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Sujet du message: VIH/VHC Protocoles et essais  MessagePosté le: 15 Sep 2019 - 06:52
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Co-infection VIH/VHC : quels paramètres jouent sur la mortalité ?

Le 3 septembre dernier, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) a publié un communiqué concernant la co-infection VIH et hépatite C. Il fait état de résultats de travaux scientifiques attestant de la « confirmation des effets des comportements sur la mortalité associée à l'hépatite C ». De quoi s’agit-Il ?

Les personnes qui sont co-infectées par le VIH et le VHC (hépatite C) souffrent d'un taux de mortalité toujours élevé, malgré les traitements anti-VHC disponibles depuis plusieurs années dans de nombreux pays et qui ont une très grande efficacité en matière de guérison de l’infection VHC. Sur ce constat, une équipe de chercheurs-ses dirigée par Patrizia Carrieri, chercheuse à l’Inserm au sein du laboratoire « Sciences économiques & sociales de la santé & traitement de l’information médicale » (Sesstim, Aix-Marseille Université/Inserm/IRD) s’est intéressée à différents facteurs capables d'influer sur la mortalité liée au VHC.

Cela a fait l’objet d’une étude soutenue par l'ANRS, dont les résultats ont été publiés récemment dans la revue AIDS and Behavior. L’équipe a étudié les 77 décès ayant eu lieu parmi les 1 028 patients-es co-infectées par le VIH et le VHC en France de la cohorte ANRS CO13 Hepavih, sur une durée de cinq ans. Ces nouveaux résultats s'inscrivent dans la continuité des données présentées par la même équipe en 2017 à la conférence organisée par l’International Aids Society (IAS).

Dans leur nouvelle étude, les auteurs-rices observent que la consommation régulière de cannabis et la consommation élevée de café sont respectivement associés à une division par près de quatre et de trois du taux de mortalité associée à l'hépatite C. À l'inverse, le tabagisme est associé à une multiplication par 3,5 de ce taux, indique le communiqué de l’ANRS. Du côté des chercheurs-ses, on explique que si les différents médicaments antiviraux ou antirétroviraux permettent aujourd'hui de contrôler le VIH et de guérir de l'hépatite C, les personnes co-infectées par ces deux virus ont un risque accru de complications liées au virus de l’hépatite C (VHC), comme la cirrhose décompensée, principale cause de décès de ce groupe. Cela est dû au fait que la « co-infection par le VIH diminue la réponse au traitement anti-VHC », et que cette co-infection « cause une progression plus rapide vers une maladie chronique du foie ».

Les travaux de Patrizia Carrieri et de son équipe portent sur l’observation de l’effet de certains comportements et pratiques (consommation de café, tabagisme et consommation de cannabis notamment) sur la mortalité liée au VHC, chez les personnes co-infectées. Ce travail a été mené en analysant les données de 1 028 patients suivis dans la cohorte ANRS CO13 Hepavih pendant cinq ans. Au cours de cette période, 77 décès sont survenus, dont 33 liés au VHC.

Avec ces nouveaux résultats, les chercheurs-ses confirment que « les consommateurs réguliers de cannabis ont une réduction du taux de mortalité liée au VHC de près de 70 % par rapport aux autres. Les consommateurs de trois tasses de café et plus par jour bénéficient d'un taux de mortalité liée au VHC réduit de 60 % par rapport à ceux qui en boivent moins. « L'action de ces deux substances pourrait être liée à leurs effets antioxydants et anti-inflammatoires qui réduisent les dommages au foie », avance l’équipe de recherche. Deux autres facteurs de risque majeurs sont d'une part le tabagisme, les fumeurs de tabac présentant un taux de mortalité trois fois et demi plus élevé que les non-fumeurs, et d'autre part l’obésité, qui est associée à un risque deux fois et demi plus élevé que les patients présentant un poids normal.

L’équipe de Patrizia Carrieri conclut que des changements de comportements et styles de vie - en particulier pour l’arrêt du tabac - seraient à même de réduire la mortalité liée au VHC, et que des interventions sociales pourraient faciliter ces changements. À présent, « Il serait nécessaire d’évaluer l’intérêt des pharmacothérapies dérivées du cannabis, pour estimer de façon plus précise leurs effets et bénéfices pour les patients vivant avec le VIH et/ou l’hépatite C », précisent-ils.

Source : HCV-Related Mortality Among HIV/HCV Co-infected Patients: The Importance of Behaviors in the HCV Cure Era (ANRS CO13 HEPAVIH Cohort). Melina Erica Santos ; Camelia Protopopescu ; Philippe Sogni ; Issifou Yaya ; Lionel Piroth ; François Bailly ; Fabienne Marcellin ; Laure Esterle ; Linda Wittkop ; Eric Rosenthal ; Philippe Morlat ; Perrine Roux ; Wildo Navegantes de Araujo ; Dominique Salmon‑Ceron ; Maria Patrizia Carrieri, etc.

Co-infection VIH/VHC : consommation de café et de cannabis
Deux études réalisées dans le cadre de la cohorte ANRS CO13-Hepavih de personnes co-infectées par le VIH et l’hépatite C mettent en évidence un risque moins élevé de fibrose hépatique chez les personnes qui consomment au moins trois tasses de café par jour, quel que soit leur niveau de consommation d’alcool, et un risque moins élevé de stéatose hépatique chez les consommateurs-rices quotidiens de cannabis. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les comportements de consommation dans la prise en charge et le suivi clinique des patients co-infectés, expliquait alors en juillet 2017 l’équipe de Patrizia Carrieri. Ces résultats ont été présentés le 26 juillet 2017 lors de la 9e Conférence scientifique sur le VIH (IAS 2017) organisée par l’International Aids Society et l’ANRS à Paris. En juillet 2017, Patrizia Carrieri expliquait à propos des résultats présentés : « les interactions entre comportements alimentaires, consommations de substances psychoactives et évolution de la maladie hépatique nécessitent des études complémentaires, en particulier des études interventionnelles. Bien évidemment, les résultats obtenus dans la cohorte ANRS Hepavih ne peuvent conduire à recommander aux patients co-infectés la consommation de telle ou telle substance ou produit. En revanche, il serait certainement utile que les cliniciens tiennent compte des comportements de consommation de leurs patients dans le cadre de leur évaluation clinique ».

Sources : Coffee intake modifies the relationship between alcohol consumption and liver fibrosis in patients coinfected with HIV and hepatitis C virus (ANRS CO13-Hepavih cohort) et Daily cannabis use and reduced risk of severe steatosis in a population of patients co-infected with HIV and hepatitis C virus (HCV) (ANRS CO13-Hepavih).

Qu’est-ce que la cohorte ANRS CO13-Hepavih ?
Ouverte en 2005, la cohorte ANRS CO13-Hepavih a inclus 1 859 patients co-infectés par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC). Cette cohorte vise à préciser l’histoire naturelle de la co-infection et à mieux comprendre les interactions entre les deux virus et leurs traitements. Les patients-es inclus-es sont suivis-es tous les six ou douze mois, selon l’évolution de leur hépatite C et de leurs traitements. La cohorte ANRS CO13-Hepavih a ainsi permis de recueillir un ensemble de données très riches sur la co-infection VIH/VHC et sa prise en charge à l’ère des traitements à action directe sur le VHC (AAD).

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Sujet du message: VIH/VHC Protocoles et essais  MessagePosté le: 26 Sep 2019 - 15:41
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Dans de très rares cas, une partie de l'hépatite C peut subsister après une cure

Cependant, la présence d'un tel virus persistant n'a pas été associée à des lésions hépatiques.

Dans des cas extrêmement rares, les personnes séropositives qui ont apparemment guéri du virus de l’hépatite C (VHC) peuvent conserver des niveaux très bas du virus pendant un certain temps après, indique aidsmap. Cependant, ce virus persistant n'a pas été lié à des dommages au foie.

Publiant leurs découvertes dans Nature Scientific Reports, une équipe de recherche dirigée par Antonio Rivero-Juárez, MD, de l’Unidad de Enfermedades Infecciosas de Córdoba, en Espagne, a mené une étude longitudinale prospective sur 123 personnes co-infectées par le VIH et le VHC, traitées pour l’hépatite C entre 2015 et 2018 dans des hôpitaux de la région andalouse en Espagne.

Tous les participants avaient obtenu une réponse virologique soutenue - une charge virale indétectable de l'hépatite C - 24 semaines après la fin du traitement, connue sous le nom de RVS24 et considérée comme un traitement curatif. Plus de 12 mois s'étaient écoulés depuis que tous avaient atteint cet objectif.

Au cours de l’étude, tous les participants ont été soumis à un test de la charge virale du VHC au moins une fois par an. Pour détecter de très faibles niveaux de virus, les enquêteurs ont utilisé un test de PCR numérique à gouttelettes ultrasensible - un moyen d’extraire de l’ARN viral - d’échantillons des cellules mononucléées du sérum et du sang périphérique (PBMC) des participants. Si les échantillons sont positifs, ils sont ensuite testés pour rechercher le brin antigénomique du VHC, ce qui indique la présence du virus avec la capacité de se répliquer.

Les participants avaient obtenu une RVS24 une moyenne de 51 mois avant de participer à l’étude; 43% avaient été guéris plus de cinq ans auparavant. Quatre-vingt-deux pour cent des participants étaient des hommes et tous sauf un recevaient un traitement contre le VIH. Quatre-vingt-trois pour cent avaient été traités pour le VHC avec de l'interféron et de la ribavirine, les autres recevant un traitement antiviral à action directe.

Un participant, qui avait atteint une SVR24 69 mois avant de rejoindre l’étude, avait été testé positif pour l’ARN du VHC lors de son entrée dans l’étude, mais seulement dans les cellules PBMC et non dans le sérum; le test antigénique sur brin était négatif. Lors de cette première visite, le taux de VHC dans les PBMC était de 12 034 gouttelettes positives, chiffre qui a baissé à 10 404; 4; et 0 gouttelettes positives lors des trois visites d'étude ultérieures, respectivement.

Cette personne n'a jamais eu de test positif pour le VHC dans le sérum. Cependant, lors de la deuxième visite - mais à aucune des autres visites - le test antigénomique sur le brin était positif.

Au cours de l'étude, les cellules CD4 de cette personne ont augmenté de 291 à 558. Aucune augmentation de la rigidité hépatique (indicateur de fibrose hépatique) ni aucune augmentation des enzymes hépatiques n'ont été observées. Ces résultats suggèrent que le virus très faible et persistant n'a été associé à aucune atteinte hépatique.

«En conclusion», ont écrit les auteurs de l’étude, «la persistance de l’ARN du VHC dans les PBMC n’est pas un événement fréquent chez les patients co-infectés par le VIH / VHC présentant une RVS à long terme après une évaluation avec une procédure ultrasensible comme le [test PCR en gouttelette numérique]. Un seul patient présentait une persistance virale, ce qui n'a pas entraîné de complications cliniques liées au VHC, telles qu'une récidive tardive ou une progression de la fibrose hépatique. »

Les chercheurs ont également déclaré que le dépistage du VHC résiduel à l'aide de tels tests ultrasensibles chez les personnes traitées pour le virus et réputées guéries pouvait être justifié avant le don ou le don d'organes ou de sang de ces personnes, ainsi que pour les femmes cherchant à concevoir un enfant. .

https://www.aidsmap.com/news/sep-2019/d ... -treatment

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Sujet du message: VIH/VHC Protocoles et essais  MessagePosté le: 09 Oct 2019 - 06:44
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Vers une micro-élimination de l'hépatite C chez les personnes vivant avec le VIH en Australie: l'étude CEASE

Contexte :

La micro-élimination du VHC chez les personnes vivant avec le VIH pourrait être faisable en Australie, étant donné l'accès sans restriction à la thérapie antivirale à action directe (AAD) à partir de 2016. Notre objectif était d'évaluer les progrès accomplis vers les objectifs d'élimination chez les adultes co-infectés par le VIH / VHC en Australie. accès universel DAA suivant.

Les méthodes :

L’étude de cohorte prospective CEASE a inclus des adultes séropositifs pour le VIH / VHC, quel que soit leur statut virémique, dans 14 cliniques primaires et tertiaires d’Australie. L'absorption annuelle et cumulative du traitement du VHC, les résultats et la prévalence de l'ARN du VHC ont été évalués, avec un suivi effectué jusqu'en mai 2018 (suivi médian: 2,63 ans). Les facteurs associés à l'absorption de DAA ont été analysés.

Résultats :

Entre juillet 2014 et mars 2017, 402 participants séropositifs pour le VIH / VHC ont été recrutés (95% d'hommes [80% d'hommes homosexuels et bisexuels,], 13% de cirrhose, 80% d'antécédents de consommation de drogues injectables [39% actuellement injectée]). À la suite de l’accès universel aux AAD, l’absorption annuelle du traitement contre le VHC chez les personnes éligibles est passée de 7% et 11% par an en 2014 et 2015, respectivement, à 80% en 2016. (336/371). La prévalence virémique du VHC a diminué de 82% (IC à 95%: 78%, 86%) en 2014 à 8% (IC à 95%, 6%, 12%) en 2018. Une réinfection n'a été signalée que chez cinq participants pour une incidence de 0,81 sur 100. -personnes (IC 95% 0,34, 1,94).

Conclusions :

L’absorption élevée et l’efficacité du traitement sans restriction par le DAA en Australie ont permis une extension rapide du traitement, avec une réduction spectaculaire du fardeau de l’infection par le VHC et un faible taux de réinfection chez les personnes vivant avec le VIH, ce qui suggère que la micro-élimination est réalisable.

https://academic.oup.com/cid/advance-ar ... edFrom=PDF

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Sujet du message: VIH/VHC Protocoles et essais  MessagePosté le: 13 Oct 2019 - 09:48
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VIH : un nouveau traitement prometteur pour soigner les maladies du foie

Parmi les personnes séropositives, certaines souffrent de maladie du foie. Jusqu’ici aucun traitement ne permettait de les soigner. Des chercheurs ont découvert les effets bénéfiques de la tésamoréline. Chez plus de trois patients sur dix, elle permet de retrouver un foie sain.

12,7 milliards d’euros ont été réunis à Lyon, jeudi 10 octobre, pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour 2020-2022. La somme représente 14 millards de dollars, soit l’objectif visé au départ. Plus tôt dans la journée, et alors que des fonds manquaient encore, Emmanuel Macron a déclaré : "je ne laisserai personne sortir de cette salle tant qu’on n’a pas atteint les 14 milliards", puis nommé les mauvais élèves dont il jugeait les efforts insuffisants, dont la Norvège, le Japon et l’Arabie Saoudite. L’argent récolté doit permettre de financer des traitements pour les personnes malades et contribuer à la lutte pour l’éradication de ces trois maladies. Chaque année, la science fait des progrès dans la connaissance du sida et dans la recherche sur les manières de le soigner.

Vendredi 11 octobre, des chercheurs américains ont publié les résultats d'une étude prometteuse dans The Lancet HIV. Le National Institute of Allergy and Infectious Disases prouve l’efficacité d’un médicament pour soigner les maladies du foie chez les patients atteints du VIH.

25% des personnes séropositives souffrent de maladie du foie

La tésamoréline est une hormone, administrée sous forme d’injections aux patients. Elle est déjà utilisée pour soigner des complications liées au sida. Dans cette recherche, les scientifiques ont analysé ses effets sur la stéatose hépatique non-alcoolique. Cette maladie touche environ un quart des personnes séropositives, mais aucun traitement ne permet de la soigner. À terme, elle peut évoluer en cancer du foie.

Un foie sain au bout de douze mois

L’étude a duré un an, pendant lequel les participants ont reçu des injections quotidiennes, soit d’un placebo soit de tésamoréline. Tous étaient séropositifs et souffraient de troubles du foie : fibrose ou stéatose hépatique non-alcoolique. Ceux qui ont reçu l’hormone avaient un foie en meilleure santé au bout d’un an. Le critère retenu par les chercheurs était le taux de graisses contenue dans le foie, en sachant que pour un individu sain, il est inférieur à 5%. 35% des personnes soignées avec le nouveau traitement ont atteint ce seuil, contre seulement 4% de ceux qui prenaient le placebo.

D’autres marqueurs sanguins associés à l’inflammation du foie ont baissé chez les individus soignés avec la tésamoréline. "D’autres recherches devraient nous informer sur les possibles bénéfices à long terme de cette technique et permettre de développer des formules qui pourraient aider toutes les personnes atteintes de maladie du foie, quelque soit leur état sérologique", concluent les chercheurs.

En 2018, 770 000 personnes sont décédées du sida à travers le monde.

https://www.thelancet.com/journals/lanh ... 8/fulltext

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