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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Jan 2018 - 14:34
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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Jan 2018 - 14:47
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L’hépatologie, une discipline où l’on guérit les malades !

Dominique Thabut Service d’hépatologie, AP-HP, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.


Cette année encore, le Congrès international d’hépatologie de l’AASLD a été riche en rebondissements. Réunis à Washington, nous avons tous pu constater à nouveau les avancées effectuées ces dernières années dans le domaine de l’hépatite C… première infection virale pouvant être guérie ! Nous avons maintenant un niveau d’exigence si important que nous visons la perfection : des taux de guérison supérieurs à 98 % avec une tolérance parfaite ; des schémas courts, simples à prescrire, sans ribavirine et évidemment des prix compétitifs, si possible.
Nous avons maintenant les associations thérapeutiques qui remplissent ces objectifs. Et certaines “nouvelles molécules” il y a quelques années ne seront bientôt plus prescrites, laissant la place à 4 ou 5 combinaisons qui seront notre arsenal thérapeutique pour les années à venir. Toutes les nouveautés concernant la dernière vague de traitements seront présentées dans ce supplément : études poolées, résultats de phase III, populations particulières, notamment les patients toxicomanes, insuffisants rénaux, etc., comme vous le verrez, beaucoup de scoops.

Conséquence, l’abandon de certaines combinaisons dont les résultats, présentés à ce congrès, mais probablement un peu tard par rapport aux autres, étaient très bons. Nous commenterons quand même ces études dans ce supplément.

Il ne faut pas oublier toutefois qu’exigeants comme nous le sommes, nous demandons l’éradication totale de l’hépatite C… avec comme objectif 2025. Pour cela, il faudra améliorer les stratégies de dépistage en population générale, et aller chercher les patients, pour les traiter, d’une part, et éviter les recontaminations, d’autre part, et vous verrez dans ce supplément que le dépistage de l’hépatite C a des effets bénéfiques inattendus, par exemple chez les patients usagers de drogues qui diminuent leur consommation après le dépistage, que le résultat de la sérologie soit négatif ou positif.

En dehors du virus C ? Nous sentons bien que nous sommes à un tournant : beaucoup de nouveautés diagnostiques et thérapeutiques sont attendues dans le domaine de la stéatopathie métabolique, des études dans le carcinome hépatocellulaire aussi, dont trop sont encore négatives, alors que le pronostic de cette maladie est si sévère, mais un panel de molécules sont en développement, pour les années à venir, heureusement.

Enfin, nous avons fait le choix de réserver une place dans ce numéro
aux maladies cholestatiques, avec de nouveaux scores et plusieurs nouveaux traitements qui arrivent.

Nous, hépatologues, avons la chance de voir certains de nos patients guérir, alors qu’ils décédaient il y a seulement quelques années, grâce aux avancées thérapeutiques incroyables dans le domaine de l’hépatite C.

Cependant, n’oublions pas que la route est encore longue avant l’éradication de cette maladie, et que nos efforts doivent rester soutenus car il reste encore beaucoup de patients à traiter. Dans les autres domaines, place à l’innovation aussi et nous attendons avec espoir, et l’exigence qui nous caractérise maintenant, les années à venir…

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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Jan 2018 - 15:04
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Ces AVD que nous n’aurons pas…
Étude C-BREEZE 2 : RZR/UPR
12 semaines dans les G 1, 2, 3, 4, 5 ou 6

(Lawitz E et al., abstr. 61)

Une étude de phase II (C-BREEZE 1) avait déjà évalué l’efficacité et la tolérance de cette association comportant un inhibiteur de la NS5A (ruzasvir [RZR]) et un inhibiteur de la NS5B (uprifosbuvir [UPR]), avec une efficacité suboptimale dans certains génotypes aux doses alors utilisées (60/450 mg). Dans l’étude de phase II C-BREEZE 2, les doses ont été augmentées à 180/450 mg × 1/j sur une durée de 12 semaines,
avec 50 patients inclus dans une première cohorte et les suivants inclus dans une deuxième cohorte, en l’absence de problèmes de tolérance dans la première. Les patients inclus dans cette étude, menée en ouvert, étaient soit naïfs de traitement, soit prétraités par IFN ± RBV. Au total, 282 patients ont été inclus (G1a : n = 45 ; G1b : n = 30 ; G2 : n = 45 ; G3 : n = 59 ; G4 : n = 55 ; G5 : n = 3 ; G6 : n = 22), 21 % étaient atteints d’une cirrhose compensée. Les résultats montraient un taux de RVS12 de 92 % (19 échecs virologiques, dont 14 G3) [figure 3]. La double association a été bien tolérée, sans EI rénaux : les EI les plus fréquents étaient l’asthénie (7,8 %) et les céphalées (7,4 %).

En conclusion, l’efficacité de cette association pangénotypique, malgré l’augmentation de dose, demeure suboptimale chez les patients de G3, qu’ils soient cirrhotiques ou non, avec un impact des mutations associées à une résistance, même si celles-ci ne sont pas retrouvées dans tous les échecs. Ces résultats, qui auraient été jugés remarquables il y a seulement 2 ans, ont signé l’arrêt du développement de cette association.



Étude OMEGA-1 : AL-335/ODV/SMV
dans les G 1, 2, 4, 5 ou 6 naïfs
non cirrhotiques

(Zeuzem S et al., abstr. 65)

Cette étude de phase IIa a évalué l’efficacité et la tolérance d’une (ODV) [inhibiteur combinaison de 3 AVD : AL-335 (inhibiteur de la polymérase NS5B), odalasvir NS5A] et siméprévir (SMV). Elle fait suite à une étude de phase IIa (AL-335-604) qui avait montré des taux de réponse (RVS12 et RVS24) de 100 % chez des patients de G1 non cirrhotiques après 6 ou 8 semaines de traitement. Dans l’étude OMEGA-1, 365 patients naïfs ou prétraités, non cirrhotiques, ont été inclus et randomisés pour recevoir AL-335 800 mg + ODV 25 mg + SMV 75 mg × 1/j pendant 6 (n = 183) ou 8 (n = 182) semaines. La répartition selon le génotype était la suivante : G1a : 29,3 %, G1b : 42,5 %, G2 : 12,6 %, dont G2c, 5 %, G4 :14,2 % et G5 : 1,4 %. Les résultats montraient des taux de RVS12 excellents, de 99 (6 semaines) et 98 % (8 semaines), avec une efficacité suboptimale dans le sous-groupe de patients de G2c, qui comprenait 18 patients en tout (6 semaines : 83,3 % ; 8 semaines : 75 %) [figure 4]. Le profil de tolérance était satisfaisant, sans EI sérieux (en particulier cardiaques qui ont été surveillés par 3 échographies au cours de la période de traitement) ou sorties d’étude pour EI. Là aussi, le développement de cette combinaison “pangénotypique” en dehors des G3 sera arrêté, malgré les très bons résultats obtenus.


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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Jan 2018 - 16:18
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AASLD 2017 Impact des traitements


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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Jan 2018 - 16:18
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La Qualité de Vie avant/pendant et après un traitement par AAD chez les français
CACOUB P, PARIS, AASLD 2017, ABS. 726 ACTUALISÉ

• Les traitements sans IFN et sans RBV améliorent les PROs pendant et après traitement par AAD
• L’amélioration est semblable chez les français et les américains

Commentaire

Cette analyse post hoc a étudié la qualité de vie par les PROs (patients reported outcomes) chez 931 patients français traités dans 11 études internationales de phase 3 avec des combinaisons à base de sofosbuvir entre 2012 et 2017. Ces patients ont été comparés en termes de qualité de vie avec les patients américains appariés pour l’âge, le sexe, l’IMC, les traitements, la présence de cirrhose, de diabète, de maladie psychiatrique et de co-infection VIH. Les PROs étaient évalués avant, pendant, à la fin du traitement et au décours du traitement.
Les caractéristiques démographiques des patients étaient habituelles pour les patients atteints d’hépatite chronique C, une majorité d’hommes d'âge moyen autour de 55 ans dont un quart à un tiers avait une cirrhose. La RVS était observée chez 91 % des patients traités par SOF + IFN + RBV, 87 % chez ceux traités sans IFN et 97,6 % chez ceux traités par AAD sans RBV ni IFN.
La qualité de vie, avant traitement, était moins bonne chez les patients Français par rapport aux patients Américains.
Comme pour les patients américains, la qualité de vie des patients Français était moins bonne pendant le traitement chez ceux traités par IFN et RBV par rapport à ceux traités sans IFN ni RBV.
Chez les patients traités par AAD sans RBV ni UFN les PROs s’améliorent pour toutes les composantes pendant et après le traitement .
Cette analyse montre que la qualité de vie des patients Français est moins bonne avant traitement par rapport aux patients Américains mais que celle-ci s’améliore de façon identique avec les traitements par AAD sans IFN ni RBV.





Suivi des patients F0-F1 ayant une RVS après AAD
BOURLIÈRE M, MARSEILLE, AASLD 2017, ABS. 969 ACTUALISÉ

• Les patients F0-F1 guéris par AAD ne présentent plus de maladie hépatique en l’absence de comorbidités
• Aucun suivi pour le CHC n’est nécessaire

Commentaire

Il s’agit de la première étude de suivi des patients VHC sans fibrose ou, avec une fibrose minime, ayant eu une RVS après un traitement par AAD comprenant du sofosbuvir.
Il s’agit d’un registre de suivi : 1 444 patients, F0-F1 défini par un Fibrotest compris entre 0 et 0,21.
Les patients étaient inclus dans les 12 semaines post RVS12 et suivis tous les 24 semaines avec une évaluation clinique biologique, virologique et une imagerie à la recherche de CHC. Chez les patients présentant une rechute, une analyse phylogénétique permettait de distinguer les rechutes des réinfections.
L’âge moyen des patients était de 47 ans, 41 % hommes, IMC moyen de 27, 58 % génotype1, 15 % génotype 2, 18 % génotype 3, 6 % génotype 4, 1 % génotype 5, 2 % génotype 6.





VHC : faut-il faire un bilan lipidique après la RVS ?
LINARES P, ESPAGNE, AASLD 2017, ABS. 1004 ACTUALISÉ

Commentaire

Le virus de l’hépatite C utilise le métabolisme lipidique de l’hôte pour son cycle cellulaire. Les patients virémiques ont un profil hypolipidique. Cette étude montre une augmentation du taux du cholestérol total et du LDL cholestérol après RVS.
Des résultats similiaires ont été observés après traitement par IFN (Lipids Health Dis. 2015;14:117).
Dans un autre travail, 60 patients ont été traités par SOF/VEL. 9 patients n’ayant pas les critères de mise sous statines avant traitement ont présenté ces critères durant et à la fin du traitement. 4 d’entre eux sont traités par statines après le traitement par AAD (abstract 974).
Dans un troisième travail portant sur le traitement de patients coinfectés (VIH/VHC) par les DAA, il existait une augmentation significative du score de risque cardiovasculaire Framingham 10 ans après traitement par les DAA (p < 0,001) lié principalement à une aggravation du profil LDL cholestérol (84,5 mg/dl vs 101,9 mg/dl, p < 0,001) (abstract 1529).


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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Jan 2018 - 16:19
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Amélioration du contrôle glycémique après éradication du VHC par AAD
HUM J, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 1141 ACTUALISÉ



Eradication du VHC et manifestations cardiovasculaires et rénales
LI J, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 981 ACTUALISÉ

Commentaire

La RVS, chez ces patients VHC+ et diabétiques, réduit les complications rénales et cardiovasculaires à long terme par rapport aux patients non traités.
Dans un autre travail (abstract 1143), au cours de l’hépatite chronique C, il existe une diminution de la distensibilité vasculaire artérielle qui est améliorée par les DAA en cas de RVS. Ce phénomène pourrait améliorer les complications cardiovasculaires de ces patients.



Evénements indésirables sévères et AAD : Cohorte Hepather ANRS
DIALLO A, CLERMONT-FERRAND, AASLD 2017, ABS. 1149 ACTUALISÉ

• En dehors de la prudence chez les malades ayant une cardiopathie et/ou des médicaments cardiotropes, peu de soucis avec ces AAD
• Apparemment pas de confirmation du signal HTAP (qui doit heureusement être rare)

Commentaire

Au total, 2 859 événements indésirables graves (EIG) ont été déclarés au service de vigilance de l’ANRS entre août 2012 et août 2017 chez 1981 patients infectés par le VHC (quelque soit leur statut VHC et VHB).
Parmi les EIG AAD+, la majorité des patients était sous traitement à base de sofosbuvir. 43 EIG ont été potentiellement imputés aux AAD.
L’incidence de chaque EIG-signal AAD+ versus AAD- a été calculée en rapportant le nombre total d’évènements indésirables graves AAD+ et AAD- au nombre total de personnes-années AAD+ et AAD- respectivement.
Trente-cinq EIG de type arythmie sont survenus chez les patients AAD+ (34 à base de sofosbuvir). 25 d’entre-eux étaient associés à des médicaments cardiotropes. Ces arythmies sont survenues chez des patients cirrhotiques et /ou avec des antécédents de pathologie cardiaque ischémique ou d’arythmie.
Trois cas d’hypertension artérielle pulmonaire ont été rapportés chez des patients cirrhotiques AAD+. Un cas a été considéré comme lié à la combinaison Sofosbuvir-daclatasvir-siméprevir-ribavirine et 2 cas possiblement reliés à une cause non médicamenteuse (post-remplacement de valve mitrale, événement thromboembolique).
A la date de cette analyse, les principales causes de décès sont les cancers, les pathologies hépatiques, infectieuses et cardiaques.

• Au total, 2 859 événements indésirables graves (EIG) ont été déclarés au service de vigilance de l’ANRS entre août 2012 et août 2017 chez 1981 patients infectés par le VHC (quelque soit leur statut VHC et VHB)


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Réactivation du VHB sous DAA pour VHC : méta-analyse

MUCKE MM, ALLEMAGNE, AASLD 2017, ABS. 1019 ACTUALISÉ


Commentaire

15 études observationnelles impliquant 1 541 patients VHC avec hépatite B chronique (n = 237) ou résolue (n = 1 304) et traités par AAD ont été analysées. Le taux de réactivation B (augmentation de l’ADN VHB de 2 log ou ADN VHB > 100 UI en cas d’indétectabilité) était de 24 % (IC 95 % : 0,19-0,36) en cas d’hépatite chronique B et de 1,4 % en cas d’hépatite B résolue.
Chez les patients avec hépatite B chronique, le risque d’hépatite lié à la réactivation était de 9 % (IC 95 % : 0,05-0,16). Ce risque était très faible si l’ADN VHB était indétectable avant mise sous AAD versus 0,20 (IC 95 % : 0,06-0,64; p = 0,0011) si l’ADN VHB était quantifiable. 12 patients étaient traités pour leur VHB durant ou après traitement par AAD. 3 évènements cliniques majeurs ont été rapportés (2 insuffisances hépatiques et une décompensation hépatique). Chez les patients avec hépatite B résolue, aucune hépatite liée à la réactivation n’a été rapportée.
L’AFEF recommande de doser les transaminases et l’ADN du VHB toutes les 4 semaines à l’initiation puis, pendant toute la durée du traitement par agent antiviral direct chez les patients porteurs inactifs du VHB ou avec anticorps anti-HBc isolé (B). En cas de suspicion de réactivation virale (élévation de la charge virale du VHB et cytolyse), il est recommandé de prendre un avis spécialisé́ (AE).



Doit-on traiter le VHC chez les patients ayant un LNH diffus à grandes cellules B et traités par chimiothérapie ?
PERSICO M, ITALIE, AASLD 2017, ABS. 1100 ACTUALISÉ

Commentaire

Il existe une association entre VHC et lymphomes non hodgkiniens (LNH) indolents. Dans certains cas, le traitement du VHC permet la rémission de ces LNH malgré leur caractère agressif.
Le lymphome diffus à grandes cellules B est le LNH le plus fréquent en Occident. Dans cette étude observationnelle, les auteurs ont traité simultanément le VHC par AAD et le LNH diffus à grandes cellules B par chimiothérapie. Le traitement anti VHC était bien toléré. La RVS a impacté positivement sur la survie sans récidive par rapport à un groupe contrôle historique. Toutefois, la survie globale après 52 semaines n’était pas impactée.
La survie globale à 1 an était identique dans les deux groupes, mais la survie sans récidive était meilleure chez les malades ayant eu une éradication du VHC, et, en régression logistique, les seuls facteurs prédictifs indépendants de survie sans récidive (du lymphome) étaient l’indice pronostique du lymphome (IPI) et le traitement par AAD.
L’amélioration de la survie sans récidive est incertaine, parce que le groupe contrôle historique était différent pour l’âge et la chimiothérapie ; néanmoins, pourquoi se priver de l’éradication du VHC dès maintenant ?



Facteurs prédictifs d’amélioration ou d’aggravation des cirrhoses décompensées traitées par les AAD
GORDON JIANG Z, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 1072 ACTUALISÉ

• Sur 528 patients ayant une RVS12 (85 %) : 36 % des patients Child-Pugh B et 12,3 % des Child-Pugh C sont devenus Child-Pugh A
• La RVS était associée à une réduction très significative du risque de TH ou décès
• 32 % des patients avec RVS12 sont devenus Child-Pugh A
• Un score à 5 points (BEAAA) permet de prédire les patients qui vont s’améliorer et passer au stade cirrhose Child-Pugh A

Commentaire

Il s’agit d’une analyse de 4 études cliniques (SOLAR 1 et 2, ASTRAL 1 et GS-US-334-0125) des patients cirrhotiques décompensés traités par un traitement antiviral direct à base de Sofosbuvir (SOF).
Sur les 622 patients cirrhotiques colligés, 502 étaient Child-Pugh B et 120 Child-Pugh C avant le traitement. L’objectif principal de cette analyse était de déterminer la proportion de patients qui atteignent le stade de cirrhose compensée Child-Pugh A. Les patients étaient traités pendant 12 ou 24 semaines par SOF/LDV + RBV ou SOF/VEL ± RBV ou SOF + RBV pendant 48 semaines. La réponse virologique soutenue à 12 semaines était de 528/622 patients (85 %). La médiane de suivi était de 255 jours (IQR : 251-336) avec 17 patients qui ont été transplantés et 35 autres décédés. Sur 528 patients ayant une RVS12, 36 % des patients Child-Pugh B et 12,3% des Child-Pugh C sont devenus Child-Pugh A. Les patients ayant répondu au traitement avaient plus de chance de devenir Child-Pugh A (voir figure). Une RVS12 était associée à une réduction très significative du risque de transplantation ou de décès (HR = 0,003, IC 95 % : 0,0005-0,002, p < 0,0001).Cinq facteurs étaient prédictifs d’être Child-Pugh A (voir tableau). Un score était alors développé pour prédire le bénéfice de traitement et le pronostic.






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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Jan 2018 - 16:20
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Traitement par AAD : amélioration du pronostic
POL S, FRANCE, AASLD 2017, ABS. LB-28 ACTUALISÉ; IOANNOU GN, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 142 ACTUALISÉ

• Après ajustement, le traitement par AAD est associé à une diminution du risque de décès toute cause et de cause hépatique
• A la date de point, il n’y a pas de différence significative pour la survenue d’un carcinome hépatocellulaire ou d’une décompensation hépatique
• La réponse au traitement diminue le risque de carcinome hépatocellulaire de novo
avec IFN : dim. 68 %
avec IFN + AAD : dim. 52 %
avec AAD : dim. 71 %

Commentaire

Les patients traités par AAD ne sont pas les mêmesque ceux qui étaient traités par IFN ou qui n’ont pas été traités. Notamment, au début de la disponibilité des AAD, ce sont les patients les plus graves et donc, les plus à risque de complications qui ont été traités. L’analyse critique de la littérature doit prendre en compte ce fait et surtout vérifier la qualité de l’ajustement quand des résultats de comparaison entre une population traitée par AAD et une population non traitée ou traitée par des traitements anciens sont présentés.
Dans ce travail de la cohorte prospective française HEPATHER, 9.295 patients VHC + ont été suivis en comparant les patients traités par AAD et ceux non traités. 90 décès ont été constatés chez les patients ayant reçu des AAD contre 78 dans l’autre groupe. En données brutes non-ajustées, la survie était meilleure dans le groupe n’ayant pas reçu d’AAD. En revanche, après ajustement utilisant un score de propension, la survie était meilleure dans le groupe ayant reçu des AAD. Le bénéfice est dû surtout à la diminution de la mortalité hépatique.
Avec le suivi actuel, il n’y a pas de bénéfice encore observé sur le risque de décompensation ou de carcinome hépatocellulaire.





Commentaire

Les données des Vétérans américains sont intéressantes du fait du nombre de patients, des co-morbidités et du suivi de qualité dans les centres américains.
Cette étude rétrospective a évalué 3 groupes de patients traités (IFN seul, AAD + IFN, AAD seul) en comparant les patients guéris et non guéris. Le critère de jugement était la survenue ou non d’un carcinome hépatocellulaire de novo. Pour éviter le risque d’un CHC qui aurait existé mais n’aurait pas été diagnostiqué durant le traitement, seuls les CHC diagnostiqués au moins 6 mois après la fin du traitement anti-viral ont été retenus. La moyenne du suivi était de 6,1 an, plus court pour les patients traités par AAD seuls. Du fait du nombre élevé de patients, un ajustement sur un grand nombre de variables confondantes a pu être fait dans l’analyse statistique.
Globalement, le risque de CHC était plus élevé en cas de cirrhose qu’en l’absence de cirrhose. Plus intéressant, le risque de survenue d’un CHC de novo était diminué en cas de guérison virologique quelque soit le traitement et dans les groupes avec ou sans cirrhose (diapo 2, figure de gauche). Lorsque les traitements par AAD seuls étaient séparément analysés, malgré un suivi plus court, on observait un bénéfice significatif dans le groupe guéri sur le risque de survenue de CHC de novo (diapo 2, figure de droite).
Les ajustements multiples sur les variables confondantes permettaient d’estimer qu’il existe une diminution du risque de survenu du CHC de l’ordre de 50 à 70 % après guérison virologique et quelque soit le type de traitement anti-viral.



La guérison virologique du VHC par AAD diminue le taux d’hospitalisation des patients cirrhotiques
DELMONTE RJ, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 75 ACTUALISÉ

• Chez les patients cirrhotiques traités par AAD, diminution du taux d’hospitalisation d’environ 2/3 par rapport à une cohorte historique
• Bénéfice chez les patients Child-Pugh A et B

Commentaire

La guérison virologique du VHC de la majorité des patients cirrhotiques change la pratique quotidienne hospitalière. Ce travail le montre en comparant le taux d’hospitalisation des patients cirrhotiques VHC dans une structure unique de San Diego durant 2 périodes : des patients non traités de Janvier 2011 à Décembre 2013 et des patients traités par AAD de Janvier 2014 à Mars 2017. Le diagnostic de cirrhose était fait soit sur PBH, soit par des tests non-invasifs de fibrose (FibroScan ou FIB-4) soit par des signes indirects à l’imagerie. Les modalités de traitement par AAD étaient variables en fonction des génotypes et de la disponibilité des molécules AAD (diapo 1, figure de gauche). Le taux de guérison total était de 86,7%, comparable pour les patients Child-Pugh A et B et peut-être plus faible pour les patients Child-Pugh C mais avec un effectif faible (diapo 1, figure de droite). Les 2 cohortes n’étaient pas différentes pour la répartition des sexes, le score de Child-Pugh, la charge virale, la répartition des génotypes du VHC ou le taux de coinfection par le VIH. En revanche, les patients traités étaient plus âgés (59 vs 56 ans), avaient un suivi plus court (17,7 vs. 24,4 mois) et un MELD médian plus faible (10 vs 11).
Le taux d’hospitalisation était globalement nettement plus faible, notamment pour les patients Child-Pugh A et B (diapo 2, tableau). Pour les patients Child-Pugh C aucune tendance n’était retrouvée mais l’effectif était faible. Les coûts étaient parallèlement diminués. Les taux de CHC, de transplantation ou de décès n’étaient pas modifiés.
Ce travail qui comporte des biais puisqu’il s’agit d’une étude rétrospective avec une comparaison historique, reflète probablement l’évolution des hospitalisations pour VHC dans les services d’hospitalisation en France.





VHC et Parkinson : association fortuite ?
WIJARNPREECHA K, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 891 ACTUALISÉ; TELEP L, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 972 ACTUALISÉ

• Association statistique entre VHC et maladie de Parkinson
• Pas d’influence significative des traitements du VHC (IFN ou AAD)

Commentaire

Au niveau mondial, la maladie de Parkinson touche environ 7,5 millions de personnes et le VHC, 71 millions. Des données préliminaires avaient envisagé un lien entre le fait d’être porteur du VHC et celui de développer une maladie de Parkinson. Le rôle éventuel du virus, soit directement au niveau cérébral, soit indirectement par des phénomènes immunologiques, était évoqué sans plus de précisions physiopathologiques.
Pour savoir si cette association était fortuite ou non, la première étude (Wijarnpreecha et al.) a analysé la littérature et retrouvé 5 études publiées répondant aux critères de sélection, incluant plus de 300.000 personnes VHC + ou – (3 études d’Asie, 1 du Royaume-Uni et 1 des USA). Cette méta-analyse qui vient d’être publiée (Wijarnpreecha et al. Eur J Gastroenterol 2017) montre un OR significatif à 1,35 en faveur d’une association entre le VHC et la maladie de Parkinson. Cette méta-analyse n’a pas d’hétérogénéité. En revanche, étant donné que 3 des 5 études étaient basées sur des données de grandes bases administratives, les auteurs soulignaient l’absence possible d’exhaustivité pour les diagnostics. De même, le détail des patients inclus dans le groupe VHC +, concernant notamment leurs traitements, la gravité de la maladie du foie et leur statut virologique (PCR + ou -) ne pouvait être évalué.
La seconde étude reprenait les données administratives américaines (incluant environ 140 millions de personnes vivantes) et évaluait le risque de développement de maladie de Parkinson en fonction du statut VHC + ou -, et surtout en fonction du traitement ou non du VHC. Plus de 340.000 patients VHC + ont été comparés à un échantillon aléatoire de plus de 700.000 contrôles. Les patients VHC + étaient retrouvés par leur code VHC ou par le fait d’avoir reçu des traitements anti-VHC. La période Interféron (IFN) était censurée en Mai 2011 et la période anti-viraux directs (AAD) en Septembre 2016. Le fait d’être VHC + était associé à un risque de maladie de Parkinson de 1,6 (après ajustement sur l’âge et le sexe). Ce sur-risque était significatif à la fois chez les personnes de moins de 65 ans et de plus de 65 ans. Pour les traitements anti-VHC, les patients traités par IFN et ceux VHC+ non traités pendant la même période avaient un risque de maladie de Parkinson non différent après ajustement sur l’âge, le sexe et les antécédents d’accidents vasculaires et de pathologie mentale. Pour les AAD, il existait une tendance à une moindre association avec la maladie de Parkinson chez les patients traités, sans atteindre le seuil de significativité, après ajustement sur l’âge, le sexe et les antécédents de convulsion, de maladie mentale et de prise de bétabloquants.
Il semble donc exister une association entre VHC et Parkinson. En revanche, association ne veut pas dire lien de causalité. Notamment, le fait de guérir du VHC ne diminuait pas significativement ce risque, même si, avec les AAD, il existait une tendance non significative.



Risque rénal et traitement par AAD
SINGER AW, ETATS-UNIS, AASLD 2017, ABS. 970 ACTUALISÉ

• Le traitement par AAD est associé à un risque plus faible d’insuffisance rénale terminale
• Ce bénéfice reste significatif chez les patients avec une insuffisance rénale chronique initiale et chez les patients diabétiques

Commentaire

Le bénéfice à long terme de la guérison du VHC par AAD en population VHC générale n’est pas connu.
Il s’agit d’une étude rétrospective obtenue à partir d’une database américaine incluant plus de 150 000 personnes, dans laquelle les traitements étaient connus.
Les traitement VHC par AAD retenus étaient ceux d’au moins 12 semaines, incluant SOF, SOF/LDV, SOF/VEL, SIM, DCV, 2D, 3D ou GZR/EBR.
Les patients avec une insuffisance rénale terminale ou débutant une dialyse avant la date de point (début de traitement ou temps du début de suivi pour les patients non traités) étaient exclus.
Les patients traités étaient plus âgés (plus de 55 ans dans 67,8 % vs. 51,5 %), plus fréquemment de sexe masculin (66,6 % vs. 55,8 %) et plus fréquemment cirrhotiques (38,5 % vs 17,1%). Le groupe traité avait également une fréquence plus importante d’insuffisance rénale chronique, d’insuffisance cardiaque, d’anémie carentielle, de dyslipidémies, et de traitements par bétabloquants, inhibiteurs calciques ou antidiabétiques. En revanche, la fréquence du diabète était comparable (environ ¼ des patients). Le suivi médian était comparable, de l’ordre d’1 an.
Le risque d’insuffisance cardiaque terminale était plus faible chez les patients traités après ajustement sur les variables confondantes. Ce bénéfice était également significatif dans le sous-groupe des patients avec une insuffisance rénale chronique initialement et dans le sous-groupe des patients diabétiques.
Les méthodes statistiques utilisées et les ajustements multiples possibles du fait du nombre de patients inclus limitent au maximum les biais. Cependant, le fait d’être traité par AAD est utilisé comme l’équivalent de la guérison du VHC. Ainsi, le sous-groupe des patients traités par AAD mais en échec serait intéressant à comparer aux patients guéris. Cependant ces sous-groupes ne peuvent pas être individualisés à partir de ces bases de données.


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VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 4 ans post-tt OK.
 
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