de médicaments contre le VIH et en collaborant avec les laboratoires pour surmonter les difficultés logistiques ».

Enfants : entre progrès et mauvais résultats
En cette deuxième journée, l’accent a également été mis sur l’accès aux soins des enfants et les « nouvelles possibilités de traitement de l’infection » les concernant. Pour cette conférence, l’OMS entend démontrer qu’il est possible de « faire baisser plus vite le nombre de décès liés au VIH dans le monde » en renforçant le « soutien et les services aux populations touchées de manière disproportionnée par l’épidémie, y compris les jeunes enfants ». Si on regarde les chiffres de 2019, on estime qu’il y eu 95 000 décès liés au VIH et 150 000 nouvelles infections chez les enfants. Environ la moitié (53 %) seulement des enfants qui avaient besoin d’un traitement antirétroviral en bénéficiaient. Cela s’explique par l’accès aux traitements difficile dans de nombreux pays, mais aussi au handicap dans la prise en charge qu’est le manque de formulations pédiatriques appropriées ; manque qui empêche d’obtenir de meilleurs résultats pour les enfants vivant avec le VIH. Et rares sont les annonces dans ce domaine. En juin dernier, la FDA (Food and Drug Administration, agence du médicament américaine) a décidé d’approuver une nouvelle formulation de dolutégravir à 5 mg pour les bébés et les très jeunes enfants. L’OMS qui a salué cette annonce, estime que « cette décision permettra à tous les enfants d’avoir rapidement accès à un médicament optimal qui, à ce jour, n’est disponible que pour les adultes, les adolescents-es et les enfants plus âgés-es. D’ailleurs L’OMS s’est engagée à accélérer la préqualification (2) du dolutégravir comme médicament générique afin qu’il puisse être utilisé dès que possible, là où il est utile. L’objectif est d’avoir des versions génériques du dolutégravir disponibles pour les enfants d’ici au début de l’année 2021.

Une bonne nouvelle est que le nombre de nouvelles infections chez les enfants découlant de la transmission verticale du VIH de la mère à l'enfant a chuté de plus de moitié depuis moins de vingt ans. C’est une très bonne chose, mais l'élimination progressive des infections chez les enfants marque une stagnation. « Les objectifs 2018 et 2020 de réduction des nouvelles infections au VIH chez les enfants n'ont pas été atteints », constate le rapport de l’Onusida. Aucun des objectifs de traitement pédiatrique fixés en 2016 n'a été atteint, alors que deux fois plus d'enfants vivant avec le VIH ont accédé à la thérapie antirétrovirale depuis 2010. La couverture du traitement chez les enfants vivant avec le VIH se situe loin derrière celle des adultes dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne où une épidémie de VIH sévit. Et l’Onusida de rappeler que « dans tous les pays, la couverture du traitement des enfants vivant avec le VIH en 2019 n'était que de 53 %, ce qui représente un échec global à fournir des soins vitaux à 840 000 enfants. Les infections verticales, transmission de la mère à l’enfant, diminuent, mais la proportion d'enfants vivant avec le VIH entre 5 ans et 14 ans augmente. On estime ainsi que 840 000 enfants vivant avec le VIH n’étaient pas sous traitement en 2019, 560 000 d'entre eux étaient âgés de 5 à 14 ans.

La conférence poursuit sa route virtuelle. Au menu de la troisième journée une grande plénière sur les facteurs sociaux et leur rôle dans l’épidémie de VIH, notamment au sein des populations clefs. Populations dont le dernier rapport de l’Onusida nous indique qu’elles restent très, très exposées au VIH. Un chiffre frappe d’emblée : les populations clefs et leurs partenaires sexuels-les représentent 62 % des nouvelles infections à VIH dans le monde. Il y sera aussi question du U = U (indétectable = intransmissible ») et de la résilience chez les femmes. Résilience : mot clef retenu pour cette 23e édition.

(1) : L'Amfar (American Foundation for Aids Research) est une des plus importantes fondations dans le monde pour le financement de la prévention et de la recherche médicale. Elle a été fondée en 1985 par Elizabeth Taylor.
(2) : La préqualification des médicaments est un service fourni par l’OMS pour évaluer la qualité, l’innocuité et l’efficacité des produits médicaux. À l’origine, en 2001, l’accent était mis sur les médicaments visant à traiter le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. C’est désormais ouvert à d’autres spécialités médicales.


Un cas inédit de rémission d'un patient séropositif
Des chercheurs-ses ont annoncé qu'un homme vivant avec le VIH, en rémission depuis plus d'un an, pourrait être la première personne adulte à être en rémission sans avoir eu besoin d'une greffe de moelle osseuse. Ces dernières années, deux hommes, baptisés respectivement patient de Berlin et patient de Londres, ont été « guéris » du virus après avoir subi une greffe de moelle osseuse à haut risque, pour traiter un cancer. Une équipe internationale de chercheurs-ses pense avoir identifié un troisième patient qui ne montre plus de signe d'infection après avoir suivi un traitement différent. L’homme en question un Brésilien de 34 ans a été diagnostiqué séropositif au VIH en 2012. Traité initialement avec des antirétroviraux classiques, dans le cadre de l'étude il a reçu deux médicaments antiviraux puissants en plus de son traitement anti-VIH habituel, du maraviroc (Celsentri) et du dolutégravir (Tivicay) ainsi que de la nicotinamide, dérivé de la vitamine B3 ou niacine, pour voir s'ils pouvaient l'aider à éliminer le virus. Après plus de 57 semaines sans traitement anti-VIH, l’homme est resté négatif au test de détection d'anticorps anti-VIH. Le docteur Ricardo Diaz, expert en maladies infectieuses à l'université de Sao Paulo, estime que le patient peut être considéré comme indemne de la maladie. « L'important pour moi est d'avoir un patient qui était sous traitement et qui contrôle désormais le virus sans traitement », explique-t-il à l'AFP. « Nous ne sommes pas en mesure de détecter le virus et il perd la réponse spécifique au virus, si vous n'avez pas d'anticorps, vous n'avez pas d'antigène », ajoute-t-il. Selon Ricardo Diaz, le mode de traitement utilisé par son équipe, qui nécessite des recherches supplémentaires, est une piste plus éthique pour les personnes gravement malades vivant avec le VIH que celle de la greffe de moelle osseuse. Pour Sharon Lewin, directrice du Doherty Institute for Infection and Immunity à Melbourne, les conclusions de Ricardo Diaz sont « très intéressantes », même si « ces données très provocantes doivent faire l'objet d'une analyse plus approfondie », commente-t-elle, prudente.
En effet, plusieurs points de vigilance sont à surveiller pour consolider cette découverte :
- quatre autres patients-es ont reçu le même régime, mais ne sont pas entrés-es en rémission ;
- les chercheurs-ses ne savent pas, à ce stade, quelle(s) molécule(s) spécifique(s), parmi celles utilisées, ont plus particulièrement agi sur la rémission.
- le patient est en charge virale indétectable sans traitement depuis 15 mois, mais il y a eu des cas dans le passé où le VIH est réapparu deux ans après l’arrêt des traitements.
Il faudra donc du temps (minimum deux ans en tout) pour tenter d’établir la preuve d’une « guérison » effective, d’en savoir plus sur le mécanisme d’action et sa reproductibilité possible, mais cette piste demeure intéressante et encourageante notamment par sa simplicité et son accessibilité. Espérons que dans un an le « patient de Sao Paulo » sera toujours en rémission et deviendra la première personne vivant avec le VIH à avoir éliminé le virus avec un traitement « simple ». Ce serait un tournant historique dans la lutte contre le VIH.


Islatravir et doravirine maintiennent la suppression virale
Inhibiteur nucléoside de la transcriptase inverse (INTI), l’islatravir (MK-8591) accompagné de la doravirine (Pifeltro), un inhibiteur non-nucléoside de la transcriptase inverse (INNTI) ont permis un contrôle de la charge virale pendant 48 semaines. Cet essai randomisé et en double aveugle a recruté 121 personnes prenant un traitement anti-VIH pour la première fois. Plus de 90 % étaient des hommes, les trois quarts étaient caucasiens et l'âge médian était de 28 ans. Environ un quart des participants-es avaient une charge virale supérieure à 100 000 copies/ml à l’origine. L’étude comportait deux parties, rappelle le site d’infos aidsmap. Dans la première, les participants-es ont pris une dose d'islatravir (trois doses étaient possibles) avec de la doravirine et de la lamivudine (Zeffix), ou bien trois médicaments combinés en un seul comprimé, Delstrigo (doravirine, ténofovir disoproxil (TDF) et lamivudine), pendant 24 semaines. Dans la deuxième partie, les participants-es du groupe prenant l’islatravir qui avaient atteint une charge virale indétectable (inférieure à 50 copies/ml) ont abandonné la lamivudine et ont continué à prendre les deux autres médicaments (islatravir et doravirine) pendant 24 semaines supplémentaires. Les résultats montrent que la bithérapie (dose optimale : 0,75 mg d’islatravir) faisait baisser la charge virale aussi bien que la trithérapie, avec 90 % des participants-es contre 84 % ayant une charge virale indétectable à 48 semaines. Les chercheurs-ses ont également présenté des données récentes sur les situations d’échec virologique. Ils-elles ont conclu que les taux d'échec virologique étaient faibles et que les participants-es qui en faisaient l'expérience avaient un taux de VIH inférieur au taux cliniquement significatif de 200 copies/ml.

RéférencesOrkin C et al. Analysis of protocol defined virologic failure through week 48 from a phase 2 trial (P011) of islatravir and doravirine in treatment-naïve adults with HIV-1 infection. 23rd International Aids Conference, abstract OAB0302, 2020. DeJesus E et al. Islatravir safety analysis through week 48 from a phase 2 trial in treatment naive adults with HIV-1 infection. 23rd International Aids Conference, abstract OABO305, 2020.



PVVIH et Covid-19 : en sait-on plus ?
Des résultats contrastés ont été présentés, à partir de deux études conduites par des équipes scientifiques à Londres. Les médecins de l'hôpital Guy's et St Thomas (Londres) ont conduit une étude rétrospective dans laquelle ils ont comparé 17 personnes vivant avec le VIH admises à l'hôpital en mars ou avril dernier, avec un résultat positif au test de dépistage du Sars-CoV-2, le virus qui cause la Covid-19, à 50 personnes séronégatives. L’étude avait pour mesure principale le temps écoulé entre l'admission à l’hôpital et l'amélioration (ici, elle était définie comme une amélioration de 2 points sur une échelle clinique de 7 points) ou la sortie de l'hôpital. Comme l’indique le site d’infos aidsmap, après 28 jours de suivi, 82 % des personnes vivant avec le VIH et 74 % des personnes séronégatives au VIH avaient quitté l'hôpital, une différence non significative. Il n'y avait pas de différence entre les deux groupes en ce qui concerne la durée d'hospitalisation, le recours à la ventilation ou la fréquence des complications liées à la Covid-19. Pas non plus de différence concernant le taux de mortalité ou la fréquence d'hospitalisation au-delà de 28 jours entre les deux groupes. Les médecins ont ensuite pris en compte l'âge et d’autres facteurs. Résultat : les personnes vivant avec le VIH ont en fait eu une amélioration plus rapide de leur état de santé ou sont sorties de l'hôpital plus rapidement que les personnes séronégatives ayant les mêmes critères d’âge, etc. Cette première étude indique donc que les personnes séropositives n’ont pas eu de problèmes de santé plus graves après leur admission à l’hôpital avec le Covid-19.
En revanche, des chercheurs-ses King's College Hospital de Londres ont également confirmé des résultats publiés il y a quelques temps montrant que les personnes noires séropositives couraient un risque beaucoup plus élevé d’hospitalisation pour la Covid-19 que les autres personnes séropositives. Les personnes noires séropositives avaient 7,6 fois plus de probabilités d'être admises à l'hôpital que les personnes caucasiennes séropositives.

RéférencesLee MJ et al. Comparative outcomes in hospital admissions with Covid-19 in people living with HIV and people living without HIV: A retrospective study. 23rd International Aids Conference, abstract LBPEB09, 2020.Norcross C et al. Black ethnicity is a risk factor for hospitalization with Covid-19 in people with HIV. 23rd International Aids Conference, abstract LBPEB12, 2020.

https://seronet.info/article/les-vies-d ... tent-88199

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 09 Jl 2020 - 15:36
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Un nouveau test révèle de faibles niveaux d'ADN proviral intact dans les contrôleurs d'élite du VIH

Lors de la 23e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2020: Virtual) cette semaine, une étude pilote qui a utilisé un nouveau test pour mesurer les niveaux de provirus VIH intact (probablement capable de se répliquer) et défectueux dans le réservoir de VIH des contrôleurs d'élite, a montré que ces les individus ont de faibles niveaux de provirus intact. Elle a également montré que ces faibles niveaux d'ADN intact étaient associés à la présence d'allèles HLA protecteurs.

Ces résultats sont importants pour une meilleure compréhension du réservoir de VIH chez les contrôleurs d'élite et, par conséquent, les progrès scientifiques vers une guérison du VIH.

Contexte
Le réservoir de VIH latent est un groupe de cellules infectées par le VIH mais qui ne produisent pas de nouveau virus pendant plusieurs mois, voire des années. Il est établi au stade le plus précoce de l'infection à VIH et persiste malgré le traitement antirétroviral. Dans les contrôleurs d'élite du VIH, qui sont un sous-ensemble de personnes vivant avec le VIH qui contrôlent la réplication du VIH sans prendre de traitement antirétroviral pendant une période inhabituellement longue, la taille du réservoir est limitée.

Cependant, il existe des différences entre les contrôleurs d'élite en termes de degré et de durabilité du contrôle du VIH. L'identification des caractéristiques du réservoir chez les individus ayant un contrôle exceptionnel peut éclairer les stratégies en cours de développement pour guérir le VIH, en particulier les stratégies qui visent à cibler le réservoir latent et à réduire la quantité de provirus suffisamment compétents pour se répliquer.

Les provirus intacts ne produisent pas de particules virales lorsqu'ils sont au repos. Cependant, ils conservent leur capacité à générer de nouveaux virions infectieux en réponse à leur activation et sont donc responsables des rebonds viraux qui suivent les interruptions de traitement.

Les provirus défectueux peuvent également être qualifiés de «incomplets». Pour certains scientifiques, ils sont capables de libérer des protéines virales mais pas de virions infectieux. Pour certains autres, ils représentent collectivement un «cimetière» de virus incompétents, ce qui suggère qu'ils n'ont peut-être pas besoin d'être éliminés dans les stratégies de guérison du VIH.

La recherche liée à la guérison comprend l'identification des niveaux précis de provirus VIH intacts et défectueux et de leurs corrélats biologiques dans de grandes cohortes de contrôleurs d'élite, comme l'explique le Dr Michael Peluso de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF). Afin d'estimer la taille du réservoir d'ADN proviral intact dans les contrôleurs d'élite, y compris ceux avec les niveaux de contrôle les plus élevés, lui et ses collègues ont utilisé un test récemment développé appelé dosage d'ADN proviral intact, ou IPDA.

L'IPDA a le potentiel de mieux performer que ses prédécesseurs pour estimer le réservoir compétent pour la réplication, car il peut détecter un plus grand nombre de provirus intacts, tout en distinguant les intacts des défectueux qui, comme expliqué ci-dessus, sont peu susceptibles d'avoir une importance clinique . Aujourd'hui, il existe plusieurs descriptions de l'utilisation de l'IPDA chez les personnes prenant un traitement antirétroviral suppressif, mais les données sur le dosage dans de grandes cohortes de contrôleurs restent limitées.

L'étude
Dans cette étude pilote, les chercheurs ont «testé le test» dans dix millions de cellules mononucléaires du sang périphérique, communément appelées PBMC, prélevées sur 74 contrôleurs d'élite inscrits à la cohorte UCSF SCOPE. Cette cohorte est une étude observationnelle de personnes vivant avec le VIH, conçue pour fournir des échantillons afin d'explorer de multiples questions sur le VIH-1, telles que la réponse au traitement, le contrôle du virus et l'évolution de la résistance aux médicaments.

Les chercheurs ont également évalué les associations du réservoir mesuré avec la présence d'allèles HLA et avec l'ARN du VIH associé aux cellules.

Les HLA (antigènes leucocytaires humains) sont des molécules reposant à la surface des cellules pour permettre au système immunitaire d'identifier ces antigènes comme étant ceux du corps. Ils ont plusieurs variantes de gènes différentes, appelées allèles, qui permettent un réglage fin du système immunitaire adaptatif. Au fil du temps, la recherche a montré que les contrôleurs du VIH sont protégés des effets du virus par certains allèles HLA: HLA B * 27, B * 57 et B * 58.

Dans ce contexte, l'ARN associé aux cellules fait référence à l'ARN du VIH transcrit à partir de provirus qui sont intégrés à la cellule, pour servir de «moules» pour la synthèse de protéines virales (le codage des protéines virales). Par conséquent, la mesure de l'ARN associé aux cellules peut être utilisée comme marqueur fiable de la réplication persistante du VIH à faible niveau.
Des comparaisons ont été faites entre cette cohorte de contrôleurs d'élite et les non-contrôleurs prenant un traitement antirétroviral suppressif, qui ont également été testés avec l'IPDA.

Résultats
De nombreux participants n'avaient pas de provirus intacts, bien qu'ils en aient des non-intacts. Sur les 74 contrôleurs, 41 (55,4%) avaient des niveaux indétectables de provirus intact, tandis qu'une proportion beaucoup plus faible d'entre eux avaient des niveaux indétectables de provirus défectueux. Ce résultat est probablement dû à la faible charge virale globale de ces participants, ainsi qu'au nombre limité de cellules examinées.

Les contrôleurs d'élite étaient beaucoup plus susceptibles d'avoir des mesures indétectables que les non-contrôleurs.

Lorsqu'ils sont mesurables dans les contrôleurs, les niveaux d'ADN proviral intact avaient une large gamme dynamique, de 10,5 à 3430 copies par million de PBMC. Dans l'ensemble, ils étaient inférieurs aux niveaux de provirus non intact.

Lorsque les contrôleurs ont été comparés à des non-contrôleurs prenant un traitement antirétroviral suppressif, les niveaux moyens de provirus intact étaient plus faibles chez les contrôleurs. Cependant, cet effet était dû au nombre de contrôleurs d'élite avec un provirus intact indétectable. Parmi les contrôleurs qui avaient de l'ADN intact détectable, la fourchette d'estimations était similaire à celle observée chez les non-contrôleurs sous traitement antirétroviral suppressif.

En ce qui concerne la présence d'allèles HLA, les enquêteurs ont constaté qu'ils avaient tendance à se regrouper chez ces participants avec un provirus intact indétectable, ce qui suggère que ces individus peuvent avoir des réponses immunitaires plus puissantes de leurs cellules CD8. Une corrélation a également été trouvée entre l'ADN intact et non intact avec l'ARN du VIH associé aux cellules.

Peluso a résumé les principaux résultats:

• Les contrôleurs Elite avaient un faible niveau d'ADN proviral intact, comparé à l'ADN non intact.
• De faibles niveaux d'ADN intacts étaient associés à la présence d'allèles protecteurs HLA.
Il a également noté que l'étude avait été limitée par la quantité d'ADN entrant disponible pour l'analyse, en raison de la perturbation de la pandémie de COVID-19. Lui et ses collègues reprenaient maintenant leurs expériences avec un plus grand nombre de cellules, qui sont nécessaires pour déterminer si la taille du réservoir de VIH intact a des corrélations cliniquement significatives chez les contrôleurs du VIH.

"Le but de ces efforts est de déterminer si l'IPDA peut être utile pour stratifier les contrôleurs naturels, entre les groupes de réservoirs intacts haut et bas, pour de plus amples recherches", a-t-il déclaré.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/n ... ontrollers

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 09 Jl 2020 - 17:35
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Rémission prolongée d’un homme séropositif brésilien

Un homme de São Paulo, au Brésil, chez lequel on ne détecte plus de VIH, après plus de 15 mois sans antirétroviraux, pourrait être le premier cas de guérison fonctionnelle sans les risques d'une greffe de cellules souches.

Les résultats ont été présentés par le Dr Ricardo Diaz, le chercheur principal de l’étude, au 23ème congrès international sur le SIDA (AIDS2020: Virtuel) qui se déroule cette semaine en ligne.

À ce jour, deux personnes paraissent avoir été guéries du VIH, Timothy Ray Brown ("le patient de Berlin") et Adam Castillejo ("le patient de Londres"). Tous deux ont eu un cancer traité avec une chimiothérapie et ont eu une greffe de cellules souches issues de donneurs largement immunisés contre le VIH. Mais la greffe de cellules souches est trop dangereuse pour les personnes dont la vie n'est pas déjà menacée par un cancer avancé. Les chercheurs se demandent donc si une bonne multithérapie serait une voie plus sûre et moins coûteuse pour atteindre une rémission à long terme ou une guérison.

Dans le cadre d'un essai clinique intitulé SPARC-7, l'homme de 35 ans a ajouté deux antirétroviraux supplémentaires, le dolutégravir (Tivicay), un inhibiteur de l'intégrase, et le maraviroc (Celsentri), un antagoniste du CCR5 ou inhibiteur de l'entrée, à son traitement actuel de trois médicaments. Il a également pris de la nicotinamide, une forme hydrosoluble de niacine, ou vitamine B3. Il a suivi ce traitement expérimental intensifié pendant 48 semaines.

Il a arrêté son traitement antirétroviral en mars 2019 sous étroite surveillance médicale. Plus de 15 mois plus tard, il continue à avoir un ARN VIH indétectable (le matériel génétique viral mesurée dans un test de charge virale) ainsi qu'un ADN VIH indétectable (la forme qui constitue en grande partie le réservoir viral).

Bien qu'il s'agisse clairement d'un cas intéressant, les experts se sont empressés d’inviter à la prudence vis à vis de ce résultat. Il ne s’agit en effet que d’un seul individu. Des tests approfondis pour chercher des traces de VIH dans tout l’organisme de l’homme n'ont pas encore été effectués. Quatre autres personnes traitées avec le même régime médicamenteux n'ont pas maintenu la suppression virale.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/b ... transplant

La PrEP injectable se montre plus efficace que la PrEP par voie orale

La PrEP administrée en injection toutes les huit semaines est plus efficace pour la prévention du VIH que la PrEP par voie orale chez les hommes gays et bisexuels et les femmes transgenres, ont confirmé les chercheurs de l'étude HPTN083 lors du congrès.

Les conclusions de l'étude ont été annoncées il y a deux mois, lorsqu'elle a été interrompue prématurément car il y avait clairement moins d'infections chez les personnes à qui l'on avait proposé la PrEP injectable que chez celles à qui l'on avait proposé la PrEP orale. À l'époque, les chercheurs pouvaient seulement dire que le médicament injectable n’était "pas inférieur" au médicament par voie oral.

Dans sa présentation au congrès, le chercheur principal de l'étude, le Dr Raphael Landovitz, a pu dire que les injections bimensuelles du médicament cabotegravir avaient dépassé un seuil préétabli démontrant leurs supériorités, en termes de prévention du VIH, par rapport aux doses orales d'une pilule combinée de fumarate de ténofovir disoproxil et d’emtricitabine (souvent connue sous le nom de Truvada).

L'étude a recruté 4 566 hommes gays et bisexuels et femmes transsexuelles, qui ont été randomisés pour recevoir soit des injections de cabotegravir plus pilules placebo, soit des pilules Truvada avec des injections placebo. Il y a eu 39 infections chez les personnes ayant pris les pilules (1,22 % d'incidence annuelle) et 13 infections chez les personnes ayant reçu les injections (0,41 % d'incidence). Cela signifie qu'il y a eu 66% d'infections en moins chez les personnes ayant reçu les injections que chez celles prenant les pilules.

On ne sait pas si les infections sont le résultat d'une mauvaise adhésion puisque la concentration médicamenteuse et les données sur la résistance n’ont pas encore été analysées. Les effets secondaires les plus notables étaient une réaction au site d'injection chez les personnes recevant des injections de cabotegravir et une diminution de l’élimination de la créatinine (une mesure de la fonction rénale) chez la plupart des participants dans les deux groupes.

Une étude complémentaire, HPTN084, est en cours parmi 3200 femmes cisgenres dans sept pays d'Afrique subsaharienne et devrait se terminer l'année prochaine.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/i ... ical-trial

Comment encourager les hommes à faire le test de dépistage du VIH?

Des études d'Afrique subsaharienne, présentées au congrès cette semaine, montrent que les hommes peuvent être encouragés à se faire dépister par d'autres hommes et par des services de santé ciblés sur les hommes, mais que lorsqu'ils se rendent dans des établissements de santé, on ne tire pas parti des possibilités de dépistage.

Des études démographiques antérieures montrent que les hommes séropositifs sont systématiquement moins susceptibles d’avoir leur VIH diagnostiqué et de faire un test de dépistage du VIH. Comprendre les facteurs qui encouragent les hommes à faire le test de dépistage, ou à le rendre plus accessible, pourrait contribuer à améliorer le taux de dépistage et le diagnostic chez les hommes en Afrique subsaharienne.

Une équipe de la grande étude PopART a examiné les facteurs qui ont encouragé le dépistage du VIH pendant une campagne de dépistage au porte-à-porte en Zambie. Ils ont constaté que l'acceptation du test était fortement associée à l'acceptation des autres adultes (en particulier les hommes) du foyer.

Une autre étude qualitative réalisée en Zambie, qui portait sur les comportements en matière de santé des hommes âgés de 20 à 34 ans, a révélé que les attitudes à l'égard des soins de santé et du dépistage du VIH étaient conditionnées par la crainte de la stigmatisation et de la discrimination et d'une mort indigne due au sida. Les hommes ont également déclaré ne pas se sentir les bienvenus dans les établissements de santé, ne pas pouvoir se faire soigner par des professionnels de santé masculins et avoir des doutes sur le partage des installations avec les femmes et les enfants.

Au Malawi, les chercheurs ont étudié l'utilisation des établissements de santé par les hommes et le dépistage du VIH. On pense souvent que les hommes sont difficiles à atteindre pour les agents de santé parce qu'ils ne fréquentent pas les établissements de santé.

Bien que 65 % d'entre eux aient fréquenté un établissement de santé l'année précédente et 82 % au cours des deux années précédentes, seuls 7 % ont déclaré s'être vu proposer un test de dépistage du VIH lors d'une visite l'année précédente. L'absence de test était plus prononcée chez les hommes âgés de 15 à 24 ans. Beaucoup d'entre eux (41 %) s'étaient rendus dans un établissement de santé en tant que tuteur. Les chercheurs ont suggéré que les hommes pouvaient donc être atteints et qu’on pouvait leur offrir un test de dépistage pendant ces visites.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/h ... e-hiv-test

Le Biktarvy chez les personnes âgées de 65 ans ou plus

Les personnes âgées de 65 ans ou plus, qui sont passées au traitement à base de Biktarvy en un seul comprimé, avaient une forte probabilité de maintenir une charge virale indétectable, ont rapporté les chercheurs cette semaine.

Maintenant que les personnes séropositives vivent plus longtemps, elles sont plus susceptibles de développer des problèmes de santé supplémentaires et de prendre plusieurs médicaments. Cependant, nous avons très peu de données sur les antirétroviraux chez les personnes âgées de plus de 65ans.

Le Biktarvy, approuvé en Europe en 2018, est une association à dose fixe qui contient l'inhibiteur d'intégrase bictegravir, l'emtricitabine et le ténofovir alafénamide (TAF) - une nouvelle formulation de ténofovir qui a moins d'effets secondaires sur les reins et les os mais qui peut entraîner une augmentation du taux de lipides et un gain de poids.

L'analyse présentée au congrès portait sur 140 personnes âgées de 65 ans ou plus qui sont passées de leur traitement antirétroviral actuel au Biktarvy. Près de 90 % des participants étaient des hommes, la plupart étaient caucasiens et l'âge médian était de 68 ans. De nombreux participants présentaient d'autres problèmes de santé, notamment des taux anormaux de lipides sanguins (59 %), de l'hypertension (55 %), des maladies cardiovasculaires (24 %) et du diabète (22 %).

48 semaines après le passage à Biktarvy, 92 % des participants avaient maintenu la suppression virale et aucun n'a connu d'échec thérapeutique. Le traitement était généralement sûr et bien toléré.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/s ... 65-or-over

Le recyclage du ténofovir est mieux que de passer à la zidovudine en traitement de deuxième intention

Le fait de conserver le ténofovir après l'échec du traitement de première intention plutôt que de le remplacer par de la zidovudine a été associé à une meilleure rétention dans les soins, une meilleure adhésion et une meilleure suppression de la charge virale chez les personnes séropositives en Haïti, ont entendu les délégués cette semaine au congrès.

Les directives de l'Organisation mondiale de la santé recommandent l'utilisation du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) dans le traitement de première intention dans les milieux à ressources limitées. En cas d'échec du traitement de première intention, les lignes directrices recommandent de passer du ténofovir à la zidovudine. Cependant la posologie de la zidovidune avec une prise deux fois par jour et ses effets secondaires en font une option peu attrayante.

Une autre option de deuxième intention consiste à recycler le ténofovir dans le cadre d'une nouvelle association. Les chercheurs ont réalisé une étude rétrospective sur 1017 patients adultes de la clinique VIH GHESKIO d'Haïti dont le traitement de première intention de ténofovir/lamivudine/efavirenz avaient échoué, et qui étaient passés à un traitement de deuxième intention contenant soit du ténofovir, soit de la zidovudine, avec un inhibiteur de protéase.

Les personnes qui ont continué à prendre du ténofovir étaient nettement plus susceptibles d'avoir une charge virale inférieure à 200 copies/ml 12 mois après le changement de traitement. L’adhésion au traitement était également nettement meilleure.

L'analyse des résultats en fonction de l'inhibiteur de la protéase dans le nouveau traitement a montré que les personnes qui ont continué à prendre du ténofovir et qui sont passées à l'atazanavir/ritonavir en une seule prise quotidienne étaient significativement plus susceptibles que les personnes qui sont passées à la zidovudine de continuer les soins, d'avoir une bonne adhésion et d'avoir une charge virale inférieure à 200 copies/ml après 12 mois. En revanche, les personnes qui ont continué à prendre du ténofovir mais qui l'ont pris avec du lopinavir/ritonavir deux fois par jour avaient significativement moins de chances de continuer les soins que les personnes qui sont passées à la zidovudine et l’adhésion au traitement n’était pas meilleure.

Les chercheurs soulignent l’importance des effets secondaires et de la posologie lors du choix d'un traitement de deuxième intention.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/r ... zidovudine

Les infections opportunistes chez les personnes sous traitement anti-VIH en Amérique latine

Les données de six pays d'Amérique latine présentées au congrès montrent que le risque d'infections opportunistes subsiste, même après l'utilisation à long terme du traitement antirétroviral chez les personnes vivant avec le VIH.

Les infections opportunistes sont généralement observées chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli et qui ne suivent pas de traitement antirétroviral efficace.

Cependant, une étude précédente en Amérique latine avait identifié que le délai médian pour le diagnostic de la méningite cryptococcique après l’initiation du traitement antirétroviral était de deux ans. Cette découverte surprenante a conduit les chercheurs à étudier l'incidence des infections opportunistes à déclenchement tardif, définies comme un diagnostic après six mois de traitement antirétroviral.

Les participants à cette étude étaient des adultes séropositifs qui ont commencé un traitement antirétroviral pour la première fois entre 2001 et 2015 en Argentine, au Brésil, au Chili, au Honduras, au Pérou et au Mexique. Sur les 8776 participants, 899 ont eu une infection opportuniste à déclenchement tardif. Après cinq ans sous traitement, environ 8% des participants avaient eu une infection opportuniste à déclenchement tardif.

Les infections les plus courantes étaient les suivantes: tuberculose pulmonaire (40 %), candidose œsophagienne (13 %), pneumonie à pneumocystose (10 %), herpès simplex de plus d'un mois (7,8 %) et candidose disséminée (7,3 %).

Les facteurs associés de manière significative au développement d'infections opportunistes à déclenchement tardif sont: le sexe féminin, le jeune âge et un taux de CD4 plus faible au début du traitement antirétroviral. Les chercheurs recommandent une surveillance plus étroite des personnes présentant ces caractéristiques.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/o ... in-america

D'énormes améliorations dans le dépistage du VIH chez les hommes gays et bisexuels en Nouvelle-Galles du Sud ont été observées, mais certains sont laissés pour compte

Selon une étude présentée lors du congrès, il y a eu une "augmentation extraordinaire des tests de dépistage" parmi les hommes gays et bisexuels en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, depuis 2010. Les hommes gays et bisexuels représentent 80 % de tous les nouveaux diagnostics de VIH en Nouvelle-Galles du Sud et constituent un groupe cible clé pour les interventions de dépistage.

Grâce à de multiples initiatives visant à accroître la capacité et la demande de services, le nombre de tests effectués a augmenté régulièrement à partir de 2012, avec une augmentation annuelle moyenne de 5,8 %. Les tests chez les hommes les plus exposés ont considérablement augmenté, passant d'une moyenne de 1,8 tests par an en 2012 à une moyenne de 4,1 tests par an en 2018.

On estime que le niveau global de VIH non diagnostiqués chez les hommes gays et bisexuels a chuté. Toutefois, si le taux de VIH non diagnostiqués chez les hommes gays et bisexuels nés en Australie est actuellement estimé à moins de 3 %, ce succès ne s'est pas reproduit dans d'autres groupes. Le taux de séropositivité non diagnostiqué chez les hommes nés à l'étranger semble avoir légèrement augmenté, passant de 15,3 % en 2010 à 16,9 % en 2018.

Les interventions suggérées pour lutter contre cette disparité comprennent le renforcement des initiatives communautaires destinées aux hommes gays et bisexuels nés à l'étranger, en particulier celles qui encouragent l'autotest et le dépistage par voie postale. Les obstacles à l'accès à la PrEP - un problème pour les populations noires et migrantes dans un certain nombre de pays - doivent également être résolus.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/h ... roups-left

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 10 Jl 2020 - 05:18
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Les facteurs (sociaux) frappent toujours deux fois…



En barque ou en yacht ?
Cette troisième journée de conférence s’est ouverte par une présentation en plénière de Celeste Watkins-Hayes, sociologue américaine et spécialiste des questions ethniques, de la pauvreté urbaine, de la politique sociale, des classes sociales et de genres et du VIH. Sa présentation visait à démontrer quels sont les principaux facteurs sociaux qui ont un impact sur l’épidémie de VIH/sida et comment les sciences sociales peuvent jouer un rôle dans les problématiques actuelles liées à cette épidémie.

Dès la première minute de son propos, la sociologue parle de l’actualité sociale américaine dominée par les violences policières, le racisme et le mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs-es comptent) comme l’ont fait ses deux prédécesseurs lors des plénières précédentes. Puis tout au long de sa présentation, Celeste Watkins-Hayes utilise une métaphore, illustrée par un montage photo montrant à gauche une petite barque de fortune et à droite un yacht vaste et luxueux. Au sujet de la pandémie actuelle de Covid-19, elle déclare : « Nous naviguons tous en eaux troubles mais, hélas, nous ne sommes pas tous dans le même bateau ».

La chercheuse explique en quoi le concept d’intersectionnalité (1) vient à l’origine, des femmes noires américaines qui ont cumulé au fil du temps les discriminations en raison de leur genre et de leur couleur de peau. Elle cite, plusieurs fois, Kimberlé Williams Crenshaw, une féministe américaine majeure, juriste et professeure à l’Université de droit de Columbia, particulièrement connue pour avoir développé le concept d'intersectionnalité. « Le problème, c’est le racisme pas la race » affirme-t-elle.

Chiffres à l’appui, Celeste Watkins-Hayes explique que 67 % des nouvelles infections au VIH concernent les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) aux États-Unis. Mais quand on regarde ce chiffre de plus près on constate que la vaste majorité de ces HSH est issue des communautés afro-américaine et latinos, les blancs venant loin derrière. Ce cumul de vulnérabilités, ou plutôt d’inégalités (racisme systémique et homophobie) ne fait que les éloigner davantage des systèmes de soins et de prévention (la Prep, par exemple, est encore trop peu utilisée dans ces communautés). Les personnes noires de façon plus globale représentaient 44 % des nouveaux diagnostics aux États-Unis en 2016 alors qu’elles ne représentaient que 16 % de la population totale du pays. Cette disproportion s’explique par des déterminants sociaux comme le lieu d’habitation, l’accès à une couverture médicale plus fragile et des politiques sociales et économiques qui ne favorisent pas les minorités ethniques.

Les femmes, et en particulier les femmes noires, sont elles aussi dans la barque qui peine à avancer. La sociologue souhaite que plus de femmes soient incluses dans les essais cliniques sur le VIH et la Prep, par exemple. Mais selon elle, la clé du succès est de renforcer ce qu’elle appelle le HIV safety net, une sorte de filet de sécurité avec des services sociaux de proximité, des centres de santé communautaires et locaux, un système de protection sociale qui entoure les personnes les plus vulnérables de boucliers de protection contre les inégalités, la précarité et les discriminations. Ce genre de programmes existe déjà, financé entre autres par la fondation Ryan White (2) mais il faut, selon elle, les généraliser.

Elle ajoute que « pour éradiquer le VIH, il faudra une volonté politique en santé publique et des investissements conséquents et pérennes » avant de conclure sur une note poétique et optimiste : « Nous pouvons être les constructeurs de navire. Une marée qui monte fait bouger tous les bateaux, mais certains d’entre nous ont besoin de plus de ressources pour construire des bateaux plus solides. Et nous devons tous calmer les mers ». Une présentation inspirante d’une chercheuse tout aussi inspirante.

Des données clefs
Hier, on rappelait que, dans le document de synthèse des dernières statistiques mondiales sur le VIH, un chiffre frappait d’emblée : les populations clefs et leurs partenaires sexuels-les représentent 62 % des nouvelles infections à VIH dans le monde, en 2019. Si on regarde dans le détail (avec une ventilation par continents ou grandes zones géographiques), on voit que les populations clefs et leurs partenaires sexuels-les représentent 99 % des nouvelles infections à VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale, 97 % des nouvelles infections à VIH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 96 % des nouvelles infections en Europe de l’Est et centrale et en Amérique, 98 % des infections en Asie et Pacifique. Et ce n’est pas tout. Ce sont : 77 % des infections en Amérique Latine, 69 % des infections en Afrique de l’Est et Afrique Centrale, 60 % des infections aux Caraïbes et 28 % des infections en Afrique de l’Est et du Sud.

Le fait est connu, mais le risque de contracter le VIH est nettement plus élevé dans certains groupes. Les données de 2019 indiquent qu’il est 26 fois plus élevé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, 29 fois plus élevé chez les personnes qui s'injectent des drogues et 30 fois plus élevé pour les travailleuses et travailleurs du sexe. Difficile dans le contexte actuel de ne pas remarquer d’ailleurs que les populations clefs se trouvent également très exposées à la Covid et que ce sont les mêmes mécanismes de stigmatisation et de discrimination qui sont à l’œuvre.

Dans son rapport, l’Onusida cite un cas, certes extrême, mais authentique, d’arrestation d’un homme interpellé pour « tentative de meurtre » parce qu’il est retourné au travail après avoir été diagnostiqué positif à la Covid-19. Pas difficile de faire le parallèle avec une réalité subie depuis des décennies par les personnes vivant avec le VIH. Au plan mondial, sur 151 pays produisant un rapport sur la situation du VIH, on note que 92 d’entre eux continuent de criminaliser l’exposition au VIH, sa transmission et le fait de ne pas le dire à un-e partenaire (même si on se protège et qu’on bénéficie de l’effet du Tasp). L’agence onusienne rappelle bien qu’il s’agit de violations des droits des personnes vivant avec le VIH et qu’une des conséquences est « d’entraver les efforts pour contrôler l’épidémie », mais le problème reste entier. Dans les faits, les pressions internationales, les efforts de persuasion des grandes agences mondiales de santé comme ceux, constants, de la société civile ont des effets, mais qui restent encore trop limités. Dans son rapport 2020, l’Onusida note que si « les données les plus récentes extraites d'enquêtes en population indiquent que si les attitudes discriminantes vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH diminuent nettement dans certaines régions, elles augmentent dans d'autres ». Ainsi, en Afrique de l'Est et de l'Ouest, par exemple, les attitudes discriminantes ont atteint des « niveaux historiquement bas » dans certains pays. Ailleurs, une grande proportion d'adultes continue d'adopter des attitudes discriminantes vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. « Dans 25 pays sur 36 ayant produit des données récentes relatives à un indice combinant deux types d'attitudes discriminantes, plus de 50 % des personnes entre 15 ans et 49 ans ont déclaré adopter une attitude discriminante vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH [voir en page 15 de la synthèse du rapport annuel, ndlr]». Il faut le rappeler encore et encore, mais la « crainte de poursuites peut dissuader des personnes vivant avec le VIH ou celles plus exposées au risque de le contracter de prendre ouvertement la décision de consulter des médecins ou une équipe de conseil en révélant leur statut sérologique ou en ayant recours aux services de dépistage du VIH ou de soins ». Cela est d’ailleurs parfaitement documenté dans différentes études (3).

Quand la santé dérape
Documentées aussi les discriminations intrinsèques à certains systèmes de soins. Des enquêtes auprès de personnes vivant avec le VIH confirment que la « stigmatisation et la discrimination dans les établissements de santé prennent fréquemment la forme de déni de soins, d'attitudes méprisantes, de procédures contraintes ou de violation du secret professionnel et médical ». Dans treize pays dont les données sont disponibles (et l’on peut imaginer que c’est aussi le cas pour d’autres), le « pourcentage de personnes vivant avec le VIH ayant déclaré un déni [refus, ndlr] de soins au moins une fois au cours des douze derniers mois en raison de leur statut sérologique va de 1,7 % au Malawi à 21 % au Pérou et au Tadjikistan ». Autrement dit, il y a encore certains systèmes de soins où le fait d’être malade est, en soi, un motif de rejet ! Par ailleurs, les experts-es internationaux notent que les « procédures de santé ou médicales contraintes restent fréquentes, de même que la violation du secret professionnel par le personnel de santé ». C’est signalé par au moins 15 % des personnes dans huit des treize pays présentant des données. Enfin, une « proportion significative de personnes vivant avec le VIH signale aussi l'accès à une thérapie antirétrovirale conditionnée par l'utilisation de certaines formes de contraception ».

TDS et personnes trans… sur la cible
Si toutes les populations clefs sont victimes de discriminations, certains groupes semblent plus exposés que d’autres. C’est notamment le cas des personnes travailleuses du sexe, dont l’activité est très souvent criminalisée. L’affaire est entendue : décriminaliser le travail du sexe constitue un « composant stratégique de sécurisation des droits, de la santé et de la sécurité au travail pour les professionnels-les du sexe ». Décriminaliser le travail du sexe réduit aussi le risque d'infection au VIH, c’est d’ailleurs démontré dans des études de modélisation. Cela éviterait 33 % à 46 % des infections au VIH sur une décennie (4), mais rares sont les pays qui vont dans ce sens.

Situation périlleuse également pour les personnes trans. Elles subissent la convergence croisée de législations punitives et discriminatoires et de politiques restreignant leur liberté, y compris leur autonomie corporelle, leur identité juridique, leur intimité et leur liberté d'expression. Et cela tant au Nord qu’au Sud. Même les pays dits modernes ont de sérieuses lacunes en la matière. Les personnes trans en 2019 étaient criminalisées ou poursuivies dans 19 pays sur 134, rappelle l’Onusida. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la prévalence du VIH (entre autres) dans ce groupe. Les femmes transgenres connaissent un taux de VIH parmi les plus élevés, toutes populations confondues, avec un taux de prévalence atteignant 40 % selon certaines études.

Homophobie et VIH… en hausse de concert
Lors de la conférence, une présentation a été faite concernant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) vivant dans des pays africains qui criminalisent les relations homosexuelles (même consenties). L’étude indique que ce contexte a un impact direct sur la hausse des cas de VIH. L’étude menée par des chercheurs-euses (l’équipe de Carrie Lyons de l’Université Johns Hopkins, États-Unis) indique que les HSH de pays d’Afrique subsaharienne où l’homosexualité est criminalisée courent un risque de contracter le VIH près de cinq fois plus élevé que dans des pays où cette criminalisation homophobe n’existe pas, rappelle le site aidsmap. Paradoxalement, les populations clés, comme les HSH, représentent un faible pourcentage de la population globale… puisqu’elles sont des « minorités », mais elles courent un risque extrêmement élevé d'être infectées par le VIH, avec une « prévalence estimée dans les pays d'Afrique subsaharienne allant de 12 % à 30 % », notent les auteurs-rices de l’étude. « La criminalisation de l'activité sexuelle entre personnes du même sexe constitue un obstacle important pour les HSH lorsqu'ils recherchent des services de prévention et de traitement du VIH », avance l’équipe qui a conduit l’étude. Elle a été menée entre 2011 et 2018 dans dix pays d’Afrique subsaharienne. Des questionnaires socio-comportementaux ont été administrés et des tests de dépistage du VIH ont été effectués auprès de 8 113 hommes d'un âge médian de 23 ans (la moitié avait plus de 23 ans, l’autre moitié moins de 23 ans). Au global : la prévalence était élevée, 19 % des hommes ayant eu un résultat positif au test de dépistage du VIH. L’étude a montré que 8 % des hommes étaient infectés par le VIH dans les pays où l’homosexualité n’était pas criminalisée (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau et Rwanda), contre 20 % dans les pays où elle l’était (Cameroun, Sénégal, Togo, Eswatini (ex swaziland) et jusqu’à 52 % dans les pays où la criminalisation est particulièrement sévère (Gambie et Nigeria).

Références : Lyons, C. Utilizing individual level data to assess the relationship between prevalent HIV infection and punitive same sex policies and legal barriers across 10 countries in Sub-Saharan Africa. 23rd International Aids Conference, oral abstract OAF0403, 2020.

Vous avez la parole !
Lors de la conférence, Pauline Bignon (Plaidoyer, AIDES) a présenté (comme première auteure) un poster sur une mobilisation inédite. Entre 2014 et 2018, AIDES et des associations partenaires de sept pays en Afrique (Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, etc.) et des Caraïbes (République dominicaine) ont développé un projet Droits humains portant sur le renforcement des acteurs-rices de plaidoyer en soutien aux populations clefs. Interview sur ce projet, les avancées qu’il a permises et sur les enjeux du plaidoyer en faveur des droits humains.

Sur quel constat s’est construit ce projet et qu’a-t-il permis d’obtenir comme avancées ?
Pauline Bignon : Le principal constat à l’origine du projet, c’est bien sur la situation d’extrême vulnérabilité des populations clefs dans les pays du projet : particulièrement vulnérables au VIH/sida, mais ayant moins accès à la prévention et aux soins, en raison des discriminations et de la stigmatisation qu’elles subissent. C’est ce cercle vicieux qui a décidé ces sept associations (dont Alternatives Cameroun, ANSS, Revs PLUS, Espace Confiance, Coin, etc.) et AIDES à développer une stratégie « santé et droits », reposant sur le développement du plaidoyer local en faveur des droits des populations clefs. Le projet, en renforçant les dynamiques de plaidoyer Droits humains via des acteurs-rices communautaires, a porté ses fruits dans tous les pays du projet, même ceux aux contextes les plus difficiles pour les populations clefs où elles sont criminalisées et passibles de plusieurs années de prison. Comme au Cameroun, par exemple, où ce commissaire divisionnaire, médecin chef de l’hôpital central de la police de Douala qui, sensibilisé par Alternatives Cameroun, a lui-même formé ses équipes et s’est engagé à recevoir les patients LGBT envoyés par Alternatives à l’hôpital de la police et qui intervient désormais en cas d’arrestation dans son secteur. Au Burundi, les usagers-ères de drogues ont été intégré dans la stratégie nationale de lutte contre le sida et sont mieux pris en charge. En Côte d’Ivoire, un groupe de travail de lutte contre les violences policières faites aux travailleurs-euses du sexe a été mis en place par Espace Confiance, rassemblant… des travailleurs-euses du sexe et des policiers. Au Burkina Faso, Revs PLUS s’est tellement bien positionnée qu’elle coordonne désormais l’élaboration de la future loi relative aux stupéfiants. Et ce ne sont que quelques exemples !

Quelles ont été les principaux obstacles auxquels vous avez été confrontés ? Qui a manifesté le plus de résistance ?
Les obstacles ont été nombreux. Les différents corps de métier ont manifesté de nombreuses résistances, voire de l’indifférence face aux actions et initiatives du projet. Et les réflexes d’hostilité, les stigmatisations quotidiennes envers les populations clefs, ne se déconstruisent pas en quatre ans. Mais finalement, l’obstacle le plus important reste fondamentalement le manque de volonté politique et de considération pour les populations clefs, qui savent quand même mieux que quiconque ce qu’il faudrait faire. Aujourd’hui, dans tous les pays concernés par ce projet et dans tous les pays récipiendaires du Fonds mondial de lutte contre le sida, les autorités dialoguent avec des représentants des populations clefs, notamment lors des réunions des CCM [instances de coordination nationale de la lutte contre le sida, ndrl]. C’est une obligation du Fonds mondial. Mais pourtant, ces représentants-es ne sont pas assez écoutés-es, ne sont pas associés-es aux décisions stratégiques. On continue de penser et de planifier la lutte contre le sida sans eux-elles, de construire des politiques de santé ciblant les populations clefs sans les associer suffisamment, ou pour la forme, à la fin du processus. C’est inacceptable. Ce sont pourtant les acteurs-rices communautaires, les activistes pour les droits, les pairs-es éducateurs-rices, qui sont sur le terrain, qui ont la clé.

Ce projet semblait viser deux objectifs. D’une part, une montée en capacité des personnes représentant les populations clefs dont elles sont issues, pour faire entendre leurs revendications et participer aux décisions les concernant. D’autre part : changer les mentalités des décideurs sur les thématiques portées (usage de drogues, minorités sexuelles, travail du sexe, etc.). L’un est-il plus important que l’autre ?
Les deux enjeux sont essentiels et complétement liés. Il faut soutenir l’empowerment des personnes issues des populations clefs, des activistes et leaders, des associations communautaires pour leur permettre d’être audibles et pris en compte. La montée en capacité permet aussi aux acteurs-rices communautaires d’être plus efficaces : il faut des données objectivant les violations des droits qui les rendent irréfutables, des arguments incontestables, il faut pouvoir dialoguer avec les décideurs, les soignants-es, et faire connaitre ses combats sur les scènes régionales et internationales.

Car qui d’autre que les personnes issues des communautés pour se battre contre la stigmatisation et contre les discriminations ? Bien sûr, ce combat doit être mené avec des alliés-es, des personnalités ou des personnes respectées et écoutées. Mais ce combat vient toujours des communautés et des personnes concernées. Et si elles n’en ont pas les moyens, personne ne le fera à leur place.

Depuis longtemps, le diagnostic est posé que le combat contre les discriminations et plus largement la défense des droits humains est une des clefs du succès de la lutte contre le sida. Cette idée progresse-t-elle suffisamment aujourd’hui ?
Aujourd’hui, plus personne ne peut nier que la lutte pour les droits humains est une stratégie opérante de la lutte contre le sida. Les instances onusiennes, les principaux bailleurs, les acteurs-rices étatiques, tous-tes reconnaissent le caractère incontournable de ce combat. On peut proposer tous les services innovants possibles, la Prep, le dépistage communautaire, la dispensation communautaire des ARV, si les personnes continuent d’être mal reçues dans les centres de santé, si elles continuent de risquer de se faire arrêter, si elles continuent d’être victimes de violences et de craindre pour leur vie, alors tous ces efforts ne servent malheureusement pas à grand-chose. Ce constat nous renvoie à la responsabilité politique. Aujourd’hui, nous savons que le financement du plaidoyer communautaire en faveur des droits fonctionne. Il permet, petit à petit, de renforcer la voix des activistes Droits humains, il permet aux populations clefs de forcer la porte des négociations et décisions les concernant, de mettre les dirigeants-es face à leur contradictions et de transformer leur déclaration en actes politiques. Il faut donc soutenir ces acteurs-rices communautaires à la hauteur des besoins immenses. Il faut veiller à ce que les engagements pris par nos États, par les bailleurs et grands fonds multilatéraux soient respectés. Il faut identifier et lever tous les obstacles qui ralentissent ce soutien. À nous, associations communautaires du Nord… et du Sud de nous en assurer.

Demain, vendredi 10 juillet, se clôt cette 23e conférence mondiale sur le sida, la première qui se sera entièrement déroulée en virtuel. On saura assez vite quel sera le prochain pays hôte de cette conférence biannuelle. La dernière journée de plénières traitera de lourds sujets : les enjeux de la lutte contre le sida, dont la fin de l’épidémie en 2030, la prévention et ses innovations et les questions de financement qui sont au cœur de la réponse aux désormais quatre pandémies mondiales qu’il faut combattre. À suivre.

(1) : C’est un concept employé en sociologie et en politique qui vise à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe, de genre, d’appartenance ethnique, etc. qui peuvent être subies simultanément par une personne ou un groupe.
(2) : Fondation à but non lucratif créée en 1992 par la mère de Ryan White, hémophile décédé des suites du sida en 1990 à l’âge de 18 ans. Elle a pour mission d'accroître la sensibilisation sur le VIH/sida, avec un accent prioritaire sur les hémophiles et sur les familles des malades.
(3) : - Galletly CL, Pinkerton SD. Conflicting messages: how criminal HIV disclosure laws undermine public health efforts to control the spread of HIV. AIDS Behav. 2006 ; 10 : 451-61.
- O’Byrne P, Willmore J, Bryan A, Friedman DS, Hendriks A, Horvath C et al. Nondisclosure prosecutions and population health outcomes : HIV testing, HIV diagnoses, and the attitudes of men who have sex with men following nondisclosure prosecution media releases in Ottawa, Canada. BMC Public Health. 2013 ; 13 : 94. - O’Byrne P, Bryan A, Woodyatt C. Nondisclosure prosecutions and HIV prevention: results from an Ottawa-based gay men’s sex survey. J Assoc Nurses AIDS Care. 2013 ; 24(1) : 81-7.
(4) : Shannon K, Strathdee SA, Goldenberg SM, Duff P, Mwangi P, Rusakova M et al. Global epidemiology of HIV among female sex workers: influence of structural determinants. The Lancet. 2015 ; 385(9962) : 55-71.


Le Biktarvy très efficace chez les personnes âgées de 65 ans ou plus . Les personnes âgées de 65 ans ou plus, qui sont passées au traitement à base de Biktarvy (bictégravir, emtricitabine, ténofovir alafénamide, en un seul comprimé), avaient une forte probabilité de maintenir une charge virale indétectable, ont rapporté les chercheurs-ses cette semaine. « Alors que la proportion de personnes âgées vivant avec le VIH augmente, il est crucial d’adapter les traitements à cette population clé, y compris celles et ceux qui souffrent de pathologies chroniques et qui prennent des traitements associés » précise le Dr Moti Ramgopal du centre de recherche en immunologie de Midway en Floride. « D’ici 2030, nous projetons que 70 % des personnes vivant avec le VIH auront 50 ans et plus dont une majorité qui auront au moins une comorbidité associée au VIH » ajoute-t-il.Le Biktarvy, approuvé en Europe en 2018, est une association à dose fixe qui contient l'inhibiteur d'intégrase bictégravir, l'emtricitabine et le ténofovir alafénamide (TAF) - une nouvelle formulation de ténofovir qui est moins toxique pour les reins et les os, mais qui peut entraîner une augmentation du taux de lipides (graisses dans le sang) et un gain de poids, rappelle le site d’infos aidsmap.L'analyse présentée à la conférence AIDES 2020 portait sur 140 personnes âgées de 65 ans ou plus qui sont passées de leur traitement antirétroviral actuel au Biktarvy. Près de 90 % des participants-es étaient des hommes, la plupart étaient blancs (caucasiens) et l'âge médian était de 68 ans. De nombreux-ses participants-es présentaient d'autres problèmes de santé, notamment des taux anormaux de lipides sanguins (59 %), de l'hypertension (55 %), des maladies cardiovasculaires (24 %) et du diabète (22 %).Quarante-huit semaines après le passage à Biktarvy, 92 % des participants-es avaient maintenu la suppression virale et aucun n'a connu d'échec thérapeutique. Le traitement était généralement sûr et bien toléré.RéférencesRamgopal M et al. Pooled analysis of 4 international trials of bictegravir/emtricitabine/tenofovir alafenamide (B/F/TAF) in adults aged >65 or older demonstrating safety and efficacy: week 48 results. 23rd International AIDS Conference, abstract OAB0403, 2020.

https://seronet.info/article/les-facteu ... fois-88201

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 10 Jl 2020 - 16:47
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Le sofosbuvir et le daclatasvir sont prometteurs comme traitement potentiel contre le COVID-19

L'utilisation de médicaments contre l'hépatite C, le sofosbuvir et le daclatasvir en combinaison avec des soins standard pour traiter les patients atteints de COVID-19, a entraîné de meilleurs taux de récupération de 14 jours et un séjour à l'hôpital plus court, selon les données présentées à AIDS 2020.

« Des études de laboratoire ont montré que Daclatasvir a une activité antivirale contre SAR-CoV-2 et pénètre bien dans les poumons où l' infection Covid-19 peut être concentré, alors que SOFOSBUVIR n'a qu'une activité antivirale marginale, » Andrew Hill, MD , P h D, supérieur chercheur invité au département de pharmacologie de l'Université de Liverpool, a déclaré jeudi lors d'une session. «Si ce traitement s'avère efficace, il pourrait être mis à disposition dans le monde entier en tant que traitement générique bon marché coûtant environ 7 $ par cure de 14 jours.»

Selon Hill, «il y a déjà suffisamment de masse générique produite pour traiter des millions de personnes» si le traitement s'avère efficace dans des essais plus importants.

Pour évaluer l'efficacité de la combinaison de médicaments pour le COVID-19 modéré ou sévère, Hill et ses collègues ont recueilli des données sur les patients atteints de COVID-19 dans quatre hôpitaux universitaires iraniens qui ont reçu le traitement pendant la première vague de l'épidémie. Les patients ont été assignés au hasard à des soins standard (hydroxychloroquine ± lopinavir / ritonavir) avec ou sans sofosbuvir et daclatasvir.

Sur 66 patients évalués dans l'étude, 33 ont reçu du sofosbuvir et du daclatasvir; les autres ont reçu la norme de soins. Les caractéristiques initiales étaient similaires entre les groupes de traitement.

Les résultats ont montré qu'après 14 jours, 29 patients (88%) dans le groupe sofosbuvir et daclatasvir ont atteint une récupération clinique contre 22 (67%) dans le groupe témoin ( P = 0,076). Les patients du groupe sofosbuvir et daclatasvir ont connu une durée d'hospitalisation et un délai médian de sortie plus courts par rapport au groupe témoin (6 vs 8 jours et 6 vs 11 jours, respectivement).

Trois patients du groupe sofosbuvir et daclatasvir sont décédés, contre cinq dans le groupe témoin. Aucun événement indésirable grave n'a été signalé.

"[Malgré] ces résultats encourageants, nous pensons qu'il est trop tôt pour rendre un verdict sur ce traitement", a déclaré Hill. «Nous avons besoin d'études plus vastes et bien conçues pour confirmer nos résultats.»

Selon Hill, les chercheurs ont déjà mis en place un réseau d'essais randomisés pour tester la combinaison de sofosbuvir et de daclatasvir chez plus de 2000 patients atteints de COVID-19 au Brésil. Egypte, Afrique du Sud et Iran. Plus de 2 000 personnes devraient également être inscrites à des essais de prévention testant la même combinaison de médicaments.

Le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony S. Fauci , MD, qui a pris la parole au cours de la session, a déclaré que les résultats de Hill et de ses collègues sont «vraiment intéressants et provocateurs».

"Les informations préliminaires sont vraiment intéressantes, car nous avons désespérément besoin d'un antiviral qui peut être administré tôt dans le cours de la maladie pour empêcher les individus de continuer à nécessiter une hospitalisation", a déclaré Fauci. «J'encouragerais, comme le Dr Hill l'a fait très clairement lui-même, de poursuivre les études à ce sujet pour clouer ce point dans un essai témoin randomisé.»

https://www.healio.com/news/infectious- ... -treatment

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 11 Jl 2020 - 06:20
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AIDS 2020 – ONUSIDA : le COVID-19 a considérablement perturbé les avancées vers l’élimination du VIH en Afrique subsaharienne

• Les personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (PVVIH) et/ou atteintes de la tuberculose (TB) qui résident dans des pays d’Afrique subsaharienne présentent un risque plus élevé de morbidité et de mortalité liées à la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), en raison de perturbations importantes des services de santé/prise en charge du VIH.
• L’avancée vers l’élimination du SIDA d’ici 2030 a été encore plus perturbée par le COVID-19.

• L’objectif est de continuer à renforcer les communications entre les cliniques spécialisées dans la prise en charge du VIH et les patients, et de protéger les chaînes logistique et d’approvisionnement des médicaments contre le VIH et des kits de dépistage.
• Il est également nécessaire de mettre en œuvre des politiques de distribution de médicaments sur plusieurs mois.
• En outre, les PVVIH doivent être considérées comme un groupe à haut risque dans le cadre des réponses au COVID-19.

• Les estimations basées sur la modélisation suggèrent que des perturbations des traitements antirétroviraux (TAR) pendant 6 mois pourraient entraîner plus de 500 000 (intervalle : 471 000–673 000) décès supplémentaires dus à des maladies liées au SIDA (par ex., la TB), entre 2020 et 2021.
• Les interruptions liées au COVID-19 des dispositifs de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pourraient entraîner des augmentations du nombre total de nouvelles infections infantiles de plus de 50 % au Malawi, en Ouganda et au Zimbabwe, et de 83 % au Mozambique.
• Des interruptions des TAR pendant 6 mois chez 20 % des PVVIH devraient entraîner 110 000 décès supplémentaires liés au SIDA.
• Un effet significatif a été observé chez les personnes défavorisées et marginalisées sur le plan socio-économique, et chez les personnes présentant des pathologies sous-jacentes.
• L’analyse préliminaire des données de l’enquête sur la santé (en Afrique du Sud, en Angola, à Haïti, au Malawi, au Mozambique, au Rwanda, en Zambie et au Zimbabwe) démontre que les PVVIH ont des difficultés à respecter les recommandations de distanciation sociale en raison d’une probabilité significativement plus élevée de vivre dans un foyer avec des toilettes partagées et sans radio.
• La circoncision masculine médicale volontaire, la production/distribution de préservatifs, la prophylaxie pré-exposition, le dépistage/traitement du VIH et les autres programmes ont tous été affectés de manière négative.
• Certains pays s’appuient sur le droit pénal pour sanctionner l’exposition et la transmission du COVID-19, ce qui a un impact sur les comportements de recherche de soins dans le cadre du VIH et la divulgation du statut du VIH.
• De grandes proportions de migrants vivant dans des camps présentent également un risque significatif.

« Notre avancée vers l’élimination du SIDA en tant que menace de santé publique d’ici 2030 était déjà perturbée avant l’épidémie de COVID-19. Désormais, la crise pourrait nous retarder davantage », a déclaré Winnie Byanyima, directrice exécutive d’ONUSIDA, dans l’avant-propos du rapport.

Références :

2020 Global AIDS Update ⁠— Seizing the moment ⁠— Tackling entrenched inequalities to end epidemics. Synergies between pandemic responses. Global AIDS Update. UNAIDS. AIDS 2020- 23rd International AIDS Conference. 7 July 2020.

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 12 Jl 2020 - 11:13
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La résilience est la clé d'un vieillissement réussi avec le VIH

Le vieillissement avec le VIH a été souligné cette semaine comme un thème important lors de la 23e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2020: Virtual). Grâce à un meilleur accès à des traitements efficaces dans le monde, les personnes vivant avec le VIH vivent beaucoup plus longtemps que jamais auparavant. On estime qu'en 2030, 70% des personnes vivant avec le VIH auront 50 ans ou plus.

Cependant, ces améliorations de l'espérance de vie soulèvent de nombreuses questions. Parmi celles-ci, quelles sont les expériences des personnes qui vieillissent avec le VIH et à quoi ressemble un vieillissement «réussi» avec le VIH? Les recherches présentées lors de la conférence virtuelle de cette année ont exploré ces questions en identifiant les principaux défis et facteurs de protection liés au vieillissement avec le VIH.

Défis liés au vieillissement avec le VIH
Les résultats de l'étude longitudinale Living Positive in Queensland en Australie ont été présentés par Chris Howard de Queensland Positive People. Cette étude qualitative a rassemblé les données de plus de 200 entretiens sur une période de trois ans avec une cohorte de 73 personnes vivant avec le VIH âgées de 34 à 75 ans (les deux tiers avaient plus de 50 ans). Soixante-deux hommes ont participé et près des deux tiers des participants vivent avec le VIH depuis 15 ans ou plus. La plupart des participants touchaient une pension d'invalidité et vivaient dans des logements sociaux ou des logements locatifs. La majorité a signalé des comorbidités telles que des cancers, des maladies cardiaques, du diabète ainsi que des problèmes de santé mentale et cognitifs.

Les entretiens annuels des participants sur trois ans ont permis aux chercheurs de mieux comprendre les expériences vécues complexes au fil du temps et comment les personnes âgées vivant avec le VIH s'adaptent aux défis sanitaires, sociaux et de prestation de services.

Un défi central mis en évidence par les participants était un sentiment d'invisibilité qui accompagnait le vieillissement avec le VIH. L'une des raisons en est la forte approche biomédicale du VIH qui tend à mettre l'accent sur la réalisation de la santé physique et l'absence de maladie en prenant un traitement antirétroviral, mais néglige d'autres aspects du bien-être général.

L'isolement social a contribué à des sentiments d'invisibilité et a été exacerbé par la stigmatisation liée au VIH et une mauvaise santé. La pression liée à la gestion du VIH chronique et des comorbidités signifiait également que les participants avaient de multiples fardeaux invisibles nécessitant une attention continue. Les sentiments d'invisibilité étaient exacerbés par une discrimination plus large fondée sur l'âge, souvent répandue dans les communautés gays et parmi les personnes vivant avec le VIH.

«Votre voix en tant qu'ancien à long terme n'est pas acceptable pour parler de cette horrible expérience vécue… [Dans un contexte de plus en plus biomédicalisé] ce qui pour moi en tant que vue beaucoup plus large et nuancée de la façon dont je vis mon VIH n'est plus écouté , qu'il est séparé d'un programme gay. "

Les participants se sont dits préoccupés par les nombreuses incertitudes qu'apporte le vieillissement avec le VIH. On s'inquiétait du rôle que le VIH jouerait à mesure que l'âge progressait et si des changements pouvaient être attribués au déclin général lié à l'âge ou au virus lui-même. Le rôle des déterminants sociaux de la santé, tels que le revenu et le logement, a également été souligné.

«Est-ce que mon VIH a épuisé mon corps tôt ou est-ce que je souffre juste de la vieillesse? … J'ai toujours cru que je m'épuiserais probablement plus tôt à cause du VIH et de ses effets sur le système immunitaire. Alors quand j'ai remarqué ces signes de vieillards, si je peux les appeler ainsi, ça me fait un peu flipper un peu… »

"Même si j'ai vécu jusqu'à 70 ans ... c'est long à vivre si vous avez juste assez de revenus pour payer l'épicerie de base et le loyer et rien d'autre."

Les craintes fréquemment exprimées par les personnes âgées dans la population en général, telles que la perte possible de la liberté d'action et du contrôle, ont également été soulevées. Les participants ont déclaré qu'ils ne voulaient pas imposer de fardeau aux autres ou au système de santé s'ils perdaient leur indépendance. En plus des préoccupations générales concernant les établissements de soins en établissement, les participants ont également exprimé des préoccupations concernant la stigmatisation et la discrimination liées au VIH et si le personnel serait équipé pour répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH. Pour certains, le non-respect ou le refus du traitement du VIH a été considéré comme un plan de secours pour éviter la perte d'autonomie et d'agence.

«Je ne veux pas arriver à un stade où les gens doivent essuyer mes fesses et c'est le moment de vérifier. Je n'ai pas de filet de sécurité… Je sais que si les choses deviennent insupportables, il y a une sortie… si je peux juste arrêter quelques comprimés. Ce n'est qu'une trappe d'évasion si les choses deviennent insupportables. »

Facteurs de protection

Les participants ont également identifié des facteurs qui pourraient protéger contre le déclin lié à l'âge et donner un sens à leur vie en vieillissant avec le VIH. Celles-ci étaient fortement liées à l'acceptation de son statut, ses liens sociaux et communautaires, le partage d'expériences de vie et de vieillissement avec le VIH, le bénévolat et le désir de se sentir utile.

"Donc, quand vous l'acceptez, c'est tellement plus facile ... Et c'est ce que j'aimerais faire avec mon rôle de conférencier positif, pour pouvoir me tenir devant les gens [avec le VIH] ... et leur donner de l'espoir."

Au lieu de considérer le vieillissement avec le VIH uniquement comme une préoccupation de l'individu, il a été considéré en termes de ses aspects relationnels et sociaux et comment une personne âgée vivant avec le VIH pourrait être un membre apprécié d'une communauté.

La notion de résilience, ou la capacité de se remettre avec succès des revers, est importante lorsque l'on considère le vieillissement avec le VIH. En faisant face aux défis sanitaires et sociaux auxquels ils sont confrontés lorsqu'ils vieillissent avec le VIH, les participants de cette cohorte ont montré la capacité de développer une résilience qui pourrait les aider à relever les défis futurs et à garder espoir.

«Je pense juste trouver quelque chose à aimer et quelque chose à être passionné et si vous avez cela dans votre vie, alors vous voudrez continuer. Certaines personnes sont tellement faciles à abandonner ou à ne jamais changer - «Je ne peux pas le faire», «Je ne peux pas le faire». Oui, vous pouvez, vous pouvez - mais vous ne saurez pas avant d'essayer. »

Cependant, de nombreux services de soutien au Queensland ont été touchés par des coupures de services. La perte de ressources communautaires peut être préjudiciable aux personnes âgées vivant avec le VIH en raison du rôle protecteur qu'elles jouent.

Le rôle de la résilience dans le vieillissement avec le VIH a également été exploré dans une recherche présentée par le Dr Renato Liboro et ses collègues du Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto, au Canada. Cette étude a utilisé une approche basée sur les forces pour mieux comprendre combien d'hommes âgés séropositifs ayant des relations sexuelles avec des hommes ont développé une résilience au vieillissement avec le VIH non seulement en survivant à ses impacts cliniques et sociaux, mais aussi en s'épanouissant et en vivant une vie pleine de sens .

Des entrevues ont été menées auprès de 41 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vivant avec le VIH en Ontario, âgés de 40 ans ou plus (âge moyen = 54). La plupart des hommes identifiés comme gays (73%) et 41% étaient blancs. Les hommes noirs (20%), asiatiques (17%) et autres hommes racialement divers étaient également représentés dans l'étude.

Trois grands domaines ont émergé comme contributeurs à la résilience: les ressources, les facteurs de protection et les forces personnelles.

Les ressources, telles que les organisations et événements communautaires, les centres de santé et les programmes de réduction des méfaits, pourraient être utilisées par les hommes en cas de besoin et offrir des espaces sûrs et inclusifs.

«Mon médecin est le meilleur! Il est très compétent. Il fait tout son possible pour m'expliquer les choses, et il me construit… »

Des exemples de facteurs de protection comprenaient les membres de la famille et les amis de longue date, les informations sur le VIH, les relations sexuelles significatives, le bénévolat dans les organisations de lutte contre le sida et le militantisme.

«Mes plus chers amis les plus âgés… ils sont ma famille choisie. Je ne serais pas arrivé si loin sans leur soutien. »

Les forces personnelles comprenaient des qualités telles que la proactivité, la persévérance (comme trouver le bon médecin) et la conscience de soi.

«J'ai pris ma vie en main, j'ai pris soin de ma santé… j'ai pris les bonnes décisions.»

Conclusion :

Ces études fournissent des informations précieuses sur la vie des personnes vieillissantes vivant avec le VIH. Ils situent le vieillissement dans un contexte biosocial au lieu d'utiliser une approche biomédicale étroite qui a le potentiel d'éclipser les systèmes communautaires de soins sociaux. Les chercheurs ont identifié les structures de soutien social comme de précieux mécanismes de protection pour les personnes vieillissantes vivant avec le VIH. Il existe un besoin de programmes fondés sur les forces visant à développer la résilience afin de garantir que les personnes vieillissantes vivant avec le VIH soient mieux à même de relever les défis et de se remettre des revers.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/r ... ageing-hiv

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 12 Jl 2020 - 11:27
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Des études à New York examinent les résultats du COVID-19 et la fonction immunitaire chez les personnes vivant avec le VIH

Les personnes vivant avec le VIH ont passé autant de temps à l'hôpital que les patients COVID-19 séronégatifs et ont eu un taux de mortalité comparable au plus fort de l'épidémie à New York, mais elles étaient plus susceptibles d'être placées sous respirateurs, selon une étude présentée aujourd'hui à la 23e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2020: Virtual) .

Une étude connexe a montré que les personnes vivant avec le VIH avaient des niveaux d'inflammation plus élevés, ce qui indique qu'elles sont capables de développer une forte réponse inflammatoire au nouveau coronavirus et restent à risque de COVID-19 sévère malgré la prise d'un traitement antirétroviral (ART).

Les études ont généralement révélé que les personnes vivant avec le VIH ne sont pas plus susceptibles de contracter le coronavirus (connu sous le nom de SRAS-CoV-2) que leurs homologues séronégatives, et qu'elles ne développent généralement pas de maladie plus grave ou ont un risque de décès plus élevé. Une exception est une étude d'Afrique du Sud qui a constaté une augmentation de la mortalité due au COVID-19 chez les personnes séropositives.

Étant donné que les personnes vivant avec le VIH semblent avoir un risque similaire de contracter le SRAS-CoV-2 et de développer une maladie grave malgré un certain degré de suppression immunitaire, certains experts et défenseurs ont suggéré que les antirétroviraux pouvaient avoir un effet protecteur. Cependant, les études sur les effets des médicaments anti-VIH sur les résultats de COVID-19 ont jusqu'à présent donné des résultats mitigés .

Résultats de COVID-19 dans le Bronx
Le Dr Viraj Patel de l'Albert Einstein College of Medicine et du Montefiore Health System dans le Bronx, à New York, a mené une étude de cohorte rétrospective sur des personnes séropositives et non séropositives qui ont été testées PCR positives pour le SRAS-CoV-2 lors de leur hospitalisation entre le 10 mars et le 11 mai. 2020. Montefiore est le plus grand fournisseur de soins du VIH dans le Bronx, desservant plus de 4000 personnes vivant avec le VIH dans quatre hôpitaux et 21 cliniques de soins primaires.

Situé au nord de Brooklyn et de l'autre côté de la rivière depuis Manhattan, le Bronx a une population largement afro-américaine et latino-américaine. Plus d'un tiers des résidents sont nés en dehors des États-Unis et 30% vivent dans la pauvreté - parmi les taux les plus élevés aux États-Unis. Le Bronx était l'un des épicentres de l'épidémie de COVID-19 à New York, qui était la pire aux États-Unis et parmi les pires au monde, avec plus de 300 hospitalisations par jour au plus fort début avril.

Les chercheurs ont étudié la durée des séjours à l'hôpital, l'intubation et la ventilation mécanique pour l'assistance respiratoire, le développement de lésions rénales aiguës et la mortalité. L'analyse n'a pas tenu compte de l'utilisation de traitements COVID-19 tels que le remdesivir ou les stéroïdes.

L'analyse a inclus 100 personnes séropositives et 4513 personnes séronégatives. Un peu plus de la moitié étaient des hommes et l'âge médian était respectivement de 62 et 65 ans. Environ 40% étaient noirs, une proportion similaire était latino-américaine et 6% étaient blancs. La plupart étaient sous Medicaid (couverture pour les personnes à faible revenu) ou Medicare (couverture pour les personnes âgées), avec seulement 15% environ ayant une assurance maladie privée.

Parmi les personnes vivant avec le VIH, 94% avaient reçu un TAR et 81% avaient une charge virale supprimée (inférieure à 40 copies / ml). Cependant, environ un sur cinq avait un compte de CD4 inférieur à 200 cellules / mm 3 , reflétant une suppression immunitaire avancée.

Les chercheurs ont constaté que la plupart des résultats ne différaient pas entre les patients séropositifs et séronégatifs, y compris la durée du séjour à l'hôpital (cinq jours dans les deux groupes), les taux de lésions rénales aiguës ou la probabilité de décès pendant l'hospitalisation (22% contre 24 %, respectivement).

Cependant, les personnes vivant avec le VIH avaient un taux d'intubation et de ventilation mécanique plus élevé - 21% contre 14%, ce qui correspondait à un risque environ 50% plus élevé - mais la différence est tombée juste en deçà du seuil de signification statistique.

Fait intéressant, l'étude a révélé que la probabilité d'intubation et de décès à l'hôpital était plus élevée pour les personnes souffrant de suppression virale que pour celles atteintes d'un VIH non contrôlé. En fait, aucune personne infectée par le VIH n'a eu besoin d'intubation ou n'est décédée. Les personnes ayant une charge virale VIH détectable ont passé un peu plus longtemps à l'hôpital (sept vs cinq jours). Mais ce groupe ne comprenait que 15 personnes, il est donc difficile de tirer des conclusions définitives.

Dans une autre découverte inattendue, un taux de CD4 plus élevé avant l'hospitalisation était associé à une plus grande probabilité d'intubation, mais aucune différence de durée de séjour ou de risque de décès n'a été observée.

"L'observation d'aucune intubation ou décès parmi les personnes vivant avec le VIH sans suppression virale mérite un examen plus approfondi", ont conclu Patel et ses collègues.

Caractéristiques immunologiques
Dans une étude distincte, le Dr John Hsi-en Ho de la Icahn School of Medicine de Mount Sinai à New York a examiné les caractéristiques cliniques et immunologiques des personnes séropositives atteintes de COVID-19.

Le VIH est caractérisé par une inflammation chronique et divers degrés de dysfonctionnement immunitaire même chez les personnes sous TAR efficace, a noté Ho en arrière-plan. COVID-19 est également associé à une fonction immunitaire anormale, y compris de faibles niveaux de lymphocytes.

Cette analyse rétrospective a inclus les données des dossiers médicaux de 93 personnes séropositives vues dans cinq services d'urgence de New York entre le 2 mars et le 15 avril 2020 qui ont été testées positives à la PCR pour le SRAS-CoV-2.

Ici, 72% des membres de la cohorte étaient des hommes, 41% étaient noirs, 31% étaient latinos, 23% étaient blancs et l'âge médian était de 58 ans. Cette étude n'avait pas de groupe témoin séronégatif pour la comparaison.

Les participants avaient un nombre de CD4 de 554 cellules / mm 3 avant le diagnostic de COVID-19 et un nadir ou le niveau le plus bas de 320 cellules / mm 3 . Presque tous étaient sous TAR, dont 70% qui utilisaient du fumarate de ténofovir disoproxil ou du ténofovir alafénamide et 14% qui utilisaient les inhibiteurs de la protéase atazanavir ( Reyataz ), darunavir ( Prezista ) ou lopinavir / ritonavir ( Kaletra ) - médicaments qui, dans certaines études, ont montré une activité contre SARS-CoV-2. Plus de 80% avaient une charge virale indétectable (inférieure à 50 copies / ml).

Lors de leur présentation à l'hôpital, les personnes séropositives atteintes de COVID-19 présentaient de faibles taux de lymphocytes totaux et une diminution du nombre de lymphocytes T CD4. En revanche, les niveaux de divers marqueurs inflammatoires étaient élevés. La protéine C-réactive (CRP), le fibrinogène et le D-dimère (un marqueur de coagulation sanguine) étaient tous au-dessus de la limite supérieure de la normale.

Les participants avaient également des niveaux beaucoup plus élevés que la normale des cytokines interleukine 6 (IL-6), IL-8 et facteur de nécrose tumorale alfa, mais pas IL 1b. Des niveaux excessifs de cytokines - connus sous le nom de tempête de cytokines - sont l'une des caractéristiques d'une maladie grave à COVID-19 qui entraîne des dommages aux poumons et à d'autres organes.

En examinant les différences entre 19 personnes séropositives décédées du COVID-19 et 53 personnes séropositives qui se sont rétablies, celles qui sont décédées avaient des taux de lymphocytes totaux significativement inférieurs à ceux des survivants. Ils avaient également des niveaux de crête significativement plus élevés de CRP, IL-6 et IL-8.

Cependant, il n'y avait pas de différence en fonction du prédiagnostic, du nombre actuel ou nadir de CD4, qu'ils aient ou non un indice indétectable de VIH, d'âge, de sexe ou de masse corporelle. D'autres études sur des populations séronégatives ont révélé que l'âge avancé, le sexe masculin, l'obésité et d'autres comorbidités sont associés à un COVID-19 plus sévère et à une mortalité plus élevée.

"Un sous-ensemble de personnes vivant avec le VIH est capable de développer des réponses inflammatoires profondes qui ont été corrélées avec de mauvais résultats chez les personnes sans VIH", ont conclu les chercheurs. "Ces résultats soulèvent des inquiétudes quant au fait que les personnes vivant avec le VIH restent à risque de manifestations sévères de COVID-19 malgré le TAR, et qu'une dysrégulation immunitaire chez un sous-ensemble de personnes vivant avec le VIH pendant l'infection est associée à de moins bons résultats."

Ho a noté que le dépistage des coronavirus était limité pendant cette période et avait tendance à être réservé aux patients plus malades, ce groupe n'est donc pas représentatif de toutes les personnes séropositives atteintes de COVID-19. De plus, la proportion de personnes souffrant de suppression du VIH était élevée, il n'a donc pas été possible de faire une comparaison informative entre celles avec et sans charge virale détectable.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/n ... people-hiv

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 12 Jl 2020 - 11:56
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Thérapie génique ou immunothérapie: quelle approche est la plus susceptible de guérir le VIH?

Au milieu de la spéculation qu'un traitement antirétroviral cinq médicaments et nicotinamide aurait pu guérir le VIH dans un seul homme, les chercheurs se sont demandé si la thérapie génique ou l' immunothérapie est plus susceptible de conduire à un traitement du VIH qui peut être administré à des millions au cours du SIDA 2020 Cure pré-conférence dernière la semaine.

Un remède contre le VIH peut prendre deux formes, soit un traitement ou une procédure qui peut éradiquer le virus de l'organisme, soit un traitement qui permet de garder le virus sous contrôle sans avoir besoin de médicaments antirétroviraux - rémission, dans le jargon du terrain.

L'éradication du VIH est difficile car le virus insère son ADN dans des cellules à longue durée de vie dans le corps où il peut rester dormant pendant des décennies - le soi-disant réservoir du VIH. Tout ce virus doit être trouvé, activé et purgé, mais les présentations à AIDS 2020 montrent que le réservoir est plus complexe que prévu.

Le VIH est distribué dans de nombreux tissus du corps, pas seulement dans les cellules du sang ou des ganglions lymphatiques, selon une étude d'autopsie des National Institutes for Allergy and Infectious Disease des États-Unis. Il est difficile de prédire quels tissus sont les réservoirs les plus importants, car la petite étude a montré une grande variation entre les individus.

En outre, le travail normal des cellules de mémoire CD4 - activation et prolifération en réponse aux agents pathogènes - conduit inévitablement au clonage de cellules contenant de l'ADN du VIH et à une augmentation de l'ADN du VIH intact capable de produire de nouveaux virus au fil du temps, Bethany Horsburgh du Centre australien de recherche sur les virus de Bethany au Westmead Institute for Medical Research rapporté.

Même le traitement antirétroviral très précoce semble incapable d'arrêter le développement d'un réservoir qui peut soutenir l'infection SIV dans le corps, a déclaré le Dr Henintsoa Rabazantahary de l'Université Laval du Canada à la conférence. Son étude sur les macaques a commencé à traiter certains animaux quatre jours après l'infection, soulignant la rapidité avec laquelle un réservoir intraitable est établi.

Ces résultats soulignent l'importance d'approches pour guérir le VIH qui vont au-delà des schémas «choc et tuer» conçus pour activer les cellules infectées par le VIH, qui ont montré des résultats décevants pour vider le réservoir.

La thérapie génique pour éradiquer le VIH ou l'immunothérapie pour contenir le VIH sont à l'étude comme approches potentielles, mais laquelle est plus susceptible de réussir? La semaine dernière, deux éminents chercheurs sur la guérison ont débattu des mérites de ces approches lors d'un atelier pré-conférence sur la guérison du VIH.

Le professeur Sharon Lewin, directeur du Doherty Institute of Infection and Immunity de l'Université de Melbourne, soutient que la thérapie génique est plus susceptible de fournir un traitement contre le VIH que les approches immunothérapeutiques visant la rémission à long terme du VIH. La preuve de concept pour une approche de thérapie génique existe déjà, a-t-elle déclaré, sous la forme des patients de Berlin et de Londres, Timothy Brown et Adam Castellijo, qui ont été guéris du VIH après des transplantations de cellules souches de donneurs avec la mutation CCR5 delta 32 qui confère une résistance à l'infection par le VIH des cellules.

La thérapie génique peut être utilisée contre plusieurs cibles pour concevoir une protection contre l'infection par le VIH des cellules, pour purger le virus des cellules infectées et renforcer les défenses immunitaires qui attaquent le VIH.

Mais le grand défi de la thérapie génique est de développer une approche qui n'exige pas que des cellules soient retirées du corps pour une édition de gènes en laboratoire. Presque toutes les études de thérapie génique en cours utilisent cette approche `` ex vivo '' , qui récolte les cellules, les modifie en laboratoire et les renvoie ensuite au corps du patient. Bien que l' approche ex vivo ait déjà fait ses preuves, à la fois pour l'immunothérapie contre le VIH et le cancer utilisant des cellules CAR T, elle est coûteuse et nécessite un équipement de laboratoire de pointe.

L'alternative, la thérapie génique in vivo , nécessiterait des nanoparticules ou un vecteur tel que l'adénovirus pour délivrer le gène édité aux cellules. Une étude a déjà montré qu'il est possible d'obtenir une production soutenue d'un anticorps largement neutralisant contre le VIH, VRC07 , en utilisant un vecteur adénovirus pour délivrer un gène d'anticorps .

L'élimination des cellules souches hôtes, réalisée dans le cas des patients de Berlin et de Londres grâce à une chimiothérapie exténuante avant les greffes de moelle osseuse, pourrait bientôt être possible grâce à des anticorps-médicaments conjugués qui cibleraient les cellules souches, a suggéré Lewin.

Le professeur John Frater de l'Université d'Oxford considère que l'immunothérapie est plus susceptible de fournir une rémission à long terme. Il a fait valoir que la thérapie génique est encore largement non prouvée dans tous les domaines et la sécurité à long terme de la thérapie génique n'est pas encore claire. En revanche, les immunothérapies sont déjà utilisées pour traiter des cancers tels que le mélanome et le lymphome, ainsi que la polyarthrite rhumatoïde. Les contrôleurs élites du VIH, ou les non-progresseurs à long terme, offrent également la preuve que le système immunitaire peut contrôler le VIH dans certaines circonstances.

"L'immunité est la meilleure machine que vous puissiez imaginer - elle a eu des millions d'années de R & D, nous devons donc l'utiliser et en tirer le meilleur parti", a-t-il déclaré. «Ne confondez pas l'échec des vaccins en tant que drapeau rouge pour l'immunothérapie». Un vaccin doit cibler un virus à mutation rapide et à réplication rapide, tandis qu'une immunothérapie cible un antigène stable qui est moins susceptible de muter - les cellules dans le réservoir du VIH. "Nous devons y penser plus comme une stratégie contre le cancer que l'infection", a-t-il déclaré.

Les anticorps largement neutralisants représentent une voie prometteuse de recherche immunologique, avec la vaccination thérapeutique ou anti-PD1 pour activer les défenses de l'hôte épuisées, a déclaré le professeur Miles Davenport du Kirby Institute of Immunity & Infection, Australie, lors d'un symposium sur les nouvelles stratégies de guérison.

Mais il a averti que nous ne comprenons toujours pas comment le contrôle immunitaire est lié au rebond viral et combien le réservoir de VIH pourrait avoir besoin d'être réduit pour rendre le contrôle immunologique du VIH viable. Ce qui pourrait surmonter ce défi, a-t-il suggéré, serait des approches de thérapie génique qui pourraient rendre 90% des cellules résistantes à l'infection. La modélisation par son groupe de recherche suggère que ce niveau de transduction des cellules limiterait considérablement le rebond viral, permettant un contrôle immunologique du VIH.

En résumé, il ne s'agit peut-être pas de choisir entre la thérapie génique ou l'immunothérapie, mais d'utiliser les deux approches pour obtenir une rémission du VIH.

https://www.aidsmap.com/news/jul-2020/g ... r-cure-hiv

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 12 Jl 2020 - 22:44
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AIDS2020: La pandémie de Covid-19 menace la lutte contre le VIH-Sida selon l’ONU (RFI 9/7/20)

Depuis lundi 6 juillet se tient la 23e Conférence de la Société internationale sur le sida et cette année, deux journées (les 10 et 11) sont consacrées à la crise du Covid-19. Alors que le monde a le regard focalisé sur le nouveau coronavirus, les autres maladies continuent à faire des victimes. C’est le cas du sida. L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus touché du globe avec 7 millions de personnes vivant avec le VIH, le virus qui cause le sida, soit 12% de la population. C’est aussi en Afrique le pays le plus touché par le Covid-19 avec près de 216 000 cas détectés et 3 500 morts à ce jour. Selon l’Onusida, la lutte contre le coronavirus risque de mettre à mal les efforts entrepris contre le sida. L’agence des Nations unies craint en effet un regain de la mortalité liée au VIH.

L’impact du coronavirus sur les malades du sida est multiple… Le professeur Helen Rees, directrice de l’Institut de santé reproductive et VIH de l’université du Witwatersrand à Johannesburg, explique d’abord que l’accès aux soins est plus difficile. « En Afrique du Sud, nous avons vu comme ailleurs, que pendant le confinement qui a été ici très strict et très précoce, les gens ont arrêté de se rendre dans les centres de soins. Ils craignaient d’être exposés au Covid-19 et ça veut dire que des patients ont donc arrêté de prendre leurs traitements. »

En effet, selon une étude réalisée dans le pays, les séropositifs sont plus vulnérables au coronavirus. Ils auraient 2,5 fois plus de risque de mourir du Covid-19, ce qui est inférieur à d’autres facteurs de risques comme l’âge, le diabète ou l’obésité, mais reste non négligeable. Et selon les données récoltées par Médecin sans Frontière (MSF) dans la petite ville d’Eshoe dans la province sud-africaine du Kwazulu-Natal, un quart des personnes traitées dans les structures de l’ONG ne se sont plus montrées depuis le confinement et ne sont donc plus soignées.

Ruptures de stocks de médicaments

« En plus, des soignants qui se consacrent habituellement aux malades du sida ont été réaffectés à la lutte contre le coronavirus », note Helen Rees. « Certains sont d’ailleurs tombés malades. Tout cela nous inquiète beaucoup en ce qui concerne l’accès continu aux antirétroviraux », les médicaments prescrits aux séropositifs.

L’autre risque majeur, c’est la rupture de stock d’antirétroviraux, explique le docteur Gilles Van Cutsem, spécialiste VIH et tuberculose chez MSF et basé au Cap. « La plupart des médicaments utilisés dans les pays pauvres sont fabriqués en Inde avec des produits de base qui viennent de Chine. Avec le confinement, la fermeture des frontières et la diminution de la productivité en Inde et en Chine entraîne un effet de vague. On a déjà des ruptures de stock d’antirétroviraux essentiels de première ligne et on va en avoir plus dans le futur. Il y a 73 pays dans le monde qui sont à risque d’avoir des ruptures de stocks dans les trois à six mois qui viennent », déplore-t-il.

En Afrique du Sud, les stocks d’antirétroviraux sont suffisants pour l’instant selon lui, sauf pour un traitement de substitution qui commence déjà à manquer.

500 000 morts en cas d’arrêt des services de soins

Pour améliorer la situation, les autorités sud-africaines ont déployé des points de distribution des médicaments en dehors des hôpitaux, donc loin des malades du Covid-19 qui pourraient les contaminer, ainsi que pour éviter de surcharger les centres de soins déjà saturés. Dans le même ordre d’idée, le docteur Fodé Simaga, directeur du département d’appui aux pays de l’Onusida préconise de distribuer les antirétroviraux pour des périodes longues, entre trois et six mois pour épargner aux séropositifs d’avoir à trop se déplacer. Car l’important pour lui, c’est de permettre la continuité des soins aux personnes atteintes du VIH.

« Nous avons fait une modélisation qui a montré que si il y a une interruption complète des services de traitement du fait du Covid, on aurait en Afrique subsaharienne 500 000 morts supplémentaires cette année. Cela nous ramènerait au nombre de morts, environ 1,3 millions, de 2008. C’est un recul de 10 ans c’est dramatique ! » Cette étude reste toutefois le scénario du pire, « mais même une interruption des services pour seulement 20% des personnes vivant avec le VIH en Afrique génèreraient 110 000 morts supplémentaires cette année », selon lui.

Le docteur Simaga insiste sur le fait qu’il faut affronter les deux pandémies en même temps. Mais dans son rapport annuel, l’Onusida s’inquiète déjà de voir certains financements initialement destinés à la lutte contre le VIH Sida détournés en faveur du coronavirus.

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 13 Jl 2020 - 06:40
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Un monde en Prep !

Un monde en Prep ? Nous n’en sommes pas encore là ! Reste que cette 23e édition de la conférence internationale sur le sida a accordé une bonne place à cet outil de prévention avec des résultats d’études sur la forme injectable de Prep, les difficultés d’accès, l’acceptabilité de l’outil par les communautés. De son côté, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) a publié un rapport qui fait le point sur les caractéristiques de l’épidémie de VIH en France (2013-2018) et fait état, lui aussi, de la Prep.

C’est une des nouvelles importantes dans le domaine de la prévention biomédicale. D’ailleurs, dans une interview au site Pharmaceutiques (8 juillet), le Dr Laurent Finkielsztejn, responsable médical du laboratoire ViiV Healthcare France, ne ménageait pas ses effets : « L’un des événements de la conférence sera à coup sûr la présentation les 8 et 9 juillet des résultats finaux de l’étude HPTN-083. Menée sur 4 600 participants dans diverses régions du monde, elle démontre l’efficacité d’une injection bimestrielle de cabotégravir en prophylaxie pré-exposition. C’est la première fois qu’on prouve qu’un médicament à action prolongée est capable de prévenir l’infection au moins aussi bien que le traitement Prep oral quotidien ». De fait, l’annonce a beaucoup été reprise par les sites d’infos spécialisés dans le VIH.

Plus efficace en injection
La Prep, administrée en injection toutes les huit semaines, est plus efficace pour la prévention du VIH que la Prep par voie orale chez les hommes gays et bisexuels et les femmes trans, ont confirmé les chercheurs-ses de l'étude HPTN-083 lors de la conférence. Les conclusions de l'étude ont été annoncées, il y a deux mois, rappelle le site d’infos aidsmap, lorsqu'elle a été interrompue prématurément car il y avait clairement moins d'infections chez les personnes à qui on avait proposé la Prep injectable que chez celles à qui on avait proposé la Prep orale. À l'époque, les chercheurs-ses pouvaient seulement dire que le médicament injectable n’était « pas inférieur » au médicament par voie orale.

Dans sa présentation au congrès, le chercheur principal de l'étude, Raphael Landovitz (Université de Californie), a pu dire que les injections bimensuelles du médicament cabotégravir avaient dépassé un seuil préétabli démontrant leur supériorité, en termes de prévention du VIH, par rapport aux doses orales d'un comprimé combiné de fumarate de ténofovir disoproxil et d’emtricitabine (Truvada). L'étude a recruté 4 566 hommes gays et bisexuels et femmes trans, qui ont été répartis pour recevoir soit des injections de cabotégravir associées à des comprimés de placebo, soit des comprimés de Truvada avec des injections de placebo. Il y a eu 39 infections chez les personnes ayant pris les comprimés (1,22 % d'incidence annuelle) et 13 infections chez les personnes ayant reçu les injections (0,41 % d'incidence). Cela signifie qu'il y a eu 66 % d'infections en moins chez les personnes ayant reçu les injections que chez celles prenant les comprimés. On ne sait pas si les infections sont le résultat d'une mauvaise adhésion puisque la concentration médicamenteuse et les données sur la résistance n’ont pas encore été analysées. Les effets indésirables les plus notables étaient une réaction au point d'injection chez les personnes recevant des injections de cabotégravir et une diminution de l’élimination de la créatinine (une mesure de la fonction rénale) chez la plupart des participants-es dans les deux groupes.

Quand on lui demande s’il devait conseiller aux personnes la Prep en injection ou en comprimés le Dr Landovitz répond : « Je dirais que c’est un choix personnel. Mais ce sera génial d’avoir le choix et de ne pas dépendre seulement d’un traitement en comprimés pour avoir une protection efficace. Nous espérons bientôt savoir si les femmes cisgenres auront droit, elles aussi, à ce choix et nous devons également découvrir si la Prep en injectable peut convenir aux personnes qui s’injectent des drogues et aux hommes trans ».

Références : Landovitz RJ et al. HPTN083 interim results: Pre-exposure prophylaxis (PrEP) containing long-acting injectable cabotegravir (CAB-LA) is safe and highly effective for cisgender men and transgender women who have sex with men (MSM,TGW). 23rd International HIV Conference (Aids 2020: Virtual), abstract OAXLB0101, 2020.

Un schéma de prise simplifié
Dans un poster présenté lors la conférence mondiale sur le VIH, Stéphane Morel, chargé de mission en recherche communautaire pour l’association AIDES, a proposé un schéma de prise simplifié pour les personnes qui prennent la Prep s’appuyant sur les remontées des accompagnateurs-rices communautaires de AIDES à la Prep. L’accompagnement communautaire vise à proposer aux personnes qui viennent aux consultations Prep un entretien personnalisé afin de répondre à d’éventuelles questions et approfondir certains sujets comme les pratiques sexuelles exposant à un risque, les schémas de prise, les effets indésirables du traitement ou les éventuelles interactions avec l’usage de drogues en contexte sexuel (chemsex).

Cet accompagnement se fait également en ligne sur des groupes d’auto-support comme Prep Dial sur Facebook ou encore par téléphone. De ces accompagnements, trois questions récurrentes sont ressorties : comment débuter et arrêter la Prep : combien de pilules avant et après ? ; comment adapter sa prise de Prep à sa vie sexuelle ? ; que faire en cas de prise manquée ou décalée ?

Il est apparu de façon claire que le schéma de prise de Prep dit « à la demande » générait beaucoup de questions et parfois de l’angoisse chez certains-es usagers-ères. Ce constat laisse à penser que les brochures ou flyers qui expliquent les schémas de prises de Prep ne sont pas clairs, ni pour les professionnels-les de santé ni pour les usagers-ères de la Prep et qu’ils ne correspondent pas toujours à l’utilisation de la Prep dans la « vraie vie ». Pour simplifier les choses, les accompagnateurs-rices communautaires ont décidé de ne parler que d’un seul schéma de prise autour des notions de début et d’arrêt de la Prep et ce, peu importe que la personne soit en schéma continu (prise quotidienne) ou à la demande.

L’idée est simple : lorsque la personne sait qu’elle va avoir un rapport sexuel, elle commence par une double prise de Prep (deux comprimés entre 2 heures et 24 heures avant le rapport sexuel). Ensuite, elle continue à prendre une pilule toutes les 24 heures tant qu’il y a des rapports sexuels. Suivi d’une pilule par jour pendant deux jours après le dernier rapport sexuel (l’idée étant que chaque rapport sexuel soit protégé par deux comprimés de Prep avant et deux après). Elle peut ensuite stopper les prises à tout moment et reprendre à tout moment avec une double prise. Ce concept est similaire de l’approche recommandée par le guide « Who's 2019 PrEP guidelines » et il concerne uniquement les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Il permettrait ainsi de simplifier l’explication et la compréhension de la prise de Prep et renforcer l’observance et l’assimilation du traitement par les usagers-es.

Référence : Morel S et al. Overcoming the dichotomy of daily and event driven PrEP regimens for MSM: Lessons learned from community support programs in France. 23rd International Aids Conference, abstract PED0759, 2020.

Quand la Prep évite trois quarts des infections
Dans un article publié le 4 juillet sur le site d’infos aidsmap, on apprend que la Prep a permis d’éviter les trois quarts des infections au VIH au Kenya et en Ouganda. Il s’agit de la plus forte réduction jamais enregistrée dans un programme de Prep en Afrique subsaharienne, présentée par Catherine Koss de l’université de Californie, à San Francisco.

L’étude Search (Sustainable East Africa Research in Community Health) a commencé en 2013 dans 32 communautés au Kenya et en Ouganda, dans un premier temps comme intervention de « dépistage et traitement ». En juin 2016, Search a commencé à proposer la Prep aux personnes vivant dans 16 communautés très exposées au VIH. Celles-ci comprennent des personnes en couple avec une personne séropositive, les personnes travaillant dans les industries du transport ou de la pêche, et celles qui se considèrent elles-mêmes comme étant à risque vis-à-vis du VIH. Sur les 15 632 personnes identifiées comme étant très exposées aux risques d’infection au VIH, 5 447 (35 %) ont commencé la Prep et l’incidence de VIH était de 0,35 %. En l’absence d’un groupe prenant un placébo, la comparaison a été faite avec les participants-es des deux années précédant l’accès à la Prep. Dans ce groupe de contrôle, l’incidence annuelle du VIH était de 0,92 %, ce qui signifie que le taux d’infection au VIH avait diminué de 74 % avec l’accès à la Prep. Cette réduction s’explique surtout par la chute de l’incidence chez les femmes, où le taux a chuté de 76 %. Chez les hommes, l’incidence a également diminué, mais seulement de 40 %, ce qui n’était pas significatif statistiquement. Bien que 83 % des participants-es ayant commencé le Prep l’aient arrêtée à un moment donné, 50 % d’entre eux-elles l’ont recommencée plus tard.

Références : Koss Catherine A et al. Lower than expected HIV incidence among men and women at elevated HIV risk in a population-based PrEP study in rural Kenya and Uganda: Interim results from the SEARCH study. 23rd International Aids Conference, abstract no 875, 2020.

États-Unis : plus de 28 000 femmes sous Prep
Dans un article publié le 4 juillet sur le site d’infos aidsmap, on apprend qu’au moins 28 000 femmes ont initié un traitement de Prep aux États-Unis en 2017. Une étude des prescriptions de fumarate de ténofovir disoproxil/emtricitabine (Truvada) aux États-Unis a révélé que son utilisation en Prep par les femmes s'est multipliée par douze entre juillet 2012, date à laquelle son utilisation a été autorisée dans le pays, et la fin de 2017. Le nombre de démarrages ou de redémarrages de Prep est passé de 2 770 prescriptions individuelles en 2012 à 27 556 en 2017. Les prescriptions de Prep pour les femmes à partir desquelles les scientifiques ont travaillé, ont été recueillies dans les cabinets médicaux, les pharmacies, les hôpitaux et les cliniques externes. Les chercheurs-ses reconnaissent que leur méthodologie ne tient pas compte de nombreuses prescriptions, mais ils-elles calculent que leurs données couvrent environ 80 % de l'utilisation de la Prep au cours d'une année donnée. Ils-elles ont constaté que l'utilisation de la Prep était la plus élevée chez les femmes âgées de 25 à 34 ans et qu'il y avait une forte disparité géographique dans l'utilisation : 329 femmes pour 100 000 en ont pris dans les États du nord-est, pour seulement 140 pour 100 000 dans les États du sud, où l'incidence du VIH est plus élevée.

Références : Guest J et al. PrEP update in women in the US from 2012-2017. 23rd International Aids Conference, abstract 9302, 2020.

Afrique : une baisse considérable du VIH chez les femmes
Une seconde étude a démontré l’efficacité de la Prep chez les femmes en Afrique. La Professeure Deborah Donnell du centre de recherche en cancer Fred Hutchinson (Université de Washington) a annoncé lors de la conférence que l’accès à la Prep à travers l’étude Echo avait permis de réduire l’incidence du VIH de 55 % chez les participantes. Lancée en décembre 2015, Echo s’est achevée en octobre 2018. Elle a recruté 7 828 femmes en Eswatini (ex Swaziland), au Kenya, en Afrique du Sud et en Zambie. Elle visait principalement à comparer deux outils de contraception (implant et injection) afin d’évaluer si l’un ou l’autre augmentait, ou pas, les risques d’infection au VIH. Les résultats de l’étude présentés en juin 2019 ont démontré que ce n’était pas le cas pour aucun de ces deux outils de contraception.

Dans le cadre de l’étude, il a été recommandé, en novembre 2017, de rendre la Prep accessible à toutes les participantes. C’est ce qu’ont fait 543 des participantes (soit 26,6 %) rappelle le site d’infos aidsmap. « Seulement 25 % de femmes sous Prep dans l’essai Echo a permis une baisse de l’incidence du VIH de plus de 50 %. C’est l’une des rares données qui montre de façon rigoureuse que donner accès à la Prep aux femmes en Afrique permet une baisse considérable de l’incidence du VIH », a conclu Deborah Donnell.

Références : Donnell D et al. Incorporating PrEP into standard of prevention in a clinical trial is associated with reduced HIV incidence: Evidence from the Echo Trial. 23rd International Aids Conference (Aids 2020: Virtual), abstract OAC0105, 2020.

Un enjeu aussi en France
Comme on le voit, les nouvelles de la Prep ne manquent pas. Cet outil de prévention est également abordé dans le tout récent rapport publié par l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). On doit ce rapport au groupe « Indicateurs » de l’Action coordonnée 47 de l’agence, présidé par la professeure Dominique Costagliola. Le rapport dresse « un tableau de l’infection par le VIH en France entre 2013 et 2018, qui s’appuie sur l’ensemble des données issues des systèmes de surveillance, des enquêtes et des travaux de modélisation », explique un communiqué de l’ANRS. Parmi les nombreux items abordés, on trouve la Prep. Le rapport revient sur le dépistage du VIH et explique que ce dernier « ne peut croître que modérément, même avec une diversification des dispositifs et des recommandations d’élargissement et de répétition des tests ». « C’est pourquoi la protection contre l’acquisition du VIH doit garder un niveau élevé pour tous les dispositifs et s’améliorer pour la prophylaxie pré-exposition (Prep) », explique le rapport. « Dans la population HSH, si l’utilisation du préservatif a diminué dans les dernières années avec les partenaires occasionnels, le niveau de protection a augmenté avec la Prep. Celle-ci a un effet très net, en particulier à Paris où elle a été déployée auprès des HSH plus tôt, notamment sous l’impulsion de l’essai ANRS Ipergay et de la mise en place de la cohorte ANRS Prévenir. L’accès s’est amélioré grâce à la participation des Cegidd (centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH et les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles). Le renouvellement (et bientôt l’initiation) des prescriptions en médecine de ville devrait aussi y contribuer. Le déploiement plus rapide de la Prep, depuis la deuxième moitié de l’année 2018, notamment en dehors de l’Île-de-France, devrait avoir un impact sur les chiffres de l’épidémie en 2019 et en 2020 », note le rapport. Il constate aussi que : « Les usagers de la Prep hétérosexuels sont encore très peu nombreux. Ceux qui en ont besoin pourraient en bénéficier si une promotion, jusqu’ici inexistante, était engagée ». Et les auteurs du rapport de conclure que « l’accélération de la baisse de l’épidémie dans les différents groupes doit être favorisée par un choix plus volontariste dans le cadre de programmes locaux et adaptés au contexte. La performance globale de la prévention combinée (accès effectif au dépistage, au traitement et à la Prep) sera déterminante pour parvenir au contrôle de l’épidémie ». L’objectif d’arrêt de la transmission du VIH d’ici 2030 reste d’actualité si les programmes reprennent après la crise sanitaire et innovent ».

C’est un peu le point de passage obligatoire de chaque grande conférence de ce type. Pour parler de demain, il faut commencer à parler d’argent aujourd’hui. La dernière journée de la conférence du vendredi 10 juillet était consacrée aux enjeux de la lutte contre le sida. Autrement dit, comment faire pour que ce qui n’est pas atteignable en 2020, le soit vraiment en 2030. Elle a largement abordé la prévention (une plénière y était consacrée) tout comme les questions de financement. Des questions cruciales puisqu’il faut désormais faire face à une quatrième grande pandémie : la Covid-19. À suivre.



ANRS Ipergay
L'étude ANRS Ipergay est un essai de Prep « à la demande », au moment de l'exposition aux risques sexuels. Il a été mené en France et au Canada chez 400 hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes séronégatifs. De 2012 à 2014, la première phase d'ANRS Ipergay a été réalisée en double aveugle : la moitié du groupe a pris par voie orale un comprimé contenant deux antirétroviraux (association TDF/FTC) au moment des rapports sexuels, l'autre un placebo. Il a été montré que la Prep à la demande diminuait de 86 % le risque d'être infecté par le VIH. La seconde phase, au cours de laquelle tous les volontaires ont reçu la Prep, a commencé dès la publication des premiers résultats fin 2014 et s'est terminée en juin 2016. Elle a montré une réduction relative de l’incidence du VIH de 97 %.

La cohorte ANRS Prévenir
La cohorte ANRS Prévenir, initiée en mai 2017, s'inscrit dans la continuité de l’essai ANRS Ipergay. Plus de 3 000 volontaires séronégatifs à haut risque d'être infectés par le VIH ont été recrutés en Île-de-France. Une prévention à base de Prep quotidienne ou à la demande leur est proposée.

Prep et IST
Les chercheurs-ses ont étudié entre 2012 et 2016 l’incidence d’infections sexuellement transmissibles (IST) d’origine bactérienne parmi des participants de l’essai clinique ANRS Ipergay. Ils-elles ont observé que l’incidence d’IST (syphilis, chlamydia et gonorrhée) était haute tout au long de l’étude, mais elle a augmenté lors du passage de la phase en double aveugle de l’essai clinique ANRS Ipergay à la phase ouverte. Les facteurs de risques d'IST étaient la prise de drogue et celle de produits érectiles pendant les rapports sexuels, ainsi qu'un nombre élevé de partenaires sexuels. Les auteurs-es concluent que les groupes présentant ces facteurs de risque devraient être la cible de futures interventions de prévention.

Source : Incidence and risk factors for STIs among MSM on Prep - A post-hoc analysis of the ANRS Ipergay trial.

https://seronet.info/article/un-monde-en-prep-88209

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 13 Jl 2020 - 15:02
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Taux de réinfection par le VHC 40% aux Pays-Bas VIH + HSH 5 ans après l'autorisation


Un quart des hommes séropositifs néerlandais ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) inscrits à une étude d'observation de cohorte ont été réinfectés par le VHC dans les 2,5 ans suivant l'élimination de l'hépatite virus . Cinq ans après la clairance initiale, 40% des HSH de ce groupe étaient à nouveau infectés par le VHC. Le comportement sexuel prédisait fortement la réinfection au VHC.

L'infection par le VHC sexuellement transmissible est en augmentation dans de nombreuses populations de HSH depuis 2000 . Bien que les risques liés au sexe pour l'infection primaire par le VHC chez les HSH soient bien connus, peu d'études prospectives ont exploré le risque de réinfection. Des chercheurs travaillant avec le Service de santé publique d'Amsterdam et d'autres centres ont entrepris cette étude pour cartographier l'incidence de la réinfection par le VHC chez les HSH après une élimination spontanée ou une thérapie réussie et pour déterminer les facteurs de risque cliniques et comportementaux de réinfection.

L'analyse a impliqué les participants à la cohorte d'observation MOSAIC menée dans six cliniques externes de VIH à Amsterdam, Rotterdam et Utrecht. Pour cette étude, les chercheurs ont sélectionné les HSH séropositifs pour le VIH atteints d'une infection aiguë par le VHC en 2002-2017, qui ont rempli au moins un questionnaire sur les comportements à risque après la clairance du VHC. Ils ont défini la réinfection comme un ARN du VHC positif après une clairance spontanée ou une thérapie réussie et ont fixé la date de réinfection comme point médian entre le dernier ARN du VHC négatif et le premier positif.

Sur les 122 HSH étudiés, 28 (23%) ont été réinfectés par le VHC à la fin du suivi. L'âge médian était de 43,2 ans chez les hommes réinfectés et de 45,7 ans chez les hommes non réinfectés. Dans l'ensemble, 84% environ étaient néerlandais. L'année médiane de guérison du VHC a été 2011 chez les hommes réinfectés et 2013 dans les autres. Le nombre total d'années-personnes de suivi était de 65,7 chez les HSH réinfectés et de 229,7 chez les hommes non réinfectés. La durée médiane de suivi était de 1,6 an chez les hommes réinfectés et de 1,2 an chez les hommes non réinfectés.

Les 28 hommes réinfectés ont eu 34 réinfections pour une incidence globale de 11,5 pour 100 années-personnes. L'incidence de la première réinfection était de 8,0 pour 100 personnes-années, et l'incidence de la deuxième, troisième ou quatrième réinfection était de 38,3 pour 100 personnes-années. L'incidence cumulée de la première réinfection 2,5 ans depuis l'élimination par le VHC de l'infection précédente était de 25% (intervalle de confiance à 95% [IC] 17 à 36). L'incidence cumulée 5 ans après la clairance initiale était de 40% (IC à 95% 28 à 54). Le délai médian de réinfection mesuré 1,3 an (intervalle interquartile 0,6 à 2,7).

La régression bayésienne de survie univariable a identifié 7 prédicteurs de la réinfection au VHC aux ratios de risque (HR) suivants (et IC à 95%):

- Nombre de Nadir CD4 inférieur à 200: HR 2,22 (1,05 à 4,81)
- Nombre actuel de CD4 inférieur à 500: HR 3,60 (1,73 à 7,64)
- Rapports sexuels anaux sans préservatif: HR 4,27 (1,86 à 9,7 huit)
- Partage de jouets sexuels HR 4,91 (2,27 à 10,31)
- Sexe en groupe: HR 2,80 (1,33 à 5,9 huit)
- Rinçage anal avant le rapport sexuel: HR 2,47 (1,14 à 5.43)
- 10 partenaires sexuels occasionnels ou plus (vs 0): HR 2,81 (1,26 à 6,50)

Les chercheurs concluent que la réinfection par le VHC chez ces hommes infectés par le VIH est très élevée et fortement liée à un comportement sexuel à risque. Ils suggèrent que les facteurs de risque qu'ils ont identifiés pourraient aider les professionnels à développer des interventions de réduction des risques et pourraient aider les cliniciens à distinguer les hommes à haut risque de réinfection qui ont besoin de tests d'ARN du VHC plus fréquents. Cette étude vient d'être publiée dans Clinical Infectious Diseases .

Par rapport à ces résultats néerlandais, les taux de réinfection par le VHC ont été inférieurs dans les rapports récents d'autres HSH séropositifs. Parmi 272 personnes séropositives pour le VIH / VHC étudiées en Australie, seulement 5 (1,8%), tous HSH, ont été réinfectés pour une incidence globale de 1,05 pour 100 années-personnes [5]. Dans la région espagnole de Madrid, 12 des 177 HSH infectés par le VIH (6,8%) ont été réinfectés pour une incidence de 5,93 pour 100 années-personnes .

http://natap.org/2020/IAC/IAC_77.htm

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Sujet du message: AIDS 2020  MessagePosté le: 13 Jl 2020 - 15:06
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