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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 10:12
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Hépatopathies auto-immunes

Traitement de deuxième ligne de l’hépatite auto-immune par le 6-thoguanine
Legue C et al., CO45

Les traitements de deuxième ligne de l’hépatite auto-immune (HAI) en cas d’échec ou d’intolérance du traitement de première ligne par azathioprine et corticoïdes sont mal évalués. Le 6-thioguanine (6-TGN), métabolite actif de l’azathioprine, est utilisé dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, en cas d'intolérance à l'azathioprine.

L’objectif de cette étude rétrospective a été d’évaluer l’efficacité et la tolérance du 6-TGN dans les HAI, en cas d’échec ou d’intolérance à l’azathioprine.

Tous les patients traités par du 6-thioguanine pour une HAI depuis 2006 ont été inclus de manière rétrospective dans une étude observationnelle monocentrique (CHU de Rennes). L’HAI était définie par un score simplifié d’HAI supérieur ou égal à 6 et des lésions histologiques compatibles. La réponse biologique complète était définie par la normalisation des transaminases à 1 mois, et maintenue dans le suivi.

Dix-sept patients (11 femmes/6 hommes) ont été traités par 6-TGN (40 mg/j) avec un suivi médian de 17 [10-51] mois. Lors du diagnostic, l'âge médian était de 54 ans, le taux médian de transaminases (ASAT) de 538 UI/ml (150-910) et le taux d’IgG de 17,7 g/l [13,5-24,8], 47 % des patients avaient des anticorps anti-muscles lisses positifs. Le recours à la prescription de 6-TGN a été motivé par une intolérance à l’azathioprine chez 16 patients ou par un échec de sevrage en corticoïdes chez 1. Un traitement par mycophénolate mofétil avait été mis en place avant la prescription de 6-TGN chez 5 patients avec une efficacité insuffisante justifiant le changement de traitement.

Seize patients ont une réponse biologique complète dans un délai d’un mois après l'introduction des 6-TGN, maintenue à long terme chez 11 d’entre eux pour qui les corticoïdes ont pu être stoppés définitivement. Deux patients sont actuellement en cours de décroissance des corticoïdes. Trois patients (dont le patient en échec avec l’azathioprine) ont présenté un échappement ultérieur avec réascension des transaminases (> à 1,2 N) et reprise de la corticothérapie. La tolérance clinique a été bonne, seul 1 patient a présenté un syndrome sec oculaire régressant à l’arrêt du traitement. La tolérance biologique a été satisfaisante. Deux patients ont présenté une cytopénie (anémie et thrombopénie), régressive à l’arrêt du 6-TGN. Un patient a eu une hyperplasie nodulaire régénérative 10 mois après le traitement, prouvée histologiquement et diagnostiquée sur une poussée de cytolyse.

Le 6-TGN semble être une alternative pertinente en deuxième ligne dans les HAI, en cas d’intolérance à l’azathioprine avec 94 % de réponse à 1 mois et 64 % de réponse maintenue. Un cas d’hyperplasie nodulaire régénérative a été diagnostiqué qui justifie une évaluation de la tolérance hépatique de ce traitement.

Hépatite auto-imune : quel traitement ?
Pr Olivier CHAZOUILLÈRES
Paris




https://youtu.be/diRWj5GtjvQ

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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 10:17
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Hépatite B

Comparaison ténofovir alafénamide et fumarate de ténofovir disoproxil dans l'hépatite B chronique,antigène HBe négatif
Marcellin P et al., CO37

Le ténofovir alafénamide (TAF), une nouvelle prodrogue du ténofovir, est plus stable dans le plasma et améliore sa pénétration dans les cellules lymphoïdes et les hépatocytes tout en diminuant ses niveaux circulants d'environ 90 % par rapport au ténofovir disoproxil (TDF).

Dans cette étude de phase III, les patients atteints d’hépatite B chronique avec antigène HBe (Ag HBe) négatif, naïfs ou prétraités, ont été randomisés (ratio 2:1) dans les groupes TAF 25 mg/j ou TDF 300 mg/j pendant 96 semaines. Après la semaine 96, les patients ont reçu le TAF en ouvert. L’étude sera prolongée sur une durée de 8 ans. Elle avait pour objectif de démontrer la non-infériorité du TAF par rapport au TDF en termes d'efficacité, avec une marge de 10 %.

Le critère principal d’évaluation était le pourcentage de patients avec ADN-VHB inférieur à 29 UI/ml à la semaine 48. Les principaux critères de tolérance étaient des modifications de densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la hanche et du rachis, des modifications de la créatinine sérique et de la protéinurie (bandelettes urinaires).

Quatre cent vingt cinq patients ont été randomisés et traités dans 105 sites répartis dans 17 pays. Les caractéristiques des patients avant traitement étaient : âge moyen 46 ans, 61 % d'hommes, 72 % d'asiatiques ; 19 % présentaient un ADN-VHB supérieur ou égal à 7 log10 UI/ml et 21 % avaient reçu un traitement antérieur par nucléos(t)ides.

À la semaine 48, l'efficacité du TAF n'était pas inférieure à celle du TDF, avec des taux de réponse virologique de 94 % pour le TAF et de 93 % pour le TDF (figure 1).



Une normalisation des ALAT a été rapportée chez un pourcentage plus élevé de patients traités par TAF que par TDF (50 % vs 32 %, p < 0,001). Des baisses significativement moins marquées de la DMO de la hanche et du rachis ont été observées chez les patients traités par TAF par rapport aux patients traités par TDF (figure 2).



Aucune différence n'a été constatée au niveau des changements de créatinine sérique et de protéinurie ; néanmoins, des baisses moins marquées du débit de filtration glomérulaire estimé (équation de Cockcroft-Gault) et des changements moins importants au niveau des marqueurs de la fonction tubulaire rénale ont été rapportés dans le bras de traitement par TAF. Les taux d'arrêts prématurés du traitement et d'effets indésirables graves étaient faibles et similaires dans les 2 groupes. Aucune résistance virale n'a été observée chez les 4 patients (2 par groupe) répondant aux critères de réalisation du test.

Le TAF 25 mg était très efficace et comparable au TDF 300 mg chez les patients avec hépatite B chronique Ag HBe négatif après 48 semaines de traitement. La tolérance a été améliorée, avec moins d’altération des paramètres osseux et rénaux.



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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 10:25
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Hépatite C

La consommation d’alcool ne doit pas être un frein au traitement de l’hépatite C
Truchi R et al., CA20

Le traitement de l’hépatite C par interféron pégylé et ribavirine chez les patients présentant une addiction à l’alcool était associé à un plus grand nombre d’arrêts prématurés, notamment en raison d’effets indésirables psychiatriques. Le but de cette étude était d’évaluer l’impact d’une intoxication alcoolique chronique sur l’observance et l’efficacité d’un traitement par antiviraux directs (AVD).

Trente patients infectés par le VHC et alcoolo-dépendants ou avec une consommation abusive selon la classification DSM-IV ont été inclus. Tous les patients avaient une consommation d’alcool supérieure à 50 g/j avant un sevrage nécessaire pour l’initiation du traitement (défini par une consommation < 20 g/j). Un suivi infirmier, psychiatrique et addictologique était mis en place avant, durant et pendant 24 semaines après l’arrêt du traitement, en plus du suivi par l’hépatologue. Le sevrage était évalué aussi par des marqueurs biologiques : alcoolémie, CDT (Carbohydrate Deficient Transferrin) et GGT (gamma-glutamyl transférase).

L’âge moyen des patients était de 52 ans et 87 % d'entre eux étaient des hommes. Seize patients étaient de génotype 1. Tous avaient une fibrose avancée et 60 % d'entre eux étaient cirrhotiques. Une réponse virologique soutenue à 24 semaines étaient obtenue chez 93 % des patients : un seul échec virologique, 2 patients perdus de vue durant le suivi mais ayant respectivement obtenu une RVS 4 et 12. Quarante-cinq pour cent des patients ont présenté une rechute en alcool durant le suivi. Le facteur prédictif de rechute en alcool était le score d’Hamilton initial (échelle d’anxiété), significativement associé à la rechute à S12 et S24 (respectivement p = 0,02 et p = 0,04).

Au total, la consommation d’alcool ne modifie pas l’efficacité du traitement de l’hépatite C, par AVD. Il pourrait même être un facteur motivationnel pour un sevrage en alcool chez la moitié des patients.

Il est possible de traiter les usagers de drogue !
Bronowicki JP et al., CA26

Les usagers de drogue par voie injectable (PWID – People who inject drugs) représentent 50 à 80 % des patients infectés par le virus de l’hépatite C. Même si des résultats similaires en termes d’efficacité étaient obtenus après traitement par interféron, les PWID ont souvent été écartés des programmes de développement des AVD. Cette étude randomisée contre placebo avait pour objectif principal d’évaluer l’efficacité et la tolérance d’une combinaison grazoprévir/elbasvir durant 12 semaines, chez des PWID sous traitement opiacé substitutif, de génotype 1, 4 ou 6 et naïfs.

Trois cent un patients ont été inclus. Dans le bras placebo (n = 100), les patients étaient traités en différé après la levée d’aveugle. Les bras étaient similaires avec une majorité d’hommes (76 %) jeunes (48 ans), de génotype 1 (90 %) et 20 % étaient cirrhotiques. La réponse virologique soutenue à 24 semaines (RVS24) était de 94 % (figure 1).



Six patients se sont réinfectés durant l’étude dont 3 ont spontanément guéri. Le profil de tolérance était comparable à ceux des patients non-injecteurs de drogue (3,7 % d’évènements indésirables graves et 0,7 % liés au médicament). L’observance au traitement était excellente (figure 2). La consommation de drogue était stable et similaire dans les 2 bras de traitement.



Au total, cette étude démontre la possibilité de prise en charge des PWID pour le traitement de l’hépatite C avec de bons résultats en termes d’efficacité et de tolérance et une forte adhérence au traitement.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 10:36
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L’infirmière spécialisée fait mieux que le médecin spécialiste
Scoazec Borghi G et al., CO12

L’objectif de cette étude a été de comparer la prise en charge des patients infectés par le virus de l'hépatite C éligibles au traitement par antiviraux directs (AVD) par des médecins hépatologues hospitaliers et par une infirmière spécialisée.

Cette étude s’est déroulée dans le cadre d’une expérience de coopération entre personnels de santé. L’infirmière spécialisée a obtenu une dérogation publiée au Journal Officiel pour la prise en charge thérapeutique des patients ayant une hépatite chronique C. Cinq cent quarante-huit patients, candidats à un traitement oral par AVD, ont été prospectivement pris en charge par un hépatologue (n = 261, groupe H) ou par l’infirmière spécialisée (n = 287, groupe I). Le suivi des patients était identique dans les 2 groupes (consultations en début de traitement puis consultation mensuelle pendant la durée du traitement, puis 4 et 12 semaines après l’arrêt du traitement). Les principaux critères d’exclusion étaient une cirrhose Child C, un carcinome hépatocellulaire ou des comorbidités sévères. Le traitement par AVD était le plus souvent : sofosbuvir + daclatasvir ± ribavirine (56,6 %), sofosbuvir/lédipasvir ± Ribavirine (25 %) ou sofosbuvir + siméprévir ± ribavirine (12,4 %).

Il y avait 60,6 % d’hommes, âge moyen 59,4 ans ; 47,4 % avaient une cirrhose (30 Child B ; MELD médian à 6), 11 % étaient transplantés. Quatorze pour cent avaient une insuffisance rénale, 18 % un diabète et 1,5 % avaient une co-infection par le VIH. Le génotype 1 était prédominant (61 %), suivi par les génotypes 4 (17,5 %), 3 (13,5 %), 2 (6 %), 5 (1 %) et 6 (1 %) ; 53,6 % des patients étaient prétraités, 86,1 % ont été traités pendant 12 semaines et 13,9 % pendant 24 semaines. Il n’existait pas de différence significative pour les caractéristiques initiales des patients et la durée du traitement entre les groupes H et I.

Le taux de réponse virologique soutenue à 12 semaines (RVS12) était de 92,7 % (91,2 % dans le groupe H vs 94,1 % dans le groupe I) [figure 1].



Un arrêt prématuré de traitement est survenu chez 1,8 % des patients (1,9 % groupe H vs 1,7 % groupe I). Un effet indésirable grave a été observé dans 3,5 % des cas (4,3 % groupe H vs 2,8 % groupe I). Un décès durant le traitement est survenu chez 0,9 % des patients (1,5 % groupe H vs 0,3 % groupe I). Enfin, 1,8 % des patients ont été perdus de vue. La proportion était significativement plus élevée dans le groupe H (3,4 %) que dans le groupe I (0,3 % ; p = 0,008) [figure 2].



Au sein d’une grande cohorte en vie réelle, la prise en charge des patients ayant une hépatite chronique C traités par AVD peut être réalisée par une infirmière spécialisée. Il est suggéré par cette étude non randomisée, que le suivi infirmier pourrait avoir un avantage sur le nombre de perdus de vue. Seule une étude randomisée de grande ampleur pourrait permettre de répondre définitivement à cette question.

Réduction des évènements cliniques après antiviraux directs oraux 18 mois après traitement – cohorte ANRS CO22HEPATHER
Pol S. ; groupe AFEF/ANRS Hepather, CO13

Le but de cette étude était d’analyser la survenue des complications de l’hépatite C chronique (décès, carcinome hépatocellulaire [CHC], décompensation de cirrhose) chez les patients après traitement par antiviraux directs (AVD) dans la cohorte Hepather ANRS CO22 (cohorte multicentrique de suivi long terme d’environ 21 000 patients atteints d'hépatites virales B ou C).

Ce travail est l’analyse de 2 156 patients consécutifs sans antécédent de CHC ou décompensation de cirrhose antérieure ayant débuté des AVD entre janvier 2013 et octobre 2014 et suivis jusqu’en janvier 2016. Les 2 156 patients (âge médian : 58 ans, 62 % d’hommes, cirrhose chez 63 %, 23 % naïfs de traitement antiviral) avaient un suivi médian de 18 (16-20) mois. Les génotypes 1, 2, 3, 4, 5 ou 6 représentaient respectivement 65, 6, 13, 14 et 1 % (1 % inconnu).

283 patients ont reçu sofosbuvir et ribavirine, 228 sofosbuvir peg-interféron + ribavirine, 1 048 sofosbuvir + daclatasvir ± ribavirine (n = 1 048) et 597 sofosbuvir + siméprévir ± ribavirine. Une réponse virologique soutenue (RVS) était obtenue chez 90,3 % des patients.

Les évènements observés étaient : 31 décès dont 10 de cause hépatique, 94 CHC et 48 décompensations de cirrhose. La survenue de la plupart des évènements cliniques associés au VHC diminuait dans les 6 mois après les AVD et au-delà par tranches semestrielles, notamment l’incidence du CHC (figure) et des décompensations de cirrhose. Il n’y avait pas de variations de l’incidence des décès de toute cause ou des décès de cause hépatique.



En analyse multivariée, la cirrhose et l’âge supérieur à 58 ans étaient associés au risque de décès ; le risque de CHC était associé à l’âge supérieur à 58 ans, à la cirrhose et à l’absence de RVS.

Les complications de la cirrhose virale C (CHC et décompensation) diminuent après traitement par AVD. La présence d’une cirrhose et l’échec virologique sont 2 facteurs de risque indépendants de survenue du CHC.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 10:42
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Dépistage hors les murs de l'hépatite C par TROD : résultats de 3 années de pratique
Rémy AJ et al., CO15

Les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) sont une alternative aux sérologies VHC. L’équipe mobile hépatites existe depuis juillet 2013 et cible usagers de drogues, détenus, personnes précaires, SDF, migrants et malades psychiatriques. Elle propose, dans la région de Perpignan, aux personnes atteintes et/ou aux structures médico-sociales partenaires, 15 prestations parmi lesquelles le dépistage par TROD des virus de l'hépatite C, B et de l'immunodéficience humaine, la mesure de l'élastométrie hépatique par FibroScan® mobile sur site extra-hospitalier et une unité mobile (camping-car aménagé) de dépistage, le camion « Fil vert » : TROD et FibroScan® sur lieux extérieurs.

L’objectif de ce travail était évaluer l’acceptabilité et l’intérêt des TROD VHC dans des populations vulnérables. Des TROD OraQuick® ont été utilisés depuis juillet 2013 dans 19 structures partenaires et lieux extérieurs. Un questionnaire spécifique permettait d'établir les facteurs de risque personnels. Y étaient associés si besoin des TROD VIH et/ou VHB. Une mesure de l'élastométrie hépatique par FibroScan® mobile était systématiquement effectuée. Un sociologue a interviewé 50 patients pour étudier l'impact et le ressenti du dépistage avancé.

Au 31 décembre 2015, 2 056 TROD ont été réalisés dont 944 TROD VHC : 42 % en centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie et centre d’accueil et d’accompagnement de réduction des risques auprès des usagers de drogues, 22 % en prison et 16 % en unité mobile Fil vert. Le taux de nouveaux positifs était de 4,9 % avec un maximum à 9,1 % au Fil vert auxquels s’ajoutaient 11,4 % de patients déjà connus mais désirant « confirmation » et/ou éloignés du soin. Tous les TROD positifs ont été confirmés par la sérologie. Les patients ayant eu un premier dépistage par TROD représentaient 18 % de notre file active totale. Le score moyen d'élastométrie était à 8,1 % kPa ; 83 % des dossiers ont été discutés en réunions de concertation pluridisciplinaire, 59 % ont reçu une décision de traitement, 49 % ont terminé leur traitement antiviral direct et 49 % ont eu une réponse virologique soutenue. L'évaluation sociologique des patients mettait en avant 4 principales qualités du dépistage : gratuité, proximité, rapidité et disponibilité.

Dans cette population, les TROD VHC « hors les murs » sont utiles et efficaces pour dépister de nouveaux patients mais aussi pour inciter des patients connus à un retour vers le soin. Le couplage au FibroScan® permet un dépistage simultané de la fibrose hépatique.

Antiviraux directs en vie réelle dans l’hépatite chronique virale C : évolution de 3 cohortes successives de patients
Ouzan D et al., CO16

Depuis janvier 2014, date de mise à disposition du premier antiviral direct (AVD), 3 cohortes successives de patients traités par un ou plusieurs AVD (n = 705) ont été constituées en secteur libéral : AVDLIB 1 de janvier à octobre 2014 (n = 180), AVDLIB 2 de novembre 2014 à août 2015 (n = 185), et AVDLIB 3 de septembre 2015 à mai 2016 (n = 340).

Le génotype 1 représente de façon stable trois quarts des génotypes dans les 3 cohortes. Les patients traités sont atteints de moins en moins sévèrement au cours du temps (65 % de F4 dans AVDLIV 1, 44 % dans AVDLIB 2 et 25 % dans AVDLIB 3). La proportion de patients naïfs a augmenté avec le temps (20 % dans AVDLIB 1, 33 % dans AVDLIB 2 et 48 % dans AVDLIB 3). La durée du traitement par combinaison est le plus souvent de 12 semaines avec une réduction significative de la durée de 24 semaines depuis la fin 2014 (p < 0,0001). La durée de 8 semaines apparait en 2016 pour 9 % des patients traités par sofosbuvir/lédipasvir (SOF/LDV). Depuis novembre 2014, la combinaison SOF/LDV est majoritairement prescrite (50 % dans AVDLIB 3) suivie des combinaisons 2 et 3D qui montent en puissance (30 % dans AVDLIB 3). Les combinaisons SOF + interféron pégylé (PEG) + ribavirine (RBV) et SOF + siméprévir sont abandonnées ou très limitées. La combinaison SOF + daclatasvir a diminué mais reste stable à 14 %, essentiellement prescrite chez des patients de génotype 3. L’association SOF+RBV est minoritaire (8 à 4 %). Le coût moyen du traitement par patient est significativement réduit depuis 2014 (87 184 dans AVDLIB 1 vs 49 599 euros dans AVDLIB 3 (p < 0,0001). La réponse virologique soutenue à 12 semaines (RVS12) obtenue par les associations d’AVD est passée de 91 % dans la cohorte AVDLIB 1 à 97 % dans les cohortes AVDLIB 2 et 3 (figure 1).



La RVS12 varie de 86 % à 100 % selon les associations (figure 2).



Dans AVDLIB 1, 17 patients ont rechuté et 14 (4 sous SOF + RBV ou 10 sous SOF + PEG + RBV) ont été retraités par SOF + daclatasvir ± RBV, SOF/LDV ± RBV, SOF + SIM ou ritonavir/ombitasvir/paritaprévir + RBV 12 ou 24 semaines et ont atteint une RVS12. Dans AVDLIB 2, 5 patients ont rechuté et 4 ont été retraités avec une RVS12 obtenue chez 2 patients et dans AVDLIB 3, 7 patients ont rechuté (sous SOF/LDV ± RBV, SOF + daclatasvir, 3D ± RBV),1 seul patient a été retraité et a de nouveau rechuté.

En conclusion, le profil des patients a changé entre les 3 périodes de traitement avec une diminution des malades cirrhotiques et prétraités. Le pourcentage de guérison obtenue par l’association de 2 ou 3 AVD en vie réelle est de 97 %. Il persiste un pourcentage très faible de patients, de l’ordre de 1 à 2 %, difficiles à guérir.

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Étude GARNET: ombitasvir/paritaprévir/ritonavir + dasabuvir 8 semaines dans le génotype 1b
Asselah T et al., CO32

La réduction de 12 à 8 semaines de traitement par sofosbuvir/lédipasvir est possible chez les patients atteints d’hépatite C de génotype 1 sans cirrhose, naïfs de traitement antérieur et avec une charge virale initiale inférieure à 6 millions UI/ml. Pour l’instant, il n’y avait pas de données avec les autres antiviraux directs du VHC.

L’étude GARNET est une étude multicentrique, en ouvert, à bras unique, évaluant l'efficacité et la tolérance d'un traitement par ombitasvir/paritaprévir/ritonavir (OBV/PTV/r) [25/150/100 mg], une prise par jour + dasabuvir (DSV) [250 mg], 2 prises par jour pendant 8 semaines, chez des patients non cirrhotiques, infectés par le virus de l'hépatite C gétonype 1b (VHC G1b) et naïfs de traitement.

Cent soixante-six patients ont été inclus dans 20 centres : il y avait 57 % de femmes, l’âge médian était de 53 ans, l’indice de masse corporelle (IMC) médian de 25,3 kg/m2, 93 % des patients avaient un taux d’ARN du VHC initial inférieur à 6 millions UI/ml, le score de fibrose était évalué F0-F1, F2 et F3 respectivement chez 141, 8 et 16 patients.

Le taux de réponse virologique soutenue à 12 semaines (RVS12) en intention de traiter (ITT) était de 98 % et de 99 % après exclusion de 3 patients mal génotypés (mITT-GT) et de 1 patient ayant arrêté le traitement pour non observance (figure 1).



Dans le groupe mITT-GT (n = 163), le sexe, l’IMC, l’âge, le taux d’ARN viral C initial, le génotype de l’IL28B n’avaient pas d’impact sur le taux de RVS12 mais il était significativement plus élevé (99 %) chez les patients avec stade de fibrose F0-F2 que chez ceux avec stade de fibrose F3 (87 % ; p = 0,0013) [figure 2].



La majorité des effets indésirables étaient d'intensité légère, et les plus courants étaient les céphalées (14 %) et la fatigue (11 %). Les anomalies biologiques de grade 3 étaient rares.

En conclusion, l’association ombitasvir/paritaprévir/ritonavir + dasabuvir pendant 8 semaines est efficace et bien tolérée chez des patients de G1b, naïfs, non cirrhotiques quel que soit le taux d’ARN viral C initial. Chez les patients avec une fibrose F3, la réduction de 12 à 8 semaines de traitement reste cependant discutable.

Les antiviraux directs oraux du VHC n’augmentent pas le risque de récidive de carcinome hépatocellulaire dans la cohorte ANRS CO22HEPATHER
Pol S, Groupe AFEF/ANRS Hepather, CO35

Une fréquence accrue et une évolution plus rapide des carcinomes hépatocellulaires (CHC), et notamment des récidives, ont été suggérées comme étant associées aux traitements par antiviraux directs (AVD).

Le but de ce travail était d’évaluer prospectivement le risque de récidive du CHC en rémission complète après traitement local avec ou sans AVD dans la cohorte ANRS CO22HEPATHER.

Les patients ayant un virus de l'hépatite C actif et traités pour un CHC ont été analysés (n = 307) et ceux ayant une récidive précoce à l’inclusion ont été exclus (n = 40). L’analyse concerne 267 patients dont 189 ayant reçu des AVD et 78 n’en ayant pas reçu.

Les traitements combinaient sofosbuvir associé à la ribavirine (n = 17) ou au peg-interféron + ribavirine (n = 17) ou au daclatasvir ± ribavirine (n = 94) ou au siméprévir ± ribavirine (n = 20) ou au lédipasvir ± ribavirine (n = trente huit) et 3 patients avaient reçu ombitasvir/paritaprévir/ritonavir ± dasabuvir ± ribavirine. Dans les groupes traités et non traités, le taux d’hommes était respectivement de 78 % versus 73 % (p = 0,4107), l’âge moyen de 62 ± 9 vs 66 ± 10 ans (p = 0,0047), les taux de traitements antérieurs avec interféron (80 % vs 69 %, p = 0,0529) et de fibrose extensive ou cirrhose (78 % vs 63 %, p = 0,0148). Il n’y avait pas d’autre différence concernant le délai entre le diagnostic de CHC et l’inclusion dans la cohorte (1,9 an vs 1,6 chez les patients traités par rapport aux patients non traités).

Le suivi médian était de 1,4 mois avant l’initiation des AVD, et de 20,2 mois après l’initiation des AVD chez les patients traités et de 26,1 mois chez les patients non traités ; 24 récidives de CHC ont été observées pour 3 292 personnes traitées-mois (taux de 0,73/100 personnes-mois) et 16 parmi 2 438 personnes non traitées-mois (taux de 0,66/100 personnes-mois ; p = 0,8756) [figure 1].



Le taux de récidive à 6 mois était de 10,6 % chez 189 patients traités vs 18,7 % chez 78 patients non traités (figure 2).



Cinq récidives sont survenues chez des patients recevant sofosbuvir + peg-interferon ± ribavirine (taux de 1,52/100 personnes-mois) et 19 chez des patients traités par des traitements sans interféron (taux de 0,64/100 personnes-mois ; p = 0,1715).

Dans Hepather, chez les patients ayant été traités pour un CHC de façon curative puis traités par AVD, il n’y a pas d’augmentation du risque de récidive de CHC.

Antiviraux directs du VHC : efficacité et sécurité d’emploi
Dr Hélène FONTAINE
Paris




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Sujet du message:   MessagePosté le: 13 Oct 2016 - 11:30
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Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Déc 2016 - 08:52
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Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Déc 2016 - 08:56
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Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Déc 2016 - 09:03
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Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Déc 2016 - 09:05
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Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Déc 2016 - 09:07
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