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sapph
Sujet du message: Analyse du congrès de l´AASLD, Boston 27-31 octobre 2006  MessagePosté le: 14 Fév 2007 - 10:26
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Article paru le : Jeudi 18 Janvier 2007

Données récentes concernant les hépatites virales - Analyse du congrès de l´AASLD, Boston 27-31 octobre 2006
Réseaux Hépatites n° 41, décembre 2006
Pr Dominique Guyader, Service des maladies du foie CHU Pontchaillou, Rennes

Les communications sur les hépatites chroniques virales B et C ont été nombreuses au congrès de l´American Association for the Study of the Liver Diseases (AASLD) 2006 à Boston. Elles ont surtout porté sur les développements thérapeutiques récents.

Dans l´hépatite chronique C :
1 / les schémas thérapeutiques utilisant interféron pégylé et ribavirine devront être adaptés en tenant compte de la cinétique de décroissance de la charge virale ;
2/ les nouvelles molécules, qui ont une puissante activité antivirale, devront être utilisées en association pour éviter l´émergence rapide de variants résistants.

Dans l´hépatite chronique B, les résultats concernant les nouveaux traitements disponibles (entécavir et telbivudine) ont été présentés. Là encore, les profils de résistance des différentes molécules doivent être analysés afin de définir les meilleures stratégies thérapeutiques. Toutes ces publications laissent espérer, dans un proche avenir, une meilleure prise en charge de ces affections


# Hépatite chronique virale C

1) Épidémiologie et facteurs de risque

Estimation de la mortalité en rapport avec les virus des hépatites B et C en 2001

Les résultats de l´enquête cépi-Dc INSERM concernant l´analyse de la mortalité associée aux infections virales B et D en France en 2001 ont été publiés 1. À partir des données enregistrées sur les certificats de décès, le nombre de morts a pu être estimé, pour cette année-là, à 2 646 pour l´hépatite C et à 1 327 pour l´hépatite B. Quinze pour cent de ces décès sont survenus chez des malades co-infectés par le VIH. Les malades VIH positifs étaient en règle générale plus jeunes au moment du décès, et 67 % d´entre eux n´avaient jamais été traités pour leur hépatite. Ces données incitent à intensifier la prise en charge et le traitement des malades, d´autant qu´on rappelle que la modélisation des complications en rapport avec l´infection virale C a montré que la mortalité allait significativement augmenter jusque dans les années 2020.

La consommation de café est significativement associée à une diminution de l´activité histologique dans l´hépatite chronique virale C

Charlotte Costentin et l´équipe de Créteil ont évalué l´impact de la consommation de café sur le niveau de transaminases et l´activité histologique chez 237 malades consécutifs ayant une hépatite chronique virale C. Cette consommation a été chiffrée dans les six mois qui précédaient la réalisation de la biopsie hépatique (café, thé, soda). La fréquence d´une activité modérée ou sévère était significativement moins élevée chez les sujets qui consommaient plus de 400 mg de caféine par jour (c´est l´équivalent de 3 tasses de café par jour) avec une fréquence d´activité modérée ou sévère (Métavir A2 ou A3) de 50 % contre 75 % chez les malades consommant moins de 220 mg/j. Cet effet pourrait être attribué aux propriétés anti-oxydantes de la caféine.

La consommation de cannabis aggrave la fibrose de l´hépatite C


On rappelle que ceci avait été déjà rapporté par les travaux de Créteil 2. Les résultats ont été confirmés par une équipe de San Francisco qui a bien mis en évidence, chez 207 malades infectés, une augmentation du risque de fibrose sévère chez les malades qui consommaient régulièrement du cannabis, avec un OR de 6,78 en analyse multivariée 3. L´utilisation régulière du cannabis, comme celle de l´alcool, est donc à déconseiller, et une prise en charge adaptée doit être proposée.

2) Diagnostic non invasif de la fibrose

De très nombreux travaux se sont, comme l´année dernière, intéressés au diagnostic non invasif de la fibrose. Bien que beaucoup de ces études soient utiles (travaux analytiques, démonstration de la rapidité de formation des opérateurs pour l´élastométrie, validation multicentrique des techniques, méta-analyses de données publiées), il n´y a pas de grande nouveauté. Les valeurs de précision diagnostique obtenues pour beaucoup de scores sériques (Fibrotest®, Fibromètre®, Hépascore®) sont voisines. L´élastométrie a fait également l´objet de nombreux travaux. Les seuils choisis pour séparer la fibrose minime de la fibrose significative (Métavir F0F1 versus F = 2) ou pour faire le diagnostic de la cirrhose (Métavir F = 3 versus F4) sont variables d´une étude à l´autre.

3) Les résultats de la bithérapie par interféron et ribavirine peuvent être améliorés par des schémas thérapeutiques adaptés à la cinétique de décroissance de la charge virale


Les traitements actuels permettent d´éradiquer définitivement la réplication virale C chez plus de la moitié des malades. Les résultats sont très bons dans les infections par les virus de génotype 2 et 3, avec 80 % de réponse virologique prolongée. Ils restent insuffisants chez les malades infectés par les virus de génotype 1, avec 45 % de guérison.

Répondeurs rapides, répondeurs précoces, répondeurs lents

La connaissance de la cinétique de décroissance virale sous traitement permet d´adapter les traitements à la réponse de chaque malade. On sait que la charge virale à la 12e semaine de traitement (S12) permet, lorsque la décroissance est insuffisante (inférieure à 2 log par rapport aux valeurs préthérapeutiques), de prédire de façon quasi certaine l´inefficacité du traitement. Il apparaît maintenant qu´il faut faire la distinction entre les répondeurs précoces (dont la PCR est négative à S12) et les répondeurs lents (qui bien qu´ayant une diminution de la charge virale supérieure à 2 log restent positifs à S12). Il faut également individualiser les répondeurs rapides (ARN viral C négatif dès S4). En effet, les schémas de traitement devront être adaptés à la rapidité de la réponse.

Évaluation des techniques de PCR en temps réel

Depuis plusieurs années, la charge virale C est exprimée en unités internationales (UI/mL) afin de tendre vers une standardisation des résultats. De plus en plus, les techniques de PCR en temps réel sont utilisées, car elles permettent une bonne quantification et ont une excellente sensibilité. Stéphane Chevaliez, de Créteil, a comparé, sur 126 sérums de malades, les valeurs de virémie obtenues avec une technique de PCR en temps réel (Cobas Taqman Roche) à celles obtenues avec les tests d´ADN branchés (bDNA). Sur des sérums standard de référence, la technique était parfaitement linéaire sur une gamme étalon de 1,45 à 6,7 log, avec une sensibilité de 100 % jusqu´à un seuil de 33 UI/mL. La PCR en temps réel surestimait la charge virale d´une valeur de 0,5 à 0,7 log10 par rapport au bDNA. La corrélation entre les valeurs de virémie obtenues avec les deux tests était excellente en cas d´infection par les génotypes 1, 3 et 5. Dans de rares cas d´infection par des virus de génotype 2 ou 4, la PCR en temps réel pouvait sous-évaluer la virémie de façon importante. Ces résultats valident donc l´utilisation de cette technique qui permet avec un même test de disposer d´une détection sensible et d´une quantification linéaire. Il manque à ce travail une comparaison avec les autres techniques de PCR en temps réel (Abbott). Quoiqu´il en soit, ce travail souligne la nécessité, chez un patient donné, d´utiliser le même test pour évaluer la réponse au traitement.

Plusieurs communications se sont intéressées au seuil de virémie qui, en cas d´infection par un virus de génotype 1, séparait au mieux les charges virales élevées et basses. Le seuil de 2 x 106 copies/mL était utilisé dans les études thérapeutiques les plus anciennes. Ces valeurs avaient été converties plus tard en 600 à 800 000 UI/mL, en fonction des techniques. Ce seuil a été réévalué à partir de deux études pivots récentes utilisant l´interféron pégylé alpha-2a à la dose de 180 µg en association à la ribavirine 1 000-1 200 mg/j 4. La valeur de 5,6 log10, soit 400 000 UI/mL, discriminait le mieux les malades qui avaient eu une réponse prolongée des autres malades. La courbe réponse/virémie n´est pas linéaire et au-delà de ce seuil le niveau de charge virale a peu d´influence sur la virémie. Ce seuil doit être utilisé pour les essais thérapeutiques visant l´optimisation des traitements chez les malades de génotype 1.

Peut-on raccourcir la durée du traitement en cas de réponse rapide ?

L´étude « ACCELERATE » dont les résultats ont été publiés à l´EASL de Vienne au mois d´avril 5 a permis de conclure à la nécessité d´un traitement de 24 semaines en cas de génotype 2 ou 3, et ceci même en cas de réponse rapide. En effet, raccourcir la durée du traitement à 16 semaines augmente la fréquence des rechutes. Peut-on raccourcir la durée du traitement chez les virus de génotype 1 ?

En utilisant un traitement par interféron pégylé alpha-2b 1,5 µg/kg/semaine et ribavirine 800-1 400 mg/j, une étude allemande multicentrique randomisée a comparé, chez 433 malades de génotype 1, un traitement classique de 48 semaines et un traitement court dont la durée était fixée à 6 fois le temps nécessaire pour obtenir la négativité de l´ARN viral C en bDNA (seuil de sensibilité de 615 UI/mL), ce qui conduisait à un traitement de 18 à 48 semaines en fonction de la rapidité de la réponse. Les malades qui avaient une charge virale préthérapeutique < 800 000 UI/mL et une virémie négative dès le premier mois de traitement (en technique TMA avec un seuil de sensibilité de 5 UI/mL) avaient une réponse virale prolongée dans 95 % des cas et pouvaient être traités 18 semaines. Le nombre de patients inclus dans ce travail est trop faible pour pouvoir généraliser ces conclusions, mais la démarche mériterait d´être évaluée sur des études d´envergure.

Les « répondeurs lents » infectés par un virus de génotype 1 tirent un avantage à être traités plus longtemps.

Les malades infectés par un virus de génotype 1 doivent être traités pendant 48 semaines. Toutefois, en cas de réponse virologique lente (ARN chutant de plus de 2 log10 à S12 tout en restant positif), il avait été suggéré qu´un traitement de 72 semaines était plus efficace, permettant de diminuer le risque de rechute6. Cependant, dans cette étude, la dose utilisée de ribavirine était de 800 mg/j, soit inférieure aux doses recommandées pour les virus de génotype 1. Deux études retrouvent les mêmes résultats avec une dose optimale de ribavirine (800-1 400 mg selon le poids corporel). Dans une étude menée aux États-Unis7, 80 malades répondeurs lents de génotype 1 ont été randomisés entre un bras traité pendant 48 semaines et un bras traité 72 semaines avec de l´interféron alpha-2b à la dose de 1,5 µg/kg/semaine et de la ribavirine 800-1 400 mg/j. La réponse virale prolongée était significativement meilleure (39 %) dans le bras traité pendant 72 semaines par rapport à celui traité pendant 48 semaines (18 %) et la prolongation du traitement était globalement bien supportée (pas plus de diminution de dose ou d´arrêt de traitement). Les conclusions étaient les mêmes dans une étude autrichienne 8 qui utilisait de l´interféron alpha-2a à la dose de 180 µg/semaine avec une dose de ribavirine de 1 000-1 200 mg/j dans le traitement de malades de génotype 1 ou 4 (77 % de réponse virologique prolongée versus 37 %) sur une analyse faite non pas en intention de traiter mais en per-protocole. Il faut toutefois noter le faible nombre de patients inclus dans ces études.

Quoiqu´il en soit, la plupart des études sont concordantes. Il n´y a pas d´avantage à prolonger la durée du traitement chez un malade non répondeur ou chez un malade ayant une virémie négative à S12, mais les répondeurs lents sembleraient tirer un bénéfice de cette prolongation quelle que soit la dose de ribavirine utilisée.

Il en est de même chez les patients ayant une co-infection VHC et VIH. Les études pivots, telles que RIBAVIC et APRICOT, ont mis en évidence le fait que le malade co-infecté répondait moins bien au traitement avec des taux de réponse prolongée aux environs de 35 %. L´étude madrilène PRESCO (figure 1) apporte des arguments pour prolonger le traitement et employer des doses plus fortes de ribavirine 9. Trois cent quatre-vingt-neuf patients co-infectés VHC-VIH ont été inclus lorsque leur taux de CD4 était supérieur à 300/mm3. Ils ont été traités par interféron pégylé alpha-2a à la dose de 180 µg/semaine et ribavirine à la dose de 1 000-1 200 mg/semaine en comparant un traitement de 48 semaines à un traitement de 72 semaines en cas d´infection par un virus de génotype 1 ou 4, un traitement de 24 semaines à un traitement de 48 semaines en cas d´infection par un virus de génotype 2 ou 3. Les résultats (figure 2) sont en faveur de la prolongation du traitement dans les deux cas. Malheureusement, cette étude n´est pas randomisée. Les résultats doivent donc être pris avec précaution, et les conclusions devront être confirmées.




Faut-il augmenter la dose d´interféron ou de ribavirine chez les malades difficiles à traiter ?

Une étude pilote multicentrique américaine 10 a testé plusieurs modalités de renforcement thérapeutique chez 187 malades « difficiles à traiter » de génotype 1, ayant une charge virale préthérapeutique > 800 000 UI/mL et un poids de plus de 85 kg. Ces malades étaient randomisés entre quatre bras de traitement pour comparer les résultats obtenus en augmentant la dose d´interféron pégylé alpha-2a de 180 µg à 270 µg/semaine et/ou en augmentant la dose de ribavirine de 1 200 mg à 1 600 mg/j. Il y avait une tendance à l´augmentation progressive du taux de réponse prolongée parallèlement à l´intensification thérapeutique passant de 28 % dans le groupe traité de façon conventionnelle à 47 % dans le groupe traité par de fortes doses d´interféron et de ribavirine (figure 3). Les résultats n´étaient pas significatifs du fait du manque de puissance de l´étude. Les effets secondaires étaient plus fréquents dans les bras comportant de fortes doses. On ne peut pas actuellement recommander ces schémas thérapeutiques en dehors de protocoles d´étude, et il faudra attendre le résultat des travaux en cours pour définir si un bénéfice se dégage.



Peut-on prédire la survenue de la dépression induite par le traitement ?

Les effets secondaires psychologiques du traitement par interféron sont bien connus et fréquents. Les antidépresseurs tels que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) ont une efficacité. Il serait utile de pouvoir disposer d´index prédictifs de la survenue de ces effets secondaires afin de sélectionner les patients qui pourraient tirer un bénéfice d´un traitement préemptif. Une équipe allemande 11 a étudié l´intérêt du dosage sanguin de la sérotonine plaquettaire. Celle-ci a été dosée avant et pendant le traitement par interféron chez des malades n´ayant pas de symptomatologie dépressive, chez des malades ayant une dépression avant le traitement antiviral et chez des malades ayant une dépression induite par l´interféron. Il apparaît que la survenue de symptômes dépressifs est corrélée à la diminution de la valeur de sérotonine plaquettaire, et une valeur seuil a été définie en-dessous de laquelle la probabilité de prise d´antidépresseurs était importante. Ceci donne du poids à l´utilisation des IRS comme traitement antidépresseur de première intention. Malheureusement, les valeurs préthérapeutiques des différents groupes de malades n´étaient pas différentes et ne permettaient pas de prédire la survenue de la dépression.

L´âge ne doit pas être, à lui seul, un critère d´exclusion thérapeutique


Les résultats de l´étude multicentrique américaine WIN-R ont été analysés dans le sous-groupe des patients âgés de plus de 65 ans, en comparant les résultats obtenus avec ceux observés chez les patients plus jeunes 12. Bien que les effets secondaires aient été plus fréquents, les malades âgés de plus de 65 ans avaient le même taux de réponse prolongé (46 %) que les malades appartenant aux tranches d´âge inférieur.

4) Les nouveaux traitements

La viramidine « n´est pas morte », mais sa dose devra être adaptée au poids du malade


La viramidine est une prodrogue de ribavirine. Il s´agit d´un dérivé amidiné de la ribavirine qui est transformé en ribavirine au niveau du foie. Du fait de la charge positive du groupe carboxyamidine, la viramidine ne se concentre pas dans les globules rouges et n´induit pas d´hémolyse. Les données de l´étude de phase III ont été présentées à l´EASL au mois d´avril 13 : l´association interféron pégylé alpha-2b 1,5 µg/kg/semaine + viramidine 1 200 mg/j est mieux tolérée (fréquence d´anémie < 10 g/dL = 5 % versus 24 % ) mais moins efficace (taux de réponse virale prolongée = 38 % versus 52 %) que l´association interféron pégylé alpha-2b 1,5 µg/kg/semaine + ribavirine 1 200 mg/j.

Les données ont été réanalysées en fonction de l´exposition à la viramidine (qui s´appelle maintenant la taribavirine) rapportée au poids corporel en mg/kg. Il apparaît clairement que l´efficacité du traitement combiné utilisant la taribavirine augmente avec l´exposition au produit, passant, tous génotypes confondus, de 32 % de réponse virale prolongée pour les patients traités par des doses = 13 mg/kg à 52 % pour des doses > 18 mg/kg alors que la fréquence de l´anémie reste très modérée (7 %). De nouvelles études de phase III devraient être entreprises utilisant des doses adaptées au poids (> 18 mg/kg/j) pour démontrer une efficacité équivalente à celle de la ribavirine avec moins d´effets secondaires.

Les nouvelles molécules

De nombreux laboratoires pharmaceutiques ont communiqué les résultats des études utilisant les nouvelles molécules. Il s´agit toujours d´études de phase I-II. On sait que les monothérapies à base d´antiprotéases ou d´antipolymérases induisent très rapidement des résistances du fait de la survenue rapide de mutations induites par la fréquence des erreurs de transcription du génome au cours de la réplication. Les travaux actuels se penchent sur l´efficacité des associations thérapeutiques avec l´interféron ou entre molécules appartenant à des classes différentes.

Les antiprotéases

Les derniers résultats de l´antiprotéase Vertex-950 (Télaprévir) ont été présentés. 14 La survenue de résistance a été constatée chez 4 malades sur 8 traités en monothérapie pendant 14 jours à la dose de 750 mg X 3/j. En revanche, les 8 patients traités en association avec l´interféron ont présenté une décroissance continue de leur charge virale, indiquant que l´interféron permet d´éviter la survenue de résistance. On rappelle que le même type de résultats avaient été présentés à l´AASLD de San Francisco 15 avec l´antiprotéase SCH 503034 développée par le laboratoire Schering-Plough. Tous ces malades ont été ensuite traités par interféron, et 15 patients sur 16 présentaient une charge virale indétectable à la 24e semaine de traitement, indiquant que les mutants résistant au Télaprévir gardent une sensibilité conservée à la bithérapie interféron-ribavirine. Une autre antiprotéase, ITMN-191, développée par les laboratoires Intermune, a démontré in vitro une synergie d´effets avec l´interféron très intéressante.16

Les antipolymérases

La valopicitabine (NM283) développée par les laboratoires Idenix est un inhibiteur de la polymérase du VHC 17. Cent soixante-quinze malades naïfs, infectés par un virus de génotype 1, ont été traités pendant 48 semaines par interféron pégylé alpha-2a à la dose de 180 µg/semaine et NM283 à la dose de 200, 400 ou 800 mg/j. Les doses de 800 mg/j ont dû être diminuées à 200 ou 400 mg/j en raison des effets secondaires digestifs (nausées et vomissements). Dans tous les groupes, il y avait, après quatre semaines de traitement, une efficacité supérieure dans les groupes traités par association par rapport à un bras contrôle traité par interféron en monothérapie. Les résultats sont en attente en termes de réponse virale prolongée. Il semble toutefois qu´à S24 une proportion importante de malades (entre 30 et 50 % selon les groupes) garde une virémie > 20 UI/mL. Au contraire de ce qui a été observé chez des malades non répondeurs, aucun de ces malades naïfs n´a présenté de résistance lors du traitement.

Les résultats de l´antipolymérase R1626 développée par les laboratoires Roche ont été présentés18. Les malades de génotype 1 ont été traités en monothérapie par le R1626, dans une étude de phase 1b, pendant 14 jours, à des doses croissantes allant de 500 mg à 4 500 mg X 2/j. Dans chaque groupe, 9 malades prenaient le R1626 et 2 malades prenaient un placebo. Une chute dose-dépendante de la charge virale a été constatée dans tous les groupes. La dose de 4 500 mg X 2/j a permis une décroissance moyenne de la charge virale de 3,7 log10 mais a été responsable d´effets secondaires, notamment hématologiques.

Enfin, une nouvelle antipolymérase (A-837093), développée par les laboratoires Abbott, a été présentée 19. Elle présente un profil pharmacocinétique favorable, est active in vitro sur le VHC en système réplicon, et efficace chez le chimpanzé. Cette publication est surtout originale par la démonstration in vitro d´une efficacité synergique en association avec l´antiprotéase BILN-2061 dont on rappelle que le développement a été arrêté en raison d´une toxicité cardiaque chez l´animal.

Les inhibiteurs de la cyclophiline

On sait que la ciclosporine est douée d´une efficacité antivirale C. Les cyclophilines sont des ligands cytoplasmiques de la ciclosporine qui inhibent la réplication de VHC dans le système du réplicon et qui sont également efficaces sur le VIH. Après 15 jours de traitement à la dose de 1 200 mg X 2/j, chez 19 malades co-infectés VIH-VHC et 4 patient mono-infectés VIH, la charge virale VIH avait diminué en moyenne de 1 log10 et celle du VHC de 3,7 log10. Une augmentation médiane de 22 µmol de la bilirubinémie a été constatée, conduisant à arrêter prématurément le traitement chez 4 malades. Les valeurs de bilirubine revenaient à la normale à l´arrêt du traitement.

Les agonistes des toll-like récepteurs


Les toll-like recepteurs (TLR) sont des récepteurs présents à la surface de cellules immuno-compétentes qui stimulent la réponse immunitaire en induisant notamment la synthèse de nombreuses cytokines, dont les interférons endogènes, et la différentiation des cellules dendritiques. Une dizaine de TLR ont été identifiés chez l´homme. Le CPG 10101 (Actilon) du laboratoire Coley Pharmaceutical Group a été présenté à l´EASL, et les résultats ont été rappelés à l´AASLD 20. Soixante-quatorze patients de génotype 1, rechuteurs après un traitement préalable par interféron pégylé-ribavirine, ont été randomisés entre plusieurs bras thérapeutiques comparant CPG seul, associé à la ribavirine, associé à l´interféron pégylé alpha-2b ou en trithérapie (CPG + interféron + ribavirine) à un bras traité par interféron/ribavirine. À la 12e semaine de traitement, la réduction moyenne de la charge virale était supérieure dans le groupe traité par la trithérapie par rapport au traitement de référence. La tolérance du traitement était bonne. Les résultats en termes de réponse virale prolongée seront disponibles l´année prochaine. Les inhibiteurs de l´apoptose Le PF-03491390 (anciennement IDN-6556) est un inhibiteur de la chaîne des caspases qui diminue le niveau de transaminases dans l´hépatite virale C au cours d´un traitement de 12 semaines, par le biais d´un effet antiapoptotique, sans avoir d´effet sur la charge virale C 21. Reste à savoir si ce composé est efficace sur la fibrose et si, dans la mesure où l´apoptose est un des mécanismes permettant à l´organisme de se débarrasser des cellules en voie de transformation, elle n´augmenterait pas la fréquence du carcinome hépatocellulaire.

En résumé, toutes ces présentations sont porteuses d´espoir et, selon toute vraisemblance, des traitements efficaces seront disponibles dans quelques années. Toutefois, il faut garder à l´esprit qu´il faudra très probablement définir des protocoles d´association et que ceci nécessite du temps de développement, que la majorité des études comportent des durées courtes de traitement, qu´elles ont surtout concerné des patients naïfs et que les conclusions ne s´appliqueront peut-être pas aux malades non répondeurs et enfin, que la bonne tolérance doit être démontrée. Nous avons vu qu´avec certaines antipolymérases il allait falloir également tenir compte de la fréquence de certains effets secondaires.

5) Un facteur de croissance plaquettaire à l´étude

En cas de cirrhose, la chute des plaquettes est une cause fréquente de diminution des doses d´interféron et conduit parfois à arrêter le traitement alors que ces patients nécessitent un traitement actif pour bloquer l´évolution de la maladie et la survenue de complications. L´interleukine 11 (Oprelkevin ou Neumega) est parfois utilisée en cancérologie pour les thrombopénies induites par la chimiothérapie, mais les effets secondaires sont fréquents. L´eltrombopag est un nouveau facteur de croissance plaquettaire, stimulant la prolifération et la différentiation mégacaryocytaire, développé par le laboratoire GlaxoSmithKline 22. Cinquante-deux patients avec un taux de plaquettes compris entre 20 et 70 000/mm3 ont été traités pendant 4 semaines par placebo, 30, 50, ou 75 mg/j d´eltrombopag. Après 4 semaines de traitement, 95 % des malades traités à la posologie de 75 mg/j avaient un taux de plaquettes > 100 000/mm3. Un traitement antiviral a été alors instauré tout en poursuivant l´eltrombopag. Soixante-cinq pour cent des malades ont pu être traités pendant 12 semaines. Les études de phase III sont prévues en 2007.

6) Les traitements de maintenance

En attendant que des médicaments plus efficaces soient disponibles, il faut limiter la progression de la maladie et éviter la survenue de complications. Dans cette optique, les traitements par interféron à faible dose (90 µg/semaine d´interféron alpha-2a ou 0,5 µg/kg/sem d´interféron alpha-2b) sont à l´étude. Les données préliminaires ont été présentées l´année dernière, et nous n´avons pas de nouvelle information. Toutefois, un travail allemand apporte des arguments supplémentaires en faveur de l´efficacité de cette prise en charge 23. Cent quarante-deux malades non répondeurs à la bithérapie, ayant une fibrose sévère (Ishak = 3), ont été traités pendant 3 ans par interféron pégylé alpha-2b à la dose de 0,5 µg/kg/semaine et ont été comparés à un groupe non traité de 64 patients. Une biopsie a été effectuée avant traitement, après 18 mois de traitement, et 6 mois après la fin du traitement. Alors que l´activité restait stable au cours du temps dans le groupe contrôle, elle diminuait sous traitement dans le groupe traité par interféron pour retourner aux valeurs préthérapeutiques après l´arrêt du traitement. Dans le groupe contrôle, le score de fibrose a augmenté de 3,86 à 4,86 dans le groupe contrôle alors qu´il diminuait de 3,91 à 2,13 dans le groupe traité par interféron faible dose (figure 4). Bien que non randomisé, ce travail rejoint les données fournies par les études pilotes de traitement suspensif et les données préliminaires apportées par l´étude COPILOT, qui met en évidence une diminution de l´incidence des complications liées à la cirrhose dans le groupe traité par interféron.


_________________
1995: Contamination par le géno3 (toxicomanie)
Cryoglobulinémie => vascularite + neuropathie périphérique sensitive

2005: A1F1+MEH => ttt de 24S pegINF-alpha2a + ribavirine
Négative dès S4
Cryoglobulinémie persistante
 
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painthorse
Sujet du message:   MessagePosté le: 14 Fév 2007 - 14:32
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salut sapph,
il y a quelque chose qui m'échappe dans le doc "réponse virologique soutenue", les réponses sont meilleures à S48 qu'à S72, je comprends pas trop là...
bises

ju
 
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sapph
Sujet du message:   MessagePosté le: 14 Fév 2007 - 14:51
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Localisation: Marseille
Bonjour Painthorse,

Dans cette étude, seule l'influence de l'augmentation des doses a été analysée et non l'influence de la durée du ttt: pour les 4 bras, le ttt a été suivi 48 semaines et on a régardé les PCR à la fin du ttt (S48) et 6 mois plus tard (S72).
Il est normal que le nombre de PCR neg soient plus faible 6 mois après la fin du ttt qu'à la fin du ttt: il y a eu des rechutes entre...

bises

_________________
1995: Contamination par le géno3 (toxicomanie)
Cryoglobulinémie => vascularite + neuropathie périphérique sensitive

2005: A1F1+MEH => ttt de 24S pegINF-alpha2a + ribavirine
Négative dès S4
Cryoglobulinémie persistante
 
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painthorse
Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Fév 2007 - 14:25
Super Hépatant(e)
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salut sapph,
merci de ta réponse, je n'avais rien compris.
Effectivement, c'est le taux de réponses soutenues après ttt et pas le taux de réussite à 48 et à 72 semaines.
Ce qui m'a induit en erreur c'est qu'on parle de plus en plus de ttt de 72 semaines, et du coup je ne comprenais plus rien...
Il faut te dire que 360 microgrammes/semaine d'alpha 2a ça perturbe un peu le neurone.
bises

ju
 
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pascale
Sujet du message:   MessagePosté le: 16 Fév 2007 - 09:17
Potô du site


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Je passe ce sujet en annonce pour qu'il ne redescende pas trop vite !!!

Merci Sapph

Pascale

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FAFAN3
Sujet du message:   MessagePosté le: 18 Fév 2007 - 21:50
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je ne suis pas très connaisseur des termes scientifiques et je n'ai pas très bien compris ceci :
La consommation de café est significativement associée à une diminution de l´activité histologique dans l´hépatite chronique virale C

ça veut dire qu'il faut ou ne faut pas boire du café, quand on le vhc et f4 du foie ?

merci de votre compréhension.

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jonx
Sujet du message:   MessagePosté le: 19 Fév 2007 - 07:41
Potô du site


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merci Sapph!



bon en attendant, j'attends!


bises

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FAFAN3
Sujet du message:   MessagePosté le: 19 Fév 2007 - 09:30
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La consommation de café est significativement associée à une diminution de l´activité histologique dans l´hépatite chronique virale C
----d'après le GLOSSSAIRE :----
Activité (histologique )
L'activité d'une hépatite chronique se définit par l'importance de l'inflammation et de la nécrose. Elle est évaluée d'après l'aspect de la biopsie du foie (PBH) ou autres "marqueurs de fibrose", et exprimée (ou traduite) en score "Metavir" = A0 (absente), A1 (minime), A2 (modérée) ou A3 (sévère). Elle est distincte de la fibrose.
----
il semblerait que le café et les sodas seraient bons pour l'inflammation du foie, grâce aux propriétés anti-oxydantes de la caféine ?
 
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Invité
Sujet du message:   MessagePosté le: 19 Fév 2007 - 16:17






ben moi aussi j'attends Cool
1 tt sans riba et ifn de préférence Sapph, Laughing pas çà dans tes tiroirs Question
je bois bien mon café depuis longtemps Boire sans lait
et puis je me fais des trous dans le cerveau Ça va pas

Il faut également individualiser les répondeurs rapides (ARN viral C négatif dès S4)
voui, C moi Busy
Les malades qui avaient une charge virale préthérapeutique < 800 000 UI/mL et une virémie négative dès le premier mois de traitement (en technique TMA avec un seuil de sensibilité de 5 UI/mL) avaient une réponse virale prolongée dans 95 % des cas et pouvaient être traités 18 semaines.
890 256, bon va pas chipoter non plus Rolling Eyes
négatif dès S4, jusqu'au 4°après tt, et au 6°, coucou le revoilou Ça va pas pas dans les stats Pas content hors norme comme dirait ma fille Détective Hésitation Loupe
merci pour toutes ces infos Sapph Bisou amical
 
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sapph
Sujet du message:   MessagePosté le: 20 Fév 2007 - 16:48
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FAFAN3 a écrit:

il semblerait que le café et les sodas seraient bons pour l'inflammation du foie, grâce aux propriétés anti-oxydantes de la caféine ?


Coucou fanfan!

Oui, le café (uniquement le café et > à 3 tasses/j) semble avoir une influence positive sur l'inflammation du foie.
J'ai vu deux études qui s'intéressent au rôle du café dans l'hépatite C et dans les deux, les résultats semblent indiquer que le café a bien une action sur l'activité.
Cependant il faut garder à l'esprit qu'il est toujours extrêmement difficile de juger de l'action d'un aliment sur une maladie et deux études, c'est peu...

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1995: Contamination par le géno3 (toxicomanie)
Cryoglobulinémie => vascularite + neuropathie périphérique sensitive

2005: A1F1+MEH => ttt de 24S pegINF-alpha2a + ribavirine
Négative dès S4
Cryoglobulinémie persistante
 
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FAFAN3
Sujet du message:   MessagePosté le: 20 Fév 2007 - 17:06
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oui, merci pour ta réponse sapph,
quand j'en ai parlé à ma femme au début, elle m'a dit 'je te l'avais bien dit, le café, c'est pas bon pour le foie !"
et c'est ce que l'on pense généralement !
je ne bois plus d'alcool, ni fume, depuis 20 ans, mais le café j'ai le droit, ouais! ça c'est bien ...!

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