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macadam
Sujet du message:   MessagePosté le: 16 Avr 2012 - 11:02
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des avancées sont perceptibles
ce monde à encore de l'avenir Applaudissement

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macadam

g1a - a3 - f2/3, tt du 10/11/2009 à fin nov/2010
guéri
Cette saleté ne mérite que des minuscules
 
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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 14 Mai 2012 - 22:18
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Un super article dans le Quotidien du Médecin suite aux Communiqué de Presse du Réseau et de la Fédération Addiction.
Ce n'est pas mal, même si la nomination de Péchenard est improbable : ça plante le décor sur ce que nous attendons du prochain président de la MILDT !

Drogues : un policier à la tête de la MILDT ?
lequotidiendumedecin.fr 14/05/2012

Le nom de Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale est évoqué pour remplacer Étienne Apaire à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). La rumeur fait réagir les professionnels impliqués dans le champ des addictions qui attendent un changement radical dans le mode de présidence d’une mission trop axée sur la répression.

Quelques lignes de Laurent Borredon, journaliste au Monde ont fait bondir la Fédération addiction et le Réseau français de réduction des risques. Dans son blog affilié au site internet lemonde.fr, ce spécialiste des questions de sécurité fait écho à une rumeur persistante concernant le changement de présidence de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).
Une nomination très critiquée

Selon le journaliste, Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale pourrait ainsi succéder au magistrat Étienne Apaire à la tête de la mission. Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur (2002-2004), Étienne Apaire était depuis 2007 président de la MILDT qu’il quittera prochainement pour rejoindre l’inspection générale des services judiciaires.

Si la nouvelle se confirmait, « la nomination d’un fonctionnaire de police à la présidence de la MILDT (…) indiquerait une profonde méconnaissance des questions d’addiction et de l’impact de la société addictogène qui est la nôtre sur les difficultés vécues par nos concitoyens », estime la Fédération addiction. Cette nomination viendrait aussi « en contradiction avec la priorité donnée à l’éducation et à la justice sociale par le nouveau président de la république », poursuit la fédération dans un communiqué.
Inverser la tendance

Pour le Réseau français de réduction des risques, le choix de Frédéric Péchenard « ferait tâche alors que le nouveau gouvernement et son bras interministériel, la MILDT auront en charge de remettre la politique des drogues françaises sur les rails de la raison et de l’expertise ». Aujourd’hui, « la MILDT est devenue une annexe du ministère de l’Intérieur qui s’est non seulement coupée des associations et des acteurs de terrains mais aussi des experts français et internationaux, se perdant dans une surenchère de lois et de textes aussi bien répressifs que contre-productifs », souligne le Réseau dans un communiqué.

« Oubliant l’éducation et la prévention, délaissant la réduction des risques », la mission « n’a pas fait régresser les consommations », constate la Fédération addictions. « Les quelques déplacements d’usage obtenus entre substances cachent mal une situation globale préoccupante, comme le dévoilent les alcoolisations aiguës des adolescents et les souffrances qu’elles provoquent », poursuit la fédération. Pour inverser cette évolution, la mise en œuvre d’une nouvelle gouvernance des questions d’addiction s’impose, avec un changement nécessaire dans le mode de présidence de la MILDT, conclut-elle.

› DAVID BILHAUT

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 18 Mai 2012 - 16:55
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Parce que c'est tellement vrai :



Il faut se battre pour çà... Wink

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theloner
Sujet du message:   MessagePosté le: 19 Mai 2012 - 17:53
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pat-leon a écrit:
Parce que c'est tellement vrai :



Il faut se battre pour çà... Wink


Une affiche qui "percute " Wink
Merci Pat

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 01 Jn 2012 - 14:24
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Civiliser les drogues ; Résultats de l’enquête Espad 2011 – Politique des drogues : la fin d’un monde

Communiqué de presse du 1 juin 2012 du Réseau Français de Réduction des Risques

Etienne Apaire a quitté son poste de Président de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) il y a quelques jours. Sans faire de bruit. Nous aurions pu en rester là, ne regrettant en rien son départ vers le milieu judiciaire, qu’il n’aurait jamais dû quitter. Mais voilà, aujourd’hui sort une enquête qui discrédite les cinq ans de sa politique ultra-répressive vis à vis des drogues illicites.

Selon l’enquête européenne Espad 2011, qui évalue le niveau de consommation des jeunes scolarisés de 16 ans dans 28 pays, la France est le cancre de l’union européenne. Non seulement sur le cannabis, LE cheval de bataille de la MILDT, où elle récupère la première place des plus gros consommateurs, mais par vase communicante pour l’alcool et le tabac.

Cinq ans de refus de toute mesure nouvelle de réduction des risques, cinq ans de politique à contre courant des évidences internationales, cinq ans de mise à l’écart des experts et des scientifiques, cinq ans où l’incarcération des usagers n’a cessé d’augmenter, cinq ans de répression bornée, sourde et aveugle qui ont contribué à marginaliser les usagers de drogues, à faire augmenter de plus de 30 % le nombre d’overdoses mortelles et à laisser se développer dans l’indifférence générale une épidémie d’hépatite C qui fait des milliers de morts parmi les usagers de drogues… Cinq ans pour en arriver là !!!???…

Faut il le répéter, le nombre de consommateurs de cannabis et autres substances ne dépend pas de la sévérité de la répression et de la pénalisation de l’usage. Par contre, cette même répression menace la santé, la sécurité et le bien être des consommateurs et de leurs proches.
L’année 2012 ne sera peut être pas la fin du monde promis par les Mayas, mais ce doit être la fin d’un monde, celui qui pense que la loi peut tout résoudre, que la répression est le seul rempart contre la consommation de drogue, que la réduction des risques banalise ou incite à l’usage…celui d’Etienne Apaire en somme.


Enquête européenne Espad 2011 :
http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/donneesnat/espad.html

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 05 Jn 2012 - 12:45
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"Guerre à la drogue", une nouvelle politique est nécessaire pour la jeunesse du XXIe siècle
Le Monde.fr | 31.05.2012
Par Jean-Michel Costes, Jean-Pierre Couteron, Pr François Paille, Pr Michel Reynaud

Les priorités énoncées par le président de la République - justice sociale et jeunesse - nécessitent une politique rénovée vis-à-vis des addictions, pragmatique et efficace, de prévention, de soins et de réduction des dommages associés.

UNE APPROCHE DÉPASSÉE, UN BILAN NÉGATIF

Créée en 1982, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) applique d'abord une politique de la "lutte contre la drogue". A la fin des années 1990, se basant sur de nouvelles données scientifiques, elle étend ses missions aux consommations problématiques de tabac et d'alcool, intégrant la notion d'addiction. Elle se recentre sur le comportement plus que sur les produits. L'addictologie est reconnue comme une spécialité scientifique et médicale à part entière, et en 2006, un "plan addictions" initie une politique qui prend en compte les évolutions de la société du XXIe siècle. Mais dès 2007, l'addiction cesse à nouveau d'être une priorité gouvernementale. La diminution des financements s'ajoute au retour à "la guerre à la drogue", avec priorité à la répression des produits illicites alors que la prévention est lacunaire, peu efficace et focalisée sur l'information et les produits.

Résultat, la consommation de cannabis reste élevée et celle de cocaïne enregistre une forte progression tandis que les décès liés aux drogues illicites, en baisse au milieu des années 1990, repartent à la hausse. Il faut y ajouter une augmentation des consommations excessives d'alcool chez les jeunes et une reprise de celle du tabac. Tabac et alcool sont toujours responsables de 100 000 morts par an.

La politique de répression, obsédée par la volonté de "faire du chiffre", a démultiplié les interpellations d'usagers là où il aurait été préférable de se centrer sur les trafics. Les 120 000 interpellations annuelles pour usage, essentiellement de cannabis, font l'objet d'une réponse pénale quasi systématique, dont des condamnations de plus en plus nombreuses, mais sans arriver à endiguer le développement des usages, ni la monté de la violence.

Enfin, l'insuffisance des politiques de prévention, de réduction des risques, le non développement des structures d'accompagnement, de soins, d'enseignement et de recherche sont dénoncés par tous les acteurs concernés.

POUR UNE POLITIQUE ADAPTÉE À NOTRE SOCIÉTÉ


Un changement dans les objectifs, la stratégie et la gouvernance, est indispensable pour répondre à une triple évolution.

D'abord, la place prise par la notion d'addiction. Admise autant par les spécialistes que par le grand public, elle correspond à la perte de contrôle d'une consommation ou d'un comportement, à l'origine lié au plaisir, entrainant des dommages personnels, sanitaires et sociaux. L'organisation des soins est désormais structurée dans cette optique.

Ensuite, le caractère profondément addictogène de notre société : la culture consumériste pousse à l'intensité des consommations, à leur brièveté et à leur renouvellement rapide, dans une société de la performance et de l'excès.

Enfin, les crises économiques qui se succèdent génèrent exclusion et précarité, souffrance et humiliation, colère et rage que potentialisent et/ou atténuent des produits dont le prix et le marketing sont adaptés (canettes de 50 cl de bière à 11.8°, crack, médicaments détournés leur usage).

Face à ce nouvel environnement, la "guerre à la drogue" est coûteuse et dépassée. Elle doit laisser la place à l'évaluation objective des bénéfices et des dommages, individuels et sociaux, des consommations. Cette évaluation rendra ensuite possible l'application de politiques à l'efficacité scientifiquement prouvée, poursuivant trois objectifs pragmatiques et équilibrés : diminution des consommations ou comportements potentiellement nocifs ; réduction des dommages qui leur sont liés ; renforcement d'une aide et d'un accompagnement les plus précoces possibles.

Pour les réaliser, elle devra développer des moyens innovants, adaptés au nouveau contexte sociétal. En premier lieu, une prévention globale, donnant la priorité à des stratégies de repérage et d'intervention précoce au bénéfice des populations les plus à risques. Ainsi pour le public "jeunes", l'objectif est d'aller à sa rencontre par des interventions en direction des parents, mais aussi du milieu scolaire, des dispositifs éducatifs ou d'insertion, ou en développant des actions en milieu festif, et cela en lien avec les Consultations Jeunes Consommateurs. Les patients atteints de troubles mentaux sont un autre public à privilégier, troubles psychiatriques et troubles addictifs s'aggravant mutuellement et nécessitant une double prise en charge. L'évolution récente des usages montre aussi l'importance d'actions vers le public féminin, tenant compte des situations de vulnérabilité physique, de grossesse, des risques de violences, de stigmatisation et de désocialisation. Enfin, les populations incarcérées ou sous main de justice nécessitent un effort spécifique d'accès aux soins et de réduction des risques.

Donner à la prévention la place qu'elle mérite ne dispensera pas de développer l'évaluation, l'orientation et l'accès aux soins. Ce deuxième axe est détaillé dans des propositions pragmatiques et peu coûteuses, visant à une meilleure organisation du dispositif de soin et à une formation renforcée, présentées dans le "livre blanc de l'addictologie française".

Enfin, cette politique équilibrée nécessite des mesures de contrôle et de réduction de l'offre. Pour l'offre régulée (alcool, tabac, jeux d'argent) les stratégies validées de lutte contre les incitations à la consommation excessive sont l'augmentation des prix, les actions visant à dénormaliser la consommation, le contrôle et l'encadrement de l'offre. Pour l'offre interdite (stupéfiants), au delà de la nécessité de lutter contre les trafics, centrer la pénalisation de l'usage, non sur l'usage privé, mais sur les délits liés aux usages de produits induisant des dommages à autrui (délits routiers, métiers à risque, violence en groupe...), complétée par une évaluation clinique en cas de récidive et une orientation thérapeutique chaque fois que nécessaire.

Ces mesures peuvent être financées dans le cadre des contraintes budgétaires actuelles, en sollicitant d'une part les taxes sur le tabac, l'alcool et les addictions aux jeux d'argent et de hasard et, d'autre part, en maintenant l'affectation de la saisie des biens des trafiquants.

Enfin, une nouvelle gouvernance s'impose, fondant cette nouvelle stratégie sur des données probantes et évaluées et la consultation des professionnels et des usagers. Elle doit s'appuyer sur un organisme indépendant ayant mission d'analyser et d'évaluer le phénomène des addictions, ses évolutions et les réponses apportées. Un Institut de recherche national en addictologie, regroupant des unités de recherches fondamentales, cliniques et thérapeutiques permettrait une approche objective des stratégies diagnostiques et thérapeutiques. Une Commission nationale addiction, en sommeil depuis 2 ans et une Commission parlementaire permanente des addictions compléteraient un pilotage rendu plus indépendant des intérêts politiques.

Jean-Michel Costes, directeur OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) 1995/2011 ;
Jean-Pierre Couteron, président fédération addication ;
François Paille, président FFA (Fédération française d'Addictologie) ;
Michel Reynaud, président CUNEA (Collège universitaire national des enseignants d'addictologie).

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Vero42
Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Jn 2012 - 10:24
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Encore un petit pavé de plus avec l'intervention hier de la Cécile... Au niveau du canabis les choses finiront par bouger n'en doutons plus ! Par contre à quand une vraie politique de prise en charge et de suivi médical pour l'addiction au drogues dites "dures" ??? L'un ne va pas sans l'autre....
Véro

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Péplum
Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Jn 2012 - 11:02
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La "guerre à la drogue" ne sert qu'à fournir des chiffres afin d'en justifier d'autres qui ne veulent rien dire.
Les politiques s'y retrouvent très bien en effrayant les parents sur les dangers que court leur progéniture face à la Drogue !
Diabolisation, (les drogués s'injectent de la moutarde dans les yeux) fausse logique : (On n'a jamais vu un alcoolique voler le sac d'une vieille pour s'acheter son verre de pastis) Détournement avantageux du nombre de tonnes saisies ( Toujours traduites en € pour bien faire ressortir l'importance) Utilisation abusive du mot "Toxicomanie" appliquée à des fumeurs de cannabis mais pas à ceux de tabac ou aux alcoolo-dépendants ou encore aux consommateurs légaux de produits stupéfiants. etc.

Le pouvoir, quel qu'il soit n'a aucun intérêt à améliorer les choses en matière de lutte contre les effets désastreux de la prohibition.
Ça se saurait.

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 16 Jl 2012 - 22:35
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Deux médecins candidats pour présider la Mildt (Dépeche APM)

PARIS, 13 juillet 2012 (APM)
- Le choix pour la présidence de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), devrait se faire entre deux médecins, Serge Blisko et Sylvie Wieviorka, a-t-on appris de sources concordantes.

La nomination, sur proposition du Premier ministre, doit intervenir en conseil des ministres dans les prochaines semaines, peut-être avant la pause d'août.

Le poste est vacant depuis le départ mi-mai d'Etienne Apaire (cf APM HMPE7002).

La désignation du nouveau président est hautement symbolique pour les acteurs de la prise en charge des addictions en raison des mauvaises relations qu'ils entretenaient avec Etienne Apaire, critiqué pour un intérêt trop marqué pour la répression des trafics et pour avoir délaissé le volet réduction des risques.

Plusieurs associations avaient vivement réagi quand le nom de Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale nommé par Nicolas Sarkozy, avait circulé pour prendre sa succession, et avaient demandé "un changement dans le mode de présidence de la Mildt" (cf APM HMPEE003).

La sénatrice communiste Laurence Cohen (Val-de-Marne), rapporteure du budget de la Mildt dans le cadre du projet de loi de finances (PLF), a rendu publique jeudi une charte "Pour une autre politique des addictions", élaborée avec plusieurs associations demandant une nouvelle gouvernance.

Serge Blisko, 62 ans, député socialiste de Paris de 1997 à 2012 (après avoir siégé de 1983 à 1986), est ancien médecin généraliste de quartier et très impliqué dans les questions de prise en charge des addictions, de santé mentale et de politique carcérale. Il a coprésidé une mission d'information Assemblée nationale-Sénat sur les toxicomanies en 2010-11.

Sa nomination à la tête de la Mildt serait perçue comme une compensation pour s'être plié, sans candidature dissidente, à la décision du Parti socialiste d'attribuer "sa" circonscription à un écologiste pour les élections législatives (Denis Baupin qui a été élu avec presque 65% des voix).

Serge Blisko est également président du conseil de surveillance du centre hospitalier Sainte-Anne de Paris et président de la délégation Ile-de-France de la Fédération hospitalière de France (FHF).

Sylvie Wieviorka, 62 ans, est psychiatre et spécialiste de la prise en charge des toxicomanies.

Elle a quitté fin juin le poste de directrice du centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) Pierre Nicole de Paris (Croix-rouge française) dans lequel elle a exercé depuis 22 ans, un des centres pionniers de la prise en charge des addictions et des traitements de substitution aux opiacés. Elle soutient notamment l'expérimentation de salles de consommation à moindre risque (SCMR).

Membre du Conseil économique et social (CES, devenu Cese) de 1997 à 1999, Sylvie Wieviorka y a produit un rapport en juin 1999 sur "les toxicomanes dans la ville", qui recommandait notamment le financement des centres de soins spécialisés aux toxicomanes par l'assurance maladie.

Elle est également présidente du conseil de surveillance du Groupe public de santé Perray-Vaucluse de Paris, hôpital spécialisé en psychiatrie et également présidente de la commission de communauté de la communauté hospitalière de territoire (CHT) parisienne pour la psychiatrie (en cours de constitution).

Elue municipale à Paris depuis 2001, elle a été première adjointe au maire du IIème arrondissement, chargée de la vie associative, de la démocratie locale, de la prévention et de la sécurité de 2001 à 2008, puis, depuis 2008, est membre du Conseil de Paris et adjointe au maire du IIe arrondissement chargée de la prévention et de la sécurité.

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Sep 2012 - 22:13
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MILDT : Changement de cap sur la lutte contre la drogue et la toxicomanie
Le Quotidien du Médecin 24/09/2012

La nouvelle présidente de la MILDT répond au « Quotidien »


Nommée à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) le 12 septembre dernier, Danièle Jourdain Menninger détaille sa feuille de route. L’ancienne inspectrice générale des affaires sociales promet un changement de cap au sein de la mission où la prévention, le soin et la répression seront placés au même niveau.

LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN - Comment envisagez-vous votre présidence au sein de la MILDT ?

DANIELE JOURDAIN MENNINGER - Ce qui est pour moi un impératif, c’est de conforter l’équipe qui a été sans président depuis quatre mois (suite au départ d’Étienne Apaire, NDLR) et qui a très envie de reconstituer un groupe volontariste travaillant avec un sens, une directive. Je souhaite également recevoir tous les partenaires de la MILDT : les partenaires institutionnels, le secteur associatif, les professionnels – police, gendarmerie, douanes, professionnels de santé – sans oublier les travailleurs sociaux en contact avec des populations qui entrent dans notre champ de compétences. Je veux aller sur le terrain, c’est mon tropisme IGAS. Je pense qu’on ne peut pas parler des sujets liés aux drogues lorsqu’on n’a pas vu concrètement comment fonctionne, par exemple, un service des urgences qui accueille des jeunes en coma éthylique ou une équipe des douanes, de la police ou de la gendarmerie qui lutte contre le trafic tout en étant au contact de la population, des riverains.

Comment vous situerez-vous par rapport à la présidence d’Étienne Apaire ?

Le président sortant a mené sa politique dans un gouvernement à l’orientation politique différente de la majorité actuelle. La MILDT a des textes fondateurs qui lui permettent de conduire une politique conciliant à la fois la prévention, le soin et la lutte contre le trafic. Je ferai en sorte que tout cela fonctionne en complémentarité et de manière ouverte.

Dans un avis de 2011, la commission des Affaires sociales du Sénat a critiqué le caractère essentiellement répressif des mesures du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et toxicomanies (2008-2011). Partagez-vous ce point de vue ?

Dire que l’on a centré l’action uniquement sur la répression ne me semble pas tout à fait approprié. Beaucoup de structures d’accompagnement existent depuis longtemps et font l’objet de financements parmi lesquels les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD), les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou les dispositifs de consultation pour les adolescents. Il faut regarder comment tout cela fonctionne sur le terrain. Depuis très longtemps, la MILDT a mis en œuvre une vraie politique de prévention et de soins. Peut-être, cela n’a-t-il pas été suffisamment mis en valeur en termes de présentation ou à travers les orientations politiques. J’ai l’intention de tout placer au même niveau, sans privilégier un axe par rapport à un autre. Je pense que la prévention et l’application de la loi sont complémentaires. Il faut voir où l’on met le curseur pour trouver le bon équilibre. À l’avenir, je souhaiterais qu’il y ait davantage de crédits alloués à la prévention et j’essaierai de faire en sorte que la répartition en ce sens puisse devenir plus importante sachant que l’orientation majeure sera de soutenir des projets innovants.

Vous avez signé, au sein de l’IGAS, plusieurs rapports ayant trait à la prévention sanitaire. Quels axes forts souhaitez-vous soutenir durant votre présidence en ce sens dans le champ des drogues ?

Il ne faut pas se focaliser uniquement sur les produits mais sur les comportements addictifs. Je m’attacherai à coordonner des actions de prévention ciblées, notamment en direction des jeunes qui peuvent être confrontés à des problèmes d’addiction. L’autre axe important concerne la précarité car elle rend plus vulnérable en matière de comportements addictifs. Ces populations méritent un accompagnement et un suivi plus forts. J’accorderai également une priorité aux femmes enceintes car je pense qu’il y a encore beaucoup à faire pour lutter contre l’alcoolisation fœtale, le tabagisme ou les conséquences d’usages d’autres drogues. Je considère qu’il est aussi très important de travailler avec l’Outre-mer et j’ai d’ailleurs demandé un rendez-vous au ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel.

La ministre de la Santé a déclaré que les conditions seraient bientôt réunies pour l’ouverture de salles de consommation de drogues supervisées. Quelle est la position de la MILDT ?

Les salles de consommation ne sont que l’un des éléments de la palette d’actions à destination des populations d’usagers de drogues les plus problématiques. Ceux qui pourraient fréquenter ces salles de consommation sont essentiellement les personnes SDF en très grand état de précarité. La ministre Marisol Touraine souhaiterait que l’on développe l’expérimentation de ce type de structures. Ces expérimentations, si le gouvernement en décide ainsi, se mettraient en place avec des maires de grandes villes volontaires, de droite comme de gauche. Il faut que les élus prennent bien la mesure de leur faisabilité. Un important travail de médiation sera nécessaire pour choisir les lieux d’expérimentation en faisant très attention à ne pas stigmatiser des quartiers. À ce stade, la MILDT apportera toutes ses capacités d’expertise et d’appui, sachant que les élus ont une parfaite connaissance du terrain et des enjeux. L’essentiel, c’est que tout le monde s’engage à être transparent sur l’évaluation de ce type de dispositif.

Y aura-t-il un prochain plan gouvernemental de lutte contre les drogues et toxicomanies ?

Un nouveau plan est en cours de préparation. J’espère qu’il pourra être rendu public dans le courant du premier trimestre 2013. Pour l’instant, chaque ministère prépare des orientations en lien avec la MILDT qui, de son côté, fait également des propositions. Il s’agit d’un très grand travail de concertation. Ensuite, nous proposerons une ligne directrice au gouvernement. Le prochain plan devra prendre en compte tous les éléments d’une politique de lutte contre les addictions, avec des priorités hiérarchisées dans un cadre budgétaire contraint. Il privilégiera donc ce qui est le plus efficace et le plus efficient. Je tiens à l’évaluation des actions engagées.

› Propos recueillis par DAVID BILHAUT

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Sep 2012 - 22:39
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Le maire de Bogota propose d'utiliser la drogue saisie pour les toxicomanes
AFP / 25 septembre 2012 00h45)

BOGOTA - Le maire de Bogota, la capitale de Colombie, premier pays producteur mondial de cocaïne, a proposé lundi d'utiliser la drogue saisie aux trafiquants afin de fournir des centres pour toxicomanes.

A la tête depuis le début de l'année de cette mégalopole de 7 millions d'habitants, Gustavo Petro, un ancien guérillero, a lancé cette idée, une semaine après l'inauguration dans des quartiers pauvres de centres de traitements proposant des drogues de substitution.

Partisan de l'administration de drogues illégales sous contrôle médical, M. Petro a estimé que ces produits pourraient provenir des saisies effectuées par la police, lors d'un entretien à la radio La FM de Bogota.

La drogue devrait être auparavant examinée par un laboratoire certifié par l'Etat afin d'en garantir la qualité, a-t-il ajouté, faisant valoir l'aspect non-coûteux de cette solution.

Le magistrat, ancien sénateur de gauche, a également émis une seconde proposition consistant à se fournir auprès de laboratoires étrangers. La drogue pourrait être importée à des fins thérapeutiques, a-t-il indiqué.

Selon lui, ce type de traitement est utilisé avec succès depuis plus de 25 ans dans plusieurs villes au monde afin de réduire les ravages causés par le trafic de cocaïne.

Les centres de traitement sont des sites absolument propres, avec un personnel public, parfois des ONG totalement certifiées, permettent (aux toxicomanes) de s'y rendre pour leur consommation, a poursuivi M. Petro.

La position du maire de Bogota a été violemment critiquée par plusieurs partis politiques, ainsi que par le procureur général Alejandro Ordoñez, qui y voient une incitation à la consommation de drogue.

Même si l'activité des organisations de trafiquants a été réduite en Colombie, le pays demeure le premier producteur de cocaïne au monde, au coude-à-coude avec le Pérou, avec une production de 345 tonnes annuelles l'an dernier, selon le dernier rapport des Nations unies.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 24 Oct 2012 - 22:41
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Pour ou contre la dépénalisation du cannabis ? Face à face
Humanité Quotidien 19 Octobre, 2012

l'humanité des débats. Canabis

ANNE COPPEL, Sociologue, auteur du livre Drogues, sortir de l’impasse.
Danièle JOURDAIN-MENNINGER, Présidente de la Mission Interministérielle de Luttes contre les Drogues et les Toxicomanies (MILDT).


Certains intervenants regrettent que le débat sur le cannabis, qui agite la société civile et la communauté scientifique, n’atteigne pas vraiment la sphère politique, qui se cantonne à un « pour ou contre la dépénalisation ». Pourquoi ce sujet est-il aussi épineux ?

Anne Coppel. Le débat politique porte sur des positions de principe et non pas sur les résultats obtenus. Il est enfermé dans l’alternative répression ou laxisme. C’est un héritage de la loi de 1970, qui sanctionne l’usage d’une année d’incarcération, une sanction trop sévère pour être appliquée de façon systématique. Le seul moyen de l’appliquer sera de créer des millions de places de prison, pour appliquer la politique de tolérance zéro sur le modèle américain. C’est ce que Nicolas Sarkozy a voulu faire mais c’est un terrible échec dont il faut tirer les leçons. La violence liée au trafic s’est exacerbée et la santé des jeunes s’est aggravée. Il faut donc faire autrement.

Danièle Jourdain-Menninger. Il est normal que les citoyens s’interrogent sur ces questions. Le gouvernement est à l’écoute des différentes opinions mais c’est à lui et au Parlement de décider des orientations des politiques publiques. En ce qui concerne la loi et les interdits, la Mildt s’inscrit dans le cadre fixé par le président de la République et le premier ministre, qui se sont exprimés très clairement sur cette question. La lettre de mission que m’a adressée ce dernier fixe notamment les orientations du prochain plan gouvernemental. Dans ce cadre nous mènerons une réflexion, y compris sur les questions de société, afin de construire des actions fortes pour la prévention, la prise en charge, la réduction des risques et la lutte contre les trafics. Le premier ministre demande aussi à la Mildt d’être une force de proposition quant aux évolutions juridiques nécessaires à l’efficacité de la lutte contre la drogue et
les conduites addictives.

Que nous apprennent les exemples à l’étranger ? Est-ce qu’ils sont
transposables en France ?

Anne Coppel. En Europe, à Zurich, à Francfort comme à Lisbonne, les villes ont cherché des réponses concrètes pour limiter les nuisances liées au trafic et protéger au mieux la santé. Les traitements médicaux ou les salles de consommation protègent la santé des usagers et limitent leur présence dans la rue et donc les nuisances. La centralisation française est un obstacle à l’expérimentation. Les citoyens ne sont pas associés à la recherche de réponses comme dans les villes allemandes ou suisses.

Danièle Jourdain-Menninger. Chaque pays a son histoire, sa culture, ses comportements. Au-delà des législations, il existe des pratiques souvent difficiles à évaluer. Il est par ailleurs délicat de transposer les expériences. Il faut de plus souligner que certains pays vont vers des politiques plus restrictives après évaluation des résultats. Je pense notamment à la Suède, à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

N’est-ce pas rester au milieu du gué que de dépénaliser l’usage des drogues,
sans en légaliser la vente ? Quels sont les écueils présentés par ces deux
options ?


Anne Coppel. La plupart de nos voisins en Europe ont pris des mesures de dépénalisation de l’usage mais nul pays au monde n’a légalisé la vente et la production, parce que la prohibition est un système international. On sait d’expérience que la dépénalisation de l’usage n’a pas d’effets négatifs ni dans la santé ni dans la sécurité, car elle libère les policiers des tâches inutiles. On ne connaît pas avec certitude les conséquences d’une légalisation. Personnellement je suis favorable au développement d’expérimentations comme les cannabis clubs espagnol où des consommateurs s’associent pour cultiver pour leur consommation personnelle. On pourrait aussi expérimenter des canna-bistros où la vente est tolérée en petites quantités.

Danièle Jourdain-Menninger. À l’heure où les législations sur le tabac et l’alcool sont plus contraignantes, nous nous inscrivons dans une politique générale de santé publique afin de protéger les plus jeunes. Une approche globale et cordonnée de la prévention des conduites addictives implique de définir une politique cohérente qui ne soit pas ciblée sur des produits, mais sur les comportements addictifs qui connaissent des évolutions rapides en matière de tabac, d’alcool et de drogues illicites. Sur ces sujets très polémiques de dépénalisation et de légalisation, chacun utilise les statistiques qui l’arrangent et les rapports qui le confortent. Ainsi le rapport de la Rand Corporation, think tank américain, a estimé qu’une telle évolution aboutirait probablement à une hausse de la consommation, associée à une baisse des prix, mais d’autres rapports indiquent que c’est une des solutions pour enrayer le trafic.

Quelles sont vos préconisations pour résoudre ce problème sanitaire et
sécuritaire ?


Anne Coppel.
Sans prétendre résoudre définitivement le problème, il faut s’efforcer de répondre au mieux aux problèmes qui se posent sur le terrain. Dans la santé, on sait du moins dans quelle direction aller pour prévenir les usages nocifs et limiter les risques et dommages liés aux consommations. Il faudrait dans la sécurité faire évoluer les pratiques policières en fonction de leurs résultats : interpeller massivement les usagers et même les petits trafiquants ne fait que renforcer l’organisation clandestine.
Il faut connaître avant d’agir et se donner des objectifs précis : garantir la sécurité de tous et lutter contre le processus mafieux. Mais il n’y a pas de solution miracle. La légalisation est sans doute une politique plus rationnelle, mais il est aussi difficile de réformer cette politique que de lutter contre le trafic d’armes et les paradis fiscaux. À défaut d’une solution définitive, il faut enclencher une stratégie de changement.

Danièle Jourdain-Menninger. Le prochain plan gouvernemental, fondé sur une conception élargie de la prévention des conduites addictives, s’inscrira dans une approche scientifique avec une sensibilisation à l’ensemble des risques. Il s’agira de trouver le bon équilibre entre prévention, soins et application de la loi dans toutes ses composantes, et de ne privilégier aucun de ces champs, sachant qu’ils sont complémentaires dès lors que l’on sait où mettre le curseur.
Propos recueillis par Mehdi Fikri

URL source: http://www.humanite.fr/societe/pour-ou- ... ace-506671

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Sujet du message:   MessagePosté le: 25 Oct 2012 - 05:49
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pat-leon a écrit:


La drogue constitue une véritable économie parallèle. Quelles seraient les conséquences financières d'une dépénalisation pour l'Etat ?

Personnellement, je ne suis pas en faveur d'un service public qui aurait le monopole de la drogue, comme c'est le cas pour le tabac. Les gens qui vivent de cette économie – disons « parallèle » – vont faire quoi si on leur enlève ce business ?



L'argent coule à flots, il sort de la poche des toxico pour remplir celle de personnes bien intentionnées.

Pris la main dans le sac plein de gros billets tous neufs, tous propres, sortis de la lessiveuse bancaire, la ligne de défense des présumés innocents est intenable puisque la lutte contre l'évasion fiscale était l'une des priorités de la campagne électorale de Mme Joly.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... _3224.html

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 31 Oct 2012 - 16:13
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Salles de shoot et cannabis: seringues propres ou kalachnikovs
Dr William Lowenstein, Spécialiste des addictions, Président de «SOS addictions» 31 octobre 2012


Le pauvre niveau des connaissances et l'emprise idéologique politicienne, quasi religieuse, sur le sujet des drogues et des addictions est la marque d'un obscurantisme criminogène.


Que retenir des récents débats, éditoriaux ou commentaires, sur les salles de consommation à moindre risque et sur la dépénalisation du cannabis? Une chose: concernant la politique de santé vis-à-vis de drogues et des addictions, notre pays souffre d’un déficit de maturité sociale d’un manque informations précises. Attention. Lorsque nous parlons de «politique de santé», le mot qui pèse est «politique». Et lorsque nous évoquons une «politique de santé des addictions», la phrase se tue d’elle-même, tel un oxymoron.

Il faut, bien sûr, compter avec la passion dogmatique. Pour autant nous sommes toujours surpris, médecins addictologues ou intervenants de terrain, de découvrir un si pauvre niveau de connaissances et une telle emprise idéologique politicienne, quasi religieuse, sur le sujet des drogues et addictions. C’est là un obscurantisme criminogène qui s’arc-boute sur le refus d’évidences pourtant de plus en plus palpables dans notre vie quotidienne. On peut les réunir en deux points :

1. L’échec de la prohibition ou guerre à la drogue

Le système international de prohibition des drogues ne remplit pas les objectifs qui lui avaient été assignés; à savoir: promouvoir la santé publique et diminuer la consommation des drogues et ses méfaits. Pire, l’approche essentiellement répressive qui a prévalu dès le début —il y a déjà 50 ans, lors de la 1re Convention de l’ONU sur ce sujet— a bien souvent créé de nouveaux problèmes de santé publique, de respect des droits humains et de sécurité publique.

Le crime organisé domine le trafic des drogues. Il s’enrichit toujours plus et menace, par la corruption et les violence, la vie démocratique. Sans doute, pensions-nous en France que cette violence, cette corruption s’arrêteraient aux lignes Maginot de notre royale naïveté, qu’elles ne concerneraient que la Sicile, les pays d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, du Moyen-Orient et du fameux triangle asiatique. Paris et Lyon, Marseille et Lille ne seraient jamais atteintes par la violence et la corruption comme le sont Mexico, Medellin, Rio ou Naples…

Or cette naïveté n’est plus de saison: la guerre des gangs à Marseille, dans la région francilienne ou lyonnaise tue et corrompt chaque jour un peu plus. Pour autant sommes-nous prêts, comme le proposait en 2011 la Commission Mondiale pour la politique des drogues (8e recommandation) à mesurer la réussite —en l’occurrence l’échec— d’une politique des drogues; et ce en s’appuyant sur des indicateurs ayant véritablement un sens pour les communautés et non plus sur une morale répressive qui aggrave l’insécurité et la santé publique?

Ces indicateurs objectifs existent. Ce sont la diminution du taux de transmission du VIH et des virus des hépatites B et C, celle du nombre de décès par overdose, des actes de violence liés au commerce de la drogue, du nombre d’individus incarcérés ou du taux d’usage problématique de substances psycho-actives.

Bien sûr ces indicateurs sont sans doute moins flamboyants à exposer lors de débats que des petites phrases chocs, des petites phrases assassines mais ils nous guideraient bien plus sûrement vers une politique protectrice.

2. La nécessité de construire les politiques de santé sur la dangerosité des substances et leurs méfaits

Le deuxième pilier est celui de l’évaluation de la dangerosité comparée des substances psycho-actives. Dangerosité pour l’individu; dangerosité pour la société. Depuis quinze ans, scientifiques américains, anglais, australiens, canadiens, néerlandais, suisses et français tentent d’ordonner nos a priori culturels et historiques et de dépasser le sketch de Coluche: vieillesse «droite pinard» versus jeunesse «gauche pétard».

En 1997, le Pr Bernard Roques, de l’Académie de Médecine, secoua notre beau pays en classant l’alcool bien devant le cannabis, à égalité avec l’héroïne et la cocaïne! Treize ans plus tard, ce sont les travaux du Pr David J. Nutt, du Collège Impérial de Londres, publiés dans The Lancet (novembre 2010), qui nous interpellent. L’objectif de son étude était d’évaluer et de comparer les différents risques liés à la consommation récréative de drogues sur l’individu et la société.

Pour cette recherche, le Pr Nutt et son équipe ont élaboré leur propre système d’analyse de décision multicritères (MCDA) –méthode se référant à la connaissance et à l’expérience d’experts dans la classification des drogues. Vingt substances légales ou illégales ont pu être ainsi évaluées sur seize critères : neuf concernaient les risques pour l’individu (mortalité, dépendance…) et sept, les risques pour l’ensemble de la société (criminalité, coût économique…). Les experts ont ensuite noté chaque substance addictive sur 100 points, le score augmentant en fonction de la nocivité du produit.

Les conclusions de cette étude indiquent que les drogues les plus dangereuses pour l’individu sont l’héroïne, le crack, et la métam phétamine (scores respectifs 34, 37 et 32) alors que celles les plus néfastes pour la société sont l’alcool, l’héroïne et le crack (46, 21 et 17 respectivement).

L’analyse du score global conclut que l’alcool représente la substance la plus nocive (score global 72), avec l’héroïne (55) et le crack (54) en deuxième et troisième place. Suivent dans l’ordre de classement la métamphétamine, la cocaïne, le tabac, l’amphétamine et le cannabis (de la 4e et 8e place respectivement).

Quand le Pr David J. Nutt présente en public ses travaux, il ne résiste pas à une pointe d’humour anglais et précise que les politiques devraient également savoir que le cannabis tue deux fois moins que le Doliprane® (ou paracétamol) et deux fois plus que l’alpinisme.

Quand les résultats de ces travaux sont donnés aux politiques, ils leur apportent, hélas, plus de problèmes que de solutions; et ce d’autant que la polyconsommation (alcool, cannabis, tabac, cocaïne) est devenue bien plus fréquente en 2010 que la monoconsommation des années 1970. Et le sida faisant moins peur aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans, nos constats, même probants, n’arrangent guère nos politiques.

Nous leur disons non seulement que leurs «succès» conventionnels (arrestations, saisies et condamnations) n’ont aucune répercussion positive sur les communautés concernées, mais qu’en plus ils doivent s’armer de courage et d’indépendance vis-à-vis des sondages pour construire une toute autre politique de santé des addictions. Bref… il n’y a là que des coups à prendre, politiquement parlant !

Osons nous répéter: il est urgent d’élaborer une toute autre politique mondiale pour d’une part éviter d’une part des millions de nouvelles infections par le VIH et les hépatites, et de l’autre ne pas laisser «Mafia sans frontières» s’emparer sans cesse de nouveaux territoires et des marchés qui vont avec.

Jamais la santé publique et la sécurité publique ne se sont rejointes aussi clairement sur le sujet des drogues. C’est désormais seringues propres contre kalachnikov… Nous pouvons certes être pour le maintien d’un interdit. Mais nous ne pouvons plus être pour des politiques répressives qui produisent de l’insécurité et contrarient les actions de santé publique. Il faut donner du courage et des possibles à nos élus politiques.

Comment mieux informer, comment faire évoluer l’opinion publique? L’action radicale est politiquement très délicate (nous pouvons avoir médicalement raison et politiquement tort…). Aussi laissez-nous, monsieur le président de la République, Mr le Premier ministre, débattre et expérimenter de manière documentée et constructive entre professionnels, politiques, représentants de la société civile et usagers de drogues.

Laissez-nous, non seulement continuer de travailler sur le terrain, dans les municipalités de droite ou de gauche, mais permettez-nous de décoder les problèmes de santé publique à l’attention des médias et des responsables politiques.

Après le tristement célèbre «responsables mais non coupables», nous aimerions pouvoir vous éviter le «irresponsables et coupables»…

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pat-leon
Sujet du message:   MessagePosté le: 02 Nov 2012 - 16:46
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Salles de shoot, salles des vices
le blog de Jean-Yves Nau, titulaire de la chaire journalisme et santé publique le 1er novembre 2012

Le 31 octobre a été marqué par deux nouvelles initiatives médiatiques dans le champ de la politique de réduction des risques associée à la toxicomanie illicite. Une proposition étrangement dilatoire de l’Académie nationale de médecine. Et, sur Slate.fr, une tribune du Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions

A quoi il faut ajouter un reportage éclairant de Paris Match où les mots sont décidément d’un grand poids. Les mots sont d’ailleurs toujours d’un grand poids quand il s’agit de parler des assuétudes de caniveau. La question aujourd’hui soulevée en France par les salles de shoot n’est d’ailleurs pas tant de savoir si la France va « accepter de les ouvrir ». Elle est de savoir si la ministre de la Santé (ses conseillers, ses collègues du gouvernement) vont ou non accepter que l’on fasse un geste pour que des « épaves humaines » rongées par leurs assuétudes aient une petite chance de ne pas mourir là où ils vivent. Généralement plus près du caniveau que du haut du pavé.

On peut aussi soutenir élégamment une autre thèse: rien ne justifie que de l’argent public permette à celles et ceux qui s’adonnent à leur vice de bénéficier d’une surveillance médicale. Qu’on les aide à s’en sortir, bien sûr mais qu’on ne les maintienne pas dans leur péché. Généralement les mots utilisés (dans l’espace médiatique) en disent plus long qu’on pourrait le croire. De ce point de vue l’abcès des salles de shoot dit assez bien qui, aujourd’hui en France, penche plutôt du côté de la jungle.

Halloween 1
Les ombres gagnent, la Toussaint approche. Il reste deux mois à Marisol Touraine, ministre de la santé pour que l’in de ses espoirs se réalise : voir lancée la première expérience française de salle de shoot. Deux mois, une annonce qui a fait florès et une fièvre politique qui monte et gagne.

« Salle de shoot », expression détestable mais expression consacrée. Fin août le gouvernement Ayrault dit que ce n’était plus qu’une question de semaines ; nous avions alors traité ce sujet sur ce blog. Fin octobre il espère que cela pourra commencer à se faire d’ici à la fin de l’année. « J’espère que des expérimentations pourront être annoncées avant la fin de l’année » déclarait il y a dix jours la ministre de la Santé sur BFM TV. Elle précisait que plusieurs municipalités « de droite comme de gauche » sont déjà « prêtes à s’engager » pour accueillir ce type de salles. Ceci est vrai depuis plusieurs mois ; pour ne pas dire plus.

On sait que ces salles permettent aux toxicomanes de consommer leurs « propres produits » dans de bonnes conditions d’hygiène et sous supervision de personnels de santé. Illégales en France elles existent dans huit pays, dont la Suisse et l’Allemagne. Plus précisément on sait tout sur ce sujet qui modélise à la perfection l’articulation entre le savoir scientifique et médical d’une part et décision politique de l’autre. On sait tout et le pouvoir n’a plus qu’à donner son feu vert pour que des expériences commencent dans les villes dont les municipalités sont volontaires (Paris, Marseille et Bordeaux). Ne manque plus que le signal de la ministre.

« Je suis en train de regarder les conditions dans lesquelles cela peut se faire » a déclaré Mme Touraine il y a dix jours soulignant que ce sujet ne devait pas être « partisan ». Médecins du Monde (MDM) et l’association Gaïa-Paris ont présenté un projet de salle de consommation de drogue à Paris. Ils n’attendent plus qu’un feu vert rapide du gouvernement. Alors que plusieurs de ses membres n’y sont nullement opposés (à commencer par Alain Juppé, maire de Bordeaux) l’UMP s’est déclaré hostile à la création de « salle de shoot », prônant désormais haut et fort la prévention et la prise en charge traditionnelle de la toxicomanie plutôt que son encadrement dans de tels espaces ; espaces baroques au demeurant puisque l’auto-injection de consommation de substances illicites sous l’œil de soignants rémunérés par la collectivité est une forme de main tendue aux toxicomanes pour qu’ils puissent, peut-être sortir, de leurs enfers. Une bonne démonstration des oppositions radicales et des impasses sur ce thème est fournie par la célèbre émission de France Inter « Le téléphone sonne » qui lui était consacrée le 25 octobre . Le très prolixe député (UDI) Yves Jégo y était ce soir là confronté à Jean-Pierre Couteron, psychologue et président de la Fédération Addiction. Deux langues étrangères et aucun traducteur à l’horizon.

Halloween 2
A Paris, rue Bonaparte l’Académie nationale de médecine (en charge notamment de conseiller le gouvernement sur les sujets de santé publique) se réveille et publie un communique de presse. Le voici :
« L’Académie nationale de médecine prend acte de l’annonce faite par la ministre de la Santé, de son intention de procéder à une « expérimentation » des salles de consommation de drogue en France «avant la fin de l’année», afin de « permettre aux toxicomanes de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d’hygiène et supervisés par du personnel de santé. ».
L’Académie estime que la création de « Centres d’injection supervisés », au-delà de la seule réponse qu’elle est sensée apporter à un objectif de sécurité sanitaire, s’inscrit plus largement dans une perspective de santé publique . Souhaitant exprimer sa position sur le sujet dans le débat public, l’Académie a créé un groupe de travail pluridisciplinaire chargé de procéder à une analyse de ses implications sanitaires, compassionnelles, économiques et réglementaires, mais aussi d’envisager les possibles conséquences sur la perception de ces pratiques par l’opinion publique. L’Académie de médecine est convaincue qu’une telle analyse et les conclusions auxquelles elle aboutira devraient constituer un préalable à la mise en place de l’expérience annoncée. »

Ainsi donc, ne pas se précipiter. Ne pas rappeler que l’Inserm a sur ce sujet publié une expertise collective en 2010. Et, incidemment, ruiner les espérances de la ministre de la Santé. Ou au contraire lui donner une justification pour renvoyer la prise de décision à – beaucoup, beaucoup – plus tard. On a connu, en matière de politique de réduction des risques une Académie nationale de médecine nettement plus réactive, plus proche des réalités, autrement plus sensibles aux détresses individuelles comme à la santé publique. C’était au temps où le sida avait permis de modifier le regard collectif sur les assuétudes de caniveau.

Il y a quelques jours (le 23 octobre) Le Figaro, consacrait une pleine page tendant à démontrer que les salles de shoot étaient un échec partout où elles existent. On observera que les journalistes ont sur ce sujet des opinions très tranchées et que certains ne rechignent pas à militer. Le Figaro rappelait à cette occasion qu’une seule salle coûterait entre 300 000 et 1 million d’euros. Il ajoutait que le président de l’Office international de contrôle des stupéfiants est plus favorable à une réduction de la demande qu’à une consommation supervisée. Et un éditorial (signé de Yves Thréard) avait l’immense vertu journalistique de tout dire dans son titre : « Overdose de démagogie ». Le nombre des overdoses « a considérablement diminué », le nombre des cas de contamination « a chuté spectaculairement » et l’ouverture d salles de shoot ne fera qu’ »inciter les toxicomanes à continuer ».

Halloween 3
Sur Slate.fr le Dr William Lowenstein publie une tribune qui sans pathos élargit considérablement la problématique sanitaire telle qu’elle est exposée dans l’éditorial du Figaro. A côté des seringues il évoque les kalachnikovs. Et qui soulève une question lancinante, pour les politiques en France : celle de leurs responsabilités. On lira son texte ici.

Nous en étions là de notre recension. Nous tournions avec détachement le dernier numéro de l’hebdomadaire Paris Match (on remarquera qu’il y a toujours un détachement du lecteur de Paris Match comme il y a souvent une passion presque obsessionnelle chez celui de L’Equipe). La couverture consacrée à Anne Sinclair et à un nouvel amour ; le déshonneur de Lance Armstrong ; le regard de Valérie Trierweiler ne nous laissant guère le choix de ne pas courir acheter Nemesis , le dernier Philip Roth (Editions Gallimard) ; l’alcoolisme et les cancers de Silvia Kristel ‘’ par delà le bien et le mâle’’ (sic).

Puis : « Bientôt des salles de shoot en France »et une enquête à Barcelone. Six pages dont quatre de photos-choc avec jeunes infirmières livrant seringue et garrot sur un plateau à des usagers apportant, eux, leur dose. Le reportage est signé de Flore Olive, envoyée spéciale de l’hebdomadaire à Barcelone. Plus précisément dans le nord de la cité catalane, quartier de la Mina, à l’angle de la carrer del Mar et de la carrer Manuel Fernandez. L’endroit « se cache derrière un mur de béton peint en rouge » (Paris Match) C’est un préfabriqué « posé sur un terrain vague ». C’est l’une des salles de shoot de cette ville (120 personnes par jour, 16 employés, éducateurs, infirmiers, assistantes sanitaires). L’envoyée spéciale rapporte parfaitement ce qu’elle voit, ce qu’on lui dit. Sans pathos. Les faits suffisent amplement. Elle dit notamment « l’effet-miroir » : « l’électro-choc » que pourrait provoquer chez les plus jeunes la vue des « morts-vivants ».
Et puis il y a ce petit texte, non signé, en légende de l’électro-choc des photos de Virginie Clavières :

« Pour les infirmières, c’est peut-être l’enfer, bien qu’elles l’aient choisi, mais pour les damnés de la came, ces salles de shoot sont de véritables havres de paix. Ici ils peuvent non seulement s’abandonner à leur vice sous surveillance médicale mais ils ont également la possibilité de prendre une douche et un café dans un contexte sécurisé, très loin de la jungle de la rue. Dans l’idéal, on espère que les moins atteints seront tentés par un arrêt progressif de leur addiction, et orientés vers un centre de désintoxication. D’abord opposées au ‘’narcosalas’’, les populations des quartiers où elles sont installées s’y font peu à peu : il y a moins d’épaves humaines en train de se ‘’fixer’’ en public, moins de seringues traînant sur les trottoirs. »

Ce vice qui vous colle à la peau

Où l’on voit que Paris Match innove et exprime tout le poids de l’ambivalence face au mal qui ronge ces morts-vivants. Généralement les responsables politiques hésitent à user des vieux concepts du vice et de l’humaine épave. Dans certains dictionnaires faits de papier le vice est encore défini comme une disposition habituelle au mal ainsi, corollaire, que comme la conduite qui en résulte. C’est un terme que l’on tenait hier encore pour vieilli. Il est encadré de vicariat, tombé en désuétude et de vicelard (généralement sale et petit): un semi-vicieux.

Pour être complet et honnête on ajoutera que le vice colle à la peau des toxicomanes. Car ce nom masculin désigne aussi une habitude morbide qui donne du plaisir. Ce qui n’est pas sans évoquer le pervers, celui qui prend raisonnablement plaisir à la déraison de son désir. Or tous les bons psychiatres vous le diront: s’il est un malade qui ne saurait guérir –ni même être soigné – c’est bien le pervers.

Faut-il vraiment espérer voir des salles de shoot ouvrir en France avant les fêtes de la Noël 2012 ?

Le blog :
http://blog.ehesp.fr/mediasantepublique ... -de-vices/

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Sujet du message:   MessagePosté le: 28 Déc 2012 - 18:04
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Une autre politique des drogues est possible
Rencontres AFR 2012 : Interventions en vidéos

Laurence Cohen, Sénatrice du Val-de-Marne
"Faisons de la réduction des risques un débat citoyen et non pas une affaire de spécialistes."
"En rejetant les crédits de la MILDT nous, les sénateurs, avons montré à Apaire que nous n'approuvions pas sa politique répressive."
http://www.dailymotion.com/video/xw2rpn#.UN3bz7YlmK8

Marie Debrus, Présidente des Rencontres 2012

"La RdR ne s'adresse pas seulement aux usagers dits problématiques mais aux millions de personnes qui ont expérimenté les drogues et à tous ceux, y compris les mineurs, qui envisagent de le faire."
http://www.dailymotion.com/video/xw3ero ... N3cF7YlmK8

Clarisse Taron du Syndicat de la Magistrature
"Renforcer la réduction des risques, légaliser le cannabis de manière contrôlée, dépénaliser l'usage de toutes les drogues, dépénaliser les faits d'acquisition, de détention, de transport et de production pour un usage personnel..."
http://www.dailymotion.com/video/xw2n9z ... N3csLYlmK8

Serge Longère, Président de l'AFR

"Réduire véritablement les risques c'est traiter la question des psychotrope depuis la fabrication jusqu'à la consommation, depuis le contrôle de la composition du produit jusqu'aux conseils d'usage."
http://www.dailymotion.com/video/xw5vuv ... N3c7bYlmK8

Thierry Brigaud, Président de Médecins du Monde
"Il faudra bien regarder et apprendre ce qui se passe en Amérique latine pour inventer une nouvelle politique des drogues."
http://www.dailymotion.com/video/xw4d9p ... N3dQbYlmK8

Anne Coppel, Présidente d'honneur de l'AFR

"Pour moi l'urgence numéro un est de s'attaquer aux peines plancher car c'est bien joli de distribuer des seringues en prison mais c'est mieux de ne pas y aller."
"Le Président a promis de maintenir l'interdit mais pas de les envoyer en prison. C'est le cas dans la plupart des pays sauf en France."
http://www.dailymotion.com/video/xw5vra ... N3dnrYlmK8

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