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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 16 Oct 2019 - 18:36
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La qualité de vie, nouvel objectif déterminant de prise en charge

• Aux actuels objectifs ONUSIDA - 90% des personnes infectées dépistées, 90% des personnes dépistées traitées, 90% des personnes traitées contrôlées - des experts du VIH proposent d’introduire un nouvel objectif de 90% des patients contrôlés présentant une bonne qualité de vie relative à la santé.
• Afin de l’atteindre, ils décrivent les modalités devant régir les relations médecin-patient et l’engagement de chacun dans la démarche.

Dans AIDS Reviews , plusieurs spécialistes du VIH – médecins et associatifs- suggèrent qu’atteindre une bonne qualité de vie relative à la santé pour 90% des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) traitées et contrôlées semble désormais un objectif nécessaire qui pourrait compléter les objectifs 90-90-90 fixés par l’ONUSIDA. En effet, à l’heure où l’espérance de vie des PVVIH traitées et contrôlées est voisine de celle de la population générale, la question de la qualité de vie devient différenciante. Or, ces patients peuvent souvent voir leur santé bouleversée par le VIH ou par ses comorbidités, ou par les traitements reçus. Ils constituent aujourd’hui une population aux profils hétérogènes et aux attentes disparates que les praticiens n’appréhendent pas toujours ; des études ont par exemple déjà mis en évidence que patients et médecins n’accordaient pas la même importance à certaines manifestations de santé et n’avaient pas les mêmes priorités. En conséquence, les échanges médecin-patient ne sont souvent pas optimaux pour permettre d’améliorer la qualité de vie, le second n’osant souvent pas aborder certains sujets avec le premier, le premier ignorant les questions qui pourraient s’avérer les plus pertinentes pour le second… L’engagement et la qualité de la communication des deux parties est déterminante.

Questionner et mesurer, retour d’information et discussion, intervention

Dans cet article, les auteurs proposent de passer d’une approche focalisée sur la maladie VIH à une approche centrée sur la qualité de vie des PVVIH traitées. Ils proposent pour cela le concept de « health goals for me » - que l’on pourrait traduire par « mes objectifs de santé personnels » - et qui fait écho aux objectifs pour tous de l’ONUSIDA visant la suppression virale chez les sujets infectés. Ces objectifs personnels engloberaient tous ceux qui sont importants pour le vieillissement en bonne santé de chaque PVVIH dont l’infection est contrôlée. Ils seraient fixés dans le cadre d’un dialogue médecin-patient éclairé qui permettrait en outre leur hiérarchisation.

Pour réussir à atteindre cet objectif, ils ont fixé trois phases - questionner et mesurer, conduire un retour d’information et une discussion, intervenir - qui constituent la boucle vertueuse dans laquelle devraient s’inscrire les deux parties, pour une prise de décision partagée.

Parmi les éléments essentiels à la réussite de cette approche, le médecin doit notamment inciter le patient à s’engager dans le processus et son traitement au long cours, et doit adopter une approche multidimensionnelle de la prise en charge, qui ne se focalise pas uniquement sur les paramètres liés au VIH mais aux aspects plus larges de santé mentale, vie sexuelle et vie sociale, et tout autre élément déterminant pour la qualité de vie du patient. Les consultations devraient être préparées par les deux parties, et les auteurs citent plusieurs outils de e-santé qui permettraient de faciliter ce processus (questionnaires santé spécifiques). Les questions posées par le médecin doivent permettre d’établir la confiance et de recueillir les informations véritablement nécessaires pour améliorer la qualité de vie, bien que certaines d’entre elles puissent être difficiles à évoquer pour le patient. Mais la qualité de ces échanges doit justement permettre d’établir progressivement sa confiance et son empowerment . Elle doit aussi permettre de hiérarchiser les objectifs et, ainsi, les interventions. Les décisions seront ainsi équilibrées entre la perspective du patient, basée sur son expérience personnelle, et l’expertise du praticien.

Références :

Guaraldi G et al. "Moving Fourth": A Vision Toward Achieving Healthy Living with HIV Beyond Viral Suppression. AIDS Rev. 2019;21(3):135-142. doi: 10.24875/AIDSRev.19000088. PMID:31532396

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Oct 2019 - 06:02
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Un système de capteur à ingérer pourrait être utilisé pour suivre l’observance thérapeutique chez les personnes ayant une infection à VIH

• Une étude pilote de 16 semaines montre que le système de capteur à ingérer Proteus Digital Health Feedback (PDHF) pourrait être utilisé chez les personnes ayant une infection à VIH pour le suivi en temps réel du traitement antirétroviral (TAR).
• Le système a efficacement recueilli des mesures en temps réel de la prise des comprimés et a déclenché des rappels par message texte chez 15 personnes ayant une infection à VIH présentant une mauvaise observance du TAR.
• Le message texte et le système global ont été utiles pour la majorité des participants, et le médicament co-encapsulé et la voie d’administration dermique ont été bien tolérés chez 7 participants sur 10.
Une étude pilote de 16 semaines ouvre la voie à l’utilisation du système Proteus Digital Health Feedback (PDHF), une nouvelle technologie approuvée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration) en 2012 pour la surveillance en temps réel de l’ingestion de médicaments chez les personnes ayant une infection à VIH recevant un TAR.

Le système est déjà utilisé chez les patients présentant des affections exigeant une observance thérapeutique stricte (hypertension, troubles de la santé mentale, tuberculose et greffe). Il est composé d’un capteur à ingérer co-encapsulé avec des médicaments, qui est activé dans l’estomac et par la suite détecté par un timbre dermique de surveillance. Une micropuce envoie un message à un serveur central par signal Bluetooth. Grâce à un système de message court supplémentaire, un rappel texte personnalisé est envoyé sur l’appareil portable du patient.

Quinze personnes ayant une infection à VIH ont été recrutées dans l’étude, chacune ayant une mauvaise observance du TAR. L’âge moyen était de 48 ans. Une personne a arrêté de porter le timbre en raison d’une réaction cutanée et deux ont retiré leur consentement. Bien que de nombreux participants aient manqué plusieurs visites de l’étude, les résultats montrent que le système a recueilli efficacement des mesures en temps réel de la prise des comprimés, ce qui a déclenché l’envoi de rappels par message texte pendant l’étude de 16 semaines.

Lors de chaque visite, plus de 70 % des participants ont indiqué que le comprimé était bien toléré et au moins 75 % ont signalé que le timbre était très ou relativement confortable. Le rappel par message texte, qui n’était utilisé qu’en cas d’oubli d’une dose, n’a pas été utile pour 1 ou 2 participants par visite, tandis que le système de capteur global a été jugé utile par 85 % des participants à la semaine 4 et par 75 % à la semaine 8.

Par conséquent, selon cette étude, les capteurs tels que le PDHF pourraient être mis en place dans la population des personnes ayant une infection à VIH. Des études ultérieures sont nécessaires pour évaluer l’acceptabilité du système dans des groupes sélectionnés et le rapport coûts-avantages.

https://ascpt.onlinelibrary.wiley.com/d ... /cts.12701

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Oct 2019 - 07:23
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Le Descovy® approuvé en Prep aux Etats-Unis

La US Food and Drug Administration (FDA) a approuvé au début du mois d’octobre l’utilisation du tenofovir alafenamide/emtricitabine (Descovy®, Gilead) dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (Prep) chez les personnes fortement exposées à l’infection par le VIH.

Cette nouvelle combinaison contient une autre version du tenofovir, le tenofovir alafenamide (TAF). La concentration plasmatique de ce dernier est moindre que celle du tenofovir disoproxil fumarate utilisé pour le moment en traitement et en Prep, tout en ayant une concentration intra-cellulaire plus importante. Ce qui signifie que le TAF peut être donné à des doses moins importante, diminuant d’autant les risques d’atteintes aux reins, aux os et aux autres organes.

L’efficacité non-inférieure et le profil d’innocuité amélioré du Descovy® a été démontré par l’essai clinique international DISCOVER, mené en double aveugle sur 92 sites aux États-Unis, au Canada et en Europe occidentale. Trois centre français y ont participé (Saint-Louis, Tenon et Nice).

En France, le Descovy® est officiellement autorisé à la vente depuis 2016, mais n’est toujours pas disponible, faute d’accord sur son prix. Dans son avis de juin 2017, la commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS) avait estimé que le Descovy® n’apportait «pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH».

https://vih.org/20191015/le-descovy-app ... tats-unis/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 21 Oct 2019 - 16:07
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VIH : la femme est-elle un homme comme les autres ?
Réservoirs, spécificités de la Femme
Anne-Geneviève MARCELIN (Paris)




https://youtu.be/7GJYECijWyA

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 23 Oct 2019 - 14:44
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VIH : la femme est-elle un homme comme les autres ?
Femmes en âge de procréer
Clotilde Allavena (Nantes)




https://youtu.be/Ay9iyDmyX0I

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 24 Oct 2019 - 11:05
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VIH : Deux recherches ANRS entrent bientôt en phase de recrutement



http://www.anrs.fr/fr/actualites/666/vi ... ecrutement

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Oct 2019 - 18:37
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20e Congrès de la SFLS: Dépasser le 3×90 pour éliminer le VIH

Le 20e congrès de la Société Française de lutte contre le sida (SFLS) s’est ouvert ce jeudi 24 octobre à La Rochelle, avec pour mot d’ordre: «Innover au-delà des 3 x 90». Alors qu’une baisse significative —mais modeste au regard d’autres pays ou villes— du nombre des nouvelles contaminations est observée en France, comment aller plus loin, vers l’éradication du VIH ou au moins le contrôle de l’épidémie? Les objectifs de l’Onusida pour mettre fin à l’épidémie sont-ils suffisants dans le contexte français? Le 90-90-90 est-il un but en soi ?

Les premières séances plénières de congrès sont souvent difficiles, parce que tôtives, et parce qu’il faut mettre la machine en route. Heureusement, la présentation de Mariam Roncato-Sabéran (Centre Hospitalier de La Rochelle), co-présidente du Congrès, a réveillé les participants encore ensommeillés. Avec beaucoup d’humour et sans reprendre son souffle, à la manière de Questions pour un champion, la praticienne a remercié ses équipes et dénoncer le manque de moyens, et donné le ton d’un congrès qui a choisi d’interroger l’objectif «3 x 90» initié par l’Onusida: 90% de personnes qui connaissent leur statut sérologique, 90% bénéficiant d’un traitement, et 90% avec une charge virale indétectable, pour leur bénéfice direct et celui de l’élimination du risque de transmission. Soit 73% des personnes vivant avec le VIH (en prenant en compte l’épidémie masqué), mis sous traitement avec une charge virale indétectable.

Gwenaël Le Moal (CHU Poitiers), son co-président, a commencé par rappeler toutes les transformations que la lutte contre le VIH avait provoquées, du patient expert et la déclaration de Denvers en 1983 —«Rien sans nous pour nous»— , jusqu’à la déclaration de Doha qui déclarait la primauté du soin sur les brevets, en passant par la création de l’ANRS, agence unique au monde. Le VIH a transformé les systèmes de santé, sous l’impulsion des personnes atteintes, des activistes et des professionnels de la médecine.

Et pour la première fois en France, les chiffres produits par Santé publique France commencent —un peu— à refléter les forces investies dans ces années de luttes. Florence Lot a présenté de nouveau pour Santé publique France, les derniers chiffres de l’épidémie en France, connus depuis la conférence de reconstitution du Fonds mondial à Lyon les 9 et 10 octobre derniers.

Pour la première fois, une baisse de 7% du nombres des contaminations a été constatée entre 2017 et 2018. A Paris, cette baisse est même de 16%, portée essentiellement par les HSH nés en France (- 28 %). Le nombre de dépistage est en hausse en 2018, avec 5,8 millions de test de dépistage réalisés, soit une augmentation de 11% depuis 2013. Le nombre de sérologies positives n’augmente pas, en revanche, ce qui laisse supposer à la fois, l’élargissement du dépistage dans les populations moins exposées, et aussi, une baisse du nombre de personnes vivant avec le VIH dans les populations les plus exposées.

Une baisse notable en France, mais un enthousiasme à tempérer
La médecin de Santé publique France nuance une fois encore ces résultats: Malgré la déclaration obligatoire, les nouveaux cas découverts sont sous-déclarés, que ce soit par les biologistes des laboratoires (68% des cas déclarés en 2017) ou par les praticiens (41% déclarés); Sans que l’on sache s’il s’agit d’une lassitude, indéfendable, des biologistes et des cliniciens ou si le nouveau mode de déclaration obligatoire en ligne a accru cette sous-déclaration. En 2018, la situation devrait un peu s’améliorer, mais de peu, avec respectivement 74% et 52% des cas déclarés. Les données sont donc corrigées, fortement, et notablement sur deux variables essentielles: le mode de transmission et le pays d’origine. Beaucoup d’acteurs de la lutte contre le sida se désolent de cette faiblesse épidémiologique, alors que des chiffres précis et récents sont essentiels à la mise en place de politiques pertinentes.

Concernant les populations, la baisse la plus notable est constatée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) et les personnes exposées par un rapport hétérosexuel, toutes nées en France. Cette amélioration est à mettre au crédit de l’effet protecteur du traitement comme prévention, et des quelques milliers de personnes sous Prep, quand bien même ce chiffre reste grandement insuffisant.

Pourtant, cette baisse est bien faible comparée à d’autres pays, comme le Royaume-Uni, ou des villes comme San Francisco (- 52%, où pour la première fois le nombre de décès est supérieur au nombre de nouveaux diagnostics) mais aussi Londres (-44 %) ou Nice (-52 %), villes ou pays qui comme la France suivent l’objectif de l’Onusida des «3 x 90» et ses 73% de personnes vivant avec le VIH avec une charge virale indétectable. Dans sa présentation, l’épidémiologiste Virginie Supervie (Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, UMR-S 1136 INSERM & Sorbonne Université, Paris) a montré que la France a atteint cet objectif, avec 74% des personnes atteintes traitées et indétectables. Pourquoi, alors, sommes-nous encore si loin de l’élimination du VIH?

Modéliser l’élimination
Techniquement, la fin de l’épidémie est considérée atteinte sous plusieurs conditions. Rappelons que l’élimination n’est pas l’éradication, qui est elle la réduction à zéro de l’incidence, dans le monde entier, avec une interruption complète de la transmission et une extinction de l’agent causal, afin qu’il n’existe plus dans l’environnement (les mesures d’intervention ne sont plus nécessaires et il n’y a plus de nouvelles contaminations). Dans le cas des maladies infectieuses, l’élimination est la réduction de l’incidence, jusqu’à ce qu’elle soit nulle, d’une infection causée par un agent spécifique dans une zone géographique délimitée à la suite d’efforts délibérés, mais exigeant tout de même des efforts continus d’intervention.

Dans le modèle mathématique, pour le VIH, l’élimination est considérée atteinte quand l’incidence (le nombre de nouveaux cas pour une population donnée) baisse jusqu’à 1 pour 1000 par an, et que le nombre de contaminations «générées» par une personne vivant avec le VIH au cours de l’infection (donc de la vie pour les personnes non dépistées et non traitées) —aussi appelé R0— est inférieur à 1 (il est actuellement évalué entre 2 et 5), brisant ainsi les chaînes de transmission du virus.



Revenons au «3 x 90». Il n’existe pas de modèle mathématique qui prouverait l’efficacité de cette stratégie. En revanche, des modèles mathématiques concernant l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et l’Australie nous permettent d’arriver à la même conclusion: l’élimination du VIH (la baisse de 80% des nouvelles contaminations dans le cas du modèle australien) ne pourra survenir que si le délai entre l’infection et la mise sous traitement est inférieur à un an.

En France, clairement, c’est là que le bât blesse. Le délai moyen entre infection et dépistage reste beaucoup trop important : il est de plus de 3 ans en moyenne. Des progrès ont été faits pour accélérer ensuite l’accès à un traitement, et le délai entre dépistage et prise du traitement est désormais de 1 mois pour les HSH contre 10 mois auparavant.

Pour Virginie Supervie, l’élimination de la transmission du VIH ne pourra donc pas se faire sans atteindre ces objectifs spécifiques: la réduction des délais entre infection et prise d’un traitement efficace pour les personnes vivant avec le VIH actuellement sans traitement et le contrôle de la charge virale chez les personnes sous antirétroviraux.

Certains ont donc décidé de dépasser les «3 x 90». La ville de Washington souhaite ainsi atteindre les «3 fois 95 + 50», en s’imposant en outre une baisse de 50% du nombre des nouvelles contaminations.

Des connaissances mal… connues
Les nouveaux objectifs que la France devra se fixer pour dépasser les «3 x 90» seront, nous n’en doutons pas, tout aussi difficiles à atteindre. Surtout quand les perceptions liées au VIH n’ont pas progressé aussi vite que la science, comme l’a rappelé la présentation de Philippe Adam (directeur de l’Institute for Prevention and Social Research (IPSR) à Utrecht et Bangkok, Senior Research Fellow at UNSW Sydney).

Dans le cadre de l’enquête PREPARE réalisée en Australie, bientôt publiée, seul 39% des HSH savaient que les traitements efficaces prévenaient la transmission du VIH. Même chez les personnes vivant avec le VIH, le traitement est considéré comme «plutôt» efficace, alors que les études PARTNER ont montré une efficacité de 100%. Seuls 31,9% des HSH séronégatifs étaient disposés à utiliser un jour la Prep, et seuls 50% d’entre eux étaient prêts à avoir des rapports avec des personnes sous Prep. Chez les hétérosexuels, la situation est encore pire, la méconnaissance des dernières avancées concernant le VIH est abyssale.

Pour le chercheur, la mise en place de la Prep et la vulgarisation des progrès concernant le traitement comme prévention doivent s’appuyer sur des outils de sciences comportementales, au risque de rester l’apanage d’une minorité informée. Comme depuis le début de l’épidémie, la lutte contre le VIH ne saurait être que médicale, si on veut s’autoriser enfin à rêver d’un monde sans sida.

Par Charles Roncier, vih.org

https://vih.org/20191025/20e-congres-de ... dtZKNqbAPM

http://www.sfls.aei.fr/ckfinder/userfil ... 260719.pdf

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 26 Oct 2019 - 15:23
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Sida : de nouveaux médicaments pour de nouveaux besoins

Le laboratoire américain Merck-MSD lance en France un nouveau médicament contre le VIH-sida. Dans les pays développés, il faut s'adapter au vieillissement des patients atteints de cette maladie.

Depuis quelques jours, la panoplie dont disposent les médecins pour traiter le VIH-sida en France s'est enrichie d'un nouveau médicament. Le laboratoire américain Merck-MSD a lancé le Pifeltro et le Delstrigo, une trithérapie. D'autres produits de la même famille sont déjà sur le marché, notamment l'Edurant de Janssen (Johnson & Johnson). « Ce produit est particulièrement bien toléré, facile d'utilisation et moins sensible que d'autres aux résistances », se félicite Christine Katlama, spécialiste du VIH à la Pitié Salpêtrière à Paris.

En tout cas dans les essais cliniques, car « il commence seulement sa carrière maintenant, avec l'utilisation dans la vraie vie », reconnaît le médecin. Mais pour donner au Pifeltro-Delstrigo une chance de se faire vraiment une place sur un marché déjà très encombré, Merck-MSD l'a volontairement positionné à un prix nettement inférieur à celui de ses équivalents. A 470,97 euros par mois, le coût du Delstrigo est en effet inférieur de 35 à 40 % à celui des trithérapies les plus récentes, comme le Biktarvy de Gilead ou le Triumeq de ViiV, filiale de GSK, lancées l'an dernier.

En France, Clarisse Lhoste, qui dirige la filiale tricolore de Merck-MSD, espère qu'il « permettra de traiter de 20.000 à 25.000 patients », notamment ceux dont la maladie est sous contrôle, mais qui ont besoin de changer de molécule.

Nouveaux mécanismes d'action

Au plan mondial, les analystes américains estiment son potentiel et celui du Delstrigo à quelque 500 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2023. Pour Merck-MSD, c'est avant tout un moyen de continuer à exister sur le marché du VIH qui croît de 3 à 4 % par an et devrait atteindre les 30 milliards en 2023. Le groupe américain mise bien davantage sur sa prochaine molécule, l'islatravir, actuellement en phase II d'essais cliniques, qui repose sur un mécanisme d'action complètement nouveau.

Si l'infection au VIH est maintenant assez bien contrôlée chez les malades des pays développés , de nouveaux besoins apparaissent. Ils sont liés à l'augmentation de l'âge moyen des patients qui ont aujourd'hui une espérance de vie comparable à celle des personnes non infectées. « On a besoin de molécules avec de nouveaux mécanismes d'action pour élargir les choix thérapeutiques et faire face de façon individualisée aux résistances chez des patients qui ont maintenant parfois une histoire de traitement de plus de vingt ans », explique Jean-Claude Tardy, virologue à l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.

Bithérapies

« Il faut aussi des molécules avec des durées d'action plus longues, pour permettre une meilleure adhésion au traitement », explique Michel Joly, patron de la filiale française de Gilead, dont les produits traitent la moitié des 145.000 patients français. « L'objectif serait de remplacer le comprimé quotidien par une injection sous-cutanée mensuelle, poursuit Michel Joly, en attendant peut-être, un jour, un traitement curatif auquel nous travaillons aussi ».

Et les molécules doivent aussi être bien tolérées, car les personnes de plus de 50 ans ont souvent d'autres problèmes de santé qui nécessitent des traitements. Les antirétroviraux doivent pouvoir être pris en même temps, sans interactions médicamenteuses néfastes. L'une des pistes suivies consiste à « passer à des bithérapies chez les patients bien contrôlés, pour réduire le nombre de molécules et donc d'interactions », explique Christine Katlama. C'est ViiV qui s'est engagé dans cette voie avec le Juluca et le Dovato. Reste à savoir si ces bithérapies seront assez efficaces à long terme. Même dans les pays développés, on n'en a donc pas encore fini avec le VIH.

https://www.lesechos.fr/industrie-servi ... ns-1142986

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Oct 2019 - 14:42
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Combien de femmes enceintes échappent au dépistage VIH ?

• En France, 1% des femmes échapperaient au dépistage prénatal du VIH.
• Celles qui sont considérées à moindre risque ou pour lesquelles la prise en charge est partagée entre plusieurs professionnels de santé sont celles qui sont le plus à risque de ne pas en bénéficier.
Les professionnels de santé doivent systématiquement proposer aux femmes un test de dépistage du VIH au cours du premier trimestre de grossesse et au moins un autre test avant le début du troisième trimestre chez celles présentant un haut risque d’infection. L’Enquête Nationale Périnatale 2010 a montré notamment que 8,0% des femmes avaient déclaré ne pas en avoir bénéficié parce que le professionnel de santé ne le leur avait pas proposé, 4,5% parce qu’elles avaient eu un test négatif peu de temps avant la grossesse et 1,0% avaient avoir refusé le dépistage. La réactualisation des données permet de disposer d’une photographie plus contemporaine du dépistage prénatal du VIH en France.

Un taux de séropositivité de 0,15%

Cette enquête a pris place dans toutes les maternités françaises et visait à inclure durant une semaine toutes les naissances ayant eu lieu à partir de la 22 e semaine de grossesse ( ≥500 g) , soit 14.142 enfants nés de 13.894 femmes, avec un questionnaire médical disponible pour 95,3% d’entre elles. Leur analyse a montré que 96,8% de ces femmes avaient été dépistées pour le VIH, tandis que 1,0% d’entre elles ne l'avaient pas été (informations manquantes pour 2,2%). Le test a permis d’identifier une séropositivité chez 19 femmes, soit 0,15% de celles ayant bénéficié du dépistage.

Si ces chiffres illustrent l’efficacité du dispositif français, ils permettent aussi d’apporter des repères afin de l’améliorer : ainsi, l’analyse multivariée montre que le fait d’être pacsée, d’avoir un niveau d’éducation intermédiaire (1-2 années post-bac) ou être multipare était associé à de moindres chances de participation, sans doute parce que les professionnels de santé étaient moins vigilants envers ces populations jugées à risque moindre. Par ailleurs, ce risque était aussi plus élevé chez les femmes qui étaient suivies par plusieurs professionnels de santé ou par un médecin généraliste durant les premiers mois de grossesse, suggérant une perte d’information au cours de la prise en charge. Enfin, celles qui avaient eu des soins prénataux inadéquats et qui travaillaient à temps partiels avaient également moins de chance de bénéficier d’un tel dépistage.

Il est important que les femmes pour lesquelles le risque semble faible fassent l'objet d'une vigilance visant à ce qu'elles n'échappent pas au dispositif français de dépistage.

Références :

Tran TC et al Antenatal HIV screening: results from the National Perinatal Survey, France, 2016. Euro surveill. 2019 oct;24(40). doi: 10.2807/1560-7917.es.2019.24.40.1800573. PMID: 31595877

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 30 Oct 2019 - 16:50
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Nano-Vision sur l’assemblage du VIH-1

Le virus de l’Immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) utilise la cellule hôte pour créer de nouveaux virus, de la réplication de ses gènes à son enveloppe. Dans leur dernière étude soutenue par l'ANRS et parue dans Science Advances, l'équipe co-dirigée par Delphine Muriaux et Cyril Favard à l’Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier (IRIM, CNRS UMR 9004) a étudié la modification par le virus de cette enveloppe lipidique dans la cellule hôte. Les chercheurs ont observé sur des cellules vivantes le mouvement de lipides de la membrane cellulaire grâce à une technique de microscopie innovante permettant une résolution de l'ordre du nanomètre. Ainsi, ils ont pu montrer que la protéine d'assemblage Gag du VIH-1 interagit sélectivement avec certains lipides membranaires et les trie à son avantage.


Comme le font habituellement les virus, le VIH-1 détourne les molécules des cellules pour les utiliser. Jusqu'à présent, il était admis que la protéine d’assemblage du VIH-1 (appelée Gag) utilisait les « radeaux lipidiques », zones bien spécifiques de la membrane de la cellule, pour former son enveloppe virale.


Or, dans leur dernière étude soutenue par l'ANRS et parue dans Science Advances, le 2 Octobre 2019, les Drs Delphine Muriaux et Cyril Favard, en étroite collaboration avec le Pr. Christian Eggeling et le Dr. Jakub Chojnacki de l’équipe Nanoimmunology de l’Université d’Oxford (UK) et de l’Université de Jena (Germany), ont montré que cet assemblage se faisait différemment.


La sélection des lipides de la membrane cellulaire par la protéine Gag du VIH-1 a pu être observée en direct sur des cellules immunitaires (des lymphocytes T CD4+) vivantes grâce à une technique avancée de microscopie, à haute résolution [1].


Ainsi, ils ont pu observer que la protéine Gag interagit spécifiquement non pas avec une zone pré-définie de la membrane cellulaire, mais avec des lipides spécifiques. Gag réaliserait donc une opération de « tri » des lipides lors de la formation de l'enveloppe du VIH-1.


« Cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur le traitement du virus HIV-1 » explique Delphine Muriaux. « En effet, cibler les lipides spécifiquement recrutés par le VIH-1 permettrait de développer de nouvelles stratégies antivirales ciblant les étapes tardives de la réplication du virus responsable du SIDA. »



[1] Scanning STED FCS (scanning STimulated Emission Depletion Fluorescence Correlation Spectroscopy): Méthode de nanoscopie qui consiste à mesurer en parallèle la fluctuation des intensités de fluorescence sur plusieurs points du même échantillon.



Source :

HIV-1 Gag specifically restricts PI(4,5)P2 and cholesterol mobility in living cells creating a nanodomain platform for virus assembly. C. Favard, J. Chojnacki, P. Merida, N. Yandrapalli, J. Mak, C. Eggeling, D. Muriaux. Science Advances, Oct 2nd, 2019. Science Advances, 02 Oct 2019: Vol. 5, no. 10,
DOI: 10.1126/sciadv.aaw8651

https://advances.sciencemag.org/content/5/10/eaaw8651

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 31 Oct 2019 - 19:35
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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 08 Nov 2019 - 06:23
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Un nouveau sous-virus du VIH identifié

L'identification d'un nouveau sous-virus du VIH permet à la communauté scientifique de disposer d'une longueur d'avance dans la lutte contre le Sida. Le VIH est en effet un virus en constante évolution et l'identification d'une nouvelle souche permet d'adapter les tests et les traitements.

Un nouveau sous-type du VIH vient d'être identifié par les scientifiques du laboratoire américain Abbott. Ces travaux ont été publiés le 6 novembre dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndrome (JAIDS). Ce nouveau sous-type appartient au groupe M du VIH-1, souche du virus la plus répandue et responsable de 90% des infections par le VIH au niveau mondial. C'est la première fois depuis 19 ans qu'un nouveau sous-type du VIH est ainsi identifié, ce qui devrait contribuer à mieux lutter contre la pandémie du SIDA.

Si les efforts déployés par la communauté des chercheurs et des médecins dans le monde entier laissent entrevoir aujourd'hui une fin possible de cette pandémie qui a touché depuis le début des années 80 plus de 75 millions de personnes, les chercheurs restent en permanence vigilants pour surveiller d'éventuelles nouvelles souches nécessitant d'adapter les tests et les traitements. "Pour mettre fin à la pandémie de VIH, nous devons suivre ce virus en constante évolution", explique Carole Mc Arthur, professeur à l'université du Missouri à Kansas City.

Un échantillon collecté en 2001
Pour déterminer si un virus inhabituel est en fait un sous-type du VIH, il est nécessaire que trois cas soient découverts indépendamment. Les deux premiers échantillons du sous-type qui vient d'être identifié avaient été découverts en République Démocratique du Congo dans les années 80 et 90. Mais l'identité précise du troisième, collecté en 2001, n'avait pu être établie en raison de la quantité de virus contenue dans l'échantillon et des limites de la technologie disponible à cette époque.

C'est en utilisant les technologies les plus avancées dans le séquençage du génome que l'identification de ce sous-virus est devenue possible. "Identifier de nouvelles souches comme celle-ci revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. En utilisant la technologie de séquençage de nouvelle génération, nous disposons d'un aimant capable de retirer l'aiguille", souligne Mary Rodgers, responsable du programme de surveillance virale chez Abbott et l'un des auteurs de l'étude publiée dans JAIDS.

https://journals.lww.com/jaids/Abstract ... 96307.aspx

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 11 Nov 2019 - 17:24
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Un système de capteur à ingérer pourrait être utilisé pour suivre l’observance thérapeutique chez les personnes ayant une infection à VIH

Une étude pilote de 16 semaines montre que le système de capteur à ingérer Proteus Digital Health Feedback (PDHF) pourrait être utilisé chez les personnes ayant une infection à VIH pour le suivi en temps réel du traitement antirétroviral (TAR).
Le système a efficacement recueilli des mesures en temps réel de la prise des comprimés et a déclenché des rappels par message texte chez 15 personnes ayant une infection à VIH présentant une mauvaise observance du TAR.
Le message texte et le système global ont été utiles pour la majorité des participants, et le médicament co-encapsulé et la voie d’administration dermique ont été bien tolérés chez 7 participants sur 10.
Une étude pilote de 16 semaines ouvre la voie à l’utilisation du système Proteus Digital Health Feedback (PDHF), une nouvelle technologie approuvée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration) en 2012 pour la surveillance en temps réel de l’ingestion de médicaments chez les personnes ayant une infection à VIH recevant un TAR.

Le système est déjà utilisé chez les patients présentant des affections exigeant une observance thérapeutique stricte (hypertension, troubles de la santé mentale, tuberculose et greffe). Il est composé d’un capteur à ingérer co-encapsulé avec des médicaments, qui est activé dans l’estomac et par la suite détecté par un timbre dermique de surveillance. Une micropuce envoie un message à un serveur central par signal Bluetooth. Grâce à un système de message court supplémentaire, un rappel texte personnalisé est envoyé sur l’appareil portable du patient.

Quinze personnes ayant une infection à VIH ont été recrutées dans l’étude, chacune ayant une mauvaise observance du TAR. L’âge moyen était de 48 ans. Une personne a arrêté de porter le timbre en raison d’une réaction cutanée et deux ont retiré leur consentement. Bien que de nombreux participants aient manqué plusieurs visites de l’étude, les résultats montrent que le système a recueilli efficacement des mesures en temps réel de la prise des comprimés, ce qui a déclenché l’envoi de rappels par message texte pendant l’étude de 16 semaines.

Lors de chaque visite, plus de 70 % des participants ont indiqué que le comprimé était bien toléré et au moins 75 % ont signalé que le timbre était très ou relativement confortable. Le rappel par message texte, qui n’était utilisé qu’en cas d’oubli d’une dose, n’a pas été utile pour 1 ou 2 participants par visite, tandis que le système de capteur global a été jugé utile par 85 % des participants à la semaine 4 et par 75 % à la semaine 8.

Par conséquent, selon cette étude, les capteurs tels que le PDHF pourraient être mis en place dans la population des personnes ayant une infection à VIH. Des études ultérieures sont nécessaires pour évaluer l’acceptabilité du système dans des groupes sélectionnés et le rapport coûts-avantages

Univadis

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